Ж.-Б. Виллермоз: Богочеловек, Трактат о двух природах

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AP

Jean-Baptiste Willermoz, L’Homme-Dieu, Traité des deux natures

Traité des deux natures divine et humaine réunies indivisiblement pour l’éternité et ne formant pour l’éternité qu’un seul et même être dans la personne de Jésus-Christ, Dieu et Homme, Rédempteur des hommes, Souverain Juge des vivants et des morts, accompagné de réflexions sur la conduite de Pilate et d’une méditation sur le grand mystère de la Croix.

1. De l’infidélité de l’homme primitif

Nous avons vu, dans les premiers développements de la Doctrine, que l’homme primitif avait été revêtu d’une grande puissance qui le rendait supérieur à tous les agents spirituels qui avaient été placés avec lui dans l’espace créé, pour y manifester sous sa direction leur action particulière temporelle; qu’il avait été principalement établi le dominateur des esprits pervers qui y étaient contenus en privation; qu’il avait été placé lui-même au centre des quatre régions célestes de l’univers créé, pour y exercer sa puissante action universelle, et que c’est de là qu’il pouvait être un véritable intellect du bien pour les esprits pervers en leur rendant quelques notions de ce bien dont ils étaient éternellement séparés.

Mais ce malheureux homme si puissant, si fortement prémuni contre les attaques et les ruses de son ennemi, si supérieur à tout ce qui existait avec lui dans l’enceinte universelle et qui n’y voyait au-dessus de lui que son Créateur, étant trompé, séduit, tombé dans l’excès du malheur, et condamné à la mort dont il avait été menacé, quel être assez puissant, assez pur pouvait le relever de cet état, si ce n’est Dieu même ? Mais cette image défigurée de son Créateur a attaqué son unité et toutes ses puissances. Cet inique délégué, ce représentant infidèle de son Dieu s’est uni, s’est allié avec son ennemi pour trahir les plus chers intérêts dont il l’avait chargé. Il a horriblement abusé de tous les dons, de tous les pouvoirs qu’il en avait reçu, et par un excès inouï d’ingratitude, il a outragé insolemment son amour et sa tendresse. Il faut donc une grande victime pour satisfaire à la Justice divine, car si la Miséricorde de Dieu est infinie et sans borne, sa Justice l’est aussi, et ne peut être arrêtée que par une réparation proportionnée à l’offense. Il fallait donc une victime pure et sans tache, de la propre nature humaine du prévaricateur, et puisque c’était l’homme qui, par son crime, avait fait entrer la mort dans le monde, il fallait que cette sainte victime se dévouât volontairement à la mort, à une mort injuste, violente et ignominieuse qui pût réparer tant d’outrages. Il fallait enfin que le Juste, par son sacrifice volontaire, restât vainqueur de la mort du péché, afin que celle dont la Justice divine avait prononcé l’arrêt irrévocable contre la race du prévaricateur ne fût plus qu’un sommeil et un passage de la vie temporelle à la vie éternelle pour tous ceux qui, à son exemple, abandonnant pendant la durée de leur expiation individuelle leur libre arbitre, leur volonté propre à la seule volonté de Dieu, mériteraient d’en recueillir les fruits.

Un second Adam, émané du sein de Dieu en toute pureté et sainteté, se dévoua et s’offrit en victime à la Justice divine pour le salut de ses frères, et son dévouement fut accepté par la Miséricorde. Aussitôt la Sagesse incréée, le Verbe de Dieu, qui est Dieu, le fils unique, l’image et la splendeur du Père tout-puissant, se dévoua à s’unir intimement et pour l’éternité à l’intelligence humaine du nouvel Adam, pour le fortifier dans son sacrifice, pour assurer, pour compléter son triomphe, et le rendre, par une résurrection glorieuse, vraiment vainqueur de la mort.

2. De l’union mystérieuse des deux natures

C’est par l’union incompréhensible de la nature divine à la nature humaine, chef-d’œuvre de l’amour infini de Dieu pour les hommes, que s’accomplit le grand ouvrage de la Rédemption du genre humain et l’établissement de la religion sainte qui lui apprendrait à connaître le vrai culte à rendre à son Créateur, et le seul qui puisse lui plaire. Religion qui ne pouvait être fondée solidement que par la révélation d’un Dieu incarné, conversant familièrement avec les hommes, et qui leur prouverait à tout instant pendant la durée de sa mission temporelle, sa Divinité, la vérité de ses dogmes, la pureté et l’excellence de sa morale par les miracles les plus éclatants en tous genres. Voilà les deux grands objets qui, dans les desseins de l’Amour et de la Miséricorde de Dieu pour les hommes dégradés et corrompus, ont rendu nécessaire l’union des deux natures dans la personne de Jésus-Christ.

Cette union intime, absolue et devenue éternellement inséparable du Verbe créateur de tous les êtres avec une pure créature humaine, pour pouvoir instruire publiquement, souffrir et mourir en elle, est un acte de l’Amour de Dieu pour les hommes si prodigieux, si inconcevable et si fort au-dessus de tout entendement humain, que de tous les actes révélés à la foi chrétienne, c’est celuilà qui a été dans tous les temps et qui est encore le plus contesté. Les contemporains de Jésus-Christ, quoique témoins journaliers d’une multitude de miracles éclatants qu’il opérait devant eux, ne virent en lui que l’homme, et nièrent sa Divinité. Ses disciples, ses apôtres même, quoiqu’instruits par lui et témoins des mêmes prodiges, n’y crurent que faiblement, jusqu’à ce que trois jours après sa mort, convaincus de la vérité de sa résurrection qu’Il leur avait prédite lui-même, et entendant ses instructions pendant quarante jours, ils le virent monter divinement au ciel, dans son humanité glorifiée.

3. De la nécessité de l’incarnation divine

Faut-il donc s’étonner si l’homme actuel, qui n’admet plus d’autre témoignage que celui de ses sens physiques et matériels, nie encore pour son malheur cette grande vérité ? Il y en a beaucoup dont l’intelligence est moins enveloppée qui la nient aussi ou qui ne la reconnaissent que très faiblement, et plutôt par le sentiment d’un devoir que l’instruction leur a suggéré, que par la persuasion, parce qu’ils ne sentent point encore la nécessité d’une intervention directe et personnelle de la Divinité dans l’acte d’expiation satisfactoire que l’homme doit à la Justice divine. Voyant dans Dieu et dans l’homme, déchu de son état glorieux, les deux points extrêmes de l’ordre spirituel, ils supposent dans les classes angéliques des agents spirituels intermédiaires assez purs et assez puissants pour rapprocher l’homme de Dieu, sans qu’il soit nécessaire que Dieu même se soumette à l’incarnation. Le doute et l’erreur de ceux-là ne proviennent que de l’ignorance dans laquelle sont tombés généralement les hommes depuis longtemps sur la cause occasionnelle de la création de l’univers, sur les desseins de Dieu dans l’émanation et l’émancipation de l’homme, sur sa haute destination au centre de l’espace créé, et enfin sur les grands privilèges, la grande puissance et la grande supériorité qui lui furent donnés sur tous les êtres bons et mauvais qui s’y trouvèrent placés avec lui. Toutes choses que les chefs de l’Église chrétienne, auxquels la connaissance en était presque exclusivement réservée pendant les cinq à six premiers siècles du christianisme, ont parfaitement connues. Mieux instruits sur ces points importants, ils en auraient conclu que pour réhabiliter un être si grand, si puissant, il fallait Dieu même. Il en est d’autres aussi qui, reconnaissant la nécessité d’une grande et sainte victime qui se dévoue volontairement à la souffrance et à la mort pour satisfaire à la Justice divine, mais reconnaissant en même temps que Dieu est impassible dans tout son être, et que la réparation du crime ne pouvait être méritoire qu’étant faite par un être de la même et propre nature de celui qui l’avait commis, ont nié la Divinité du Rédempteur.

4. De la mort de Dieu sur la Croix

Oui, sans doute, Dieu est impassible, et rien dans la nature divine ne peut souffrir ni mourir; ce serait un grand blasphème que d’oser avancer le contraire. C’est pourquoi les orateurs chrétiens qui se livrent dans la chaire de vérité à un zèle excessif, par des expressions impropres qui leur paraissent donner plus d’énergie à leurs pensées, en s’écriant si souvent : « Dieu est mort pour les hommes ! », manquent leur but essentiel, car ils ne doivent pas s’attendre à persuader leurs auditeurs quand ils entreprennent de leur faire croire l’impossible. Mais en Jésus-Christ, qui réunit en sa seule personne, et d’une manière éternellement inséparable, la nature divine et la nature humaine dans son plus haut degré de perfection, l’homme pur seul souffre et meurt; et avec son intelligence humaine, lorsqu’elle abandonne son corps, s’efflue l’essence divine qui lui est indivisiblement unie. La puissance du Verbe de Dieu qui réside dans toute sa plénitude dans sa sainte humanité, et se voile par elle, la soutient dans ses combats fréquents et mortels, multiplie ses forces, fortifie sa volonté, sa soumission, sa parfaite résignation jusqu’à la consommation de son sacrifice expiatoire, et lui assure le triomphe sur toutes les puissances de l’enfer déchaînées contre elle, en lui laissant tous les honneurs de la victoire; et pour prix du bon usage qu’elle a fait de ses propres moyens et du puissant secours qu’il lui a donné, il l’a ressuscitée du tombeau, il l’a glorifiée, il l’a divinisée, il l’a montée au plus haut des cieux, où il l’a fait asseoir avec lui sur un trône éternel, et où, se confondant pour ainsi dire avec elle, il l’établit le Souverain Juge des vivants et des morts, et le Dieu éternellement visible aux anges et aux hommes sanctifiés qu’elle reconnaît pour ses frères.

5. De l’imitation de Jésus-Christ

Les deux natures que nous avons reconnues dans la personne du divin Réparateur universel sont tellement unies, et en apparence confondues ensemble, qu’elles paraissent pour l’ordinaire opérer simultanément leur action générale. Elles ont cependant chacune leur action propre et distincte, qui, dans bien des cas, opère séparément. Il est donc bien important pour le vrai chrétien, à qui l’une d’elles est proposée pour modèle, de ne pas les confondre toujours et d’apprendre à les discerner. Cet examen ne peut que raffermir la foi des croyants, et il peut être spécialement utile à ce grand nombre de chrétiens lâches et insouciants qui, pour faire excuser leur indolence, ne cessent de répéter : « Il n’est pas possible à l’homme d’imiter la conduite toujours sage et irrépréhensible d’un Dieu. » Non, sans doute, il n’est pas possible à l’homme si fragile d’être aussi parfait, mais tant fragile soit-il, il peut, il doit même s’efforcer sans relâche à imiter, autant qu’il lui est possible, l’homme pur, uni à Dieu, que Dieu même lui propose pour modèle.

6. De l’union du Verbe à Jésus

Le divin Réconciliateur des hommes, le Désiré des nations, le Messie promis à la foi d’Abraham père des croyants, prédit par Jacob mourant à ses enfants, et si clairement annoncé par un grand nombre de prophètes qui se sont succédés les uns aux autres pendant une longue suite de siècles comme devant naître d’une vierge de la race d’Abraham et dans la famille du roi David, paraît enfin sur la Terre à la fin du quatrième millénaire du monde, au temps déterminé par la Sagesse incréée pour l’accomplissement des grands desseins de sa divine Miséricorde.

L’archange Gabriel est envoyé par Dieu dans la petite ville de Nazareth à la vierge Marie, pour lui annoncer la glorieuse maternité par laquelle elle est destinée à coopérer au grand œuvre de la Rédemption des hommes. L’apparition subite de l’ange qui lui est député trouble l’âme de cette vierge si pure; sa pudeur s’alarme de la maternité qui lui est annoncée, déclarant ne connaître aucun homme. Elle n’y donne son consentement qu’après être entièrement tranquillisée sur les moyens, l’ange lui déclarant que sa maternité serait l’ouvrage de Dieu même par l’opération du seul Saint-Esprit, et que sa virginité resterait intacte.

À l’instant même de son consentement, commence l’accomplissement du grand Mystère; car à ce même instant le Verbe de Dieu, qui est Dieu lui-même, la seconde Personne et puissance de la sainte Trinité, pressé par son ardent amour pour ses créatures humaines, s’unit indissolublement et pour toute l’éternité à l’âme humaine, pure et sainte de Jésus, qui, par amour pour ses frères, et pour les réconcilier avec Dieu en satisfaisant pour eux à la Justice divine, s’est dévouée aux ignominies, aux souffrances et à la mort. Le Verbe tout-puissant de Dieu, l’image et la splendeur du Père éternel, descend des cieux pour venir s’incorporiser avec l’âme humaine de Jésus dans le chaste sein de la bienheureuse Vierge Marie, pour ne plus être éternellement les deux ensemble qu’une seule et même Personne en deux natures distinctes. C’est donc au moment de son consentement que l’homme-Dieu est formé corporellement dans le sein virginal de Marie, de sa pure substance, de ce vrai et pur limon quintessenciel de la terre vierge de sa mère. Il y est formé et composé, comme tous les autres hommes qui viennent pour un temps sur la Terre, d’une triple substance, c’est-à-dire d’un esprit pur, intelligent et immortel, d’une âme passive ou vie passagère, et d’un corps de matière, mais d’une matière pure et non souillée qui ne provient point, comme chez tous les autres hommes, de la concupiscence des sens, mais uniquement de l’opération du Saint-Esprit, sans le concours d’aucun homme, ni d’aucun agent physique de la matière. C’est par ce prodige de l’amour infini de Dieu pour sa créature chérie et séduite, devenue par son crime pour toujours l’esclave et la victime du Démon, que s’est accompli l’ineffable et incompréhensible mystère de l’incarnation divine pour la rédemption des hommes, par Jésus-Christ notre unique Seigneur et Maître, qui a bien voulu, pour en assurer l’effet, réunir en lui par une union indissoluble la nature humaine du prévaricateur et sa propre nature divine.

7. De la nature quaternaire de Jésus-Christ

Nous avons reconnu en son lieu que l’animal ou la brute est un composé binaire d’une âme, ou vie passive et passagère, et d’un corps de matière qui disparaissent totalement après la durée qui leur est prescrite; que l’homme est pendant son séjour passager sur la Terre un composé ternaire : savoir des deux mêmes substances passagères que nous venons de citer qui le constituent animal comme la brute, et d’un esprit intelligent et immortel par lequel il est vraiment image et ressemblance divine. Mais en Jésus-Christ homme-Dieu et divin se trouve, pendant sa vie temporelle sur la Terre, un assemblage quaternaire qui le distingue éminemment de toutes les créatures, savoir : les trois substances que nous venons de connaître dans l’homme temporel, et de plus l’Être même de Dieu qui s’est uni pour l’éternité à l’être intelligent et immortel de l’homme, pour en former un être unique, et une seule Personne en deux natures.

Celui qui, par cette union si glorieuse, pouvait naître à son choix dans la famille la plus opulente, dans le sein des grandeurs, sur le trône le plus éclatant, préfère de naître dans une étable, dans une famille inconnue et pauvre, dans une profession abjecte, la plus exposée aux mépris et aux humiliations qui accompagnent ordinairement l’indigence. Il est bien évident par là que dès son entrée dans le monde il veut être le modèle et la consolation des pauvres, qu’il veut en même temps inspirer le mépris des richesses et faire sentir à ceux qui les possèdent les grands dangers auxquels elles exposent tous ceux qui n’en feront pas l’usage prescrit par sa morale et par ses préceptes.

8. Des noms donnés au Messie

Voyons maintenant dans les saints Évangiles sous quels rapports le divin Messie s’y présente aux hommes, comment les Évangélistes le dénomment et le qualifient, et comment il s’y qualifie Lui-même. Nous y trouverons, sous de nouveaux rapports, un nouveau fonds d’instructions avec la confirmation de ce que nous avons dit plus haut sur ce sujet important. Nous l’y voyons dénommé tantôt Jésus ou le fils de l’homme. Tantôt Dieu-homme ou homme-Dieu, enfin le fils de Dieu ou Jésus-Christ.

Ces diverses dénominations étant appliquées au même être peuvent paraître au premier aperçu presque synonymes, mais cependant elles ne le sont point, car elles présentent toutes des sens différents qu’il ne faut point confondre, puisqu’ils sont relatifs aux deux natures distinctes qui se trouvent unies dans le seul et même être. Un examen réfléchi de ses actions pendant sa vie temporelle démontre cette vérité.

En effet, on ne voit dans Jésus que l’homme pur et saint qui a une sublime destination, abstraction faite de la Divinité qui réside en lui, mais qui ne s’est point encore manifestée. Dans le fils de l’homme on ne voit que la même nature humaine. Il se qualifie ainsi tant qu’il veut cacher aux Juifs et aux Démons, dont ils se rendent les organes, sa Divinité, se présentant à eux comme un descendant d’Adam, père commun des hommes, et supposé n’être que le fils de Joseph jusqu’à ce que le grand mystère de l’incarnation soit dévoilé aux hommes. Dans l’homme-Dieu, c’est l’homme pur et saint, dont l’action paraît prédominer celle de la Divinité qui se voile en lui. Dans le Dieu-homme, c’est au contraire l’action divine qui se montre prédominante sur celle de l’homme. Dans le fils de Dieu, qui est la qualité essentielle que l’archange lui a donnée en annonçant à Marie son incarnation, c’est la Divinité qui se manifeste avec éclat par l’organe de sa sainte humanité. Enfin, dans Jésus-Christ, c’est l’homme-Dieu et divin, ce sont les deux natures unies dans un seul et même être qui opèrent ensemble, sous une forme humaine, les actions réunies qui appartiennent à chacune d’elles.

En général Jésus, depuis sa naissance jusqu’à son baptême au Jourdain, dans la tentation du Démon qu’il subit au désert, dans son agonie au Jardin des Oliviers, dans tout le cours de sa Passion et sur la Croix, ne présente que l’homme pur, saint et parfait, entièrement dévoué à la Justice divine et abandonné à lui-même, à son seul libre arbitre. La Divinité qui réside essentiellement en lui paraît y suspendre son action pour laisser à sa sainte humanité tout l’honneur de la victoire réparatrice, sans cependant s’en séparer un seul instant. Elle s’y tient comme spectatrice du grand combat, et le soutient pendant toute sa durée par sa présence. C’est là où l’homme-Dieu, ainsi abandonné, est vraiment le modèle accompli de tous les hommes.

Mais lorsque Jésus-Christ commençant sa mission, à la prière de sa mère qui est présente avec lui au festin des Noces de Cana, change l’eau en vin; lorsqu’au désert et sur la montagne il multiplie quelques pains et quelques poissons dans une quantité suffisante pour nourrir tantôt 4000 et tantôt 5000 hommes exténués de besoin et qu’il en reste, en morceaux ramassés après les avoir rassasiés tous, de quoi remplir plus de paniers pleins qu’il n’y en avait avant la distribution; lorsqu’il force les démons d’obéir à ses ordres et d’abandonner sur le champ les corps des pécheurs qu’ils possèdent; lorsqu’il commande en Maître à la mer, aux vents et à la tempête de s’apaiser, et qu’ils lui obéissent; lorsqu’il fait marcher et emporter son lit au paralytique, qui, depuis 38 ans, attendait vainement auprès de la piscine le secours de l’ange et sa guérison; lorsqu’il révèle le fond des pensées les plus secrètes de la femme de Samarie et de beaucoup d’autres; lorsqu’il ressuscite la fille de Jaïre, le fils unique de la veuve de Naïm que l’on portait en terre, et plus particulièrement encore Lazare, ce frère chéri de Marthe et de Marie, que Jésus aimait, qui, depuis quatre jours, était enseveli dans le sépulcre et dont la chair corrompue répandait déjà une grande infection, qui, cependant, à son ordre, sort du tombeau et marche devant tous les assistants, ayant encore les jambes et toutes les autres parties du corps liées de bandelettes; lorsqu’on le voit opérer toutes ces choses et une multitude d’autres aussi prodigieuses, qui pourrait douter que c’est le Verbe tout-puissant de Dieu qui parle et qui commande à toute la nature par la bouche de l’homme-Dieu ?

9. De la vie temporelle de Jésus-Christ

Ayant donc distingué en lui les deux natures indivisiblement réunies en une seule et même personne, parcourons rapidement les principales circonstances de sa vie temporelle; elles compléteront notre instruction.

Jésus enfant, adolescent et jusqu’à l’âge de 30 ans, ne paraît être qu’un homme ordinaire, distingué seulement par une sagesse au-dessus de son âge, par sa docilité et sa soumission envers ses parents. Il est assujetti à tous les travaux, à toutes les fatigues et à tous les besoins de la vie commune.

Parvenu à l’âge de 30 ans, époque à laquelle il doit commencer publiquement sa mission réparatrice et l’instruction de ses disciples, après avoir été baptisé dans le Jourdain par Jean qui le reconnaît et le proclame pour le Messie promis, sa Divinité est pour la première fois manifestée par la descente de l’Esprit Saint qui vient reposer sur lui, et par les éclatantes paroles du Père céleste qui le proclame hautement pour son fils bien-aimé « dans lequel il a placé toutes ses affections, et commande aux hommes de l’écouter ». Dès lors, commence sa mission divine.

Il se retire dans le désert pour se préparer comme homme à la remplir par la prière et par un jeûne rigoureux pendant 40 jours.

Après ces 40 jours, il éprouve la faim, besoin humain qui démontre clairement que c’était sa pure et seule humanité qui se préparait si rigoureusement aux actes importants qu’elle devait opérer.

Le moment où il éprouve ce besoin physique de l’humanité est l’instant même que le Prince des Démons saisit pour le tenter dans tout son être, c’est-à-dire dans les besoins physiques de son corps, dans la vie passive et passagère de ce corps, et dans sa nature active et spirituelle, pour éclaircir les soupçons qu’il a conçus sur la véritable nature de Jésus et pour s’assurer si la Divinité résidait ou ne résidait pas en lui, enfin s’il était ou n’était pas le Messie promis; Mystère que la Sagesse divine voulait cacher au Démon, afin qu’il pût s’accomplir entièrement.

Il faut soigneusement remarquer ici les trois différents genres d’attaque que le Démon porte astucieusement sur les trois parties constituantes de l’homme physique. Premièrement, il attaque Jésus dans sa forme corporelle relativement à ses besoins, en lui disant sur le sommet d’une haute élévation : « Si vous êtes le fils de Dieu, commandez que ces pierres deviennent des pains. » Deuxièmement, après cette inutile tentative, il l’attaque dans sa vie passive, animale, corporelle, en lui disant sur le sommet d’une haute élévation : « Si vous êtes le fils de Dieu, précipitez-vous en bas, il ne vous en arrivera aucun mal. » Troisièmement, après cette seconde attaque dans laquelle il est repoussé comme dans la première, il dirige la troisième, qui est la plus importante, sur l’être spirituel de Jésus, en lui disant : « Si, vous prosternant devant moi, vous m’adorez, je vous donnerai tous ces royaumes du monde que vous voyez, et qui m’appartiennent. »

Cette marche du Démon est toujours la même, c’est toujours par sa forme corporelle qu’il attaque l’homme. Il cherche à le séduire par les sens matériels, par l’amour de la vie animale et passagère, et par ses affections animales et sensibles. Ce sont les portes par lesquelles il cherche à s’introduire en lui pour de là l’attaquer avec plus de succès dans son être spirituel.

L’homme-Dieu soutint ces trois attaques par la force de sa pure volonté humaine et en reçut aussitôt le prix, puisque les anges vinrent le servir. Sa victoire sur le Démon nous rappelle la défaite de l’homme primitif en pareil cas. Jésus, second Adam, fait ici ce que le premier, laissé à son libre arbitre, devait faire et ne fit pas. Nous éprouvons toutes les funestes suites de la chute du premier, et tous les salutaires effets de la ferme volonté réparatrice du second.

10. Du premier et du second Adam

Le premier Adam, comme image et ressemblance divine, comme représentant de la Divinité dans l’univers créé, avait été doué de toute la force, de toutes les vertus et de toutes les puissances nécessaires pour remplir sa mission. Le principal objet de cette mission était de molester le principe du mal, de le contenir dans les bornes que la Justice divine a prescrites à son action perverse, et de le resserrer tellement dans ses bornes, qu’il se vit contraint de reconnaître son infériorité et sa dépendance originelle du divin Créateur de tout dont il prétend être l’égal, et de reconnaître en même temps la supériorité de l’homme sur lui et sur tous ses adhérents, ce qui aurait anéanti le Mal par le repentir de celui qui l’a créé et enfanté. C’est ce grand but de la Miséricorde divine sur les premiers coupables que la prévarication de l’homme a anéanti.

Le second Adam en Jésus-Christ, comme homme pur qui n’a aucunement participé à cette prévarication, ni aux vices de la conception des formes corporelles qui ont infecté toute sa postérité, a été doué non seulement des mêmes forces, vertus et puissances que le premier, mais elles ont été éminemment fortifiées en lui par l’union intime et éternelle que le Verbe divin a fait de sa propre nature avec celle de l’homme, pour assurer le plein succès de sa mission réparatrice.

11. Des sens des miracles de Jésus-Christ

Nous n’entreprendrons point ici le récit des faits particuliers de la vie publique de Jésus-Christ, la lecture des saints Évangiles les fait assez connaître; ils ne peuvent laisser aucun doute sur sa Divinité, puisqu’elle se manifeste en lui à tout instant, par une multitude de miracles les plus éclatants.

Nous devons cependant faire remarquer qu’en opérant tant de faits prodigieux que nous devons attribuer essentiellement à la Divinité qui réside en lui, il veut faire connaître à ses disciples qu’il y a une grande puissance innée dans l’homme réconcilié, par laquelle il peut opérer encore des faits prodigieux lorsqu’il est uni à Dieu par une foi vive. Car, voyant ses Apôtres saisis d’étonnement et d’admiration à la vue des miracles éclatants qu’il opère, il leur reproche leur peu de foi, il leur déclare que s’ils avaient la foi nécessaire, ils feraient les mêmes prodiges et de plus grands encore; ce qu’il n’aurait pu dire si cette puissance n’était pas innée dans la nature de l’homme; car elle n’a jamais été reconnue dans les anges, qui ne sont que les ministres de la Volonté de Dieu dans les cas particuliers où il les employa.

12. De la révélation progressive de Jésus-Christ

On s’étonne en lisant les saints Évangiles d’y voir les soins et les précautions que prend Jésus pour cacher sa Divinité et ne montrer que le fils de l’homme, et on en cherche les motifs.

L’incarnation du Verbe de Dieu uni à la nature humaine et l’avènement temporel du Messie avaient été si clairement prédits par le prophète Isaïe et par beaucoup d’autres, que les hommes en attendaient l’accomplissement, mais en oubliant qu’il était une victime dévouée volontairement à une mort violente et ignominieuse, par laquelle il devait opérer la réconciliation du genre humain. Le Démon ne pouvait ignorer cette promesse, ni les suites, humiliantes pour son orgueil, qu’elle devait avoir. Il en redoutait l’accomplissement, qui devait lui arracher tant de victimes de sa fureur et en préserver les autres. Il avait donc le plus grand intérêt à faire mentir la prophétie et à empêcher de tout son pouvoir que le Christ fut mis à mort; et si Jésus, dès le principe, dès le commencement de sa mission, se fût hautement et publiquement déclaré pour le fils de Dieu en le prouvant à toute la nation, en la convainquant publiquement par ses miracles qu’il l’était réellement, quelle est la puissance humaine qui eût osé et eût pu le condamner à la mort ? Et ne mourant pas, que devenait alors la Rédemption promise par sa mort ? Il fallait donc, pour qu’il mourût, qu’il fût méconnu. Voilà pourquoi le Démon cherchait à éclaircir ses doutes, ses soupçons sur sa double nature, et s’il le persécuta, s’il le fit ensuite condamner à une mort ignominieuse, ce ne fut que par une méprise de sa part, en ne considérant Jésus-Christ que comme un pur homme dont la doctrine, la sainteté et la puissance de ses opérations humaines lui enlevaient en foule ses partisans.

Mais comme la Divinité de Jésus-Christ était le dogme fondamental de la religion sainte qu’il venait établir, et faisait la preuve de la vérité de sa doctrine, il fallait que le dogme de sa Divinité fût aussi déclaré et prouvé par lui-même pour opérer la conviction de tous ceux que le Père céleste lui a donnés, et qui doivent être sauvés par la foi en lui. C’est aussi ce qu’il a fait. Si, au commencement de sa mission, il a mis quelque réticence dans les aveux qu’on lui demandait sur ce point si important, c’était pour nous apprendre que la Vérité ne se présente qu’aux âmes pures, et qu’elle ne peut entrer que dans les cœurs disposés à la recevoir. Voilà pourquoi il fait précéder la déclaration, l’aveu formel de sa divinité, par l’enseignement de sa doctrine qui disposait les esprits à y croire; et lorsqu’il a multiplié ses disciples par le grand nombre des miracles qu’il faits et par l’attrait irrésistible qu’il leur inspire pour sa doctrine, dès lors il ne dissimule plus sa Divinité, il la déclare même devant ses mortels ennemis, qui prennent occasion de ces aveux pour le persécuter plus violemment, pour jurer sa perte et pour le faire condamner à la mort. C’est ainsi que ceux-là même deviennent, par leur ignorance et leur malice, les aveugles instruments de l’accomplissement des décrets divins pour la rédemption des hommes.

13. De la Cène pascale

Le temps de la mission temporelle de Jésus-Christ étant accompli, il se prépare à retourner vers son Père; mais auparavant, il veut faire avec ses apôtres cette dernière Cène pascale qu’il a désirée avec tant d’ardeur faire avec eux, et dans laquelle éclate tout à la fois la Toute-Puissance divine et l’amour le plus inconcevable de Dieu pour les hommes. Il veut, en les quittant, demeurer toujours avec eux et se donner lui-même à eux dans les deux natures divine et humaine qui sont unies en lui; car dans le sacrement de son corps et de son sang, il se donne véritablement et entièrement à eux et à tous ceux qui y participeront avec foi jusqu’à la fin du monde.

La vérité de cet auguste sacrement a été souvent, et est encore violemment attaquée. C’est le fruit de l’orgueil qui veut raisonner là où la faible raison humaine doit se taire, de l’orgueil qui veut soumettre aux sens physiques matériels ce qui ne peut être conçu que par l’intelligence pure, éclairée par la foi. Plaignons le sort funeste des chefs des sectes dont l’orgueil a fait tant de ravage dans le champ de la vérité. Plaignons aussi ceux qui ont adopté pour leurs maîtres des hommes qui devaient leur être d’autant plus suspects qu’ils ne dissimulaient pas le dépit et l’orgueil qui les dirigeaient dans leurs écarts; mais soyons indulgents et prions pour ceux qui, restant de bonne foi dans l’erreur, conservent la foi et l’amour pour Jésus-Christ. Espérons même qu’ainsi qu’il l’a dit lui-même, ceux-là ne périront pas, et que l’amour et la foi qu’ils conservent pour lui les sauveront.

De toutes les sectes chrétiennes qui ont attaqué la vérité de ce sacrement, la plus inconséquente et la plus coupable est celle qui ne veut admettre qu’une simple commémoraison de la sainte Cène, se fondant sur les paroles de Jésus-Christ : « Faites ceci en mémoire de moi. » S’ils avaient apporté un peu de bonne foi dans l’examen qu’ils se sont témérairement permis, ils auraient bientôt reconnu qu’ils mettaient Jésus-Christ dans une évidente contradiction avec lui-même, car ils ne nient pas que Jésus-Christ a dit en termes formels : « Ceci est mon corps qui sera livré pour vous. Ceci est mon sang qui sera répandu pour la rémission des péchés : prenez et mangez, prenez et buvez-en tous. » Or, est-ce aux apôtres, qui étaient seuls présents à la Cène, qu’il a été donné de manger le vrai corps et de boire le vrai sang ? Qu’on nous dise donc où cette interprétation est prouvée. Il a dit ailleurs : « Ma chair est véritablement une nourriture, mon sang est vraiment un breuvage : celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui »; et cependant si les apôtres, comme seuls présents à la réalité, ont pu seuls manger sa chair et boire son sang, et qu’il n’y ait plus pour nous qu’une simple commémoraison de cette réalité, tous les hommes, excepté les apôtres, doivent donc renoncer à voir jamais Jésus-Christ demeurer en eux, et à demeurer en lui par cette manducation réelle qui leur serait à tous impossible. Cela est-il concevable ? Pourra-t-on jamais croire de bonne foi qu’il ait voulu faire des promesses si expresses, donner aux hommes, avec lesquels il veut habiter jusqu’à la consommation des siècles, des espérances si consolantes, pour les tromper dans leur attente par l’impossibilité où il les aurait mis d’en voir l’accomplissement ? Bien plus, il dit encore ailleurs : « Si vous ne mangez la chair du fils de l’homme et si vous ne buvez son sang, vous n’aurez point la vie en vous, vous n’aurez point de part avec moi » : voilà donc une malédiction éternelle, formellement prononcée contre celui qui ne mangera pas sa chair et ne boira pas son sang. Eh quoi ! ce Dieu plein d’amour et de miséricorde pour moi, qui veut souffrir et mourir dans sa chair pour moi, me livrerait à une condamnation éternelle pour n’avoir pas fait ce qu’il ne m’aurait laissé aucun moyen de faire ? C’est un excès de délire inconcevable de l’imaginer. Et cependant, s’il n’a pas établi, parmi les hommes successeurs de ses apôtres, un moyen de perpétuer la consécration réelle du pain en son corps et du vin en son sang comme il l’a fait lui-même en leur présence, je suis inévitablement, par cela même, condamné à la malédiction éternelle 1, car jamais la commémoraison d’un acte si auguste, si important, que ces sectaires substituent à sa réalité, ne pourra remplacer la manducation réelle qu’il a si expressément recommandée. L’erreur de ces hommes orgueilleux tend donc évidemment à rendre l’homme éternellement malheureux par l’injustice de Dieu, qui aurait exigé de lui l’impossible.

14. Des trois prosternations au Jardin des Oliviers

Après la Cène à jamais mémorable, dans laquelle l’Amour et sa Toute-Puissance divine se sont manifestés avec tant d’éclat dans la personne de Jésus-Christ, dans laquelle il termina l’instruction de ses apôtres par ce discours sublime où il leur révéla, plus clairement qu’il ne l’avait encore fait, sa propre divinité cachée dans son humanité, les souffrances, les ignominies et la mort à laquelle il va être livré par la trahison de l’un d’entre eux, sa résurrection glorieuse trois jours après, les grandes espérances qu’ils en doivent concevoir, et enfin la parfaite et éternelle glorification de son humanité; suivons-le dans le Jardin des Oliviers, suivons-le dans cette agonie mortelle pendant laquelle il fait l’entier sacrifice réparateur de sa volonté humaine qui doit précéder le sacrifice de sa vie même, par la mort qu’il subira le lendemain.

C’est là que nous allons retrouver Jésus seul, paraissant abandonné du Ciel et de la Terre, abandonné de ses disciples chéris qu’il venait de nommer ses amis, qui restent ensevelis dans un profond assoupissement lorsqu’il a le plus grand besoin des secours, des consolations de leur amitié. Lorsqu’il les réclame avec une tendresse si touchante, en leur avouant que son âme est saisie d’une profonde affliction et qu’elle est accablée d’une tristesse mortelle, c’est là que nous allons le retrouver seul, délaissé à son libre arbitre, à la seule volonté de l’homme pur qui ne cesse pas, cependant, d’être intimement uni au Verbe divin qui réside en lui, qui fortifie son humanité, mais dont l’action paraît suspendue pendant le terrible combat qui va se livrer, pour laisser à l’homme-Dieu l’honneur et les fruits du triomphe.

Jésus-Christ, en cet état prosterné en terre pour prier son Père, se voit la victime dévouée, et vient s’offrir pour consommer ce sacrifice; mais sa prescience divine montre à son humanité de combien de douleurs, d’humiliations, d’ignominies, sa mort doit être précédée. Son humanité s’en afflige, s’en effraye, et il s’écrie : « Mon Père, tout vous est possible, faites que ceci passe loin de moi. » Voilà bien ici le cri de la répugnance si naturelle à l’homme pour les souffrances et pour la mort; mais la soumission, la résignation de l’homme pur reprenant promptement le dessus, il s’écrie de nouveau : « Qu’il en soit néanmoins non ce que je veux, mais bien ce que vous voulez. » Il se lève pour aller vers ses disciples qu’il trouve endormis si près de lui. Il vient se prosterner une seconde fois, accablé de la même tristesse, éprouvant la même répugnance, formant la même demande, mais soumettant de même sa volonté à la volonté de Dieu. Il retourne vers ses disciples qu’il trouve dans le même état, et revenant se prosterner pour la troisième fois, il fait la même prière, il forme le même désir et se soumet avec la même résignation. Ses forces humaines sont épuisées par de si grands efforts, une sueur de sang couvre son corps et découle jusqu’à terre, mais le sacrifice de sa volonté, de cette volonté si active, si puissante dans l’homme pur est accepté; et un ange lui est envoyé pour le consoler, pour le fortifier.

Cette descente de l’ange, ce secours céleste qui lui est envoyé ne prouvent-ils pas évidemment que, dans ce terrible combat, l’humanité seule agissait pour en supporter le poids, et que la puissance divine de Jésus-Christ en était alors comme séparée ?

Il le fallait ainsi, et cela ne pouvait être autrement. L’homme primitif, le premier Adam, ayant trahi et renversé par l’abus de sa liberté, par le mauvais usage qu’il avait fait de sa volonté et de toutes ses facultés, tous les desseins de la Miséricorde sur les premiers coupables, avait provoqué contre lui-même les rigueurs de la Justice divine. Cet abus de sa liberté et de sa volonté ne pouvait donc être réparé que par un être de la même Classe, de la même nature, que par un homme pur, accepté pour victime, et dont la parfaite soumission pût apaiser et satisfaire la Justice divine. L’union du Verbe divin avec cet homme pur, assurant le succès du sacrifice sans diminuer aucunement le mérite de volonté de la victime qui le faisait, assurait en même temps le pardon et la grâce du genre humain. Ainsi ne doutons pas que dans tout ce qui s’est passé dans le Jardin des Oliviers, c’est l’homme seul qui a voulu ce que Dieu voulait de lui et qui s’y est soumis; car nous le savons assez, Dieu est impassible et Il ne peut ni souffrir, ni mourir.

Mais avant de quitter le Jardin des Oliviers, considérons des circonstances dignes de la plus grande attention pour l’instruction de l’homme.

L’homme primitif, le premier Adam, avait prévariqué et consommé son crime par l’abus de ses trois facultés intellectuelles de Pensée, de Volonté et d’Action. Il avait outragé le Père, le Fils et le Saint-Esprit, qui sont ensemble un seul Dieu. Il fallait donc que le second Adam, que l’homme-Dieu, réparât ces mêmes outrages par les mêmes voies et dans les mêmes proportions. C’est ce qui explique pourquoi l’homme-Dieu Réparateur fait trois prosternations différentes avec les mêmes angoisses, faisant la même prière et montrant toujours la même résignation, et c’est aussi pourquoi le sacrifice de sa volonté n’est accepté qu’après la troisième, et que ce n’est qu’alors qu’il en reçoit le témoignage par l’ange qui lui est envoyé pour le consoler et le fortifier.

15. De la Passion

Aussitôt que l’homme-Dieu a consommé le sacrifice de sa volonté, il reprend le calme et la sérénité de l’homme pur, qui s’est parfaitement soumis à la volonté de Dieu. C’est avec ce calme de l’âme qu’il va retrouver ses disciples, qu’il les invite à se reposer, et qu’il va au-devant de ceux qui, conduits et amenés par le traître Judas, viennent le saisir. C’est toujours l’homme pur et agissant librement et volontairement qui se montre dans le reste de sa Passion. Cependant ici, sa Divinité se manifeste un moment en faisant reculer et renverser par terre les satellites qui viennent le prendre, quand, après leur avoir demandé : « Qui cherchez-vous ? », il leur répond : « C’est moi. » La force divine de cette parole les remplit d’épouvante et les terrasse, mais il les rassure, parce qu’il veut souffrir et mourir.

Cette circonstance n’eut donc lieu que pour nous apprendre que s’il l’eût voulu, il aurait pu leur échapper alors, comme il l’avait fait d’autres fois; mais son heure étant venue, il ne résiste pas, et il se livre volontairement.

Nous ne le suivrons pas dans toutes les autres circonstances de sa Passion, ni du supplice de la Croix qu’on lui fait subir; les Évangélistes ont tout dit, il nous suffit de les lire pour admirer à chaque instant sa patience et sa parfaite soumission. La victime s’est dévouée sans réserve; tout le reste de sa Passion n’est que la conséquence de son sacrifice. On le voit sur la Croix, comme au Jardin des Oliviers, toujours homme pur, fortifié jusqu’à la fin par son union avec le Verbe, mais toujours laissé à sa propre volonté, afin qu’il puisse mériter par elle, jusqu’à la consommation du sacrifice, la glorification que cette consommation assure à sa sainte humanité. Il ne veut pas que nous puissions douter de cet abandon, puisqu’avant d’expirer, il s’écrie douloureusement : « Mon Père, mon Père, pourquoi m’avez-vous abandonné ? » Cependant, comme il ne veut pas non plus que nous pensions que sur la Croix, comme auparavant, sa Divinité soit séparée de son humanité, il manifeste ici sa Divinité en promettant pour le jour même une place en Paradis avec lui au criminel repentant qui était crucifié à ses côtés. Quel autre que Dieu seul pouvait faire cette promesse ?

Le grand œuvre de la rédemption du genre humain étant consommé, l’homme-Dieu expire sur la Croix. À l’instant même, la nature entière paraît bouleversée, les prodiges éclatent de toute part et d’une manière si frappante et si générale, qu’un philosophe païen qui les observe dans sa contrée s’écrie : « L’auteur de la nature souffre en ce moment, ou l’univers entier va se dissoudre. »

16. De Pilate, type de la lâcheté

Parmi les causes secondaires qui ont plus ou moins contribué à l’accomplissement du décret divin de la rédemption des hommes par la mort de Jésus-Christ, la principale, qui est sans contredit la conduite criminelle, inique et révoltante de Ponce Pilate, gouverneur de la Judée pour les Romains, mérite de notre part la plus sérieuse attention, moins pour les grandes conséquences qui en résultèrent alors, puisqu’elles entraient toutes dans les desseins de l’Amour infini pour les hommes, qu’à cause de l’exemple scandaleux qu’elle a laissé à ce grand nombre de chrétiens faibles et hypocrites, qui journellement, presque par habitude, comme sans remords, s’en rendent lâchement les imitateurs.

Pilate, revêtu de l’autorité du prince qu’il représentait, chargé de rendre la justice qu’il devait à tous, après avoir entendu les plaintes et les accusations que lui adressaient tumultueusement contre l’homme-Dieu les prêtres et les chefs de la nation juive qui lui demandaient sa mort, avec un ton d’aigreur et d’emportement qui décelait leur vrai motif, et qui ne permit plus au juge de douter que c’était uniquement par haine et jalousie qu’ils sollicitaient si ardemment sa condamnation; après avoir entendu les témoins subornés dont les témoignages sont reconnus vagues et trop insignifiants, et après avoir interrogé à plusieurs reprises l’homme-Dieu et admiré la sagesse de sa conduite, de ses réponses, de son silence même, lorsqu’il ne croit pas devoir répondre à certaines questions, il le déclare innocent des accusations portées contre lui; et cependant, par une inconséquence inconcevable, croyant sans doute calmer par sa lâche complaisance la fureur de ses ennemis, il le condamne à une ignominieuse flagellation, qui était dans certains cas le châtiment des esclaves; mais cette condamnation qui ne pouvait satisfaire la justice, puisque Jésus, qu’il jugeait innocent, n’était pas esclave, ni la haine de ses ennemis qui exigeaient sa mort, ne fut donc qu’un lâche et violent moyen employé par un juge inique qui voulait transiger avec sa conscience.

Après cette sanglante flagellation, Pilate présente Jésus à ses ennemis, leur disant : « Ecce homo », et croyant désarmer leur haine par le triste spectacle qu’il offre à leurs yeux; mais il se trompe, car ils lui demandent à grands cris sa mort. Pilate, qui désire le sauver, se rappelle qu’il doit à la nation, au temps de Pâques, la délivrance d’un prisonnier, et propose au peuple assemblé la délivrance de Jésus; mais les prêtres et les chefs excitent le peuple à demander que Barrabas, lui, soit délivré et que Jésus soit crucifié. Ils le menacent même de la disgrâce de César s’il persiste à refuser leur demande. Pilate, effrayé comme tous les ambitieux en pareil cas, des suites de cette menace, cède à leurs instances, quoique bien convaincu de l’innocence de Jésus, et méprisant l’avertissement qu’il reçoit de sa femme qui l’invite à ne prendre aucune part dans l’affaire de ce Juste persécuté, lui révélant qu’elle a été bien tourmentée à ce sujet dans un songe qu’elle a eu la nuit précédente. Il se fait apporter de l’eau pour se laver les mains en se déclarant innocent de sa mort, et après cette ridicule démonstration d’équité, il le condamne et le livre aux Juifs pour le crucifier. Ses soldats le saisissent aussitôt et le mènent sur le Calvaire. Il y est crucifié, et quelques heures après, il expire sur la Croix.

Chrétiens équivoques, lâches esclaves du respect humain qui ne comptez pour rien vos premiers devoirs envers Dieu et la religion sainte que vous dites professer, qui les sacrifiez sans cesse au désir de plaire au monde et à ceux qui en suivent les maximes, qui rougissez des préceptes, des conseils, des maximes de l’Évangile et négligez même de les connaître, de les étudier, vous considérant plus libres dans votre ignorance et moins rigoureusement assujettis au devoir de les mettre en pratique : voyez dans Pilate le tableau vrai de votre conduite habituelle, des mauvaises dispositions de votre cœur, et rougissez de vous-mêmes, si vous n’êtes pas encore totalement dépravés.

Défendus pendant les premiers temps de votre vie par les principes de l’éducation chrétienne que vous avez reçue, vous avez lutté quelque temps contre le torrent de l’incrédulité qui inonde le monde, vous flattant peut-être de pouvoir y résister toujours; mais bientôt vos passions se sont réveillées, l’ambition, l’amour d’une vaine gloire et des honneurs passagers qu’elle peut quelquefois procurer se sont emparés de vous. La société des demi-savants, presque tous infectés du poison de l’incrédulité, est devenue par goût et par choix la vôtre, et sa doctrine impie et dangereuse a achevé votre défaite. Si vous n’osez pas encore renoncer ouvertement aux actes publics du christianisme, vous vous y livrez le plus rarement possible et toujours en examinant avec soin quel degré de considération vous pourrez acquérir ou conserver avec la compagnie plus ou moins recommandable à laquelle vous vous associez, pour ces actes; car ce n’est plus à Dieu que vos pensées et vos actions se rapportent, c’est au monde seul, et vous n’agissez plus que machinalement et par un reste d’habitude dans vos actes religieux.

Hypocrites, est-ce donc là la promesse que vous avez faite à Dieu dans votre baptême, ou qui a été faite alors en votre nom et que vous avez ratifiée vous-mêmes ? Vous pouvez bien vous faire illusion, mais pouvez-vous tromper Celui qui est la Lumière et la Vérité même, qui sonde les cœurs et lit les pensées les plus secrètes ? Il vous demande un culte pur et sincère auquel toutes les puissances et les facultés de votre être doivent concourir. Il veut être adoré en esprit et en vérité, et vous ne lui répondez que par de ridicules simagrées. Ah ! tremblez et craignez qu’il ne réalise contre vous la menace terrible qu’il a faite à vos semblables : « Quiconque, a-t-il dit, se déclarera contre moi devant les hommes, je me déclarerai contre lui devant mon Père qui est dans le ciel. » Priez-le donc du fond du cœur, afin que les réflexions qui vous sont présentées ici germent dans le vôtre, et vous fassent prendre de fermes résolutions contre le maudit respect humain qui vous perdrait infailliblement.

Nous avons fermement et invariablement reconnu l’union intime, parfaite et à jamais indivisible qui a été faite en Jésus-Christ dès l’instant de sa conception dans le sein de la Vierge Marie, de la nature divine incréée avec la nature humaine créée; et si ce que nous avons dit là-dessus pouvait laisser le moindre doute sur notre ferme croyance, ce ne serait qu’à des expressions mal choisies ou mal interprétées qu’il faudrait l’attribuer.

Après avoir considéré l’excellence originelle de l’homme primitif, sa haute destination, la grande puissance et autorité dont il fut revêtu pour pouvoir accomplir les desseins de l’Amour et de la Miséricorde divine en faveur des premiers coupables, et l’ayant vu ensuite rendre tous ces puissants moyens inutiles par sa prévarication, nous avons reconnu la nécessité de l’union des deux natures en Jésus-Christ, pour rendre infaillible le succès de la réparation universelle dont il s’était chargé. Union nécessaire pour le rendre invincible dans la consommation du sacrifice qu’il avait à faire, en se soumettant volontairement à la fureur de ses ennemis, aux outrages, aux humiliations les plus rebutantes et à la mort la plus ignominieuse, sans affaiblir le mérite de la volonté humaine qui consentait à s’y dévouer. Nous avons aussi reconnu que les deux natures, quoique toujours unies en Jésus-Christ, ont cependant opéré chacune distinctement, sans confusion et quelquefois toutes les deux ensemble, leur action particulière, selon les cas et les circonstances. Enfin, nous avons reconnu que quoique les deux natures soient toujours unies et existantes en Jésus-Christ sans qu’il puisse s’en faire aucune séparation réelle, l’action de sa Divinité s’est montrée comme suspendue en lui, et en quelque sorte séparée, dans quelques circonstances de sa vie temporelle. Nous avons vu cette suspension spécialement marquée pendant la tentation qu’il a éprouvée au désert, après un jeûne de 40 jours. Elle nous a paru encore plus frappante pendant cette angoisse, cette tristesse mortelle dont il fut saisi dans le Jardin des Oliviers et dans la nuit de la Passion, jusqu’à sa mort sur la Croix. C’est dans ces terribles combats qu’il a paru entièrement abandonné à lui-même, à son libre arbitre, à sa seule volonté d’homme, toujours fortifiée en lui par la présence du Verbe, qui lui laisse, jusqu’à la fin du combat, le mérite de la victoire sur la mort, et du triomphe le plus complet sur les puissances de l’enfer déchaînées contre lui.

17. Des sublimes travaux d’amour de Jésus-Christ

Mais Jésus-Christ étant mort en vainqueur, il rentre aussitôt dans les droits de l’union inaltérable de la nature divine et de la nature humaine glorifiée en sa personne. Son âme pure et sainte unie au Verbe tout-puissant descend dans les enfers, dans ces lieux d’horribles privations, dans ces lieux où la multitude des hommes précédents, égarée par la séduction du Prince du monde qui leur avait fait entasser crimes sur crimes, gémissait sous la plus affreuse tyrannie. C’est à ces malheureux opprimés qu’il porte les premiers secours de la rédemption générale du genre humain. Il va dans ces lieux ténébreux enchaîner pour toujours la puissance de celui qui prétendait être son égal, et pour lui prouver son infériorité et sa dépendance, il lui arrache les victimes de sa malice contre l’homme et de sa fureur contre Dieu. Il rend à ces malheureuses victimes la liberté d’user encore contre lui de la volonté qu’il avait jusque-là enchaînée à la sienne, et de pouvoir cueillir encore le fruit de la rédemption.

Après ceux-là, il va purifier les cercles d’expiation et de purification, ces lieux où des hommes moins coupables, qui avaient connu et adoré un Dieu créateur de toutes choses, expiaient douloureusement leurs égarements temporels et subissaient la peine due à la prévarication de leur père temporel, et à sa postérité. Il les console, il les fortifie en se montrant à eux en vainqueur de leur ennemi, et il leur montre un terme à leurs peines dont il abrège la durée.

Il va enfin se montrer aux patriarches et à tous les justes qui avaient attendu sur la terre avec foi et espérance le jour qui venait luire devant eux, ce jour heureux qu’Abraham plein de foi avait vu et désiré avec ardeur. Il les console d’une si longue attente, et pour récompenser leur foi, il rompt les barrières de ces lieux de captivité que nous nommons Limbes et les conduit en triomphe, comme parfaitement réconciliés dans ces lieux de repos et de béatitude temporelle, où tous les heureux réconciliés attendront en paix la fin des temps, pour aller ensuite ensemble, comme bénis du Père, jouir éternellement de leur sanctification, au-dessus de l’espace créé, dans cette bienheureuse immensité dont le sang de Jésus-Christ leur a ouvert l’entrée.

C’est à ces grands et sublimes travaux de l’Amour et de la Miséricorde divine que Jésus-Christ, vainqueur de la mort et de Satan, a employé les trois jours de sa sépulture, ces trois jours pendant lesquels il est resté ignoré et invisible à tous les hommes de la terre.

18. De la résurrection et des corps glorieux

Mais à peine le troisième jour est commencé, il ressuscite glorieusement du tombeau par sa propre divine puissance, et commence à se montrer à ceux qui l’ont aimé le plus tendrement, sous une nouvelle forme corporelle, en tout semblable à celle dans laquelle il avait vécu parmi les hommes, mais glorieuse et impassible, dont il se revêt, et qu’il fait aussi disparaître à son gré. C’est avec cette même forme glorieuse qu’après avoir conversé, marché, mangé même avec ses disciples pendant quarante jours, leur apparaissant subitement et disparaissant aussi subitement de devant eux quand il lui plaît, après leur avoir recommandé de baptiser en son nom, d’enseigner aux hommes le mystère ineffable de la Trinité divine du Père, du Fils et du Saint-Esprit, faisant un seul Dieu, qu’il monte glorieusement au ciel en leur présence, où il sera éternellement le Dieu rendu visible aux anges et aux hommes sanctifiés, dans cette forme humaine glorifiée.

Mais quelle est donc la nature de cette nouvelle forme corporelle, et qu’est-ce qui constitue la différence essentielle de celle-ci sur la première ? demanderont ces hommes charnels et matériels qui ne voient rien que par les yeux de la matière, et ceux qui sont assez malheureux pour nier la spiritualité de leur être, et ceux aussi qui, attachés exclusivement au sens littéral des traditions religieuses, ne veulent voir, dans la forme corporelle de l’homme primitif avant sa chute, qu’un corps de matière comme celui dont il est actuellement revêtu, en y reconnaissant seulement une matière plus épurée. C’est Jésus-Christ lui-même qui va leur prouver la différence essentielle de ces deux formes corporelles et leur destination, en se revêtant de l’une après sa résurrection, après avoir anéanti l’autre dans le tombeau.

Jésus homme-Dieu, voulant se rendre en tout semblable à l’homme actuel, pour pouvoir lui offrir en lui un modèle qu’il pût imiter en tout, s’est soumis à se revêtir en naissant d’une forme matérielle parfaitement semblable à celle de l’homme puni et dégradé. Elle diffère cependant en ce point unique que la forme matérielle de l’homme conçu par la concupiscence de la chair est corruptible, au lieu que la forme matérielle de Jésus, conçue par l’unique opération du Saint-Esprit et sans aucune participation des sens matériels, est incorruptible. Mais Jésus-Christ dépose dans le tombeau les éléments de la matière, et ressuscite dans une forme glorieuse qui n’a plus que l’apparence de la matière, qui n’en conserve pas même les Principes élémentaires, et qui n’est plus qu’une enveloppe immatérielle de l’être essentiel qui veut manifester son action spirituelle et la rendre visible aux hommes revêtus de matière. Si on pouvait encore douter de cette importante vérité, qu’on réfléchisse sérieusement sur les étonnantes apparitions sous formes humaines de l’archange Gabriel à Marie et à Zacharie, père de Jean-Baptiste, sur celles des anges envoyés à Abraham pour lui prédire la naissance d’Isaac et la punition de Sodome, de l’ange conducteur du jeune Tobie, et d’un grand nombre d’autres apparitions semblables des esprits purs, dont la forme corporelle a été réintégrée en eux-mêmes et a disparu aussitôt que leur mission particulière était terminée. Elles prouvent toutes la même vérité. Jésus-Christ ressuscité se revêt de cette forme glorieuse chaque fois qu’il veut manifester sa présence réelle à ses apôtres pour leur faire connaître que c’est de cette même forme, c’est-à-dire d’une forme parfaitement semblable et ayant les mêmes propriétés, dont l’homme était revêtu avant sa prévarication; et pour leur apprendre qu’il doit aspirer à en être revêtu de nouveau après sa parfaite réconciliation, à la fin des temps. C’est là en effet cette résurrection glorieuse des corps qui seront en même temps changés pour les hommes réconciliés, ainsi que l’exprime saint Paul, mais qui ne seront pas changés pour les réprouvés. C’est enfin cette résurrection glorieuse dont la manducation réelle du corps et du sang de Jésus-Christ en apporte, dans tous ceux qui y participent dignement, le germe fructificateur.

19. De l’homme déchu et du sacrifice de sa volonté

Tout homme, instruit de l’excellence originelle de l’homme primitif, de sa haute et sublime destination dans l’univers créé, des grandes vertus, puissance et autorité dont il fut revêtu pour la remplir, ne peut se dissimuler, en voyant l’homme actuel déchu de toute sa gloire, tombé dans l’avilissement, malheureux et devenu l’esclave de l’implacable ennemi dont il avait été établi le dominateur, qu’il est soumis à un état de sévère punition justement méritée; que c’est l’orgueil, dont il reçoit encore journellement et à tout instant de nouvelles atteintes, qui l’a perdu; que c’est un abus énorme de sa puissance, de sa volonté et de toutes ses facultés intellectuelles qui l’a séparé de Dieu; que lié par son choix au Mal, il s’est rendu incapable de se rapprocher par lui-même du Bien, et qu’il resterait éternellement séparé de son Dieu si l’Amour infini du Créateur pour sa créature chérie n’eut détruit cette barrière d’éternelle séparation par son incarnation dans un corps d’homme, dont il a voulu se revêtir pour pouvoir souffrir et mourir dans ce corps, et expier ainsi pour le coupable tout ce qu’il devait à la Justice.

Mais pour que l’homme puisse individuellement recueillir les fruits de la rédemption du genre humain et s’approprier la pleine jouissance de la part qui lui en est destinée, il faut qu’il contribue, par tous les efforts dont il est capable, à l’acquérir; et comme c’est par l’abus de sa volonté qu’il s’est rendu coupable et a mérité sa punition, ce n’est que par un meilleur et constamment bon usage de sa volonté qu’il peut réparer sa faute; il faut donc nécessairement que sans cesse, et en toutes occasions de quelque importance, il fasse et renouvelle du fond du cœur le sacrifice de sa volonté propre, de cette volonté du vieil homme qui lui est restée pour son malheur; il faut qu’il contracte l’heureuse habitude d’une entière abnégation de la sienne et de la plus parfaite résignation à celle de Dieu, qui se fera toujours assez connaître quand sa résignation sera sincère. Nous en sentons tellement l’importance que nous la demandons tous les jours à Dieu dans la prière qu’il nous a Lui-même enseignée; mais convenons de bonne foi que nous la faisons souvent par habitude et sans beaucoup de réflexion. Dans ce cas, que peutelle produire ?

Le sacrifice de la volonté propre et l’entière abnégation de soi-même sont cependant si nécessaires à l’homme, qu’il ne doit pas espérer sa parfaite réhabilitation tant que ce sacrifice n’aura pas été fait, complété et accepté par la Justice. La vie entière lui est donnée pour lui apprendre à le faire, mais souvent et presque toujours il arrive à son terme avant de l’avoir bien commencé, et il reste bien à plaindre; mais la divine Miséricorde toujours active en sa faveur, sans contrarier néanmoins les droits de la Justice, vient à son secours. Elle lui accorde une seconde vie qui sera prolongée selon ses besoins. Elle a créé pour lui un lieu de souffrances expiatoires, à différents degrés, et de privation purificatoire, dans lequel il pourra accomplir son œuvre, et mériter sa parfaite réconciliation; car c’est là que, souffrant autant et aussi longtemps que l’exige la Justice, mais heureux par une ferme espérance, il payera sa dette jusqu’à la dernière obole.

Chrétiens, ne vous faites donc pas illusion, et quelles que soient vos opinions sur l’état des âmes justes qui quittent ce monde, n’oubliez jamais que rien d’impur ne peut entrer dans le Ciel, et que celui qui emporte avec lui la moindre souillure ne peut habiter avec Celui qui est la pureté et la sainteté mêmes. Soyez donc pleins d’amour et de reconnaissance pour ce Dieu bon qui, connaissant votre faiblesse, a établi pour vous des moyens d’expiations et de purification satisfactoire.

Le précepte d’une entière soumission à la volonté de Dieu et d’un parfait renoncement à soi-même est si absolu, et sa constante exécution est en même temps si difficile, qu’il paraît que notre divin Seigneur et unique Maître Jésus-Christ est venu sur la Terre pour nous l’enseigner autant par son exemple que par ses instructions. Quel plus grand exemple pouvait-il nous laisser que son consentement trois fois répété dans le Jardin des Oliviers de mourir ignominieusement sur une Croix, malgré la répugnance extrême que son humanité effrayée venait de manifester. Ô hommes, quelle leçon ! Méditez-la jour et nuit et ne la perdez jamais de vue.

Le travail auquel nous nous sommes livrés pour distinguer l’action particulière dans certains cas des deux natures réunies en Jésus-Christ nous a conduit à diverses observations et explications qui l’ont beaucoup prolongé, et dont nous laissons le soin à nos lecteurs d’apprécier l’utilité.

20. Les mystères de la Croix

Mais avant de terminer, arrêtons-nous encore quelques instants à méditer le grand mystère de la Croix, qui avait été prédestinée à être l’instrument du supplice de l’homme-Dieu et du grand œuvre de la réconciliation universelle. Cette méditation nous fournira une nouvelle occasion d’admirer la marche et les voies de la divine Providence qui dispose à son gré de tous les évènements dans l’ordre temporel et politique pour parvenir à ses fins.

Toutes les grandes nations se dirigent ordinairement, tant qu’elles sont libres, dans leurs affaires particulières par les lois, règles et usages qu’elles ont adoptés. La loi de Moïse était encore, à l’époque dont nous parlons, littéralement observée chez les Juifs, et les dirigeait en tout ce qui concernait leur religion, leur culte et leur gouvernement intérieur. Depuis qu’ils étaient tombés sous la domination des Romains, et que la Judée n’était plus qu’une province romaine, ils avaient été assujettis aux lois romaines. Celle de Moïse condamnait à être lapidés ceux qui se rendaient coupables de crime contre la religion. Jésus, accusé de s’être fait égal à Dieu devant un tribunal qui ne voulait voir en lui qu’un homme ordinaire, malgré les miracles les plus frappants, aurait donc été condamné à être lapidé; et cependant, les prophéties avaient prédit que le Christ serait mis à mort par un autre genre de supplice. Il avait indiqué lui-même celui qui lui était destiné, en disant qu’après avoir été élevé de la terre à l’instar du serpent d’airain sous Moise, « il attirerait tout à lui ». D’un autre côté, le Grand Conseil sacerdotal, qui était chez les Juifs le Tribunal suprême de la nation, composé du Grand Prêtre et des Chefs des familles sacerdotales, des docteurs de la loi, des Scribes et Pharisiens, avait perdu le droit de vie et de mort sur le peuple, ce droit étant resté dévolu aux Romains, dont l’usage était de condamner à être crucifiés les malfaiteurs et les esclaves rebelles. Il a donc fallu une grande révolution dans l’ordre politique des évènements temporels pour faire substituer le supplice de la croix, qui entrait dans les desseins de la Providence, à celui d’être lapidé. Il est même remarquable que les Juifs y ont beaucoup contribué, puisque lorsque Pilate, ne pouvant parvenir à délivrer Jésus, le leur renvoya pour être jugé selon leurs propres lois, ils s’y refusèrent et demandèrent à grands cris qu’il fût crucifié.

21. De l’homme primitif

L’homme primitif, le premier Adam émané de Dieu en toute sainteté, ensuite émancipé dans l’espace universel et revêtu d’une forme corporelle glorieuse et impassive, fut placé au centre des quatre régions célestes, qui a été dénommé « paradis terrestre », quoique très éloigné d’aucune partie de la Terre. Ayant été établi homme-Dieu de la Terre pour y représenter le Créateur, ce centre quaternaire fut le chef-lieu de sa correspondance avec les êtres spirituels « bons », placés avec lui dans l’espace créé et chargés de maintenir l’ordre dans toutes ses parties. Il fut aussi celui de sa domination sur les esprits rebelles qu’il était chargé de molester en tout, et de contenir sans cesse leur action perverse. C’est de ce centre universel de l’espace créé que l’homme, usant à son gré, mais toujours conformément à la volonté du Créateur et aux règles qu’il lui avait prescrites, du Verbe de création de formes pures et glorieuses semblables à la sienne, aurait appelé auprès de lui, successivement et jusqu’à la fin des temps accordés par la Justice et la Miséricorde divine, tous les autres êtres de sa classe destinés « à lui aider » et à concourir tous ensemble à l’accomplissement de ce grand œuvre. L’homme aurait donc eu la gloire de coopérer par sa volonté à l’émancipation de chaque intelligence humaine que Dieu s’engageait avec lui d’envoyer habiter le temple ou la forme glorieuse que sa volonté lui destinait.

Ayant reçu, dans les premières opérations qu’il avait faites en présence et par ordre du Créateur, des preuves éclatantes de la puissance dont il était revêtu et qu’il venait de manifester, il fut livré à son seul arbitre pour la plus importante qui lui restait à faire. Ébloui de cette grande puissance, il s’en glorifia. Il oublia qu’il la devait à l’amour et à la libéralité de son Créateur à qui elle appartenait, et qu’il n’en était que le dépositaire pour l’exécution de Ses desseins. Il se complut dans cette pensée orgueilleuse qui fut connue et saisie par le chef démoniaque. Ce désordre dans sa faculté pensante devint bientôt un sommeil dangereux pour son intelligence qui en resta la victime; son astucieux ennemi exalta son orgueil, le séduisit, lui fit oublier ses serments et promesses envers le Créateur, s’empara de sa volonté, et l’entraîna dans la révolte.

L’homme, devenu coupable, fut aussitôt chassé de ce centre pur et sanctifié qu’il venait de souiller. Il fut précipité sur la Terre et condamné à venir ramper sur sa surface dans une forme matérielle et imparfaite dont il venait de créer le modèle, et à laquelle il a assujetti par une suite nécessaire toute sa postérité. Épouvanté du résultat de son inique opération, il reconnut et confessa son crime. Son repentir lui mérita la promesse d’un libérateur dont la médiation obtiendrait son pardon; c’est ce qu’il a heureusement éprouvé par la médiation du divin Rédempteur, et par son sacrifice sur la Croix.

22. De la Croix, emblème universel

La Croix présente elle-même à l’intelligence, dans son ensemble et dans ses parties, un grand emblème universel, principalement dans la circonstance dont nous nous occupons. Par sa partie inférieure, qui est la plus prolongée, elle paraît fixée dans le centre de la Terre, de cette Terre souillée de tant d’abominations que toutes les eaux du déluge n’ont pu effacer, et que le sang d’une grande et pure victime peut seul purifier. De là, elle s’élève dans une plus haute région où elle forme un grand réceptacle par ses quatre branches qui, s’étendant sans obstacle, paraissent aller toucher les quatre points cardinaux de l’espace universel et y porter les fruits de l’action unique qui s’opère au centre de ce réceptacle par l’homme-Dieu mourant sur ce centre, pour tout réparer. Ce qui nous fait facilement concevoir les immenses et prodigieux résultats que l’action toute-puissante du Verbe de Dieu uni à Jésus mourant sur la Croix a opéré sur la Nature entière visible et invisible, spirituelle et corporelle, qui en était le témoin et l’objet.

Cette Croix, en divisant figurativement par ses quatre branches en quatre parties l’espace créé, nous rappelle assez clairement les quatre régions célestes qui furent le premier domaine de l’homme dans son état de pureté et d’innocence, comme son centre sur lequel le divin Réparateur expire nous rappelle ce centre des régions, ce paradis terrestre qui fut le siège de sa gloire et de sa domination, qu’il souilla par son crime, et dont il fut honteusement expulsé pour toujours. Cependant, la glorieuse destination de ce lieu de délices ne fut pas totalement détruite : la Justice divine se contenta alors d’y établir une garde sûre « armée d’une épée de feu » pour en défendre l’entrée; mais l’homme-Dieu ayant pleinement satisfait par sa soumission et par sa mort à la Justice divine, c’est de ce centre de douleur et d’ignominie qu’il ressuscite glorieusement, et, triomphant dans son humanité, il réhabilite l’homme et toute sa postérité dans le droit primitif de pouvoir habiter encore le centre de ces régions célestes. Il le purifie et le sanctifie de nouveau pour le disposer à devenir le lieu de repos et de paix où les âmes justes, après avoir été purifiées et réconciliées, iront attendre, à l’ombre de la grande lumière dont la pleine jouissance leur est assurée, la fin des temps, l’instant fortuné où les barrières de l’espace étant rompues, elles iront toutes ensemble à la suite du divin Rédempteur recevoir le prix ineffable de la rédemption qui sera leur éternelle, absolue et inaltérable béatitude.

Que de profonds mystères ! que de sublimes vérités rappelle donc au chrétien le signe si respectable de la Croix, chaque fois que, voulant se mettre en présence de son Créateur et invoquer Son adorable Trinité, il le trace sur lui-même. Par le premier temps de ce signe, celui qui le fait avec le respect et la confiance nécessaires se met de cœur et d’esprit en présence de la sainte Trinité, il invoque la toute-puissance du Père et en réclame les salutaires effets pour lui et pour tous ceux pour qui il se propose de prier. Par le second temps, il invoque rapidement et par la pensée l’Amour et la Sagesse du fils et implore sa Miséricorde. Par le troisième temps, il demande la Lumière divine dont il sent le besoin pour se diriger et les dons spirituels dont l’Esprit-saint est le dispensateur. Enfin, par l’Amen qui en fait le quatrième temps, il demande à connaître la Volonté divine, il offre le sacrifice journalier de la sienne, il demande aux trois puissances qui ne sont qu’un seul Dieu d’être réhabilité dans sa puissance quaternaire originelle, et d’en pouvoir encore recueillir quelques fruits. Comment se fait-il donc qu’un acte religieux si expressif, si solennel, ne soit presque plus pour la plupart des chrétiens qu’un acte irréfléchi de pure forme et d’habitude. Et cependant, l’ingrat ose se plaindre de n’être pas exaucé; qu’il en cherche la cause dans lui-même, et qu’il se réforme. Chrétiens faibles et chancelants, méditez donc souvent le grand mystère de la Croix; cette méditation vous fournira une nourriture solide qui fortifiera votre foi, ranimera votre amour et votre reconnaissance, et raffermira vos plus chères espérances.

Жан-Батист Виллермоз, Богочеловек, Трактат о двух природах

Трактат о двух природах, божественной и человеческой, неразрывно соединенных на вечность и образующих на вечность одно и то же существо в лице Иисуса Христа, Бога и Человека, Искупителя людей, Верховного Судии живых и мертвых, сопровождаемый размышлениями о поведении Пилата и медитацией о великой тайне Креста.

1. О неверности первозданного человека

Мы видели в первых частях Доктрины, что первозданный человек был облечен великой силой, которая делала его выше всех духовных агентов, помещенных вместе с ним в сотворенном пространстве, чтобы проявлять там под его руководством свое особое временное действие; что он был главным образом поставлен властелином над злыми духами, которые содержались там в лишении; что он сам был помещен в центре четырех небесных областей сотворенной вселенной, чтобы осуществлять там свое мощное универсальное действие, и что именно оттуда он мог быть истинным интеллектом блага для злых духов, возвращая им некоторые понятия о том благе, от которого они были вечно отделены.

Но этот несчастный человек, столь могущественный, столь сильно защищенный от нападок и козней своего врага, столь превосходящий все, что существовало вместе с ним в универсальном пространстве, и видевший над собой лишь своего Творца, будучи обманутым, соблазненным, впавшим в пучину несчастья и приговоренным к смерти, которой ему угрожали, — какое существо, достаточно могущественное и чистое, могло поднять его из этого состояния, если не сам Бог? Но этот искаженный образ своего Творца посягнул на Его единство и на все Его силы. Этот нечестивый делегат, этот неверный представитель своего Бога объединился, вступил в союз со своим врагом, чтобы предать самые дорогие интересы, которые были ему вверены. Он ужасно злоупотребил всеми дарами, всеми силами, которые получил, и в небывалом избытке неблагодарности дерзко оскорбил Его любовь и нежность. Итак, нужна великая жертва, чтобы удовлетворить Божественную справедливость, ибо если Милосердие Божие бесконечно и безгранично, то и Его Божественная справедливость такова же и может быть остановлена лишь воздаянием, соразмерным оскорблению. Нужна была, следовательно, чистая и непорочная жертва из собственной человеческой природы преступника, и поскольку именно человек своим преступлением ввел смерть в мир, необходимо было, чтобы эта святая жертва добровольно предала себя смерти — смерти несправедливой, насильственной и позорной, которая могла бы искупить столько оскорблений. Наконец, необходимо было, чтобы Праведник своим добровольным жертвоприношением остался победителем над смертью греха, дабы та смерть, на которую Божественная справедливость изрекла неотвратимый приговор роду преступника, стала лишь сном и переходом от временной жизни к жизни вечной для всех тех, кто по Его примеру, оставляя на время своей индивидуальной искупительной жертвы свою свободную волю, свою собственную волю ради единой воли Божией, заслужили бы вкусить ее плоды.

Второй Адам, исшедший из недр Божиих во всей чистоте и святости, посвятил себя и предложил себя в жертву Божественной справедливости ради спасения своих братьев, и его самопожертвование было принято Милосердием. Тотчас несотворенная Премудрость, Слово Божие, которое есть Бог, Сын единородный, образ и сияние Отца всемогущего, посвятило себя тесному и вечному соединению с человеческим разумом нового Адама, чтобы укрепить его в его жертве, чтобы обеспечить и завершить его триумф и сделать его через славное воскресение истинным победителем смерти.

2. О таинственном союзе двух природ

Именно через непостижимое соединение божественной природы с человеческой природой, этот шедевр бесконечной любви Бога к людям, совершается великое дело Искупления человеческого рода и установление святой религии, которая научила бы его познавать истинное поклонение, подобающее его Творцу, и единственное, которое может быть Ему угодно. Религия, которая могла быть основана прочно лишь через откровение воплощенного Бога, дружески беседующего с людьми и доказывающего им в каждый момент в течение своей временной миссии Свою Божественность, истинность Своих догматов, чистоту и превосходство Своей морали самыми яркими чудесами всех родов. Вот два великих объекта, которые в замыслах Любви и Милосердия Божия к падшим и развращенным людям сделали необходимым соединение двух природ в лице Иисуса Христа.

Этот тесный, абсолютный и ставший вечно неразделимым союз Слова, творца всех существ, с чистым человеческим творением, чтобы иметь возможность публично наставлять, страдать и умирать в нем, есть акт Любви Божией к людям, столь поразительный, столь непостижимый и столь превосходящий всякое человеческое разумение, что из всех актов, открытых христианской вере, именно этот во все времена был и остается наиболее оспариваемым. Современники Иисуса Христа, хотя и были ежедневными свидетелями множества ярких чудес, которые Он совершал перед ними, видели в Нем лишь человека и отрицали Его Божественность. Его ученики, даже Его апостолы, хотя и были наставлены Им и были свидетелями тех же чудес, верили в это лишь слабо, до тех пор, пока через три дня после Его смерти, убедившись в истинности Его воскресения, которое Он Сам им предсказал, и внимая Его наставлениям в течение сорока дней, они не увидели, как Он божественно вознесся на небо в Своем прославленном человечестве.

3. О необходимости божественного воплощения

Нужно ли удивляться, если современный человек, который не признает иного свидетельства, кроме свидетельства своих физических и материальных чувств, к своему несчастью, все еще отрицает эту великую истину? Есть много тех, чей разум менее помрачен, кто также отрицает ее или признает лишь очень слабо, и скорее из чувства долга, внушенного им наставлением, нежели по убеждению, потому что они еще не чувствуют необходимости прямого и личного вмешательства Божества в акт удовлетворительного искупления, который человек должен Божественной справедливости. Видя в Боге и в человеке, падшем из своего славного состояния, две крайние точки духовного порядка, они предполагают в ангельских чинах промежуточных духовных агентов, достаточно чистых и могущественных, чтобы приблизить человека к Богу, без необходимости того, чтобы сам Бог подчинился воплощению. Сомнение и заблуждение этих людей происходят лишь от невежества, в которое люди давно впали относительно поводочной причины сотворения вселенной, относительно замыслов Бога в эманации и эмансипации человека, относительно его высокого предназначения в центре сотворенного пространства и, наконец, относительно великих привилегий, великой силы и великого превосходства, которые были даны ему над всеми добрыми и злыми существами, оказавшимися там вместе с ним. Все то, что главы христианской Церкви, которым знание об этом было почти исключительно доверено в течение первых пяти-шести веков христианства, прекрасно знали. Будучи лучше наставлены в этих важных пунктах, они пришли бы к выводу, что для реабилитации существа столь великого, столь могущественного, требовался сам Бог. Есть и другие, которые, признавая необходимость великой и святой жертвы, добровольно посвящающей себя страданию и смерти, чтобы удовлетворить Божественную справедливость, но признавая в то же время, что Бог бесстрастный во всем своем существе, и что исправление преступления могло быть заслуженным, только если оно совершено существом той же самой и собственной природы, что и тот, кто его совершил, отрицали Божественность Искупителя.

4. О смерти Бога на Кресте

Да, без сомнения, Бог бесстрастный, и ничто в божественной природе не может страдать или умереть; было бы великим богохульством осмелиться утверждать обратное. Вот почему христианские ораторы, которые предаются на кафедре истины чрезмерному рвению, используя неподобающие выражения, которые, как им кажется, придают больше энергии их мыслям, восклицая так часто: «Бог умер за людей!», упускают свою главную цель, ибо они не должны ожидать, что убедят своих слушателей, когда берутся заставить их поверить в невозможное. Но в Иисусе Христе, который соединяет в своей единственной личности, и вечно неразделимым образом, божественную природу и человеческую природу в ее высшей степени совершенства, один лишь чистый человек страдает и умирает; и вместе с его человеческим разумом, когда он покидает свое тело, исходит божественная сущность, которая неразрывно соединена с ним. Сила Слова Божия, которая пребывает во всей своей полноте в его святой человечности и облекается ею, поддерживает его в его частых и смертельных битвах, умножает его силы, укрепляет его волю, его покорность, его совершенную покорность вплоть до завершения его искупительной жертвы и обеспечивает ему триумф над всеми силами ада, развязанными против него, оставляя ему все почести победы; и в награду за правильное использование им своих собственных средств и мощной помощи, которую он ему оказал, он воскресил его из гроба, он прославил его, он обожествил его, он вознес его на высоту небес, где он заставил его воссесть с ним на вечном престоле, и где, сливаясь, так сказать, с ним, он установил его Суверенным Судьей живых и мертвых и Богом, вечно видимым для ангелов и освященных людей, которых он признает своими братьями.

5. О подражании Иисусу Христу

Две природы, которые мы признали в личности Божественного вселенского Восстановителя, настолько соединены и, по-видимому, смешаны вместе, что они обычно действуют одновременно в своем общем действии. Однако каждая из них имеет свое собственное и отчетливое действие, которое во многих случаях действует раздельно. Поэтому для истинного христианина, которому одна из них предлагается в качестве модели, очень важно не смешивать их всегда и научиться различать их. Это исследование может только укрепить веру верующих, и оно может быть особенно полезно для того большого числа трусливых и беспечных христиан, которые, чтобы оправдать свою праздность, не перестают повторять: «Человеку невозможно подражать поведению всегда мудрого и безупречного Бога.» Нет, без сомнения, такому хрупкому человеку невозможно быть столь совершенным, но как бы хрупок он ни был, он может, он даже должен неустанно стремиться подражать, насколько это возможно, чистому человеку, соединенному с Богом, которого сам Бог предлагает ему в качестве модели.

6. Об объединении Слова с Иисусом

Божественный Примиритель людей, Желаемый народами, Мессия, обещанный вере Авраама, отца верующих, предсказанный умирающим Иаковом своим детям и столь ясно возвещенный большим числом пророков, которые сменяли друг друга на протяжении долгого ряда веков как тот, кто должен родиться от девы из рода Авраама и в семье царя Давида, наконец появляется на Земле в конце четвертого тысячелетия мира, во время, определенное несотворенной Премудростью для осуществления великих замыслов его божественного Милосердия.

Архангел Гавриил послан Богом в маленький город Назарет к деве Марии, чтобы возвестить ей о славном материнстве, посредством которого ей суждено содействовать великому делу Искупления людей. Внезапное явление ангела, посланного к ней, смущает душу этой столь чистой девы; её целомудрие встревожено возвещенным ей материнством, и она заявляет, что не знает ни одного мужчины. Она дает свое согласие лишь после того, как полностью успокаивается относительно средств, ибо ангел объявляет ей, что её материнство будет делом самого Бога через действие одного лишь Святого Духа, и что её девственность останется нетронутой.

В самый миг её согласия начинается свершение великого Таинства; ибо в этот же миг Слово Божие, которое есть сам Бог, вторая Ипостась и сила Святой Троицы, побуждаемое своей пламенной любовью к своим человеческим творениям, неразрывно и на всю вечность соединяется с человеческой, чистой и святой душой Иисуса, который из любви к своим братьям и чтобы примирить их с Богом, удовлетворив за них Божественную справедливость, предал себя на поругание, страдания и смерть. Всемогущее Слово Божие, образ и сияние вечного Отца, сходит с небес, чтобы воплотиться с человеческой душой Иисуса в чистом чреве блаженной Девы Марии, чтобы вечно быть им обоим вместе лишь одной и той же Личностью в двух различных природах. Таким образом, именно в момент её согласия Богочеловек формируется телесно в девственном чреве Марии, из её чистой субстанции, из этой истинной и чистой квинтэссенциальной материи девственной земли его матери. Он формируется и составляется в нем, как и все другие люди, приходящие на время на Землю, из тройной субстанции, то есть из чистого, разумного и бессмертного духа, из пассивной души или преходящей жизни, и из тела материального, но из материи чистой и нескверной, которая происходит вовсе не, как у всех других людей, от похоти чувств, а исключительно от действия Святого Духа, без участия какого-либо мужчины или какого-либо физического агента материи. Именно этим чудом бесконечной любви Бога к своему возлюбленному и обольщенному творению, ставшему из-за своего преступления навсегда рабом и жертвой Демона, совершилось невыразимое и непостижимое таинство Божественного воплощения для искупления людей через Иисуса Христа, нашего единственного Господа и Учителя, который благоволил, чтобы обеспечить этот результат, соединить в себе неразрывным союзом человеческую природу преступившего и свою собственную Божественную природу.

7. О четверичной природе Иисуса Христа

Мы признали в свое время, что животное или скот есть бинарный состав из души, или пассивной и преходящей жизни, и из тела материального, которые исчезают полностью после предписанной им продолжительности; что человек во время своего преходящего пребывания на Земле есть тернарный состав: а именно из тех же двух преходящих субстанций, которые мы только что упомянули, которые составляют его животным, подобно скоту, и из разумного и бессмертного духа, посредством которого он является истинно образом и подобием Божественным. Но в Иисусе Христе, Богочеловеке и Божественном, находится, во время его временной жизни на Земле, четверичная совокупность, которая выделяет его в высшей степени среди всех творений, а именно: три субстанции, которые мы только что познали в земном человеке, и, сверх того, само Существо Бога, которое соединилось на вечность с разумным и бессмертным существом человека, чтобы сформировать из этого единое существо и одну Личность в двух природах.

Тот, кто благодаря этому столь славному союзу мог родиться по своему выбору в самой богатой семье, в лоне величия, на самом блистательном престоле, предпочитает родиться в хлеву, в неизвестной и бедной семье, в презренной профессии, наиболее подверженной презрению и унижениям, которые обычно сопровождают нищету. Из этого совершенно очевидно, что с самого своего прихода в мир он хочет быть примером и утешением для бедных, что он хочет в то же время внушить презрение к богатствам и дать почувствовать тем, кто ими обладает, те великие опасности, которым они подвергают всех тех, кто не будет использовать их так, как предписано его моралью и его заповедями.

8. Об именах, данных Мессии

Посмотрим теперь в святых Евангелиях, в каком отношении Божественный Мессия предстает там перед людьми, как Евангелисты именуют и характеризуют его, и как он сам себя там характеризует. Мы найдем там, в новых отношениях, новый запас наставлений с подтверждением того, что мы сказали выше по этому важному вопросу. Мы видим его там именуемым то Иисусом, или Сыном Человеческим. То Богочеловеком или Богочеловеком, наконец, Сыном Божьим или Иисусом Христом.

Эти различные наименования, будучи применены к одному и тому же существу, могут показаться на первый взгляд почти синонимами, но, однако, они таковыми не являются, ибо все они представляют различные смыслы, которые не следует смешивать, поскольку они относятся к двум различным природам, которые оказываются соединенными в одном и том же существе. Вдумчивое рассмотрение его действий во время его временной жизни доказывает эту истину.

В самом деле, в Иисусе мы видим лишь чистого и святого человека, имеющего возвышенное предназначение, если отвлечься от Божества, которое пребывает в нем, но еще никак не проявилось. В Сыне Человеческом мы видим лишь ту же человеческую природу. Он именует себя так до тех пор, пока хочет скрыть от иудеев и демонов, чьими орудиями они становятся, Свое Божество, представляясь им потомком Адама, общего отца людей, и предполагаясь лишь сыном Иосифа, пока великая тайна воплощения не будет открыта людям. В Богочеловеке это чистый и святой человек, чье действие, по-видимому, преобладает над действием Божества, которое скрывается в нем. В Богочеловеке это, напротив, божественное действие, которое оказывается преобладающим над действием человека. В Сыне Божьем, что является сущностным качеством, которое архангел дал Ему, возвещая Марии Его воплощение, это Божество, которое ярко проявляется через орган Его святой человечности. Наконец, в Иисусе Христе это Богочеловек и божественный, это две природы, соединенные в одном и том же существе, которые действуют вместе, в человеческом облике, совершая объединенные действия, принадлежащие каждой из них.

В целом Иисус, от Своего рождения до Своего крещения в Иордане, в искушении демоном, которое Он претерпевает в пустыне, в Своем борении в Гефсиманском саду, во всем ходе Своих Страстей и на Кресте, представляет лишь чистого, святого и совершенного человека, всецело преданного Божественной справедливости и оставленного на самого себя, на Свою собственную свободу воли. Божество, которое сущностно пребывает в Нем, по-видимому, приостанавливает там Свое действие, чтобы оставить Его святой человечности всю честь восстановительной победы, не отделяясь при этом от нее ни на мгновение. Оно пребывает там как свидетель великой битвы и поддерживает ее на протяжении всей ее длительности Своим присутствием. Именно здесь Богочеловек, таким образом оставленный, является поистине совершенным образцом для всех людей.

Но когда Иисус Христос, начиная Свою искупительную миссию, по молитве Своей матери, присутствующей с Ним на брачном пире в Кане, превращает воду в вино; когда в пустыне и на горе Он умножает несколько хлебов и несколько рыб в количестве, достаточном, чтобы накормить то 4000, то 5000 человек, изнуренных нуждой, и еще остается, в кусках, собранных после того, как Он насытил их всех, столько, чтобы наполнить больше полных корзин, чем их было до раздачи; когда Он принуждает демонов повиноваться Своим приказам и немедленно покинуть тела грешников, которыми они одержимы; когда Он повелевает, как Господин, морю, ветрам и буре утихнуть, и они повинуются Ему; когда Он заставляет ходить и нести свою постель паралитика, который 38 лет тщетно ждал у купальни помощи ангела и своего исцеления; когда Он открывает глубину самых сокровенных мыслей самарянки и многих других; когда Он воскрешает дочь Иаира, единственного сына вдовы из Наина, которого несли в землю, и еще более особенно Лазаря, этого возлюбленного брата Марфы и Марии, которого Иисус любил, который четыре дня был погребен во гробе и чья разложившаяся плоть уже источала сильное зловоние, который, однако, по Его слову, выходит из гробницы и идет перед всеми присутствующими, имея еще ноги и все другие части тела обвязанными погребальными пеленами; когда мы видим, как Он совершает все эти вещи и множество других, столь же чудесных, кто мог бы усомниться, что это всемогущее Слово Божье говорит и повелевает всей природой устами Богочеловека?

9. О временной жизни Иисуса Христа

Таким образом, различив в Нем две природы, нераздельно соединенные в одном и том же лице, пройдем быстро по основным обстоятельствам Его временной жизни; они дополнят наше наставление.

Иисус ребенок, подросток и до 30-летнего возраста кажется лишь обычным человеком, отличающимся только мудростью не по годам, Своей послушностью и покорностью Своим родителям. Он подчинен всем трудам, всем тяготам и всем нуждам общей жизни.

Достигнув 30-летнего возраста, эпохи, в которую Он должен публично начать Свою искупительную миссию и наставление Своих учеников, после того как был крещен в Иордане Иоанном, который узнает и провозглашает Его обещанным Мессией, Его Божество впервые проявляется через сошествие Святого Духа, который почивает на Нем, и через яркие слова Отца Небесного, который громогласно провозглашает Его Своим возлюбленным сыном, «в котором Он нашел все Свое благоволение, и повелевает людям слушать Его». С этого момента начинается Его божественная миссия.

Он удаляется в пустыню, чтобы подготовиться как человек к ее исполнению молитвой и строгим постом в течение 40 дней.

После этих 40 дней Он испытывает голод, человеческую нужду, которая ясно показывает, что именно Его чистая и единственная человечность так строго готовилась к важным действиям, которые она должна была совершить.

Момент, когда Он испытывает эту физическую нужду человечности, есть тот самый миг, который князь демонов использует, чтобы искусить Его во всем Его существе, то есть в физических нуждах Его тела, в пассивной и преходящей жизни этого тела, и в Его активной и духовной природе, чтобы прояснить подозрения, которые он зачал относительно истинной природы Иисуса, и удостовериться, пребывало или не пребывало в Нем Божество, наконец, был Он или не был обещанным Мессией; Тайна, которую Божественная Премудрость хотела скрыть от демона, чтобы она могла полностью свершиться.

Здесь следует тщательно отметить три различных вида нападения, которые Демон хитроумно направляет на три составные части физического человека. Во-первых, он атакует Иисуса в его телесной форме относительно его нужд, говоря ему на вершине высокого возвышения: «Если вы Сын Человеческий, прикажите, чтобы эти камни стали хлебами». Во-вторых, после этой бесполезной попытки он атакует его в его пассивной, животной, телесной жизни, говоря ему на вершине высокого возвышения: «Если вы Сын Человеческий, бросьтесь вниз, вам не причинится никакого вреда». В-третьих, после этой второй атаки, в которой он был отбит, как и в первой, он направляет третью, которая является наиболее важной, на духовное существо Иисуса, говоря ему: «Если, пав предо мною, вы поклонитесь мне, я дам вам все эти царства мира, которые вы видите и которые принадлежат мне».

Этот ход Демона всегда один и тот же, он всегда атакует человека через его телесную форму. Он стремится соблазнить его материальными чувствами, любовью к животной и преходящей жизни, а также его животными и чувственными привязанностями. Это те двери, через которые он стремится проникнуть в него, чтобы оттуда с большим успехом атаковать его духовное существо.

Богочеловек выдержал эти три атаки силой своей чистой человеческой воли и тотчас получил награду, поскольку ангелы пришли служить ему. Его победа над Демоном напоминает нам поражение первозданного человека в подобном случае. Иисус, второй Адам, делает здесь то, что первый, оставленный на свою свободу воли, должен был сделать, но не сделал. Мы испытываем все пагубные последствия падения первого и все спасительные эффекты твердой восстановительной воли второго.

10. О первом и втором Адаме

Первый Адам, как образ и подобие Божественное, как представитель Божества в сотворенном мире, был наделен всей силой, всеми добродетелями и всеми способностями, необходимыми для выполнения своей миссии. Главной целью этой миссии было противодействие принципу зла, удержание его в границах, которые Божественная справедливость предписала его извращенному действию, и такое сжатие его в этих границах, чтобы он был вынужден признать свою неполноценность и свою изначальную зависимость от Божественного Творца всего, равным которому он претендует быть, и признать в то же время превосходство человека над ним и над всеми его приспешниками, что уничтожило бы Зло через покаяние того, кто его создал и породил. Именно эту великую цель Божественного Милосердия по отношению к первым виновникам преступление человека уничтожило.

Второй Адам в Иисусе Христе, как чистый человек, который никоим образом не участвовал в этом преступлении, ни в пороках зачатия телесных форм, которые заразили все его потомство, был наделен не только теми же силами, добродетелями и способностями, что и первый, но они были в высшей степени укреплены в нем посредством интимного и вечного союза, который Божественное Слово совершило из своей собственной природы с природой человека, чтобы обеспечить полный успех его искупительной миссии.

11. О смысле чудес Иисуса Христа

Мы не будем предпринимать здесь изложение частных фактов общественной жизни Иисуса Христа, чтение святых Евангелий делает их достаточно известными; они не могут оставить никаких сомнений в его Божественности, поскольку она проявляется в нем в каждое мгновение множеством самых ярких чудес.

Мы должны, однако, заметить, что, совершая столько чудесных деяний, которые мы должны приписать по существу Божеству, пребывающему в нем, он хочет дать понять своим ученикам, что в примиренном человеке есть великая врожденная сила, посредством которой он может совершать еще чудесные деяния, когда он соединен с Богом живой верой. Ибо, видя своих Апостолов, охваченных изумлением и восхищением при виде ярких чудес, которые он совершает, он упрекает их в маловерии, он объявляет им, что если бы они имели необходимую веру, они совершали бы те же чудеса и даже большие; чего он не мог бы сказать, если бы эта сила не была врожденной в природе человека; ибо она никогда не была признана в ангелах, которые являются лишь служителями Воли Божьей в частных случаях, когда он их использовал.

12. О прогрессивном откровении Иисуса Христа

Удивляешься, читая святые Евангелия, видя там заботу и предосторожности, которые принимает Иисус, чтобы скрыть свою Божественность и показывать лишь Сын Человеческий, и ищешь тому мотивы.

Воплощение Слова Божьего, соединенного с человеческой природой, и временное пришествие Мессии были предсказаны пророком Исайей и многими другими столь ясно, что люди ожидали их свершения, но забывали, что Он был жертвой, добровольно преданной насильственной и позорной смерти, посредством которой Он должен был совершить примирение рода человеческого. Демон не мог не знать об этом обещании, как и о последствиях, унизительных для его гордыни, которые оно должно было иметь. Он страшился его свершения, которое должно было вырвать у него столько жертв его ярости и уберечь остальных. Поэтому он был кровно заинтересован в том, чтобы сделать пророчество ложным и всеми силами воспрепятствовать преданию Христа смерти; и если бы Иисус с самого начала, с самого начала Своей миссии, открыто и публично объявил Себя Сыном Божьим, доказав это всему народу, убедив его публично Своими чудесами в том, что Он действительно является таковым, какая человеческая сила осмелилась бы и смогла бы приговорить Его к смерти? И если бы Он не умер, что стало бы тогда с Искуплением, обещанным Его смертью? Следовательно, чтобы Он умер, нужно было, чтобы Его не узнали. Вот почему Демон стремился прояснить свои сомнения, свои подозрения относительно Его двойственной природы, и если он преследовал Его, если он затем заставил приговорить Его к позорной смерти, то это произошло лишь по его собственному заблуждению, ибо он рассматривал Иисуса Христа лишь как чистого человека, чье учение, святость и сила Его человеческих деяний отнимали у него толпы Его последователей.

Но поскольку Божественность Иисуса Христа была основополагающим догматом святой религии, которую Он пришел установить, и служила доказательством истинности Его учения, необходимо было, чтобы догмат о Его Божественности был также провозглашен и доказан Им Самим, чтобы убедить всех тех, кого Отец Небесный дал Ему и кто должен быть спасен верой в Него. Это Он и сделал. Если в начале Своей миссии Он проявлял некоторую сдержанность в признаниях, которых от Него требовали по этому столь важному вопросу, то это было для того, чтобы научить нас, что Истина открывается лишь чистым душам и может войти лишь в сердца, готовые ее принять. Вот почему Он предваряет декларацию, формальное признание Своей божественности, наставлением в Своем учении, которое располагало умы к вере в нее; и когда Он умножил число Своих учеников великим множеством сотворенных Им чудес и непреодолимым влечением, которое Он внушил им к Своему учению, с тех пор Он более не скрывает Свою Божественность, Он провозглашает ее даже перед Своими смертельными врагами, которые используют эти признания как повод, чтобы преследовать Его еще более яростно, поклясться в Его погибели и приговорить Его к смерти. Именно так сами они становятся, по своему невежеству и злобе, слепыми орудиями исполнения божественных указов для искупления людей.

13. О пасхальной Вечере

Время временной миссии Иисуса Христа истекло, Он готовится вернуться к Своему Отцу; но прежде Он хочет совершить со Своими апостолами эту последнюю пасхальную Вечерю, которую Он так горячо желал совершить с ними, и в которой одновременно сияют Божественное Всемогущество и самая непостижимая любовь Бога к людям. Он хочет, покидая их, всегда оставаться с ними и отдавать Себя им в двух природах, божественной и человеческой, которые соединены в Нем; ибо в таинстве Его Тела и Крови Он истинно и всецело отдает Себя им и всем тем, кто будет участвовать в нем с верой до скончания мира.

Истинность этого величественного таинства часто подвергалась и до сих пор яростно подвергается нападкам. Это плод гордыни, которая хочет рассуждать там, где слабый человеческий разум должен умолкнуть, гордыни, которая хочет подчинить физическим материальным чувствам то, что может быть постигнуто лишь чистым разумом, просвещенным верой. Пожалеем о печальной участи глав сект, чья гордыня принесла столько опустошения на ниву истины. Пожалеем также тех, кто избрал своими учителями людей, которые должны были быть им тем более подозрительны, что они не скрывали досады и гордыни, направлявших их в своих заблуждениях; но будем снисходительны и помолимся за тех, кто, оставаясь в доброй вере в заблуждении, сохраняет веру и любовь к Иисусу Христу. Будем даже надеяться, что, как Он Сам сказал, они не погибнут, и что любовь и вера, которые они сохраняют к Нему, спасут их.

Из всех христианских сект, которые нападали на истинность этого таинства, самая непоследовательная и самая виновная — та, что желает признавать лишь простое поминовение Тайной Вечери, основываясь на словах Иисуса Христа: «Делайте сие в мое воспоминание». Если бы они проявили хоть немного доброй воли в исследовании, на которое они опрометчиво решились, они бы вскоре признали, что ставят Иисуса Христа в очевидное противоречие с самим собой, ибо они не отрицают, что Иисус Христос сказал формальными словами: «Сие есть тело мое, которое за вас предается. Сие есть кровь моя, которая за вас проливается во оставление грехов: приимите и ядите, приимите и пиите от нее все». Но разве апостолам, которые были единственными присутствующими на Тайной Вечери, было дано вкушать истинное тело и пить истинную кровь? Пусть же нам скажут, где доказана эта интерпретация. Он сказал в другом месте: «Плоть моя истинно есть пища, кровь моя истинно есть питие: ядущий мою плоть и пиющий мою кровь во мне пребывает, и я в нем»; и все же, если апостолы, как единственные присутствующие при реальности, могли одни вкушать его плоть и пить его кровь, и если для нас остается лишь простое поминовение этой реальности, то все люди, за исключением апостолов, должны, следовательно, отказаться от надежды когда-либо увидеть Иисуса Христа пребывающим в них, и пребывать в нем через это реальное вкушение, которое было бы для них всех невозможным. Разве это мыслимо? Можно ли когда-нибудь поверить с доброй волей, что он хотел дать столь ясные обещания, дать людям, с которыми он хочет пребывать до скончания века, столь утешительные надежды, чтобы обмануть их в их ожидании невозможностью, в которую он их поставил бы для достижения исполнения? Более того, он говорит еще в другом месте: «Если не будете есть плоть сына человеческого и пить кровь его, то не будете иметь в себе жизни, не будете иметь части со мной»: вот, значит, вечное проклятие, формально произнесенное против того, кто не будет вкушать его плоть и не будет пить его кровь. Что же! этот Бог, полный любви и милосердия ко мне, который хочет страдать и умереть во своей плоти ради меня, предал бы меня вечному осуждению за то, что я не сделал того, для чего он не оставил бы мне никакого средства? Это немыслимый приступ безумия — воображать такое. И все же, если он не установил среди людей, преемников его апостолов, средства для увековечения реального освящения хлеба в его тело и вина в его кровь, как он сделал это сам в их присутствии, я неизбежно, в силу этого самого, осужден на вечное проклятие, ибо поминовение столь величественного, столь важного акта, которое эти сектанты подменяют его реальностью, никогда не сможет заменить реальное вкушение, которое он столь ясно рекомендовал. Ошибка этих гордых людей, следовательно, очевидно стремится сделать человека вечно несчастным из-за несправедливости Бога, который потребовал бы от него невозможного.

14. О трех земных поклонах в Гефсиманском саду

После Тайной Вечери, навеки достопамятной, в которой Любовь и ее божественное Всемогущество проявились с таким блеском в лице Иисуса Христа, в которой он завершил наставление своих апостолов этой возвышенной речью, где он открыл им, яснее, чем делал это ранее, свою собственную божественность, скрытую в его человечности, страдания, поношения и смерть, на которую он будет предан через предательство одного из них, свое славное воскресение три дня спустя, великие надежды, которые они должны из этого почерпнуть, и, наконец, совершенное и вечное прославление его человечности; последуем за ним в Гефсиманский сад, последуем за ним в этой смертной агонии, во время которой он совершает полное восстановительную жертву своей человеческой воли, которая должна предшествовать жертве самой его жизни, через смерть, которую он претерпит на следующий день.

Именно там мы найдем Иисуса одного, кажущегося покинутым Небом и Землей, покинутым его возлюбленными учениками, которых он только что назвал своими друзьями, которые остаются погруженными в глубокий сон, когда он больше всего нуждается в помощи, в утешениях их дружбы. Когда он взывает к ним с такой трогательной нежностью, признаваясь им, что душа его объята глубокой скорбью и что она подавлена смертной агонией, именно там мы найдем его одного, оставленного на произвол своей свободной воли, на одну лишь волю чистого человека, который, однако, не перестает быть внутренне соединенным с Божественным Словом, пребывающим в нем, которое укрепляет его человечность, но чье действие кажется приостановленным во время ужасной борьбы, которая вот-вот развернется, чтобы оставить Богочеловеку честь и плоды триумфа.

Иисус Христос, в этом состоянии простершись на земле, чтобы молиться своему Отцу, видит себя преданной жертвой и приходит, чтобы принести себя в жертву, дабы совершить это жертвоприношение; но его Божественное предведение показывает его человечеству, скольким страданиям, унижениям, позору должна предшествовать его смерть. Его человечество скорбит об этом, страшится этого, и он восклицает: « Отец мой, все возможно Тебе, сделай так, чтобы чаша сия миновала меня. » Вот здесь истинный крик столь естественного для человека отвращения к страданиям и к смерти; но покорность, смирение чистого человека, быстро берущие верх, заставляют его воскликнуть снова: « Впрочем, не как Я хочу, но как Ты хочешь. » Он встает, чтобы подойти к своим ученикам, которых находит спящими так близко от него. Он приходит, чтобы простереться во второй раз, подавленный той же печалью, испытывая то же отвращение, обращаясь с той же просьбой, но так же подчиняя свою волю воле Божьей. Он возвращается к своим ученикам, которых находит в том же состоянии, и, возвращаясь, чтобы простереться в третий раз, он возносит ту же молитву, выражает то же желание и подчиняется с той же покорностью. Его человеческие силы истощены столь великими усилиями, кровавый пот покрывает его тело и стекает на землю, но жертва его воли, этой воли, столь активной, столь мощной в чистом человеке, принята; и ангел послан к нему, чтобы утешить его, чтобы укрепить его.

Это сошествие ангела, эта небесная помощь, которая послана ему, разве не доказывают они очевидно, что в этой ужасной битве действовало лишь человечество, чтобы вынести ее тяжесть, и что Божественная сила Иисуса Христа была тогда как бы отделена от него?

Так было нужно, и иначе быть не могло. Первозданный человек, первый Адам, предав и опрокинув злоупотреблением своей свободой, дурным использованием, которое он сделал из своей воли и всех своих способностей, все замыслы Милосердия относительно первых виновных, навлек на самого себя строгость Божественной справедливости. Это злоупотребление его свободой и его волей могло, следовательно, быть исправлено лишь существом того же Класса, той же природы, лишь чистым человеком, принятым в качестве жертвы, чье совершенное смирение могло бы умилостивить и удовлетворить Божественную справедливость. Союз Божественного Слова с этим чистым человеком, обеспечивая успех жертвы, не уменьшая при этом нисколько заслуги воли жертвы, которая ее совершала, обеспечивал в то же время прощение и благодать человеческому роду. Таким образом, не будем сомневаться, что во всем, что произошло в Гефсиманском саду, именно человек один хотел того, чего Бог хотел от него, и подчинился этому; ибо мы достаточно хорошо знаем, Бог бесстрастен, и Он не может ни страдать, ни умереть.

Но прежде чем покинуть Гефсиманский сад, рассмотрим обстоятельства, достойные величайшего внимания для наставления человека.

Первозданный человек, первый Адам, согрешил и совершил свое преступление злоупотреблением тремя своими интеллектуальными способностями: Мыслью, Волей и Действием. Он оскорбил Отца, Сына и Святого Духа, которые вместе суть один Бог. Нужно было, следовательно, чтобы второй Адам, чтобы Богочеловек, искупил эти же оскорбления теми же путями и в тех же пропорциях. Это объясняет, почему Богочеловек-Восстановитель совершает три различных простертия с теми же муками, вознося ту же молитву и всегда проявляя ту же покорность, и это также причина, почему жертва его воли принята лишь после третьего раза, и лишь тогда он получает свидетельство об этом через ангела, который послан к нему, чтобы утешить и укрепить его.

15. О Страстях

Как только Богочеловек совершил жертву своей воли, он обретает спокойствие и безмятежность чистого человека, который совершенно подчинился воле Божьей. С этим спокойствием души он идет найти своих учеников, приглашает их отдохнуть и выходит навстречу тем, кто, ведомый и приведенный предателем Иудой, приходит схватить его. Это всегда чистый человек, действующий свободно и добровольно, который проявляется в остальной части его Страстей. Однако здесь его Божество проявляется на мгновение, заставляя отступить и упасть на землю прислужников, которые пришли взять его, когда, спросив их: « Кого ищете? », он отвечает им: « Это Я. » Божественная сила этих слов наполняет их ужасом и повергает их, но он успокаивает их, потому что хочет страдать и умереть.

Это обстоятельство имело место лишь для того, чтобы научить нас, что если бы он захотел, он мог бы тогда ускользнуть от них, как делал это в другие разы; но так как его час настал, он не сопротивляется и добровольно предает себя.

Мы не будем следовать за ним во всех других обстоятельствах его Страстей, ни в мучении Креста, которому его подвергают; Евангелисты сказали все, нам достаточно прочитать их, чтобы в каждый момент восхищаться его терпением и его совершенной покорностью. Жертва предала себя без остатка; вся остальная часть его Страстей есть лишь следствие его жертвоприношения. Мы видим его на Кресте, как в Гефсиманском саду, всегда чистым человеком, укрепляемым до конца своим союзом со Словом, но всегда оставленным на произвол своей собственной воли, чтобы он мог заслужить ею, до самого совершения жертвы, прославление, которое это совершение обеспечивает его святому человечеству. Он не хочет, чтобы мы могли сомневаться в этом оставлении, поскольку перед тем, как испустить дух, он мучительно восклицает: « Отец Мой, Отец Мой, почему Ты оставил Меня? » Однако, поскольку он также не хочет, чтобы мы думали, что на Кресте, как и прежде, его Божество отделено от его человечества, он проявляет здесь свое Божество, обещая в тот же день место в Раю вместе с ним раскаявшемуся преступнику, который был распят рядом с ним. Кто другой, кроме Бога, мог дать это обещание?

Великое Делание искупления рода человеческого свершилось, Богочеловек испускает дух на Кресте. В то же самое мгновение вся природа кажется потрясенной, чудеса вспыхивают повсюду и столь поразительным и всеобщим образом, что языческий философ, наблюдающий их в своей стране, восклицает: «Творец природы страдает в сей момент, или вся вселенная распадется».

16. О Пилате, типе трусости

Среди второстепенных причин, которые в той или иной мере способствовали свершению Божественного предопределения искупления людей через смерть Иисуса Христа, главная, коей является, бесспорно, преступное, несправедливое и возмутительное поведение Понтия Пилата, правителя Иудеи от римлян, заслуживает с нашей стороны самого серьезного внимания, не столько из-за великих последствий, которые из этого тогда проистекли, поскольку все они входили в замыслы бесконечной Любви к людям, сколько из-за скандального примера, который он оставил тому великому множеству слабых и лицемерных христиан, которые ежедневно, почти по привычке, словно без угрызений совести, трусливо становятся его подражателями.

Пилат, облеченный властью правителя, которого он представлял, обязанный вершить правосудие, которое он был должен всем, выслушав жалобы и обвинения, которые ему шумно адресовали против Богочеловека священники и начальники иудейского народа, требовавшие его смерти с тоном горечи и неистовства, что выдавало их истинный мотив и не позволяло более судье сомневаться в том, что лишь из ненависти и зависти они столь пылко добивались его осуждения; выслушав лжесвидетелей, чьи показания признаны расплывчатыми и слишком незначительными, и неоднократно допросив Богочеловека и восхитившись мудростью его поведения, его ответов, самого его молчания, когда он не считает нужным отвечать на определенные вопросы, он объявляет его невиновным в возведенных на него обвинениях; и все же, по немыслимой непоследовательности, полагая, несомненно, успокоить своей трусливой уступчивостью ярость его врагов, он приговаривает его к позорному бичеванию, которое было в некоторых случаях наказанием для рабов; но этот приговор, который не мог удовлетворить правосудие, поскольку Иисус, которого он считал невиновным, не был рабом, ни ненависть его врагов, требовавших его смерти, был, таким образом, лишь трусливым и насильственным средством, использованным несправедливым судьей, который хотел пойти на сделку со своей совестью.

После этого кровавого бичевания Пилат представляет Иисуса его врагам, говоря им: «Се, Человек», и полагая обезоружить их ненависть печальным зрелищем, которое он предлагает их взорам; но он ошибается, ибо они с громкими криками требуют его смерти. Пилат, желающий спасти его, вспоминает, что он должен народу во время Пасхи освобождение одного узника, и предлагает собравшемуся народу освобождение Иисуса; но священники и начальники подстрекают народ требовать, чтобы Варавва был освобожден, а Иисус распят. Они даже угрожают ему немилостью Цезаря, если он будет упорствовать в отказе на их требование. Пилат, напуганный, как и все честолюбцы в подобных случаях, последствиями этой угрозы, уступает их настояниям, хотя и будучи твердо убежден в невиновности Иисуса, и презирая предостережение, которое он получает от своей жены, призывающей его не принимать никакого участия в деле этого преследуемого Праведника, открывая ему, что она была сильно встревожена по этому поводу во сне, который видела в предыдущую ночь. Он велит принести воды, чтобы умыть руки, объявляя себя невиновным в его смерти, и после этой нелепой демонстрации справедливости он осуждает его и предает иудеям на распятие. Его солдаты тотчас хватают его и ведут на Голгофу. Там он распят, и несколько часов спустя он испускает дух на Кресте.

Двусмысленные христиане, трусливые рабы человекоугодия, которые ни во что не ставите свои первые обязанности перед Богом и святой религией, которую, как вы говорите, исповедуете, которые непрестанно приносите их в жертву желанию угодить миру и тем, кто следует его правилам, которые краснеете от заповедей, советов, правил Евангелия и даже пренебрегаете тем, чтобы знать их, изучать, считая себя более свободными в своем невежестве и менее строго обязанными претворять их в жизнь: узрите в Пилате истинную картину вашего обычного поведения, дурных наклонностей вашего сердца, и устыдитесь самих себя, если вы еще не полностью развращены.

Защищенные в первые времена вашей жизни принципами христианского воспитания, которое вы получили, вы некоторое время боролись против потока неверия, который затопляет мир, теша себя, возможно, надеждой, что сможете противостоять ему всегда; но вскоре ваши страсти пробудились, честолюбие, любовь к суетной славе и преходящим почестям, которые она иногда может доставить, овладели вами. Общество полузнаек, почти все зараженные ядом неверия, стало по вкусу и по выбору вашим, и его нечестивое и опасное учение завершило ваше поражение. Если вы еще не осмеливаетесь открыто отречься от публичных актов христианства, вы предаетесь им как можно реже и всегда, тщательно взвешивая, какую степень уважения вы сможете приобрести или сохранить в компании, более или менее достойной, к которой вы присоединяетесь для этих актов; ибо уже не к Богу относятся ваши мысли и действия, а только к миру, и вы действуете уже лишь механически и по остатку привычки в своих религиозных актах.

Лицемеры, неужели это и есть то обещание, которое вы дали Богу при своем крещении, или которое было дано тогда от вашего имени и которое вы сами ратифицировали? Вы можете сколько угодно обманывать себя, но можете ли вы обмануть Того, Кто есть сам Свет и Истина, Кто испытывает сердца и читает самые сокровенные мысли? Он просит у вас чистого и искреннего поклонения, которому должны содействовать все силы и способности вашего существа. Он хочет, чтобы Ему поклонялись в духе и истине, а вы отвечаете Ему лишь нелепыми гримасами. Ах! Трепещите и бойтесь, как бы Он не осуществил против вас ту страшную угрозу, которую Он высказал вашим подобным: «Всякий, — сказал Он, — кто отречется от Меня пред людьми, от того отрекусь и Я пред Отцом Моим, Который на небесах.» Молитесь же Ему от всего сердца, чтобы размышления, представленные здесь, проросли в вашем, и заставили вас принять твердые решения против проклятого человекоугодия, которое вас неминуемо погубит.

Мы твердо и неизменно признавали тесный, совершенный и навеки неразделимый союз, который был совершен в Иисусе Христе с момента Его зачатия во чреве Девы Марии, несотворенной Божественной природы с сотворенной человеческой природой; и если то, что мы сказали об этом, могло оставить малейшее сомнение в нашей твердой вере, то это следует приписать лишь плохо подобранным или неверно истолкованным выражениям.

Рассмотрев первоначальное совершенство первозданного человека, его высокое предназначение, великую силу и власть, которыми он был облечен, чтобы иметь возможность исполнить замыслы Божественной Любви и Милосердия в пользу первых виновных, и увидев затем, как он сделал все эти мощные средства бесполезными своим преступлением, мы признали необходимость союза двух природ в Иисусе Христе, чтобы сделать безошибочным успех всеобщего восстановления, за которое Он взялся. Союз, необходимый для того, чтобы сделать Его непобедимым в совершении жертвы, которую Он должен был принести, добровольно подчиняясь ярости Своих врагов, оскорблениям, самым отталкивающим унижениям и самой позорной смерти, не ослабляя при этом заслуги человеческой воли, которая соглашалась на это самопожертвование. Мы также признали, что две природы, хотя и всегда соединенные в Иисусе Христе, тем не менее действовали каждая отдельно, без смешения, а иногда и обе вместе, совершая свое особое действие, в зависимости от случаев и обстоятельств. Наконец, мы признали, что, хотя две природы всегда соединены и существуют в Иисусе Христе без возможности какого-либо реального разделения между ними, действие Его Божественности казалось как бы приостановленным в Нем и в некотором роде отделенным в некоторых обстоятельствах Его земной жизни. Мы видели эту приостановку, особенно проявившуюся во время искушения, которое Он испытал в пустыне после 40-дневного поста. Она показалась нам еще более поразительной во время той тоски, той смертельной печали, которая охватила Его в Гефсиманском саду и в ночь Страстей, вплоть до Его смерти на Кресте. Именно в этих страшных битвах Он казался полностью предоставленным самому Себе, Своей свободной воле, Своей единственной воле человека, всегда укрепляемой в Нем присутствием Слова, которое оставляло Ему, до самого конца битвы, заслугу победы над смертью и самого полного триумфа над силами ада, развязанными против Него.

17. О возвышенных трудах любви Иисуса Христа

Но Иисус Христос, умерев победителем, тотчас же возвращается к правам незыблемого союза Божественной природы и прославленной человеческой природы в Своей личности. Его чистая и святая душа, соединенная с всемогущим Словом, сходит в ад, в эти места ужасных лишений, в эти места, где множество предшествующих людей, сбитых с толку обольщением князя мира, который заставил их громоздить преступление на преступление, стенало под самой ужасной тиранией. Именно этим несчастным угнетенным Он приносит первую помощь всеобщего искупления рода человеческого. Он идет в эти мрачные места, чтобы навсегда сковать силу того, кто претендовал на то, чтобы быть Ему равным, и, чтобы доказать ему его неполноценность и зависимость, Он вырывает у него жертвы его злобы против человека и его ярости против Бога. Он возвращает этим несчастным жертвам свободу снова использовать против него волю, которую он до тех пор сковывал своей, и иметь возможность еще собрать плоды искупления.

После них Он идет очищать круги искупления и очищения, те места, где менее виновные люди, которые знали и почитали Бога, Творца всех вещей, мучительно искупали свои земные заблуждения и несли наказание, причитающееся за преступление их земного отца и его потомства. Он утешает их, Он укрепляет их, являясь им победителем их врага, и Он показывает им конец их страданий, длительность которых Он сокращает.

Наконец, Он идет явиться патриархам и всем праведникам, которые ожидали на земле с верой и надеждой день, который должен был воссиять перед ними, тот счастливый день, который Авраам, исполненный веры, видел и страстно желал. Он утешает их в столь долгом ожидании, и, чтобы вознаградить их веру, Он разрывает преграды этих мест заточения, которые мы называем Лимб, и ведет их в триумфе, как совершенно примиренных, в эти места покоя и земного блаженства, где все счастливые примиренные будут в мире ждать конца времен, чтобы затем вместе, как благословенные Отцом, вечно наслаждаться своим освящением, выше сотворенного пространства, в той блаженной необъятности, вход в которую им открыла кровь Иисуса Христа.

Именно этим великим и возвышенным трудам Божественной Любви и Милосердия Иисус Христос, победитель смерти и сатаны, посвятил три дня своего погребения, те три дня, в течение которых он оставался неведомым и невидимым для всех людей на земле.

18. О славном воскресении и прославленных телах

Но едва начался третий день, как он славно воскресает из гробницы своей собственной божественной силой и начинает являться тем, кто любил его нежнее всего, в новой телесной форме, во всем подобной той, в которой он жил среди людей, но прославленной и бесстрастной, в которую он облекается и которую он также заставляет исчезать по своему желанию. Именно в этой же прославленной форме, после того как он беседовал, ходил и даже вкушал пищу со своими учениками в течение сорока дней, внезапно являясь им и столь же внезапно исчезая из их поля зрения, когда ему было угодно, после того как он заповедал им крестить во имя свое, учить людей неизреченной тайне Божественной Троицы Отца, Сына и Святого Духа, составляющих единого Бога, он славно возносится на небо в их присутствии, где он вечно будет Богом, явленным ангелам и освященным людям в этой прославленной человеческой форме.

Но какова же природа этой новой телесной формы и что составляет существенное отличие ее от первой? — спросят эти плотские и материальные люди, которые не видят ничего, кроме как глазами материи, и те, кто достаточно несчастен, чтобы отрицать духовность своего существа, а также те, кто, будучи привязанными исключительно к буквальному смыслу религиозных традиций, не хотят видеть в телесной форме первозданного человека до его падения ничего, кроме тела из материи, подобного тому, в которое он облечен в настоящее время, признавая в нем лишь более очищенную материю. Именно Иисус Христос сам докажет им существенное различие этих двух телесных форм и их предназначение, облекшись в одну после своего воскресения, после того как он уничтожил другую в гробнице.

Иисус Богочеловек, желая стать во всем подобным нынешнему человеку, чтобы иметь возможность предложить ему в себе образец, которому тот мог бы подражать во всем, подчинился тому, чтобы при рождении облечься в материальную форму, совершенно подобную форме наказанного и деградировавшего человека. Она отличается, однако, в том единственном пункте, что материальная форма человека, зачатого через похоть плоти, является тленной, в то время как материальная форма Иисуса, зачатая единственным действием Святого Духа и без какого-либо участия материальных чувств, является нетленной. Но Иисус Христос оставляет в гробнице элементы материи и воскресает в прославленной форме, которая имеет лишь видимость материи, которая не сохраняет даже ее элементарных принципов и которая является лишь нематериальной оболочкой сущностного бытия, желающего проявить свое духовное действие и сделать его видимым для людей, облеченных в материю. Если бы можно было еще сомневаться в этой важной истине, пусть серьезно поразмыслят об удивительных явлениях в человеческих обликах архангела Гавриила Марии и Захарии, отцу Иоанна Крестителя, о явлениях ангелов, посланных к Аврааму, чтобы предсказать ему рождение Исаака и наказание Содома, ангела-путеводителя юного Товии и множества других подобных явлений чистых духов, чья телесная форма была восстановлена в них самих и исчезла, как только их особая миссия была завершена. Все они доказывают одну и ту же истину. Воскресший Иисус Христос облекается в эту прославленную форму каждый раз, когда хочет проявить свое реальное присутствие своим апостолам, чтобы дать им понять, что именно в эту форму, то есть в форму совершенно подобную и обладающую теми же свойствами, был облечен человек до своего преступления; и чтобы научить их тому, что он должен стремиться вновь облечься в нее после своего совершенного примирения, в конце времен. Это и есть, по сути, то славное воскресение тел, которые одновременно будут изменены для примиренных людей, как выражается святой Павел, но которые не будут изменены для отверженных. Это, наконец, то славное воскресение, плод которого приносит реальное вкушение тела и крови Иисуса Христа во всех тех, кто достойно в нем участвует.

19. О падшем человеке и жертве его воли

Каждый человек, просвещенный относительно изначального совершенства первозданного человека, его высокого и возвышенного предназначения в сотворенной вселенной, великих добродетелей, силы и власти, которыми он был наделен для его исполнения, не может скрыть от себя, видя нынешнего человека, лишенного всей своей славы, павшего в унижение, несчастного и ставшего рабом неумолимого врага, чьим господином он был поставлен, что он подчинен состоянию сурового, заслуженного наказания; что именно гордыня, от которой он и по сей день ежедневно и ежеминутно получает новые удары, погубила его; что именно огромное злоупотребление своей силой, своей волей и всеми своими интеллектуальными способностями отделило его от Бога; что, будучи связанным своим выбором со Злом, он стал неспособен самостоятельно приблизиться к Добру и что он оставался бы вечно отделенным от своего Бога, если бы бесконечная Божественная Любовь и Милосердие Творца к своему возлюбленному творению не разрушили этот барьер вечного разделения своим воплощением в теле человека, в которое он пожелал облечься, чтобы иметь возможность страдать и умереть в этом теле и тем самым искупить для виновного все, что он был должен Справедливости.

Но чтобы человек мог индивидуально собрать плоды искупления рода человеческого и присвоить себе полное наслаждение той частью, которая ему предназначена, необходимо, чтобы он содействовал этому всеми усилиями, на которые способен; и так как именно через злоупотребление своей волей он стал виновным и заслужил свое наказание, то лишь через лучшее и постоянно благое использование своей воли он может исправить свою вину; поэтому необходимо, чтобы он непрестанно и во всех случаях какой-либо важности совершал и возобновлял из глубины сердца жертву своей собственной воли, той воли ветхого человека, которая осталась у него к его несчастью; необходимо, чтобы он приобрел счастливую привычку к полному самоотречению от своей воли и к совершеннейшему смирению перед волей Божьей, которая всегда даст себя достаточно познать, когда его смирение будет искренним. Мы настолько чувствуем ее важность, что просим о ней каждый день у Бога в молитве, которой Он Сам нас научил; но признаемся по совести, что мы часто произносим ее по привычке и без особого размышления. В таком случае, что она может произвести?

Жертва собственной воли и полное самоотречение от самого себя, однако, настолько необходимы человеку, что он не должен надеяться на свою совершенную реабилитацию, пока эта жертва не будет принесена, завершена и принята Справедливостью. Вся жизнь дана ему, чтобы научить его этому, но часто и почти всегда он доходит до ее конца, так и не начав ее как следует, и остается весьма достоин жалости; но Божественное Милосердие, всегда активное в его пользу, не противореча при этом правам Справедливости, приходит ему на помощь. Оно дарует ему вторую жизнь, которая будет продлена в соответствии с его нуждами. Оно создало для него место искупительных страданий, различных степеней, и очистительного лишения, в котором он сможет совершить свою работу и заслужить свое совершенное примирение; ибо именно там, страдая столько и так долго, сколько требует Справедливость, но будучи счастливым благодаря твердой надежде, он уплатит свой долг до последней лепты.

Христиане, не обманывайтесь, и каковы бы ни были ваши мнения о состоянии праведных душ, покидающих этот мир, никогда не забывайте, что ничто нечистое не может войти на Небеса, и что тот, кто уносит с собой малейшую скверну, не может обитать с Тем, Кто есть сама чистота и святость. Будьте же полны любви и признательности к этому благому Богу, Который, зная вашу слабость, установил для вас средства искупления и очищения через удовлетворение.

Заповедь о полном подчинении воле Божьей и о совершенном отречении от самого себя настолько абсолютна, и ее постоянное исполнение в то же время настолько трудно, что кажется, будто наш Божественный Господь и единственный Учитель Иисус Христос пришел на Землю, чтобы научить нас этому столько же Своим примером, сколько и Своими наставлениями. Какой более великий пример мог Он оставить нам, чем Свое трижды повторенное согласие в Гефсиманском саду умереть позорной смертью на Кресте, несмотря на крайнее отвращение, которое только что проявила Его испуганная человеческая природа. О люди, какой урок! Размышляйте о нем день и ночь и никогда не упускайте его из виду.

Работа, которой мы предались, чтобы различить частное действие в некоторых случаях двух природ, соединенных в Иисусе Христе, привела нас к различным наблюдениям и объяснениям, которые ее значительно продлили, и полезность которых мы оставляем на усмотрение наших читателей.

20. Тайны Креста

Но прежде чем закончить, остановимся еще на несколько мгновений, чтобы поразмышлять о великой тайне Креста, который был предопределен стать орудием мучения Богочеловека и великого дела всеобщего примирения. Это размышление даст нам новый повод восхититься ходом и путями Божественного Провидения, которое по Своему усмотрению распоряжается всеми событиями в земном и политическом порядке для достижения Своих целей.

Все великие народы обычно руководствуются, пока они свободны, в своих частных делах законами, правилами и обычаями, которые они приняли. Закон Моисеев был еще, в эпоху, о которой мы говорим, буквально соблюдаем у иудеев и направлял их во всем, что касалось их религии, их культа и их внутреннего управления. С тех пор как они попали под господство римлян и Иудея стала лишь римской провинцией, они были подчинены римским законам. Закон Моисеев приговаривал к побиению камнями тех, кто становился виновным в преступлении против религии. Иисус, обвиненный в том, что сделал себя равным Богу перед судом, который не хотел видеть в нем никого, кроме обычного человека, несмотря на самые поразительные чудеса, был бы, следовательно, приговорен к побиению камнями; и все же пророчества предсказали, что Христос будет предан смерти через другой вид казни. Он сам указал ту, что была ему предназначена, сказав, что после того, как он будет вознесен от земли, подобно медному змию при Моисее, « он привлечет всех к себе ». С другой стороны, Великий священнический Совет, который был у иудеев Верховным судом нации, состоящий из Первосвященника и глав священнических семей, законников, книжников и фарисеев, утратил право жизни и смерти над народом, так как это право осталось за римлянами, у которых было принято приговаривать к распятию преступников и мятежных рабов. Таким образом, потребовалась великая революция в политическом порядке временных событий, чтобы заменить казнь через крест, которая входила в замыслы Провидения, казнью через побиение камнями. Примечательно даже, что иудеи внесли в это большой вклад, поскольку, когда Пилат, не сумев добиться освобождения Иисуса, отослал его к ним, чтобы он был судим по их собственным законам, они отказались от этого и с громкими криками потребовали, чтобы он был распят.

21. О первозданном человеке

Первозданный человек, первый Адам, исшедший от Бога во всей святости, затем эмансипированный в пространстве вселенной и облеченный в славную и бесстрастную телесную форму, был помещен в центре четырех небесных областей, который был назван « земной рай », хотя и очень удаленный от какой-либо части Земли. Будучи поставлен человеком-Богом Земли, чтобы представлять там Творца, этот четверичный центр был главным местом его общения с «добрыми» духовными существами, помещенными вместе с ним в сотворенном пространстве и обязанными поддерживать порядок во всех его частях. Он был также местом его господства над мятежными духами, которых он был обязан во всем притеснять и постоянно сдерживать их извращенное действие. Именно из этого вселенского центра сотворенного пространства человек, пользуясь по своему усмотрению, но всегда в соответствии с волей Творца и правилами, которые Он ему предписал, Словом творения чистых и славных форм, подобных его собственной, призвал бы к себе, последовательно и до конца времен, дарованных Божественной Справедливостью и Милосердием, всех других существ своего класса, предназначенных « помогать ему » и содействовать всем вместе свершению этого Великого Делания. Человек, таким образом, имел бы славу содействовать своей волей эмансипации каждого человеческого разума, который Бог обязался вместе с ним послать обитать в храме или славной форме, которую его воля ему предназначала.

Получив, в первых операциях, которые он совершил в присутствии и по приказу Творца, блистательные доказательства силы, которой он был наделен и которую только что проявил, он был предоставлен своему собственному произволу для самой важной из тех, что ему оставалось совершить. Ослепленный этой великой силой, он возгордился ею. Он забыл, что обязан ею любви и щедрости своего Творца, которому она принадлежала, и что он был лишь ее хранителем для исполнения Его замыслов. Он услаждался этой горделивой мыслью, которая была замечена и подхвачена демоническим предводителем. Это расстройство в его мыслительной способности вскоре стало опасным сном для его разума, который остался его жертвой; его коварный враг возвеличил его гордыню, соблазнил его, заставил забыть свои клятвы и обещания перед Творцом, завладел его волей и увлек его в бунт.

Человек, ставший виновным, был тотчас изгнан из этого чистого и освященного центра, который он только что осквернил. Он был низвергнут на Землю и осужден прийти ползать по ее поверхности в материальной и несовершенной форме, модель которой он только что создал и которой он подчинил по необходимости все свое потомство. Ужаснувшись результату своей нечестивой операции, он осознал и исповедал свое преступление. Его раскаяние заслужило ему обещание избавителя, чье посредничество получило бы его прощение; это то, что он счастливо испытал через посредничество Божественного Искупителя и через его жертву на Кресте.

22. О Кресте, вселенской эмблеме

Крест сам по себе представляет разуму, в своем целом и в своих частях, великую вселенскую эмблему, главным образом в тех обстоятельствах, которыми мы занимаемся. Своей нижней частью, которая является наиболее протяженной, он кажется закрепленным в центре Земли, той Земли, оскверненной столькими мерзостями, что все воды потопа не смогли их смыть, и которую может очистить лишь кровь великой и чистой жертвы. Оттуда он возвышается в более высокую область, где образует великий сосуд своими четырьмя ветвями, которые, простираясь без препятствий, кажутся касающимися четырех сторон света вселенского пространства и приносящими туда плоды единственного действия, совершающегося в центре этого сосуда Богочеловеком, умирающим в этом центре, чтобы все исправить. Что заставляет нас легко постичь огромные и поразительные результаты, которые всемогущее действие Слова Божия, соединенного с Иисусом, умирающим на Кресте, произвело на всю Природу, видимую и невидимую, духовную и телесную, которая была тому свидетелем и объектом.

Этот Крест, фигуративно разделяя своими четырьмя ветвями на четыре части сотворенное пространство, напоминает нам довольно ясно о четырех небесных регионах, которые были первым владением человека в его состоянии чистоты и невинности, подобно тому как его центр, на котором испускает дух Божественный Восстановитель, напоминает нам об этом центре регионов, том земном рае, который был престолом его славы и его господства, который он осквернил своим преступлением и из которого был постыдно изгнан навсегда. Однако славное предназначение этого места наслаждений не было полностью уничтожено: Божественная справедливость тогда удовлетворилась тем, что установила там надежную стражу, «вооруженную огненным мечом», чтобы защитить вход в него; но поскольку Богочеловек полностью удовлетворил своей покорностью и своей смертью Божественную справедливость, именно из этого центра боли и позора он воскресает славно, и, торжествуя в своей человечности, он реабилитирует человека и все его потомство в первоначальном праве иметь возможность снова населять центр этих небесных регионов. Он очищает и освящает его заново, чтобы подготовить его стать местом покоя и мира, где праведные души, после того как будут очищены и примирены, пойдут ожидать, в тени великого света, полное наслаждение которым им обеспечено, конца времен, того счастливого мгновения, когда барьеры пространства будут разрушены, они пойдут все вместе вслед за Божественным Искупителем получить невыразимую награду искупления, которая будет их вечным, абсолютным и неизменным блаженством.

Сколько глубоких тайн! сколько возвышенных истин напоминает, таким образом, христианину столь почтенный знак Креста, всякий раз, когда, желая предстать перед своим Творцом и призвать Его обожаемую Троицу, он начертывает его на самом себе. В первый момент этого знака тот, кто делает его с необходимым уважением и доверием, ставит себя сердцем и духом в присутствие Святой Троицы, он призывает всемогущество Отца и требует его спасительных последствий для себя и для всех тех, за кого он намеревается молиться. Во второй момент он призывает быстро и мыслью Любовь и Мудрость Сына и умоляет о его Милосердии. В третий момент он просит о Божественном Свете, в котором чувствует нужду, чтобы направлять себя, и о духовных дарах, распределителем которых является Святой Дух. Наконец, через «Аминь», который составляет четвертый момент, он просит познать Божественную Волю, он приносит ежедневную жертву своей собственной, он просит три силы, которые являются лишь одним Богом, быть реабилитированным в своей первоначальной четверичной силе и иметь возможность еще собрать некоторые плоды. Как же получается, что религиозный акт столь выразительный, столь торжественный, является для большинства христиан почти лишь необдуманным актом чистой формы и привычки. И все же неблагодарный осмеливается жаловаться на то, что не услышан; пусть он ищет причину этого в самом себе и пусть исправляется. Слабые и колеблющиеся христиане, размышляйте же часто о великой тайне Креста; это размышление даст вам твердую пищу, которая укрепит вашу веру, оживит вашу любовь и вашу признательность и укрепит ваши самые заветные надежды.