Traité de la réintégration des êtres dans leurs premières propriétés, vertus et puissance spirituelles et divines
Avant le temps, Dieu émana des êtres spirituels, pour sa propre gloire, dans son immensité divine. Ces êtres avaient à exercer un culte que la Divinité leur avait fixé par des lois, des préceptes et des commandements éternels. Ils étaient donc libres et distincts du Créateur ; et l'on ne peut leur refuser le libre arbitre avec lequel ils ont été émanés sans détruire en eux la faculté, la propriété, la vertu spirituelle et personnelle qui leur étaient nécessaires pour opérer avec précision dans les bornes où ils devaient exercer leur puissance. C'était positivement dans ces bornes que ces premiers êtres spirituels devaient rendre le culte pour lequel ils avaient été émanés. Ces premiers êtres ne peuvent nier ni ignorer les conventions que le Créateur avait faites avec eux en leur donnant des lois, des préceptes, des commandements, puisque c'était sur ces conventions seules qu'était fondée leur émanation.
On demandera ce qu’étaient ces premiers êtres avant leur émanation divine, s'ils existaient ou s'ils n'existaient pas ? Ils existaient dans le sein de la Divinité, mais sans distinction d'action, de pensée et d'entendement particulier, ils ne pouvaient agir ni sentir que par la seule volonté de l'être supérieur qui les contenait et dans lequel tout était mû ; ce qui, véritablement, ne peut pas se dire exister ; cependant cette existence en Dieu est d'une nécessité absolue ; c'est elle qui constitue l'immensité de la puissance divine. Dieu ne serait pas le père et le maître de toutes choses s'il n'avait innée en lui une source inépuisable d'êtres qu'il émane de sa pure volonté et quand il lui plaît. C'est par cette multitude infinie d'émanations d'êtres spirituels hors de lui-même qu'il porte le nom de Créateur, et ses ouvrages celui de la création divine, spirituelle et animale, spirituelle temporelle.
Les premiers esprits émanés du sein de la Divinité étaient distingués entre eux par leurs vertus, leurs puissances et leurs noms. Ils occupaient l'immense circonférence divine appelée vulgairement Domination, et qui porte son nombre dénaire selon la figure suivante
et c'est là que tout esprit supérieur 10, majeur 8, inférieur 7, mineur 4, devait agir et opérer pour la plus grande gloire du Créateur. Leur démonstration ou leur nombre prouve que leur émanation vient, réellement de la quatriple essence divine. Les noms de ces quatre classes d'esprits étaient plus forts que ceux que nous donnons vulgairement aux Chérubins, Séraphins, Archanges et Anges, qui n'ont été émancipés que depuis. De plus, ces quatre premiers principes d'êtres spirituels avaient en eux, comme nous l'avons dit, une partie de la domination divine ; une puissance supérieure, majeure, inférieure et mineure, par laquelle ils connaissaient tout ce qui pouvait exister, ou être renfermé dans les êtres spirituels qui n'étaient pas encore sortis du sein de la Divinité.
Comment, dira-t-on, pouvaient-ils avoir connaissance des choses qui n'existaient pas encore distinctement et hors du sein du Créateur ? Parce que ces premiers chefs émanés au premier cercle, nommé mystérieusement cercle dénaire, lisaient clairement et avec certitude ce qui se passait dans la Divinité, ainsi que tout ce qui était contenu en elle-même. Il ne doit point y avoir de doute sur ce que je dis ici, étant bien convaincu qu'il n'appartient qu'à l'esprit de lire, de voir et de concevoir l'esprit. Ces premiers chefs avaient une connaissance parfaite de toute action divine, puisqu'ils n'avaient été émanés du sein du Créateur que pour être moins [sic pour témoins] face à face de toutes les opérations divines de la manifestation de sa gloire.
Ces chefs spirituels divins ont-ils conservé leur premier état de vertu et puissance divine après leur prévarication ? Oui, ils l'ont conservé par l'immutabilité des décrets de l'Éternel, car si le Créateur avait retiré toutes les vertus et puissances qu'il a mises réversibles sur les premiers esprits, il n'y aurait plus eu d'action de vie bonne ou mauvaise, ni aucune manifestation de gloire, de justice, de puissance divine sur ces esprits prévaricateurs. On me dira que le Créateur devait bien prévoir que ces premiers esprits émanés prévariqueraient contre les lois, préceptes et commandements qu'il leur avait donnés, et qu'alors c'était à lui de les contenir dans la justice. Je répondrai à cela, que, quand même le Créateur aurait prévu l'orgueilleuse ambition de ces esprits, il ne pouvait, d'aucune façon, contenir et arrêter leurs pensées criminelles sans les priver de leur action particulière et innée en eux, ayant été émanés pour agir selon leur volonté, et comme cause seconde spirituelle selon le plan que le Créateur leur avait tracé. Le Créateur ne prend aucune part aux causes secondes spirituelles bonnes et mauvaises, ayant lui-même appuyé et fondé tout être spirituel sur des lois immuables ; par ce moyen, tout être spirituel est libre d'agir selon sa volonté et sa détermination particulière, ainsi que le Créateur l'a dit lui-même à sa créature ; et nous en voyons tous les jours la confirmation sous nos yeux.
Si l'on demande quel est le genre de prévarication de ces esprits, pour que le Créateur ait usé de force de loi divine contre eux, je répondrai que ces esprits n'étaient émanés que pour agir comme causes secondes, et nullement pour exercer leur puissance sur les causes premières ou l'action même de la Divinité ; puisqu'ils n'étaient que des agents secondaires, ils ne devaient être jaloux que de leur puissance, vertu et opérations secondes, et non point s'occuper à prévenir la pensée du Créateur dans toutes ses opérations divines, tant passées que présentes et futures. Leur crime fut premièrement d'avoir voulu condamner l'éternité divine dans ses opérations de création ; secondement, d'avoir voulu borner la Toute-puissance divine dans ces mêmes opérations ; troisièmement, d'avoir porté leur pensée spirituelle jusqu'à vouloir être Créateurs des causes troisièmes et quatrièmes, qu'ils savaient être innées dans la toute-puissance du Créateur, que nous appelons quatriple essence divine.
Comment pouvaient-ils condamner l'éternité divine ?
C'est en voulant donner à l'Éternel une émanation égale à la leur, ne regardant le Créateur que comme un être semblable à eux ; et qu'en conséquence il devait naître d'eux des créatures spirituelles qui dépendraient immédiatement d'eux-mêmes, ainsi qu'ils dépendaient de celui qui les avait émanés. Voilà ce que nous appelons le principe du mal spirituel, étant certain que toute mauvaise volonté conçue par l'esprit est toujours criminelle devant le Créateur, quand bien même l'esprit ne la réaliserait pas en action effective. C'est en punition de cette simple volonté criminelle que les esprits ont été précipités par la seule puissance du Créateur dans des lieux de sujétion, de privation et de misère impure et contraire à leur être spirituel qui était pur et simple par leur émanation, ce qui va être expliqué.
Ces premiers esprits ayant conçu leur pensée criminelle, le Créateur fit force de loi sur son immutabilité en créant cet univers physique, en apparence de forme matérielle, pour être le lieu fixe où ces esprits pervers avaient à agir, à exercer en privation toute leur malice. Il ne faut point comprendre dans cette création matérielle l'homme ou le mineur qui est aujourd'hui au centre de la surface terrestre ; parce que l'homme ne devait faire usage d'aucune forme de cette matière apparente, n'ayant été émané et émancipé par le Créateur que pour dominer sur tous les êtres émanés et émancipés avant lui. L'homme ne fut émané qu'après que cet univers fut formé par la Toute-puissance divine pour être l'asile des premiers esprits pervers et la borne de leurs opérations mauvaises, qui ne prévaudront jamais contre les lois d'ordre que le Créateur a donné à sa création universelle. Il avait les mêmes vertus et puissances que les premiers esprits ; et quoiqu'il ne fût émané qu'après eux, il devint leur supérieur et leur aîné par son état de gloire et la force du commandement qu'il reçut du Créateur. Il connaissait parfaitement la nécessité de la création universelle ; il connaissait de plus l'utilité et la sainteté de sa propre émanation spirituelle, ainsi que la forme glorieuse dont il était revêtu pour agir dans toutes ses volontés sur les formes corporelles actives et passives. C'était dans cet état qu'il devait manifester toute sa puissance pour la plus grande gloire du Créateur en face de la création universelle, générale et particulière.
Nous distinguons ici l'univers en trois parties, pour le faire concevoir à nos émules avec toutes ses facultés d'actions spirituelles : 1° l'univers, qui est une circonférence dans laquelle sont contenus le général et le particulier ; 2° la terre ou la partie générale de laquelle émanent tous les aliments nécessaires à substancier le particulier ; 3° le particulier, qui est composé de tous les habitants des corps célestes et terrestres. Voilà la division que nous ferons de la création universelle, pour que nos émules puissent connaître et opérer avec distinction et connaissance de cause dans chacune de ces trois parties.
Adam, dans son premier état de gloire, était le véritable émule du Créateur. Comme pur esprit, il lisait à découvert les pensées et les opérations divines. Le Créateur lui fit concevoir les trois principes qui composaient l'univers ; et, pour cet effet, il lui dit : "Commande à tous les animaux actifs et passifs, et ils obéiront." Adam exécuta ce que le Créateur lui avait dit ; il vit par là que sa puissance était grande, et il apprit à connaître avec certitude une partie du tout composant l'univers. Cette partie est ce que nous nommons le particulier, composé de tout être actif et passif habitant depuis la surface terrestre et son centre jusqu'au centre céleste appelé mystérieusement ciel de Saturne.
Après cette opération, le Créateur dit à sa créature : "Commande au général ou à la terre ; elle t'obéira." Ce que fit Adam. Il vit par là que sa puissance était grande et il connut avec certitude le second tout composant l'univers. Après ces deux opérations, le Créateur dit à sa créature : "Commande à tout à l'univers créé, et tous ses habitants t'obéiront." Adam exécuta encore la parole de l'Éternel ; et ce fut par cette troisième opération qu'il apprit à connaître la création universelle.
Adam ayant ainsi opéré et manifesté sa volonté au gré du Créateur, reçut de lui le nom auguste d’Homme Dieu de la terre universelle, parce qu'il devait sortir de lui une postérité de Dieu et non une postérité charnelle. Il faut observer qu'à la première opération Adam reçut la loi ; à la deuxième, il reçut le précepte, et à la troisième, le commandement. Par ces trois sortes d'opérations nous devons voir clairement, non seulement quelles étaient les bornes de la puissance, vertu et force que le Créateur avait données à sa créature, mais encore celles qu'il avait prescrites aux premiers esprits pervers.
Le Créateur ayant vu sa créature satisfaite de la vertu, force et puissance innées en elle, et par lesquelles elle pouvait agir à sa volonté, l'abandonna à son libre arbitre, l'ayant émancipée d'une manière distincte de son immensité divine avec cette liberté, afin que sa créature eût la jouissance particulière et personnelle, présente et future, pour une éternité impassive, pourvu toutefois qu'elle se conduisît selon la volonté du Créateur.
Adam étant livré à son libre arbitre, réfléchit sur la grande puissance manifestée par ses trois premières opérations. Il envisagea son travail comme étant presque aussi grand que celui du Créateur ; mais ne pouvant de son chef approfondir parfaitement ces trois premières opérations ni celles du Créateur, le trouble commença à s'emparer de lui au milieu de ses réflexions sur la toute-puissance divine, dans laquelle il ne pouvait lire qu'avec le consentement du Créateur, selon qu'il lui avait été enseigné par les ordres que le Créateur lui avait donnés lui-même d'exercer ses pouvoirs sur tout ce qui était à sa domination, avant de le laisser libre de ses volontés. Les réflexions d'Adam, ainsi que la pensée qu'il avait eue de lire dans la puissance divine, ne tardèrent pas d'un instant d'être connues des premiers esprits pervers que nous nommons mauvais démons, puisque, dès qu'il eut conçu cette pensée, un des principaux esprits pervers apparut à lui sous la forme apparente de corps de gloire, et s'étant approché d'Adam, il lui dit : "Que désires-tu connaître de plus du tout-puissant Créateur ? Ne t'a-t-il pas égalé à lui par la vertu et la toute-puissance qu'il a mises en toi ? Agis selon ta volonté innée en toi, et opère en qualité d'être libre, soit sur la Divinité, soit sur toute la création universelle qui est soumise à ton commandement. Tu te convaincras pour lors que ta toute-puissance ne diffère en rien de celle du Créateur. Tu apprendras à connaître que tu es non seulement créateur de puissance particulière, mais encore créateur de puissance universelle ainsi qu'il t'a été dit qu'il devait naître de toi une postérité de Dieu. C'est du Créateur que je tiens toutes ces choses, et c'est par lui et en son nom que je te parle."
À ce discours de l'esprit démoniaque, Adam resta comme dans l'inaction, et sentit naître en lui un trouble violent, d'où il tomba dans l'extase. C'est dans cet état que l'esprit malin lui insinua sa puissance démoniaque ; et Adam, revenu de son extase spirituelle animale, mais ayant retenu une impression mauvaise du démon, résolut d'opérer la science démoniaque préférablement à la science divine que le Créateur lui avait donnée pour assujettir tout être inférieur à lui. Il rejeta entièrement sa propre pensée spirituelle divine, pour ne faire usage que de celle que l'esprit malin lui avait suggérée.
Adam opéra donc la pensée démoniaque en faisant une quatrième opération dans laquelle il usa de toutes les paroles puissantes que le Créateur lui avait transmises pour ses trois premières opérations, quoiqu'il eût entièrement rejeté le cérémonial de ces mêmes opérations. Il fit usage par préférence du cérémonial que le démon lui avait enseigné, ainsi que du plan qu'il en avait reçu pour attaquer l'immutabilité du Créateur.
Adam répéta ce que les premiers esprits pervers avaient conçu d'opérer pour devenir créateurs au préjudice des lois que l'Éternel lui avait prescrites pour leur servir de bornes dans leurs opérations spirituelles divines. Ces premiers esprits ne devaient rien concevoir ni entendre en matière de création, n'étant que créature de puissance. Adam ne devait pas plus aspirer qu'eux à cette ambition de création d'êtres spirituels qui lui fut suggérée par le démon.
Nous avons vu qu'à peine ces démons ou esprits pervers eurent conçu d'opérer leur volonté d'émanation semblable à celle qu'avait opérée le Créateur, ils furent précipités dans des lieux de ténèbres pour une durée immense de temps, par la volonté immuable du Créateur. Cette chute et ce châtiment nous prouvent que le Créateur ne saurait ignorer la pensée et la volonté de sa créature ; cette pensée et cette volonté, bonnes ou mauvaises, vont se faire entendre directement au Créateur qui les reçoit ou les rejette. On aurait donc tort de dire que le mal vient du Créateur, sous prétexte que tout émane de lui. Du Créateur est sorti tout être spirituel, bon, saint et parfait aucun mal n'est et ne peut être émané de lui. Mais que l'on demande d'où est donc émané le mal ? Je dirai que le mal est enfanté par l'esprit et non créé ; la création appartient au Créateur et non à la créature ; les pensées mauvaises sont enfantées par l'esprit mauvais, comme les pensées bonnes sont enfantées par l'esprit bon ; c'est à l'homme à rejeter les unes et à recevoir les autres, selon son libre arbitre qui lui donne droit de prétendre aux récompenses de ses bonnes œuvres, mais qui peut aussi le faire rester pour un temps infini dans la privation de son droit spirituel.
Je parlerai plus amplement de cette miséricorde divine dans un autre endroit. Je reviendrai encore à l'enfantement du mal occasionné par la mauvaise volonté de l'esprit, et je dirai que le mauvais enfantement de l'esprit, n'étant que la mauvaise pensée, est appelé spirituellement mauvais intellect, de même que l'enfantement de la bonne pensée est appelé bon intellect. C'est par ces sortes d'intellects que les esprits bons et mauvais se communiquent à l'homme et lui font retenir une impression quelconque, selon qu'il use de son libre arbitre pour rejeter ou admettre le mauvais ou le bon, à sa volonté.
Nous nommons intellect cette insinuation bonne ou mauvaise des esprits, parce qu'ils agissent sur des êtres spirituels. Les esprits pervers sont assujettis aux mineurs, ayant dégénérés de leur puissance supérieure par leur prévarication. Les bons esprits sont également assujettis à l'homme par la puissance quaternaire qu'il reçut à son émanation. Cette puissance universelle de l'homme est annoncée par la parole du Créateur, qui lui dit : "J'ai tout créé pour toi ; tu n'as qu'à commander pour être obéi." Il n'y a donc nulle distinction à faire de la sujétion où le mineur tient les esprits bons, d'avec celle où il tient les esprits mauvais. Si l'homme se fût maintenu dans son état de gloire, il aurait servi de bon et de véritable intellect aux mauvais démons, ainsi qu'eux-mêmes ont fait sentir leur mauvais intellect au premier mineur et qu'ils le font journellement ressentir parmi nous. Par la puissance du commandement, l'homme pouvait encore plus les resserrer dans la privation en leur refusant toute communication avec lui ; ce qui nous est figuré par l'inégalité des cinq doigts de la main, dont le doigt médium figure l'âme, le pouce, l'esprit bon, l'index, l'intellect bon ; les deux autres doigts figurent également l'esprit et l'intellect démoniaques. Nous comprendrons aisément par cette figure, que l'homme n'avait été émané que pour être toujours en aspect du mauvais démon, pour le contenir et le combattre. La puissance de l'homme était bien supérieure à celle du démon, puisque cet homme joignait à sa science celle de son compagnon et de son intellect, et que, par ce moyen, il pouvait opposer trois puissances spirituelles bonnes contre deux faibles puissances démoniaques ; ce qui aurait totalement subjugué les professeurs du mal, et par conséquent, détruit le mal même.
L'on peut voir, par tout ce que je viens de dire, que l'origine du mal n'est venue d'aucune autre cause que de la mauvaise pensée suivie de la volonté mauvaise de l'esprit contre les lois divines ; et non pas que l'esprit même émané du Créateur soit directement le mal ; parce que la possibilité du mal n'a jamais existé dans le Créateur. Il ne naît uniquement que de la seule disposition et volonté de ses créatures. Ceux qui parlent différemment ne parlent pas avec connaissance de cause des choses possibles et impossibles à la Divinité. Lorsque le Créateur châtie sa créature, on lui donne le nom de juste, et non celui d'auteur du fléau qu'il lance pour préserver sa créature du châtiment infini.
J'entrerai maintenant dans l'explication de la prévarication du premier homme. Cette prévarication est une répétition de celle des esprits pervers premiers émanés ; quoiqu'elle parte de la propre volonté d'Adam, elle ne vient point immédiatement de sa pensée, cette pensée lui ayant été suggérée par les esprits prévaricateurs. Mais la prévarication du premier homme est plus considérable que celle des premiers esprits, en ce que, non seulement Adam a retenu impression du conseil des démons en faveur desquels il a contracté une volonté mauvaise, mais encore il s'est porté à mettre en usage toute sa vertu et puissance divine contre le Créateur, en opérant au gré des démons et de sa propre volonté un acte de création, ce que les esprits pervers n'avaient pas eu le temps de faire, leur pensée et leur volonté mauvaises ayant été tuées par le Créateur qui arrêta aussitôt et prévint l'acte de l'opération de cette volonté. L'on demandera peut-être pourquoi le Créateur n'a pas agi contre la mauvaise volonté et l'opération inique du premier homme ainsi qu'il l'avait fait contre celle des esprits pervers ? Je répondrai à cela que l'homme, étant l'instrument préposé par le Créateur pour la punition des premiers esprits, reçut des lois d'ordre en conséquence. Le Créateur laissa subsister ces lois d'ordre qu'il avait données à l'homme, ainsi que celles qui étaient innées dans l'esprit mauvais, afin que ces deux êtres opérassent conformément à leur pensée et à leur volonté particulière. Le Créateur étant un être immuable dans ses décrets et dans ses dons spirituels, comme aussi dans ce qu'il promet et ce qu'il refuse, de même que dans les peines et récompenses qu'il envoie à sa créature selon qu’elle le mérite, ne pouvait, sans manquer à son immutabilité, arrêter la force et l'action des lois d'ordre que l'esprit mauvais et l'esprit mineur ou l'homme avait eues. Il laissa agir librement les deux êtres émanés, n'étant point en lui de lire dans les causes secondes temporelles, ni d'en empêcher l'action sans déroger à sa propre existence d'Être nécessaire et à sa puissance divine.
Si le Créateur prenait quelque part aux causes secondes, il faudrait de toute nécessité qu'il communiquât lui-même non seulement la pensée, mais encore la volonté bonne ou mauvaise à sa créature, ou qu'il la fît communiquer par ses agents spirituels qui émaneraient immédiatement de lui, ce qui reviendrait au même.
Si le Créateur agissait ainsi, on aurait raison de dire que le bien et le mal viennent de Dieu, de même que le pur et l'impur. Nous ne pourrions plus alors nous considérer comme des êtres libres et sujets à un culte divin de notre propre volonté. Rendons toute la justice qui est due au Créateur, en restant plus que convaincus qu'il n'y a jamais existé en lui et qu'il n'y peut jamais exister le moindre soupçon de mal et que c'est de la seule volonté de l'esprit que le mal peut sortir, l'esprit étant revêtu d'une entière liberté.
Ce qui prouve démonstrativement la vérité de ce que je dis, c'est que, s’il avait été à la possibilité du Créateur d'arrêter l'action des causes secondes spirituelles temporelles il n'aurait pas permis que son mineur succombât à l'insinuation des démons, l'ayant émané expressément pour être l'instrument particulier de la manifestation de sa gloire contre ces mêmes démons. Je ferai encore une petite comparaison à ce sujet, quoiqu'il n'y en ait point à faire : je vous dirai donc que, si vous envoyiez un second vous-même pour combattre vos ennemis, et qu'il fut en votre pouvoir de le faire triompher, pourriez-vous le laisser succomber sans succomber vous-même ? Si, au contraire, votre député va au combat en observant de point en point les lois d'ordre que vous lui aurez donné, et qu'il revienne triomphant, vous le récompenserez de tout votre pouvoir comme un ami fidèle à vos ordres. Mais si, s'étant écarté de vos lois, il vient à succomber, vous le punirez parce qu'il avait la force en main. Cependant ce député étant vaincu, l'êtes-vous également ? Non. Il n'y a donc que lui de blâmable et sur lequel doit tomber toute votre indignation, comme étant faussaire et parjure ; aussi vous l'aurez en opprobre. De plus, si votre député, ayant reçu vos ordres pour aller combattre vos ennemis, au lieu de les attaquer et de les terrasser, se joignait à eux, et que tous ensemble vinssent vous livrer bataille, et cherchassent par ce moyen à vous rendre sujet à eux au lieu qu'ils le sont de vous, comment considéreriez vous ce député ? Vous le regarderiez comme un traître, et vous vous tiendriez plus fort que jamais sur vos gardes contre lui. Eh bien, voilà positivement quelle est la prévarication du premier homme envers le Créateur. C'est pour cela que l'ange du Seigneur dit, selon qu'il est rapporté dans les Écritures : "Chassons d'ici l'homme qui eut connaissance du bien et du mal, car il pourrait nous troubler dans nos fonctions toutes spirituelles, et prenons garde qu'il ne touche l'arbre de vie, et qu'il ne vive par ce moyen à jamais." (L'arbre de vie n'est autre chose que l'esprit du Créateur que le mineur attaqua injustement avec ses alliés. Qu'il ne vive à jamais signifie : qu'il ne vive éternellement comme les premiers esprits démoniaques dans une vertu et une puissance maudites).
Sans cette punition, le premier homme n'eût point fait pénitence de son crime ; il n'eût point obtenu sa réconciliation ; il n'aurait point eu sa postérité, et serait resté mineur des mineurs démoniaques dont il était devenu le sujet. Au lieu que par sa réconciliation spirituelle, il a été remis par le Créateur dans les mêmes vertus et puissances qu'il avait auparavant contre les infidèles de la loi divine. C'est par cette réconciliation qu'il a obtenu une seconde fois des pouvoirs pour et contre tout être créé. C'est à lui d'en user avec sagesse et modération, et de ne plus employer son libre arbitre au gré des ennemis du Créateur, de peur de devenir à jamais l'arbre de vie du mal.
Revenons à la prévarication d'Adam. Si vous connaissiez le genre de prévarication d'Adam et le fruit qu'il en reçut, vous ne regarderiez plus comme injuste la peine que le Créateur a mis sur nous en naissant et qu'il a rendu réversible sur notre postérité jusqu'à la fin des siècles. Adam fut émané le dernier de toute créature quelconque ; il fut placé au centre de la création universelle, générale et particulière ; il était revêtu d'une puissance supérieure à celle de tout être émané, relativement à l'emploi auquel le Créateur le destinait : les anges mêmes étaient soumis à sa grande vertu et à ses pouvoirs. C'est en réfléchissant sur un état si glorieux qu'Adam conçut et opéra sa mauvaise volonté au centre de sa première couche glorieuse que l'on nomme vulgairement : paradis terrestre, et que nous appelons mystérieusement : terre élevée au-dessus de tout sens. Cet emplacement est ainsi nommé par les amis de la sagesse, parce que ce fut dans ce lieu connu sous le nom de Moria que le Temple de Salomon a été construit depuis. La construction de ce temple figurait réellement l'émanation du premier homme. Pour s'en convaincre, on n'a qu'à observer que le temple de Salomon fut construit sans le secours d'outils composés de métaux ; ce qui faisait voir à tous les hommes que le Créateur avait formé le premier homme sans le secours d'aucune opération physique matérielle.
Cette couche spirituelle, dans laquelle le Créateur plaça son premier mineur, fut figurée par 6 et une circonférence. Par les six cercles, le Créateur représentait au premier homme les six immenses pensées qu'il avait employées pour la création de son temple universel et particulier. Le septième, joint aux six autres, annonçait à l'homme la jonction que l'esprit du Créateur faisait avec lui pour être sa force et son appui. Mais malgré les précautions puissantes que le Créateur employa pour prévenir et soutenir l'homme contre ses ennemis, cet homme ne laissa pas d'agir selon sa propre volonté, par laquelle il se détermina à opérer une œuvre impure.
Adam avait en lui un acte de création de postérité de forme spirituelle, c'est-à-dire de forme glorieuse, semblable à celle qu'il avait avant sa prévarication : forme impassive et d'une nature supérieure à celles de toutes les formes élémentaires. Adam aurait eu toute la gloire de ces sortes de créations : la volonté du premier homme ayant été celle du Créateur, à peine la pensée de l'homme aurait-elle opéré, que la pensée spirituelle divine aurait également agi en remplissant immédiatement le fruit de l'opération du mineur par un être aussi parfait que lui. Dieu et l'homme n'auraient fait tous les deux qu'une seule opération ; et c'était dans ce grand œuvre qu'Adam se serait vu renaître avec une grande satisfaction, puisqu'il aurait été réellement le Créateur d'une postérité de Dieu. Mais, loin d'accomplir les desseins du Créateur, le premier homme se laissa séduire par les insinuations de ses ennemis et par le faux plan d'opération apparente divine qu'ils lui tracèrent. Ces esprits démoniaques lui dirent : "Adam, tu as inné en toi le verbe de création en tous genres ; tu es possesseur de toutes valeurs, poids, nombres et mesures. Pourquoi n'opères-tu pas la puissance de création divine qui est innée en toi ? Nous n'ignorons pas que tout être créé ne te soit soumis : opère donc des créatures puisque tu es créateur. Opère devant ceux qui sont hors de toi : ils rendront tous justice à la gloire qui t'est due."
Adam, rempli d'orgueil, traça six circonférences en similitude de celles du Créateur, c'est-à-dire qu'il opéra les six actes de pensées spirituelles qu'il avait en son pouvoir pour coopérer à sa volonté de création. Il exécuta physiquement et en présence de l'esprit séducteur sa criminelle opération. Il s'était attendu à avoir le même succès que le Créateur éternel, mais il fut extrêmement surpris ainsi que le démon, lorsqu'au lieu d'une forme glorieuse, il ne retira de son opération qu'une forme ténébreuse et toute opposée à la sienne. Il ne créa en effet qu'une forme de matière, au lieu d'en créer une pure et glorieuse telle qu'il était en son pouvoir. Que devint donc Adam après son opération ? Il réfléchit sur le fruit inique qui en était résulté, et il vit qu'il avait opéré la création de sa propre prison, qui le resserrait plus étroitement, lui et sa postérité, dans des bornes ténébreuses et dans la privation spirituelle divine jusqu'à la fin des siècles. Cette privation n'était autre chose que le changement de forme glorieuse en forme matérielle et passive. La forme corporelle qu'Adam créa n'était point réellement la sienne, mais c'en était une semblable à celle qu'il devait prendre après sa prévarication. On me demandera peut-être si la forme corporelle glorieuse dans laquelle Adam fut placé par le Créateur était semblable à celle que nous avons à présent ? Je répondrai qu'elle ne différait en rien de celle qu'ont les hommes aujourd'hui. Tout ce qui les distingue, c'est que la première était pure et inaltérable, au lieu que celle que nous avons présentement est passive et sujette à la corruption. C'est pour s'être souillé par une création si impure que le Créateur s'irrita contre l'homme.
Mais, dira-t-on, à quel usage a donc servi à Adam cette forme de matière qu'il avait créée ? Elle lui a servi à faire naître de lui une postérité d'hommes, en ce que le premier mineur Adam par sa création de forme passive matérielle a dégradé sa propre forme impassive, de laquelle devaient émaner des formes glorieuses comme la sienne, pour servir de demeures aux mineurs spirituels que le Créateur y aurait envoyés. Cette postérité de Dieu aurait été sans bornes et sans fin ; l'opération spirituelle du premier mineur aurait été celle du Créateur ; ces deux volontés de création n'auraient été qu'une en deux substances. Mais pourquoi le Créateur a-t-il laissé subsister le fruit provenu de la prévarication d'Adam, et pourquoi ne l'a-t-il pas anéanti lorsqu'il a maudit le premier homme et toute la terre ? Le Créateur laissa subsister l'ouvrage impur du mineur pour qu'il fût molesté de génération en génération, pour un temps immémorial, ayant toujours devant les yeux l'horreur de son crime. Le Créateur n'a pas permis que le crime du premier homme s'effaçât de dessous les cieux, afin que sa postérité ne put prétendre cause d'ignorance de sa prévarication, et qu'elle apprît par là que les peines et les misères qu'elle endure et endurera jusqu'à la fin des siècles, ne viennent point du Créateur, mais de notre premier père, créateur de matière impure et passive. (Je ne me sers ici de ce mot matière impure que parce qu'Adam a opéré cette forme contre la volonté du Créateur.)
Si l'on demandait encore comment s'est fait le changement de la forme glorieuse d'Adam dans une forme de matière, et si le Créateur donna lui-même à Adam la forme de matière qu'il prit aussitôt après sa prévarication, je répondrai qu'à peine eut-il accompli sa volonté criminelle que le Créateur, par sa toute puissance, transmua aussitôt la forme glorieuse du premier homme en une forme de matière passive semblable à celle qui était provenue de son opération criminelle. Le Créateur transmua cette forme glorieuse en précipitant l'homme dans les abîmes de la terre d'où il avait sorti le fruit de sa prévarication. L'homme vint ensuite habiter sur la terre comme le reste des animaux, au lieu qu'avant son crime il régnait sur cette même terre comme Homme-Dieu, et sans être confondu avec elle ni avec ses habitants.
Ce fut après cet événement terrible qu'Adam reconnut encore plus fortement la grandeur de son crime. Il alla aussitôt gémir de sa faute et demanda le pardon de son offense au Créateur. Il s'enfonça dans sa retraite, et là, dans les gémissements et dans les larmes, il invoqua ainsi le Créateur divin :
"Père de charité, de miséricorde ; Père vivifiant et de vie éternelle ; Père Dieu des Dieux, des cieux et de la terre ; Dieu fort et très fort ; Dieu de justice, de peine et de récompense ; Éternel Tout-puissant ; Dieu vengeur et rémunérateur ; Dieu de paix et de clémence, de compassion charitable ; Dieu des esprits bons et mauvais ; Dieu fort du sabbat ; Dieu de réconciliation de tout être créé ; Dieu éternel et tout-puissant, des régions célestes et terrestres ; Dieu invincible existant nécessairement sans principe ni fin ; Dieu de paix et de satisfaction ; Dieu de toute domination et puissance, de tout être créé ; Dieu qui punit et qui récompense quand il lui plaît ; Dieu quatriplement fort des révolutions et des armées célestes et terrestres de cet univers ; Dieu magnifique de toute contemplation, des êtres créés et des récompenses inaltérables ; Dieu père de miséricorde sans bornes en faveur de sa faible créature, exauce celui qui gémit devant toi de l'abomination de son crime. Il n'est que la cause seconde de sa prévarication. Réconcilie ton homme en toi et te l'assujettis à jamais. Bénis aussi l'ouvrage fait de la main de ton premier homme, afin qu'il ne succombe pas, ainsi que moi, aux sollicitations de ceux qui sont la cause de ma juste punition et de celle de l'ouvrage de ma propre volonté. Amen !"
Je ferai observer, au sujet de cette invocation qu'Adam fit au Créateur pour obtenir de lui sa réconciliation, que c'est positivement Adam qui a donné le premier une connaissance exacte à sa postérité des différente vertus, puissances et propriétés qui étaient innées dans le Créateur, pour que cette même postérité apprît par là qu'elle n'était créée que pour combattre pour la plus grande gloire de Dieu, et qu'elle lui rendit le culte pour lequel elle a été perpétuée dans sa création. Ce culte, que le Créateur exige aujourd'hui de sa créature temporelle, n'est pas le même que celui qu'il aurait exigé de son premier mineur, s'il fût resté dans son état de gloire. Le culte que l'homme aurait eu à remplir dans son état de gloire n'étant établi qu'à une seule fin, aurait été tout spirituel, au lieu que celui que le Créateur exige aujourd'hui de sa créature temporelle, est à deux fins : l'une temporelle et l'autre spirituelle. Voilà ce qui a produit la prévarication de notre premier père.
Après tout ce qui a été dit sur le genre de la prévarication d'Adam, cette vérité ne peut échapper un instant à la vue physique animale, spirituelle, passive et éternelle de l'homme, sans heurter de front les sentiments puissants et toutes les vertus immenses et infinies qui sont adhérentes et innées dans lui. On a vu que son crime a pris son principe dans les sollicitations que les esprits pervers firent au premier homme, Dieu émané, que nous nommons Adam ou premier père temporel, ou homme roux ou réaux, qui signifie Homme-Dieu très-fort en sagesse, vertu et puissance, trois choses très-saintes et innées avec certitude dans l'homme, et qui sont en lui la pensée, l'image et la ressemblance du Créateur. On a vu que la pensée du crime n'était point venue de lui, mais seulement de sa volonté directe en sa qualité d'homme libre. En effet, comme je l'ai dit ailleurs, la pensée provient à l'homme d'un être distinct de lui ; si la pensée est sainte, elle provient d'un esprit divin ; si elle est mauvaise, elle provient d'un mauvais démon. Ainsi toutes volontés de l'homme ne sont mises en opération et en action que conformément à la conception de sa pensée.
Ceci ne se borne point à ce monde seul, ni aux hommes en général, mais j'y comprends encore tous les autres mondes et tous les êtres spirituels qui les habitent ; soit ceux dont l'Éternel se sert pour se communiquer à sa créature mineure, ainsi que pour la manifestation de sa gloire dans toute la création de cet univers ; soit les autres quelconques par nous ignorés. Les démons eux-mêmes, malgré la condamnation qu'ils ont reçue du Créateur dès l'instant de leur prévarication, n'ont point changé de lois à cet égard ; ils jouissent pleinement et entièrement de leurs actions selon leur volonté pensante, mais ils ne peuvent espérer aucune communication de pensée divine que celle dont ils se rendraient susceptibles en changeant leur volonté mauvaise. Il en est donc dans cette cour démoniaque en fait de loi et d'ordre, d'horreur et d'abomination, comme il en est, sans comparaison, dans la cour spirituelle divine. Le principal chef des démons, qui a fait serment d'attaquer constamment et avec opiniâtreté la loi du Créateur, est l'arbre de vie du mal pour une éternité ; il communique sa pensée mauvaise aux anges qui lui sont assujettis, et ceux-ci, conformément à leur volonté mauvaise, mettent cette pensée en action et en opération pour la persécution du mineur. Toute la tâche de ce chef d'abomination est de soumettre les mineurs à ses lois obscures et de les leur faire paraître aussi nettes et aussi claires que celles que le Créateur a mises dans sa créature.
Il ne faut pas oublier que toute pensée divine qui vient jusqu'à nous par la communication invisible d'un bon esprit ou d'un bon intellect, ne doit point se considérer comme volonté opérante divine, mais uniquement comme pensée. C'est cette communication de pensée que nous nommons intellect, et c'est d'après cette communication que l'homme opère à sa volonté. On peut dire la même chose de la communication de la pensée mauvaise ou de l'intellect mauvais chez les mineurs.
C'est en se rendant susceptible de la communication de ces sortes d'intellects bons ou mauvais que le premier homme a dégénéré de sa faculté d'être pensant. Lorsque Adam était dans son premier état de gloire, il n'avait pas besoin de la communication de bons ni de mauvais intellects pour connaître la pensée du Créateur et celle du prince des démons. Il lisait également dans l'une et dans l'autre, étant entièrement pensant. Mais lorsqu'il fut laissé seul à ses propres vertus, puissance et volonté libre, il se rendit, par son orgueil, susceptible de communication ou bonne ou mauvaise, et devint par là ce que nous nommons pensif. Le Christ lui-même nous a prouvé l'infirmité du mineur à cet égard, puisque le prince des démons le tenta en nature sous une forme humaine apparente, et opéra visiblement contre lui sur la montagne Thabor sa volonté démoniaque. Ainsi, ce n'est que d'après l'insinuation de l'intellect mauvais que le mineur conçoit sa volonté mauvaise, et c'est par là qu'a été conçue et opérée la prévarication du premier homme.
Je vous ai appris le genre de cette prévarication avec la même certitude qu'il m'a été enseigné par un de mes fidèles amis, chéri de la Vérité et protégé par la Sagesse. Vous avez vu que ce premier homme, Dieu de toute la terre, fit réellement une opération terrible en créant une forme de matière à son image et à sa ressemblance de forme corporelle glorieuse. J'ai fait entendre que cette forme, qu'Adam créa, n'était point une forme glorieuse ; qu'elle ne pouvait être qu'une forme de matière apparente et même très imparfaite, puisqu'elle était le fruit de l'opération d'une volonté mauvaise. Cette opération, en effet, ne pouvait être que punie du Créateur, Adam ayant injustement abusé de sa puissance. Cependant l'Éternel ayant promis avec serment à Adam qu'il agirait avec lui dans toutes les opérations qu'il ferait en son nom, ne put s'empêcher d'accomplir la promesse immuable qu'il lui avait faite de le seconder dans toutes les circonstances où il en aurait besoin. C'est de cette promesse qu'Adam est parti pour manifester la puissance qui était innée en lui envers tout être spirituel. Il rappela au Créateur cette promesse immuable qu'il lui avait faite de venir couronner ses œuvres. Il lui fit commandement, par son immutabilité divine, qu'il eût à remplir la parole verbale qu'il lui avait prononcée par sa propre et pure volonté de Créateur en faveur de sa création de forme matérielle. Dieu, étant pris par Adam par la force de son serment et de son immutabilité, joignit, selon sa promesse, son opération spirituelle à l'opération temporelle d'Adam quoique contraire à sa volonté. Le Créateur agit avec Adam ainsi qu'il le désirait, et lui accorda le couronnement de son ouvrage en renfermant dans la forme de matière créée par Adam, un être mineur que le malheureux Adam a assujetti dans une affreuse prison de ténèbres, et qu'il a rendu par ce moyen susceptible d'être pensif et pensant en le précipitant dans une privation éternelle ou limitée.
Le mot pensif vient d'une jonction intellectuelle mauvaise à l'être mineur qui, par sa nature d'être spirituel divin, était émané être pensant, entièrement dans l'immensité du Créateur. Cette jonction intellectuelle a fait dégénérer le mineur de ce premier état et l'assujettit à être pensif, par les notions intellectuelles qu'il reçoit de la part du mauvais esprit ; ce qui fait que le mineur n'est que par temps pensant, par jonction entière avec l'esprit bon. Il n'est plus surprenant qu'Adam, après sa prévarication, soit devenu un être pensif et pensant ; il n'est pas plus surprenant que toute sa postérité soit devenue telle par la suite de cette même prévarication. Ce dernier fait est prouvé visiblement par les différentes façons de penser, d'agir et d'opérer que nous observons parmi la postérité de notre premier père temporel. Nous voyons, parmi cette postérité, différentes nations, différentes langues, différents cultes divins ou matériels, et une variété infinie de révolutions, tant en général que particulier. De plus, nous voyons les hommes avoir entre eux, dans tous les temps, une avide et intime communication, afin de s'instruire les uns les autres de la pensée qu'ils ont conçue, tendant soit au spirituel, soit au matériel.
Cela annonce combien cette postérité compte peu sur elle-même et s'édifie [sic pour : se défie ?] de l'inspiration bonne ou mauvaise qu'elle reçoit du bon ou du mauvais esprit dans les lieux de ténèbres qu'elle habite. C'est à cause de son avènement dans cet état contraire à sa nature spirituelle, que nous nommons la postérité d'Adam, pensive et pensante, par la communication de son être intellectuel bon et mauvais, dont l'homme s'est rendu susceptible d'être environné.
Mais il faut cependant observer ici qu'il y a eu des mineurs qui ont reçu la naissance et la vie temporelle par la seule volonté et l'opération divine. Ces mineurs étaient destinés pour la manifestation de la gloire de l'Éternel, et, quoique leur forme ait été émanée de la postérité d'Adam, le mineur qui habitait cette forme était vraiment un pur être pensant sans jamais être pensif. Et pourquoi cela ? Parce que l'Éternel lui manifestait sa propre volonté par la vision d'un de ses députés qui lui annonçait, sans aucun mystère, ce qu'il devait faire pour opérer exactement la volonté divine. Autre chose est l'inspiration intellectuelle et autre chose est l'acte d'opération visuelle de l'esprit ; ce que je ferai comprendre en parlant de mineurs qui furent émanés avant Adam par la seule volonté du Créateur, et pour manifester sa gloire.
Dans les premiers temps de la postérité du premier homme, Héli, que nous appelons Christ et que nous reconnaissons avec certitude pour un être pensant, réconcilia Adam avec la création. Enoch réconcilia la première postérité d'Adam sous la postérité de Seth. Noé réconcilia la seconde postérité d'Adam, en réconciliant la sienne avec le Créateur, et ensuite réconcilia la terre avec Dieu. Melchissédec confirma ces trois premières réconciliations en bénissant les œuvres d’Abraham et ses trois cents serviteurs. Cette bénédiction est une répétition de celle que Dieu donna aux trois enfants de Noé, savoir : Sem, Cam et Japhet. Abraham et ses trois cents serviteurs forment le nombre parfait quatre et rappellent le même nombre quaternaire qu'avait formé Noé avec ses trois enfants.
C'est par le nombre huiténaire, qui résulte de la jonction de ces deux nombres quaternaires, que nous apprenons que toutes les réconciliations et confirmations dont nous venons de parler ont été faites directement par le Christ. Car, quoiqu'elles aient été opérées par l'assistance des mineurs émanés pour cette fin, ces mineurs, cependant, n'ont été que des figures apparentes dont le Christ s'est servi pour manifester la gloire et la miséricorde du Créateur en faveur des réconciliés. Nous connaissons avec certitude que le nombre huit est inné de double puissance donnée par le Créateur au Christ ; et c'est lui qui nous apprend que le Messias a opéré toutes choses en faveur des hommes temporels de cette première et seconde postérité d'Adam. Nous regardons comme seconde postérité d'Adam la postérité de Seth, parce qu'elle s'est rendue susceptible de réconciliation, et nous n'y comprenons point celle de Caïn, parce qu'elle est encore à être réconciliée et qu'elle paie encore tribut à la justice du Créateur. Nous devons le concevoir clairement par le type que nous figure la malédiction que Caïn reçut de son père Noé, après le repos de l'arche sur la terre. Son exil est demeuré fixé dans la partie du midi : c'est ce signe immémorial aux hommes, de génération en génération, que la postérité de Caïn n'est point encore réintégrée spirituellement dans toutes ses puissances et vertus personnelles, quoiqu'elle ne soit plus permanente sur cette surface terrestre.
Je ne vous laisserai point ignorer que ce qui est survenu à Caïn avait été prophétisé par un signe sensible aux enfants de Noé qui, toutefois, ne le comprirent pas. Ce signe était l'évasion du corbeau qui s'enfuit de l'arche avant que la terre fût découverte. Il dirigea son vol vers le Midi et ne revint plus reprendre sa place dans l'arche. Ceux mêmes qui étaient restés dans l'arche ne le revirent plus après qu'ils en furent sortis. Cette fuite du corbeau nous fait voir, par son type, qu'aucun fâcheux ou heureux événement n'arrive à l'homme sans qu'il ait pu le prévoir, et qu'il lui ait été annoncé de quelque façon que ce soit. Pourvu qu'il veuille réfléchir sur sa pensée, il verra bientôt le mal ou le bien qui lui en doit résulter, parce que l'intellect bon ne veut rien voir opérer sur la créature qu'il protège, sans lui faire entrevoir ce qui doit lui arriver de bien ou de mal.
Vous pourriez me demander pourquoi la première postérité d'Adam en Caïn n'est point encore réconciliée avec le Créateur ? Le Christ, me direz-vous, n'est-il point venu pour réconcilier les vivants et les morts avec le Créateur ? Dieu le Fils, par sa passion et l'effusion de son sang, n'a-t-il pas ouvert les portes du royaume des cieux à tous ceux qui étaient morts en privation divine ? Ainsi cette postérité d'Adam en Caïn doit être comprise dans la réconciliation. Je répondrai à cela que le Christ n'a réconcilié avec Dieu le Père que ceux que l'opération spirituelle des justes avait marqués par le sceau. Ce sceau leur fut envoyé visiblement et sans aucun mystère sur l'emploi qu'ils devaient en faire en faveur de ceux qui devaient le recevoir pour être disposés à se fortifier de plus en plus dans la foi et dans la confiance en la miséricorde du Créateur, et afin de pouvoir soutenir avec une fermeté invincible toute la manifestation puissante de la justice divine qui pouvait s'opérer spirituellement devant eux par le Christ, chez tous les habitants de la terre, vivant en privation divine. Ce que je dis ici s'est réellement opéré par le Christ, comme je vais le faire concevoir plus clairement.
Nous ne pouvons point douter de la vertu et de la toute-puissance de Dieu le Fils, qui est vraiment l'action directe de la volonté du Créateur, père de toutes choses. Nous pouvons encore moins douter que toute création n'ait été opérée par le Créateur en présence de ce Fils divin, qui disait à chaque acte d'opération de pensée divine : tout est bon. Pour qu'il pût dire une pareille chose, il fallait bien qu'il connût à fond le principe de la pensée opérante du Créateur. Il connaissait, en effet toute la bonté et toute la validité des saintes pensées opérantes que le Créateur opérait devant lui, et il applaudissait lui-même par la joie et les délices qu'il ressentait en disant : Je suis en toi et en tes œuvres, Créateur Tout-Puissant, comme tu es en moi et dans mes œuvres. J'ai lié dans leurs bornes toutes les choses que tu as créées, ainsi que ta volonté l'a ordonné. Celui qui marche après toi et moi vérifiera et confirmera toutes tes œuvres et les miennes, et il apprendra à tous les êtres spirituels divins ta volonté touchant les lois immuables sur lesquelles tout être créé est fondé. C'est encore en vertu de ces mêmes lois que tout être émané agit en sa vertu et puissance, bonne ou mauvaise, et que toute opération spirituelle temporelle se fait, ainsi que son produit, en faveur de celui qui opère pour ou contre la gloire du Créateur et de la créature. C'est ce qui sert à vous convaincre que c'est le Christ lui-même qui a dirigé les opérations des justes dont je viens de parler en faveur des mineurs devenus les esclaves des démons, et en faveur de ceux qui souffrent encore présentement toutes les persécutions des esprits démoniaques. Nous l'apprendrons plus particulièrement par les trois jours que le Christ est resté ignoré de la terre et de ses habitants. Le premier jour, il descendit dans les lieux de la plus grande privation divine, appelés vulgairement les enfers, pour délivrer de la servitude horrible les mineurs marqués du sceau de la réconciliation. C'est véritablement là la première opération, puisqu'il n'était venu chez les hommes que pour opérer en nature la justice divine directement contre les ennemis du Créateur.
La seconde opération du Christ fut faite en faveur des justes, que l'on nomme Saints Patriarches, qui payent encore tribut à la justice du Créateur, non pas pour avoir mené une vie criminelle, ni s'être mal conduits spirituellement, mais seulement pour purger la souillure qu'ils ont contractée par leur séjour dans une forme de matière qu'ils ont eue, et où ils sont descendus par la prévarication d'Adam, tandis qu'ils devaient habiter un corps de gloire incorruptible, selon que le Christ nous l'a montré physiquement par sa résurrection glorieuse. Le Messias, qui signifie régénérateur spirituel divin, avait disposé, par sa propre opération doublement puissante et faite immédiatement de son chef, les mineurs patriarches qui devaient être, pendant leur vie temporelle, un type réel de son avènement et de sa toute-puissance pour la manifestation de la justice divine qui devait être opérée par lui sur tous les êtres émanés. Ces mineurs patriarches avaient reçu du Christ, pour cet effet, le caractère doublement fort de son opération, par lequel ils étaient prévenus de tout ce que le Christ faisait et devait faire à l'avenir en leur faveur et en faveur des mineurs, qui étaient dans une position divine plus considérable que la leur. Il n'est point surprenant que cet être réconciliateur eût, par préférence, donné ce caractère aux mineurs qu'il avait lui-même disposés pour servir d'instrument à la manifestation de la gloire divine. Il leur donna de plus la puissance de rendre ce caractère réversible sur les mineurs en privation, et cela par leur propre opération spirituelle divine sur ces mineurs en faveur desquels ils devaient opérer pour la plus grande gloire du Créateur et la plus grande honte des démons. C'est à cause de cette disposition et préparation spirituelle divine que le régénérateur fut premièrement chez les mineurs les plus opprimés, comme ayant plus besoin de son secours que ceux qui avaient déjà notification de par le Christ même de tout ce qu'il opérait pour la plus grande gloire du Créateur.
Vous désirez sans doute de connaître quel était ce caractère que le régénérateur mit sur ces saints patriarches ? C'était un être spirituel majeur plus puissant que les mineurs glorieux, et qu'ils ne pouvaient distinguer que par les différentes actions spirituelles que cet être opérait lui-même au centre de ces mineurs réconciliés et non encore régénérés. L'opération du Christ sur ces mineurs patriarches produisit en eux un changement incompréhensible ; ils furent par ce moyen plus fortement convaincus qu'ils ne l'avaient jamais été pendant leur vie passagère de la tendresse inviolable que le Créateur avait et aurait éternellement pour sa créature, ne l'ayant point créée pour la perdre si elle ne se perd point elle-même, en vertu du caractère puissant que ces justes mineurs avaient reçus.
Le Christ (ce nom signifie réceptacle d’opération divine) opéra sur les mineurs une action toute opposée à celle qu'ils avaient eue par le passé, en traçant au mineur réconcilié un travail tout différent de celui qu'ils avaient fait pendant leur cours temporel, ainsi qu'on peut le comprendre, quoique sans comparaison, par les différents usages qui se pratiquent parmi les habitants de cette surface terrestre. Il avait été mis également sur les esclaves des démons un pareil caractère, provenant de l'opération sainte de ces glorieux patriarches, qui opérèrent la volonté du Christ conjointement avec l'être spirituel majeur doublement puissant. C'est par ce moyen que les esclaves des démons reçurent le sceau de la réconciliation divine, mais sceau à la vérité plus fort que celui qui avait été mis sur les mineurs patriarches, attendu que celui-ci ne devait opérer que des choses très succinctes, au lieu que celui qui fut mis sur les esclaves des démons devait opérer des faits plus forts et plus considérables. Aussi le changement qui se fit sur les mineurs patriarches, quoique très fort, le fut infiniment moins que celui qui se fit sur les esclaves des démons, parce que l'esprit qui opérait dans l'habitation de ces mineurs avait deux actions à opérer, savoir : la réconciliation des mineurs et la punition des majeurs pervers. Voilà quelles furent la première et la seconde opération du Christ pendant les deux premiers des trois jours qu'il resta ignoré des hommes, pour nous donner le type de la sépulture et ensuite celui de la réconciliation et résurrection spirituelles aux yeux de toute la création.
La troisième opération du Christ fait allusion au troisième jour de sa sépulture ; et elle fut faite sur deux espèces de mineurs qui étaient plus ou moins resserrés en privation divine. Ainsi cette troisième opération fut divisée en deux substances, dont une visible aux mortels ordinaires, et l'autre invisible à ces mêmes mortels, attendu qu'aucune matière ne peut voir et concevoir l'esprit sans mourir, ou sans que l'esprit ne dissolve et n'anéantisse toute forme de matière.
À l'instant de son apparition, la substance invisible de la troisième opération du Christ a consisté à avoir abrégé lui-même le terme des travaux et des opérations pénibles que faisaient les mineurs qui satisfaisaient à la durée du temps pendant leur cours universel, général et particulier, selon qu'il a été prescrit par le Créateur.
Ce cours universel, auquel le mineur est assujetti, se fait connaître par l'étude soigneuse que les hommes de tous les temps ont faite, et que ceux du siècle présent font encore, des trois principaux cercles sphériques pour se procurer avec plus de certitude les différents moyens de parcourir toute la surface de la Terre. Les hommes ne considèrent ces trois cercles que comme étant propres à satisfaire leurs passions cupides de matière, relativement au peu de connaissance qu'ils ont de ces cercles, par le vice du motif de leurs recherches. Je conviens bien que ces trois cercles appelés : cercle sensible, cercle visuel et cercle rationnel, ont en eux la propriété d'instruire l'homme dans la connaissance de l'espace et des bornes de la création universelle, générale et particulière ; mais il faut que les hommes soient dans de grandes ténèbres s'ils ne considèrent ces trois cercles que matériellement.
Nous attachons spirituellement le cercle mineur au sensible, le cercle intellect au visuel, et le cercle majeur au cercle rationnel, et ces trois cercles ne sont autre chose qu'une étendue distincte dans laquelle les mineurs équitables finiront d'opérer leur action temporelle, invisible à l'homme corporel. Cette opération commence au cercle sensible ; les mineurs passent de là dans le cercle visuel où s'accomplit la force de leur opération spirituelle, que nous nommons réaction d'opération, en ce que l'étendue de ce second cercle est infiniment plus considérable que celle du premier, dans lequel les mineurs ont fini le cours de l'opération naturelle à leur être : ils vont jouir du repos à l'ombre de leur réconciliation, dans le cercle que nous nommons rationnel.
Tous les différents corps planétaires et élémentaires résident dans les intervalles de ces trois principaux cercles, que nous distinguons encore par les trois principales puissances divines qui s'opèrent certainement entre eux, comme je vais le faire entendre par les trois nombres qui suivent : le nombre quatre est donné au mineur, le nombre sept est donné à l'esprit, et le nombre huit au double esprit qui est le Christ. Le Christ préside à l'esprit, l'esprit préside au mineur, et le mineur préside à la forme terrestre. C'est donc, comme nous l'avons dit, à abréger le cours et les opérations des mineurs dans ces trois cercles que consiste la première substance de la troisième opération du Christ, afin que ces mineurs puissent ensuite se reposer à l'ombre de leur réconciliation.
La seconde substance visible aux hommes corporels consiste dans le plan qu'il leur a tracé lui-même, soit par sa résurrection, soit par sa propre instruction qu'il a laissée à ses fidèles élus par sa parole spirituelle divine. Voilà sincèrement ce que je sais et ce qui m'a été dit touchant la réconciliation faite par le Christ, réconciliation vraiment préparée par les élus justes de ce même Christ, auquel il en avait donné le premier l'exemple, ainsi que je vais le faire concevoir.
Héli réconcilia le premier homme avec le Créateur, par l'entremise de son esprit qui fit jonction avec le premier mineur émané. Enoch, par sa justice, opéra en faveur de la postérité des enfants de Seth tant vivants que décédés, sur lesquels il fit passer le caractère ou le sceau authentique de son opération. C'est avec ce sceau qu'il marqua ceux qui furent dignes d'accompagner le Christ lorsqu'il fut rendre compte à son père, Créateur, des opérations qu'il avait faites pour sa plus grande gloire et à la honte de ses ennemis. Noé a répété le même type, ainsi que Melchissédec, Élie, Zorobabel et le Christ. Voilà ceux qui ont été préposés par ordre du Créateur pour marquer les êtres mineurs spirituels qui devaient accompagner le triomphe de la manifestation de la justice divine opérée par la puissance de l'Homme-Dieu et divin, selon son immédiate correspondance avec le Créateur.
Je n'entrerai point dans le détail des différentes opérations que ces justes ont faites pour coopérer à la marque de ces signalés qui devaient définitivement former la cour du Christ, lorsqu'il fut paraître en esprit face à face avec le Créateur, père de toute autorité et puissance divine immuable. Mais vous pourriez me demander comment il se peut que ce que j'ai dit touchant la réconciliation du mineur ait été opéré par les justes dont je viens de parler ? Tout événement, me direz-vous, temporel ou spirituel, n'était-il pas prévenu par les lois immuables que le Créateur avait données à la création universelle ? Je vous répondrai que vous devez sentir que Dieu ne pouvait prévenir ce qu'il n'avait pas prévu, ne pouvant lire dans la pensée, ainsi que je l'ai déjà dit, que lorsqu'elle est conçue, et ne pouvant détruire la volonté des êtres spirituels. On sait que, sans cette liberté, Adam n'aurait pu prévariquer, et sa prévarication a opéré un changement si considérable que le Créateur a été forcé de changer l'opération de la création générale et particulière. Par la création générale on doit entendre la terre, et par la création particulière, tous les mineurs qui l'habitent tant dans le corps terrestre que céleste. Oui, c'est cette prévarication que vous ne pouvez pas ignorer, quoique vous n'en connaissiez pas encore parfaitement le genre, qui a obligé le Créateur à faire force de loi divine dans sa création.
Vous savez que le Créateur émana Adam, homme-Dieu juste de la terre, et qu'il était incorporé dans un corps de gloire incorruptible. Vous savez que, lorsqu'il eut prévariqué, il le maudit lui personnellement avec son œuvre impure, et maudit ensuite toute la terre. Vous savez encore que, par cette prévarication, Adam dégénéra de sa forme de gloire en une forme de matière terrestre. Vous saurez donc par moi que toutes ces choses n'auraient pu servir à la nature générale et particulière, si le Créateur n'avait suspendu et retiré vers lui, pour un temps, les pouvoirs qu'il avait donnés à son premier homme dans son état de justice. Le changement qui se fit chez Adam, du corps de gloire en corps de matière terrestre, annonçait les nouvelles lois que le Créateur lui donnerait lorsqu'il serait réconcilié. C'est lors de cette réconciliation que le Créateur le bénit une seconde fois, lui pardonna sa faute, mais ne lui rendit qu'une puissance inférieure à celle qu'il possédait avant son crime jusqu'à sa réconciliation. Ceci, d'ailleurs, vous est clairement et physiquement représenté en nature sensible par les différentes lois que Moïse descendit de dessus la montagne. Moïse ne donna point au peuple d'Israël les premières tables de la loi ; la prévarication de ce peuple engagea Moïse à rompre ces tables et à priver par là les Israélites de cette loi divine qu'ils désiraient recevoir avec tant d'ardeur.
Moïse, après cet événement, se réconcilie avec son peuple et lui promet une seconde loi de par l'Éternel : loi qu'il lui donna selon qu'il plut à l'Éternel de lui accorder en faveur de la réconciliation qu'il avait faite avec son peuple élu. Cette réconciliation ne pouvait venir directement de la seule volonté et faculté de Moïse ; elle ne venait que de la puissance du Créateur. La preuve qu'on en peut donner, c'est que tous les pouvoirs d'un homme seul ne sont pas capables de réconcilier vingt personnes à sa volonté ; et si Moïse n'avait opéré que de son chef et sans le secours d'un être supérieur à lui, toutes ses paroles et tous ses efforts eussent été inutiles. Jugeons-en par comparaison avec les hommes de ce siècle, qui traitent de grossiers les hommes de ces premiers siècles. Quelle idée pouvons-nous avoir, et comment réconcilier les hommes du siècle présent qui n'ont jamais vu aucune manifestation physique, spirituelle ou divine s'opérer devant eux, si ce n'est celles qui s'opèrent par les lois immuables qui doivent actionner et entretenir la création universelle, pendant la durée que le Créateur lui a prescrite ? Vous désirez peut-être savoir quel est le temps de cette durée mais ce n'est point ici le lieu de vous en parler. Je vais poursuivre définitivement l'explication du genre de la prévarication d'Adam, parce que c'est de là que sont sortis toutes les époques, tous les types et tous les différents événements qui sont survenus depuis le commencement du monde jusqu'à nous et qui se perpétueront jusqu'à la fin des siècles.
La peine qu'Adam ressentit d'être devenu pensif et pensant, ne fut autre chose que ce qui devait manifester la première des époques fâcheuses qui devaient survenir à sa postérité, et c'est de là qu'Adam conçut plus fort la grande conséquence de sa prévarication. Il la conçut par le trouble, l'agitation et les différents combats qui se passaient en lui, lorsqu'il fut resserré dans son corps second de matière terrestre. Dans cet état, il fit ses lamentations au Créateur ; il réclama la clémence du Dieu vivant qui est le Christ, et du Dieu vivifiant. L'esprit alors lui présenta dans son assoupissement le fruit de sa prévarication, ce qui acheva de le consterner et d'augmenter la violence de ses remords en considérant son ouvrage. Il conçut ce que le Créateur lui faisait demander. Ce malheureux homme sentit qu'il fallait qu'il reconnût sincèrement sa faute et qu'il la confessât telle qu'il l'avait opérée et qu’elle lui était représentée. Adam satisfit à la volonté divine ; il avoua avec la plus grande sincérité l'ouvrage de sa maudite pensée et l'opération de sa propre volonté, qui devait le lier avec le fruit de son travail pour un temps immémorial. Il confirma cet aveu en donnant à ce fruit de sa prévarication le nom de Houva ou Hommesse qui signifie chair de ma chair, os de mes os, et l'ouvrage de mon opération conçue et exercée par l'œuvre de mes mains souillées. Voilà ce que vous cherchiez à connaître touchant le genre de prévarication d'Adam.
Ce que je viens de vous dire sur la prévarication d'Adam et sur le fruit qui en est provenu, vous prouve bien clairement ce que c'est que notre nature corporelle spirituelle, et combien l'une et l'autre ont dégénéré, puisque l'âme est devenue sujette au pâtiment de la privation, et que la forme est devenue passive, d'impassive qu'elle aurait été si Adam avait uni sa volonté à celle du Créateur. C'est là aussi où vous pouvez reconnaître sensiblement ce que nous appelons spirituellement décret prononcé par l'Éternel contre la postérité d'Adam jusqu'à la fin des siècles, et que l'on nomme vulgairement péché originel.
Mais il faut à présent que je vous fasse encore mieux concevoir que je l'ai fait, le changement des lois cérémoniales d'opération de la création générale et particulière, relativement au crime du premier homme. Je vous ai montré quels étaient le pouvoir, la vertu, le commandement et l'autorité du premier mineur émancipé dans son corps de gloire. Je vous ai montré comment il se transmua, par son crime, de cette forme glorieuse en une forme de matière terrestre. Mais ce corps second de matière terrestre avait la même figure apparente que le corps de gloire dans lequel Adam avait été émané. Il n'y eut donc de changement que dans les lois par lesquelles il se serait gouverné, s'il était resté dans ce premier principe de justice.
Lorsqu'un être créé temporel change de nature d'action, il change nécessairement de lois d'opération : lorsque le Créateur réconcilia la création générale universelle et particulière, il y eut changement dans les lois qui dirigeaient cette création avant qu'elle fût maudite et réconciliée. Il en fut de même du premier homme ; ayant changé son état de gloire, il était absolument nécessaire que le Créateur changeât aussi les premières lois d'opération qu'il lui avait données ; ces premières lois n'étant plus convenables à l'action et à la direction d'une forme corporelle aussi peu étendue que celle dont Adam fut contraint de se revêtir par autorité divine.
Les lois qui gouvernent les formes corporelles de matière apparente passive, ne sont point, comme vous devez le sentir, celles qui gouvernent, tout esprit mineur, possesseur et gouverneur d'une forme de corps glorieux, qui ne tire point son origine de la matière que nous voyons physiquement condensée. La forme glorieuse ne contient point l'esprit mineur ou autre esprit en privation divine, puisqu'elle est, comme le mineur et comme tout autre esprit, députée par l'Éternel pour manifester chez les hommes ou partout [où] il plaît au Créateur, la gloire de cet être divin. Je dirai plus, Adam et sa postérité étant détenus dans cette forme de matière terrestre, ne devaient pas rendre au Créateur le même culte que celui pour lequel le premier homme avait été émané. Si le premier mineur a changé de forme, il faut de toute nécessité qu'il ait changé d'opération. Cette nouvelle opération est infiniment bornée par la force des lois que le Créateur a exercées contre Adam et qu'il a rendues réversibles sur toute sa postérité jusqu'à la fin du temps.
Cette opération bornée ne doit point vous surprendre, vu l'emploi inique qu'Adam a fait de son premier Verbe que l'Éternel avait mis en lui, pour qu'il produisît une postérité de Dieu. Ce Verbe, que vous ignorez peut-être et que vous considérez comme une chose incompréhensible, n'était que l'intention et la volonté qui devaient opérer par la parole puissante de ce premier homme. Mais pour connaître plus clairement le Verbe de postérité de Dieu qu'Adam avait inné en lui, il faut remonter à la connaissance des différents Verbes que le Créateur a employés pour sa création universelle, dans laquelle consistent la générale et la particulière, selon son intention, sa volonté et sa parole, de laquelle toute action, toute forme et tout être spirituel mineur sont provenus.
C'est en joignant ces trois dernières choses, l'intention, la volonté et la parole, aux trois qui les précèdent, que je ferai concevoir les trois principaux Verbes de Création dont l'Éternel s'est servi pour créer toutes choses. L'intention se joint à la création de l'univers, qui est figuré par un cercle immense, dans l'intérieur duquel le général et le particulier, sont mis en action et en mouvement. La volonté se joint à la création du général ou de la terre, qui est figurée par un triangle, ainsi que la figure qu'en avait conçue le Créateur dans son imagination pensante devait être représentée. La parole rejoint l'émanation particulière des mineurs spirituels, habitant dans la forme corporelle particulière terrestre, forme semblable à celle de la terre, et qui a été également produite conformément à l'image de la pensée divine.
C'est par ceci et par ce qui va suivre que nous apprenons à concevoir le Verbe de Création qui était au pouvoir d'Adam. Si le Créateur n'avait point eu d'intention, il n'aurait point eu de volonté, il n'aurait point eu de paroles d'actions. Or, puisque l'être spirituel mineur n'est que le fruit de l'opération de ces trois principes divins, il fallait que le premier homme portât les marques de son origine, et qu'il eût par conséquent ces trois principes innés en lui, lorsque l'Éternel le détacha de son immensité divine pour être homme-Dieu sur la terre.
Nous avons vu précédemment que Dieu ne pouvait être l'auteur du mal ; ainsi Adam fut émané dans le bien et dans la justice. Adam avait donc en lui un Verbe puissant, puisqu'il devait naître de sa parole de commandement, selon sa bonne intention et sa bonne volonté spirituelle divine, des formes glorieuses impassives, et semblables à celle qui parut dans l'imagination du Créateur. Ces formes glorieuses ne pouvaient être de la nature des formes de matière terrestre, qui n'étaient destinées, selon la volonté du Créateur, qu'à servir de prison aux esprits prévaricateurs. Aussi la forme dans laquelle Adam fut placé était purement spirituelle et glorieuse, afin qu'il pût dominer sur toute la création, et exercer librement sur elle la puissance et le commandement qui lui avaient été donnés par le Créateur sur tous les êtres.
Cette forme glorieuse n'est autre chose qu'une forme de figure apparente que l'esprit conçoit et enfante selon son besoin et selon les ordres qu'il reçoit du Créateur. Cette forme est aussi promptement réintégrée qu'elle est enfantée par l'esprit. Nous la nommons impassive parce qu'elle n'est sujette à aucune influence élémentaire quelconque, si ce n'est à l'influence pure et simple. Elle n'est susceptible d'aucun aliment, si ce n'est de celui que son esprit lui procure. Aucune particule du feu central n'actionne sur elle. Enfin cette forme glorieuse aurait été perpétuée par Adam par la reproduction de sa postérité spirituelle, mais toutefois sans aucun principe d'opération matérielle, selon que l'avènement et la résurrection du Christ, et la descente de l'esprit divin dans le Temple de Salomon nous l'ont fait voir en nature.
Par tout ce qui a été dit, nous ne devons plus douter des changements considérables des lois d'opérations survenues par la prévarication du premier homme, soit sur le corps général et particulier, soit sur les mineurs, et dans les opérations que ces mêmes mineurs ont à faire aujourd'hui, et qui sont toutes opposées à celles pour lesquelles ils avaient été émanés. Nous avons vu de plus une lueur de ce fameux nombre ternaire de création de toute forme quelconque, par la jonction de l'intention, de la volonté et de la parole qui enfante l'action divine, laquelle est certainement Verbe. En effet, à quoi servirait l'intention sans la volonté, la volonté, sans la parole, et la parole sans effet ou action ? Il a fallu l'intention, la volonté et la parole pour opérer chacune des trois parties de la création, mais c'est la parole qui a déterminé l'action de l'intention et de la volonté divine. C'est par cette détermination que le Verbe a eu lieu : c'est donc certainement dans le Verbe du Créateur, que le nombre ternaire de création générale universelle et particulière existe et non ailleurs ; car l'intention, la volonté et la parole produisent un effet spirituel, ou une action ce qui fait voir que le Verbe de création ne s'est point produit de lui-même, puisqu'il est émané de l'intention, de la volonté et de la parole du Créateur.
C'est aussi par ce Verbe et son émanation que nous reconnaissons avec certitude que le premier nombre ternaire de création quelconque est coéternel en Dieu, selon ce qui suit : l'intention 1, la volonté 2 et la parole 3, d'où provient l'action ou le Verbe. Additionnez : dans ces trois nombres vous trouverez 6, ainsi qu'il suit : 1 et 2 font 3, 3 et 3 font 6. C'est là ce qui complète les six pensées de création générale et particulière de l'Éternel. Ce nombre est certainement dans la création universelle, générale et particulière.
C'est par tout ce que je viens de vous dire que vous devez concevoir d'où est provenu tout être créé, tant spirituel que matériel, de même que la grande puissance qu'avait jadis le premier homme, et celle que peut avoir encore aujourd'hui sa postérité. Cette puissance, toutefois, est bien peu de chose si l'homme ne fait point sa réconciliation avec le Créateur. J'ose même dire qu'elle n'est rien sans cela, et qu'alors la brute a plus de vertu dans son seul instinct passif, que n'en a le mineur spirituel lorsqu'il a dégénéré et qu'il s'anéantit dans l'inaction spirituelle divine jusqu'au point de devenir le tombeau de la mort. Je veux dire, par l'expression du tombeau de la mort dont je me sers ici, que les malheureux mineurs qui ne sont point réconciliés, deviendront la proie des esprits pervers, qui, par la jonction qu'ils feront avec eux, les feront demeurer dans leur réprobation pour un temps infini.
Voilà quel sera le sort des mineurs qui n'auront pas suivi la justice du Créateur. Voyez combien nous devons nous tenir sur nos gardes, et nous efforcer d'imiter Adam qui, après avoir confessé son crime avec sincérité et avec le repentir le plus amer, obtint du Créateur sa réconciliation et fut remis en partie dans ses premières vertus et puissances sur les trois genres de création temporelle, sous condition toutefois que son intention et sa volonté seraient à l'avenir conformes aux lois de la réconciliation. Réfléchissez sur cette réconciliation, vous y verrez toujours le nombre ternaire, savoir : Adam, le Christ et le Créateur. Vous y verrez que cette triple essence divine forme bien clairement les trois principes de toute création ainsi qu'il suit : l'intention du Père 1, la volonté du Christ 2, et la parole du mineur spirituel qui provient de l'intention et de la volonté des deux premiers 3. Je mets le mineur au nombre des trois premières essences divines parce qu'il est lui-même le produit de l'intention du Père, de la volonté du Fils régénérateur et de l'action de l'Esprit divin ; ce que j'expliquerai plus clairement lorsque je parlerai de la quadruple essence divine, que je ne prétends point vous laisser ignorer, quoique je n'en aie pas encore fait mention.
Je vais continuer de parler de la réconciliation parfaite du mineur premier homme. Lorsque le Créateur bénit Adam et son œuvre impure, il lui dit : "Adam, rehausse ton ouvrage, afin que vous produisiez ensemble une postérité de forme particulière dans laquelle sera contenue la figure universelle générale en figure certaine et indubitable, ainsi qu'elle est contenue dans la forme que tu diriges pour le temps que je prescris." Ce sont les paroles que l'Écriture rapporte : Croissez et multipliez. C'est-à-dire, lorsque Adam et Ève furent sortis de leur première place opérante, il leur fut ordonné de reproduire les formes semblables aux leurs, Adam et Ève exécutèrent cet ordre avec une si furieuse passion des sens de leur matière, que le premier homme retarda par là son entière réconciliation. Cependant ils engendrèrent la forme corporelle de leur premier fils qu'ils nommèrent Caïn, qui veut dire : le fils de ma douleur. Ce nom lui fut donné par Adam parce qu'il sentit bien qu'il avait opéré en ce fils une opération conduite par une passion désordonnée et contraire à la modération dont il devait user. (Disons en passant que l'ordre qui fut adressé par le Créateur directement à Adam pour sa reproduction, nous enseigne que le Créateur avait fait Adam le gardien de sa semence reproductive.)
Adam avait bien raison de nommer son premier-né : le fils de ma douleur, puisque ce fut par cette œuvre que sa réconciliation fut suspendue. Ce fut encore par cette même opération, et par le nom de Caïn qu'il donna à son premier né, qu'il prophétisa la grande douleur qu'il ressentait à l'avenir par la forte prévarication de sa postérité, qui contreviendrait aux lois, préceptes et commandements divins ; et c'est pourquoi Adam a été reconnu pour le premier prophète par cette même postérité.
Cependant ce même fils engendré par une passion contraire aux ordres du Créateur, devait contribuer à la réconciliation du premier père, par les vives douleurs que ce fils lui ferait sentir en lui répétant la noirceur de sa première prévarication, puisque Caïn opéra mystérieusement cette prévarication en présence d'Adam. C'était bien là le coup le plus cruel et le remords le plus amer qu'il put faire naître dans le cœur de son père. Aussi l'on ne peut concevoir quels furent la douleur et l'accablement d'Adam, lorsqu'il vit son premier fils en proie aux puissances démoniaques. Personne ne pouvait juger comme le premier père de sa propre douleur, et de celle que son fils devait éprouver, puisqu'il n'y avait pas longtemps qu'Adam lui-même avait été retiré, par la pure miséricorde du Créateur, des mains de ces mêmes démons qui venaient de séduire son premier fils, et de le précipiter pour une éternité dans la privation divine.
Par cette double peine, Adam se fortifia dans sa loi et dans sa confiance au Créateur. Il gémit plus que jamais d'avoir coopéré à la conception de ce malheureux fils, hors des bornes prescrites par le Créateur. Il se soumit volontairement par son serment authentique à la volonté du Créateur, et promit de ne s'écarter jamais des lois, préceptes et commandements que le Créateur lui tracerait sous quelque prétexte que ce fût. Mais cette résignation du premier père ne fut qu'apparente ; il n'eut point la persévérance qu'il avait jurée ; au contraire, il conçut avec sa compagne hommesse ou Ève une postérité femelle qu'ils nommèrent conjointement Caïnan, qui veut dire : enfant de confusion, parce que cette conception fut opérée selon les mêmes lois que Caïn avait été conçu.
Cinq ans après, la liaison qu'il voyait entre ces deux enfants lui fit croire que le temps était venu où toutes ses peines allaient finir. Il s'aveugla de nouveau et conçut avec Houva ou Ève une troisième postérité, laquelle était femelle et qu'il nomma Aba 1 qui veut dire : enfant de matière ou enfant de privation divine. Adam resta ensuite l'espace de six années sans produire de postérité, parce que, pendant cet intervalle et à commencer de la naissance de son troisième enfant, il tomba dans un abattement considérable. Un si fort dégoût de son être s'empara de lui qu'il ne savait que devenir. Il tomba dans une entière inaction, soit pour le spirituel divin, soit pour le spirituel démoniaque, n'étant plus sensible à aucune impression bonne ou mauvaise. Ce qui le rendit tel, ce fut la forte connaissance qu'il eut de tous ses crimes passés envers le Créateur. L'esprit bon lui procura cette connaissance, et lui fit entendre clairement que la terre qu'il avait cultivée jusqu'à présent, contre les ordres du Créateur, ne lui produirait que douleur et amertume, et serait le poison de la discorde pour toute sa postérité.
C'est là l'essence de menaces que le Créateur fit à Adam en le chassant du Paradis Terrestre, selon que l'Écriture le rapporte : " Va cultiver la terre ; elle ne te produira que des ronces. " Je demanderai s'il y a des ronces plus aiguës que celles que peut porter dans le cœur d'un père bon une postérité criminelle ? C'étaient là les maux que le Créateur avait annoncés au premier homme, que l'ouvrage de son opération de matière terrestre lui produirait ; mais c'était dans cet anéantissement, que le Créateur se proposait de pardonner toutes les faiblesses du premier homme en le disposant, lui et sa compagne, à coopérer à une conception pure et simple, sans participation d'aucun excès des sens de leur forme matérielle. Ainsi, Adam ne borna point sa postérité aux trois enfants dont je viens de parler ; il eut encore quatre enfants, deux mâles et deux femelles, et c'est le premier fils de ces quatre qui devait opérer la réconciliation de son père.
Adam forma donc avec sa compagne une opération agréable au Créateur, et Ève conçut le séminal qu'Adam avait répandu dans ses entrailles et qu'elle conserva heureusement jusqu'à son entière maturité. Il n'était pas surprenant qu'Ève eut un soin tout particulier de ce nouveau fruit, puisqu'elle sentait naître dans elle-même une racine de salut. Suivons ici la postérité d'Adam.
Adam et Ève prirent un soin particulier de ce quatrième enfant. Ils ne le perdirent jamais de vue, quoiqu'ils ne connussent pas encore parfaitement tout le fruit qu'ils devaient en retirer par la suite l'un et l'autre. Ils ne pouvaient se lasser d'admirer sa conduite soit envers ses deux sœurs et son frère Caïn, soit envers ses père et mère. Il cherchait à gagner leur amitié dès l'âge le plus tendre, n'ayant encore que trois ans, et il alla toujours en augmentant en bonté et en sagesse, en vertu et en bon exemple, tout le temps qu'il resta parmi les hommes comme homme-Dieu juste sur la terre. Ce bienheureux enfant s'efforçait sans cesse d'adresser au Créateur des cultes spirituels qui surprenaient toute sa famille. Toutes ses opérations ne tendaient qu'à calmer la justice de Dieu envers sa première créature mineure et envers sa postérité, connaissant par ses opérations combien cette postérité allait être fortement frappée par la justice divine. Enfin, Abel se comporta comme Adam aurait dû le faire dans son premier état de gloire envers l'Éternel : le culte qu'Abel rendait au Créateur était le type réel que le Créateur devait attendre de son premier mineur.
Abel était encore un type bien frappant de la manifestation de gloire divine, qui s'opérerait un jour par le vrai Adam ou le Christ pour la réconciliation parfaite de la postérité passée, présente et future de ce premier homme ; moyennant que cette postérité userait en bien du plan d'opération qui lui serait tracé par la pure miséricorde divine, ainsi que le type d'Abel l'avait déjà prédit par toutes ses opérations à Adam et à ses trois premiers nés.
Ces trois premiers-nés d'Adam tinrent une conduite toute opposée à celle d'Abel. Aussi, plus Adam et Ève se sentaient en paix. Une joie et une satisfaction inexprimable inondaient Ève, au lieu qu'elle n'avait ressenti que de vives et cruelles douleurs pendant tout le temps qu'elle avait porté ses trois premiers enfants. Cette différence provenait des dons que la grâce de l'Éternel avait mis dans l'âme de ce quatrième enfant. Cette âme communiquait à la sienne son innocence, sa candeur et sa pureté. Adam redevint de même satisfait et joyeux, ce qui augmenta encore le contentement qu'Ève ressentait. Ils considérèrent surtout avec plaisir le temps où ce dernier fruit fut enfanté. Ce fut à la septième année de l'intervalle qui s'était passé depuis qu'Adam avait eu les trois premiers. Adam ne put s'empêcher de louer le Seigneur sur cet événement, ainsi : L'Éternel Créateur des cieux et de la terre et de son serviteur Adam, ou réaux, soit à jamais béni pour tout ce qu'il a créé. C'est de lui que je tiens une quatrième postérité qui fera toute ma satisfaction dans le cours d'ici-bas et dans celui qui est à venir.
Il nomma cet enfant Aba 4, qui veut dire : enfant de paix, ou Abel 10, qui veut dire : un être élevé au-dessus de tout sens spirituel.
Tout ce que je viens de dire a été répété en nature physique vers le milieu du temps par la grossesse de Marie et d'Élisabeth ; par le tressaillement qu'Élisabeth sentit naître dans son âme lorsqu'elle salua sa cousine Marie qui venait la visiter, et par la satisfaction que les deux pères temporels sentirent, l'un de la propre opération physique de ses œuvres, et l'autre de l'unique opération spirituelle que l'Éternel avait manifestée en faveur de sa femme adoptive. On verra ailleurs l'explication de tous ces types, occupant les cornes de l'autel ou le côté des cercles qui regarde vers le nord, et Caïn celui qui regarde le midi.
Après qu'Abel eut rempli ses fonctions spirituelles suivant ses ordres, il se retira de sa propre prosternation, il fut rendre compte à son père de ce qu'il avait appris du Créateur en sa faveur. Adam mit alors Abel à sa propre place septentrionale et fut ensuite tout tremblant, faire sa prosternation ainsi qu'Abel l'avait faite. Lorsqu'il eut fini, il rappela ses deux fils à lui, en plaçant Abel sur sa droite et Caïn sur sa gauche, et dans cette situation, Adam leur fit part de ce qu'il avait appris du Créateur. "Je vous préviens, leur dit-il, de par l'Éternel Créateur, que j'ai obtenu grâce devant lui : sa justice a cessé d'être réversible sur moi par l'intermission et l'entremise de mon fils Abel, dont le Créateur a exaucé la sainteté en ma faveur. Venez, mes deux fils, que je partage ma joie avec vous, en vous faisant part de deux sensations que je viens d'éprouver, celle du mal et celle du bien qui fait ma réconciliation parfaite avec le Créateur." Puis s'adressant à Caïn, il lui dit : "Mon fils premier-né, que vos œuvres à l'avenir soient celles de votre frère dernier-né. Apprenez de moi que le Créateur met sa confiance sans aucune distinction d'origine temporelle et spirituelle, et qu'il accorde toute puissance supérieure à celui ou à celle qui sait la mériter, et à qui elle est due. Que votre volonté, Caïn, soit à l'avenir celle de votre frère Abel, de même que la mienne sera inviolablement à l'avenir celle du Créateur."
Le cérémonial commença à la moitié du jour solaire, et le tout ne dura qu'environ une heure de temps. Plus les signes venaient vers leur fils Abel, plus leurs trois premiers-nés devenaient les ennemis de leur propre frère.
Adam et Ève regardèrent Abel comme un interprète spirituel divin, et ils observaient avec précision tout ce qu'il leur disait et leur faisait faire, en joie et en sainteté. Les trois premiers-nés au contraire s'opposaient à tout ce qu'Abel opérait en leur propre faveur et en celle de leur père et mère ; ils allèrent même jusqu'à tendre des pièges d'opérations contraires aux siennes, pour le détruire et l'effacer physiquement de devant eux, ce qu'ils firent, ainsi qu'on va l'apprendre.
Adam se proposa un jour de rendre au Créateur, conjointement avec ses deux fils, le culte d'une opération spirituelle divine, mais sa postérité femelle ne pouvant y assister, à cause du peu de vertus et puissances divines innées dans les femelles et de leur peu de force et de fermeté de soutenir de pareilles opérations, il éloigna cette postérité femelle à une distance de quarante-cinq coudées du lieu qu'il avait choisi pour son travail. Tout étant disposé, Adam ordonna et consacra son dernier né, Abel, pour être le premier à exercer les fonctions spirituelles de l'opération qu'il se proposait de faire. Abel se mit aussitôt en devoir de les remplir ; il dressa lui-même l'autel ou les cercles convenables, au centre desquels il offrit lui-même les premiers parfums. Ces parfums étaient sa propre forme corporelle qu'il offrit en holocauste au Créateur en se prosternant humblement. Il soumit en même temps son Être mineur spirituel à l'Éternel, pour être le réceptacle de la justice divine, sur lequel l'Éternel manifesta sa plus grande gloire de miséricorde envers Adam sa première créature mineure. Adam, le travail fini, et les opérants se retirèrent chacun à leur destinée ordinaire, Caïn du côté de ses deux sœurs, et Abel du côté de son père et de sa mère.
Cette division de trois personnes d'un côté et trois de l'autre nous offre une figure trop frappante pour que nous ne l'observions pas ; elle est le vrai type de la séparation du bien et du mal ; elle nous représente encore les trois essences spirituelles qui composent les différentes formes corporelles de matière apparente, tant celles de l'être raisonnable que de l'être irraisonnable. Joignez ces deux nombres ternaires vous verrez par leur produit sénaire le nombre de création divine ou les six pensées du Créateur pour la création universelle, générale et particulière. Voyez encore si vous ne trouverez pas ce que l'Écriture nous enseigne, que trois sont en haut comme trois sont en bas. Voyez de plus quel est celui des deux nombres ternaires qui figure le mal. Enfin, réfléchissez sur ce sujet, et cherchez-vous à vous-même des corrections et des conséquences satisfaisantes.
Caïn, étant retiré dans le lieu qu'Adam lui avait destiné, fit part à ses deux sœurs du prétendu outrage que son père lui avait fait en enlevant son droit d'aînesse, pour le rendre réversible sur son frère cadet Abel, et en l'assujettissant à la subordination et à la volonté de ce même frère Abel dernier né. Les deux sœurs de Caïn l'engagèrent d'user de toute sa puissance et de sa force contre celle de son frère et de son père, et même contre le Créateur qui avait permis un pareil forfait, à la sollicitude d'un frère cadet qui avait surpris la bonne foi de leur père et corrompu sa pensée par la cérémonie d'un culte faux et injuste. En conséquence, Caïn conçut d'opérer un culte aux faux dieux et au prince des démons, pour qu'il lui donnassent une puissance supérieure à celle que le Créateur avait donnée à son frère Abel, et cela pour se venger du prétendu tort qu'il avait reçu de son père par l'entremise de son frère. Il fit assister à son opération ses deux sœurs avec lui, ainsi qu'Abel et lui avaient assisté à l'opération de leur père ; il consacra sa sœur cadette aux mêmes fonctions que celles qu'avait remplies Abel, et il suivit avec précision tout le premier cérémonial qu'il avait vu faire. Et lorsque ce fut à son tour de faire sa prosternation, il remit son autre sœur à la place qu'il occupait à l'autel ou aux cercles et, s'étant mis en prosternation, il offrit en victime la forme et la vie d'Abel (la forme est le corps et la vie de l'âme) au prince des démons.
Après cette cérémonie, Abel vint se présenter à Caïn, qui lui fit beaucoup de reproches. Abel les reçut avec douleur et humilité, et répondit ensuite à Caïn : "Ce n'est point à moi ni à notre père temporel que vous devez en vouloir, c'est contre vous-même et contre celui qui vous dirige en ce moment que vous devez combattre, car je vous dis que vous venez d'opérer un culte faux et impie devant l'Éternel. La force de votre crime surpasse celle du crime d'Adam : vous avez offert à votre Dieu de ténèbres un holocauste qui n'est ni à votre disposition, ni à la sienne ; vous avez cherché à tort de répandre le sang du juste pour la justification des coupables."
Abel retourna ensuite trouver Adam et lui fit part de tout ce qui s'était passé, ce qui affligea beaucoup ce malheureux père et le plongea dans la plus grande consternation. Abel tâcha alors de consoler Adam et lui fit des questions sur le sujet de sa tristesse et de son abattement ; mais Adam ne lui répondit rien. Il semblait qu'il prévoyait ce qui devait arriver à ce fils bien-aimé, et qu'il n'osait le lui dire. Abel rassura Adam sur toutes ces inquiétudes et lui dit d'un ton ferme : "Mon père, ce qui est décrété par le Créateur en votre faveur et celle de votre postérité doit avoir son action soit en bien, soit en mal ; car la création générale que vous voyez, n'est autre chose qu'un lien que l'Éternel a réservé pour faire opérer la manifestation de sa toute-puissance, pour sa plus grande gloire. C'est donc, mon père, dans votre postérité corporelle que le Créateur mettra des sujets convenables, pour être les vrais instruments dont il se servira pour le triomphe de sa justice, l'avantage des bons et la honte des mauvais. Il est inutile à l'homme d'aller contre ce qui est délibéré par le Créateur pour ou contre sa créature spirituelle." Adam parut calme, et, s'adressant au Créateur, il dit : "O toi Éternel ! que ce qui est conçu par ta pensée et par ta volonté soit accompli par ton fidèle serviteur, père de la multitude des nations qui habiteront et opéreront dans ton cercle universel : Amen !"
Ensuite Adam et Abel furent visiter Caïn, qui vint au-devant d'eux avec ses deux sœurs. Lorsqu'ils se furent joints, ces filles embrassèrent leur père et Caïn embrassa son frère Abel, mais, dans cet embrassement, Caïn porta sur Abel trois coups d'un instrument de bois fait en forme de poignard. Le premier coup lui perça la gorge, le deuxième lui perça le cœur et le dernier lui perça les entrailles. Ce meurtre se passa en présence d'Adam sans qu'il s'en aperçut. Mais, à peine le meurtre fut commis, qu'Adam sentit une commotion terrible ; les deux sœurs de Caïn et d'Abel en éprouvèrent une pareille ; et tous trois, frappés de cette commotion, tombèrent à la renverse en s'écriant : "Notre conciliateur, Seigneur, nous est ravi par la main de l'impie ! Nous réclamons la justice et nous remettons à toi seul notre vengeance."
Voyez avec quel artifice les sujets du démon se déguisent aux yeux de la créature par des paroles spirituelles et louables en apparence. Cette sommation, quoique très naturelle parmi les trois personnes ci-dessus, et fondée sur la sympathie de leur sens de matière, provenait encore d'une autre cause, ainsi que le terrassement qui survint à ces trois personnes. Cela provenait de la vision qu'elles eurent en nature effective du mineur et majeur spirituel d'Abel, et qu'elles ne purent soutenir sans tomber en défaillance. Adam se releva le premier et s'en retourna, en compagnie du majeur et mineur d'Abel, retrouver Ève, à qui il apprit tout ce que le Créateur avait voulu exiger de lui, pour son entière réconciliation, que ces crimes venaient d'être expiés par la victime Abel, son fils, et qu'ainsi tout était consommé.
Je vous laisse à penser quelle devait être la douleur de ce malheureux père et quelle fut celle de sa compagne. Ne sont-ce pas là ces fameuses ronces qui ont percé le cœur d'Adam ? N'est-ce pas là cette funeste ronce produite sur la terre, créée par la prévarication d'Adam ? C'est donc Ève qui a produit, en Caïn, l'instrument du fléau du malheureux Adam, ayant conçu ce fils avec Adam par une opération de confusion, selon que le nombre deux nous l'annonce, et que je vais détailler ici avec sincérité.
Le nombre de confusion est celui qui dirige ce que nous appelons opération simple et particulière, qui se fait de la pure volonté du mineur avec le majeur spirituel démoniaque. Ces deux sujets ne font qu'un par l'intime liaison de leur pensée, de leur intention et de leur action. Cependant, ce sont toujours deux sujets distincts l'un de l'autre, en ce qu'ils sont toujours susceptibles de désunion ; ce qui arrive lorsqu'un médiateur plus puissant qu'eux se met entre l'un et l'autre, et opère entre eux une réaction opposée à la première. Par ce moyen, il se fait un changement considérable en faveur du mineur, en contenant l'action du majeur démoniaque. Ainsi, c'est la jonction avec cet être démoniaque que nous appelons opération de confusion, et que nous distinguons par le nombre deux.
Vous pourriez me demander si, lorsque le mineur se joint au majeur spirituel bon, il ne fait pas également le nombre deux ou de confusion ? Mais je répondrai que non, attendu que l'esprit bon qui fait jonction avec un mineur, ne peut se joindre avec ce mineur, qu'au préalable il n'ait communiqué à ce même mineur son esprit intellect, que nous appelons : puissance spirituelle mineure, qui prépare et dispose l'âme particulière mineure à recevoir impression de l'esprit majeur bon, selon la volonté et le désir de ce même esprit majeur et du mineur particulier. L'âme, par cette jonction, acquiert le nombre deux qui, se joignant à l'esprit, forme d'abord un nombre ternaire ; savoir : la puissance innée du mineur premier qui est l'âme, 1 ; la puissance mineure de l'intellect, 2 ; et la puissance directe de l'esprit majeur, 3. Voilà comment l'âme mineure fait le nombre ternaire dans son premier principe de jonction spirituelle. Nous ne comptons point ainsi la jonction qui se fait de l'âme avec l'intellect démoniaque, et ensuite avec l'esprit mauvais, parce que, dans cette jonction, l'âme abandonne entièrement sa puissance spirituelle bonne pour devenir elle-même intellect du démon ; au lieu que, dans sa jonction avec le bon esprit, elle conserve et fortifie sa puissance spirituelle divine, qui mérite, par conséquent, d'être comptée dans l'énumération que nous en faisons.
L'esprit majeur bon, tenant son action immédiate de la Divinité, l'âme a, par conséquent, sa correspondance régulière aux quatre puissances divines, que nous appelons : quatriple essence, ainsi qu'il suit : l'âme mineure, 1, est en correspondance spirituelle avec l'intellect, 2 ; l'intellect avec l'esprit, 3 ; et l'esprit avec la Divinité, 4. C'est là ce que nous prouve l'exacte correspondance de tout être spirituel avec le Créateur éternel.
Je veux faire connaître, de plus, la correspondance du cœur de l'homme avec tout être spirituel. Le corps de l'homme est l'organe de l'âme ; c'est par lui que le mineur fait apercevoir à tous ses semblables son intention et sa volonté d'action spirituelle, par les différents mouvements et les différentes opérations qu'il fait faire à sa forme. L'âme mineure est l'organe de l'intellect ; l'intellect est l'organe de l'esprit majeur, et l'esprit majeur est l'organe du Créateur divin. Telle est la belle harmonie organique des principaux êtres spirituels divins, soit avec la forme particulière de l'homme, soit avec la forme générale et universelle, et c'est ce qui nous fait connaître avec certitude que tout est vraiment émané du premier être nécessaire à tout être quelconque, soit spirituel, soit temporel.
En effet, par les nombres dont je me sers, vous devez apprendre à connaître la triple et la quatriple essence divine. Ces nombres sont ceux dont l'Éternel s'est servi lui-même pour opérer la création universelle, générale et particulière, et l'émanation des esprits, tant ceux qui sont devenus mauvais, que ceux qui ont conservé la pureté de leur nature spirituelle divine. Le nombre ternaire apprendra à connaître l'unité ternaire des essences spiritueuses dont le Créateur s'est servi pour la création des différentes formes matérielles apparentes, et le nombre quaternaire nous apprendra à connaître le nombre spirituel divin dont le Créateur s'est servi pour l'émanation spirituelle de tout être spirituel de vie, qui sont les esprits majeurs, vivants qui sont donnés au Christ, et de privation qui sont les démons, et les mineurs qui sont tombés sous leur puissance.
C'est cette vertu des nombres qui a fait dire aux sages de tous les temps que nul homme ne peut être savant, soit dans le spirituel divin, soit dans le céleste, terrestre et particulier, sans la connaissance des nombres. Autre chose est la connaissance des lois de la nature spirituelle, autre chose est la connaissance des lois d'ordre et de convention des hommes matériels. Les lois des hommes varient comme l'ombre ; celles de la nature spirituelle sont immuables, tout étant inné en elle dès leur première émanation.
Vous serez encore plus amplement instruit de ces vérités à la suite de ce Traité. Suivons la réconciliation d'Adam et d'Ève :
1 : Unité, premier principe de tout être tant spirituel que temporel, appartenant au Créateur divin.
2 : Nombre de confusion appartenant à la femme.
3 : Nombre appartenant à la terre et à l'homme.
4 : Quatriple essence divine.
5 : Esprit démoniaque.
6 : Opérations journalières.
7 : Esprit saint appartenant aux esprits septénaires
8 : Esprit doublement fort appartenant au Christ.
9 : Démoniaque appartenant à la matière.
10 : Nombre divin.
Adam et Ève, ayant éprouvé la peine cruelle dont nous avons parlé, et ne connaissant rien de positif que cet événement annonçait soit pour eux, soit pour la postérité première et celle à venir, se prosternèrent dans la plus grande douleur et la plus grande foi devant le Seigneur, pour lui demander grâce et miséricorde du crime que Caïn avait commis sur leur fils Abel, n'ayant en lui ni le pouvoir ni la force de venger de leur propre autorité le sang du juste par l'effusion de celui du coupable, et sachant bien que la vengeance n'appartient qu'au Créateur.
L'Éternel exauça les prières et lamentations d'Adam et d'Ève sur la mort de leur fils Abel ; il leur envoya un interprète spirituel qui leur apparut et leur expliqua le type du crime commis par Caïn, en leur disant : vous avez bien raison de regarder le meurtre d'Abel comme une perte considérable et comme une marque de la colère de Dieu qui doit rejaillir sur vos descendants jusqu'à la fin des siècles. Vous devez encore la considérer comme un reste du fléau de la justice divine pour l'entière rémission de votre premier crime, et pour votre parfaite réconciliation ;
mais le Créateur, qui a connu votre retour parfait et votre résignation, m'envoie auprès de vous pour calmer vos peines et vos larmes sur le malheureux événement que vous regardez comme irréparable. Le Créateur vous dit par ma parole que vous n'avez l'un et l'autre produit cette postérité d'Abel que pour être le vrai type de celui qui viendra dans un temps, pour être le véritable et l'unique réconciliateur de toute votre postérité. Sachez encore l'un et l'autre, que Caïn, que vous regardez avec raison comme criminel, ne l'est pas tant qu'Adam l'a été envers le Créateur.
Caïn n'a frappé que la matière et Adam a pris le trône de Dieu par la force : voyez s'il est plus criminel que vous ? Votre fils Caïn est encore un type de la prévarication des premiers esprits qui ont séduit Adam et qui lui ont donné réellement la mort spirituelle, en précipitant son être mineur dans une forme de matière passive, ce qui l'a rendu susceptible de privation divine, et changé sa forme glorieuse en une forme matérielle sujette à être anéantie, sans pouvoir être remise dans sa première nature de forme apparente, après sa réintégration dans le premier principe des formes apparentes,
que l'axe central dissipera aussi promptement qu'il l'a formé. Soyez fermes et persévérants dans votre confiance en l'Éternel ; le terme de votre réconciliation est rempli. Adam répondit : que la volonté de mon Créateur soit la mienne !
Je vais entrer maintenant dans l'explication des types véritables que font tous les événements que j'ai rapportés. Adam, par sa postérité temporelle, fait la figure du Créateur ; et cette postérité d'Adam fait la figure des esprits que le Créateur avait émanés de lui pour sa plus grande gloire, et pour lui rendre un culte spirituel. Vous avez vu que ces esprits peuvent se considérer comme aînés à Adam, ayant été émanés avant lui. Vous savez aussi que ces esprits ayant prévariqué, l'Éternel les éloigna de sa présence,
qu'il émana et qu'il émancipa de son immensité divine un être spirituel mineur pour les contenir en privation, et que ce mineur que nous nommons Adam et Réaux, n'était par conséquent que le second né spirituellement de ces premiers esprits, et qu'il sortait ainsi qu'eux du père divin Créateur de toutes choses.
Je veux donc faire observer que Caïn, fils aîné d'Adam, est le type de ces premiers esprits émanés par le Créateur, et que son crime est le type de celui que ces premiers esprits ont commis contre l'Éternel. Abel, second né d'Adam, fait par son innocence et sa sainteté le type d'Adam émané après ces premiers esprits dans son premier état de justice et de gloire divines.
Et la destruction du corps d'Abel, opérée par Caïn son frère aîné, est le type de l'opération que les premiers esprits firent pour détruire la forme de gloire dont le premier homme était revêtu, et le rendre par ce moyen susceptible d'être comme eux en privation divine. Voilà l'explication certaine du premier type que font Adam, Caïn et Abel, par les fâcheux événements qui leur sont survenus.
Le second type que font ces trois mineurs n'est pas moins considérable, soit par le rapport qu'ils ont avec tout être corporel, céleste, général et terrestre, soit par les événements qu'ils annonçaient devoir survenir à la postérité du premier homme.
Pour s'en convaincre, il faut observer qu'Adam, par les trois principes spiritueux qui composent sa forme de matière apparente, et par les proportions qui y règnent, est l'exacte figure du temple général terrestre, que nous savons être un triangle équilatéral, ainsi qu'on le verra physiquement dans la suite. Adam avait en son pouvoir une végétation corporelle, de même qu'il est de la nature de la terre de végéter. Adam n'a pu végéter que de deux sortes de végétations : la masculine et la féminine.
La terre ne peut également produire que ces deux espèces de végétations, soit dans les animaux passifs, soit dans les plantes et autres végétaux. Mais je vous apprendrai que, outre le pouvoir qu'a le corps de l'homme de se reproduire corporellement, il a encore celui de végéter des animaux passifs qui sont réellement innés dans la substance de cette forme matérielle. Voici d'où nous l'apprenons.
Lorsque l'être agent spirituel a quitté sa forme, cette forme devient en putréfaction. Après que cette putréfaction est faite, il sort de cette forme corporelle des êtres corporels que nous appelons reptiles, qui subsistent jusqu'à ce que les trois principes spiritueux, qui ont coopéré à la forme corporelle de l'homme, soient réintégrés. Il ne faut pas croire que cette putréfaction vienne d'elle-même, ni directement de la forme corporelle, mais il faut savoir que le séminal de toutes choses sujettes à la végétation est inné dans l'enveloppe soit terrestre, soit aquatique. Ainsi le corps de l'homme, étant provenu de la terre générale, et ayant innés dans sa forme de matière les trois principes qui ont coopéré chez lui à former son enveloppe soit terrestre, soit aquatique, il n'est pas douteux qu'il réside encore en cette forme particulière un séminal d'animaux susceptibles de végétation. C'est par ce séminal que la putréfaction arrive dans les corps après ce qu'on appelle vulgairement la mort.
Les trois principes que nous appelons Soufre, Sel et Mercure, opérant par leur réintégration, entrechoquent, par leur réaction, les ovaires séminaux qui sont dans toute l'étendue du corps. Ces ovaires reçoivent encore par là une nouvelle chaleur élémentaire, qui dépouille l'espèce animale reptile de son enveloppe, et cette enveloppe, ainsi dissoute, se lie intimement avec l'humide grossier du cadavre.
C'est la jonction de cette enveloppe des reptiles avec l'humide grossier du cadavre qui opère la corruption générale du corps de l'homme, et qui le met ensuite à sa dernière fin de forme apparente. C'est donc toujours par la réaction des trois principes opérants que provient la putréfaction, et cette putréfaction procure l'explosion des animaux reptiles dont le séminal est épars dans le corps général de l'homme. Il faut absolument que cette dernière opération soit faite par lui ; et voilà ce qu'on appelle la peine et le travail du corps. Je vous ferai observer encore que les animaux reptiles, provenus de corps, n'ont leur action que dans l'humide radical et le plus essentiel qui est contenu dans ce cadavre.
La vie et l'action, que les animaux ont dans l'humide radical, ne proviennent que de l'opération de l'axe, feu central, qui dépouille, par son opération dernière, toutes les impuretés qui entourent les trois essences spiritueuses qui sont encore contenues dans la forme du cadavre. Leur feu élémentaire, conjointement avec le feu central, entretiennent la forme de figure apparente de ces animaux reptiles, par l'opération de réfractions de leurs rayons de feux spiritueux, qui, par la suite, se replient sur eux-mêmes lorsqu'ils ne trouvent plus de fluides à opérer, c'est-à-dire quand tout a été entièrement consommé par eux. On peut vérifier ceci sur la forme d'un cadavre, où l'on verra opérer la vérité de ce que je dis touchant la putréfaction.
En vous expliquant comment ces animaux reptiles ont la vie, je veux dire qu'il est généralement de même de la vie et de la forme corporelle de tous les animaux irraisonnables, qui ne tiennent leur être que de ces deux feux. En voilà assez sur la putréfaction : je vais suivre l'explication des types des enfants d'Adam.
Outre le type de la prévarication des premiers esprits, et celui de leur attaque victorieuse contre le premier homme, Caïn fait encore le type de la séduction impie et funeste dont ces mauvais esprits useraient envers les postérités futures d'Adam, ainsi qu'il venait de le faire dans sa première postérité. Nous le voyons dans le premier crime qu'il commit sur son frère Abel, et dans la séduction dont il usa envers ses sœurs, lorsqu'il les engagea d'être témoins de ce qu'il allait effectuer sur la personne de leur frère, selon qu'ils l'avaient projeté ensemble. Caïn, après sa prévarication, fut obligé d'aller vivre avec ses deux sœurs dans la partie du midi où il fut relégué à demeure fixe par l'ordre du Créateur et par l'autorité d'Adam. C'est là le type du lieu où les démons ont été relégués pour être contraints d'y opérer leur volonté et leur intention malfaisante, soit contre le Créateur, soit contre les mineurs des deux sexes, l'homme et la femme étant susceptibles de retenir impression de l'intellect démoniaque.
Ce lieu du midi est encore le type de la partie universelle où le Créateur manifestera sa justice et sa gloire à la fin des temps. C'est aussi dans ce lieu que les justes manifesteront leurs vertus et puissances, à la honte des esprits pervers et à celle des mineurs réprouvés. Cette partie méridionale ayant été maudite du Créateur, et étant marquée par l'Écriture pour être l'asile des majeurs et des mineurs qui auront prévariqué, je dirai de plus que ces trois personnes : Caïn et ses deux sœurs, par leur nombre ternaire, annoncent la prévarication de la forme corporelle terrestre de l'homme, que l'intellect démoniaque séduit par la jonction qu'il fait avec les trois principes spiritueux qui constituent toute forme corporelle. C'est de ces trois sujets que nous avons sorti le nombre neuvaire des matières prévaricantes, soit des démons, soit des mineurs, ainsi que je vais le faire concevoir.
Vous savez que le nombre ternaire est donné à la terre, ou à la forme générale, et aux formes corporelles de ses habitants, de même qu'aux formes des habitants célestes. Ce nombre ternaire provient de trois substances qui composent les formes quelconques que nous nommons : principes spiritueux : Soufre, Sel et Mercure, comme émanant de l'imagination et de l'intention du Créateur. Ces trois principes, ayant été produits dans un état d'indifférence, l'axe central les a disposés et les a opérés pour leur faire prendre une forme ou une consistance plus consolidée ; et c'est de cette opération de l'axe central que proviennent toutes les formes corporelles, de même que celles dont les esprits pervers doivent se revêtir pour leur plus grande suggestion. C'est aussi, par conséquent, de ces mêmes substances qu'étaient composées les formes corporelles de Caïn et de ses deux sœurs, dont nous expliquons maintenant le type.
Au sujet du nombre neuvaire, je dirai donc qu'il n'est point étonnant que les esprits majeurs pervers et leurs agents se tiennent de préférence et plus volontiers à la forme corporelle de l'homme qu'à tout autre ; puisque cette forme humaine avait été premièrement destinée pour eux. Nous voyons d'ailleurs une preuve de l'intime liaison des esprits malins avec le corps de l'homme dans les paroles que le Christ adressa à ses apôtres, à la fin de sa dernière opération temporelle au Jardin des Oliviers. Quand il fut revenu les rejoindre, il les trouva endormis et leur dit en les réveillant : "Ne dormez pas, car la chair est faible et l'esprit est prompt." C'est par cette facilité avec laquelle l'esprit malin se communique à la forme corporelle de l'homme, que les trois personnes dont nous parlons laissèrent corrompre les principes spiritueux qu'ils avaient innés dans leurs formes.
L'intellect démoniaque s'insinua et se joignit entièrement à la forme de ces trois mineurs ; et de là, parvint à séduire l'agent spirituel qui y était renfermé, et qui devait diriger et gouverner cette forme au gré du Créateur. Cette insinuation produisit une telle révolution sur ces trois mineurs, qu'il ne fut plus en leur pouvoir de se délier de l'intime correspondance qui régnait entre eux ; par la parfaite sympathie qu'ils avaient contractée tous les trois avec l'intellect démoniaque, il n'y avait entre eux qu'une seule intention, qu'une seule pensée et une seule action. On n'a jamais vu une pareille union parmi les hommes de tous les siècles, et il est impossible que trois personnes différentes et libres agissent de la sorte, si elles ne sont conseillées et conduites par un bon ou un mauvais esprit.
C'est donc de ces trois personnes, possédées du prince des démons, que nous sortons, comme je l'ai dit, le nombre neuvaire de matière, savoir : en additionnant les trois principes spiritueux et essences premières, leurs trois vertus et leurs trois puissances démoniaques, ainsi qu'il suit :
1° Trois principes à Caïn, trois à sa sœur aînée, trois à sa sœur cadette = 9.
2° Trois vertus à Caïn, trois à sa sœur aînée, trois à sa sœur cadette = 9.
3° Trois puissances à Caïn, trois à sa sœur aînée, trois à sa sœur cadette = 9.
Mais pour vous convaincre que le nombre neuvaire de matière sort de ses mineurs, il ne faut que voir leur première opération démoniaque, et comme ils ont perpétués leurs opérations criminelles jusqu'au juste châtiment que le Créateur exerça sur toute leur postérité, châtiment que l'Écriture nous fait connaître en nous apprenant que l'Éternel frappa toute la terre et ses habitants par le fléau des eaux, et que, par ce moyen, la postérité coupable de ces trois mineurs, ainsi que les hommes qu'ils avaient séduits, furent anéantis. C'est depuis cette époque que le nombre neuvaire est parvenu à la connaissance, de même que la mystérieuse addition qui suit :
3 3 3 | 3 3 3 | 3 3 3 | 27
Additionnez le produit de tous ces nombres qui est 27, vous y trouverez 2 et 7 font 9. Multipliez 27 par 9, cela vous rendra toujours 9. Si vous multipliez ce produit à l'infini, il vous reviendra toujours 9.
C'est là ce que j'avais à vous dire sur le nombre neuvaire. Voulant vous faire connaître les autres types considérables que Caïn fait encore dans cet univers, je vous apprendrai que Caïn fait le type de l'élection des prophètes que le Créateur devait envoyer par la suite des temps parmi la postérité d'Adam.
Il vous a été enseigné que, lorsque Caïn eut détruit l'individu de son frère Abel, il se retira dans sa demeure ordinaire, où, étant à réfléchir sur son crime, il lui survint une voix spirituelle divine qui lui demanda ce qu'il avait fait de son frère Abel. Caïn répondit brusquement : est-ce que tu me l'as donné en garde ? Après cette réponse, l'esprit lui fit une attraction si considérable, soit sur sa forme corporelle, soit sur son être mineur qu'il fut aussitôt terrassé ; et dans cette situation il se réclama au Créateur en disant : Seigneur ! ceux qui me rencontreront me tueront. À cette considération, l'Éternel, père de miséricorde, voyant la consternation de Caïn et voulant le préserver du reproche et de la vengeance que sa postérité aurait pu exercer contre lui, le fit marquer d'un sceau préservatif, et l'esprit qui le marqua dit : De par l'Éternel, quiconque frappera Caïn de mort, sera puni de mort sept fois. Caïn se retira ensuite avec ses sœurs dans le lieu où il avait été relégué de par l'Éternel. Il eut dans cet endroit une postérité de dix mâles et de onze femelles. Il bâtit dans cet endroit une ville qu'il nomma Hénoch. Il imagina, pour coopérer à son entreprise, de fouiller dans les entrailles de la Terre, et il prépara les matières qu'il en retira afin de leur donner les formes convenables aux usages qu'il voulait en faire, et fit cette opération avec son premier-né qu'il avait nommé Hénoch. Il laissa son secret, soit pour la fonte des métaux, soit pour la découverte des mines, à son fils nommé Tubalcaïn. C'est de là qu'il nous est parvenu que Tubalcaïn était celui qui avait découvert le premier la fonte des métaux.
Caïn était un grand homme de chasse ; il avait également élevé tous ses enfants mâles à la chasse, et surtout son dixième fils, en qui il avait mis tout son attachement. Il ne donna à ce fils d'autre talent que celui de la chasse. Ses autres enfants étaient plus portés aux travaux d'imagination et aux ouvrages manuels.
Caïn donna à ce dixième fils le nom de Booz, qui veut dire fils d'occision. C'est ce dernier fils qui donna la mort à son père Caïn, ce qui arriva de cette manière : Caïn, ayant résolu d'aller à la chasse des bêtes féroces, accompagné des deux enfants d'Enoch, ses petits-fils, ne prévint point son fils Booz de la partie de chasse qu'il avait projetée de faire le surlendemain. Booz, de son côté, projeta, avec deux de ses neveux, fils de Tubalcaïn, d'aller à la chasse le même jour que son père, mais également sans l'avoir prévenu de son projet. Booz, n'ayant point d'enfant, avait mis toute son amitié dans ses deux neveux. Ils partirent donc ensemble pour aller à la chasse ; mais Booz, sans le savoir, prit la même route que son père Caïn et, étant tous deux dans un fourré qu'ils étaient accoutumés de battre, Booz aperçut l'ombre d'une figure au travers de ce fourré nommé Onam, qui veut dire douleur, décocha alors une flèche qui alla percer le cœur de son père, l'ayant pris pour une bête féroce. Jugez de la surprise et du frémissement de Booz, lorsqu'il se fut transporté dans l'endroit où il avait tiré son coup de flèche, et qu'il vit son père tué par sa propre main. La douleur de Booz fut d'autant plus grande qu'il savait la punition et la menace que le Créateur avait lancées contre celui qui frapperait la personne de Caïn. Il savait que celui qui aurait ce malheur serait frappé sept fois de peines mortelles, ou serait puni sept fois de mort. (J'expliquerai ailleurs la punition de sept fois la mort.)
Booz appela à lui ses deux neveux et les présenta devant le cadavre. Aussitôt qu'ils eurent reconnu la forme et la figure de Caïn, ils jetèrent un grand cri d'exclamation et firent en même temps un signe d'horreur, ce qui augmenta encore plus la désolation du malheureux Booz. Après qu'il eut raconté comment il était la cause innocente de la destruction de la forme corporelle de son père Caïn, il leur dit : "Mes amis, vous êtes témoins de mon crime ; quoique involontairement, j'ai transgressé les ordres et la défense du Créateur, je suis coupable devant l'Éternel et devant les hommes. Je suis le plus jeune des fils de Caïn ; le dernier de sa postérité, le plus coupable et le plus criminel. Vengez, sur la personne de ce dernier né, la mort de son père, et le scandale qu'il vient de vous donner."
L'intellect démoniaque, qui connaît la faiblesse des hommes dans l'affliction, suscita aussitôt une passion outrée de vengeance aux deux neveux de Booz sur la mort de Caïn. Ils armèrent leur arc d'une flèche pour la lancer sur leur oncle. Mais, lorsqu'ils étaient près de la lancer sur lui, une voix se fit entendre et dit : "Quiconque frappera de mort celui qui a tué Caïn, sera puni soixante-dix-sept fois de mort.” (Ce que j'expliquerai encore par la suite.) À cette effrayante menace spirituelle divine, les deux neveux de Booz tombèrent à la renverse, mais, étant revenus de leur évanouissement, ils portèrent leurs armes à Booz en disant : "Le Créateur t'a fait grâce, Booz, de la mort que tu as donnée à ton père Caïn. Nous sommes à présent les plus coupables devant l'Éternel, puisque nous avons conçu volontairement d'exécuter sur toi notre pensée vindicative." Booz répondit à ses deux neveux : "Que la volonté du Créateur s'accomplisse !"
Après cette résignation de Booz, ils se retirèrent tous ensemble dans la ville d'Hénoch. La tristesse et l'abattement avec lesquels ils se présentèrent dans la ville, mirent la postérité de Caïn dans la dernière consternation. Cette douleur doubla encore lorsque cette postérité apprit que la destruction de la forme de leur père Caïn avait été faite par le dernier né de ce même père.
Le malheureux Booz, se voyant réduit à une inimitié générale de toute la postérité première de Caïn, fut forcé de se retirer de cette troupe de possédés d'intellect démoniaque et fut prendre sa retraite dans le désert de Jeraniaz, qui veut dire écoutez le Créateur. C'est dans cet endroit que Booz finit ses jours dans la contrition et dans la pénitence.
Voilà comment Caïn fut le vrai type de la prophétie, lorsqu'il dit, après le crime qu'il commit sur son frère Abel : "Ceux qui me rencontreront, Seigneur, me tueront." N'a-t-il pas été rencontré par son fils dans un fourré ? N'a-t-il pas été tué effectivement par un homme comme il l'avait dit ? Ce qui forme réellement le type de prophétie, c'est que la rencontre de deux personnes, Caïn et Booz, n'est point préméditée, et que l'un et l'autre se sont trouvés sans se connaître, dans le lieu où Caïn reçut le coup de la mort.
Je veux vous faire remarquer combien est ridicule et absurde l'observation que les hommes du siècle ont faite sur ce parricide de Caïn par son fils Booz. Ce type, ignoré de la plus grande partie des hommes d'aujourd'hui, leur a fait croire et même assurer qu'Adam n'est pas le premier homme, puisque, disent-ils, lorsque Caïn eut tué son frère Abel, il dit au Créateur : "Seigneur ! que vais-je devenir ? Ceux qui me rencontreront me tueront." Si ces hommes avaient été instruits du type que faisaient ces paroles adressées au Créateur, ils auraient vu clairement que c'était celui des prophètes, ainsi que nous l'avons vu s'effectuer réellement parmi les hommes de la terre et sur Caïn lui-même. Mais, me direz-vous, comment le Créateur pouvait-il mander des prophètes, par la suite, chez les hommes pour les contenir dans leurs actions aux lois qu'il leur avait données, puisque vous dites que le Créateur ne prend aucune part aux causes secondes qui s'opèrent parmi les hommes ? Je répondrai que le Créateur ne peut ignorer l'être pensant démoniaque qui opère continuellement des faits séduisants et pernicieux pour le mineur spirituel, ainsi qu'il était déjà arrivé dans la séduction d'Adam et de sa postérité. Le Créateur, en conséquence, a jugé nécessaire pour l'avantage de l'homme, d'élire spirituellement des êtres mineurs, et de les douer de l'esprit prophétique, non seulement pour contenir l'homme dans les lois, préceptes et commandements qu'il leur avait donnés, mais encore, pour la plus grande molestation des esprits malins et pour la manifestation de la plus grande gloire divine. La pensée de l'être spirituel bon ou mauvais, comme l'action bonne ou mauvaise devant le Créateur, voilà comment l'Éternel prend connaissance des causes secondes.
Voyons maintenant quel est le type que fait la retraite de Booz dans le désert de Jezanias. Booz, étant le dernier fils de la postérité directe de Caïn et complétant par son rang le nombre dénaire, il n'est pas douteux qu'il ne fut doué de quelques dons spirituels divins, pour être une figure et un exemple réels de la grande miséricorde que le Créateur accorde dans quelques circonstances que ce soit, par l'avantage de l'être mineur spirituel et majeur pervers, lorsque les esprits se réclament sincèrement à lui. Vous devez le comprendre très clairement par la grâce que le Créateur accorda à Booz, qui était doublement criminel ; premièrement, pour avoir assisté au culte des démons de préférence à celui du Créateur, ayant eu une connaissance parfaite de l'un et de l'autre, et pour s'être laissé entraîner par l'exemple et l'habitude fausse contractée parmi la postérité de Caïn ; soit par crainte des peines temporelles que cette postérité lui ferait souffrir, soit pour sa propre satisfaction personnelle.
Secondement, Booz fut criminel pour avoir mis à mort son père Caïn, et avoir contrevenu par là aux défenses que le Créateur avait faites d'avance à la postérité de Caïn, après le crime commis sur la personne d'Abel.
Ce n'est point que le Créateur ait prévenu pour cela la conduite future des causes secondes qui opéreraient parmi cette postérité (vous savez ce que je vous ai dit à ce sujet) ; mais c'était pour faire sentir aux princes des démons, par cette défense, qu'il connaissait leur conduite à tous, et qu'il voulait prévenir les hommes des abominations que ces derniers pourraient opérer contre eux, comme ils en avaient déjà opéré pour la chute d'Adam et pour celle de sa postérité première.
Les hommes eux-mêmes n'ont-ils pas toujours jugé la conduite future de leurs semblables par la conduite passée, malgré le proverbe faux qui règne parmi eux, qu'un homme ne peut répondre ni de lui-même, ni de sa conduite à venir. Ne savons-nous pas d'ailleurs que le Créateur est plus fort et plus puissant que les démons, et que leur plus forte rage démoniaque ne fait que de nouvelles malédictions quand elle s'élève contre le Créateur ou contre le juste mineur, dont l'édifice est inébranlable, quand il est élevé sur la moindre base spirituelle divine ? Ne savons-nous pas enfin que ce que le Seigneur garde est bien gardé. C'était sur cette seule puissance invincible et sur la justice immuable du Créateur qu'étaient fondées toutes les défenses et toutes les menaces qu'il fit à la postérité de Caïn.
Je voudrais vous faire une petite dissertation sur tout ce que je viens de vous dire, afin de vous faire mieux comprendre la conduite atroce que les esprits démoniaques tiennent par préférence contre la forme du mineur et contre le mineur même. Les esprits démoniaques s'attachent à la forme du mineur préférablement à celle de la brute, parce que la forme de l'homme est l'image et la répétition générale du grand œuvre du Créateur. L'homme porte par sa forme la figure réelle de la forme apparente qui apparut à l'imagination du Créateur, et qui fut ensuite opérée par des ouvriers spirituels divins, et unie en substance de matière apparente solide, passive, pour la formation du temple universel, général et particulier. Ces esprits s'attachent encore plus volontiers à la forme de l'homme, parce que cette forme contient un être mineur spirituel plus puissant qu'eux, qu'ils tâchent continuellement de séduire et de détourner du Créateur. Voilà pourquoi le prince des démons fait attaquer par ses esprits intellects la forme corporelle de l'homme plutôt que celle des brutes, parce que les brutes ne font aucune figure du grand œuvre du Créateur, et qu'elles ne contiennent en elles aucun être spirituel divin sur lequel les esprits démoniaques puissent faire quelque impression.
Il faut savoir que l'esprit démoniaque qui cherche toujours à persécuter les mineurs, commence par faire attaquer leurs formes par son intellect mauvais. Cet intellect mauvais rend la vie de l'homme passive, susceptible d'être vie spirituelle démoniaque, lorsqu'il a fait jonction entière avec la forme. De là vient que cet esprit intellect attaque le mineur spirituel divin, afin qu'il puisse recevoir impression de la volonté du prince des démons par l'ordre duquel cet intellect agit, et qui a fait serment de livrer combat contre toute espèce d'opération spirituelle tendant à la gloire du Créateur. C'est de ce combat redoutable que provient la bonne ou mauvaise réintégration de la forme corporelle de l'être mineur. Tout dépend de la fermeté de ce mineur à repousser cet être étranger à lui et à sa forme, ou de sa faiblesse à consentir aux insinuations de l'esprit mauvais. Il nous est facile de nous convaincre que ces sortes de combats se passent plutôt sur la forme de l'homme que sur celle des brutes. Observons les actions, les mouvements et les opérations de ces brutes. Ont-ils des combinaisons et des réflexions pour la destruction ou la conservation de leur forme corporelle ? Ont-elles un culte ? Ont-elles des lois pour se maintenir parmi elles en bonne ou en mauvaise intelligence ? Ne voyons-nous pas au contraire que tout s'opère chez les brutes par la pure nature qui les entretient seule pendant toute leur durée temporelle ? Mais les actions du mineur, ses mouvements, ses opérations se montrent d'une manière tout opposée à celle des brutes, et la différence de l'une à l'autre est si considérable qu'il est impossible de la nier. Oui, ce qui part de l'animal raisonnable est toujours au-dessus de ce qui vient de l'irraisonnable ; et cela, parce que la forme corporelle de l'homme est susceptible de contenir trois sortes de vies différentes, ce que je vais faire concevoir.
La première est la vie de la matière, que nous appelons instinct ou vie passive, qui est innée dans la forme de l'animal raisonnable comme dans celle de l'irraisonnable. La seconde est la vie spirituelle démoniaque qui peut s'incorporer dans la vie passive. La troisième est la vie spirituelle divine qui préside aux deux premières. Vous ne trouverez point la même chose parmi les brutes ; il n'y a chez elles qu'un être de vie passive, provenu de l'opération spirituelle divine de l'axe feu central, qui dirige journellement son action sur toutes les formes corporelles quelconque de matière apparente consolidée par cette même opération. C'est par cette action et cette opération que toutes les formes de matière apparente sont entretenues pendant le cours de leur durée temporelle fixée par la volonté du Créateur.
Telle est la différence qui subsiste entre les êtres raisonnables et les êtres irraisonnables, et telle est la raison par laquelle les opérations démoniaques attaquent plutôt la forme corporelle de l'homme que celle des brutes. Il ne faut point de médiateur à ces brutes pour les remettre dans les principes de leurs lois naturelles lorsque leur passion pure et simple les a fait écarter de ces lois par leur propre mouvement. Elles n'ont pas besoin de ce médiateur, puisque leurs dissensions ne viennent point d'un autre conseil étranger que celui que la nature leur dicte.
Voilà la dissertation que je me proposais de faire. Je voulais vous expliquer le type de la retraite de Booz dans le désert de Jezanias ; et cela m'a fourni occasion de vous instruire des choses les plus essentielles et de la plus grande conséquence pour l'homme de désir.
C'est par cette retraite de Booz que nous devons comprendre qu'il est au pouvoir du mineur spirituel divin de se séparer, quand il veut, de la profession et de la correspondance qu'il a contractées avec le prince des démons par l'organe de l'intellect démoniaque. Je n'entrerai point ici dans le détail des différents types que fait la postérité de Caïn, devant en parler dans la suite. Je dois d'ailleurs vous donner encore ici une explication sur le type de la naissance d'Abel, ainsi que je pourrai vous en donner quelques autres quand l'occasion se présentera.
Je vous dirai donc qu'Adam et Ève coopérèrent à la forme de leur fils Abel par une opération très succincte de matière, c'est-à-dire, sans excès de leurs sens matériels. Ils s'étaient d'ailleurs soumis entièrement au Créateur par une résignation parfaite et spirituelle. Le Créateur ne put se refuser de correspondre à leur opération, en constituant à la forme qu'ils avaient opérée un être mineur doué de toute vertu et sagesse spirituelle divine. Cet être spirituel devait être le type de la manifestation de la justice divine à l'avantage des mineurs et à la honte des démons, ainsi qu'il fut le principal instrument de la réconciliation d'Adam et d'Ève. Ce type que faisait Abel en faveur de toute la postérité d'Adam jusqu'à la fin des siècles n'était pas la seule figure spirituelle que cet être mineur nous représentait ; il servait encore de type pour l'avantage général et particulier de tout être spirituel quelconque. De plus, ce même Abel était un vrai type des mineurs doués de la grâce divine, que le Créateur ferait naître chez les hommes, pour être des instruments spirituels de la manifestation de sa justice.
Parmi les mineurs destinés à ces sortes d'opérations spirituelles, nous considérons premièrement Enoch, le septième de la prospérité de celui qui a remplacé Abel, c'est-à-dire de Seth. Il fait, par le rang de sa naissance, le vrai type de l'esprit divin, pour l'appui, la conduite et la défense des mineurs contre la persécution des démons. Il fait en outre, par sa mission, ses œuvres et ses opérations, et par le culte qu'il a professé, vrai type de l'action directe de l'esprit doublement puissant du Créateur, qui devait prescrire aux hommes de ce temps, la conduite qu'ils avaient à tenir pour se préserver des attaques de leurs ennemis. C'était cette même conduite qui devait guider les hommes dans leurs opérations naturelles, temporelles et spirituelles, et leur servir de base fondamentale pour se perpétuer dans le cérémonial de leur culte d'opération de correspondance divine.
Examinons donc quel est le culte qu'Enoch professa parmi les descendants de Seth. Il est le premier qui dressa parmi eux un autel de pierre blanche différente de ce que nous appelons marbre. C'est sur le centre de cet autel qu'Enoch recevait le fruit de son culte et qu'il s'offrait lui-même en sacrifice. C'est Enoch qui a enseigné le premier aux mineurs spirituels à élever des édifices divins sur leur base ; c'est lui qui a prophétisé la justice du Créateur, qui devait être réversible sur toute la terre en punition des crimes de la postérité de Caïn et du reste de celle de Seth qui avait fait jonction avec celle de Caïn ; c'est lui qui régla les alliances de la postérité de Seth, en défendant que les enfants du Créateur divin se liassent avec les enfants des hommes. (Par tout ce que j'ai dit de la prévarication d'Adam et du fruit qu'il reçut de son opération, vous devez concevoir ce que c'est que les enfants des hommes.) C'est Enoch qui a prophétisé les vrais élus du Créateur qui devaient naître de l'Éternel, en faisant lui-même l'élection de dix sujets pour opérer le culte divin parmi la postérité de Seth. C'est donc Enoch qui est le grand type du cérémonial et du culte divin parmi les hommes passés, ainsi qu'il l'est encore parmi les hommes d'à présent, ce que l'on concevra par l'explication de ses opérations spirituelles divines.
Enoch, qui n'est autre chose qu'un Esprit saint sous une forme corporelle de matière apparente, tint une assemblée spirituelle divine vers la région septentrionale, en vertu du grand désir et de la bonne volonté de ses disciples qu'il avait choisis parmi la postérité de Seth et d'Enos. Il donna à cette postérité le nom d'enfants du Créateur, et cette postérité de Seth et Enos, étant frappée par la face des saintes opérations du Créateur, ne put s'empêcher de le nommer : le saint homme Enoch, nom qui signifie dédié, ou dévoué au Créateur. Il entreprit avec le plus grand succès de réformer la conduite des mineurs qui le reconnaissaient déjà pour un homme puissant sur toute chose créée. Il les interrogea sur les différentes opérations et invocations journalières qu'ils pratiquaient contre la volonté du Créateur, d'où ils prenaient mal à propos le nom d'enfants du Dieu vivant. Les représentations qu'il leur fit à ce sujet, et même les menaces des jugements terribles qui devaient arriver en peu de temps sur eux, engagèrent ces mineurs à se livrer entièrement à la conduite, à la discipline et aux instructions du saint homme Enoch. Il les rassura, les raffermit dans la foi et dans la pratique des saintes opérations, qu'ils ne connaissaient encore que par les discours qu'il leur avait tenus dans la première assemblée faite le jour du Sabbath. Pour cet effet, il fit parmi eux une élection de dix sujets auxquels il déclara la volonté du Créateur, et auxquels il prescrivit un cérémonial et une règle de vie pour pouvoir invoquer l'Éternel en sainteté. Il admit ces dix sujets à la connaissance de ses travaux Listiques Catholiques ; (on donnera en son lieu l'interprétation précise de ces deux mots, qui appartiennent aux sciences spirituelles divines). Il leur fit ensuite élever un édifice qui n'avait qu'un seul appartement ou enceinte, dans laquelle se plaçaient ces dix sujets qu'Enoch avait choisis pour l'assister dans ses saintes opérations. Il donna à chacun d'eux une lettre initiale des saints nom de Dieu ; ce qui formait en tout dix lettres, afin qu'ils suivissent avec régularité et précision toutes espèces d'opérations agréables au Créateur et avantageuses pour les mineurs réconciliés. Après cette première opération, il les renvoya chacun dans leur tente ou le quartier qu'il leur avait assigné lui-même, ainsi que Moïse l'a représenté depuis par le campement des Lévites autour de l'arche.
Enoch tint cette assemblée d'opérations divines avec ses dix élus de dix en dix semaines, et leur transmit dans chaque assemblée une nouvelle lettre initiale du saint nom de Dieu, de sorte qu'après sept assemblées chacun d'eux eut en son particulier deux mots puissants avec lesquels il commandait toute chose créée depuis la surface terrestre jusqu'à la surface céleste. Les deux mots consistaient en sept lettres dont quatre formaient le nom redoutable, puissant et invisible de l'Éternel, qui gouvernait et soumettait tout être créé dans le corps céleste, et les trois autres lettres formaient un nom saint qui assujettissait et gouvernait tout être créé sur le corps terrestre. Ces dix chefs, remis par le secours d'Enoch dans leurs premières vertus et puissances spirituelles divines, firent, par leurs opérations saintes, de si grands prodiges, qu'ils ramenèrent à eux plusieurs sujets de leur famille, qu'ils instruisirent les mineurs vraiment appelés par l'Esprit saint dans les sciences qu'ils possédaient par le pouvoir et ministère d'Enoch, type de réconciliation du genre humain.
Le nombre des prosélytes devint en peu de temps fort considérable, mais ces nouveaux prosélytes ne se tinrent pas également dans leurs vertus et dans leurs puissances. Ce qui en pervertit plusieurs, ce fut la conduite atroce d'un des dix chefs admis par Enoch à la réconciliation divine, qui suscita la dissension parmi les émules et répandit un air de mépris sur les instructions qu'ils avaient reçues d'Enoch. Cet esprit de révolte augmenta si fort parmi les nouveaux appelés qu'ils se livrèrent entièrement à l'abandon du Créateur et à la jouissance de la matière sous la conduite du chef prévaricateur. Il ne resta donc plus que le nombre de neuf sur la terre. Ces neuf justes se replièrent sur les forces et sur les connaissances qu'ils avaient reçues du saint homme Enoch, et le prièrent de s'assembler encore une fois avec eux, pour remplacer celui de leurs frères que le démon leur avait ravi.
Enoch, sensible à leurs prières, fit avec les neuf justes une assemblée dans laquelle il leur communiqua entièrement son secret. C'est là qu'il fit son élection particulière pour remplacer le prévaricateur ; mais il ajouta que celui qu'il avait choisi à cette fin, n'entrerait en vertu et puissance divine qu'après qu'eux-mêmes auraient fait l'expiation de leurs péchés pendant leur vie temporelle, et que la justice divine aurait sévi contre les criminels. Le cœur de ces neuf justes fut si fort saisi qu'ils restèrent dans une espèce d'anéantissement ou d'assoupissement qui dura environ une heure. Pendant ce temps, Enoch fit son invocation au Créateur en faveur de ces neuf disciples, qui virent alors, dans la situation où ils se trouvèrent, tous les fléaux dont le Créateur devait se servir pour frapper la terre et le reste de ses habitants.
L'effroi que ces neuf justes en conçurent, les fit revenir de leur abattement ; ils poussèrent un grand cri en regardant Enoch, et lui dirent : "Comment se peut-il, maître, que tout ce que nous venons de voir doive arriver sur cette terre ? Ne pourriez-vous pas calmer par vos prières le courroux de celui qui vous a envoyé parmi nous, et retirer les fléaux qu'il se propose de lancer sur la terre et sur ses habitants ? La vision que nous avons eu n'est point fausse : le Créateur est juste, et vous êtes saint, fort et invincible."
Enoch leur répondit : "Qui vous a donc instruit de moi ? Soyez tous un seul homme, vous serez également saints. Soyez tous une même loi, vous serez tous forts. Soyez tous sous la même règle de vie, que je vous ai prescrite, et vous serez éternellement mineurs spirituels invincibles. Telle est la volonté du Père et de son Saint-Esprit sur son fils. Soyez tous fils du Tout-Puissant ici-bas, et vous saurez que celui que vous avez nominé Enoch est l'esprit du Père qui est en haut."
À peine Enoch eut-il fini de parler et béni les neuf disciples, qu'une nuée enflammée descendit du ciel et l'enleva rapidement pour porter cet Esprit saint à sa destination. Ses disciples qui le perdirent de vue se lamentèrent et dirent : "Qu'allons-nous devenir, ô Éternel, sans l'assistance de notre maître Enoch ! Pourquoi le ravis-tu du sein de ses frères et de ses disciples ? Si la terre est coupable, en quoi nous, hommes corporels, devons-nous être responsables, si ce n'est du sang matériel que nous avons reçu d'elle, et que nous abandonnons à ta sainte justice ? Exauce, Seigneur, nos vœux, et prends pitié de tes fils et de tes serviteurs."
Enoch devait être par la suite un nouveau type de la volonté du Créateur, ainsi que l'on a vu qu'il y en avait eu plusieurs se succédant depuis les temps passés jusqu'à ce jour. Le premier principe de la religion spirituelle divine, qu'il avait établie parmi la postérité de Seth, fut conservé et remis en vigueur par la puissance de Noé qui, lui-même, est encore un type d'élection spirituelle pour la réconciliation générale et particulière ; ce que nous verrons clairement lorsque nous examinerons son entrée dans l'arche avec les différentes espèces d'animaux ; le repos et la sérénité de cette même arche pendant le déluge ; les instructions spirituelles que Noé donne à ses fils légitimes ; enfin toute la conduite qu'il tint pour préserver ceux qui lui étaient confiés du fléau terrible dont Dieu se servit pour exterminer la terre et tous ses habitants.
Sans entrer dans le détail de la conduite particulière d'Enoch envers ses disciples et de son élection secrète, il suffit d'observer ce qui vient d'être dit pour voir clairement que le vrai Messias a toujours été avec les enfants de Dieu, mais toutefois inconnu. L'on trouvera aussi dans cette même explication l'interprétation de ce qu'a voulu dire le prophète Daniel, lorsqu'il pense emblématiquement dans une de ses prophéties, de la captivité d'Israël, par le nombre de soixante et dix semaines, qui furent converties en soixante et dix années de servitude sous Nabuchodonosor, prophétie qui fut confirmée par l'esclavage des Israélites et dont ils furent délivrés par les puissantes opérations de Zorobabel, après les soixante et dix années de servitude à laquelle le Créateur les avait condamnés, pour les fautes qu'ils avaient commises contre lui et contre leurs frères.
Mais ce n'est point seulement par l'avènement d'Enoch, dont j'ai commencé d'expliquer le type, que nous trouvons des preuves de la présence du Christ parmi les enfants de Dieu. Abel, qui avait fait le type des mineurs préposés pour la manifestation de la justice divine, faisait aussi le véritable type du Messias. Nous reconnaissons cette vérité par les opérations de tous les mineurs élus qui ont exercé leurs puissances et leurs vertus spirituelles parmi les hommes des siècles passés, et qui les opèrent encore parmi les hommes d'aujourd'hui. Ces mineurs élus depuis Abel et Enoch sont Noé, Melchisédech, Joseph, Moïse, David, Salomon, Zorobabel et le Messias. Tous ces sujets préposés pour la manifestation de la gloire divine, font le nombre complet dénaire spirituel divin, duquel toute chose, tant spirituelle que matérielle est provenue, ainsi que je l'expliquerai par la suite lorsque je parlerai des types et des époques survenues au corps général et particulier, de même qu'aux mineurs dont je viens de faire mention. Ce sera en effet dans ces explications que vous pourrez vous convaincre de la vérité de ce que j'ai dit par l'égalité, la similitude et le rapport des opérations de ces mineurs avec les opérations d'Abel, ce qui vous fera connaître clairement qu'Abel a fait la véritable figure des opérations du Christ ; de même que vous avez vu Caïn figurer véritablement les opérations du prince des démons.
En effet, Caïn, par le meurtre de son frère Abel, nous représente clairement la rage des démons, qui ont juré de dissoudre et de détruire toute espèce de création ; et cela, en se servant des hommes eux-mêmes, dans lesquels ils insinuent une multitude de passions matérielles qu'ils savent être conformes à la faiblesse des sens de la vie matérielle et spirituelle ; et, par le moyen de ces insinuations, ils opèrent chez les mineurs des actions opposées les unes aux autres, et les entretiennent par là dans la confusion.
Aussi voyons-nous qu'il n'y a pas, parmi les hommes de matière, deux pensées, deux actions, deux opérations qui puissent s'accorder. L'acharnement des démons à semer les dissensions parmi les hommes ne tend qu'à leur faire naître des pensées démesurées d'orgueil et d'ambition, afin que les hommes vivent continuellement dans une discorde spirituelle, et qu'ils ne connaissent pas le motif et la cause du trouble et des peines auxquelles ils sont condamnés, et qu'ils perdent entièrement l'idée du culte qu'ils devaient rendre au Créateur.
Voilà les abominations qui ont été figurées par le crime de Caïn. Abel était véritablement son frère temporel, étant issus tous deux du même homme, mais il n'y avait aucune comparaison à faire entre les opérations qui avaient coopéré à la formation de l'un et de l'autre. La forme de Caïn avait été conçue dans l'excès de la volupté des sens de la matière, et nous retraçait sensiblement la prévarication du premier homme. Celle d'Abel au contraire fut conçue sans excès des sens matériels et avec toute la pureté des lois de la nature ; aussi cette forme était plutôt spirituelle que matérielle, et c'est, par cette conception spirituelle que nous regardons la forme d'Abel comme une vraie figure de la forme du Christ, provenue spirituellement d'une forme ordinaire, sans le secours d'opérations physiques matérielles et sans la participation des sens de la matière.
D'un autre côté, cette formation corporelle du Christ nous retrace l'incorporation matérielle du premier homme, qui, après sa prévarication, fut dépouillé de son corps de gloire, et en prit lui-même un de matière grossière en se précipitant dans les entrailles de la Terre. Car, avant que cet esprit divin doublement puissant et supérieur à tout être émané, vint opérer la justice divine parmi les hommes, il habitait le cercle pur et glorieux de l'immensité divine. Mais lorsqu'il fut député par le Créateur, il quitta cette demeure spirituelle pour venir se renfermer dans le sein d'une fille vierge. Or l'absence que fait ce mineur Christ de son véritable séjour ne nous rappelle-t-elle pas l'expulsion du premier homme de son corps de gloire ? L'entrée de ce majeur spirituel, ou verbe du Créateur, dans le corps d'une fille vierge, ne nous rappelle-t-elle pas clairement l'entrée du premier mineur dans les abîmes de la terre, pour se revêtir d'un corps de matière ? Les différentes peines et les révolutions qu'éprouve le corps de cette fille vierge dans la grossesse et l'enfantement, sont la figure de la sujétion et des révolutions spirituelles démoniaques que le corps général terrestre endurera et est obligé d'endurer relativement à la prévarication d'Adam.
Dieu, ayant alors maudit la terre et l'ayant livrée à de rigoureux pâtiments, les persécutions que les différentes nations ont faites au corps de la vierge et à son fruit, nous représentent celles que les démons des différentes régions ont faites et font au corps général terrestre et particulier, de même qu'aux mineurs qui y sont contenus.
La défaite du corps de Christ, détruit par la main des hommes, nous prouve bien aussi que les démons ont pouvoir sur les formes corporelles de matière apparente ; mais il faut savoir que ces mêmes démons ne peuvent empêcher la réintégration des substances spiritueuses qui composent les formes, ces substances n'étant point provenues d'eux. Ils peuvent bien aussi détruire la forme particulière, mais non la forme générale terrestre, qui ne doit finir qu'au temps prescrit et limité par le Créateur.
La défaite de l'individu corporel de Christ, opérée par les hommes en présence des deux femmes, Marie de Zébédée et Marie Madeleine, avait été figurée par le meurtre commis par Caïn sur son frère Abel en présence de ses deux sœurs. Les deux femmes que je viens de nommer, suivirent le Christ dans toutes ses opérations spirituelles divines, ainsi que les deux sœurs de Caïn avaient suivi leur frère dans toutes ses opérations démoniaques.
Ce ne sont pas là les seuls rapports que nous puissions reconnaître entre les opérations du Christ et les opérations des premiers mineurs. Nous ne pouvons ignorer que le sang qui a coulé du corps du juste Abel ne soit le type et la ressemblance certaine de celui que le Christ devait répandre, et qu'il a effectivement répandu. Ce sang d'Abel, répandu sur la terre, est le véritable type et la réaction de l'action de la grâce divine, qui a fait paix et miséricorde à la terre et à ses habitants. C'était également le type de l'alliance que le Créateur devait faire avec sa créature après sa réconciliation, ainsi que nous avons vu le premier homme rentrer en grâce auprès du Créateur immédiatement après le sacrifice d'Abel. Ceci n'a-t-il pas été répété clairement par la circoncision d'Abraham, par laquelle ce père de multitude obtint sa réconciliation parfaite auprès du Créateur, et ce fut par l'effusion de son sang que ce patriarche connut l'alliance que l'Éternel faisait avec lui ? N'est-il donc pas sensible que l'effusion du sang de Christ est la confirmation de tous ces types qui ont précédé, puisque l'effusion de ce sang, en faisant trembler la terre, fit ressentir à toute la nature sa réconciliation et l'alliance que le Créateur faisait avec elle et avec ses habitants ?
Puisque j'ai commencé à vous parler des événements qui ont accompagné les opérations du Christ, en vous expliquant le tremblement de terre qui arriva pour lors, vous pourriez aussi me demander l'explication de l'obscurcissement du soleil qui arriva dans le même temps. Je vous dirai que l'éclipse qui arriva dans la partie céleste est le type réel du fléau survenu aux esprits démoniaques que le Christ, par son opération, réduisit plus bas qu'ils ne l'étaient dans leur privation de puissance contre la création générale et particulière. Cette éclipse rappelait en outre les ténèbres de l'ignorance, où les Hébreux se trouvèrent plongés lorsqu'ils eurent éclipsé de leur mémoire les saints noms divins qui conduisaient auparavant toutes leurs opérations naturelles, temporelles, spirituelles et divines. Elle figurait aussi l'aveuglement des incrédules, qui restent et resteront jusqu'à la fin des siècles dans la privation de la lumière divine.
Cette éclipse ferait enfin le véritable type de la matière générale, qui s'éclipsera entièrement à la fin des temps, et s'effacera de la présence de l'homme comme un tableau s'efface de l'imagination du peintre. Par cette dernière comparaison vous pouvez entendre que le principe de la matière du corps général n'est autre chose pour le Créateur qu'un tableau spirituel conçu dans son imagination. Ainsi, dans ce tableau spirituel était compris tout être corporel, mais toutefois sans substance de matière. Ce tableau contenait principalement le mineur spirituel qui devait contribuer à la formation des corps.
Si j'ai expliqué, me direz-vous, l'éclipse considérable arrivée lors de la mort du Christ, je peux bien aussi vous expliquer quel est le type de la rupture du voile, qui arriva dans le même temps. J'y consens dans l'espérance que cela vous sera profitable selon votre bon désir, je vous dirai donc que votre rupture du voile du temple est un type considérable pour l'avantage du mineur spirituel qui aura le bonheur d'être compris au rang de ceux que le Créateur récompensera de sa plus grande gloire spirituelle divine. Ce voile déchiré est le véritable type de la délivrance du mineur privé de la présence du Créateur. Il explique la réintégration de la matière apparente qui voile et sépare tout être mineur de la connaissance parfaite de toutes les œuvres considérables qu'opère à chaque instant le Créateur pour sa plus grande gloire. Il explique le déchirement et la descente des sept cieux planétaires, qui voilent, par leur corps de matière, aux mineurs spirituels la grande lumière divine qui règne dans le cercle céleste. Il explique encore la rupture de celui qui cachait et voilait à la plus grande partie des mineurs la connaissance des œuvres que le Créateur opère pour sa plus grande justice en faveur de sa créature.
Moïse nous a fait concevoir clairement cette dernière figure en donnant aux Hébreux la connaissance de la loi divine, qu'il leur récita la face couverte d'un voile rouge. Ce voile rouge, qui cachait au peuple la face de Moïse et les tables sur lesquelles étaient écrites l'intention et la volonté du Créateur, représentent très parfaitement les esprits pervers qui servent de voile scandaleux à tous les mineurs qui ont fait fonction avec eux. La couleur rouge de ce voile représente l'insinuation de l'intellect démoniaque dans les principaux sens de la forme du mineur, qui le prive de toute communication des sens spirituels divins, et le rend incapable de retenir aucune impression spirituelle, soit par type, soit par mystère, soit même en nature pure et simple spirituelle. La face de Moïse voilée annonçait l'état de privation des connaissances divines où Israël allait être réduit par les alliances, que Moïse voyait que le peuple allait faire avec le prince des démons, et l'ignorance où ce peuple allait tomber, du type spirituel que Moïse opérait devant lui.
C'est par ses alliances criminelles que les Hébreux sont appelés depuis : les enfants des ténèbres et enfants du sang de la matière, et qu'ils ont été remplacés par ceux que l'on appelle : enfants de la grâce divine. Mais ces nouveaux enfants doivent bien prendre garde de s'endormir par la grâce qu'ils possèdent au préjudice du peuple Hébreu : la réprobation de ce peuple n'était qu'un type frappant de la réalité d'un fait qui doit survenir un jour à la face de l'univers et dont je parlerai dans l'explication des révolutions dernières qui surviendront à la créature vers la fin de toute durée.
Je me suis assez étendu sur l'explication des types de Caïn et d'Abel ; je vais maintenant vous parler de la postérité subséquente d'Adam. J'ai montré comment Adam avait été parfaitement réconcilié par le moyen d'Abel. Vous concevez aisément que, sans cette réconciliation, la nature universelle, générale et particulière, n'existerait pas de la manière dont elle existe aujourd'hui, quoique le temps de sa durée eût été le même. Mais comme le Créateur avait mis dans Abel tous les dons nécessaires pour opérer, dans toute son étendue, la manifestation de la gloire divine à l'avantage de la créature et à la honte des démons, il fallait, après la mort d'Abel, que tous ces dons fussent réversibles sur un autre mineur. Les décrets du Créateur s'opèrent et s'opéreront toujours avec une immutabilité irrévocable. Adam conçut donc, au gré du Créateur, une troisième postérité, qu'il nomma Seth, qui veut dire admis à la postérité de Dieu. Ce fut cet être mineur spirituel qui hérita de tous les dons puissants qu'avait possédés Abel, parce qu'Abel ne devait être qu'un type simple de réconciliation spirituelle ; au lieu que Seth avait, non seulement ce même type à opérer, mais encore celui de la stabilité des lois de la nature, du cours de ses différentes révolutions et des événements temporels qui se passeront chez elle, au moment où elle s'effacera des yeux de celui qui l'a fait naître dans son imagination divine.
Pour cet effet, le Créateur instruisit lui-même par la voie de son envoyé spirituel Héli, le bienheureux homme Seth des secrets ressorts spirituels divins qui contenaient et dirigeaient toute la nature, tant matérielle que spirituelle. Il reçut immédiatement du Créateur, par l'esprit, toute connaissance des lois immuables de l'Éternel, et apprit par là que toute loi de création temporelle et toute action divine étaient fondées sur différents nombres. Il apprit par ce même Héli que tout nombre était coéternel avec le Créateur, et que c'était par ces différents nombres que le Créateur formait toute figure, toutes ses conventions de création, et toutes ses conventions avec sa créature. Pour que vous ne doutiez pas de cette vérité, je vous donnerai la connaissance des nombres coéternels qui sont innés dans le Créateur.
Vous savez sans doute que tous les sages passés et présents ont toujours regardé le nombre dénaire comme respectable à tous égards. Les sages n'ont eu et n'ont encore tant de respect pour ce nombre dénaire que parce qu'ils ont appris à en connaître la force par leur persévérance dans leurs opérations spirituelles divines, par le moyen desquelles ils ont obtenu les mêmes dons qui avaient été donnés à Seth. Ces sages n'ont point obtenu ces dons pour leur postérité charnelle, la plupart n'en ayant point eu, quoiqu'ils fussent unis à des mineurs féminins selon la volonté du Créateur ; mais ils n'employaient ces dons qu'à l'éducation et l'instruction des enfants spirituels que le Créateur leur assignait, pour les disposer par là à devenir des instruments de la manifestation de la gloire divine.
C'est parmi cette postérité spirituelle qu'ils ont perpétué la connaissance de ce fameux nombre dénaire, dans lequel toute espèce de nombre de création était contenu, et d'où ils eurent la faculté de tirer tous les nombres terrestres, mineurs, majeurs et supérieurs qui y étaient innés, ainsi qu'il a été enseigné au bienheureux homme Seth, et qu'il m'a été dit de l'enseigner à l'homme de désir. Je vous répondrai donc, selon que je le tiens de ceux qui ont été chargés de me le montrer, que le nombre dénaire remplit les quatre nombres de puissance divine. Je place devant vous le nombre dénaire en quatre figures différentes de caractères d'arithmétique : 1, 2, 3, 4. Additionnez ces quatre caractères en cette manière : 1 et 2 font 3, 3 et 3 font 6, 6 et 4 font 10, vous trouverez votre nombre dénaire, qui est la grande et première puissance divine, dans laquelle les trois autres nombres sont contenus, ainsi que vous pouvez le voir par les additions suivantes : 3 et 4 produisent le nombre 7 qui fait la seconde puissance du Créateur ; 1 et 2 font 3, 3 et 3 font six, voilà la troisième puissance du Créateur ; enfin additionnez 1 et 3 et vous aurez 4 ; et c'est le nombre quaternaire qui termine et conclut les quatre puissances divines du Créateur contenues dans son nombre coéternel dénaire.
Il convient, pour votre plus grande instruction, que je vous donne l'application de ces quatre nombres, afin que vous puissiez connaître à quel usage chacun d'eux a été employé par le Créateur pour la création universelle, générale et particulière. Je vous dirai donc que le nombre dénaire est un nombre indivisible ou qui ne peut souffrir aucune division. C'est lui qui complète, divise et subdivise tout être de nombre inné dans le temple universel, général et particulier, corporel, animal, spirituel, divin. C'est pourquoi ce fameux nombre a toujours été regardé par les sages comme le nombre unique et représentant la quatriple essence divine, et, en conséquence, comme très respectable de tout être spirituel provenu de ce nombre. C'est aussi pourquoi ce nombre ne peut être opéré que par le Créateur, et non par aucun être spirituel doublement puissant, simple et mineur, et à cette considération nul sage n'a fait usage de ce nombre, réservant toujours, par respect, à la Divinité.
Voilà quel est l'emploi du nombre dénaire ou de la première puissance divine, que l'on figure ainsi 10 ou
et c'est par ce nombre que l'imagination pensante divine a conçu la création spirituelle divine, temporelle. Passons au nombre septénaire.
Le nombre septénaire, qui est sorti du nombre absolu dénaire, est le nombre plus que parfait que le Créateur employa pour l'émancipation de tout esprit hors de son immensité divine. La classe d'esprits septénaires devait servir de premier agent et de cause certaine, pour contribuer à opérer tout espèce de mouvement dans les formes créées dans le cercle universel. Qu'observons-nous dans toutes ces formes ? Du sonore, du mouvement, de l'action et de la réaction. Toutes ces différentes qualités et propriétés des formes ne nous seraient pas sensibles, si ces formes n'avaient en elles un être inné que nous appelons particule du feu incréé excentral, qui les rend susceptibles de toutes les actions que nous observons en elles.
Mais toutes ces actions et ces mouvements des formes matérielles ne peuvent pas provenir de ce seul principe inné, et ce principe ou cette particule de feu incréé ne produirait jamais rien dans les formes corporelles, s'il n'était réactionné par une cause principale et supérieure qui l'opère et le rend propre au mouvement et à l'entretien de ces mêmes formes. Cette cause supérieure, ainsi que nous le voyons, n'est autre chose que ces agents septénaires spirituels divins, qui président comme chefs aux différentes actions et aux différents mouvements de tous les corps auxquels ils font opérer leurs pensées et leur volonté selon qu'ils les ont conçues. Ceci nous est figuré réellement par ce qui a été enseigné précédemment, que la forme corporelle humaine était l'organe de l'âme du mineur, et l'on ne peut mieux concevoir les facultés et le pouvoir de ces agents septénaires sur les êtres corporels, que par les différentes opérations que les mineurs mêmes produisent par leurs actions sur leurs propres formes, et qui se passent aux yeux de leurs semblables. Voilà qu'elle est la vertu et la faculté puissante du nombre septénaire, son émanation du nombre dénaire, et l'emploi que le Créateur en a fait pour l'émancipation des esprits formés à sa ressemblance ; et ce nombre est la seconde puissance de la Divinité.
La troisième puissance divine ou le nombre sénaire est également émané du fameux nombre dénaire. Ce nombre sénaire n'est pas aussi parfait ni aussi puissant en vertu spirituelle que le nombre septénaire, et cela parce que le nombre sénaire peut se diviser en deux parties égales ou deux fois trois, ce qui ne se peut pas faire sur le nombre septénaire sans le détruire et le dénaturer. Le nombre sénaire est celui par lequel le Créateur fit sortir de sa pensée toutes les espèces d'images de formes corporelles apparentes qui subsistent dans le cercle universel. La Genèse n'enseigne-t-elle pas que Dieu a tout créé en six jours ? Il ne faut pas croire par là que la Genèse ait voulu borner la puissance de la Divinité en lui limitant un temps, soit de six jours, soit de six années. Le Créateur est un pur esprit supérieur au temps et à la durée successive, mais il peut avoir opéré six pensées divines pour la création universelle, et ce nombre six appartient effectivement à la création de toute forme de matière apparente. Par ce même nombre, le Créateur fait sentir à sa créature, tant spirituelle que temporelle, la durée de temps que doit subsister la création universelle. Voilà quels sont la vertu du nombre sénaire et l'emploi que le Créateur en a fait. C'est par là que les sages ont acquis la connaissance du principe des formes et des bornes que le Créateur a mis à la durée de leur cours ; c'est encore là que nous apprenons que tout être corporel se réintégrera dans son premier principe d'émanation par le même nombre qui l'a produit. Venons au nombre quaternaire ou à la quatrième puissance du Créateur.
Le nombre quaternaire, qui est celui qui complète la quatriple essence divine, est infiniment plus parfait et plus considérable que le nombre sénaire, parce que c'est lui qui contribue à la perfection des formes prises dans la matière indifférente, parce qu'il donne le mouvement et l'action à la forme corporelle, et parce qu'il préside à tout être créé comme étant le principal nombre d'où tout est provenu. Ainsi nous l'appelons nombre devenu puissant du Créateur, comme contenant en lui toute espèce de nombre de création divine, spirituelle et terrestre, ainsi que je vous l'ai fait comprendre par les différentes additions des quatre caractères qui composent ce nombre quaternaire, et par l'addition totale de ces mineurs, caractères que vous a rendus le nombre dénaire.
C'est par ces différentes additions que sont désignées les différentes facultés et les différentes puissances que l'homme a reçues du Créateur. C'est pourquoi c'est dans le nombre quaternaire que l'homme doit apprendre à connaître tous les nombres de puissances spirituelles qui sont innées en lui, puisqu'il a eu le malheur d'être privé de ces connaissances. Le nombre quaternaire enfin est celui dont le Créateur s'est servi pour l'émanation et l'émancipation de l'homme ou du mineur spirituel ; ce qui fait que l'âme est appelée vie éternelle ou impassive, ainsi que je vais vous le faire comprendre.
Vous devez savoir que la figure triangulaire a toujours été regardée comme très importante parmi tous les sages des différentes nations. Adam, Enoch, Noé, Moïse, Salomon, le Christ ont fait un grand usage de cette figure dans leurs travaux. Nous voyons qu'aujourd'hui même on observe avec soin de placer ce triangle sur nos hôtels, au sommet et au frontispice des bâtiments. Je demande si cette figure peut être le fruit de l'imagination du constructeur ? Cela n'est pas possible puisqu'elle existe avant lui et qu'elle est en nature sur notre propre corps. On ne peut pas croire non plus que ce triangle soit la figure de la Trinité, quoique l'on donne aux trois angles d'un triangle équilatéral les noms de Père, de Fils et de Saint-Esprit, parce qu'enfin la Trinité ne peut être figurée par aucune forme sensible aux yeux de la matière. Cette figure ne représente donc autre chose que les trois essences spiritueuses qui ont coopéré à la forme générale Terrestre dont voici la figure
. L'angle inférieur représente le Mercure ; l'angle vers le midi représente le Soufre, et l'angle vers le nord représente le Sel. Or, ce n'est que la jonction du principe spirituel ou du nombre quaternaire à ces trois essences qui leur a donné une liaison intime, et leur a fait prendre une seule figure et une seule forme, qui représente véritablement le corps général terrestre divisé en trois parties : Ouest, Nord et Sud.
Voilà comment, par la jonction du nombre 1 avec le nombre 3, nous démontrons la grande puissance du nombre quaternaire qui complète parfaitement la quadruple essence divine. C'est du centre de ce triangle que les trois pointes angulaires émanent. Ce centre est composé de quatre lettres ; nous voyons donc bien clairement que tout être de création est soumis et provient de la quatriple essence divine, et que l'esprit mineur, par son émanation quaternaire, porte réellement le nom de cette quatriple essence.
Telles sont les sublimes instructions spirituelles que Seth reçut du Créateur par la voie de son député Hély. C'est par là qu'il acquit toute puissance et l'entière connaissance des opérations divines, et non point, comme on l'a dit, qu'il ait été instruit dans toutes les sciences spirituelles et naturelles par la voie de son père Adam. Cela ne se pouvait absolument point, puisque Adam, par sa prévarication, fut dépouillé de toute puissance spirituelle, et qu'il n'obtint même après sa prévarication une simple puissance mineure, qu'il ne pouvait encore transmettre de son chef, mais seulement par l'autorité suprême de la divinité. Adam n'a pu communiquer à Seth que le pénible cérémonial qu'il avait appris à connaître par un long travail de corps, d'âme et d'esprit, et non jamais les fruits spirituels provenus de ses opérations temporelles spirituelles.
Adam, dans son premier état de justice, comme je viens de le faire entendre, reçut véritablement de l'esprit divin toutes les sciences et toutes les connaissances spirituelles ; c'est-à-dire la route certaine et un plan exact de toutes les opérations spirituelles divines pour lesquelles il avait été émané ; mais ayant fait un usage criminel de ses pouvoirs, le Créateur les lui retira aussitôt et laissa ce malheureux Adam, même après sa réconciliation, susceptible d'être homme d'erreur dans toutes ses opérations humaines, spirituelles et temporelles, ce qui arrive à l'homme toutes les fois qu'il n'opère qu'en vertu de ces trois puissances ternaires qui sont : Puissances aérienne, terrestre et fougueuse. Il est dangereux à l'homme de désir d'user de ces trois puissances dans quelque opération que ce soit, sans au préalable avoir obtenu du Créateur la puissance quaternaire qui nous est retirée par la prévarication d'Adam ; et c'est le défaut de cette puissance quaternaire qui nous fait sentir que l'homme, depuis la prévarication d'Adam, est homme d'erreur ; et c'est le défaut de cette puissance quaternaire qui nous fait encore sentir que l'homme est véritablement en privation spirituelle divine. Il est vrai que l'homme peut sortir quelquefois de cette privation pendant la durée de son cours temporel, mais ce n'est jamais pour longtemps, le Créateur, qui est immuable, ayant dit expressément à son homme réconcilié que nulle connaissance des sciences divines ne lui serait rendue qu'après qu'il l'aurait gagnée par ses travaux qui lui furent prescrits pour la seconde fois. C'est depuis cette époque que l'homme est ignorant et borné ; ce qui ne lui serait point arrivé, s'il eût dirigé sa puissance quaternaire selon les instructions du Créateur.
Outre les types frappants que Seth avait faits de la réconciliation spirituelle et de la stabilité des lois de la nature, il faisait encore véritablement celui de la miséricorde divine, puisqu'il remplaça Abel, puisqu'il pria pour la grâce de son frère Caïn, qu'il parait avoir obtenue, soit par l'expiation que Caïn fit de son crime par le genre de mort dont il fut frappé, soit par la pénitence que fit Booz du crime involontaire qu'il avait commis sur la forme de ce même Caïn. Vous ne devez pas douter que ces deux mineurs n'aient obtenu miséricorde du Créateur, par la vertu et sainteté du bienheureux homme Seth. Si vous me demandez qu'elle est la preuve physique qui peut vous porter à croire que ce que je dis à ce sujet soit certain, je vous répondrai que, lorsque vous aurez eu le bonheur de connaître le genre de travail de Seth, celui que les sages ont opéré après lui, ainsi que les travaux de Moïse et du Christ, vous ne me ferez plus de pareilles questions. Si vous aviez été en société avec ces sages célèbres, vous vous garderiez de parler de la sorte. Vous vous seriez contenté d'admirer leurs faits, sans chercher à entendre ce qu'ils disaient, car il vous eût été aussi difficile de comprendre leurs questions et leurs discours, que leurs faits qui s'opéraient en nature devant ceux qui étaient présents.
Ce respectable Seth, comme postérité de Dieu par sa naissance, fut chargé d'instruire ses descendants du culte divin. Il transmit à son fils Enos, qui veut dire faible mortel, toute cérémonie d'opération divine, spirituelle et terrestre, céleste, aquatique et fougueuse ; il lui recommanda, sous les peines les plus terribles, de ne point abuser des connaissances qu'il lui avait confiées par l'Éternel, de même que des fruits provenus de ses travaux spirituels ; il lui défendit, entre autres choses, toute liaison avec les profanes, ou les enfants des hommes ; c'est-à-dire les filles concubines de la postérité de Caïn ; et que cette race fût jamais unie avec les enfants de Dieu qui étaient la postérité de Seth. C'était dans cette postérité que le Créateur devait faire naître les mineurs préposés pour la manifestation de sa gloire, ainsi que je l'ai déjà fait voir par le peu que j'ai rapporté touchant l'élection d'Enoch ; et ainsi que je le ferai concevoir plus clairement par l'énumération de tous les mineurs élus. Vous y verrez que cette postérité de Seth et de son fils Enos ne tarda pas à se corrompre par ses alliances avec la postérité de Caïn, et qu'elle déchut par là de toutes les connaissances spirituelles divines que Seth lui avait communiquées. Cette postérité d'Enos subsista ainsi dans l'abomination jusqu'à la septième génération d'où provient le patriarche Enoch, dont j'ai parlé déjà, comme je viens de vous le dire, et dont je vais traiter le type plus amplement.
Voilà ce que j'ai d'intéressant à vous dire sur le type de Seth, ne croyant point devoir entrer dans les détails des événements particuliers qui lui sont arrivés et à sa postérité, événements qui ne sont d'aucune utilité pour les choses que vous devez désirer.
Enoch prit naissance dans la postérité de Seth et eut pour père Jared ou Ared, qui veut dire homme illuminé par Dieu. Ce père donna à son fils le nom de Deliacim, qui signifie : résurrection du Seigneur dans la postérité de Seth, et il le surnomma Enoch avec un E et non avec un H. Ce nom Enoch signifie : dédicace. Tous ces noms et le type qui a fait Jared dans la postérité de Seth ou d'Enos, étaient une vraie figure du passé, du présent et de l'avenir. Jared était un homme juste devant le Créateur ; il était plus puissant en vertu divine que les autres patriarches, par la force du culte divin qu'il exerçait pour l'expiation des crimes de la postérité d'Enos. Les lumières qu'il recevait journellement de l'esprit divin, le préparaient à être le précurseur d'un être juste qu'il savait par l'esprit devoir émaner de lui par l'esprit. C'était ce même esprit qui lui enseigna le type merveilleux que son fils Enoch devait faire de l'esprit divin, et de l'action même de la Divinité, pour la conduite et la défense des mineurs contre les attaques de leurs ennemis, ainsi que nous l'avons déjà dit précédemment en parlant de l'élection d'Enoch.
Jared apprit enfin par l'esprit les œuvres puissantes et spirituelles que son fils Enoch devait opérer et qu'il a réellement opérées parmi la postérité de Caïn et de Seth et la postérité femelle d'Adam, qui forment les trois nations habitant la surface de la Terre. Je ne passerai pas ce dernier point sans vous faire observer que la convention des hommes a distingué : Ismaël, Israël, les Chrétiens et les Idolâtres ou les incrédules, qui, sous prétexte d'honorer et d'élever la Divinité, ne connaissent d'autre Dieu que la matière ; mais, dès que cette division en quatre parties ne provient que de la convention des hommes sans la participation divine, elle ne peut être que fausse et trompeuse, pour les raisons qui vont suivre.
Adam qui n'était émancipé de la circonférence divine que pour être le roi de la terre et pour avoir une postérité de Dieu, ne devait, par sa première nature d'esprit, participer à aucune division de cette même terre. Mais étant devenu homme de matière par sa prévarication, il eut parmi sa postérité charnelle trois enfants mâles, Caïn, Abel et Seth. Abel n'étant venu que par ordre du Créateur, et pour une simple manifestation spirituelle divine, ne devait jouir d'aucune portion de matière, et ne participer en rien à la division de la terre, qui ne devait être distribuée qu'à la postérité des hommes provenus des sens de la matière. Aussi ce mineur juste fut-il promptement soustrait du nombre de cette postérité matérielle après avoir rempli sa mission selon la volonté du Créateur. Il ne resta plus que trois personnes : Adam, Caïn, Seth, Adam, selon l'ordre qu'il en avait reçu de l'Éternel, fit lui-même la division de la terre en trois parties et non en quatre. Cela ne pouvait être autrement, me direz-vous, puisqu'il n'y avait alors que trois personnes ? Mais je vous répondrai que, quand Adam aurait eu cent enfants, il n'eût pas pu diviser la terre en plus de trois parties ; la terre n'en ayant pas davantage et sa forme étant parfaitement triangulaire. Ainsi Adam l'a divisée dans tout son contenu de régions ainsi qu'il suit : l'Ouest à Adam, le Sud à Caïn, et le Nord à Seth. De même qu'il n'y a que trois cercles sphériques ; le sensible, le visuel et le rationnel, de même il n'y a que trois angles terrestres, de même aussi la création universelle est divisée en trois parties.
Ce qui nous prouve que la création universelle ne peut être visée qu'en trois parties, c'est qu'on ne peut pas y trouver ce que l'on appelle la quadrature du cercle, ou la division du cercle en quatre parties. C'est par toutes ces opérations que nous rejetons la quatrième partie que le vulgaire admet dans la division de la terre. Ainsi il ne peut y avoir sur cette même terre que trois nations principales, desquelles toute nation composite et conventionnelle de nom est émanée. Ces trois nations ont été représentées par les trois enfants de Noé, à qui cette même terre fut encore divisée en trois parties égales, savoir : Cham au Midi, Sem à l'Ouest, et Japhet au Nord, ainsi que j'en parlerai ailleurs. J'ajouterai ici que l'ordre qu'Adam reçut du Créateur de faire cette division de la terre, fut très douloureux pour lui, en ce qu'il lui rappelait la différence de son état de gloire à son état de réprobation. Je vous dirai de plus que ce partage de la terre annonça la division qui a régné depuis, et qui règnera jusqu'à la fin parmi les hommes ; état de guerre et de dissension dans lequel Adam a plongé toute sa postérité. Revenons à Enoch.
La naissance d’Enoch causa une grande satisfaction spirituelle parmi la postérité de Seth. Il portait sur la figure le caractère de ce qu'il était et celui de sa mission, et son avancement dans le monde fut marqué dans les cieux par un signe planétaire qui étonnait beaucoup la postérité de Seth et encore plus celle de Caïn. Ce signe, qui se fit connaître à toute la création, fut surtout sensible dans le midi, où habitait la postérité de Caïn. Cette postérité fut, avec raison, plus alarmée que celle de Seth, de l'apparition de ce signe, parce qu'elle comprit qu'il était le pronostic du fléau que le Créateur allait lancer sur elle, et sur tous les habitants de cette région méridionale. Ce signe n'était autre chose qu'une étoile extralignée de son cercle planétaire ; elle était descendue plus près de la terre qu'à son ordinaire, et elle avait par ce moyen une lumière différente de celle qu'elle recevait dans l'ordre de son cours naturel ; de sorte qu'elle parut toute opposée et toute différente des autres étoiles qui lui étaient égales naturellement. Cette apparence différente la fit nommer par les hommes : Lathan, qui veut dire signe de confusion et de peine terrestre, et c'est ce que le vulgaire appelle comète. Voici quelle était la figure de ce signe :

Pour que vous conceviez parfaitement ce que c'est qu'un signe planétaire, il faut apprendre que tout corps céleste, soit majeur, soit supérieur, soit inférieur, et qui est formé de matière qui, en principe, est susceptible dans son contenu de forme corporelle, d'avoir six divisions. Un cercle planétaire est composé de six principales étoiles égales en grandeur, en vertu et en puissance, lesquelles reçoivent l'ordre d'action, de mouvement et d'opération par l'étoile supérieure qui est au centre des six, composant le cercle planétaire. Dans les intervalles de ces étoiles, il y a une infinité d'autres corps que nous appelons : signes ordinaires planétaires, nommés vulgairement : petites étoiles. Ces signes suivent, dans leur arrangement, le même ordre qui règne parmi les étoiles du cercle planétaire ; c'est-à-dire qu'ils sont joints sept à sept. Chacun de ces signes a sept vertus adhérentes aux principales étoiles du cercle planétaire, et, en outre, chacun de ces signes a encore en soi sept autres vertus, ce qui les rend susceptibles d'être multipliés par leur propre nombre de figures et de vertus qui est sept fois sept, dont le produit est 49 = 13 = 4. C'est par ce nombre que vous apprendrez à connaître que les corps planétaires supérieurs, majeurs et inférieurs sont réellement constitués en vie spirituelle divine et en vie corporelle passive ; ainsi que tous les corps permanents dans le cercle universel, le tout avec distinction. Les irraisonnables ont la vie et l'instinct passifs, et les raisonnables ont le même instinct, et en outre la vie spirituelle impassive.
Vous savez que tout être de forme corporelle a pris naissance des trois essences spiritueuses : Mercure, soufre et sel, que les esprits de l'axe ont actionné pour coopérer à la formation de tous les corps, ils n'ont coopéré à cette formation qu'en insérant dans les différentes essences, un véhicule de leurs feux, et c'est sur ce véhicule de leurs feux qu'ils actionnent continuellement pour l'entretien et l'équilibre de toutes les formes. Voilà ce que nous appelons la vie passive à laquelle est soumis tout être de forme, tant céleste que terrestre.
Nous avons distingué les corps planétaires en supérieurs, majeurs et inférieurs, pour pouvoir extraire plus facilement la connaissance de leurs vertus et de leurs puissances. L'étoile du centre est l'être supérieur planétaire ; c'est cette étoile qui gouverne ces corps planétaires majeurs et inférieurs, et elle est appelée supérieure parce que c'est sur elle que l'influence solaire va se répandre immédiatement. Cette étoile supérieure communique ce qu'elle a reçu aux étoiles majeures planétaires qui garnissent son cercle : les majeures les communiquent à une infinité de petites étoiles qui sont en jonction avec elles, et que nous appelons signes, ou corps inférieurs planétaires ; et ces signes inférieurs, après avoir reçu l'action influétique des supérieures et des majeures, la répandent avec une exacte précision sur les corps grossiers terrestres.
Voilà un petit tableau de la composition d'un cercle planétaire et de ses habitants, que l'on peut regarder comme étant d'un nombre infini, vu la multitude des différents êtres animaux, spirituels mineurs, et esprits purs et simples divins qui habitent ces cercles planétaires, et c'est là que nous trouvons la vie spirituelle impassive. Ce ne serait rien pour l'homme et pour toutes les formes, tant la générale que les particulières, si les cercles planétaires n'étaient habités que par des êtres tels que ceux dont je viens de parler ; mais ils sont encore susceptibles d'être habités par des êtres spirituels malins, qui s'opposent aux puissances et combattent les facultés des actions influétiques bonnes, que les êtres planétaires spirituels bons sont chargés de répandre dans le monde entier, selon les lois d'ordre innées en eux pour le soutien et la conservation de l'univers.
C'est de là qu'il est passé en proverbe parmi les hommes qu'il y a de mauvaises influences planétaires, et ceci est très positif, ainsi que je le ferai voir clairement lorsque je détaillerai les principes des différents corps célestes et terrestres, et que je donnerai, une connaissance positive de toutes les vertus et puissance de Saturne, du Soleil et des autres cercles planétaires. Vous doutez peut-être de la jonction qui se fait des esprits mauvais avec les esprits bons planétaires, et c'est par le peu de connaissance que vous avez de ces esprits bons, et de leurs actions, et ne croyant pas possible qu'ils soient interrompus dans leurs fonctions naturelles par les esprits mauvais. Cela ne peut cependant pas être différemment par la raison que je vais vous en dire.
Vous n'ignorez pas la naissance d'Adam dans une forme glorieuse ; vous n'ignorez pas sa prévarication et sa dégradation de toute puissance spirituelle. Vous devez être assez instruits à ce sujet, mais ce que vous ignorez, c'est de savoir si le démon était dans une forme corporelle lorsqu'il a tenté le premier homme. Puisque vous l'ignorez, je vous dirai que le démon était pour lors dans un corps de gloire, ou une forme glorieuse ; et cela parce qu'il serait impossible que d'esprit à esprit pur et simple, il y eût de tentations, d'embûches, ni de séductions, si ces esprits étaient revêtus d'une forme corporelle.
Il n'en est pas de l'esprit pur et simple comme il en est de l'homme corporel : tout homme est libre de communiquer ou de cacher ses pensées à ses semblables, mais parmi les esprits purs et simples, un être spirituel ne peut concevoir une pensée sans que les autres esprits n'en reçoivent communication. Tout est à découvert et tout se fait ressentir à la fois parmi les êtres dégagés de matière, et le privilège de l'esprit pur et simple est de pouvoir lire dans l'esprit par sa correspondance naturelle spirituelle. C'est ce qui fait que rien ne peut échapper à la connaissance de l'esprit, au lieu que c'est tout le contraire parmi les mineurs incorporés dans une forme de matière apparente.
C'est de là que je vais vous faire comprendre que tout esprit planétaire supérieur, majeur et inférieur, renfermé dans une forme corporelle pour y opérer selon sa loi pendant la durée du temps qui lui est prescrit, est sujet comme le reste des humains à être attaqué et combattu dans ses opérations journalières. Mais la différence qu'il y a de ces esprits à l'homme, c'est qu'ils ne succombent pas aux combats que leur livrent les démons, et la raison en est toute naturelle : ces êtres spirituels ne sont point susceptibles de corruption ou de séduction, et les formes qu'ils habitent ne sont point susceptibles de putréfaction. Ces êtres agissent avec exactitude selon leurs lois de nature dans les différentes formes qu'ils habitent. Aussi leur réintégration tant spirituelle que corporelle sera très succincte. L'homme au contraire s'écarte journellement des lois spirituelles qu'il a en lui, aussi ne peut-il espérer sa réconciliation qu'après un long et pénible travail, et la réintégration de sa forme corporelle ne s'opèrera que par le moyen d'une putréfaction inconcevable aux mortels. C'est cette putréfaction qui dégrade et efface entièrement la figure corporelle de l'homme et fait anéantir ce misérable corps, de même que le soleil fait disparaître le jour de cette surface terrestre, lorsqu'il la prive de sa lumière.
Il n'en a pas été de même du Christ, d'Abel, d’Élie, ni d’Enoch, tant pour leur être spirituel que pour leur forme matérielle. Je vous dirai de plus, touchant Enoch, que son avènement dans le monde prédisait celui d'une réconciliation universelle, que le signe qui parut à sa naissance prédisait celui qui parut à la naissance du même réconciliateur, et que son type est celui de trois opérations distinctes que le Christ avait à faire chez les hommes pour la manifestation de la gloire divine, pour le salut des hommes et pour la molestation des démons. Ces trois opérations sont : la première qui s'est faite pour la réconciliation d'Adam, la seconde pour la réconciliation du genre humain, l'an du monde 4000 ; la troisième qui doit paraître à la fin des temps, et qui répète la première réconciliation d'Adam, en réconciliant toute sa postérité avec le Créateur, pour la plus grande mortification et pour l'humiliation du prince des démons et de ses adhérents.
Ce sera alors que ces esprits pervers reconnaîtront leur erreur et leurs abominations, en restant pour un temps immémorial à l'ombre de la mort et dans la privation divine et dans les plus terribles gémissements. Ce sera alors qu'ils feront un travail plus pénible et plus considérable qu'ils ne le font pendant la durée des siècles temporels.
Je n'entrerai point ici dans le détail du genre de travail que doivent faire ces esprits pervers, ni dans l'explication du nombre 49, devant traiter ces deux points dans un autre endroit. Je dois également vous parler ailleurs du type d'Enoch, lorsque j'entrerai dans le récit des époques ; ainsi je m'en tiendrai à tout ce que je vous ai dit jusqu'à présent, et je passerai à l'explication du type de Noé.
Noé est un type considérable et frappant de la création universelle, terrestre, générale et particulière de toutes les formes corporelles apparentes. Il est par son nombre dénaire le type du Créateur, étant né le dixième des patriarches et le dernier des chefs pères de familles de la postérité d'Adam avant le déluge ; et c'est lui qui, par sa postérité, a perpétué celle d'Adam, que le déluge avait effacée de la surface terrestre.
Avant d'aller plus loin, je dois entrer dans les détails des motifs qui ont occasionné le déluge. Les prétendus savants qui n'en conçoivent pas la possibilité, et qui ignorent pourquoi le Créateur a envoyé ce fléau sur la terre, n'hésitent pas à nier ce fait. Ils tournent en ridicule ceux qui y ajoutent foi, et ils regardent comme des personnages imaginaires ceux mêmes à qui le Créateur avait fait part de cet événement avant qu'il arrivât, et du décret qu'il avait fait dans son immensité. Mais sans m'arrêter à leurs faibles objections, je vous apprendrai que ce décret ne fut lancé que pour la manifestation de la justice divine contre les chefs démoniaques qui avaient entièrement révolté le Créateur par les persécutions infinies qu'ils exerçaient sur les mineurs. Les conquêtes immenses qu'ils avaient faites sur ces malheureux mineurs avaient si fort enorgueilli les chefs démoniaques qu'ils se crurent invincibles, et même plus puissants que le Créateur.
Vous devez concevoir aisément combien cet orgueil était peu réfléchi de leur part. Toutes ces conquêtes prouvaient plutôt en effet la faiblesse des démons que leur puissance, selon que je vais vous le faire concevoir. Il ne faut pas croire que la terre fût alors considérablement peuplée. Les hommes qui étaient à sa surface étaient en si petite quantité qu'on ne pouvait y compter pour ainsi dire qu'une poignée d'habitants, et cependant, pour assujettir ce petit nombre de mineurs, il a fallu que le chef des démons employât non seulement toutes leurs puissances, mais encore celles de toutes ses légions qui sont à l'infini, et même encore, si ses mineurs avaient fait un bon usage de leur liberté, toutes les insinuations et les opérations des démons n'auraient pu prévaloir contre eux. Toutes les victoires des démons se bornent donc à avoir subjugué la faible postérité de Caïn, et une partie de celle de Seth. Assurément cette faible conquête n'était pas capable de manifester dans le démon une puissance absolue et supérieure à celle du Créateur sur tous ces mineurs, s'étant laissés vaincre de leur propre volonté. De quel prix pouvait être pour lui une pareille victoire, si ces conquêtes mêmes qu'il avait faites ne devaient pas rester en son pouvoir, et s'il ne pouvait s'assurer de les posséder et d'en jouir autant qu'il le voudrait ? C'est alors comme s'il n'avait rien conquis. Il a livré de grands combats et s'est donné beaucoup de travaux et de soucis, et cependant rien ne prospère et rien ne reste à sa domination. Voilà quelles ont été les victoires du chef des démons sur les mineurs de ces premiers temps et quelles sont celles qu'il a gagnées depuis et qu'il pourra gagner à l'avenir.
Plus les princes des démons emploient leurs puissances contre le Créateur, plus ils sont humiliés et punis. Plus ils remportent de victoires sur les mineurs spirituels, plus ils sont tourmentés et désespérés, parce que le Créateur leur enlève, à leur grande honte, leur proie, en ramenant à sa justice divine les mineurs qu'ils ont subjugués, et ne souffrant jamais qu'une victoire complète demeure à ces esprits pervers ni à leurs légions. Il est donné à ces esprits pervers des lois immuables, toute action, mouvement et autorité puissante pour agir selon leur volonté contre tout être spirituel émané, de même que contre tout être de forme corporelle. Mais malgré toute leur opiniâtreté, nulle de leurs œuvres ne parvient au but où ils se proposent de venir.
Vous me demanderez peut-être quel était le but auquel les démons se proposaient d'arriver ? C'est de passer les bornes qui leur sont prescrites en séduisant sans relâche non seulement les habitants de la terre, mais encore ceux des différents corps célestes, en séduisant et en transportant des attaques plus fortes que celles qui étaient remises à leur puissance ordinaire ; c'est d'avoir fasciné l'entendement des mineurs, afin de pouvoir se faire passer à leurs yeux comme seuls vrais dieux de la terre et des cieux, leur promettant de leur procurer la même puissance et les mêmes facultés que celles que possède la Divinité, et que, si ces mineurs voulaient les suivre et les reconnaître pour leurs chefs, ils pourraient bientôt agir en liberté sur tout être quelconque. Bien plus, ces esprits pervers allèrent jusqu'à persuader à ces mineurs que la Création universelle était faussement attribuée à la Divinité, que ce Dieu qu'ils avaient entendu jadis n'était autre chose que l'un d'eux, qui dirigeait toute la Création et homme même depuis son avènement sur la terre, et, qu'en conséquence, l'émanation des mineurs venant du grand prince du midi, chef principal de tout être matériel et surmatériel (qui veut dire véhicule du feu axe central incorporé dans une forme), ils eussent à le reconnaître et à lui obéir aveuglément en tout ce qu'il ferait inspirer par ses agents inférieurs, et qu'alors ils verraient avec satisfaction se manifester leurs puissances avec autant de succès que celles de leur chef, le grand prince du midi, qui s'opéraient tous les jours devant eux.
Un prince régionaire de la partie de l'ouest, ou prince majeur des démons terrestres, disait à ces mineurs : "Regardez l'œil de ce grand prince universel, en leur montrant le soleil, c'est la maison de celui qui dirige toute l'étendue que votre vue et votre imagination peuvent apercevoir et comprendre." Le prince régionaire septentrional terrestre disait de son côté : "Je vous instruis, mes alliés chéris, de la part du Très-haut et très puissant prince qui a vécu et qui vivra éternellement avec vous et nous, que vous ayez à entendre ce que votre maître et le mien vous dit par ma parole. Tournez la face vers cette principale maison, en leur montrant le corps lunaire ; cette maison est celle où habitent tous les esprits majeurs comme moi, inférieurs et mineurs ; c'est là que se manifeste la gloire de notre grand prince ; c'est donc à elle que vous devez avoir recours pour obtenir du grand prince tous les moyens et toutes les facultés qui vous sont nécessaires pour égaler votre puissance à la nôtre."
Ces chefs pervers ne s'en tinrent pas là ; ils enseignèrent aux pauvres mineurs qu'ils avaient séduits, la façon avec laquelle ils devaient opérer communication avec les habitants de ces deux maisons qu'ils leur avaient fait considérer comme les deux plus grandes et les deux plus considérables, savoir : la lune, la plus grande maison du cercle sensible ou terrestre, et le soleil, la plus grande maison des cieux ; en leur recommandant de ne faire aucun travail ni opération sur ces maisons que lorsqu'elles seraient en conjonction et en opposition parfaite, ce qui forme les éclipses de soleil et de lune ; parce qu'alors ils obtiendraient des principaux chefs habitants de ces maisons, tout ce dont ils auraient besoin, soit pour eux directement, soit pour ceux qu'ils auraient ramenés sous la protection de leur prince tout-puissant.
Les deux autres chefs régionaires leur tinrent à peu près le même langage, de sorte que les malheureux mineurs, séduits par toutes ces promesses, employèrent avec zèle et précision toutes les facultés et puissances qu'ils avaient reçues des chefs démoniaques. Ces hommes possédés firent de grands progrès dans la perversité et corrompirent aussi dans très peu de temps la postérité de Caïn et une grande partie de la postérité de Seth.
J'observerai ici qu'il fallait que les discours des chefs démoniaques eussent été bien séduisants pour pervertir en si peu de temps presque tous les habitants de la terre ; ce qui doit nous avertir de veiller et de nous tenir fortement sur nos gardes ; car il n'y a rien que ces esprits pervers n'inventent pour corrompre le mineur et le confondre avec eux. C'est par leurs actions que nous nous apercevons de ce que nous appelons vulgairement le pour et le contre, ou de l'action et de la réaction qui s'opèrent journellement dans l'univers. Pour concevoir quelle est la subtilité de leurs tentatives, il faut savoir qu'ils s'occupent sans relâche à la dégradation des formes et à la corruption des êtres spirituels, espérant toujours parvenir à leur but d'une manière ou de l'autre. Ils persécutent les mineurs dès le moment qu'ils commencent d'entrer dans ce bas monde et lors même qu'ils ne peuvent faire usage de leurs sens corporels ce que l'on peut aisément apercevoir par les différents mouvements, les cris et les agitations des nouveaux-nés. Nous voyons toutes ces choses confirmées par la naissance du Christ, par son avènement dans une forme corporelle, par les persécutions et les souffrances qu'il a endurées pendant sa vie ; ainsi nous ne pouvons douter que les démons ne soient autour de la forme corporelle dès que le mineur y est incorporé. C'est de là qu'est venu l'usage qu'avaient les patriarches d'exorciser leur postérité par la bénédiction, afin d'écarter les esprits pervers qui environnent la forme corporelle. C'est de là encore qu'est venu la circoncision ou le baptême du sang, par lequel l'alliance fut révélée à Abraham. C'est de là enfin que le baptême de la grâce est parvenu aux nouveaux convertis au Christ.
Vous pourriez me demander à ce sujet ce que le monde présent serait devenu si Adam n'avait pas obtenu sa réconciliation ? Mais je ne répondrai à cette question qu'en vous disant que le décret du Créateur était immuable touchant la molestation des démons. L'Éternel prévint l'opération seconde de ces mauvais esprits par laquelle ils voulaient achever de confondre entièrement le mineur avec eux, afin de s'opposer à la justice qui devait s'exercer contre eux et contre leurs adhérents.
Le Créateur prit donc le mineur sous sa défense, et, par ce moyen, toutes les tentations des démons contre ses lois immuables devinrent impuissantes. Ils furent contenus par là dans une plus grande privation, et il ne leur est resté qu'une puissance simple spirituelle que Dieu n'a pu leur ôter, pour agir superficiellement dans l'univers. C'est pour cela qu'ils ne peuvent exercer la destruction totale sur ce que le Créateur a délibéré, et qu'ils ne peuvent arrêter le cours et la durée que le Créateur a fixés à chaque chose. C'est pour cela enfin que les démons n'ont pu empêcher que le monde fût tel qu'il est, après le changement de la forme glorieuse de l'homme en forme de matière.
Je dirai ici qu'il ne faut point regarder cette forme corporelle comme un corps réel de matière existante : elle ne provient que des premières essences spiritueuses destinées, par le premier Verbe de création, à retenir les différentes impressions convenables aux formes qui devaient être employées dans la création universelle. Il n'est pas possible de regarder les formes corporelles présentes comme réelles, sans admettre une matière innée dans le Créateur divin, ce qui répugne à sa spiritualité. Il est appelé Créateur, parce que de rien il a tout créé, et que toute sa création provient de son imagination ; et c'est parce que sa création provient de son imagination pensante divine qu'elle est appelée image.
La même faculté divine qui a tout produit, rappellera tout à son principe, et de même que toute espèce de forme a pris principe, de même elle se dissipera et réintégrera dans son premier lieu d'émanation ; ce qui sera traité plus au long par la suite.
Vous avez vu les forfaits iniques que les démons avaient opérés contre les mineurs des premiers temps pour les détourner du culte de Dieu, et les attacher au prince du midi, comme au seul chef divin. Vous devez apprendre de plus que ces esprits pervers leur avaient toujours parlé sous des apparences spirituelles, leur disant qu'ils seraient éternels comme eux, que, quand même ils viendraient à quitter leur forme corporelle, ils n'en existeraient pas moins, et qu'il leur serait toujours possible de se faire connaître et sentir de leurs semblables. Mais c'était en séduisant les mineurs par de belles apparences qu'ils les avaient entraînés dans les plus horribles abominations.
Je vous demanderai cependant si, malgré la force de toutes les persécutions démoniaques contre ce premier peuple, ou la postérité de Caïn et de Seth, il ne se trouva pas quelques hommes justes qui se défendirent de l'insinuation de l'intellect mauvais et qui s'éloignèrent entièrement des abominations où tombèrent les autres mineurs. Vous ne pouvez nier qu'il n'y en ait eu quelques-uns quand ce ne serait que les neuf patriarches qui sont suivis de Noé, par lequel le nombre dénaire est rempli. Mais si je vous faisais la même question sur les hommes d'aujourd'hui, et si je vous demandais de me trouver un juste dans ce siècle, vous seriez très embarrassé, et, en effet, vous ne le trouveriez point ; parce que les hommes, provenus depuis la dernière époque du Christ, n'ayant plus sous les yeux les manifestations divines qui s'opérèrent sous les premiers siècles, ont perdu de vue la connaissance du grand culte divin, comme ils ne voient plus perpétuer les prodiges de la justice du Créateur, qui se passaient journellement sous ces premiers peuples et chez Israël.
Les hommes du siècle se livrent facilement au doute, qui ne provient que de leurs mauvaises habitudes et de leur ignorance. Il n'est donc point surprenant que les intellects démoniaques fassent aujourd'hui chez les mineurs un progrès encore plus considérable que par le passé. N'est-il pas vrai que, plus on s'éloigne d'un objet, plus il s'efface de notre vue, et que, si l'on s'écarte d'une chose pour laquelle on a eu de l'attachement, elle sort insensiblement de votre mémoire, au point qu'il est très difficile, pour ne pas dire impossible, de la reprendre avec le même goût et la même ardeur que dans le premier principe ? Eh bien, je veux vous faire concevoir par là que c'est précisément ce qui est arrivé aux hommes de ce siècle : ils se sont éloignés de toute connaissance divine sous prétexte d'une prétendue foi aveugle qui leur a fait perdre totalement l'idée de la vraie foi. La foi sans les œuvres ne peut être regardée comme véritable foi, quoique l'on puisse très bien avoir les œuvres de la foi sans avoir la foi même. Je dirai de plus que les œuvres que l'homme peut produire par la faible foi, qui est innée chez tous les hommes, ne peuvent se considérer comme appartenant véritablement à la foi : la foi de l'homme ne peut être vive et parfaite, si elle n'est actionnée par un agent supérieur ; et c'est alors que l'homme produit des œuvres qui ne sont plus censées lui appartenir, et qui manifestent toute la force de la foi qui agit en lui. Ils ont abandonné les sciences spirituelles pour se livrer à la négociation et à la cupidité des biens de la matière, ce qui leur a mis un voile si épais sur les yeux, qu'ils sont presque tous dans le même aveuglement où était la postérité de Caïn et la plus grande partie de celle de Seth.
Nous savons que cet aveuglement des premières postérités, ainsi que celui où tomba Israël, était une répétition frappante de la privation où était Adam pendant tout le temps que le Créateur exerça sa justice contre lui ; cette inaction spirituelle est la punition de tout esprit qui s'éloigne du Créateur, parce que aucun être spirituel en privation divine ne peut opérer de culte divin, qu'il n'ait reçu de l'Éternel sa réconciliation ainsi que nous le représente Adam et que plusieurs autres l'ont représenté après lui par leurs types et par leurs symboles. Un type dit plus que le symbole ; un type est une figure réelle d'un fait passé, de même que d'un fait qui doit arriver sous peu de temps. Le symbole ne fait que donner des renseignements sur le type d'un événement à venir. Un type enfin est supérieur à la prophétie, en ce que les prophètes ne font que des menaces pour l'avenir, qui peuvent se retirer par la miséricorde du Créateur et le changement de conduite du peuple sur lequel la prophétie tombe, au lieu qu'un type annonce un événement infaillible et qui est sous le décret immuable du Créateur. Nous ne pouvons donc point ignorer que cette première postérité n'ait été frappée et punie horriblement, ainsi que le peuple d'Israël, pour l'abandon qu'ils avaient fait du Créateur et du culte pour lequel ils avaient été formés.
Je vous demanderai maintenant dans quelle situation était le monde lors de l'avènement du Christ parmi les hommes ? Quel était le culte qu'ils rendaient au Créateur ? N'avaient-ils pas fait un marché public de son Temple, ou connaissaient-ils d'autres dieux que la matière ? D'où provinrent leurs marchandises ? Et ces négociations matérielles ne les plongèrent-elles pas dans l'idolâtrie ! Nous pouvons croire ces faits avec d'autant plus de facilité que nous en avons sous les yeux la répétition dans les hommes d'aujourd'hui. Il est admis chez eux qu'il faut oublier le Créateur pour s'enrichir temporellement. Ces hommes nous représentent parfaitement les deux époques passées, savoir : celle de la postérité d'Adam et celle d'Israël. Nous voyons physiquement la même conduite, le même exemple, les mêmes habitudes, parmi les hommes de ce siècle. L'empire des démons triomphe au préjudice des faibles mineurs. Ces mineurs se sont tellement éloignés du culte divin et devenus souillés et impurs par l'alliance qu'ils font tous les jours avec les esprits pervers, qu'ils doivent s'attendre à des punitions infiniment plus terribles que celles qui sont tombées sur les premières postérités, puisque la postérité présente a vu et entendu parler directement Celui qui a opéré toute réconciliation spirituelle, et Celui par qui le Créateur a manifesté toutes ses œuvres aux yeux de la créature.
Que n'a pas fait cet être régénérateur ? Que n'a-t-il pas dit pour dissiper l'insinuation démoniaque dont les mineurs étaient souillés ? Que n'a-t-il pas souffert pour renverser les attaques que les démons faisaient contre les mineurs ? N'a-t-il pas montré à ces mêmes mineurs que ce qu'ils opéraient ne venait pas d'eux-mêmes, puisqu'il leur a fait connaître qui les faisait agir contre la volonté divine ; puisqu'il leur a fait connaître les moyens que les démons employaient pour les faire renoncer à eux-mêmes et à leur âme ? Si une partie de ces mineurs a adopté les conseils des démons et que l'autre les a rejetés, cette différence de pensée et de volonté n'annonçait-elle pas à ces hommes qu'il y avait en eux un être libre et spirituel, et que, si ce n'était pas ainsi, les démons ne les auraient pas si fortement persécutés.
C'est par l'ignorance de toutes ces choses que les mineurs provenus depuis l'époque du Christ ont répété les abominations des premières postérités. Ils ont nié leur âme, et, en niant leur âme, ils ont nié la Divinité, car l'on ne peut admettre de Créateur sans admettre des créatures purement spirituelles. La postérité de Caïn avait poussé l'erreur jusque-là, n'admettant ni Dieu ni âme ; la plus grande partie de la postérité de Seth admettait une âme, mais point de Créateur divin, sinon l'esprit démoniaque qui les dirigeait, et elle admettait l'univers éternel, ce que la postérité de Caïn n'admettait pas, parce que leur premier père les avait instruits du principe de toutes choses créées, en leur faisant professer la fonte des métaux, et, par les formes qu'ils leur donnaient eux-mêmes, ils comprenaient que l'univers et tout ce qu'il renferme avait pris forme et reviendrait à son premier principe d'indifférence.
Si nous considérons Israël, n'y verrons-nous pas les mêmes erreurs et les mêmes crimes que parmi ces premières postérités ? Cependant c'est ce peuple qui a été témoin de la manifestation de toute la justice et de toute la puissance divines. C'est pour lui que le Créateur a déployé toutes ces merveilles, et, malgré cela, il est tombé sous la puissance des démons, et a poussé l'audace jusqu'à répudier le Créateur éternel pour lui préférer de faux dieux. Les restes infortunés de ce peuple prouvent, par leur conduite, les prévarications où sont tombés leurs pères. Le culte qu'ils exercent fait connaître qu'ils ne sont conduits que par de faux principes et par le prince des ténèbres. Ils sont esclaves de la figure du cérémonial de la loi, mais ils ne le sont point de la vérité de leur âme et des lois du Créateur. Ils ne sont assujettis que par la cupidité des biens de la matière.
Malgré cette fausse conduite des hommes provenus de la postérité de Caïn, de Seth et d'Israël, et de ceux qui sont venus depuis Christ, nous avons vu dans tous les temps se manifester la miséricorde du Créateur. Quoique sa créature demeure sous le poids de la justice divine, il ne lui retire point sa bienveillance ; il lui procure au contraire tous les moyens qu'il croit lui être nécessaires pour sa satisfaction, soit temporelle, soit spirituelle.
Ismaël est un de ceux qui nous donne les preuves les plus frappantes de cette miséricorde divine. Comme première postérité naturelle d'Abraham, il était le symbole de l'élection d'Israël ; sa sortie de la maison de son père représente Israël sorti honteusement du temple en privation divine ; sa fuite dans les pays étrangers hors de la terre de son père représente l'expulsion d'Israël hors de la présence du Créateur et sa dispersion dans toutes les parties de la terre. Sa mère Agar n'avait emporté pour leur nourriture à tous deux qu'un pain et une cruche d'eau, suivant le témoignage de l'Écriture, et ayant consommé le tout en un jour, elle fut remplie de désespoir de voir son fils Ismaël près d'expirer de faim et de soif. Mais, dans cette affliction, elle n'oublia point le Créateur : aussi le Créateur ne l'abandonna point ; car l'ange du Seigneur lui apparut et lui dit : "Femme ! Le recours que tu as eu à l'Éternel pour l'expiation de tes fautes a été exaucé ; lève-toi, prends ton enfant et suis-moi". Après que l'ange eut satisfait la faim et la soif d'Ismaël et de sa mère, il les bénit tous deux au nom de l'Éternel et leur enseigna la route qu'ils devaient tenir pour aller se fixer dans la terre que le Créateur leur avait destinée, en disant à Agar : "L'Éternel prendra soin de ton fils ; il prospérera sur la terre en ta présence, et il naîtra de lui douze princes de la terre, douze chefs de tribus."
Cet exemple ne doit-il pas nous montrer à mettre notre confiance en l'Éternel, comme étant sûrs qu'il ne peut jamais manquer de nous rendre parfaitement heureux.
Je ne parlerai pas davantage ici d'Ismaël, devant en parler dans l'explication des types et des époques arrivés temporellement. Je vais enfin entrer dans l'explication du grand type de Noé que je vous ai déjà annoncé.
Les postérités de Caïn et de Seth ayant déjà poussé leurs abominations non seulement jusqu'à abandonner le Créateur et son culte, mais jusqu'à commettre les fornications les plus immondes, et auxquelles on ne peut penser sans frémir, le Créateur s'éleva contre ces prévaricateurs et contre les démons qui les avaient séduits. Il suscita à Noé, son fidèle élu, de se disposer à construire une arche en bois de cèdre, dans laquelle serait renfermé le témoignage de la justice divine qui allait s'exercer contre la terre et ses habitants. Ce bâtiment portait le nom d'Arche parce qu'il flottait sur les eaux, et son fondement avait la forme semblable au-dessous du ventre d'un canard. Cette arche n'avait ni mâture ni voilures, ni rames ; toutes ces choses n'auraient été d'aucun usage à cette arche ni à ceux qui y étaient renfermés, parce que cette arche était dirigée par l'effort des eaux au gré du Créateur. Lorsque le temps fut arrivé où les créatures devaient manifester la justice divine sur toute la terre, il envoya à son élu Noé un ange qui lui dit, de sa part, de quelle manière il devait faire son entrée dans l'arche avec sa femme, ses fils, et les femmes de ses fils. Il fut averti également des provisions qu'il devait faire pour les animaux raisonnables et irraisonnables qui seraient renfermés avec lui dans l'arche. Ces provisions n'étaient pas des choses recherchées et délicates comme seraient la plus pure farine et autres choses choisies et susceptibles de flatter le goût. Elles ne consistaient que dans les simples fruits ordinaires de la terre, et il en resta encore plus des deux tiers dans l'arche lorsque tout le monde en fut sorti ; car Noé et toute sa famille avaient été si effrayés de l'horrible châtiment dont ils avaient été spectateurs, qu'ils purent à peine penser à leur vie corporelle.
Noé vit, en effet, se manifester la justice divine sur le corps général et sur le corps particulier, permanents dans le cercle universel, qui furent tous pendant ce temps en privation spirituelle divine ; et Noé était si frappé de cet événement, qu'il put tout au plus s'occuper de la vie spirituelle pour les animaux raisonnables et de la vie corporelle pour les animaux irraisonnables. C'est pourquoi il lui resta tant de provisions après le déluge.
Durant cette époque du déluge, Noé faisait le vrai type du Créateur ; il flottait sur les eaux comme le Créateur avant le débrouillement du chaos, selon les paroles de la Genèse. Le voile aquatique grossier qui couvrait toute la terre et la cachait, pour lors, de la face du Créateur, fait allusion aux cieux surcélestes, que la plupart des philosophes nomment : ciel cristallin, qui sépare le Créateur de la cour divine de sa création universelle temporelle.
L'obscurcissement dans lequel furent les corps lumineux pendant cet événement, fait allusion à la privation de la lumière spirituelle des corps catholiques [sic pour chaotiques] qui n'avaient pas encore reçu des lois d'ordre pour agir selon que le Créateur l'avait résolu pour servir d'ornements et d'agents dans le cercle universel de la création. Cette privation de clarté divine des corps catholiques se répète journellement par la conception d'une forme humaine dans le corps d'une femme. Nous divisons la carcasse entière d'une forme humaine en trois parties, savoir : la tête, 1 ; le tronc, 2 ; et les os des Isles, 3. Nous ne pouvons disconvenir que ces trois parties ne soient différentes dans leurs figures et dans leurs proportions ; elles sont très distinctes les unes des autres, et l'on peut très bien les distinguer sans faire chez elles aucune fracture, si ce n'est de rompre les ligaments cartilagineux qui les unissent toutes trois ensemble ; de sorte que ces trois choses n'en font qu'une par cette intime liaison. Cependant elles ont chacune des propriétés et des facultés différentes, et ces différentes facultés font une parfaite allusion aux trois règnes que nous connaissons dans la nature : l'animal, le végétal, le minéral.
Ces trois règnes sont contenus dans la forme terrestre, de même que les trois parties du corps humain dont j'ai parlé sont contenues dans l'enveloppe qui entoure toute la forme. Je ne fais pas mention ici des quatre membres : les deux bras, les deux cuisses avec leurs jambes, parce que ce ne sont que des adhérences au tronc et que je dois traiter ailleurs de leurs propriétés particulières. Ces trois parties principales du corps humain me fournissent encore une occasion de vous expliquer les trois actions principales qui ont donné l'explosion à tous les corps catholiques. La première action est la descente du mineur général dans la forme corporelle générale terrestre ; la seconde est la jonction de l'esprit divin majeur avec le mineur ou âme générale ; la troisième est la borne de l'étendue que l'esprit majeur fixa lui-même au corps général et aux corps particuliers, tant célestes que terrestres, par l'ordre du Créateur, ainsi que les différentes facultés et propriétés qu'il donna à tous les corps.
Il prescrivit également la vertu et la puissance de tout être spirituel majeur, inférieur et mineur, qui devait actionner, soit dans la forme générale et particulière, soit extérieurement à ces formes. Il prescrivit encore le pouvoir et les facultés des habitants [de] l'axe central et vit que toutes choses étaient conformes à la volonté divine. C'est par ces trois opérations que la création universelle reçut les lois, préceptes et commandements, que se fit l'explosion du chaos. Alors chaque forme corporelle contenue dans le chaos prit son action et opéra selon l'ordre qu'elle avait reçu. Il ne faut pas croire que l'explosion du chaos se soit faite par la descente de l'esprit mineur, ni par la jonction de l'esprit majeur avec lui, mais seulement par la retraite que fit cet esprit majeur ou doublement fort de l'enveloppe chaotique pour aller se réunir à son père ; et ce ne fut que dans ce moment que toute chose se présenta en nature passive et active aux yeux du Créateur, conformément à l'image qu'il s'en était formé.
Ceci doit encore vous faire concevoir le sens de ces paroles de l'Écriture : la lumière était dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont point comprise. Toute forme corporelle est toujours un chaos pour l'âme spirituelle divine, parce que cette forme de matière ne peut recevoir la communication de l'intellect spirituel divin, n'étant elle-même qu'un être apparent. Le mineur, au contraire, par son émanation, est susceptible de recevoir, à chaque instant, cette communication, parce que c'est un être éternel.
Nous voyons clairement que le corps n'est qu'un chaos pour l'âme ou le mineur, par la manière dont le mineur passe sa vie temporelle dans le corps de la matière en punition du crime du premier homme. N'en passe-t-il pas la moitié dans une faible lumière qui n'est que le reflet de la lumière spirituelle divine, et l'autre moitié dans des ténèbres affreuses ? C'est ce que nous appelons lumière et ténèbres élémentaires, ou le jour et la nuit ; mais lorsque le mineur est séparé de sa forme chaotique, il n'est plus question pour lui de ténèbres temporelles élémentaires : il jouit pleinement de la lumière impassive spirituelle et inaltérable qui est innée en lui-même, selon que le Créateur nous enseigne lui-même que l'Esprit lit, voit et connaît tout par sa propre clarté, sans qu'il ait d'autre lumière que la sienne propre.
Pourquoi donc, direz-vous, l'Écriture enseigne-t-elle que les réprouvés vivront dans de pareilles ténèbres et seront privés de toute lumière ? Je vous répondrai que les ténèbres dont l'Écriture menace les réprouvés ne signifient pas une privation de clarté et de lumière, mais seulement une privation d'action spirituelle divine dans l'immense circonférence céleste où les vrais esprits réconciliés iront faire leur heureuse réintégration. L'Écriture ne peut avoir une autre signification en cet endroit, puisque tout esprit, soit bon, soit mauvais, porte avec lui sa propre lumière. Si vous doutiez que l'explosion du chaos se fut faite ainsi que je vous l'ai détaillé, il ne faudrait que faire attention à l'ange qui ouvre la porte de l'arche pour en faire sortir tous les animaux et les placer sur le sommet, pour être témoins de la manifestation de la justice divine, et vous verrez clairement que c'est la vraie figure de la sortie de l'esprit majeur de l'enveloppe catholique, qui a exposé à la face du Créateur tout être de création temporelle.
Je vais maintenant vous parler du type figuratif de cette arche mystérieuse. Cette arche mystérieuse, dans laquelle étaient contenus les différents êtres animaux, explique réellement l'enveloppe chaotique qui contenait tout principe de création de formes corporelles. Les quarante jours que ces animaux furent privés de la lumière élémentaire, figurent clairement l'opération physique que les hommes sont obligés d'éprouver dans leur reproduction corporelle. Leur fruit ne peut avoir vie passive, active, spirituelle, qu'au bout de quarante jours. Je ne dirai rien de plus à ce sujet ; les opérations de la nature pouvant amplement vous instruire là-dessus. La descente et la jonction des eaux raréfiées avec les eaux grossières, vous rappellent la descente du premier mineur dans un corps matériel terrestre ; et les quarante jours que ces eaux raréfiées mirent à descendre représentaient les quarante ans de peines et de pâtiments qu'Adam ressentit dans son âme et dans son esprit après sa prévarication.
On ne peut concevoir quelles étaient les peines que ressentait Adam, lorsque après avoir été entièrement libre et sans borne, par sa nature d'être pur, spirituel, pensant, il se trouvait dans une prison de matière et qu'il était assujetti au temps. Il employa, en effet, quarante ans à gémir sur son crime, en réfléchissant sur ce qu'il avait été dans son premier principe, sur ce qu'il était devenu et sur ce qu'il devait devenir par la suite. Par ses lamentations, il se disposa à obtenir miséricorde du Créateur, et il l'obtint, en effet, au bout de quarante ans de peines et de pâtiments nécessaires pour opérer son expiation. Il ne pouvait obtenir sa réconciliation qu'au bout de ces quarante ans, puisque c'était au bout de ce temps que devait naître, de lui et d'Ève, l'holocauste spirituel qui effacerait l'horreur de son crime et punirait l'abomination des démons séducteurs. Les pâtiments qu'Adam endura pendant ce temps nous sont clairement figurés par les pâtiments que les animaux ressentirent tant qu'ils furent sous la justice divine, et par les quarante jours que Noé passa avec ces animaux sur le mont Ararat, nommé mont d'Arménie, d'autant mieux que Noé passa tout ce temps à rendre grâce au Créateur de ce qu'il avait bien voulu le préserver, lui et le reste des animaux, du fléau qui venait de tomber sur la terre et sur tous ses habitants.
Vous pourriez me demander ce qu'a de commun la prévarication des animaux raisonnables avec la conduite des animaux irraisonnables, et pourquoi les uns et les autres sont confondus dans la même punition ? Je vous répondrai à cela que, non seulement les hommes de ces temps-là avaient abjuré le Créateur et adopté entièrement les insinuations des démons, mais qu'ils avaient encore poussé l'abomination jusqu'à jouir des brutes comme des femmes, et à jouir également entre eux des passions contre nature. Ces crimes nous ont été retracés depuis par Sodome et Gomorrhe, qui ont laissé leur nom à ces horribles prévarications. Voyez à présent si vous devez être étonnés que le Créateur ait exercé sa justice sur les animaux raisonnables, ainsi que sur les animaux irraisonnables. Le Créateur a fait la même chose en punissant les deux villes que je viens de nommer que lorsqu'il frappa la terre du déluge ; il faut savoir, de plus, que le feu que l'Éternel fit tomber sur les deux villes annonce celui qui doit mettre fin à la création universelle, ainsi que je l'expliquerai ailleurs.
Pour vous convaincre encore mieux que la réconciliation d'Adam n'a été faite qu'au bout de quarante ans, vous n'avez qu'à considérer la stérilité où la terre fut plongée pendant quarante ans après le séjour des eaux sur sa surface ; ce qui la rendit comme un cadavre ; et, dépourvue de sa plus grande végétation, elle ne reprit sa première vigueur et ses premières propriétés de reproduction qu'après qu'elle fut rebénie par le Créateur. Ce n'est de même qu'au bout de quarante ans de souffrances et de peines temporelles qu'Adam et Ève furent remis dans une puissance spirituelle divine temporelle. Le fléau des eaux ne se fit sentir si longtemps à la terre que pour être un exemple immémorial au reste des mortels de ce temps, afin qu'ils transmissent à leur postérité, de génération en génération, le souvenir du crime du premier homme et de celui de sa postérité première sous Caïn, et de celui de sa postérité seconde sous Seth, celle de Noé étant la troisième parmi laquelle ce bienheureux Noé fut trouvé juste devant le Créateur.
Voilà comment ce châtiment survint sur toute la terre et sépara la création universelle d'avec la cour spirituelle divine. Il répète encore le chaos dans lequel étaient renfermées les trois essences fondamentales de tous les corps qui devaient servir à la formation de cet univers. Ces essences étant dans une indifférence qui les rendait susceptibles de recevoir l'impression des agents extérieurs, pour opérer ensuite selon l'intention du Créateur. Ce terrible événement marquait deux choses très importantes, la première : la punition générale de toute créature corporelle et celle de tout être spirituel mineur ; la seconde que toute création quelconque provenait directement de l'Éternel, et qu'il était impossible à tout autre être de créer un pareil univers avec toutes les merveilles qui y sont renfermées.
Lorsque Noé fut sorti de l'arche, il parla ainsi au reste des créatures qui étaient avec lui : "Écoute, terre, et vous, hommes, entendez-moi et comprenez-moi de l'entendement de votre être spirituel, et non de celui de votre matière. Je vous dis à tous que le Créateur est le souverain maître de tout ce qui existe dans le cercle universel ; que tout est provenu de lui, et que tout est soumis à sa justice. Sa bonté divine nous a tous pris pour témoins de la manifestation de sa gloire invincible, exercée contre toute la terre et tout le reste de ses habitants. Louons du fond de notre âme ce suprême père de miséricorde envers la créature qui ne met sa confiance qu'en lui. Que les débris de ce triste fléau, exposés à vos yeux, vous apprennent à ne point pécher contre l'esprit créateur de toutes choses, et à ne point abjurer sa toute-puissance éternelle, ainsi que vos prédécesseurs l'on fait. Ils ont regardé le corps général terrestre comme éternel, n'ayant point eu de principe et ne devant point avoir de fin. Ils l'ont regardé encore comme ayant donné seul le principe à toute chose, et ont admis que tout leur être en était provenu, ne connaissant rien eux-mêmes de supérieur à la forme corporelle, et ne se croyant pas des êtres spirituels divins.
Voilà ce qui a attiré sur eux un fléau aussi terrible. Le Créateur a permis que leurs cadavres restassent épars et confondus avec les cadavres des bêtes brutes, pour montrer combien il était irrité contre eux, et pour être un exemple immémorial aux postérités suivantes, de génération en génération, tant pour les animaux irraisonnables que pour les animaux raisonnables, et enfin pour que la mémoire de la justice divine ne s'efface jamais de dessus la terre. Considère, terre, considérez, hommes, ce rigoureux châtiment dont les habitants des cieux ont tremblé, frémissez d'horreur de ce redoutable supplice, et surtout de voir que le Créateur n'ait fait aucune différence des hommes aux bêtes. Oui, il était juste que le Créateur leur fît sentir toute l'étendue de sa puissance, puisqu'ils l'avaient renié pour leur père ; il était juste qu'ils fussent confondus avec les brutes, puisqu'ils ne se reconnaissaient d'autre origine que celle des brutes. Quelle dureté dans l'esprit, de vouloir faire provenir un être purement spirituel de principes spiritueux qui ne peuvent produire que des formes matérielles, qui resteraient encore dans le néant si un être spirituel divin ne les en avait tirées ! Quelle contraction le démon n'a-t-il pas opérée sur la terre pour réduire les habitants à une pareille ignorance ! Veillez sur vous, et fuyez les exemples qui répugneraient à votre être mineur spirituel. Défendez-vous des appâts que vos semblables vous tendront, et qui, sous prétexte de vous perpétuer dans la crainte du Créateur, vous précipiteront dans le sentier général de la matière ; ce qui attirerait sur vous et sur votre postérité la malédiction de l'Éternel, et vous et vos descendants seriez dispersés chez toutes les nations à venir qui habiteront les trois régions terrestres.
Voilà, terre et hommes, ce que le Créateur vous dit par ma bouche. Ma parole est simple et pure. La Vérité qui est énoncée par mon Verbe est sans fard et sans artifice, dont elle n'a pas besoin pour se faire comprendre de ceux qui la désirent de bonne foi. Elle se livre elle-même à l'homme de désir ; elle lui parle un langage qu'il ne peut ignorer, parce qu'elle n'emprunte rien de la matière ; elle est une, elle est sans bornes, elle ne changera jamais ; elle est toute spirituelle, étant émanée directement du Créateur. Elle ne peut se communiquer aux animaux irraisonnables, mais seulement aux mineurs spirituels, émanés comme elle du principe éternel. Aussi, la bête brute sera désormais impunie de son égarement, parce qu'elle n'est pas susceptible de récompense. Le premier exemple devant être immémorial parmi tous les habitants des cieux et de la terre. C'est là ce que j'ai à vous dire de par l'Éternel. Quelqu'un plus grand que moi, qui doit naître parmi vos postérités, vous instruira plus particulièrement de la justice et de la récompense qu'il réserve à la créature à la fin des temps, selon la confiance qu'elle aura eue dans son Créateur".
Après cette exhortation, Noé partagea la terre entre ses trois fils, ainsi que j'en parlerai dans la suite de l'explication du type de Noé, de son arche et du déluge.
Les mineurs raisonnables qui étaient renfermés dans l'arche et le temps qu'ils y restèrent en privation de la lumière élémentaire, nous figurent la retraite des mineurs réconciliés et des justes, sous les ombres de la grande lumière où ils reposeront effectivement un espace de temps dans l'attente, n'ayant plus en eux à opérer aucune action temporelle. Quoique ces êtres justes soient consolés dans leurs afflictions et assurés de leur réintégration, cela n'empêche pas que leurs tourments soient considérables de ne pouvoir jouir parfaitement de la vue de l'esprit consolateur qui leur parle. Ils sentent, cependant, que tout ce qu'ils éprouvent est juste, relativement à la prévarication du premier homme, et au serment que le Créateur a fait que ni le premier homme, ni aucun de sa postérité ne soient réintégrés dans le cercle divin avant le grand combat qui doit se livrer, par le vrai Adam ou Réaux, entre la terre et les cieux, pour le plus grand avantage des mineurs. Le lieu où les justes reposent, en attendant, se nomme philosophiquement cercle rationnel ou cercle saturnaire. C'est lui seul qui sert d'escabeau aux cercles surcélestes, et c'est lui que l'Écriture fixe comme lieu de repos des Saint-Pères réconciliés envers le Créateur. C'est là ce qui nous enseigne qu'il ne suffit pas, pour la réintégration des êtres réconciliés, du temps qu'ils actionnent et opèrent dans le cercle sensible terrestre. Il faut, de toute nécessité, qu'ils actionnent spirituellement dans tous les espaces du cercle universel, jusqu'à ce qu'ils aient fini le cours que le Créateur a fixé aux mineurs en les émanant de lui et en les émancipant de son immensité divine.
Voilà le second type que font les animaux raisonnables qui étaient renfermés dans l'arche, et qui furent sauvés du fléau de la justice divine selon leurs bonnes œuvres spirituelles temporelles.
Noé, qui veut dire repos ou soulagement, opéra au sortir de l'arche un culte divin, de dix en dix jours, ce qui compte les quarante jours pendant lesquels Noé resta sur le mont Ararat. Ce culte était la vraie figure de celui qu'opérerait l'homme divin pour la réconciliation du premier mineur afin que la création universelle ne changeât point de forme, ainsi qu'Adam avait changé de corps. Ce fut par ce culte de l'homme divin ou Christ que le Créateur rebénit la création universelle, en rebénissant Adam qu'il avait maudit comme chef principal de tout être créé et comme homme divin de la terre, et c'est là véritablement ce que Noé a répété. Il intercédait, par son invocation, auprès de la miséricorde divine du Créateur, pour qu'il réconciliât la terre avec le reste des habitants qui avaient trouvé grâce devant lui.
Noé obtint la grâce qu'il demandait, et la terre fut réconciliée avec les hommes, en étant remise au bout de quarante ans à son premier principe de vie végétative. "Oui, Éternel, dit Noé au Créateur, les hommes infortunés que tu as confiés à ma conduite, sous ta protection, sont clairement instruits que tu peux changer dans un instant, s'il te plaît, la face de la création universelle, comme tu viens de changer celle de la terre en la réduisant au néant. Oui, Créateur tout-puissant, ta justice est parfaite et renommée telle par toute créature spirituelle, tant céleste que terrestre. L'esprit le plus juste devant toi ne peut supporter la lumière sans trembler, et comment les faibles mortels de cette vallée de larmes se rendraient-ils dignes de leur réintégration divine sans le secours de ta grâce ! O Créateur vivifiant ! vivifie le corps général sur lequel ta créature doit opérer ton culte divin, et que nous regardons comme le réceptacle général ou l'autel universel sur lequel doit être offert l'holocauste pacifique de réconciliation."
Le corbeau sortit de l'arche avant que la terre fut découverte pour nous rappeler la prévarication de Caïn et prophétiser clairement celle de Cham. Il prit sa direction vers le midi pour nous montrer le lieu où Caïn s'était retiré et où se retirerait Cham et toute sa postérité. Il ne revint point joindre l'arche pour montrer la séparation que le Créateur fit de la postérité de Caïn d'avec les enfants de Seth, et pour nous montrer encore l'abandon que les hommes à venir feraient du culte divin pour ne s'adonner qu'à la matière.
La colombe qui sortit, voltigea pour la première fois autour de l'arche et vint se reposer dessus, est la vraie figure de l'esprit angélique divin qui dirigeait et conservait l'arche et tout ce qu'elle renfermait et qui faisait part à Noé de la volonté du Créateur, touchant la manifestation de sa justice. Cette colombe figure encore l'esprit compagnon des mineurs qui les entoure de son cercle spirituel, pour les défendre du choc démoniaque que les esprits pervers opèrent à chaque instant contre eux. La forme et la proportion de l'arche donnent, par leur produit, un nombre qui indique que ce bâtiment était la maison de confusion ainsi que vous pouvez le voir.
L'arche avait de longueur : 300 coudées
L'arche avait de largeur : 50 coudées
L'arche avait de hauteur : 30
30:380 = 11
Ce nombre onze est opposé à toute espèce de forme corporelle complète, analogue au corps terrestre et à tout ce qui en provient.
La réconciliation universelle fut prophétisée à Noé, avant que la terre fût découverte, par le signe spirituel que l'on nomme vulgairement arc-en-ciel. En effet, les sept principaux esprits universels lui apparurent par un grand signe de feu de différentes couleurs, et formé en demi-cercle, dont une extrémité donnait sur le sommet du mont Ararat et l'autre extrémité donnait sur l'Arche. Noé contempla ce signe avec une grande attention, ne pouvant lire les intentions et la volonté du Créateur sans un examen très particulier de ce qui pouvait être contenu dans ce signe prophétique. Ce fut alors que la colombe se détacha entièrement de l'arche, et qu'elle s'enfuit jusque sur le mont Ararat. Elle en rapporta une branche d'olivier qu'elle laissa tomber en présence de Noé, qui comprit par là que sa délivrance était proche. Cette branche d'olivier, prise par la colombe de préférence à tout autre bois, enseignait aux hommes le fruit dont ils se serviraient pour l'onction et la marque des puissants signalés, préposés par le Créateur pour la manifestation de son culte, ainsi qu'on l'a pratiqué chez Israël et parmi tous les sages. Le partage que Noé fit de toute la terre à ses trois enfants répète celui qu'Adam en avait fait également à sa postérité. Il relégua Cham dans la partie du midi, lieu où Caïn l'avait déjà été. Il donna à Sem la partie de l'orient qui avait été donnée à Abel, et Japhet eut la partie septentrionale qui avait été celle de Seth. Quant à Noé, il resta avec sa femme au centre de la Terre. Cette division de la terre, faite à différentes fois, en trois parties ou régions, nous annonce bien que la forme de la terre est triangulaire : mais je le ferai mieux comprendre lorsque j'expliquerai les principes de la matière apparente.
Voilà ce que dit encore Noé avant de congédier les habitants de l'arche, pour aller ensuite occuper chacun le lieu qui leur était destiné : "Qu'il te souvienne, terre, et vous, animaux raisonnables et irraisonnables, que le terrible fléau dont vous êtes les témoins a servi de punition aux criminels envers le Créateur et, en même temps, qu'il vous souvienne de la miséricorde et de la bonté divines qui vous ont préservés de ce terrible châtiment. Les eaux qui se sont élevées jusqu'aux portes du firmament et qui ont dérobé toute la nature à vos yeux, vous représentent le néant où était la nature universelle avant que le Créateur eût conçu, dans son imagination, d'opérer la création, tant spirituelle que temporelle. Il nous fait voir clairement que tout être temporel provient immédiatement de l'ordre de sa pensée et de sa volonté, et que tout être spirituel divin vient directement de son émanation éternelle. La création n'appartient qu'à la matière apparente, qui, n'étant provenue de rien, si ce n'est de l'imagination divine, doit rentrer dans le néant ; mais l'émanation appartient aux êtres spirituels qui sont réels et impérissables. Tous les esprits soit majeurs, soit mineurs, existeront éternellement dans une personnalité de distinction, dans le cercle de la Divinité. L'Éternel est appelé Créateur, non seulement pour avoir créé, mais aussi parce qu'il ne cesse et ne cessera jamais de créer des vertus et des puissances d'actions spirituelles en faveur des élus qui émanent de lui. Ces êtres spirituels sont certainement innés dans la Divinité, comme le séminal de la reproduction des formes est inné dans le corps général et particulier de l'univers.
Vous ne pouvez refuser à la Divinité ce privilège d'émanation spirituelle, puisque vous avez sous vos yeux une preuve physique que cette loi subsiste dans la reproduction des formes. Ne perdez jamais de vue ce que le Créateur a fait pour vous. Vous êtes les vrais témoignages de la manifestation de sa gloire et de sa justice. N'admettez jamais que lui, comme moteur créateur de tout ce qui s'aperçoit à vos yeux corporels et spirituels, et soyez convaincus que rien n'existe, n'a existé et n'existerait sans sa volonté. N'oubliez jamais que tout est provenu de lui, et non de ces maudits esprits tentateurs qui, par leurs insinuations démoniaques, ont précipité vos semblables dans les affreux abîmes de la matière, ayant eu l'orgueil de se faire considérer par les hommes comme les vrais dieux, vivifiants, vivants et de vie éternelle. Demeurez en paix sous la protection du Créateur dans la portion de terre qui vous est échue à chacun en partage ; soyez les gardiens de cet héritage, ainsi que le sera votre postérité, de génération en génération, jusqu'à la fin des siècles. Malheur à celui de vous qui effacera de sa mémoire les préceptes, lois et commandements que le Créateur donne pour la seconde fois à la créature universelle et à ceux qui sont innés dans tout être spirituel de son émanation ! Parmi ces êtres spirituels, les majeurs sont ceux dont l'Éternel se sert pour instruire les hommes de sa volonté, et ils font leur séjour près du trône de la domination divine. Les inférieurs sont ceux qui actionnent, dans toute l'étendue de la création universelle, soit sur le corps terrestre, soit sur l'aquatique et le fougueux ou l'axe central. Souvenez-vous que le Créateur, en régénérant la terre, vous a également régénérés. Il a répété, devant vous, le type de la création universelle, afin que vous instruisiez vos postérités que tous les habitants de la terre ont été confondus dans les abîmes de leur Dieu de matière avec le reste des brutes. Fasse le Créateur tout-puissant que vous et votre postérité ne fournissiez jamais un pareil exemple ! Car il ne serait plus question de mineurs préservés pour la régénération de la terre et de ses habitants : tout serait réduit en cendres et en poussière, tout rentrerait dans le néant, et les mineurs spirituels seraient précipités pour une éternité dans la privation divine. Allez et jouissez en paix de la bénédiction que je répands sur vous, au nom et par la toute puissance de l'Éternel !"
Après cette insinuation, Noé émancipa tout son peuple de ses soins spirituels, afin que chacun allât jouir librement de ses vertus, de ses facultés et de sa puissance dans sa destination terrestre. Il resta, avec sa femme, au centre de la Terre, ainsi que je l'ai dit, et il eut là une nombreuse postérité. Je vous expliquerai, dans son lieu, le type de la résidence de Noé au centre de la Terre. Je vous ai assez instruit comment Noé fit le type du Créateur, celui de sa justice par la construction de l'arche, et celui de la régénération par la force de son invocation, qui réconcilia toute la terre avec le Créateur, ainsi que les mineurs préservés du châtiment universel. Je vais vous parler maintenant de la postérité que Noé eut dans le lieu de sa résidence. Elle fut au nombre de dix enfants, savoir sept mâles et trois femelles. C'est sous cette postérité que le culte du Créateur a été régénéré et qu'on a offert des holocaustes purs à l'Éternel, sans autre intérêt que celui de sa gloire et la sanctification des mineurs. Chacun de ces sept fils de Noé reçut du Créateur un don particulier. L'un avait le don d'opérer spirituellement, au gré du Créateur, pour l'avantage et l'instruction de ses frères ; l'autre le don de prophétiser ; un autre le don de l'interprétation, et ainsi du reste. L'Écriture parle assez amplement des différents dons que le Créateur a mis dans certains hommes émanés de lui pour la manifestation de sa gloire. C'est par ces différents dons que les enfants de Noé ont régénéré les différents cultes dont ils avaient besoin pour leur mission spirituelle et temporelle. C'est cette même seconde postérité qui a rétabli les différents cérémonials, les différentes prières et invocations nécessaires au culte qu'elle avait à opérer ; c'est elle encore qui a rétabli les temps, les heures, les jours, les semaines, les mois, les années selon leur premier cours ordinaire, quoiqu'on ne calcule plus aujourd'hui ces mêmes choses comme on les a calculées dans ces premiers temps.
Il n'est point surprenant que Noé ait eu cette seconde postérité qu'il nomma : hommes-dieux de la terre, puisqu'il avait fait lui-même le type du Créateur. Il n'est pas étonnant non plus que cette postérité n'ait opéré que des œuvres purement spirituelles et non matérielles-temporelles, puisqu'elle n'avait eu aucune part au partage de la terre. Je sais que l'Écriture ne parle point de cette seconde postérité ; mais nous ne pouvons ignorer que Noé ne nous ait retracé le type d'Adam dans sa prévarication première, et dans celle de sa postérité seconde et première, Caïn et Seth. Nous ne pouvons point douter non plus que Noé ne nous ait répété le type de ce même Adam dans sa réconciliation et dans la reproduction d'une postérité spirituelle, ainsi que je vous le ferai voir. Adam, étant devenu impur devant le Créateur par son incorporisation matérielle, ne pouvait avoir qu'une postérité de matière, condamnée, de génération en génération, à opérer un culte mixte du spirituel et du matériel. Noé répéta la même chose dans sa première postérité de trois fils mâles qu'il eut avant son élection et la manifestation de la justice divine. Quoique ces trois enfants n'eussent pas commis d'abominations parmi les postérités prévaricantes où ils avaient vécu, ils furent néanmoins souillés par les crimes qui s'étaient commis en leur présence. Ils se purifièrent par le jeûne, la prière et les douleurs qu'ils ressentirent dans leur âme et dans leur corps, à la vue du châtiment universel dont la terre était frappée. Cette expiation était pour nous enseigner que, quelque juste que soit le mineur devant le Créateur, il faut toujours qu'il soit purifié par le feu spirituel de la souillure qu'il a contractée par son séjour dans une forme de matière, quand bien même il aurait rejeté toutes les attaques que le mauvais intellect aurait voulu lui porter, ce que l'on verra plus en détail, quand je parlerai de la matière et des formes corporelles.
Mais, lorsque Adam eut obtenu sa réconciliation, il eut une postérité spirituelle et qui porta le nom de postérité de Dieu. De même, Noé, après son élection spirituelle, eut une seconde postérité destinée, comme nous l'avons dit, à n'opérer que des œuvres purement spirituelles.
Ces sept enfants de la seconde postérité de Noé comprirent parfaitement que le culte qu'ils avaient à opérer était le même que celui que le Créateur devait espérer de son premier homme. Ils devinrent, par leurs travaux et par les dons qu'ils avaient reçus, les sept colonnes spirituelles divines qui devaient soutenir l'univers et le préserver des fléaux de Dieu, en fléchissant, par la justice de leurs œuvres, la miséricorde divine envers les prévaricateurs des siècles à venir. Mais ces sages n'exercèrent pas longtemps leur mission. Les hommes qu'ils instruisirent se livrèrent à toutes sortes de passions et de cupidités criminelles, malgré les instructions et les exemples qu'ils avaient devant les yeux : ce qui obligea ces sages à les laisser tomber en proie au démon et sous le fléau de la justice divine. Cette justice ne s'est pas seulement opérée sur les hommes prévaricateurs, mais même sur les villes et leurs maisons, qui furent anéanties par les fléaux que le Créateur fit lancer par ses anges exterminateurs. Tel a été le sort de la ville d'Enah construite par Caïn, des villes d'Égypte, de Sodome et de Gomorrhe, de Jéricho, de Jérusalem et de tant d'autres. La destruction de ces monuments prouvait que ces ouvrages des hommes n'étaient que des œuvres matérielles opérées d'après la pensée de l'intellect démoniaque ; et toutes ces villes ne furent détruites que parce que la parole des justes ne put jamais s'y faire entendre assez pour y opérer toute sa puissance spirituelle en faveur de tous ses habitants. Cela ne doit point vous surprendre. Aucun homme juste n'avait pris naissance dans ces villes ; au contraire, leurs habitants avaient toujours fait leurs efforts pour exterminer entièrement ceux ou celles qui professaient l'instruction spirituelle, ou parmi les nations de leur correspondance matérielle. Si nous voulons jeter les yeux autour de nous, nous apercevrons la même chose dans le siècle présent. Il ne faut que réfléchir sur les villes actuelles, leurs habitants et les œuvres journalières des hommes, tant intérieurement qu'extérieurement, nous verrons aisément régner dans l'univers la même cupidité qui y régnait dans les premiers siècles.
Il ne faut pas croire que les mêmes fléaux qui sont tombés sur les villes anciennes, tombent aujourd'hui sur nos villes, quoiqu'elles soient également criminelles et construites par la main des hommes. De même qu'il est au pouvoir du Créateur de donner continuellement de nouvelles récompenses aux fidèles mineurs, de même il est en son pouvoir d'exercer de nouveaux châtiments et fléaux inconnus aux prévaricateurs, ce qui nous prouve qu'il est impossible de se soustraire à la justice divine. Il faut observer encore que ces villes anciennes ne furent ainsi frappées que parce que le nombre parfait septénaire des hommes justes n'existait plus sur la terre, le Créateur en ayant retiré la plus grande partie : et c'était bien là un avertissement que le Créateur allait abandonner les hommes de ce temps-là à leur malheureux sort. Ces fléaux, d'ailleurs, avaient été annoncés par le fléau général qui tomba sur la postérité de Caïn et sur la plus grande partie de celle de Seth, puisqu'il ne se trouva de justes dans cette postérité de Seth que le bienheureux homme Noé et ses enfants.
Nous avons vu que les enfants de la seconde postérité de Noé avaient reçu chacun un don spirituel divin pour qu'ils en fissent usage selon les instructions de la Divinité. Nous avons vu aussi qu'ils réglèrent les différents intervalles de temps convenables pour opérer leurs différents cultes. Mais pour faire cette division spirituelle du temps, des heures, des jours, des semaines, des mois, des années, ils suivirent une règle de calcul toute différente de celle qu'avaient suivie leurs frères aînés temporels pour leurs opérations mixtes du spirituel et du matériel terrestre. Vous devez comprendre que cela ne pouvait être autrement : n'est-il pas vrai que, pour la simple culture de la terre, il faut observer des intervalles de temps, des jours, des semaines, des mois de lune et qu'il faut les employer [de] différentes façons ? N'est-il pas vrai que, si l'agriculteur néglige d'observer toutes ces choses, ce sera en vain qu'il aura semé, et qu'il ne retirera de ses travaux qu'une récolte très médiocre en comparaison de celle qu'il eût retirée, s'il eût suivi exactement toutes les formalités nécessaires. Cette loi est indispensable et vient du Créateur même, qui la prescrivit à l'homme lorsqu'il le condamna à la culture de la terre, et nous la voyons de plus s'exécuter et s'accomplir physiquement sous nos yeux. Pourquoi ne voudriez-vous donc pas que le culte spirituel fût également assujetti à une loi, à un cérémonial exact et à une fidèle observation des temps et des saisons ?
Je vous apprendrai que le culte divin, étant d'une nature bien différente de la culture de la terre, il n'est pas surprenant que les enfants de la seconde postérité de Noé aient réglé toutes les choses relatives à leur culte spirituel d'une manière différente dont ces mêmes choses avaient été réglées par leurs prédécesseurs, qui, comme je l'ai dit, opéraient un culte mixte du spirituel et du matériel terrestre. Cette raison même ne vous prouve-t-elle pas que la seconde postérité de Noé devait être plus instruite et plus expérimentée dans le culte spirituel divin que la première postérité ? Celui qui voudrait exercer deux talents à la fois ne pourrait en exercer aucun avec perfection ; mais celui qui n'a qu'un seul talent et qui le fait avec précision est sûr de parvenir à le posséder plus parfaitement que toute autre personne. Voilà pourquoi les enfants de la seconde postérité de Noé excellèrent dans le culte spirituel et surpassèrent dans ce genre leurs frères aînés. Il ne faut donc plus trouver étonnant que ces hommes-dieux aient établi des formalités et un cérémonial différent pour le culte qu'ils avaient à remplir. Ce n'est point à l'homme temporel et terrestre de condamner cet usage, puisqu'il ne peut avoir une parfaite connaissance de la mission de cette postérité spirituelle, et, s'il avait cette parfaite connaissance du culte divin, il se garderait bien de le condamner.
La seconde postérité de Noé dont nous parlons faisait le grand type des sept principaux esprits supérieurs divins ; et, par leur grande vertu, leur puissance et leur sagesse, elle faisait encore le véritable type des sept principaux êtres spirituels majeurs qui opèrent pour la conservation et le soutien de cet univers. Si ces dignes sujets n'étaient destinés, par le Créateur, qu'à opérer spirituellement, il n'est pas surprenant que leur conduite dans toutes leurs opérations spirituelles soit un mystère pour les hommes temporels terrestres qui ne sont occupés qu'au culte de la terre. Ces sages, dans leur état de justice divine, relativement à leur mission spirituelle, ne pouvaient être bornés par un temps de ténèbres temporelles comme le sont les mortels ordinaires. Ces ténèbres appelées nuit, n'auraient point eu lieu pour l'homme, si le premier père n'avait pas prévariqué. Si Adam n'avait eu qu'une postérité de Dieu, comme c'était l'intention du Créateur, toutes les actions de cette postérité se seraient opérées indépendamment des ténèbres de la nature élémentaire, au lieu que la prévarication d'Adam a fait naître de lui une postérité matérielle et des hommes de ténèbres.
Mais la seconde postérité de Noé fut véritablement une postérité de Dieu, en ce qu'elle fut conçue sans l'excès des sens de la matière. Aussi, quoique ces êtres fussent renfermés dans une forme corporelle, ils jouissaient des mêmes vertus et des mêmes puissances dont Adam jouissait dans son état de gloire. Ces hommes, n'étant occupés que des opérations divines qui tendaient à la plus grande gloire du Créateur, il leur fut fixé les instants où ils devaient opérer leurs actions spirituelles selon le vouloir de la Divinité. Ils reçurent en même temps toutes les lois d'ordre immuable qu'ils auraient à observer, par la suite, dans leurs différentes opérations, et chacun selon leur don particulier, ainsi que je vais le détailler.
Le premier né de cette postérité fit, parmi ses six frères, le type de l'esprit interprète : il reçut du Créateur, pour cet effet, le don d'interpréter à ses frères les dons provenus de leurs opérations ; ce fut aussi celui qui commença le premier à opérer la puissance et la vertu qu'il tenait du Créateur. Il ne se sépara plus de son père Noé, que lorsque l'Éternel le lui eut retiré, après avoir fini son temps prescrit d'actions spirituelles divines temporelles.
Ce premier sage fixa l'intervalle des temps nécessaires pour l'opération qu'il avait à faire, et selon l'ordre qu'il en avait reçu, il fixa cet intervalle au quart des jours ordinaires que nous voyons présentement circuler parmi nous. Il le fixa ainsi, quoiqu'il fut un être pensant chez lequel il n'y avait point de ténèbres, afin de donner à ses frères une règle fixe pour eux et pour leurs disciples à venir des intervalles qu'ils devaient mettre dans les différentes opérations du culte divin. Le second ne fit son opération spirituelle qu'immédiatement qu'après le premier eut fini la sienne. Quoique cette seconde opération fût en similitude de la première, cependant l'opérant ne put y apporter les mêmes intentions, ni y employer les mêmes paroles, parce que le don qu'il avait reçu était différent de celui qui avait été accordé au premier. Ce don était celui de prophétie pour la manifestation de la justice divine. Ce second opérant fixa la moitié du temps en joignant au premier intervalle un pareil intervalle de six heures pour le cours de son opération. Je ne dois point vous laisser ignorer que le troisième de ces sages avait reçu le don d'astronomie universelle, générale et particulière, et que le quatrième avait reçu le don de la connaissance du Verbe puissant que le Créateur employa pour toute sa création temporelle. Aussi ce dernier opérait-il en faveur des corps humains pour leur conservation pendant le cours de leur durée, et c'est de là qu'est sorti l'art de guérir radicalement les maladies, ainsi que je le ferai voir dans la suite lorsque je parlerai des différents événements qui surviennent aux formes corporelles. Je dois encore vous dire ici que les quatre premiers sages faisaient le type des prophètes passés et à venir.
Il faut savoir qu'un intervalle ne peut fixer un temps suivi et perpétuel, que lorsque le commencement du second intervalle en a fixé l'étendue, et c'est lorsque les deux intervalles sont ainsi réunis qu'ils se conduisent comme la moitié d'un temps, parce qu'un temps est composé de quatre intervalles. Ce sont ainsi les quatre premiers-nés de la deuxième postérité de Noé qui ont fixé les quatre intervalles d'un temps, en exerçant leur opération spirituelle chacun pendant six heures. Les deux premiers opérants forment la moitié du temps journalier et temporel, et les deux seconds forment l'autre moitié. Les uns appartenaient au jour, les autres à la nuit ; ce qui forme en tout le temps juste et complet des bornes que le Créateur a données au cours journalier de sa création universelle. Quoique les quatre premiers sages aient fixé un temps pour leurs opérations spirituelles, quoique ce soit même de là que le jour présent de vingt-quatre heures ait été remis dans son premier état de nature journalière et nocturne, il faut bien se garder de croire, ainsi que je l'ai déjà dit, que ces sages fussent soumis aux temps qu'ils avaient fixés, et que leur esprit fût assujetti aux bornes et aux intervalles qu'ils venaient d'établir.
Il est impossible d'admettre un temps pour l'esprit. Ainsi les intervalles que les sages ont marqués pour leurs opérations spirituelles ne peuvent se compter relativement à leur nature d'êtres pensants, et le jour temporel ne pouvait être une borne à leur esprit, comme il en est une pour la nature corporelle. Au contraire, en traçant ainsi leurs intervalles spirituels, ils faisaient entendre que c'était l'esprit lui-même qui avait tracé les intervalles temporels. Les nations, chez lesquelles ces sages se répandirent, ne surent pas distinguer cette division spirituelle du temps d'avec la division ordinaire qui se fait journellement selon la nature créée ; c'est ce qui les a jetées dans de grossières erreurs de calcul et leur a fait prendre un de ces intervalles spirituels pour un des jours temporels à nous connus.
Mais, avant d'entrer dans ce détail, j'ai à vous instruire des différents dons que reçurent les trois derniers nés de la seconde postérité de Noé. Le cinquième de cette postérité reçut le don de plantation, de cultivation terrestre. Le sixième, celui de la connaissance du caractère littéral et hiéroglyphique céleste, terrestre spirituel, supérieur, majeur inférieur et mineur divin. Celui-ci connaissait encore parfaitement tous les caractères hiéroglyphiques de tout être spirituel démoniaque. Le septième reçut le don de construire des édifices spirituels pour la gloire du culte du Créateur, ainsi que l'avaient reçu Adam, Seth, Enoch et Noé, qui élevèrent des autels au Seigneur.
Moïse nous a fait connaître qu'il avait le même don pour la construction de l'arche mystérieuse, de l'autel et du tabernacle, de même que pour les minéraux, les bois et tous les autres matériaux qui furent tournés et travaillés par l'effet des opérations spirituelles de Moïse et de Betsaléel. Moïse traçait le plan des édifices et Betsaléel les exécutait. Les trois derniers sages, enfants de Noé dont nous venons de parler, tinrent dans leur opération spirituelle la même conduite qu'avaient tenue les quatre premiers ; mais comme leurs dons étaient différents, leurs intentions et leurs paroles ne pouvaient être les mêmes. Les quatre premiers qui ont fixé le jour par quatre intervalles d'opérations, ne prirent point de femmes, étant entièrement consacrés au culte du Créateur. Ils faisaient un type réel de ceux que le Créateur devait élire pour la manifestation de sa gloire et de sa justice. Ils figuraient encore les justes du passé et de l'avenir, tels qu'Enoch, que l'Écriture révère tant, Melchisédech, Élie et le Christ, dont deux ont été enlevés du centre de la Terre par le feu spirituel, et les deux autres l'ont été dans leurs propres corps de gloire spirituelle divine, ainsi que le Christ le prouve bien clairement par sa résurrection d'homme divin.
Nous avons vu précédemment que Noé avait émancipé de ses soins les trois enfants qui composaient sa première postérité, savoir : Sem, Cham, Japhet. Ces trois hommes ne s'occupèrent qu'à établir et à cultiver la portion de terre qui leur était échue, afin de pourvoir à leurs besoins et à ceux de leur famille présente et à venir. Ils restèrent, en conséquence, un assez long espace de temps sans méditer sur les instructions spirituelles que leur avait données Noé ; ils ne s'attachèrent point à faire la division de l'intervalle des heures, des jours, des semaines, des mois, des années. Enfin, tout leur culte divin se bornait à savoir qu'il existait un être tout-puissant au-dessus de toute chose créée, et qu'ils appelaient Abavin 8, qui veut dire, en langue Noéchite, Esprit doublement fort, par lequel le Créateur a opéré toute chose ; c'est ce que nous appelons philosophiquement l'action divine du Créateur. Ce mot, quoique Noéchite ou chinois, est le même que celui que les Juifs proféraient jadis, et qu'ils connaissaient très-parfaitement sorti de leur langue. Les Hébreux connaissaient aussi ce mot autrefois, et le connaissent encore aujourd'hui, parce qu'il y a toujours eu quelqu'un parmi eux qui a possédé une partie de la connaissance de cette première langue. Adam et sa postérité ont aussi prononcé ce mot, ayant parlé les premiers la langue judaïque, qui est celle que la nation spirituelle divine avait de tout temps réservé pour sa créature mineure.
Je fais ici une distinction du mot Juif et de la langue judaïque d'avec le mot hébreu et la langue hébraïque. Le mot Juif signifie juste ; et la langue judaïque signifie le langage de la sainteté de l'Esprit divin qui dirige l'opération de ces hommes justes. Le mot Hébreu signifie la postérité d'un homme sage, que l'Écriture appelle Héber et la langue hébraïque signifie le langage de la postérité d'Héber. Mais cette langue est très différente de la langue judaïque, parce qu'il n'y a, parmi cette postérité d'Héber, aucun de ces vrais hommes justes ou juifs, et que, depuis ces temps passés, il n'en a été suscité aucun par l'Éternel pour instruire parfaitement cette postérité de la vraie langue qu'elle a perdue, quoiqu'elle croie l'avoir et la suivre très exactement.
La langue judaïque est toute simple et sans la ponctuation de convention humaine, qui a été introduite dans la langue des Hébreux. Les véritables Juifs reconnaissaient que l'origine alphabétique de leur langue vient de la partie céleste et non de la convention des hommes. Ils trouvent tous les caractères de cette langue clairement écrits dans l'arrangement des étoiles, et c'est de là qu'ils sont tirés. Les Hébreux se servent bien des mêmes caractères que les Juifs, mais les différentes ponctuations, les accents et les chevrons qu'ils ajoutent à ces caractères les font prononcer d'une manière opposée à ce qu'ils sont dans leur pure nature de simplicité. Je me sers ici du mot Israélite, quoique le nom d'Israël ne fût pas encore connu dans le temps dont je parle. Israël signifie fort contre Dieu, et Israélites signifie forts en Dieu. C'est pourquoi je donne ce nom aux sages Noéchites de la postérité de Noé. Tout ceci nous apprend donc que le mot hébreu veut dire confusion, ainsi que nous l'enseigne très parfaitement le nom d'Israël, donné à ce peuple par ordre du Créateur, et qui signifie fort contre l'Éternel. Rien, dans le monde, n'est plus agréable et plus fort envers le Créateur que la prière et l'invocation des Juifs, et rien de plus indifférent et de plus rapineux que le cœur de l'Hébreu. Cela ne doit point vous surprendre, puisque le peuple ne possède plus les lois divines et qu'il se contente du cérémonial d'une loi qui lui a été enlevée ignominieusement. Poursuivons le détail des événements de la postérité de Noé.
Noé passa le premier siècle avec sa seconde postérité, et l'instruisit pendant 130 ans par ses soins temporels et spirituels. Il éleva les sept enfants mâles de cette postérité, conformément à la loi du Créateur. Il vendit les quatre premiers-nés des vrais pensants à la Divinité seule. Ces quatre sages ne se donnèrent qu'au culte divin, sans avoir aucune participation au culte terrestre. Les trois autres eurent deux cultes à opérer : l'un temporel terrestre, et l'autre spirituel simple ; c'est-à-dire qu'ils ne participèrent point à l'opération du grand culte divin qui était réservé à leurs quatre frères aînés. En effet, le premier-né de cette postérité faisait le type des grands prêtres et grands sacrificateurs à venir : ce fut le premier des hommes de ce temps-là qui rappela le premier sacrifice d'Adam fait par Caïn, son premier-né, sur son frère Abel. Le premier-né de Noé était, en sa qualité d'interprète spirituel, le premier chef de toute espèce d'opération divine ; il mit le premier la main à l'encensoir et fit l'offrande de l'holocauste au Créateur. C'était encore lui qui faisait seul, à voix basse, la grande invocation pour la descente de l'esprit en consommation de l'holocauste d'expiation et de réconciliation. Il était seul à l'autel du sacrifice, et ses trois frères se trouvaient immédiatement après lui, en ligne droite, comme principaux assistants à la grande opération du culte divin. Ce qui a été répété par Moïse, assisté dans ses opérations par Aaron, Ur et Betsaléel. Aaron a répété la même chose en prenant ses enfants pour assister à son travail. Le même ordre a été suivi dans le service du temple de Salomon, et l'Église du Christ nous le représente encore aujourd'hui dans le sacrifice qu'il offre sur l'autel de purification, par la main, l'intention et la parole du célébrant, assisté du premier, du second et du troisième diacres. Vous devez voir par là que toutes les choses de cette nature sont véritablement parvenues par la succession des temps jusqu'à nous ; et que ces sortes d'opérations spirituelles divines ne viennent pas de l'imagination des hommes, mais très certainement du Créateur éternel.
Il faut vous instruire maintenant quelles furent les charges que les trois derniers fils de cette seconde postérité de Noé reçurent de la part de leur père. Ils furent ordonnés pour aller visiter les trois régions terrestres distinguées par Ouest, Sud, Nord, et habitées depuis 141 ans par la première postérité de Noé, nommée Sem, Cham, Japhet. Aussitôt qu'ils eurent reçu les instructions nécessaires pour leur mission et qu'ils se furent assurés de la volonté du Créateur par leurs opérations spirituelles divines, ils partirent avec leurs sœurs, qu'ils avaient prises comme femmes, et dont ils eurent postérité. Ils n'avaient pas besoin de porter avec eux aucunes provisions, et ils trouvèrent sur la terre de quoi fournir à leur nourriture et à tous leurs besoins corporels.
L'aîné des trois fils fut, avec sa femme et sa postérité, habiter la partie du midi ; le second la partie de l'ouest, avec sa femme et sa postérité ; le troisième fut, également avec sa femme et sa postérité, habiter la partie du nord ou d'aquilon, conformément à la première langue. Ils allèrent chacun dans ces différentes parties du monde pour perpétuer chez leurs frères, de même que chez leur postérité, le cérémonial du culte divin, afin que ces peuples ne perdissent pas entièrement de vue le culte que le Créateur exigeait d'eux, relativement aux grâces et aux miséricordes infinies qu'ils avaient reçues de l'Éternel. Ils opérèrent de si grands prodiges spirituels parmi ces peuples, qu'ils n'eurent pas de peine à se soumettre aux instructions, aux conseils et aux leçons spirituelles divines que ces trois hommes sages répandirent chacun dans sa région, selon leur mission et l'ordre qu'ils avaient reçus. Cependant, il fallait commencer par prêcher à ces nations une doctrine purement temporelle, afin de se mettre à leur portée, et de les élever ensuite du culte temporel au culte spirituel. C'est ce qu'ils firent effectivement, ainsi que je vous le ferai connaître.
Ces premiers peuples n'avaient pas réglé parmi eux les heures, les jours, les mois, les années, et les saisons ; ils vivaient à peu près comme les brutes, si ce n'est qu'ils reconnaissaient un être supérieur à eux, ainsi que je l'ai déjà dit. Toute leur science temporelle et spirituelle se bornait à faire différence du jour élémentaire d'avec les ténèbres, que nous appelons nuit, et à comprendre que les ténèbres leur annonçaient le repos et que le jour devait servir à leur action ordinaire temporelle pour leurs opérations terrestres.
Les trois hommes sages, qui étaient venus pour les instruire, commencèrent par établir chez eux une mesure de temps, qu'ils réglèrent sur la division spirituelle que leurs quatre premiers frères avaient faite pour leur quatre premières opérations du grand culte divin, c'est-à-dire qu'ils établirent chez ces nations les mêmes règles qu'ils avaient vu observer et qu'ils avaient observées eux-mêmes chez leur père. Cette loi était indispensable pour établir le culte divin parmi ces nations. Ces trois maîtres spirituels commencèrent ensuite à s'attacher quelques-uns des habitants de ces régions : ils les élevaient chacun aux sciences qu'ils professaient ; ils leur faisaient comprendre que, quoique la nuit des ténèbres fût faite pour le repos du corps de l'homme, elle n'était point faite pour le mineur spirituel divin, attendu que cet être ne pouvait rester sans action relativement à sa nature spirituelle, et, qu'en conséquence, le Créateur n'avait pu émaner de son sein tous les mineurs, leurs semblables, assoupis, et pour s'anéantir comme leurs formes corporelles, qui n'étaient que des êtres passifs et apparents, destinés à être confondus dans l'imagination divine qui les faisait paraître tels qu'ils étaient.
Lorsque ces sages eurent ainsi disposé leurs disciples par de semblables instruments, ils se proposèrent de les admettre au travail du culte spirituel. Pour cet effet, ils leur firent observer les méditations, les prières et le cérémonial convenables pour se préparer aux différentes opérations qu'ils devaient faire, et ils choisirent parmi ces disciples, les quatre sujets les plus capables et les plus instruits, et qui avaient le plus grand désir de parvenir à la connaissance parfaite des sciences divines que leurs maîtres professaient.
Ces trois sages, maîtres spirituels, placèrent chacun leurs quatre sujets dans leur cercle mystérieux d'opérations et les tinrent pendant l'espace de temps nécessaire, pour accomplir, sans trop de précipitation, le travail spirituel qui leur était indiqué. Le premier disciple fut placé dans le cercle mystérieux, au soleil levé, et y resta l'espace de six heures de notre jour ordinaire. Le deuxième prit alors la place du premier, et y resta le même temps. Le troisième et le quatrième disciples suivirent le même ordre des deux premiers, de sorte que les quatre opérations de ces disciples commencèrent au soleil levé et finirent à l'autre soleil levé. C'est de cette première opération que commence le premier calcul des enfants de Noé, que l'on appelle Noéchites ou Chinois, parce que la nation des Chinois et des Japonais sortit directement de la postérité des enfants de Noé, savoir, de la première postérité, Sem, Cham, Japhet, qui habitèrent chacun un angle de cette région de la Chine, d'où tous les peuples de la terre sont provenus, savoir aussi, des trois derniers des sept mâles qui, avec les trois femelles, formèrent la seconde postérité de Noé. J'ai dit que l'Écriture ne parlait point de cette seconde postérité : le silence de l'Écriture à ce sujet ne doit point nous étonner ; elle a laissé en arrière des sujets très intéressants pour l'homme de désir ; peut-être en cela a-t-elle eue quelques raisons très-légitimes, peut-être aussi les traducteurs n'ont-ils pas trouvé ces détails très-nécessaires à l'instruction de l'homme incapable de satisfaire sa curiosité. Mais je reparlerai de ceci dans la suite, ainsi que des noms des sept enfants mâles de cette postérité.
L'opération faite par les quatre disciples dont j'ai déjà parlé, fut le principe de leur calcul journalier ; selon leur convention mystérieuse, spirituelle temporelle, chacune de leurs opérations, s'accomplissant dans un intervalle de six heures, formait effectivement un jour, relativement au culte spirituel divin que ces sages professaient pour la gloire de Dieu.
Ces premiers peuples, ainsi qu'on vient de le voir, n'avaient pas réglé parmi eux les jours de travail de l'esprit que le sage assujettit par la force de son opération, ne se calculant pas comme les jours du travail matériel. Quatre intervalles d'opérations spirituels fixent un temps complet à l'esprit, en faveur de celui qui l'opère et qui l'invoque ; de sorte que les quatre opérations de ces premiers disciples divisaient les jours ordinaires, à nous connus, en quatre parties égales, comme nous pouvons le diviser nous-mêmes par quatre fois six heures de notre convention humaine, et, par ce moyen, ces sages faisaient quatre jours d'un de nos jours ordinaires. Les Chinois ont introduit, dans leur calcul journalier temporel, ce calcul spirituel des opérations du culte divin que les hommes auraient à exercer par la suite, d'après l'exemple mystérieux que ces sages en donnaient chacun à leur nation ; mais ces mêmes sages fixèrent encore, par cette division, le temps qui devait servir à marquer leurs années.
Ce qui nous fait connaître que la division du temps du cérémonial de la prière et du culte divin qu'ont exercé Abraham, Ismaël, Isaac et Jacob, dans leur postérité vraie Israélite, ne le voyons-nous pas d'ailleurs s'observer encore aujourd'hui par les quatre intervalles des prières qui sont usitées dans nos églises ? C'est ce qui nous apprend que l'origine du cérémonial des différents cultes, qui [se] sont opérés et qui s'opèrent journellement sur la terre, vient des quatre premiers-nés de la seconde postérité de Noé, qui ont transmis et fait transmettre ce qu'ils avaient reçu à ce sujet du Créateur, à la postérité de leurs premiers frères, Sem, Cham, Japhet.
Après vous avoir instruits de la règle et de la fondation des jours spirituels que les Noéchites ou Chinois ont suivis et qu'ils ont compris dans leur histoire civile comme des jours temporels ordinaires de la nature universelle, je vous enseignerai quelle fut la fondation de leurs mois, ne pouvant vous instruire de leurs semaines, parce qu'ils n'en avaient point fixé par le calcul spirituel qui leur fut enseigné. Les trois sages maîtres spirituels, venus de la part de Noé leur père, jugèrent à propos de joindre trois autres disciples aux quatre qui avaient fait la même opération et marqué la division des jours temporels en quatre parties. Les trois derniers furent entièrement exercés et perfectionnés dans les différents cultes divins auxquels les sages les destinaient. Au moyen de cela les sages eurent chacun sept disciples sur lesquels ils pouvaient compter pour l'exactitude, le zèle et la fermeté à remplir tout ce qui était convenable et nécessaire aux différentes opérations spirituelles du culte divin. Ils fixèrent aussi le nombre septénaire parmi leurs disciples à l'exemple de la postérité seconde et septénaire de leur père Noé, dans le nombre de laquelle ils étaient eux-mêmes compris ; ils fixèrent encore ainsi ce nombre septénaire parce que l'Éternel avait opéré six pensées divines pour la création universelle et que, le septième jour, il donna sept dons spirituels et qu'il attacha sept principaux esprits à toute sa création pour la soutenir dans toutes ses opérations temporelles, selon la durée septénaire qu'il lui a fixée.
Les sept premiers sages de la postérité de Noé prirent cet exemple pour diriger leur conduite, afin de perpétuer aux hommes à venir la connaissance et la correspondance de ces sept principaux esprits que le Créateur avait attachés dans son univers pour instruire la créature inférieure et mineure de sa volonté, et l'élever, par ce moyen et par celui de l'intelligence spirituelle, à la parfaite connaissance des œuvres divines. L'Écriture sainte nous l'enseigne encore par les sept anges, sept archanges, sept séraphins, sept chérubins, les sept lieux spirituels, les sept trônes, les sept dominations, les sept puissances, les sept juges d'Israël, les sept principaux chefs qui étaient sous Moïse ou Aaron, les quatre fils d'Aaron et Betsaléel, les septante années de captivité d'Israël, les sept semaines de Daniel, les sept jours de la semaine temporelle, les sept dons que le Christ a fait à ses disciples, desquels sont sortis les sept principaux premiers pères de l'Église chrétienne, qui ont exercé les sept ordres spirituels parmi leurs disciples, le chandelier à sept branches qui fut mis dans le temple de Salomon et qui est encore représenté dans l'église de Saint-Pierre de Rome. Le nombre septénaire se calcule philosophiquement par sept mille ans quant au temporel et à la durée ; mais lorsque l'Écriture dit que le septième jour Dieu se dédia son propre ouvrage en bénissant la création universelle, il faut concevoir par cette bénédiction la jonction des sept principaux esprits divins que le Créateur réunit en toute créature comprise ou contenue dans toute sa création universelle. Cette jonction des sept principaux esprits nous est indiquée par l'opération des sept planètes qui opèrent pour la modification, la température et le soutien de l'action de l'univers. Enfin l'univers, ayant été conçu dans son entière perfection par le nombre septénaire, il sera également réintégré par ce même nombre dans l'imagination de celui qui l'a conçu.
Poursuivons l'explication de la manière dont les Noéchites réglèrent leurs mois, lorsque les sages eurent complété le nombre septénaire de leurs disciples. Ils tracèrent à chacun de ces mêmes disciples les quatre jours consécutifs d'opérations spirituelles divines, de sorte que chacun d'eux était entièrement consacré, d'un soleil levé à l'autre, au culte du Créateur pour entretenir l'esprit divin avec eux. Par ce moyen, le culte divin s'opérait du centre du repos de ces sept mineurs spirituels véritables Israélites. Je me sers ici du mot Israélites, quoique le nom d'Israël ne fut pas encore connu dans le temps dont je parle. Israël signifie fort contre Dieu, mais Israélites signifie forts en Dieu ; c'est pourquoi je donne ce nom aux sages Noéchites de la postérité de Noé. Chacun des sept disciples, par l'ordre qui venait d'être établi, avait six jours ordinaires temporels entiers et consécutifs de repos corporel, de sorte qu'ils ne pouvaient nier que le culte divin ne fût moins pénible, moins fatigant et beaucoup plus agréable que le culte terrestre.
Quand ces sept disciples eurent opéré conformément à ce qui leur avait été ordonné par leurs professeurs spirituels, ils nombrèrent leurs opérations et, les ayant trouvées au nombre de 28 intervalles, ils réfléchirent que la Lune opérait sur la terre par le même nombre de 28. Alors l'égalité qu'ils aperçurent entre le nombre des opérations lunaires et celui de leurs opérations, leur fit adopter le nombre de leurs 28 opérations en 28 jours spirituels pour un mois spirituel, qu'ils ont également introduit dans leur histoire civile, comme des mois temporels ordinaires. Voilà comme les Chinois ont fait quatre mois pour un de ceux que nous employons aujourd'hui pour former notre année.
Les sages Noéchites ayant réfléchi sérieusement sur les différents cours d'opérations que l'astre lunaire faisait sur la terre et sur eux, et y ayant trouvé un parfait rapport avec leurs opérations spirituelles, jugèrent à propos de prendre le nombre de 28 opérations de la Lune ou les 28 jours ordinaires temporels de la Lune pour fixer leurs années spirituelles qu'ils ont également introduites dans leur histoire civile, comme ils avaient fait des mois. C'est ainsi que les Noéchites ou Chinois ont compris dans leur calcul annuel treize années pour une de nos années ordinaires, et ils ont suivi ce calcul pendant les quatre premières de leur fondation d'actions spirituelles.
Je ne vous cacherai point que le calcul lunaire est le premier qui fut donné à l'homme par le Créateur, et que le calcul solaire n'est presque adopté que par les Chrétiens. C'est par les sages dont nous venons de parler que le calcul lunaire a été connu, et c'est celui qui élève l'homme à la plus haute connaissance de la nature universelle et de ses révolutions. Sans avoir égard à l'erreur de calcul des Chinois, il est essentiel à l'homme de désir, soit spirituel, soit terrestre temporel, d'être instruit des quatre différentes façons de calculer les différents jours que la lune opère dans tout l'univers élémentaire par son renouveau, son premier quartier plein et son dernier quartier, ce que j'expliquerai lorsque je traiterai du cours des différents corps planétaires.
Je vais vous instruire de la façon dont les Chinois fixèrent leur second calcul de temps. La postérité des trois premiers fils de Noé et celle des trois professeurs spirituels, étant devenue extrêmement nombreuse, et le nombre des disciples considérablement augmenté, il fut suscité parmi les enfants charnels de ces trois professeurs, un de chaque lignée qui reçut, par ordre du Créateur, la succession de son père temporel et spirituel temporel. Ces trois chefs reçurent de leur père toute instruction spirituelle divine sur les différents cultes auxquels ils étaient destinés par l'esprit de vérité, et, après avoir reçu la dernière ordination et la bénédiction spirituelle, ils se mirent avec zèle à la tête des disciples qui se trouvaient alors confiés à leurs soins. Ils firent clairement reconnaître les vertus et les puissances qui leur étaient accordées de par l'Éternel, et, comme le devoir et le droit de ces chefs était de faire une élection spirituelle, ils choisirent, à l'exemple de leurs prédécesseurs, les sept sujets les plus zélés et les plus instruits qu'ils trouvèrent parmi leurs disciples et les employèrent aux opérations du culte divin.
Après avoir fait cette élection, ils jugèrent à propos de changer le temps de leurs opérations et n'opérèrent qu'une fois la semaine, de sorte qu'ils augmentaient leurs années de sept jours et, la mettant de sept semaines pendant lesquelles chacun des disciples choisis opérait une fois, ils ont compris également ce calcul dans leur histoire temporelle et l'ont suivi pendant un siècle et demi de notre temps ordinaire. Après cette époque il survint d'autres successeurs professeurs spirituels qui furent suscités par Dieu comme les précédents ; mais leur postérité s'augmentait alors de plus en plus dans les trois parties de la terre. Les trois nouveaux chefs furent obligés de faire une élection plus considérable que les premiers. Ils en portèrent le nombre à vingt-et-un sujets ; ce qui faisait en tout le nombre de soixante-trois. Les sept principaux opérants furent toujours réservés pour le grand culte de part et d'autre, et les quatorze sujets qui restaient étaient destinés à l'instruction spirituelle du peuple.
Ces derniers successeurs dont nous parlons changèrent encore le temps de leurs opérations et en fixèrent le temps de deux semaines, de sorte qu'il n'y avait plus chez ces nations que deux opérations dans un mois lunaire. Ces opérations se faisaient au commencement et à la fin du croissant de la lune, c'est-à-dire au renouvellement et un peu avant la pleine lune ; et, comme chacun des principaux opérants n'opérait qu'une fois, le temps de leurs sept opérations comprenait à peu près trois mois de notre combinaison ordinaire. Ce fut là une nouvelle règle pour fixer leur année spirituelle, et qu'ils ont suivie encore pendant un siècle et demi de temps à nous connu. Le premier de ces trois successeurs, qui occupait la partie de l'ouest, venant à décéder, celui qui le remplaça ne fit plus opérer le grand culte qu'une fois dans les quatre saisons, savoir, à l'équinoxe de Mars de chaque année, et le reste du temps fut également consacré à l'instruction. Mais le second de ces successeurs, ou celui qui occupait la partie du Midi, ainsi que ceux qui vinrent après lui, ne voulut jamais changer de calcul ; il persévéra à solliciter la nation de Cham, qu'il instruisit, de ne jamais déranger l'ordre qu'il avait établi pour fixer les jours, les mois, les années parmi elle par autorité divine, menaçant ces peuples de la malédiction du Créateur s'ils suivaient l'exemple des deux autres nations, savoir, celle de Sem et celle de Japhet. Ces trois nations ont suivi chacune la convention de leur dernier calcul spirituel : Cham en prenant les quatre saisons pour quatre années ; Japhet en prenant depuis l'équinoxe de Mars jusqu'à l'équinoxe du mois de mars suivant ; Sem en suivant les deux équinoxes pour deux années. Ces trois nations ont également introduit ce calcul dans leur histoire civile, et elles y ont persévéré avec opiniâtreté après les iniques opérations que Nemrod fit dans Babylone, jusqu'à ce qu'elles aient été séparées honteusement du culte divin et dispersées chez tous les peuples, ce dont je parlerai dans la suite. C'est de ces nations que sont venues, chez tous les peuples du monde, les connaissances de l'astronomie et des facultés de puissance des astres planétaires sur la création générale et particulière.
Par tout ce que je viens de dire sur les divisions que les Noéchites ont faites de leurs jours, de leurs mois et de leurs années, on voit pour quelle raison ils se disent plus anciens qu'Adam de 15 ou de 20 000 ans, et plus anciens que nous de 25 000 ans. Nous ne devons pas être surpris de ce que les nations ne regardent pas le déluge comme universel, et même de ce quelles prétendent ne l'avoir jamais vu. Les trois hommes, dont sont sorties les trois postérités qui ont formé les trois nations, étaient les seuls parmi tous ces peuples qui eussent été témoins du déluge. Ils ne pouvaient penser à ce fléau sans frémir : ils prirent tous les moyens possibles d'effacer cet événement de leur mémoire ; ils ne parlèrent jamais à la postérité de ce qui pouvait avoir rapport aux choses horribles et épouvantables qu'ils avaient vues, et cela pour ne pas effrayer les hommes qui étaient provenus d'eux, et ne pas retracer à leurs yeux le détail des maux que les prévaricateurs avaient fait tomber sur la terre.
Cette conduite était d'autant plus coupable, que leur père Noé leur avait recommandé d'instruire la postérité de la manifestation de la justice divine, et qu'eux-mêmes lui avaient promis par serment de suivre avec exactitude les instructions qu'ils avaient reçues de leur père par ordre du Créateur. Mais la faiblesse de ces trois hommes se fait dans leurs descendants Noéchites ou Chinois, qui vivent dans des craintes terribles des êtres hideux, qui rendent un culte à des animaux à qui ils donnent les soins les plus superstitieux, dans l'idée de détourner les maux qu'ils croient pouvoir leur être faits par ces monstres, et qui les regardent comme des Dieux ou comme des démons. C'est ce que nous enseignent toutes ces relations et c'est ce que je ne puis ignorer, l'ayant vu et le sachant par moi-même. Je n'entrerai point dans le détail de la confusion qui en est survenue parmi ces postérités, n'ayant rien de commun avec les choses merveilleuses de la nature spirituelle divine et de la nature universelle créée dont je veux vous instruire.
Réfléchissez bien sur tout ce que je vous ai dit touchant les différentes règles de division de temps pour les opérations du culte divin établi chez les trois premières nations. N'est-il pas vrai que les sages d'Égypte excellaient en astronomie, et que ce qu'ils opéraient était plus considérable que ce qui s'opérait chez les Chinois ? Le culte divin qu'Adam a opéré n'était-il pas supérieur à celui qu'opéraient les sages d'Égypte ? Moïse n'a-t-il pas encore surpassé Abraham et les sages d'Égypte par ses opérations ? Le culte qui s'est exercé dans le temple de Salomon n'est-il pas au-dessus de tous les précédents ? Enfin, le Christ n'a-t-il pas opéré un culte infiniment plus grand que tous les autres dont j'ai parlé ? C'est ce dernier qui nous prouve clairement que tous les cultes passés n'étaient que des figures de ce qu'il a fait. Je n'entrerai point dans d'autres détails à ce sujet, vous en ayant dit assez pour vous convaincre que le cérémonial, ainsi que les temps convenables aux opérations du culte divin, ont été dès le commencement réglés et fixés parmi les hommes ; que toutes ces choses ont été transmises par l'esprit divin, et qu'elles ne proviennent point de conventions humaines. En effet, le Christ a laissé, pour son institution spirituelle divine, à ses disciples la prière et l'invocation journalière de six heures qui complètent le jour ordinaire de 24 heures.
Ces mêmes disciples, qui composent l'Église chrétienne, font encore aujourd'hui leur prière et leur invocation quatre fois par jour ; voilà qui rappelle le premier ordre spirituel du culte divin établi chez les premières nations Noéchites par les sages enfants de Noé.
Secondement, le Christ a fixé à ses disciples le temps où ils exerceraient les quatre grands cultes divins, et l'Église chrétienne observe fidèlement cette institution par ses quatre grandes fêtes annuelles, dont deux doivent se faire aux deux solstices et les deux autres aux deux équinoxes. C'est là ce qui rappelle le second ordre spirituel du culte divin établi chez ces premières nations dont nous avons assez longtemps parlé.
J'entreprendrai maintenant de vous parler du type que fait Abraham dans cet univers. Vous savez que le nom d'Abram fut changé en celui d'Abraham. Le premier nom signifie un père charnel terrestre, élevé au-dessus des pères ordinaires de postérités matérielles terrestres ; aussi il n'y a jamais eu parmi les pères particuliers temporels un homme plus élevé en postérité charnelle qu'Abram. C'est pourquoi l'Écriture l'appelle Abram père élevé, et non Abraham, père élevé en multitude de postérité en Dieu, telle qu'elle aurait dû être opérée par Adam dans son état de gloire, mais qui, par sa prévarication, est devenu père élevé en postérité matérielle terrestre. Il est vrai qu'Abraham a succédé en ceci au défaut d'Adam, puisque d'Abraham est véritablement sortie une postérité de Dieu. C'est, en effet, dans la société d'Abraham que le Créateur a fait son élection générale et particulière : la première, pour manifester sa justice, et l'autre, pour manifester sa gloire.
L'Écriture donne encore à Abraham le nom de père élevé en multitude de confusion. Ces trois différentes explications proviennent des trois premières postérités d'Abraham, qui sont Ismaël, Isaac et Jacob. Ismaël, que je vous ai représenté précédemment comme un type de miséricorde divine, fait également ici le type de l'opération physique d'Adam pour la reproduction de sa postérité charnelle, opération qu'Abraham répète de concert avec sa concubine. Leur fils Ismaël, provenu de la cupidité de leurs sens matériels, fut exclu de la maison paternelle parce qu'il avait été conçu sans la participation de la volonté divine, mais seulement par la concupiscence des sens de la matière.
Le pain et l'eau qu'Ismaël et Agar, sa mère, reçurent d'Abraham et avec lesquels ils allèrent là où leur sort devait les conduire, représentaient la dernière nourriture spirituelle et temporelle qu'ils recevaient de ce patriarche ; ce type répétait encore la dernière nourriture spirituelle que Caïn reçut, depuis qu'il eut conçu de commettre le meurtre de son frère Abel.
Ayant fait le type de la sœur de Caïn, sa complice, et la plus coupable, le défaut de nourriture matérielle où fut Agar avec son fils et qui les engagea d'implorer le Créateur représente la douleur et la consternation où furent Caïn et sa sœur lorsque le meurtre de leur frère Abel fut connu et qu'ils se virent par là exclus de toute participation des sciences et des nourritures spirituelles divines.
L'ange qui parut à Agar et à Ismaël, qui rassasia leur faim et leur soif et qui leur indiqua l'endroit où l'Éternel avait fixé leur demeure, nous rappelle la grâce que l'Éternel accorda à Caïn et à sa sœur, en les faisant marquer sur le front par son ange du sceau invincible de la Divinité, ce qui annonçait à l'un et à l'autre qu'ils avaient obtenu miséricorde du Créateur et qu'ils jouiraient encore une fois de la nourriture spirituelle divine qui leur avait été retirée par rapport à leur crime. Le lieu de la résidence d'Agar et d'Ismaël était le même que celui où Caïn et sa sœur avaient été relégués.
Voilà ce qui nous fait concevoir qu'Abraham et Ismaël sont des types d'Adam et de Caïn dans leurs opérations matérielles. Abraham fut élevé en postérité de matière par son fils Ismaël. Adam le fut aussi comme nous l'avons dit souvent dans tout ce qui a précédé. Abraham, par son fils Ismaël, se trouve être père de douze tribus ainsi que l'Ange l'avait annoncé à Agar. Il y a eu aussi douze tribus en Adam en le comptant avec ses trois enfants et les huit Patriarches qui se trouvent depuis Seth jusqu'à Noé. Les douze tribus d'Ismaël furent le type de l'avènement de celles d'Israël et de celles du Christ : elles se concentrèrent en elles-mêmes et n'eurent aucune correspondance avec celles d'Israël, parce qu'Ismaël, père de ces douze tribus, répète le type de la prévarication et de la réconciliation en répétant le type de Caïn.
Ces mêmes tribus Ismaélites se conservèrent sous la protection divine, tant qu'elles observèrent le culte que le Créateur lui avait fait tracer par son ange ; mais, par la suite, ayant fait alliance avec la postérité de Cham et de Chanaan, elles furent oubliées du Créateur, et, par leur prévarication, elles se rendirent semblables à la postérité d'Enoch, lorsqu'elle se fut liée avec la postérité de Caïn, que le Créateur avait exclue de la société des enfants de Dieu.
Voyez par cet enchaînement que toutes les époques et les élections premières se répètent parmi les hommes, et nous font connaître qu'elles se répéteront jusqu'à la fin des siècles. La suite de ce Traité le fera mieux comprendre encore, lorsque je montrerai clairement qu'à la fin tout reviendra comme au commencement. Passons à la seconde postérité d'Abraham.
Abraham, après avoir été réconcilié en partie avec le Créateur, eut, par autorité divine, un fils de sa femme Sara, quoique son âge avancé l'eût mise hors d'état de concevoir. Cet enfant conçu sans la passion des sens matériels fut appelé Isaac, ce qui répète bien parfaitement la naissance de la seconde postérité d'Adam dans son fils Abel. Isaac suivit exactement les instructions spirituelles divines que lui donna son père Abraham sur les différents cultes qu'il était destiné à remplir, ce qui répète encore le type d'Abel sous la conduite spirituelle d'Adam.
Isaac était parvenu à l'âge de trente ans, et, étant parfaitement instruit des sciences spirituelles divines, il témoigna à son père le désir qu'il avait d'opérer le grand culte divin pour la gloire du Créateur. Il lui dit, selon l'instruction intérieure qu'il en avait reçue de l'intellect spirituel divin, qu'il était temps qu'il fît usage de toutes les sciences divines dont il était instruit et qu'il offrît un sacrifice à l'Éternel. Abraham lui répondit : "Qu'il soit fait, mon fils, ainsi que tu le désires, et que le sacrifice que tu te proposes d'offrir au Créateur serve d'expiation aux hommes de la terre, pour qu'ils soient remis en grâce, qu'ils rentrent dans leurs vertus premières, et qu'ils opèrent efficacement le culte divin pour lequel ils ont été créés."
Abraham ayant consenti aux désirs de son fils Isaac, partit avec lui vers le soleil levé pour se rendre sur le mont de Morijà. Ce mot se divise en deux parties : la première, mor, signifie destruction des formes corporelles apparentes, et ija signifie vision du Créateur. Ils menèrent loin de la montagne les deux serviteurs pour nous figurer l'éloignement et l'abandon que ces deux nations, celle d'Ismaël et celle d'Israël, feraient à l'avenir du culte divin, d'où elles tombèrent dans la privation spirituelle divine, ainsi que nous l'avons vu arriver depuis. Abraham et Isaac gardèrent l'âne avec eux pour nous montrer l'ignorance où seraient un jour ces deux mêmes nations, et qu'à leur préjudice, la lumière serait transportée au milieu des ténèbres et des peuples gentils. C'est ce que le Christ nous a effectivement représenté en entrant dans Jérusalem monté sur un âne.
Lorsque Abraham et Isaac furent sur le sommet de la montagne et qu'ils eurent tout préparé pour le sacrifice, Abraham fit son invocation au Créateur pour l'engager d'être présent en nature divine à l'holocauste qu'il lui faisait de ce qu'il avait de plus cher au monde. Il lui offrit du plus profond de son âme et avec une entière résignation son fils, le juste Isaac, duquel devait cependant sortir une postérité divine dans laquelle serait fondée l'élection spirituelle divine. Après son invocation Abraham jette les yeux sur son fils Isaac ; le fils, sachant que c'était lui que son père avait choisi pour être la victime, s'offre généreusement et se met aussitôt dans la posture convenable pour être immolé. Abraham prit le couteau et était prêt à porter le coup ; mais l'esprit du Seigneur, qui était véritablement présent à cette opération et qui lisait la pureté de l'intention de ces deux hommes, fit une si forte attraction sur Abraham, qu'il le terrassa et le mit hors d'état de terminer son sacrifice. Ce même esprit lui parla ensuite et lui dit que le Créateur était satisfait de sa bonne intention et de celle de son fils, et qu'il allait rendre à l'Éternel un bon témoignage de leur opération.
Abraham releva son fils de dessus le bûcher et lui dit : "Souviens-toi, mon cher enfant, que le plus grand sacrifice que l'on puisse faire au Créateur, c'est la parole et l'intention. L'Éternel connaît parfaitement la bonne et la mauvaise conduite ainsi que les opérations du mineur spirituel. La pensée bonne du mineur fait connaître la gloire de l'Éternel, et la pensée mauvaise fait manifester sa justice sur les impies..." Isaac se tourna alors vers son père et lui dit : "Le Seigneur, convaincu de ta ferme résolution et de celle de ton fils, t'a élevé au plus grand degré de sa gloire et t'a élu père au-dessus de tout sens d'être matériel. Louons le Seigneur de ce qu'il a remis en grâce le père des multitudes de la terre, et de ce qu'il a aussi exaucé sa postérité." Ils aperçurent ensuite un bélier qui sortit d'un buisson ; ils le prirent et l'offrirent en sacrifice pour accomplir leur opération. Ce fut alors qu'ils eurent une connaissance parfaite de la volonté du Créateur, touchant les différents cultes généraux et particuliers, qu'eux et leur postérité avaient à opérer sur la terre, de même que les différentes sortes d'animaux qui devaient servir d'holocauste dans les différentes opérations du culte divin. Ce qui nous fait voir que le véritable culte du Créateur a toujours subsisté parmi les hommes.
Quoique le sacrifice d'Abraham soit la figure de celui qui a été fait sur la personne d'Abel, il y a cependant une grande différence, en ce qu'Abel a été véritablement immolé pour accomplir l'entière réconciliation de son père Adam, au lieu qu'Isaac ne fut immolé qu'en pensée et dans l'intention de son père Abraham. Cette pensée et cette intention furent suffisantes pour qu'Abraham fût parfaitement réconcilié avec le Créateur. Ceci ne doit point vous surprendre, attendu que le crime d'Adam, bien plus grand que celui d'Abraham, demandait une expiation considérable.
Je dois aussi vous expliquer le type de la montagne où furent Abraham et Isaac, celui du bois qu'ils employèrent pour leur sacrifice spirituel, et celui que fait Abraham en sortant son fils du bûcher. La montagne signifie l'asile spiritueux où les mineurs décédés de ce bas monde iront accomplir, en privation divine, le reste de leurs opérations spirituelles simples, selon le décret du Créateur, ce que l'on appelle vulgairement le purgatoire. Cette montagne représente encore le cercle sensible dont j'ai déjà parlé, et c'est ce qu'Abraham nous a figuré en montant avec son fils sur cette montagne la plus élevée du dessus des sens matériels. Le bois, sur lequel Isaac était couché, fait connaître le genre de bois dont on se servirait à l'avenir pour embraser l'holocauste et pour offrir le parfum nécessaire aux opérations des différents cultes qui sont : 1° le culte d'expiation, 2 le culte de grâce particulière générale, 3° le culte contre les démons, 4° le culte de prévarication et de conservation, 5° le culte contre la guerre, 6° le culte pour s'opposer aux ennemis de la loi divine, 7° le culte pour faire faire la descente de l'esprit divin, 8° le culte de foi et de la persévérance dans la vertu spirituelle divine, 9° le culte pour fixer l'esprit conciliateur divin avec soi, 10° le culte annuel ou de dédicace de toutes ses opérations au Créateur. Tous ces cultes ont été compris dans les deux qui ont été opérés par Moïse chez Israël et par Salomon dans le temple, où les différents bois et les différents parfums consacrés aux sacrifices ont été mis en usage. Le temps où chacun de ces cultes s'opérait était à chaque renouvellement de lune, et, depuis que les hommes existent, ce culte s'est opéré parmi eux.
Abraham, qui retire son fils de dessus le bûcher, représente l'esprit que le Créateur envoie aux mineurs pendant qu'ils paient tribut à la justice divine par leurs différents cours d'opérations dans les trois cercles, que j'ai déjà distingués sous les noms de sensible visuel et rationnel, dans lesquels cercles le changement d'actions spirituelles des mineurs est figuré par le changement qui se fit de la matière corporelle de l'individu Isaac contre une victime animale passive, cette dernière ne devant être que l'ombre et la figure de celle qui serait offerte dans la suite en nature effective, ainsi que l'oblation d'Isaac par son père l'avait prédite. Voilà l'explication du premier type que font Abraham et Isaac en ce bas monde.
Le second type est celui de l'alliance divine avec les hommes. Abraham, ayant fait le type de la réconciliation première d'Adam par les grâces qu'il reçut du Créateur, lorsqu'il fut sorti de la maison paternelle où s'opérait un culte démoniaque, le Créateur le fit instruire de ses volontés, lui donna la connaissance parfaite de loi divine et l'instruisit de sa conversion spirituelle comme il en avait instruit le premier homme. Abraham, sortant d'être en proie aux démons, témoigna au Créateur la joie de sa réconciliation divine, et, pour marque de sa foi et de sa persévérance dans cette réconciliation, il demanda au Créateur de faire alliance avec lui. Ce fut alors qu'il lui fut dit par l'esprit divin : "Abraham ! circoncis ta chair, et le sang que tu répandras sur la terre devant le Seigneur sera une preuve certaine de l'alliance que le Créateur fait avec toi." C'est ce qu'on appelle vulgairement : baptême du sang.
Cette alliance du Créateur avec Abraham explique clairement celle que le Créateur est toujours disposé à faire avec sa créature mineure, lorsque cette créature le désire et qu'elle s'en rend digne. La circoncision s'est observée parmi la postérité d'Abraham et le Christ lui-même, en sa qualité d'homme-dieu et d'homme divin, nous a certifié, par la circoncision qu'il a soufferte, l'alliance du Créateur avec Adam, Noé, Abraham et toute sa création. Voilà comment le second type d'Abraham nous prouve la grâce de bonté et la miséricorde du Créateur envers la créature.
Isaac, comme vous l'avez vu, fait le type du Christ ; car Abraham, en récompense de sa grande foi, fut doué par le Créateur de toutes les vertus puissantes dont avait joui Adam dans son état de gloire. Il fut nommé par l'esprit : homme-dieu parfait de la terre, parce qu'il naîtrait de lui une vraie postérité de Dieu sous une forme corporelle apparente terrestre. Abraham était aussi le type du Créateur ; en conséquence, il naquit de lui un juste pur et saint, qui fut appelé comme je l'ai dit Isaac. Ce nom signifie ris ou réjouissance. Abraham fit de nouveau le type du Créateur en voulant immoler son propre fils, et ce fils, comme nous l'avons dit, était le vrai type de celui que le Créateur enverrait sur la terre pour opérer le véritable sacrifice. Voilà le second type que font Abraham et Isaac dans cet univers.
Le troisième se trouve dans la postérité d'Isaac. Vous savez qu'il eut deux enfants jumeaux dont l'un fut appelé Jacob et l'autre Esaü. Jacob était l'aîné de conception, Esaü était le second. Ces deux hommes, provenus d'un père aussi juste, étaient destinés à faire un type essentiel et très instructif pour tous les hommes de la terre. Je n'entrerai point dans le détail d'usurpation que Jacob a faite sur son frère Esaü : l'Écriture en fait assez mention, puisqu'elle a donné à Jacob à ce sujet, le nom de supplanteur, et le fait est d'autant plus facile à concevoir que nous le voyons journellement s'opérer à nos yeux parmi les hommes qui ne cherchent qu'à se supplanter les uns les autres. Je vous dirai donc qu'Abraham a fait le type du père divin et Isaac celui de fils de la Divinité. De même ces deux enfants d'Isaac font les types de la première et de la seconde émanation spirituelles faites par le Créateur et celles des esprits qui ont prévariqué. Jacob, quoique le second né, fut le premier conçu par Isaac. La seconde émanation qui fut faite après la prévarication des premiers esprits et celle du mineur spirituel que nous nommons Réaux, Roux ou Adam : Esaü, quoique premier-né, fut le second fils conçu par Isaac. Les premiers esprits, ayant prévariqué contre le Créateur, le mineur ou le premier homme les supplanta spirituellement, et devint par là leur aîné. Jacob, comme vous venez de le voir clairement, fait, par son rang de conception, le type des esprits prévaricateurs, et Esaü, par son rang de conception, fait le type du mineur.
Mais la vraie prévarication de Jacob est d'avoir surpris la bonne foi de son père, d'avoir employé toutes ses facultés et tous les moyens possibles spirituels et temporels pour lire la pensée de son frère Esaü, d'avoir voulu s'opposer à l'action bonne de cette pensée avantageuse à son frère, de l'avoir supplanté par ce moyen dans tous ses droits spirituels, et de l'avoir réduit, lui et toute sa postérité, dans la sujétion et la privation divine. Nous voyons d'ailleurs dans Jacob la double prévarication des démons, savoir, celle qu'ils on exercée contre le Créateur, et celle contre la créature et sa postérité. En effet, Jacob n'a-t-il pas prévariqué en premier lieu contre son père et secondement contre son frère cadet Esaü, ainsi que le démon a prévariqué contre son père divin et contre le mineur, son père spirituel ? Les hommes ne nous retracent-ils pas tous les jours la même chose par la fausse conduite qu'ils tiennent soit envers le Créateur, soit envers leurs frères. Au reste, vous ne devez pas être surpris que Jacob se soit comporté comme il l'a fait envers Esaü. Esaü préféra le culte terrestre à celui du Créateur ; il s'occupait entièrement à la chasse et à la destruction des animaux sauvages, au lieu de s'attacher à combattre l'intellect démoniaque qui s'était emparé de son frère Jacob. Aussi, l'abandon qu'il a fait du culte spirituel divin pour ne se livrer qu'à des soins purement matériels, a attiré sur lui les punitions qu'il méritait et l'a fait dépouiller de tous ses droits spirituels. Esaü cependant revint de son égarement ; il conçut, par la miséricorde divine, l'étendue de ses prévarications, et, se voyant déchu de tous ses droits spirituels, divins et temporels, il tomba dans la plus profonde consternation. Il ne put s'empêcher de se plaindre à son père de l'usurpation que lui avait faite son père Jacob ; il lui fit concevoir quelle douleur ce devait être pour lui d'être venu le premier au monde et de se trouver le dernier quant aux biens spirituels. C'était déjà montrer une figure réelle de ce qui arriverait par la suite à Israël qui, d'aîné spirituel dans le monde et de premier héritier de la loi divine, serait supplanté par ceux qui ne devraient venir qu'après lui, et nous confirmer par là cette prédiction de l'Écriture que les premiers seront les derniers.
Esaü, après avoir inutilement fait toutes ses représentations à son père et voyant qu'il ne pouvait le toucher, lui dit d'un verbe emporté : "Vous n'avez directement réservé pour moi aucune bénédiction ?" Sous le nom de bénédiction, Esaü voulait tâcher d'obtenir de son père quelque pouvoir ou quelque don spirituel, se voyant hors d'état d'opérer aucun culte divin pour la gloire du Créateur. Ceci nous fait voir que Dieu donne à ses élus, sans aucune distinction temporelle, la connaissance de ses dons spirituels pour l'avantage des hommes de la terre, de même qu'il ordonne à ces mêmes élus de ne transmettre leurs dons et leurs vertus spirituelles qu'à ceux qui sont dignes d'un pareil héritage. Esaü, voyant qu'il ne pouvait rien gagner sur l'esprit de son père, lui parla une seconde fois et lui dit : "Puisqu'il ne te reste aucun don spirituel dont tu puisses disposer en ma faveur, je te conjure au moins, par tout ce que je suis, de me bénir au nom de l'Éternel." Isaac répondit : "J'ai établi ton frère seigneur des hommes de cette terre ; j'ai assujetti tous ses frères à sa domination ; je l'ai affermi dans la possession des opérations spirituelles, temporelles et dans celles spirituelles divines. Il ne reste plus rien en mon pouvoir pour toi." Esaü poussa un grand cri ; il répandit beaucoup de larmes et se contenta de gémir amèrement. Il ne répondit plus rien à son père qu'il voyait sur le point d'être appelé par le Créateur de cette vie dans l'autre.
Mais Isaac touché de la triste situation de son fils, le fit approcher de lui et lui dit : "Esaü, écoute attentivement ce que j'ai à te dire. Les bénédictions que tu me demandes sont dans la graisse de la terre à cause de ta prévarication." Il le bénit ensuite en lui disant : "La bénédiction que je répands sur toi vient de l'Éternel, comme la rosée qui se répand sur les plantes pour les substancier vient d'en haut." Esaü se retira beaucoup plus satisfait de son père qu'il ne l'était auparavant.
Voilà les choses que j'avais à vous dire touchant le type d'Esaü ; voyez si la conduite de son père envers lui n'est pas un véritable type de l'immutabilité du Créateur dans ses décrets de justice envers les coupables tant du siècle présent que des siècles passés. Voyez de plus si la miséricorde qu'Isaac exerce sur la fin de ses jours sur son fils Esaü ne représente pas parfaitement la miséricorde du père divin envers sa créature, lorsqu'elle a directement recours à lui. Ceci nous représente encore la grande réconciliation à venir ; mais je parlerai de ce point dans la suite de mon Traité, ayant à vous instruire en ce moment du type de Jacob.
Jacob eut une postérité nombreuse, et, la voyant prospérer considérablement dans les choses temporelles, il lui inspira aisément l'ambition des choses de la terre. Mais, pour se livrer à cet attachement criminel, ils oublièrent tous le culte divin, en sorte qu'il n'en resta plus la moindre trace dans la mémoire de Jacob ni dans celle de sa postérité. Jacob alors se laissa persuader par l'esprit démoniaque que ce qu'il tenait des biens de la terre ne provenait que du grand prince des démons, et, qu'en conséquence, selon le culte qu'ils rendraient, lui et sa postérité, à ce grand prince, ils seraient récompensés. Jacob, qui était devenu fort avide des biens matériels, adopta facilement cette insinuation.
Il avait perdu de vue son origine spirituelle divine dont le Créateur lui avait retiré la mémoire : il abjura son émanation première et le Créateur lui-même, en ne considérant lui et sa postérité que comme des élus passifs. Dans ce sentiment, il se livra tout entier aux sciences matérielles démoniaques, et, les ayant bientôt connues, il se proposa de les réduire en pratique et de les opérer. En conséquence, il résolut d'aller dans le pays de Haran et, la nuit l'ayant surpris en chemin sur la montagne de Morija ou de Mahanaïm (ce mot signifie les deux camps, celui des démons et celui du Créateur), il se prépara à opérer sur cette montagne la pensée qu'il avait conçue contre le Créateur. C'était à peu près vers la sixième heure du jour et lorsque le soleil allait se coucher qu'il fit son invocation. Aussitôt que son invocation fut faite, le Seigneur lui fit apparaître un ange sous l'apparence d'un homme. Vous savez que l'homme corporel ne pouvait soutenir la vue de l'esprit pur sans mourir ou que sa forme corporelle fût consumée sur le champ. La présence de cet esprit fit une si forte impression ou électrisation sur les essences corporelles et sur celles animales spirituelles de Jacob, qu'il en fut terrassé.
Alors Jacob se réclama au Créateur et abjura devant lui pour une bonne fois tout ce qu'il avait adopté de la partie démoniaque. L'ange lui parla ensuite et lui reprocha sa conduite horrible, tant passée que présente, envers le Créateur, envers son père, son frère, sa postérité et envers lui-même. Jacob épouvanté et comme irrité des effrayantes menaces que lui faisait l'ange, s'élança sur lui et le combattit pendant toute la nuit jusqu'à l'aurore. Mais lorsque le combat fut fini, l'ange lui demanda quel était son nom. Jacob fit toujours la même réponse. Enfin l'ange ayant demandé à Jacob son nom pour la dernière fois, il lui fit répondit qu'il s'appelait Jacob. Après que l'ange eut reçu son nom, il lui dit : "Jacob supplanteur contre le Créateur en abjurant l'esprit du Seigneur." À la fin de ces paroles, l'esprit fit une si forte attraction sur la personne de Jacob qu'il lui dessécha le tendon d'Achille. Tu t'appelles Jacob. Eh bien, à l'avenir tu t'appelleras Israël ou fort contre l'esprit du Créateur. Et ils se séparèrent l'un de l'autre, Jacob étant tout confus de se trouver ainsi marqué par l'esprit qu'il avait abjuré.
Cette marque de Jacob est dans sa postérité, pour un temps immémorial, une preuve de la prévarication d'Israël. C'est depuis ce temps-là qu'il a été défendu de la part de l'Éternel, soit dans le temple de Moïse, soit dans celui de Salomon, qu'aucune personne marquée de la lettre B de naissance ne fût admise au culte divin sous quel prétexte que ce fut. Cette loi qui a été donnée sous les peines les plus sévères a été confirmée par le Christ, afin que tous ceux qui seraient ou qui sont aujourd'hui chargés de faire opérer le culte divin dans son temple spirituel observassent cette ordonnance avec la plus grande exactitude.
Jacob pénétré de douleur rappelait en son esprit toute l'horreur de sa conduite. Il se souvint que lorsqu'il avait projeté d'usurper les droits de son frère Esaü, il avait donné un baiser à son père Isaac, afin de mieux surprendre sa bonne foi. Enfin il repassa toutes ses prévarications contre le Créateur et contre les lois de la nature, et ce souvenir le rendit si inconsolable qu'il ne crut jamais pouvoir trouver grâce devant le Créateur ni être compris au nombre des mortels qui auraient part à la miséricorde divine. C'étaient surtout les paroles de l'ange qui l'avaient le plus affecté, ainsi que le résultat inattendu qu'il avait reçu de son opération démoniaque. Cependant, malgré son abattement et la tristesse de ses réflexions, Jacob forma un vrai désir de se mettre en grâce avec le Créateur, et ne cessa de lui demander sa réconciliation parfaite. Une vision naturelle qui s'offrit à lui sous une forme humaine lui certifia que ses vœux étaient exaucés. Celui qui lui apparaissait était le même esprit que celui qui l'avait marqué au tendon de la jambe droite. Il enseigna à Jacob les moyens d'obtenir du Créateur ce qu'il désirait. Pour cet effet l'esprit le bénit véritablement et l'ordonna de nouveau. Par ce moyen, Jacob fut remis en puissance spirituelle divine pour opérer quarante ans après son ordination les différents cultes divins, ce qu'il fit effectivement au bout de ce temps de quarante années sur le sommet de la même montagne de Morija où il avait été la première fois.
Il se rendit sur cette montagne vers la sixième heure, à son ordinaire, et ayant tout préparé pour son opération il refit sa prière depuis la sixième heure jusque vers la moitié de la nuit. Alors il fit les invocations nécessaires pour arrêter définitivement les effets de la justice dont le Créateur l'avait fait menacer par son ange. Il réussit selon son désir, et quatre anges vinrent l'instruire de ce qu'il avait encore à opérer pour obtenir du Créateur son entière réconciliation, qu'il obtint en effet ainsi que je vais vous le dire. Le huitième jour après cette dernière opération Jacob se mit en chemin pour retourner sur le sommet de la montagne, et y étant arrivé vers la fin du neuvième jour, au soleil couché, il se prépara à son ordinaire pour accomplir sa dernière réconciliation. À la moitié de la nuit du neuvième jour et tombant sur le dixième, Jacob reçut la certitude de sa réconciliation parfaite, mais le fruit de son opération le travailla si fortement qu'il ne put plus se tenir debout. Il se coucha alors sur le côté gauche, et, ayant appuyé sa tête sur une pierre ordinaire, il considérait dans cette posture tout ce qui lui provenait de son travail spirituel divin. Il vit sept esprits qui montaient et descendaient sur lui. Dans le nombre de ces esprits il reconnut celui qui l'avait blessé et dont les menaces l'avaient si fort épouvanté. Il reconnut aussi les quatre anges qui étaient venus l'instruire de ce qui lui restait à faire pour entrer entièrement en grâce devant le Créateur. Il aperçut encore la gloire du Créateur à l'endroit d'où sortaient et où entraient les anges. C'est alors que Jacob fut convaincu de sa réconciliation divine. Aussi dit Jacob : "C'est ici le lieu de vision parfaite, car j'ai vu l'Éternel face à face. C'est ici le centre de l'univers et de la terre qui est en face du Créateur, et c'est ici encore que je marquerai la place de la maison que l'on bâtira au Créateur." Il marqua en effet par trois pierres placées triangulairement le lieu fixé où l'on construirait le temple du Seigneur, sur la montagne de Morija ; ce qui a été exécuté par Salomon, Chiram ou Hyram, roi de Tyr.
L'emplacement que Jacob marqua par trois pierres triangulaires figurait la forme corporelle de la terre. Il resta au centre du triangle pour montrer que le Créateur avait placé l'homme-Dieu au centre de l'univers, pour commander et gouverner tous les êtres émanés et créés. Il faisait voir encore que c'était là le véritable lieu où le Créateur se communiquait effectivement et manifestait sa gloire à son premier mineur tant qu'il resta dans la justice. C'est pourquoi l'esprit suscita à Jacob de désigner ce lieu pour être celui où devait être bâti le temple, comme étant le type du lieu où avait été construit le corps de gloire d'Adam, qui fut appelé le temple spirituel de la Divinité. Dans ce temple spirituel était véritablement renfermé un esprit divin. La même chose s'est représentée en nature dans la construction du temple de Salomon, où l'esprit divin descendit en forme de nuée. Jacob, étant pleinement convaincu de sa réconciliation, s'assujettit à opérer exactement le culte divin à l'avenir. Il fixa le temps où lui et sa postérité l'opéreraient. Pour cet effet il fit, dans un même jour ordinaire, quatre opérations divines, par quatre intervalles, de six en six heures. Il fit ensuite, pendant six jours consécutifs, une opération de veille spirituelle divine ; ce qui fait en tout dix opérations en sept jours de temps. Le total de ces opérations comprend le nombre dénaire consacré à la Divinité, et le nombre septénaire consacré à l'esprit. Dans les quatre premières opérations, Jacob se réclama uniquement au Créateur, en l'invoquant par son premier nom ineffable, après quoi, il dit : À moi le Dieu d'Abraham ! Il invoqua le Créateur par son second nom ineffable et lui dit : à moi le Dieu d'Isaac ! Il l'invoqua enfin par son troisième nom ineffable et dit : À moi le Dieu de Jacob ! qui est le même que celui d'Abraham et d'Isaac, qui opère divinement en nous trois, comme nous opérons tous les trois en lui dans notre unité de puissance spirituelle divine. Dans cette invocation, Jacob reconnaît véritablement Abraham comme type du Créateur par la multitude de puissances spirituelles qui lui furent données. Il reconnaît Isaac comme le type du Fils divin ou de l'action divine dans la grande postérité de Dieu qui provint de lui, dans laquelle l'élection et la manifestation de la gloire divine s'est opérée. Et par lui-même Jacob reconnaît le vrai type de l'Esprit, par les grandes merveilles que le Créateur avait faites pour lui, en lui montrant à découvert la gloire divine.
Ce dernier type répète encore celui de la miséricorde que le Créateur exercera jusqu'à la fin des siècles sur sa créature, ainsi que Jacob nous l'a fait voir par sa dernière opération, où il invoqua le Créateur pour être répandu sur sa postérité pervertie à son exemple, et la délivrer par là de la servitude des démons, ce que l'Esprit saint a effectivement opéré par la parole de Moïse. C'est de là qu'il nous a été enseigné que Dieu était en trois personnes, et cela parce que le Créateur a opéré trois actions divines et distinctes l'une de l'autre en faveur des trois mineurs dont nous venons de parler, conformément aux types qu'ils doivent former dans l'univers. Ces trois personnes ne sont en Dieu que relativement à leurs actions divines, et l'on ne peut les concevoir autrement sans dégrader la Divinité, qui est indivisible et qui ne peut être susceptible, en aucune façon, d'avoir en elles différentes personnalités distinctes les unes des autres. S'il était possible d'admettre dans le Créateur des personnes distinctes, il faudrait alors en admettre quatre au lieu de trois, relativement à la quatriple essence divine qui doit vous être connue, savoir l'esprit divin 10, l'esprit majeur 7, l'esprit inférieur 3 et l'esprit mineur 4. C'est là que nous concevons l'impossibilité qu'il y a que le Créateur soit divisé en trois natures personnelles. Que ceux qui veulent diviser le Créateur en son essence observent au moins de le diviser dans le contenu de son immensité.
Pour vous observer définitivement tous les types que font Abraham, Isaac et Jacob, je vous dirai que ces trois mineurs étaient la vraie figure d'Adam, d'Abel et de Seth envers le Créateur. Les trois premiers comme les trois derniers avaient vu la gloire du Créateur. Noé, Sem et Japhet avaient eu le même avantage. Quant à Esaü, qui reste sans héritage particulier, il fait le type de Caïn chez Adam, celui de Cham chez Noé, et le sien propre chez Abraham, Isaac et Jacob. Non seulement Abraham, Isaac et Jacob ont été les types de l'action divine opérée par l'esprit divin chez les mineurs passés et présents, mais encore chez les mineurs à venir. Adam, Noé par leur postérité avaient annoncé tous ces types. Le Christ, Moïse , Élie les ont confirmés par leurs opérations sur le mont Thabor, où ils ont vu tous ensemble la gloire du Créateur. Le baiser que Jacob donna à Isaac lorsqu'il eut conçu de supplanter son frère, annonçait la trahison que l'Homme-Dieu devait éprouver de la part d'un de ses frères et disciples nommé Judas Iscariote : l'un est supplanteur de matière, l'autre de spirituel. Prenez garde que la cupidité de la matière ne vous porte à répéter un type inique. Voilà ce que j'avais de plus intéressant à vous dire sur les personnes d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, sans que j'entre dans le détail de la conduite temporelle qu'ils ont tenue dans ce monde l'Écriture en dit assez à ce sujet.
Je vais vous parler maintenant des grands types que Moïse fait dans l'univers. Vous y verrez le vrai rapport qu'il y a avec tous les types passés, vous y verrez le double type du Créateur et celui de tous les esprits dont le Créateur se sert pour la manifestation de la justice ; vous y apprendrez si on peut douter de la vérité des faits spirituels qui se sont opérés depuis le commencement du monde, qui s'opéreront jusqu'à la fin des siècles, et de ceux qui se sont opérés depuis la prévarication des premiers esprits jusqu'à celle du premier mineur. Vous jugerez enfin si je dis la vérité ou si j'use de subterfuges et de sophismes afin de surprendre la bonne foi de l'homme de désir. Ce n'est ni mon état, ni mon goût. J'ai eu en horreur, dès mon enfance, le mensonge et l'orgueil ; je les ai abjurés pour ne faire profession que de la vérité des choses spirituelles divines et spirituelles temporelles. Ainsi vous ne devez pas craindre de moi que je vous parle le langage de l'erreur.
Je commencerai par vous donner l'interprétation du mot Égypte où vous savez que Moïse prit naissance. Ce mot signifie lieu de privation divine ou terre de malédiction. C'est là que les ennemis de la volonté divine avaient été précipités avec leurs adhérents. Les nations qui résident dans ce pays et qui en cultivent la terre selon leur propre volonté, représentent les premiers esprits prévaricateurs qui n'ont opéré et n'opèrent encore à présent que selon leur volonté, indépendamment de celle du Créateur. Les premiers esprits furent relégués dans la partie du midi, et c'est dans cette partie que l'Égypte est située. La postérité d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, ayant prévariqué, tomba sous la puissance des habitants de l'Égypte et y demeura pendant 430 ans. C'est la vraie figure des mineurs spirituels qui succombent sous la puissance des démons. Venons actuellement à Moïse.
Tupz, que l'Écriture appelle Amram, de la tribu de Levi, et Maha, sa femme, que l'Écriture appelle Jocabed, de la propre maison de Levi, furent élus, quoiqu'en esclavage dans la terre d'Égypte, pour faire naître d'eux une postérité de Dieu qui régénérerait la postérité d'Adam. Tupz signifie comble de bonté divine et porte le nombre sénaire. Maha signifie fécondité spirituelle divine et porte le nombre quatre. Tous les deux eurent dans un âge avancé leur postérité, qui consistait en deux enfants mâles et un seul femelle savoir : le père eut en premier lieu Mérian à l'âge de 66 ans 3. Aussi cet enfant fut appelé Mérian, qui signifie terre vierge. Cette fille fut savante en connaissances spirituelles divines, et elle fit sacrifice de sa virginité pour opérer le vrai culte permis et ordonné à son sexe. Tupz eut ensuite Aron, à l'âge de 79 ans 7, et Moïse à l'âge de 82 ans 10. Maha enfanta Mérian à l'âge de 48 ans 3, Aron à l'âge de 61 ans 7, et Moïse à l'âge de 64 ans 10. Tupz et Maha moururent quelque temps avant la sortie de Moïse hors la terre d'Égypte, sans que je m'occupe de vous fixer la date de leur mort, qui est absolument inutile aux faits dont je vais vous instruire. Moïse vint au monde le 14 de la lune de Nisan ou de Mars. Il fut mis dans une espèce de berceau ou d'arche dans laquelle il flotta quelque temps sur les vagues du Nil : ce mot signifie principe d'action et d'opérations spirituelles temporelles. L'avènement de Moïse dans la terre d'Égypte où toute espèce de nations vivaient dans la confusion et dans les ténèbres représentait l'avènement de l'Esprit divin dans le Chaos, où il prescrivit toutes les choses qui y étaient contenues, les lois, les actions et ordres spirituels qui leur étaient convenables.
Il vous est dit que les ténèbres ne comprirent point la lumière divine ; de même le chaos d'Égypte et ses habitants de ténèbres ne comprirent point la naissance et l'avènement de Moïse au milieu d'eux. Ces peuples n'avaient aucune connaissance du vrai culte. Toutes leurs actions et tous leurs soins se bornaient à satisfaire la cupidité de leurs sens matériels, en ne s'attachant qu'à cet instinct animal qui est inné dans tout être passif. Quoique les animaux raisonnables soient assujettis aux mêmes lois que les animaux irraisonnables par l'instinct naturel et inné en eux dans toute forme corporelle ; cependant on ne peut nier que ce soit un supplice de plus pour eux quand ils viennent à s'en écarter. On en voit des preuves claires parmi les hommes qui sont attachés à la vie temporelle. Si quelque événement naturel occasionne sur leur forme quelque contraction qui en dérange les lois d'ordre, ils crient au phénomène, ils sont tout épouvantés, et, par ignorance, ils se livrent aux soins et à l'instinct d'un de leurs semblables qui, le plus souvent, est aussi ignorant qu'eux et qui serait plus en peine que l'affligé si pareil accident lui arrivait. Cette conduite n'est point surprenante dans ceux qui, en pareil cas, n'ont point recours à leur premier principe spirituel divin, le seul médecin qui guérisse radicalement. Je parlerai de ceci plus amplement lorsque je traiterai des différents événements arrivés chez Israël.
Moïse, en flottant sur les eaux, fait véritablement le type de l'esprit du Créateur qui flotte sur le fluide radical pour le débrouillement du chaos. Vous savez qu'il n'est autre chose que les lois d'ordre et d'actions qui furent données à toutes choses contenues dans la masse chaotique. Noé, qui avait été témoin de la manifestation de la justice et de la gloire divines, avait déjà fait le type de la gloire du Créateur universel ; je vous ferai donc observer que tous les types qu'a faits ce patriarche ont été répétés par les observations spirituelles de Moïse. Ils ont flotté tous les deux sur les eaux. Noé a réconcilié le reste des mortels avec le Créateur ; Moïse réconcilia la postérité d'Abraham, d'Isaac et de Jacob avec la Divinité : Noé régénère le culte divin dans la postérité de Jacob. Noé conduit pendant quarante ans les hommes qu'il a réconciliés avec le Créateur ; Moïse conduit le peuple juif pendant le même temps. Noé offre un sacrifice au Créateur en action de grâce ; Moïse a offert également des sacrifices avec le peuple réconcilié. Je ne finirais point si je voulais vous détailler tous les types que Moïse a répétés, tant ceux de Noé que ceux des patriarches passés et à venir. Je me contenterai à vous exhorter de faire de sérieuses réflexions sur la grandeur du type de Moïse. Vous apprendrez à connaître que cet Élu représente parfaitement, par ses opérations, la triple essence divine dans sa création universelle, générale et particulière, ainsi que vous pouvez le voir. 1° La naissance de Moïse représente l'action même du Créateur. 2° La réconciliation que Moïse a faite représente l'opération de l'homme divin ou du fils du Créateur. 3° La conduite du peuple confiée aux soins de Moïse représente l'Esprit divin qui conduit, gouverne et dirige tout être temporel et spirituel inférieur à lui.
L'Écriture nous a appris comment une fille du roi d'Égypte sauva le jeune Moïse de dessus les eaux du Nil, et le fit élever secrètement pour le dérober aux poursuites de Pharaon et de ses courtisans, qui avaient résolu de faire périr tous les enfants mâles du peuple hébreu. Cette princesse conçut une forte amitié pour le jeune Moïse qui était d'une grande beauté. Elle était frappée de l'air réfléchi qui s'annonçait en lui dans un si bas âge, et qui promettait toutes les connaissances et tout le raisonnement que le jeune Moïse montra effectivement dès l'âge de deux ans. La mère de l'enfant fut la nourrice que la princesse choisit et, pour s'assurer qu'on observait exactement tous les ordres qu'elle avait donnés d'en avoir le plus grand soin, elle exigea que la nourrice lui présentât l'enfant tous les jours. Ceci annonçait déjà l'alliance que les idolâtres feraient à l'avenir avec les lois divines, ce qui a été effectué par les restes des Égyptiens qui, après la destruction de Pharaon et de son armée, se réunirent à la loi de Moïse.
La nourrice exécutait ponctuellement les ordres qu'elle avait reçus, et l'enfant croissait de plus en plus en beauté. Un jour entre autres, la princesse fut si charmée de le voir, que, l'ayant pris sur ses bras, elle résolut de se hasarder de le porter à Pharaon son père. Pour cet effet, elle passa dans une salle d'audience où étaient plusieurs tables. Sur l'une de ces tables était un grand carreau où la couronne et le sceptre du roi étaient placés. Parmi les pierres précieuses qui ornaient la couronne du roi, il y avait une escarboucle qui jetait un feu considérable. La princesse approcha le jeune Moïse et le plaça debout sur la table où étaient ces bijoux, afin de voir l'effet qu'ils feraient sur lui, sachant tout ce qu'ils faisaient sur les hommes faits. À l'aspect du brillant de tous ces ornements, le jeune Moïse poussa un grand cri de joie et se mit à sautiller comme la plupart des enfants de son âge. La princesse poussa la curiosité jusqu'à la fin en adhérant au désir que l'enfant témoignait de prendre tous ces bijoux : elle examina l'appartement pour voir si elle n'était pas observée et, n'apercevant personne, elle penche Moïse sur la couronne et le sceptre. Cet enfant les prend avec avidité, mais ne pouvant les enlever, la princesse lui aide et lui met la couronne sur la tête. Dans cet intervalle, l'enfant laissa tomber le sceptre aux pieds de la princesse et voulut ensuite ôter la couronne de dessus sa tête. Il la laissa tomber sur la table et mit le pied dessus. Pendant que la princesse s'amusait avec le jeune Moïse, un chambellan du roi avait tout observé dans un endroit caché. Le chambellan alla promptement rendre compte au roi de ce qui s'était passé et fit un récit odieux contre Moïse, afin que le roi le fit mettre à mort selon l'arrêt qu'il avait prononcé contre les nouveaux-nés en Israël. La princesse, après avoir remis à leur place le sceptre et la couronne, reprit le jeune Moïse sur ses bras et alla dans l'appartement de son père pour le lui présenter.
Mais Pharaon, qui avait été prévenu par son chambellan, fit, contre son ordinaire, un accueil très froid et très rebutant à sa fille. La princesse interdite demanda au roi une audience particulière pour savoir de lui le sujet de son refroidissement. Le roi lui accorda sa demande et, lorsqu'il fut seul avec elle, il ne lui laissa pas le temps de parler, mais il prononça sur le champ l'arrêt de mort contre Moïse. La princesse encore plus surprise mit tout en usage pour que son père lui fit connaître le motif d'un ordre aussi rigoureux, en lui représentant que jamais cet enfant ne serait à craindre pour lui. Elle attendrit tellement le roi par ses discours et par ses larmes qu'il ne put s'empêcher de lui avouer ce que le chambellan lui avait rapporté. N'est-ce que cela ? dit la princesse. Il est bien vrai que l'enfant a pris votre sceptre et votre couronne, mais il ne peut y avoir aucun mauvais dessein de sa part, et, s'il les a laissé tomber, ce n'est sûrement ni par mépris ni par méchanceté. Cependant, puisque votre arrêt est prononcé, il ne me reste qu'une grâce à vous demander ; c'est de suspendre l'exécution jusqu'à ce qu'on ait fait devant vous une expérience sur cet enfant avec du feu.
Le roi y ayant consenti, la princesse fit apporter devant lui, en présence de la nourrice de Moïse, un grand réchaud de feu. On posa ce réchaud sur une table avec le sceptre et la couronne du roi ; ensuite la princesse posa l'enfant sur cette table comme elle l'avait fait la première fois. Sitôt que le jeune Moïse eut aperçu le feu, il se précipita dessus sans regarder le sceptre ni la couronne, il prit de sa main droite un charbon allumé qu'il porta dans sa bouche où il s'éteignit après lui avoir brûlé une partie de la langue. Après cette expérience, la princesse, que le Créateur avait suscitée pour être la protectrice temporelle de Moïse, plaida contre le rapport téméraire du chambellan et dit au roi : "Si le rapport qu'on t'a fait contre cet enfant était vrai et qu'il eût agi par l'impulsion du Dieu d'Israël que tu tiens chez toi en captivité, cette inspiration se serait encore manifestée dans ce moment ; mais tu vois qu'il n'a fait aucune attention à ton sceptre ni à ta couronne, et qu'il leur a préféré le feu malgré tout le mal qu'il pouvait en ressentir, et qu'il s'est fait effectivement. Tu vois donc quelle est l'impulsion de ton chambellan qui a voulu te séduire pour t'engager à faire périr cet enfant. Il est de ta gloire et de la justice que cet homme ne demeure pas impuni."
Aussitôt le roi bannit son chambellan à perpétuité hors de la terre d'Égypte, et le força d'aller errer chez d'autres nations. La princesse rendit grâces au roi et ordonna toutes sortes de soins en faveur de Moïse. C'est de cet événement que provient la cause du bégayement de Moïse, et c'est de là qu'il établit, par la suite, la circoncision des lèvres. Je ne prétends pas entrer ici dans le détail des types que font tous les événements que je viens de rapporter. Il vous suffit de réfléchir sur tous les malheurs arrivés à Pharaon et à son peuple depuis cette époque. Lisez, de plus, l'Écriture avec soin, vous verrez clairement dans tous ces faits le type de l'avènement du Christ dans ce monde. Vous verrez que la princesse représentait la mère du Christ, ou cette belle fille vierge dont il est dit : je suis noire, je suis belle. Quant au chambellan, il n'avait pas eu tort de dire au roi que le jeune Moïse avait agi sous l'inspiration du Dieu des Hébreux : cet homme était au nombre des mages impurs de l'Égypte. Il professait la science diabolique qui lui faisait concevoir l'esprit divin qui opérait dans Moïse et dans la princesse, et c'était là un type frappant de la contre-action que l'intellect démoniaque opère contre l'intellect spirituel divin.
Moïse, ayant perdu à l'âge de sept ans la princesse sa protectrice, demeura jusqu'à l'âge de vingt ans sous la protection du roi, sous la conduite de son père et de sa mère, avec Aaron son frère aîné. Je ne vous ai point donné l'explication du nom de Moïse, il vous suffit de ce que l'Écriture enseigne à cet égard, que le nom de Moïse lui fut donné par la fille de Pharaon parce qu'elle l'avait sauvé des eaux. Moïse, appuyé de la protection du roi, vivait en toute liberté parmi ses frères Hébreux et parmi le peuple d'Égypte ; mais, se promenant un jour dans un endroit écarté, il aperçut un de ses frères Hébreux qu'un Égyptien maltraitait ; il était même sur le point de le tuer. Moïse, qui avait six pieds de haut et qui avait une force proportionnée à sa taille, tomba sur l'Égyptien et le tua d'un seul coup. Alors il fut obligé de fuir hors de la terre d'Égypte. Cette fuite ne forma aucun type spirituel, mais le meurtre de l'Égyptien annonçait la force et la puissance que le Créateur donnerait à Moïse pour la délivrance de son peuple. Il annonçait clairement cette délivrance et la molestation des Égyptiens. Voilà tout ce qu'il y a d'intéressant sur l'origine et sur les premiers temps de la vie de Moïse. Vous pouvez voir, néanmoins, que ses premières opérations répètent parfaitement celles de tous les élus précédents.
Au bout des quarante ans que Moïse resta hors d'Égypte, et toujours sous la protection du Créateur, il offrit en sacrifice au Créateur son corps et son âme pour la délivrance de ses frères Hébreux. Il invoqua le Créateur pour savoir de lui si le sacrifice qu'il venait de faire lui avait été agréable. Le Créateur lui envoya un ange qui lui apprit à quoi il était destiné, relativement à sa résignation, à sa fermeté et à son amour pour ses frères. Cet ange dit à Moïse : "Conduis ton troupeau au fond du désert de Madian, et là le Créateur te fera connaître sa volonté." Moïse fit une seconde opération entre le désert de Madian et le mont Horeb, dans laquelle il offrit une seconde fois son corps et son âme au Créateur sous ces paroles : "O Éternel ! Créateur de toutes puissances exauce le sacrifice que je te fais en toute sainteté et dans la pureté de la puissance divine qu'il t'a plu de me donner dans ta miséricorde et pour ta plus grande gloire ! Je me soumets tout entier à ta grandeur infinie ! dispose de moi selon ta volonté : reçois le sacrifice que je te fais de mon âme, de mon cœur et de mon corps, et de tout ce qui m'appartient spirituellement et temporellement ; reçois-le pour l'expiation du péché du père des hommes et celui de toute sa postérité. Ainsi que tout vient de toi, tout retournera à toi."
Moïse, ayant offert cette seconde fois le sacrifice de lui-même en trois divisions distinctes, ce qu'il n'avait point fait la première fois, sentit en lui-même que son opération avait été agréable au Créateur. Il avait offert premièrement son âme, parce que rien de plus parfait ne peut être offert au Créateur que l'esprit mineur qui a sa ressemblance avec l'esprit divin. Il offrit en second lieu son cœur ou la puissance spirituelle que l'âme reçoit au moment de son émanation. Cette puissance est figurée par les quatre caractères inscrits dans le cœur de l'homme. Les anatomistes les connaissent, mais, ne pouvant les interpréter, ils les laissent sans explication : j'en parlerai lorsque je traiterai de la matière. Enfin Moïse offrit son corps pour exprimer les trois essences spiritueuses d'où proviennent toutes les formes contenues dans l'univers. Après cette seconde opération, l'esprit divin l'appela par le nom de Moïse, le même qu'il avait reçu de la fille de Pharaon ce qui le confirma dans la croyance de la faveur que le Créateur lui accordait préférablement à ses frères. L'Esprit l'instruisit de la manière dont il entrerait dans le centre de la splendeur du feu divin qui entourait le mont Horeb : cette montagne est appelée mystérieusement buisson ardent. Moïse y étant entré dénué de tous métaux et de toute matière impure, fit sa prosternation face en terre, le corps étendu de tout son long, figurant le repos de la matière abattue par la présence de l'esprit du Créateur, et le repos naturel qui est donné à toutes les formes après leurs opérations temporelles. Cette attitude figure encore la réintégration nécessaire de toutes les formes corporelles particulières dans la forme générale, ainsi que la séparation en suspension qui arrive à l'âme lorsqu'elle contemple l'esprit, parce que le corps de la matière ne peut avoir aucune part à ce qui s'opère entre le mineur et l'esprit divin. C'est ce que nous ont confirmé les sages et forts élus du Créateur dans leurs extases de contemplation divine, et le Christ lui-même nous l'a fait voir clairement.
Cette insinuation du corps, lorsque l'âme est en contemplation, ne vous sera pas difficile à concevoir. Considérez un homme dans le sommeil. Ne peut-on pas alors disposer de sa forme et même la détruire sans que l'homme qui est endormi puisse la défendre ? On ne dira pas que c'est parce que cet homme a les yeux fermés, puisqu'il y a plusieurs personnes qui dorment les yeux ouverts et qui ne sont pas plus en sûreté pour cela. C'est donc uniquement parce que l'âme a suspendu la fonction qu'elle fait ordinairement de ses fonctions spirituelles avec les fonctions corporelles de la forme, et le corps reste à la conduite de l'agent corporel qui ne peut avoir connaissance de ce qui doit lui arriver de funeste ou d'avantageux si l'âme ne la lui communique. La même chose arrive dans la contemplation, lorsqu'elle est assez forte pour affecter vivement l'âme : le corps tombe dans une espèce d'inaction, il n'est susceptible d'aucune impression par la raison que l'âme se porte tout entière vers l'objet de sa contemplation spirituelle. Il ne faut pas croire pour cela que l'âme se soit détachée du corps. Elle n'en est séparée qu'en action spirituelle et non en nature. Nous avons des preuves de cette insensibilité corporelle, lorsque l'âme est en contemplation, dans les supplices qu'on a exercés sur le corps de Jésus-Christ et sur celui de plusieurs martyrs. Le corps du Christ ne souffrait aucune douleur dans les tourments qu'on exerçait sur lui. Si ce corps faisait quelques mouvements, ce n'était qu'une suite de l'action innée du véhicule que l'on opprimait contre sa loi de nature. Ceux qui, à l'exemple du Christ, se sont exposés à des supplices affreux, jouissaient de la même grâce que lui relativement à leur mission, qui ne tendait qu'à la gloire du Créateur. Le Christ était en contemplation avec l'esprit du Père, et les heureux mortels qui l'ont imité étaient en contemplation avec l'esprit du Fils divin. C'est là ce qui nous fait concevoir la suspension de l'action de l'âme, et la privation ou l'ignorance où le corps reste alors de ce qui s'opère, autour de lui. Revenons à Moïse.
Pendant qu'il était dans sa prosternation, il reçut du Créateur les quatre puissances divines nécessaires pour aller opérer contre les quatre régions démoniaques, dont les chefs manifestaient toute leur malice dans la terre d'Égypte contre Israël. C'était par ce sage député que le Créateur devait manifester sa gloire et sa justice. Il lui donna, en conséquence, les mêmes pouvoirs dont Adam avait été revêtu dans son état de gloire ce qui nous fait voir que tout homme de désir peut très parfaitement obtenir du Créateur cette quatriple puissance, quoique revêtu d'un corps matériel. Si Moïse fit quelque résistance à la volonté du Créateur, ce ne fut point du tout par désobéissance et par opiniâtreté, c'était uniquement parce qu'il se croyait incapable de remplir la mission que lui donnait le Créateur, ou [sic pour : vu] le défaut d'articuler qui lui était resté depuis l'expérience que la princesse sa protectrice avait voulu faire sur lui dans son enfance. Cette crainte et cette défiance nous prouvent que la loi parfaite ne peut être en nous si elle ne nous est donnée d'en haut. Le Créateur lui fit répondre qu'il eût à prendre avec lui son frère Aaron pour interpréter ses paroles, et que d'ailleurs il serait assisté par Ur pour exécuter ses opérations spirituelles. Le nom d’Aaron signifie homme élevé en grâce divine ou prophète divin, et le nom d'Ur signifie feu du Seigneur ou l'esprit de la Divinité. Moïse dit alors : "Que la volonté de Dieu s'accomplisse selon qu'il l'a ordonné pour la délivrance de son peuple et la molestation des Égyptiens !"
Il se rendit aussitôt dans la terre d'Égypte avec ses deux assistants, et, se présentant devant Pharaon, il lui ordonna de par l'Éternel de rendre la liberté aux Hébreux. Pharaon refusa. Moïse lui répéta cet ordre une seconde fois et, après une troisième, il reçut toujours la même réponse.
Voyant cette opiniâtreté, Moïse se retira au centre de l'Égypte pour y faire usage de toute la puissance dont le Créateur l'avait revêtu. Il frappa l'Égypte et ses habitants de sept plaies horribles qui mirent le comble de la désolation dans ces lieux de ténèbres. L'on peut s'en tenir à tout ce que l'Écriture rapporte à ce point. Moïse donna ensuite un avertissement général aux enfants d'Israël de se tenir prêts pour l'heure de minuit, du 14 au 15 du mois de la lune Nisan ou de Mars. C'était le moment où les Hébreux devaient être délivrés de la servitude et faire route vers la terre que le Créateur avait promise à leurs pères. Le peuple exécuta les ordres qu'il avait reçus, et Moïse, de son côté, se prépara pour faire au même moment sa grande opération. Il fit prendre, pour cet effet, un agneau blanc d'un an, sans tâche extérieure ou intérieure. L'agneau, symbole de la victime qui devait être immolée par la suite pour le salut du genre humain, représentait aussi la pureté du corps et de l'âme des enfants d'Israël. Cet agneau, étant égorgé par Aaron pour servir d'holocauste d'expiation, Moïse en prit le sang, avec lequel il marqua en forme de réceptacle les quatre angles du lieu où il devait faire sa grande opération pour frapper les quatre parties d'Égypte, et ensuite il fit répandre le reste du sang sur la terre. Moïse avait ordonné également à tous les enfants d'Israël de choisir un agneau semblable au sien. Les chefs de famille devaient égorger cet agneau et marquer, avec son sang, en forme de réceptacle, la porte de leurs maisons. C'était là la marque de l'alliance du Créateur avec Israël, et de l'entière extermination des Égyptiens.
Ce réceptacle donnait aux Israélites une double instruction : la première, que ce sang animal, pris comme symbole de puissance, représentait leur âme spirituelle ; la seconde, que ce même sang était le tronc et le siège d'où cette âme préside et actionne tout le général de la forme particulière qu'elle habite. Cette figure représentait encore les quatre régions célestes d'où Moïse faisait sortir, par les quatre puissances divines, les quatre anges exterminateurs qui devaient molester les Égyptiens, et en même temps veiller à la défense du peuple d'Israël lors de la sortie d'Égypte. Moïse avait ordonné aux Israélites d'égorger et de dépouiller l'agneau qu'ils avaient choisi. Ils devaient ensuite le faire cuire, en manger toute la chair depuis la tête jusqu'à la moitié du corps, et faire consumer le reste par le feu. Par la cuisson de l'agneau, Moïse figurait aux Israélites la purification de leur forme corporelle, pour se disposer à la communication de l'intellect spirituel divin ; et, en ordonnant de brûler ce qui resterait de l'agneau, il voulait leur représenter la réintégration des essences spiritueuses dans l'axe central d'où elles sont provenues. Car, de même que le feu élémentaires a la propriété de réduire en cendres tout ce qu'il embrasse, de même l'axe central a la faculté de dévorer et de dissiper entièrement tout ce qui se réintègre dans lui, sans qu'il en demeure aucune apparence ni aucune substance convenable et propre à être habitée par un esprit. Moïse ordonna de plus aux Israélites, que les familles qui n'auraient point d'agneaux chez elles se réunissent à celles qui en auraient. Il annonçait par là l'alliance que le reste des idolâtres de l'Égypte feraient à l'avenir avec la loi divine ; ce qui est effectivement arrivé.
Pour vous instruire amplement de tous les événements qui ont précédé la délivrance du peuple hébreu de la servitude, je vais vous rapporter les opérations spirituelles que Moïse fut obligé d'opposer à celles des mages d'Égypte et des sages d'Ismaël qu'il rencontra parmi les Égyptiens. Ces mages et ces sages professaient secrètement en Égypte, de génération en génération la science divine, mais Moïse, les ayant découverts, leur parla ainsi : "Je vous dis, mages d'Égypte et sages d'Ismaël, que je suis ici de par l'Éternel, pour opposer ma puissance à la vôtre pour la gloire de mon Dieu, de qui tout dépend, et pour la délivrance de son peuple élu. Pourquoi marchez-vous contre la volonté du Créateur, en endurcissant l'âme de Pharaon et l'induisant à rejeter la demande que je lui fais en faveur d'Israël ?" Les sages et les mages lui répondirent : "Si le Dieu que tu sers est aussi puissant que tu le dis, pourquoi n'opère-t-il pas lui-même et par sa propre volonté, sans le secours d'un être comme toi ? Va, ton Dieu ne fut jamais tel que tu le dis et ta puissance n'est qu'imposture."
Moïse, frappé de cette insulte, jette par terre sa baguette ou la verge mystérieuse qu'il tenait dans la main droite et elle fut aussitôt convertie en serpent. L'un des sages jette aussi sa baguette qui fut comme celle de Moïse changée en serpent. Ces deux serpents restent en aspect l'un de l'autre pendant tout le temps que Moïse interpréta aux mages d'Égypte le type de cette métamorphose : "Mages d'Égypte et vous, sages d'Ismaël, leur dit-il, je connais cette puissance et les faits qui peuvent en provenir ; elle est à l'égard de la mienne ce que la mienne est à l'égard de celle du Dieu vivant d'Israël. Ces serpents que tu vois ramper sur la terre t'expliquent l'abattement et le terrassement de la puissance orgueilleuse des démons et des hommes qu'ils ont rendus semblables à eux. Le serpent provenu de ma verge et qui cherche à dévorer celui qui est provenu de la tienne t'annonce que l'homme ne rampera pas toujours sur la terre, mais qu'un jour il sera revêtu de sa puissance première, et qu'alors il marchera debout contre ceux qui l'ont fait déchoir. Je te dis de plus que ce changement en formes hideuses, que ces verges ont éprouvé, est l'explication réelle du changement des formes glorieuses des esprits supérieurs démoniaques et des mineurs spirituels divins en forme de vile matière terrestre qui les tient en privation. Seigneur, ajouta-t-il, en s'adressant au Créateur, lève-toi et marche devant moi, afin que ta gloire soit manifestée devant ton puissant Elu !"
Après cette invocation, Moïse prend par la queue le serpent qui était à côté de lui et, le tenant dans sa main, ce serpent se remet en verge. Le mage d'Égypte fit sur le champ la même chose. Moïse lui parla ensuite et lui dit : "Ces serpents que tu as vu dissiper devant toi et rentrer dans leur première forme de verge te font voir que toutes espèces de formes qui agissent dans cet univers n'existent point réellement en nature, ni d'elles-mêmes, mais seulement par l'être qui les anime, et tout ce qui paraît exister se dissipera aussi promptement que tu as vu se dissiper ces deux serpents qui agissaient en apparence devant toi. Apprends de plus que l'anéantissement des formes de ces deux serpents t'annonce clairement la destruction de la terre que tu habites et celle de ses habitants. Crains d'être confondu parmi ceux sur qui l'Éternel doit manifester sa justice." Le mage s'inclina devant Moïse et, n'osant plus opérer devant lui, il se retira vers Pharaon à qui cependant il ne rendit aucun compte des sciences que Moïse possédait.
Il n'est pas nécessaire d'entrer dans le détail de toutes les opérations particulières que fit Moïse pour contribuer à la délivrance de ses frères ; l'Écriture en parle assez clairement, mais je ne dois point vous laisser ignorer ce que nous enseignent les quatre sages d'Ismaël et les trois mages d'Égypte dont je vous ai parlé. Les quatre sages nous apprennent que le vrai culte du Créateur, ainsi que son cérémonial, est toujours resté parmi les hommes de la terre et qu'il y restera jusqu'à la fin des siècles. Mais la faiblesse et l'iniquité des hommes leur a fait souvent abandonner ces connaissances divines pour ne se livrer qu'à celles de la matière, et c'est ce que ces trois mages d'Égypte nous représentent. Ces trois mages ne se donnaient qu'aux opérations démoniaques, et vivaient en pleine liberté au sein de la matière. Aussi furent-ils compris dans le nombre des infortunés qui succombèrent sous la justice divine que l'Éternel exerça sur l'Égypte.
Ces trois mages combattaient continuellement la puissance spirituelle de Moïse, et ils ne cessèrent de s'opposer à ses travaux spirituels jusqu'à la neuvième opération qu'il fit pour la gloire du Créateur. Cette répétition d'opération de la part des mages ne laissa point d'inquiéter Moïse et même d'ébranler la grande foi qu'il avait au Créateur. Il s'écria alors, les larmes aux yeux, en disant : "O Éternel, Dieu d'Israël ! en quoi suis-je coupable dans la mission dont tu m'as chargé ? Pourquoi, Seigneur, n'ai-je point été prévenu que je n'étais point le seul qui fût à tes ordres dans la terre d'Égypte ? Prends pitié de ton serviteur, car il va opérer sans ton secours." Moïse, après cette prière, sent renaître dans son âme la foi la plus vive. Il se trouvait au dixième jour qui devait mettre fin à toutes ses opérations divines. Il convoqua les quatre sages et les trois mages devant Pharaon, afin qu'ils fussent témoins de sa dixième et dernière opération. Lorsqu'ils furent tous assemblés, Moïse leur parla ainsi : "Le Dieu d'Israël est celui qui entend tout et qui voit tout ; il a vu les sages d'Ismaël ; il a entendu les trois mages iniques d'Égypte, et l'un de ces trois derniers va servir d'exemple à tous les autres." Moïse fit alors son opération avec Aaron et Ur ; mais l'un des trois mages plus hardi et plus téméraire que les autres s'avança dans le cercle. Aussitôt Moïse le repousse en lui appuyant sur la poitrine deux doigts de la main droite.
Ce mage sort du cercle en reculant, mais sans ôter les yeux de dessus Moïse, afin de mieux comprendre ce qu'il prononçait contre lui et de mieux voir ce qui allait s'opérer par l'invocation que faisait Moïse en ces termes : "Le Créateur a mis toute puissance dans son serviteur Moïse. Il paye tribut à son serviteur par la grande foi qu'il a eue en lui. Pourquoi le Dieu que ce mage révère ne payerait-il point également tribut au zèle de son serviteur ? Pourquoi le laisse-t-il devenir un exemple immémorial de la justice divine à la face d'Israël et de toute l'Égypte ?" Aussitôt à la fin de ces paroles il se fit sur le corps du mage un changement qui étonna tous les spectateurs. C'est la dernière opération spirituelle divine dans la terre d'Égypte. Par tout ce que je viens de dire vous pouvez vous confirmer dans la certitude que la puissance des démons ne prévaudra jamais contre celle de l'Esprit divin. Vous y voyez encore comment tout s'opère dans l'univers par action et par contraction ; sans cela, rien n'aurait ni mouvement ni vie, et sans la vie, il n'y aurait point de formes corporelles. De même, sans la réaction démoniaque, rien n'aurait vie spirituelle hors de la circonférence divine.
Pharaon, épouvanté de tous les fléaux que Moïse avait attirés dans l'Égypte, fut forcé d'adoucir le joug des enfants d'Israël et de les mettre sous la conduite de Moïse pour aller offrir un sacrifice à leur Dieu. Il leur permit même d'emprunter aux Égyptiens des vases d'or et d'argent, différents ustensiles de métaux précieux et tous les parfums nécessaires pour les opérations qui concernaient le grand culte que Moïse opérerait au milieu de son peuple. Il leur avait prescrit un temps pour aller offrir leurs sacrifices ; mais voyant qu'après ce temps écoulé les Hébreux ne revenaient point, Pharaon se détermina à les faire poursuivre, non pas tant pour les ramener dans leur première captivité, que pour retirer d'eux toutes les richesses qu'ils avaient emportées des Égyptiens.
La plupart des hommes étant peu instruits sur les types spirituels qui s'opèrent dans l'univers, ont traité les enfants d'Israël de voleurs et de perfides au sujet de ces emprunts ; mais sur quels fondements ces hommes ignorants ont-ils pu établir leurs jugements ? Savent-ils ce que c'étaient que ces richesses empruntées par les Israélites aux Égyptiens ? Savent-ils l'emploi qu'ils en ont fait ? Savent-ils enfin si ce prétendu mal manifeste s'est opéré par la seule volonté du peuple d'Israël, ou si ce peuple n'a pas agi en cela comme dans le reste de ses opérations spirituelles, par l'ordre de celui qui venait les délivrer de la servitude. Pour vous convaincre de l'ignorance de ces prétendus savants, je vous apprendrai que toutes ces richesses en question n'étaient autre chose que les idoles matérielles des Égyptiens. L'enlèvement qui s'en fit par la main d'Israël était une véritable punition que la justice divine exerçait sur eux, en les privant des objets les plus précieux de l'idolâtrie, et c'est le sort inévitable de tous ceux qui se livrent entièrement à la matière. Le prince de cette matière favorise un moment ses prosélytes, afin de les éloigner, soit en pensée, soit en action, de leur seul principe spirituel divin, mais lorsqu'il les a mis au comble de leurs satisfactions, il les laisse au milieu des pièges qu'il leur a tendus et les précipite ainsi dans l'abîme.
On ne peut pas dire qu'Israël se soit enrichi de ces biens enlevés aux Égyptiens. On en évalue la somme à environ un million de notre monnaie. Cela suffirait-il pour enrichir environ douze cent mille hommes, les entretenir durant quarante ans qu'ils sont restés dans le désert, et soutenir les guerres considérables qu'ils ont eu à faire ?
Loin de pouvoir le présumer, nous voyons qu'Israël a vécu d'une manière céleste dans le désert ; que la guerre qu'il soutenait contre les ennemis de Dieu était une guerre spirituelle et qui se faisait sans argent ; que les Israélites ne faisaient aucun usage entre eux de monnaie d'or et d'argent, ni d'aucun métal pour se procurer tous les besoins de la vie. Nous voyons de plus qu'ils n'ont fait dans le désert, ni en arrivant dans la terre promise, aucune espèce de négoce ni de commerce de biens matériels avec les richesses qu'ils avaient emportées d'Égypte. Ceci nous montre l'injustice de ceux qui ont osé soupçonner la fidélité d'Israël et le taxer de voleur. De pareils reproches ne peuvent être dictés que par l'ignorance et l'orgueil, et ceux qui ont été assez peu réservés pour les mettre au jour ont trouvé quelque facilité à séduire et à convaincre en apparence les autres hommes par leurs discours. Ceux qui ont été assez faibles pour se laisser séduire par eux, pour peu qu'ils veuillent faire usage de leur raison et qu'ils aient acquis de vraies lumières, sont les premiers à condamner.
Mais pour justifier pleinement Moïse et son peuple de ces soupçons honteux il suffit de vous instruire à quel usage toutes les dépouilles des Égyptiens furent employées. Apprenez donc que tous ces vases, tous ces métaux et ces ustensiles d'or et d'argent, n'ont servi à d'autres usages chez Israël qu'à la décoration du temple ou de l'arche d'alliance que Moïse éleva à la gloire du Créateur, pour y opérer les différents cultes divins. Poursuivons le récit :
Moïse, sachant qu'il aurait de longues marches à faire pour éviter les poursuites de Pharaon, ordonna aux Israélites de faire une assez grande provision de pain sans levain pour leur subsistance jusqu'à leur entrée dans les déserts de Canaan. Ce ne fut qu'après cette entrée que Moïse leur expliqua ce que signifiait ce pain sans levain qui les avait beaucoup étonnés : "Apprends, Israël, que ce pain sans levain que tu as mangé avec l'agneau dans la terre d'Égypte, pendant les huit derniers jours que tu y es resté, t'annonce la vie spirituelle, la nourriture que le Créateur a résolu de te donner pendant tout le temps que tu feras la guerre en Canaan. Il t'annonçait encore la réconciliation avec le Créateur et la délivrance de la servitude figurée par le changement de nourriture par le moyen duquel tu abandonnais les aliments profanes aux Égyptiens que le Créateur devait exterminer. Israël comprit tout ce que Moïse avait voulu dire, lorsque après le passage de la mer Rouge, la manne commença à tomber dans le camp. J'en parlerai en son lieu.
Les différentes marches que Pharaon fit en poursuivant les Israélites nous figurent les ruses et les détours qu'emploie l'esprit démoniaque pour attacher son intellect d'abomination et détruire par là la puissance de l'homme. Ce n'était que la répétition des pièges que les démons avaient tendus jadis aux Israélites, et par lesquels ils avaient assujettis les Égyptiens. Mais, comme l'esprit divin protecteur et défenseur des hommes, use des mêmes moyens pour molester l'esprit démoniaque, il se servit d'Israël même pour opérer la destruction de l'Égypte.
Israël était le type de l'intellect spirituel divin, et les différentes marches qu'il fit avant et après le passage de la mer Rouge, n'étaient autre chose que les moyens spirituels que l'esprit du Créateur employait pour l'entière punition de ses ennemis et pour la délivrance de son peuple élu. Cette protection divine fut clairement manifestée à Israël dans le désert de Phiahizoth entre Magdal et la mer Rouge. Le premier nom signifie régénération d'action et le second aspect d'abomination, et la mer Rouge abîme d'amertume.
Moïse, étant dans ce désert avec tout Israël, aperçut la tête de l'armée égyptienne qui marchait contre lui. Il fit sa dernière invocation pour mettre entièrement Israël sous la conduite du Créateur, ne croyant pas que sa puissance fût suffisante pour prévenir Israël des malheurs et de la perte qui le menaçaient. Sa prière fut exaucée ; le peuple d'Israël, qui avait été saisi de crainte et de frayeur à la vue de ses ennemis, fut rempli alors d'une entière confiance dans le Créateur et dans son serviteur Moïse. Cette foi fut confirmée par une colonne de nuées qui vint former un retranchement entre l'armée d'Israël et celle des Égyptiens, qui, par ce moyen, ne pouvaient se voir l'une l'autre, quoiqu'elles fussent campées dans le même désert. À la vue de cette colonne, Israël s'écria : vive le Dieu des enfants d'Israël qui nous a sauvés de la rage de nos ennemis. Israël resta encore quelques jours dans le désert sous le retranchement de la colonne de nuées ; mais le moment étant venu de faire le passage de la mer Rouge, le Créateur fit remonter la colonne afin qu'Israël put voir à découvert la manifestation de la justice divine contre ses ennemis. À l'aspect de l'armée égyptienne, Israël se déconcerta de nouveau et prit une terreur inconcevable : il se rassura néanmoins et, se fortifiant dans sa foi, il se remit à la volonté du Créateur et à celle de Moïse.
Moïse avait fait le dénombrement de tous ceux qui étaient destinés à faire la guerre. Il mit à part, selon l'ordre des tribus, les femmes, les enfants et les vieillards, et, se disposant de les faire passer les premiers la mer Rouge, il se mit à leur tête. Il plaça ensuite son frère Aaron à la tête des élus destinés à la guerre, Ur au milieu et Josué à la queue. Dans cet ordre il se mit en marche à la vue de l'armée égyptienne, afin qu'elle l'engage à poursuivre les Israélites jusqu'à l'endroit désigné par le Créateur pour l'extermination de Pharaon et de son peuple. Ce fut dans la nuit du 14 au 15e jour de Nisan ou de Mars que Moïse arriva avec toute son armée sur le rivage de la mer Rouge. Quand il fut rendu, il se présenta sur le bord de cette mer à la tête de ceux qui devaient passer les premiers, savoir les femmes, les enfants et les vieillards. Il étend sa main sur les eaux, puis il plonge sa verge. Aussitôt les eaux se séparent à droite et à gauche pour laisser passage libre aux Israélites. Une colonne de feu marchait en avant du peuple, dans le sentier que Moïse avait tracé. Cette colonne marchait ordinairement ainsi à la face de Moïse et de son peuple pour leur servir de lumière, et pour tenir par ce moyen leurs ennemis dans une plus grande obscurité. Moïse fut avec sa division jusqu'au milieu de la mer Rouge, et, quand il fut arrivé au centre, il attendit que les autres divisions l'eussent joint. Alors il continua sa marche et conduisit les enfants d'Israël de l'autre côté de la mer pour les faire rentrer dans les sentiers de la terre d'où ils étaient sortis.
Pharaon, qui avait aperçu que les Israélites marchaient du côté de la mer Rouge, redoubla sa marche pour les prendre, et, comme il les avait perdus de vue dans l'obscurité, il ordonna à son armée d'allumer des torches pour suivre les ennemis et chercher la trace de leurs pieds ; mais cette ressource fut plus funeste qu'avantageuse aux Égyptiens, car l'armée de Pharaon, étant occupée à suivre les traces des pieds de l'ennemi, ne s'aperçut point qu'elle avait quitté le rivage de la mer et qu'elle marchait au milieu des eaux qui étaient suspendues de chaque côté. Il est vrai que le chemin tracé était assez considérable pour qu'on ne s'aperçut point du danger et surtout dans une nuit aussi ténébreuse. Enfin Pharaon et toute son armée, étant arrivés au centre du passage de la mer dont Israël était déjà sorti, les eaux se rassemblèrent et engloutirent tous les Égyptiens. Ce centre était le lieu que Moïse avait assigné aux esprits exterminateurs pour l'entière défaite de ses ennemis. Les Israélites étaient déjà campés de l'autre côté de la mer, à la vérité sans ordre et sans distinction. Quand ils eurent reposé environ deux heures, Moïse les réveilla pour les faire méditer sur la bonté infinie du Créateur dont ils viennent d'éprouver de si grandes preuves. Il leur fit rendre grâce à l'Éternel et, lorsque l'action de grâce finissait, la pointe du jour quinzième de la lune commençait à paraître. C'est dans ce moment qu'ils virent tomber la manne pour la première fois. Moïse les prévint que le Créateur, qui leur envoyait cette nourriture, confirmait par cette faveur leur grâce et leur réconciliation.
Il les avertit que chacun d'eux pouvait prendre une portion de cette manne pour sa nourriture journalière, mais qu'il ne leur serait pas permis d'en réserver pour le lendemain ; que, s'ils contrevenaient à cette loi, la manne qu'ils avaient voulu garder se corromprait et serait perdue pour eux. Il leur dit en outre que toutes les portions qu'ils viendraient à prendre de plus qu'il ne leur était permis seraient à déduire sur celles qui reviendraient aux autres Israélites, de sorte que personne ne pouvait en prendre plus que sa portion sans que les prévaricateurs se fissent tort non seulement à eux-mêmes mais encore à leurs frères ; que, cependant, pour que toute la punition tombât particulièrement sur les coupables, ceux-là seraient frappés de lèpre et resteraient dans le jeûne et dans la pénitence pendant sept jours. Il fut statué de plus que, pendant les jours de leur expiation, la portion de manne qui leur serait revenue serait distribuée à ceux de leurs frères de la même tribu qu'ils en avaient privés par leur avidité, afin que cette tribu apprît à connaître qu'il y avait parmi elle des prévaricateurs que l'Éternel avait punis selon leur crime. Voilà les premières instructions que reçut Israël après son passage de la mer Rouge, instructions qui nous enseignent que le soin de notre bien-être, soit temporel, soit spirituel, appartient plutôt à la puissance du Créateur qu'à la nôtre et à celle de toute notre industrie démoniaque.
Après cette instruction, Moïse défendit aux Israélites de se laver dans l'eau de la mer Rouge, ni de s'en servir pour aucun usage, parce qu'elle était souillée du sang de l'abomination, et que c'était dans ses abîmes qu'était précipitée, pour une éternité, l'iniquité de l'Égypte et de ses habitants. Ensuite il parla au peuple en disant : "Israël, ce que je t'ai dit touchant la manifestation de la gloire et de la justice divine, est au-dessus de tout ce que tu peux penser. Que le souvenir de cette gloire du Créateur ne s'efface jamais de ta mémoire de génération en génération jusqu'à la fin des siècles, et que les fléaux dont le Créateur s'est servi pour manifester sa justice soient toujours présents à la mémoire des habitants des cieux et de la terre. Tourne tes yeux, Israël, puisque le jour t'éclaire sur le rivage de la mer que tu as passée à pied sec et reconnais le prodige que le Créateur a opéré pour ta délivrance et ta réconciliation." Israël regarda du côté de la mer et, l'ayant vue couverte de tous les hommes qui composaient l'armée d'Égypte, parmi lesquels le corps de Pharaon était confondu, il se prosterna aux pieds de Moïse en s'écriant : "Moïse, que le Dieu de nos pères qui t'a choisi pour être le soutien des enfants d'Israël, t'exauce éternellement. Nous te supplions, au nom de Dieu qui nous a fait conduire ici, de lui porter nos âmes en sacrifice et en action de grâce de tous ses bienfaits, afin qu'il nous préserve à jamais des terribles fléaux de sa justice."
Les cadavres des Égyptiens flottèrent toute la journée du 15 de la lune de Nisan. Tantôt ils étaient transportés du côté de la terre d'Égypte, tantôt ils repassaient du côté où était Israël. Ces cadavres firent cette route plusieurs fois afin que les restes infortunés des Égyptiens fussent témoins de la gloire du Créateur et de la justice qu'il exerçait contre l'Égypte en faveur d'Israël. Le corps de Pharaon fut le dernier enseveli sous les eaux et resta un jour entier après que les autres cadavres furent dispersés.
Moïse commença dès lors à établir le culte divin chez Israël. Il institua de nouveau les quatre veilles journalières ou les quatre prières de six heures en six heures, et rétablit aussi les quatre opérations annuelles dont la dernière représentait la grande opération de Moïse en action de grâce des bienfaits qu'il avait reçus par les demandes qu'il avait faites au Créateur, soit dans ses travaux annuels, soit dans ses travaux journaliers. Moïse régénéra tous les différents cultes dans l'espace de quarante-neuf jours, et, au cinquantième, il expliqua ainsi aux Israélites tous les prodiges qui avaient accompagné leur délivrance : "Je te dis en vérité, Israël, que le Créateur a fait force de loi pour ta réconciliation spirituelle. Il a opposé puissance contre puissance, ainsi que je te l'ai fait comprendre par mes opérations contre les sages d'Ismaël et les mages d'Égypte. Tout ceci est opéré autant pour ta satisfaction particulière que pour la gloire du Créateur et la manifestation de sa justice. Cet être suprême est à la fois ton Créateur, ton libérateur, ton conducteur et ton défenseur. Tu vois le type de ce Créateur dans ton serviteur Moïse, qui a vu face à face la gloire de l'Éternel, dans laquelle il est entré en esprit pour recevoir les ordres de cette grande Divinité au sujet de ta délivrance. Tu vois le type de ton libérateur dans Aaron qui représente l'action du Créateur. Tu vois le type de ton conducteur dans Ur, et tu vois le type de ton défenseur dans Josué. C'est ainsi que les quatre sujets qui ont coopéré à ta délivrance font chacun un des types de la quatriple essence divine que le Créateur a employée pour ta réconciliation. Écoute maintenant ce que je vais te dire touchant les faits qui se sont opérés en ta faveur dans la terre d'Égypte : ils font allusion à trois grandes vertus et puissances que le Créateur devait manifester en faveur de sa loi, en faveur des enfants d'Israël et pour l'anéantissement de tous ses ennemis.
La première s'était fait connaître dès la première jeunesse de ton serviteur Moïse : il flotta sur les eaux, privé de l'usage de tous ses sens corporels et sous la seule conduite du Créateur. Ainsi flottait l'esprit divin avant qu'il séparât la lumière d'avec les ténèbres, et que chaque chose catholique [sic pour chaotique] eût pris sa place naturelle selon la loi. Ainsi flottait Noé avec le reste du peuple réconcilié. C'était Noé que le Créateur avait choisi pour être témoin de la manifestation de la justice divine et pour régénérer le culte divin sur la terre. Moïse a été également choisi pour te rappeler que le Seigneur est le seul Créateur de tout ce qui a vie et action dans cet univers. Lorsque Moïse flottait sur les eaux, tu étais encore loin de son élection spirituelle et tu ignorais le type que l'Éternel lui faisait opérer en ta faveur.
La seconde vertu s'est manifestée par toutes les opérations que j'ai faites avec les quatre sages d'Ismaël et les trois mages d'Égypte. Les quatre sages ont combattu ma puissance ; ils ont fait les mêmes choses que moi dans mes quatre premières opérations et je n'ai pu connaître l'esprit qui les faisait opérer qu'après que j'ai eu satisfait à la volonté du Créateur ; ce qui te prouve qu'il est impossible à l'homme de pénétrer par lui-même dans les différentes actions de la Divinité. Le changement hideux qui s'est opéré sur la forme corporelle du premier mage de Pharaon fait allusion au changement de puissance spirituelle que les mineurs éprouveront dans les trois cercles sensible, visuel et rationnel, où ils seront obligés d'agir pendant un temps, deux temps et la moitié d'un temps. Le premier temps est, au sensible, le plus près de la matière terrestre ; le second temps est, au visuel, le plus près de la matière raréfiée, et la moitié du temps est le rationnel qui est le plus près du surcéleste. Voilà certainement ce que t'enseigne l'exemple opéré sur le premier mage.
La première division Israélite qui a passé la mer Rouge représente la sortie des hommes des trois parties de la terre, lorsque le Créateur les délivrera des ténèbres qu'ils habitent, ce qui s'opèrera par la voie du Messias. Les trois différentes classes des personnes qui composaient cette première division signifiaient les trois angles de la terre : les vieillards, l'angle d'ouest ; les femmes, l'angle du midi et les enfants l'angle du nord, ce qui te représente encore la vraie forme de la terre ainsi qu'Adam l'avait représentée au commencement par la division qu'il en avait faite en plaçant Caïn à l'angle du midi, Seth, qui est le plus jeune de sa postérité à l'angle du nord, et en restant lui-même à l'angle d'ouest à la place d'Abel. Les restes des Israélites, qui étaient destinés à la guerre et marchaient à la suite de la première division, également éclairés par la lumière de la colonne, laquelle disparut d'abord que toute l'armée d'Israël fut passée, figurent par leur élection celle que le Créateur a faite d'un nombre d'esprits majeurs pour être les guides et les défenseurs pendant que tu feras la guerre spirituelle contre les ennemis, et ces élus ne sont autre chose que l'ombre et les instruments des esprits majeurs que le Créateur a joints à Israël. Observe avec soin l'élection que le Créateur a faite chez toi, et suis-en avec précision toutes les circonstances si tu veux être justifié devant lui.
La troisième vertu s'est annoncée par les différents circuits que je t'ai fait faire dans les déserts de la terre d'Égypte, et par les différentes opérations spirituelles divines que j'ai faites aux quatre parties de cette terre, pour diviser entièrement son être de vie, selon l'ordre que j'en avais reçu, et pour qu'elle reste éternellement en opération de contraction contre les lois ordinaires données au corps général terrestre. C'est par le moyen de cette action contraire à la vraie nature que cette terre n'aura plus qu'une végétation impure et à peine capable de nourrir les animaux les plus affreux dont elle va devenir le repaire. Cette punition s'est faite en ta présence, pour t'apprendre que c'est pour la troisième fois que l'Égypte fut criminelle devant le Créateur, par les abominations que les hommes ont commises dans son sein et qui ont attiré sur elle et sur ses habitants tous les fléaux de la justice divine. Le dernier fléau survenu devant toi à l'armée d'Égypte avait été prédit par l'emprunt que tu avais fait aux Égyptiens de leurs ustensiles d'or et d'argent, pour les empêcher par là de pouvoir opérer aucun culte à leur fausse divinité. Ces peuples pervers ne comprirent pas dans ce moment le type de cet emprunt. Au contraire, ils se croyaient flattés que leurs ustensiles pussent servir au culte du Dieu d'Israël. Mais c'était la justice divine elle-même qui les dépouillait de tous ces biens temporels dont ils ne devaient plus faire aucun usage puisqu'ils allaient être entièrement dispersés parmi les nations et honteusement détruits par le décret de l'Éternel. Oui, Israël, je te dis qu'en divisant ainsi l'être de vie de cette terre criminelle, je l'ai fait tomber entièrement sous la puissance des démons, et qu'elle ne contient plus en elle-même qu'une multitude d'intellects démoniaques.
Que cet exemple t'apprenne à ne pas abuser des biens temporels que l'Éternel te fera recueillir dans la terre qu'il a promise à tes pères et qu'il va faire passer dans tes mains. N'abuse pas surtout de la puissance spirituelle que le Créateur t'a accordée, et réfléchis sur les punitions effroyables qui sont tombées sur Adam et sur sa postérité, pour avoir profané cette même puissance dont leur âme était revêtue. N'oublie jamais que tout ce qui vient de s'opérer en ta présence, sur la terre d'Égypte, est une exacte répétition de tous les fléaux que le Créateur a lancés sur la terre pour l'expiation du crime du premier homme et celui de ses descendants.
Le fléau survenu à la terre par le crime d'Adam n'était pas le même que celui qui fut lancé contre sa postérité du vivant de Noé, parce que le crime d'Adam n'était pas le même que celui de ses descendants. Adam s'élève par son orgueil jusqu'à vouloir être créateur. Lui-même lie sa puissance divine avec celle du prince des démons, et il effectue une création de perdition. Après ce forfait, il dégénère de son état de gloire et devient l'opprobre de la terre, sujet de la justice divine, de l'inconstance des événements temporels et de celle des corps planétaires jadis inférieurs à lui. Il demeure ainsi lui-même et toute sa postérité en privation divine dans un cercle de matière : telle est la punition d'Adam. Sa postérité prévarique et prostitue sa puissance, en s'associant aux démons pour vivre en liberté au milieu de ses passions matérielles. Cette postérité rejette absolument les lois divines qu'elle avait reçues pour se contenir dans la réconciliation faite avec ses pères ; elle outrage la Divinité par les fléaux les plus horribles. Aussi, cette postérité fut frappée des fléaux les plus cruels et les plus honteux ; elle fut engloutie sous les eaux ; elle fut confondue sans distinction avec le reste des animaux, et la terre devint le réceptacle abominable des cadavres de tous les mineurs iniques et prévaricateurs de cette postérité. Tu ne peux douter de tous ces faits d'après les instructions qui t'en ont été données par tes pères, à qui le Créateur en avait fait part. Venons au crime et à la punition des Égyptiens.
Pharaon, type du premier prince des démons, endurcit le cœur de son peuple contre Israël. Il s'oppose à tout ce que l'envoyé de Dieu voulait opérer en faveur de ses élus ; mais en s'armant ainsi contre Israël, c'était s'armer contre Dieu même, c'était confirmer les blasphèmes, l'horrible impiété et tous les vices de la matière dans laquelle les Égyptiens étaient souillés depuis longtemps, c'était abjurer enfin toute la puissance divine et attaquer directement l'esprit du Dieu vivant. Aussi ces peuples criminels ont-ils été engloutis sous les eaux de la mer Rouge, après y avoir surnagé longtemps, pour être un exemple immémorial d'horreur à la vue des cieux et de la terre et à la vue d'Israël. C'est ainsi que furent punis ces peuples qui avaient prévariqué contre l'esprit du Créateur. Que tout ce que je viens de te dire, Israël, sur les trois genres de prévarication que les hommes de la terre ont commis contre le Créateur, de même que les différents actes de justice que le Dieu d'Israël a exercés contre tous ces coupables ne s'effacent jamais de ta mémoire ni de celle de ta postérité de génération en génération. Frémis sur tous ces exemples et crains toi-même de devenir le quatrième exemple de la funeste manifestation de la justice divine, car le fléau que la justice divine lancerait sur toi serait sans bornes et sans mesure ; tu serais aussi promptement dépouillé de la loi divine que le Créateur t'a confiée, que les Égyptiens l'ont été de leurs biens temporels.
Cette loi que le Créateur a établi chez toi, de préférence aux autres nations, est une preuve évidente de la confiance qu'il a dans Israël ; mais si Israël s'oublie devant le Créateur, celui qui lui a donné la loi la lui enlèvera sans qu'il s'en aperçoive, sans bruit, sans éclat et sans le secours des guerres temporelles en usage parmi les hommes. Il ne sera plus question alors de combats de puissance contre puissance, mais seulement de l'opération de la justice contre l'injustice, et pour lors Israël tombera dans la confusion ; sa mémoire sera si obscurcie qu'il ne conservera plus rien de ce qui appartient au culte divin. Le nom du Seigneur lui sera enlevé et passera pour une éternité aux étrangers. C'est parmi ces nations étrangères qu'Israël sera dispersé pour y vivre en servitude et en privation divine jusqu'à la fin des siècles. C'est alors qu'Israël sera l'opprobre des hommes et de tout l'univers. Voilà, Israël, ce que je dois t'apprendre de par l'Éternel.
Tels sont les faits que le Créateur a opérés dans l'univers pour la manifestation de sa gloire et de sa justice par le moyen de Moïse, Aaron, Ur et Josué. C'est ainsi qu'il opérera éternellement pour et contre sa créature spirituelle supérieure, moyenne, inférieure et mineure. Je ne m'arrêterai point à vous détailler tous les faits particuliers qui se passèrent chez les Israélites depuis leur sortie d'Égypte. L'Écriture parle assez amplement de leurs différentes marches et campements. Je viendrai tout de suite à ce qui s'est passé sur le Mont Sinaï, nom qui signifie hauteur et élévation de la gloire divine. Moïse donne ses ordres temporels et spirituels à son frère Aaron à qui il a confié en son absence tous les enfants d'Israël. Ceux-ci promettent de suivre aveuglément tout ce qu'Aaron leur commandera. Moïse, après avoir tout réglé dans le camp, se met en marche accompagné de Josué pour se rendre à la montagne. Quand ils furent vers le milieu, ils virent l'un et l'autre la gloire de Dieu ouverte devant eux. Aussitôt Moïse dit à Josué : "Reste ici, car le Créateur m'appelle vers lui." À l'instant la nue descendit jusqu'à la moitié de la montagne et sépara Moïse de Josué, qui ne le revit plus que quarante jours après, lorsque Moïse descendit portant sur le bras droit les deux tables que le Créateur avait gravées dans son esprit très-saint. Quand Moïse eut joint Josué, ils marchèrent ensemble vers le camp, Josué se tenant sur la droite de Moïse qui était le côté où étaient portées les tables de la loi. Mais ils ne furent pas à un tiers du chemin où Josué était demeuré seul, qu'un grand cri d'allégresse se fit entendre dans le camp. Ensuite une voix dit à Moïse : "Viens voir ton peuple qui vient de m'outrager ; il est ton peuple et non le mien." Moïse et Josué doublèrent le pas, et, étant arrivés l'un et l'autre à l'entrée du camp qui était tout à fait au bas de la montagne, ils virent les enfants d'Israël danser avec Aaron autour d'un veau d'or.
Moïse en fut si transporté qu'il brisa les tables de la loi qu'il apportait de la montagne, et s'adressant ensuite à Aaron : "Pourquoi, lui dit-il, ce peuple a-t-il dansé devant un faux dieu, et pourquoi ne l'as-tu pas contenu dans les bornes spirituelles que je lui avais prescrites lorsque je l'ai confié à tes soins ? Quoi ! tu as mis toi-même dans le creuset la matière dont ce faux dieu a été formé et tu as ainsi jeté ce peuple dans la même abomination pour laquelle les Égyptiens viennent d'être anéantis." Aaron répondit : "J'ai craint, Seigneur, la fureur et la rage des enfants d'Israël. Ils ont levé la pierre contre moi en ton absence, et j'ai été forcé d'adhérer à leurs désirs pour les préserver d'un plus grand malheur." Moïse, encore plus outré de la réponse de son frère Aaron, lui dit : "Descends tout à l'heure au camp d'Israël vers le couchant, et là tu verras le juste châtiment que le Créateur a réservé au crime des Israélites." Moïse fait ensuite son opération et son invocation au Créateur pour obtenir de lui l'élection spirituelle du nombre des élus vengeurs des outrages faits à l'Éternel. Il lui fut ordonné de prendre quinze hommes de la tribu de Lévi. Il les partagea en trois bandes de cinq hommes chacune, et leur dit ensuite : "Que ceux qui aiment le Créateur prennent à la main le couteau plat qui appuie sur leur cuisse gauche." Les quinze élus mirent sur-le-champ le couteau à la main droite. Moïse en fit la bénédiction, puis il dit aux élus : "Que la première bande, où sont Siméon et Lévi, marche du soleil levant vers le couchant, la seconde du soleil levant vers le midi, et la troisième du soleil levant vers l'aquilon. Les trois bandes iront ainsi et reviendront trois fois au travers du camp d'Israël. Elles passeront au fil de leurs armes tous ceux qu'elles rencontreront sans considération d'âge ni de parenté, et elles reviendront ensuite à moi étant accompagnées d'Aaron." L'ordre de Moïse fut exécuté, et il périt par là une multitude d'Israélites ainsi que des nouveaux convertis à la loi de Moïse. Par ce moyen, le camp d'Israël fut purifié, et l'effusion du sang des coupables fit trouver grâce aux Israélites devant l'Éternel.
Il vous est facile d'apercevoir le rapport que ces derniers événements ont avec ceux qui se sont passés depuis Adam jusqu'à Noé, depuis Noé jusqu'à Abraham, depuis Abraham jusqu'à la sortie des enfants d'Israël de la terre d'Égypte, depuis cette sortie jusqu'au Christ, et avec ceux qui se sont passés depuis le Christ et qui dureront jusqu'à la fin des siècles. Moïse assembla les restes des enfants d'Israël qui avaient été préservés de la justice divine opérée par les quinze élus de la tribu de Lévi ; et, avant de remonter sur la montagne pour aller chercher de nouvelles tables de la loi, il donna au peuple les instructions sur tout ce qui venait de se passer.
"Écoute, Israël ! je t'ai toujours instruit de la miséricorde infinie que le Créateur a eue pour toi, relativement à l'amour qu'il a eu pour tes pères qui furent justes devant lui : le Seigneur a fait la même miséricorde à son serviteur Moïse et l'a rendu susceptible d'être mis au rang des pères d'Israël. Oui, je suis le père temporel des enfants spirituels des enfants d'Israël, et non celui de ses enfants charnels et matériels. Tu as été témoin de la manifestation de la gloire et de la justice divine en ta faveur, par la force de mes opérations. Tu as vu clairement se manifester l'action et la volonté du Créateur dans tout ce que j'ai fait pour toi. Tu as donc vu en moi la ressemblance de la pensée de l'Éternel, puisque, je l'ai lue dans sa gloire et que je l'ai vue face à face. Cette montagne spirituelle que tu m'as vu monter t'annonçait la distance qu'il y a de l'Être-Créateur à la créature générale ou la terre. Il y a au-dessus de cette montagne quatre cercles imperceptibles aux mortels ordinaires, et qui séparent la cour spirituelle divine d'avec la création universelle. Cette montagne est le tableau réel de l'univers entier. Elle se divise en sept parties connues sous le nom des sept cieux célestes universels, et les quatre cercles dont je viens de te parler sont appelés surcélestes parce qu'ils bornent et dirigent l'action des sept principaux agents de la création universelle. C'est dans le surcéleste que s'opèrent la pensée et la volonté divines, c'est de là que proviennent l'ordre, la vertu et la puissance d'action de tous les esprits qui actionnent dans l'univers. Les sept cieux reçoivent du surcéleste toutes leurs vertus et tous leurs pouvoirs, et ensuite les communiquent au corps général terrestre. Tel est l'ordre qui règne entre ces trois mondes.
Lorsque je suis monté sur la montagne spirituelle divine, j'ai laissé Josué derrière moi à une distance assez considérable, parce qu'il ne pouvait pas encore marcher avec moi face à face du Créateur. La nue qui me couvrait de son ombre et me cachait à Josué et à toi, Israël, est la même que celle qui te cachait aux Égyptiens dans le désert de Phiahizoth. Apprends que cette nue n'était autre chose que l'ombre de l'esprit du Créateur, qui contenait l'armée démoniaque d'Égypte et son roi Pharaon en privation de l'usage de leurs sens corporels et spirituels. Par ce moyen, ils n'opéraient que des œuvres de confusion, et tout ce qu'ils faisaient était en pure perte par les épaisses ténèbres dont ils étaient environnés. Quoique cette nue te parût opaque, elle n'était pas semblable aux nues matérielles et élémentaires soumises aux lois qui dirigent le cours ordinaire de la nature. Les nues matérielles sont composées d'un mixte grossier et subtil provenu du corps général terrestre. Elles se forment par l'action des agents des différents corps planétaires parmi lesquels les agents solaires sont les principaux qui agissent particulièrement sur ces mêmes nues. Ces sortes d'agents, par leur forte attraction, élèvent à une certaine distance de leurs cercles les humides grossiers et subtils, et, lorsque le tout est ainsi lié, cela forme un corps impénétrable à l'homme de matière, à qui cette nue dérobe la vue de ce qui se passe au-dessus d'elle, et le prive de la jouissance de l'action solaire.
L'utilité de ces nues dans l'univers est de modifier et de tempérer la force des influences planétaires, afin qu'elles se communiquent plus bénignement au corps général terrestre et à tous ses habitants. De plus, toute espèce de corps quelconque est formé par un nombre de globules complets et parfaits. En outre, il ne peut exister aucun corps sans qu'il ait en lui un véhicule de feu central sur lequel véhicule les habitants de cet axe actionnent continuellement comme étant provenus d'eux-mêmes. Or, c'est sur le véhicule des corps de nues que s'opère la plus forte action et réaction, et cela parce qu'il faut que tous les globules en soient parfaitement divisés, afin que ce corps de nue, ainsi dissous, puisse mieux se répandre dans toute l'étendue du cercle qu'il décrit sur la terre. C'est ainsi, Israël, que se forment les nues d'où provient la manne ou la pluie, sur le corps général terrestre ; mais il n'en est pas ainsi de la nue qui t'a dérobé à la vue de tes ennemis. Cette fameuse nue, qui t'a servi de rempart dans le désert d'Égypte, était un corps apparent produit par l'action d'une multitude infinie d'esprits purs et simples qui étaient un aspect de l'esprit divin Créateur sorti par l'Éternel du cercle dénaire. Cet esprit divin marchait devant Israël en colonne de feu, et la colonne de nue suivait sa trace avec précision et exactitude selon les lois d'ordre, d'action et de réaction, de création et d'attraction que l'esprit divin opérait sur tous ces esprits conformément à la volonté du Créateur en faveur d'Israël et au préjudice des démons. Cette nue, étant formée par la puissance des esprits, sans le secours d'aucune matière, était un véritable corps de gloire. Les agents de l'axe central ne pouvaient opérer sur cette nue spirituelle comme ils opèrent sur les nues grossières et matérielles, et, quoique ces sortes de corps de gloire soient encore plus impénétrables aux yeux corporels des hommes ordinaires que ne le sont les nues élémentaires, cependant cette nue spirituelle ne priva jamais Israël de la jouissance de l'action solaire comme le font les nues matérielles. Et cependant, tout le temps que le Créateur a manifesté sa justice contre l'Égypte, jamais Israël ne fut en privation de la lumière temporelle. Les Égyptiens au contraire furent plongés dans d'épaisses ténèbres qui les conduisirent, et les firent précipiter dans les abîmes de la mer Rouge pour un temps immémorial.
C'est donc ce même corps de nue glorieuse qui m'a séparé de Josué et d'Israël, lorsque je suis entré sur le sommet de la montagne spirituelle de Sinaï. Je me suis prosterné au centre de cette montagne et, pendant ma prosternation, mon âme s'est suspendue de mon corps et est devenue véritable être pensant. Dans cet état, mon être spirituel a reçu les ordres que le Créateur lui a donnés face à face. Je t'apprendrai, Israël, que, par le sommet de la montagne spirituelle, tu dois entendre le type du cercle rationnel le plus élevé de tous les cercles célestes. Ce cercle rationnel est appelé cercle de Saturne ou Saturnaire 1. Ce cercle supérieur planétaire sépare tous les autres cercles planétaires célestes d'avec les quatre cercles surcélestes. La distance qu'il y avait depuis le sommet de la montagne où j'étais jusqu'à l'endroit où Josué demeura de moi, représente le cercle planétaire solaire qui se nomme cercle visuel 2 ; et tous les autres cercles planétaires inférieurs sont compris dans l'immensité du cercle sensible 3. Ces cercles inférieurs sont : Mercure, Mars, Jupiter, Vénus et la Lune et tel est l'ordre de ces cercles planétaires : Saturne 1er ; le Soleil 2e ; Mercure 3e ; Mars 4e ; Jupiter 5e ; Vénus 6e et la Lune 7e. Cette fameuse montagne spirituelle t'enseigne donc la distance de la cour spirituelle divine à la partie céleste, et celle de la partie céleste à la partie terrestre. Tu vois que l'on peut diviser cette montagne de deux manières, premièrement en trois parties et secondement en sept autres parties. La première division est celle des trois différents cercles où les esprits mineurs accomplissent leurs opérations spirituelles pures et simples, selon l'ordre immuable qu'ils ont reçu du Créateur, pour parvenir à leur réconciliation et à leur réintégration dans le surcéleste. N'as-tu pas vu que je t'ai marqué ta demeure et que j'ai mis des bornes à ton camp ? Ce cercle matériel terrestre que tu habites est le type réel du cercle sensible dans lequel tout mineur paye tribut à la justice de l'Éternel, et les différents emplacements que Josué et moi occupions sur la montagne t'expliquaient bien clairement ces différentes opérations auxquelles les mineurs sont assujettis pendant leur cours temporel dans les trois cercles, le sensible, le visuel et le rationnel.
Je t'ai dit que ce corps que tu habites était le type du cercle sensible, parce qu'en effet il lui est immédiatement adhérent. Ce cercle sensible est adhérent au cercle visuel ; celui-ci l'est au cercle rationnel, et le rationnel l'est au surcéleste. Ce qui peut déjà donner une lueur de l'universalité du fameux nombre quaternaire, qui domine, préside et dirige toutes choses. La seconde division de la montagne en sept parties est celle des sept cercles planétaires qui renferment les sept principaux agents de la nature universelle. Je t'apprendrai encore qu'en joignant la division ternaire à la division septénaire, tu trouveras le nombre dénaire du Créateur, duquel toute chose créée est provenue ; tu reconnaîtras de plus que cette montagne spirituelle, portant le nombre dénaire ou
occupe le centre du réceptacle général, et que puisque la terre a une forme triangulaire, cette montagne doit être à la terre ce que le point ou le centre est à un triangle. Tu sais que cette montagne s'appuie sur le corps général terrestre ; cela ne te fait-il pas connaître que cette terre renferme en elle-même un être vivant émané du Créateur et semblable à celui qui est renfermé dans la forme apparente de tous les mineurs. Ce qui te confirme ce que je te dis, c'est la régularité et l'ordre infini de tout ce qui s'opère sur ce corps général terrestre.
Les vertus et les puissances de l'Éternel s'opèrent et s'opéreront jusqu'à la fin des siècles sur la montagne spirituelle dont je t'ai parlé, et, de là, elles se répandent sur le corps général terrestre pour se faire ressentir aux trois parties de cette terre et aux formes de tous ses habitants, soit dans le général, soit dans le particulier. Ici le mot général est attaché aux animaux irraisonnables, et le mot de particulier à ceux qui sont animés d'un être spirituel divin, tant céleste que surcéleste.
Après les choses sublimes dont je t'ai fait part et qui devraient être intelligibles à tout être spirituel mineur, je t'instruirai des lois immuables qui gouvernent tout cet univers. Il n'y a pas un être, soit créé, soit émané, qui puisse exister ni avoir action dans ce cercle universel sans être assujetti à ces mêmes lois.
Pour mieux me faire entendre de toi, je te prendrai pour exemple, et je te demanderai si, lorsque tu étais au sein de l'Égypte, tu n'étais dirigé par aucune loi, ou si, en ayant une, c'était celle de l'esprit divin ou la seule loi des animaux que tu suivais ? Je sais que tu ne pourras répondre clairement à ma question, parce que tu ignores dans quel état tu étais pendant ton séjour dans ce pays d'abomination. Apprends donc de moi que tu étais confondu dans l'étendue du cercle démoniaque avec le prince des démons et ses adhérents. Tu n'existais point par ta propre volonté. Tu n'avais point en toi une vie et une action particulière. Tu ne pouvais être conduit par les lois divines, puisque c'était pour les avoir abjurées que tu avais été précipité dans les abîmes de l'Égypte. Tu ne te conduisais point non plus par les lois pures et simples de la brute, puisque, pendant ce temps-là, les bêtes brutes vivaient et agissaient avec une entière liberté et avec toute l'étendue des facultés de leur instinct, elles ne peuvent et ne pourront jamais s'écarter de ces lois immuables naturelles qui les conduisent. Tu étais donc alors au-dessous de la brute même, et cependant tu avais des lois. Mais celles qui te dirigeaient étaient des lois toutes matérielles et entièrement démoniaques. Elles étaient directement opposées aux lois spirituelles divines de l'être mineur. Elles étaient même opposées aux lois naturelles et humaines. C'était des lois de privation et tout à fait pernicieuses à ceux qui les embrassent. Tu peux juger toi-même du danger de ces lois d'abomination par tout ce que le Créateur a opéré contre elles, contre leurs chefs et contre leurs adhérents. Je ne citerais rien à cet égard que tu n'aies vu de tes propres yeux ; mais apprends de moi que les princes des démons, malgré qu'ils soient chefs de leurs propres lois de convention abominable, sont cependant assujettis eux-mêmes à la loi immuable du Créateur selon laquelle tout est émané de lui.
Sans cette loi divine, ils n'existeraient pas ; sans ce principe d'être spirituel, ils n'auraient ni pensée, ni volonté, ni action, et c'est parce qu'ils ne peuvent pas se soustraire à la loi éternelle de leur émanation, qu'ils ne peuvent éviter la justice essentiellement inhérente à cette même loi. C'est cette justice divine à laquelle tu étais exposé pendant la servitude en Égypte ; mais la miséricorde du Créateur t'a remis à ton premier principe, à ton premier degré de gloire et te rend cette sublime loi divine que tu avais rejetée et qui t'avait été retirée. Tu as vu tout ce que j'ai fait pour obtenir du Créateur qu'il te rétablît dans tes droits. Tu sais, Israël, que je suis député de l'Éternel pour la manifestation de sa gloire et de sa justice. Tu peux donc me considérer comme le type de la volonté du Créateur. En mettant avec moi sur la montagne Josué, qui doit me succéder, selon l'ordre qu'il en a reçu de l'Éternel, je t'ai figuré le type de l'esprit majeur divin, pour te faire comprendre que tout être mineur sera ainsi conduit devant le Créateur par son esprit particulier. En le ramenant avec moi, je figurais encore l'esprit majeur que le Créateur détache de son cercle spirituel divin pour être le guide, l'appui, le conducteur, le conseil et le compagnon du mineur qui émane et descend de l'immensité pour être incorporé au cercle de matière élémentaire ; et Josué, en descendant avec moi de cette montagne, faisait parfaitement le type du mineur spirituel que l'Éternel émancipe de son immensité pour aller opérer selon son libre arbitre, dans le cercle terrestre.
Mais ce que la miséricorde divine a fait de plus frappant en ta faveur, c'est de t'avoir envoyé par moi les deux tables de la loi que j'ai descendues de la montagne spirituelle. Ces tables sur lesquelles la loi était écrite, étaient la figure du corps de l'homme, dans lesquelles sont empreints les caractères de la loi du Créateur. L'esprit de l'Éternel avait gravé lui-même les caractères de cette loi sur les tables que j'ai descendues ; de même, le mineur spirituel trace sur le cœur de sa forme corporelle les caractères de la loi puissante qu'il a reçue du Créateur dès son émanation divine. Cependant, malgré tout l'avantage que tu devais retirer des lois empreintes sur ces tables sacrées, ta prévarication m'a forcé de les rompre en ta présence, et il n'en reste pas plus de vestiges devant toi qu'il n'en restera de la création universelle lorsqu'elle sera réintégrée dans son principe d'émanation.
O Israël ! ton âme sera-t-elle toujours raide envers le Créateur ? s'endurcira-t-elle toujours après les bienfaits dont Il l'a comblée ? À peine sors-tu de servitude et de l'esclavage des démons, que tu fais tous les efforts pour revivre sous leur loi ; tu cherches à créer un Dieu qui te conduise et te gouverne selon sa volonté et ton caprice : tu t'es servi pour cet effet d'une matière impure et prohibée par l'Éternel ! tu as sollicité le Créateur d'opérer en faveur de ton inique forfait ; tu as tenté Aaron à qui avait été remis le soin de ta conduite spirituelle ; tout Israël a levé la pierre contre Aaron et l'a menacé de la mort, s'il ne mettait lui-même dans le creuset les métaux que tu avais destinés à ton inique opération. Mais quel était le succès que tu en espérais, et quel est celui que tu as obtenu ? Tu comptais produire par ce moyen une figure semblable à celle de l'homme, pour l'ériger ensuite en Dieu ! ne savais-tu pas qu'aucune forme de corps quelconque ne peut avoir lieu ni exister, qu'en provenant selon les lois de reproduction que l'Éternel a données à la nature ? C'est ce que t'a appris le fruit inattendu de ta prévarication. Tu comptais voir naître une forme à l'image du Créateur, en la voyant naître à ta ressemblance. Ton orgueil a été humilié lorsque tu n'as reçu qu'une forme inanimée de brute, et sans aucune substance d'action.
Voilà, Israël, tout ce que tu peux jamais attendre de l'intellect démoniaque et du prince des démons ; et cependant c'est avec eux que tu cherches sans cesse à te lier, pour vivre éternellement sous des lois abominables et contraires à celles du Créateur et de l'humanité spirituelle divine. Cette forme corporelle de veau, qui est résultée de ton opération, t'enseigne quel est l'animal que tu offriras à l'avenir en sacrifice au Créateur pour l'expiation de ton péché, car il est bien grand devant l'Éternel, et il faut que le sang de cet animal soit répandu sur Israël, et ensuite sur la terre, pour qu'Israël soit lavé de sa tache, et que la terre soit purifiée de la souillure qu'Israël a commise sur elle.
Il faut maintenant que je t'instruise des facultés et de la puissance du grand prince des démons, sous lesquels tu es resté en esclavage dans l'Égypte. La prévarication du chef démoniaque t'a fait tomber en une si grande privation qu'il ne peut plus recevoir aucun intellect divin, mais il lui reste et il lui restera toujours la faculté de la pensée ; et la volonté qui correspond à cette pensée forme son intellect démoniaque général. Par sa parole de commandement, qu'il faut regarder comme son action, il insinue ce mauvais esprit chez ses esprits adhérents, qui ensuite le communiquent aux mineurs que le prince des démons cherche sans cesse à séduire et à soumettre à ses lois.
Ces mauvais esprits adhérents, quoique inférieurs, ont la même faculté que le prince des démons, parce qu'ils sont, comme lui, êtres pensants et dégagés de toute forme matérielle ; ils ont, par conséquent, leur intellect particulier, qui émane immédiatement d'eux-mêmes, comme l'intellect général mauvais émane du grand prince des démons, leur chef. Tu vois donc par là que l'esprit mauvais n'a en son pouvoir que deux puissances : la sienne pure déterminée, et secondement celle des esprits inférieurs ses adhérents. Tu vois aussi que le prince démoniaque a en son autorité l'intellect spirituel général mauvais. De même les esprits adhérents disposent de leur mauvais intellect particulier. Apprends, Israël, que c'est cet instinct particulier qui environne tout être de corps créé et tout être mineur aussitôt qu'il est émancipé du cercle de la Divinité ; c'est lui qui tente, attaque et combat les mineurs spirituels, et le plus souvent les fait succomber selon son désir pervers ; ainsi que tu peux en juger toi-même par ton dernier événement. Apprends de plus, qu'indépendamment des pièges que tendent aux mineurs les esprits inférieurs pervers, ces mêmes mineurs n'en sont pas moins exposés aux embûches que leur tend sans cesse le chef principal de toute la cour démoniaque, de sorte que tu ne peux être trop en garde contre les dangers infinis dont tu es environné.
Les esprits majeurs spirituels bons ont également les facultés de la pensée et de la volonté qui forment l'intellect spirituel bon ; ils ont également la faculté de transmettre cet intellect à des gens spirituels bons qui le communiquent aux mineurs ; mais, comme ces esprits majeurs divins ont une parfaite correspondance avec les esprits supérieurs, et ceux-ci avec la Divinité, il n'y a nulle comparaison à faire des facultés de ces majeurs bons avec les puissances bornées du prince des démons. Pour t'instruire parfaitement de cette correspondance, qui règne entre tous les êtres spirituels bons, je reviendrai aux quatre cercles surcélestes dont j'ai déjà parlé. Ces quatre cercles sont aussi appelés spirituels divins, parce qu'ils sont adhérents au cercle de la Divinité, et qu'ils ne contiennent que des êtres spirituels dépourvus de corps de matière. Ces esprits ne sont pas tous dénaires, mais chaque être spirituel habitant de ces cercles a reçu, à l'instant de son émancipation, les lois divines particulières par lesquelles il doit opérer sa puissance. Ainsi aucun être habitant de l'un des cercles n'opère les mêmes actions ni les mêmes puissances que les habitants des autres cercles.
Considère, Israël, la figure que je te présente : tu y reconnaîtras les choses qui composent la cour de la Divinité, tu y verras clairement comment s'opère la quadruple essence du Créateur, non seulement chez tous les êtres spirituels émanés de lui, mais encore dans toute sa création universelle ; tu y apprendras à connaître que l'Éternel a tout créé et émané, et qu'Il crée et émane de Lui à chaque instant toutes choses par des règles fixes et immuables, c'est-à-dire, par poids, nombres et mesures. Ces trois choses signifient la loi, le précepte et le commandement donnés aux êtres spirituels divins ; elles signifient encore la vertu, la faculté et la puissance que le Créateur a mises dans son mineur, dès son émancipation, pour qu'il opère selon sa pensée, son intention et sa parole dans les quatre régions célestes et les trois terrestres. Tout ceci sera enseigné par cette même figure ; tu te convaincras que tu n'as été jusqu'à présent qu'un être de ténèbres, à qui le Créateur a voulu remettre la lumière spirituelle que tu avais entièrement perdue ; tu te convaincras que ton émanation spirituelle ainsi que ta puissance sont infiniment plus considérables que celles de tous les êtres spirituels émanés avant toi. Écoute donc, Israël, avec attention, la démonstration et l'explication que je vais te donner des différents cercles et des différentes parties qui composent le tableau universel que je vais mettre sous tes yeux.
Je parlerai peu de l'immunité [sic pour : immensité] divine, parce qu'il faudrait être la Divinité elle-même pour pouvoir vivre dans ce lieu, où les êtres spirituels les plus parfaits ne sauraient pénétrer, si ce n'est Dieu lui-même. La première partie de ce tableau est composée de quatre cercles : le premier cercle portant le nombre dénaire 10 est le cercle spirituel divin : le centre de ce cercle est le type ou la figure de la Divinité d'où proviennent toute émanation et toute création. Tu vois sortir du centre une forme triangulaire qui a deux cercles placés à ses extrémités inférieures ; tu vois en outre, en aspect de ce cercle dénaire, un quatrième cercle, du centre duquel sort également une forme triangulaire. Ce sont ces quatre cercles qui sont le véritable type de la quatriple essence divine, savoir : le premier cercle, par son nombre dénaire 10, représente l'unité absolue de la Divinité. C'est de cette unité qu'est sortie toute pensée d'émanation spirituelle et de création de puissance spirituelle temporelle, de même que le principe de l'action de toute forme de corps de matière apparente. Le second cercle, portant le nombre 7, est celui des esprits majeurs : c'est la première émanation spirituelle que le Créateur a émancipée du cercle de la Divinité. Enfin le quatrième cercle, portant le nombre 4, et qui est en aspect du nombre dénaire, est celui des esprits mineurs. C'est la troisième émancipation émancipée du cercle de la Divinité ; aussi ces esprits sont dépositaires du commandement spirituel divin.
Ils ont toute puissance sur tout être spirituel émancipé par le Créateur dans l'immensité céleste. Il ne te sera pas difficile, Israël, de concevoir combien la puissance de cet esprit mineur est supérieure à celle de tous les esprits émanés et émancipés avant lui, soit de ceux qui opèrent dans l'immensité surcéleste, soit de ceux qui opèrent dans l'immensité de la création universelle. Pour cet effet, considère la position des deux angles dont je t'ai parlé ; tu vois que, du centre du cercle quaternaire, ou cercle mineur, il émane un triangle dont les deux côtés vont aboutir aux extrémités de la base du premier triangle, tu vois qu'aux extrémités de cette base sont placés deux cercles, savoir : celui des esprits majeurs 7, et celui des esprits inférieurs 3. Ceci te prouve donc bien clairement la puissance de la parole du commandement qui est donné au mineur sur les habitants de ces deux cercles. Tu vois d'ailleurs l'assujettissement de ces deux cercles à l'être spirituel mineur par la jonction intime qu'il y a de la base du triangle supérieur avec la base du triangle inférieur ; et cette jonction apprend encore à connaître la parfaite correspondance que tous ces êtres spirituels ont avec le Créateur dont ils sont émanés.
Au reste, cette supériorité de la puissance du mineur ne te surprendra pas, si tu réfléchis pour quel esprit elle lui fut donnée par le Créateur ; les deux cercles, sur lesquels le mineur commande, avaient été souillés par la prévarication des esprits majeurs qui furent chassés de leur cercle, en entraînant avec eux une grande quantité d'esprits des deux cercles majeur 7 et inférieur 3. Ils furent chassés de leur habitation spirituelle pour y avoir causé une dissension horrible par les crimes qu'ils avaient tenté d'y opérer, et pour avoir séduit par leur intention criminelle la plupart des habitants de ces deux cercles qui acquiescèrent à la volonté des principaux esprits démoniaques. Mais la corruption n'avait pas communiqué jusqu'au cercle quaternaire du mineur, c'est pourquoi le Créateur donna à cet être mineur une puissance absolue sur les deux autres cercles, et en même temps parce qu'Il le destinait à manifester la gloire et la justice divines contre les esprits prévaricateurs. Mais le Créateur ne fut pas plus satisfait de la préférence qu'Il avait donnée à son mineur, qu'Il ne l'avait été de la puissance donnée aux premiers esprits pervers.
Au contraire, le premier mineur se rendit infiniment plus coupable que ne l'avaient été les démons : le Créateur avait arrêté l'action et l'opération de la pensée des démons ; mais Il n'arrêta point l'action ni l'opération inique du premier mineur ; ce mineur a agi et opéré tout ce que sa pensée mauvaise avait conçu : c'est là ce qui le rendit si criminel devant le Créateur ; c'est de là que les mineurs sont devenus sujets des sujets qui avaient été soumis à leur puissance et à leur commandement d'êtres spirituels mineurs, ce qui ne serait point arrivé au premier mineur, ni à sa postérité, s'il n'eût mis à exécution sa pensée inique et contraire à la volonté du Créateur. Oui ! Israël, c'est la volonté pure qui te parle ; dans ton premier principe d'être mineur, pour et contre tout être spirituel qui habite le surcéleste, et dans l'univers, ta puissance s'élevait jusqu'à la plus haute région de la gloire du Créateur ; ta place était en aspect de la Divinité, ainsi que te le marque le cercle mineur qui est en aspect du cercle dénaire ou cercle divin. Il n'est point étonnant que ce cercle mineur fût si fort élevé en puissance, puisqu'il n'avait point été souillé et qu'il ne le fut que par la prévarication du premier homme. Apprends de moi que cette place existe et existera dans toute sa propriété éternellement ; elle a été souillée par la prévarication d'Adam, mais elle a été purifiée par le Créateur, ainsi que te l'assure la prévarication du premier homme.
Oui, c'est dans ce saint lieu qu'il faut que la postérité mineure spirituelle d'Adam soit réintégrée ; c'est le premier chef-lieu que le mineur a habité dès son émancipation divine, et la prévarication du premier homme ne l'en a exclu que pour toute la durée du temps. Observez donc ici que c'est l'émancipation de ce cercle mineur qui désigne et qui complète la quatriple essence divine sans laquelle le mineur n'aurait aucune connaissance parfaite de la Divinité. L'émanation de ce cercle n'aurait point eu lieu sans la prévarication des démons ; sans cette prévarication, il n'y aurait point eu de création matérielle temporelle, soit terrestre, soit céleste ; n'y ayant eu ni l'une, ni l'autre, il n'y aurait point eu d'immensité surcéleste ; toute action d'émanation spirituelle se serait faite dans l'immensité divine, de même que toute création de puissance pour les esprits émanés de cette immensité.
Considère donc ce qu'a occasionné la prévarication des mauvais esprits ; réfléchis sur cette création, réfléchis sur ton émanation ; tu apprendras à connaître la nécessité de toute chose créée, et celle de tout être émané et émancipé ; tu verras que toutes ces choses sont ordonnées par le Créateur pour être et agir dans une intime correspondance, ainsi que te l'enseigne la ligne directe du centre du cercle dénaire et qui correspond avec précision depuis le surcéleste et le céleste jusqu'au corps général terrestre et au centre de l'axe, feu central, feu qui est le principe de la vie de tout être de corps créé, feu qui tient toutes les formes, soit celle générale, soit les particulières, en équilibre ; sans lequel aucun être ne peut avoir vie et mouvement, feu qui borne l'immensité de l'univers et le cours du mouvement et de l'action de tout être contenu dans la création universelle.
Mais il faut que je t'instruise maintenant comment tout ce qui existe dans ce bas monde provient de cette quatriple puissance divine. Observe la correspondance et l'intime liaison qu'il y a du cercle Saturnaire avec celui du Soleil, de Mercure et de Mars et vois comme ils répètent tous ensemble la véritable figure du surcéleste. Aussi ces quatre cercles sont appelés cercles majeurs célestes, plus forts en action et en réaction que les trois cercles planétaires qui se trouvent au-dessous d'eux. Cela est ainsi par l'immédiate proximité que les quatre planètes majeures ont avec le surcéleste. Il n'est pas étonnant alors qu'elles influencent et gouvernent, par leur vertu puissante, les trois planètes inférieures attachées aux trois angles du dernier triangle céleste. C'est par ces trois dernières planètes, qui se nomment vulgairement Jupiter, Vénus et Lune, que le corps général terrestre est substancié, pour opérer selon sa nature, et qu'il est entretenu dans le mouvement et l'action propres et convenables à la végétation qui lui est naturelle. Jupiter, comme chef des deux autres planètes, coopère à la putréfaction, vu qu'il n'y a nulle production sans putréfaction. Vénus coopère à la conception, vu que, sans la conception, le séminal reproductif de chaque être de forme demeure sans effet. Et la Lune, cercle sensible, ou enveloppe humide, coopère, par son fluide, à modifier et mitiger l'action et la réaction des deux principaux chefs de la vivification corporelle temporelle, qui sont l'axe central et le corps solaire. Ce sont ces deux chefs qui, par leur liaison et leur intime correspondance, coopèrent les premiers à l'action de tous les corps qui décorent cet univers.
Le principal de ces deux chefs est toujours l'axe, feu incréé, qui donne la vie et le mouvement à toute espèce de corps, et le Soleil est le second chef qui actionne, réactionne et vivifie la végétation de tous les corps particuliers et du corps général terrestre. Le Soleil est considéré dans cet univers comme l'astre supérieur, supérieur à tous les astres, et cela parce qu'il est l'astre le plus convenable à être l'aspect du feu, axe incréé. C'est de là qu'on peut dire que le Créateur a mis Son tabernacle dans le Soleil, ce qui n'est pas surprenant, puisque le Soleil est l'astre qui partage la distance qu'il y a du cercle divin ou dénaire à la planète la plus inférieure qui est la Lune, comme tu peux le voir. Ne se trouve-t-il pas au-dessous de tous les cercles spirituels surcélestes ? n'est-il pas encore au-dessous du cercle saturnaire ? ne se trouve-t-il pas porter le nombre six par le rang qu'il occupe en commençant par le surcéleste ? Si tu veux commencer à compter par le cercle lunaire, ne trouveras-tu pas encore que le Soleil porte le nombre six ? C'est par cette place et ce rang sénaires que le Soleil fait le complément des six pensées qui ont été employées par l'Éternel pour sa création universelle. Tu as déjà appris que le Créateur a fini tous ses ouvrages dans l'espace de six jours, et que, le septième, toute la création fut rendue parfaite ; de même le Soleil perfectionne la végétation provenue du cercle terrestre, parce qu'en se joignant aux six autres cercles planétaires, le Soleil se trouve avoir une action septénaire, type et figure du septénaire que le Créateur employa pour l'accomplissement de toutes choses temporelles.
Les noms de jours, que je donne aux six opérations de la création, ne peuvent appartenir à l'Éternel, qui est un être infini, sans temps, sans bornes, et sans étendue ; mais ces six jours annoncent la durée et les bornes du cours de cette matière, c'est-à-dire que cette matière durera six mille ans dans toute sa perfection ; et, le septième, elle tombera dans un terrible dépérissement, où elle subsistera jusqu'à son entière dissolution. Conçois donc, par ce que je viens de te dire, que le nombre septénaire, qui a donné la perfection à tout être créé, est le même qui détruira et abolira toutes choses. De même qu'il a opéré dans le principe pour faire subsister tout ce qui existe dans cet univers matériel, de même il opérera à la fin pour la démolition de son ouvrage. Rappelle-toi encore que les six mille ans que j'ai donnés à la durée de la création universelle, sont fort courts devant toi, et encore plus courts devant l'Éternel, puisque, devant Lui, mille ans sont comme un jour. Mais, je le répète, ne regarde point ce jour comme un temps, ni comme un de ces jours temporels auxquels le Créateur ne peut être assujetti. Chacun de ces jours ou de ces mille ans ne doit se considérer que comme la durée de l'opération des six pensées divines. Lorsque l'effet ou l'opération de chacune de ces pensées sera accomplie, le Créateur la retirera vers lui avec autant de promptitude et de facilité qu'Il l'a conçue pour la création de son ouvrage. Ainsi, de même que tout aura subsisté dans une succession, de degré en degré, par l'ordre divin, de même tout se rapprochera de sa fin par gradation et retournera à son premier principe.
Je t'ai fait voir que le Soleil portait le nombre sénaire, en prenant depuis le cercle divin jusqu'à lui : prends ensuite depuis le cercle terrestre et reviens en remontant jusqu'à Mercure, tu trouveras également six ; additionne ces deux nombres six, et tu auras 12. C'est par ce nombre que tu apprendras à connaître l'intervalle de nos jours, de nos semaines, de nos mois, de nos saisons et de nos années, qui ont toujours été de la même nature que nous les connaissons, ce qui sera expliqué dans la suite : c’est de là qu'Adam et sa postérité ont réglé les temps et les saisons pour le culte divin ; le nombre 12 te donne 3, nombre qui est le principe de toute vie corporelle, ainsi que te l'indique le dernier triangle de la figure, appuyé sur l'axe feu central.
Le Soleil est encore regardé avec juste raison comme le principal agent de la perfection de toute végétation, puisque ce n'est que par lui que nous recueillons les fruits de notre terre et que nous en jouissons, comme étant l'aspect de l'axe du feu central ; c'est encore lui qui soutient le principe de la vie passive de tous les corps particuliers sphériques inférieurs à lui ; c'est aussi par son action puissante que nous distinguons les corps les plus élevés du firmament, et, sans cela, tout serait une privation de lumière élémentaire. Mais pour te convaincre que cet axe est, après l'axe du feu central, le principal agent de cet univers, apprends que c'est lui-même qui dirige et gouverne le cours de tous les astres, de concert avec Saturne et l'axe du feu central ; et c'est principalement par ces trois agents qu'opèrent toutes les lois données par le Créateur pour la durée de la création universelle. Apprends ici à reconnaître combien cette harmonie a de rapports avec la nôtre, car, puisque ces êtres ont une correspondance avec la Divinité, pourquoi ne voudrais-tu pas que notre âme spirituelle fût également susceptible de correspondre avec le Créateur ? Tous les êtres ont, en effet, une faculté et une propriété différentes les unes des autres ; ils ont reçu une loi différente pour opérer chacun selon les différents emplois auxquels le Créateur les a destinés.
Mais c'est toujours de ce même Créateur que provient tout principe de vie, soit corporelle, soit spirituelle, de tout ce qui peut exister. L'axe feu central est celui qui peut le mieux faire sentir cette vérité, cet axe central qui est l'agent général particulier et universel, adhérent aux cercles surcélestes et organe des esprits inférieurs qui l'habitent et qui opèrent en lui sur le principe de la matière corporelle apparente. Ce corps ne renferme-t-il pas un véhicule de ce feu axe incréé qui est le principe de la vie matérielle ? Il doit avoir la même faculté organique que l'axe central dont cette vie passive est provenue. Ainsi ton corps devient un organe nécessaire de ton âme spirituelle, comme l'axe central est celui des esprits inférieurs qui l'habitent ; or ton âme est l'organe de l'esprit majeur, et l'esprit majeur est celui de la Divinité. Tu retrouves donc en toi la répétition de ce nombre quaternaire qui te fait correspondre avec ton Créateur ; tu as donc la même faculté et la même propriété que cet axe central universel, et vous portez tous deux le nombre quaternaire, savoir : 1 l'axe central, 2 l'organe des esprits inférieurs, 3 l'organe des esprits majeurs, 4 les esprits majeurs organes de la Divinité. De même, Israël, ton corps 1, organe de ton âme 2, ton âme organe de l'esprit majeur 3, et l'esprit majeur organe de la Divinité 4. Additionne ces deux nombres de part et d'autre depuis 1 jusqu'à 4 et tu verras clairement que tout est provenu et que tout existe par le fameux nombre divin, qui est le nombre dénaire.
Je t'ai dit il n'y a qu'un instant, qu'en prenant depuis le cercle terrestre jusqu'au cercle divin, tu trouveras le nombre 12, qui a été le principe de la division du temps, et le nombre 3, qui a été le principe de toute forme corporelle. Si tu multiplies le nombre 3 par le quaternaire dont je viens de te parler, et qui se trouve exactement dans les mondes terrestre, céleste et surcéleste, tu auras pour produit ce même nombre 12, ou 3, qui te confirmera que la forme corporelle de tous les êtres existants dans ces trois mondes provient de trois principes : soufre, sel et mercure, dont je t'ai déjà instruit. En effet, aucun être ne peut se revêtir de la substance d'une forme apparente sans qu’elle soit composée de ces trois principes. Tu pourrais être étonné que je te parlasse de forme corporelle pour les habitants du surcéleste ; tu dois sentir cependant que tout être émancipé, pour opérer temporellement les volontés du Créateur, se produit une enveloppe corporelle qui sert de voile à son action spirituelle temporelle. Sans cette enveloppe, il ne pourrait rien opérer sur les autres êtres temporels sans les consumer par la faculté innée de l'esprit pur de dissoudre tout ce qu'il approche.
Cette enveloppe corporelle glorieuse dont se revêtent les habitants spirituels du surcéleste et du terrestre, n'est autre chose que la production de leur propre feu. Ces êtres spirituels ont, à cet égard, la même propriété que les esprits de l'axe central, qui ont en eux le pouvoir de faire émaner de leur feu les trois essences fondamentales de leur propre corps, ou forme glorieuse. L'opération des uns et des autres, quant à cet objet, est absolument la même ; néanmoins il y a une très grande différence dans l'action de ces trois sortes d'esprits : les esprits de l'axe n'ont chacun en eux qu'une seule action ; ainsi ils ne peuvent opérer qu'une seule sorte de forme, et qu'après l'opération immédiate d'un être supérieur qui les commande et en dispose à son gré, et selon la volonté du Créateur. Mais les êtres spirituels habitant les trois mondes, ayant à opérer des actions plus considérables et plus étendues, peuvent se produire à chaque instant de nouvelles formes et les varier à l'infini selon leur besoin, et selon l'objet qu'ils ont à remplir. Il est vrai que ces êtres spirituels ne peuvent agir, ainsi que les esprits de l'axe, sans avoir reçu l'ordre du Créateur ; mais quand ils l'ont reçu, ils ont en eux tout ce qu'il faut pour l'exécuter par eux-mêmes, au lieu que les esprits de l'axe sont de simples sujets qui n'agissent qu'autant qu'ils sont conduits, parce qu'ils n'ont pas l'intelligence.
C'est là ce qui doit te faire concevoir que les essences et les formes corporelles des êtres spirituels, habitants des trois mondes, sont plus pures et plus subtiles que celles qui proviennent des esprits de l'axe. Tu pourrais me demander encore si ces mêmes essences spirituelles n'existent pas également dans l'immensité divine où résident une infinité d'esprits ? Je te répondrai que les quatre classes d'esprits supérieurs, majeurs, inférieurs et mineurs terrestres, habitant dans l'immensité divine, n'ont jamais à opérer dans ce lieu que des actions et des opérations spirituelles divines, sans aucun mélange d'opération matérielle quelconque. C'est pour cela qu'une essence spiritueuse n'a jamais pu exister et n'existera jamais dans ce lieu divin, qui est la résidence des esprits purs, où s'opère toute émanation divine et d'où provient toute espèce d'émanation.
De ces quatre classes d'esprits purs, la supérieure et la majeure n'ont jamais en elles aucune loi de production d'essences spiritueuses ; aussi ces êtres sont-ils appelés esprits supérieurs et majeurs purs et divins, et leur action est infiniment plus considérable que l'action des deux autres classes, ainsi que l'enseigne leur dénomination. Les esprits de ces deux dernières classes, au contraire, avaient en eux cette loi de reproduction d'essences spiritueuses temporelles ; mais ils ne reçurent la puissance de l'opérer qu'au moment de leur émancipation, pour la formation du monde temporel qui devait servir à la molestation des esprits prévaricateurs, ce que je t'expliquerai après t'avoir instruit des différentes lois et puissances que le Créateur a données aux différents esprits émancipés de son immensité ; tu sais que la première classe de ces esprits est la supérieure ; aussi porte-t-elle le nombre dénaire ; la seconde est la majeure : son nombre est le septénaire ; la troisième est l'inférieure : son nombre est le ternaire ; et la quatrième est la mineure portant le nombre quaternaire ; ces quatre à la fois t'enseignent que le quaternaire appartient directement au Créateur, et que tous les êtres émanés et émancipés, ainsi que leurs lois et leurs puissances, proviennent de ce même nombre quaternaire, ou de la quatriple essence de la Divinité, qui renferme tout. Si tu joins ce dernier nombre quaternaire au nombre 12, produit du quaternaire de 3, tu trouveras le nombre 16, ou 7, produit spirituel qui te prouve que rien n'existe et ne peut exister que par l'esprit, et qui te prouve en même temps que ton émanation est spirituelle.
Tu as vu que les esprits, qui résident dans l'immensité divine, ont en eux des actions et des puissances purement spirituelles, et cela ne peut être autrement, attendu que tout esprit qui actionne et opère en face de la Divinité ne peut être sujet au temps ; mais les esprits qui actionnent et opèrent dans le surcéleste, le céleste et le terrestre, étant destinés à accomplir la manifestation temporelle de la justice et de la gloire du Créateur, ont des puissances et des opérations spirituelles temporelles bornées par leur assujettissement au temps. Lorsque le temps sera passé, ces esprits ne passeront point ; ils changeront seulement d'actions et d'opérations, c'est-à-dire qu'ils seront réunis à leur premier principe d'opérations purement spirituelles divines, comme les esprits qui habitent actuellement l'immensité divine.
Il ne faut pas croire que la place que ces esprits, qui sont temporels aujourd'hui, occupaient dans l'immensité divine avant l'établissement du temps, soit restée vide après qu'ils ont été émancipés par leurs opérations spirituelles temporelles. Il ne peut y avoir du vide auprès du Créateur, ni dans son immensité ; cette immensité n'ayant pas de bornes, tous les esprits y trouvent facilement leur place dès qu'ils sont émanés du sein du Créateur ; et aussi cette immensité s'étend à mesure que le Créateur émane des esprits de son sein. C'est ce qui te fait sentir qu'il est impossible d'admettre de plein ni de vide dans l'immensité divine, qui s'accroît et s'accroîtra toujours par l'émancipation infinie que le Créateur opère et opèrera continuellement. Il ne faut pas croire non plus que les esprits que le Créateur émane sans cesse de son sein, se placent sans ordre et confusément, sans comparaison, comme une troupe d'hommes ou d'animaux épars au gré de leur caprice ; ces êtres divins reçoivent, avec l'émanation, des lois et des puissances, selon leurs facultés d'opérations divines spirituelles : ils vont en conséquence prendre leur place dans les différentes classes spirituelles dont je t'ai parlé, et où ils accomplissent chacun en particulier leurs différentes opérations. C'est là ce qui constitue cette fameuse immensité divine, incompréhensible non seulement aux mortels, mais même à tout esprit émané. Cette connaissance n'appartient qu'au Créateur.
Il faut remarquer Israël, que, parmi ces classes spirituelles fondées avant le temps dans l'immensité divine, la classe mineure ternaire n'était pas alors celle du mineur spirituel divin quaternaire, ou de l'homme. En effet, tu dois être ainsi instruit pour savoir que le mineur n'était pas encore émané, et que l'ordre d'émanation des mineurs spirituels n'a commencé qu'après la prévarication et la chute des esprits pervers. Pour te faire connaître cette émanation spirituelle, de même que le changement que le crime des démons opéra dans les actions et les opérations des habitants de l'immensité, je te dirai avec vérité d'après l'Éternel, qu'à peine les esprits pervers furent bannis de la présence du Créateur, les esprits inférieurs et mineurs ternaires reçurent la puissance d'opérer la loi innée en eux de production d'essences spiritueuses, afin de contenir les prévaricateurs dans des bornes ténébreuses de privation divine. En recevant cette puissance, ils furent sur-le-champ émancipés ; leur action, qui était pure spirituelle divine, fut changée aussitôt que l'esprit eut prévariqué ; ils ne furent plus que des êtres spirituels temporels, destinés à opérer les différentes lois que le Créateur leur prescrivait pour l'entier accomplissement de Ses volontés. C'est alors que les mineurs spirituels quaternaires furent émanés du sein de la Divinité, et qu'ils occupèrent dans l'immensité divine la place dont les esprits mineurs ternaires venaient d'être émancipés pour opérer temporellement.
Il faut que tu saches, Israël, que le changement qu'opéra la prévarication des esprits pervers fut si fort que le Créateur fit force de loi, non seulement contre ces prévaricateurs, mais même dans les différentes classes spirituelles de l'immensité divine. Tu dois le concevoir par la vie de confusion que tu mènes ici-bas, par la création du temps, et par les différentes actions qui s'opèrent dans le surcéleste, le céleste et le terrestre, où tout t'enseigne le changement universel produit par cette prévarication ; mais cependant, comme cette prévarication arriva avant que les mineurs fussent émanés, ils ne purent en recevoir aucune souillure ni aucune communication ; aussi n'arriva-t-il pour lors aucun changement dans leur classe, et c'est pour cette raison qu'ils furent les dépositaires de la grande puissance de la Divinité. Oui, Israël, la redoutable puissance quaternaire leur fut confiée, et cela ne pouvait être autrement, ces mineurs étant des esprits purs et sans tache émanés du sein de la justice et de la sainteté mêmes, pour manifester la gloire et la force du Créateur ; ils n'avaient eu aucune connaissance du mal, ni directement, ni indirectement ; il était donc convenable que le Créateur comblât de tous ses dons des êtres aussi justes, et qu'Il leur donnât des pouvoirs conformes à la pureté de leur nature spirituelle et au dessein qu'Il se proposait en les émanant de Son sein. Voilà d'où vient la grandeur de la puissance et de la vertu du mineur, et voilà pourquoi ces lois d'action et d'opération ne furent point dérangées par le changement que la prévarication des esprits pervers occasionna dans les autres classes de l'immensité divine.
Cette puissance de l'homme était si considérable que, malgré sa prévarication même, il est encore supérieur à tout autre esprit spirituel, soit émané, soit émancipé. Tu peux voir en effet par la figure qu'aucun être spirituel n'a conservé aussi distinctement que l'esprit mineur la correspondance directe et principale avec le Créateur : vois la ligne perpendiculaire qui descend du centre du premier cercle surcéleste jusqu'au centre du corps général terrestre représenté par la figure triangulaire ; c'est cette perpendiculaire qui marque la supériorité sur tous les êtres. Le Créateur a tellement voulu conserver l'autorité puissante du mineur que, malgré que ce mineur ait prévariqué, le Créateur a distingué la force de la loi dont il a usé envers lui d'avec celle dont il a usé envers les premiers esprits prévaricateurs ; ceux-ci sont condamnés par un décret de l'Éternel à ne pouvoir agir qu'en privation divine pendant toute une éternité temporelle, et à n'avoir aucune communication du Créateur, ni de ses intelligences ; le mineur, au contraire, n'a point perdu cette communication ; il a conservé la faculté et la puissance première qu'il avait reçue dès son émanation dans le corps universel. Mais le Créateur, ne pouvant laisser la faute de l'homme impunie, a changé véritablement les lois d'action et d'opération spirituelles que les mineurs ont à faire dans cet univers ; et c'est là la matière dont le Créateur fit force de loi contre Son mineur.
Si tu me demandes quel est ce changement des lois de l'action et de l'opération du mineur, je te répondrai qu'il faut entendre par là que le mineur, depuis sa prévarication, est assujetti à opérer comme un être purement spirituel temporel, sujet au temps et à la peine du temps, au lieu que, dans son premier principe, étant homme-Dieu de la terre et de toute la création, il ne pouvait être sujet à cette peine du temps. Depuis sa prévarication, il est provenu de lui des formes corporelles matérielles, et sujettes, comme la sienne, à la peine temporelle, au lieu que, s'il fût resté dans son état de gloire, il ne serait émané de lui que des formes corporelles spirituelles et impassives de la création, formes dont le Verbe était en lui. Tel est le changement qui s'est fait dans les lois d'action et d'opération du premier mineur ; il avait la puissance, dans son état de gloire, de faire usage des essences purement spirituelles pour la reproduction de sa forme glorieuse, au lieu que, depuis son crime, étant condamné à se reproduire matériellement, il ne peut faire usage que des essences spiritueuses matérielles pour sa reproduction. Je t'ai dit qu'Adam avait inné en lui le Verbe puissant de création de sa forme spirituelle glorieuse ; tu peux aisément t'en convaincre en réfléchissant que, pour opérer aujourd'hui la reproduction de la forme matérielle, il faut que tu aies en toi un Verbe qui actionne, émane et émancipe hors de toi des essences spiritueuses suivant la loi de nature spirituelle temporelle ; car pour procréer ta ressemblance corporelle, tu n'as pas recours à d'autres principes d'essences spiritueuses que ceux qui sont innés en toi ; et si tu voulais, de ton chef, employer des principes opposés à ta substance d'action et d'opération spirituelle divine et temporelle, il n'en proviendrait pas de reproduction, ou, s'il en provenait une, elle resterait sans participation d'opération divine, elle serait mise au rang des brutes ; elle y serait même regardée comme un être surnaturel, et elle répugnerait à tous les habitants de la nature temporelle.
Ne doute point, Israël, que, puisque tu as inné en toi un Verbe de reproduction matérielle, ton premier père n'ait eu en lui un Verbe de reproduction spirituelle et glorieuse. Ce changement terrible auquel le Créateur a assujetti Adam, était la moindre peine qu'il pût infliger à Son mineur prévaricateur, le crime de ce mineur ayant été si violent et si considérable, que l'abomination et le scandale de cette inique opération pénétrèrent jusque dans la cour divine. La prévarication des premiers esprits avait déjà souillé cette cour divine, ainsi que je l'ai dit précédemment, et, par conséquent, cette souillure avait assujetti tous les êtres spirituels, habitant les différentes classes de cette cour, à un changement dans leur loi d'action et d'opération. Mais la prévarication étant infiniment plus grande que celle des démons, ces mêmes esprits, habitants de l'immensité, ressentirent alors une attraction encore plus forte que la première fois, et cette maudite opération de l'homme opéra sur eux un nouveau changement dans leurs lois d'action et d'opération, c'est-à-dire qu'à l'instant du crime d'Adam, le Créateur fit force de loi sur les êtres spirituels de Son immensité, et leurs lois d'action et d'opération ne furent plus les mêmes qu'elles étaient, non seulement avant la prévarication des premiers esprits, mais lors de l'émanation du premier homme. Vois quelles ont été les suites de cette horrible prévarication.
Ne prétends jamais, Israël, comparer la force de loi dont les hommes usent entre eux avec celle que l'Éternel a employée contre toute Sa créature spirituelle temporelle : la force de loi que les hommes ont établi parmi eux est toute matérielle et fondée sur les conventions humaines (cela est si vrai qu'elles ne peuvent jamais avoir lieu sans le secours d'un nombre d'hommes proportionné à l'intention du chef temporel, législateur du peuple qu'il gouverne). Aussi l'exécution de cette force de loi temporelle n'est pas toujours entière ni parfaite ; mais la force de loi divine n'a besoin que de la seule volonté du Créateur pour avoir son accomplissement. Le Créateur, pour mettre un être quelconque en privation divine, ne Se fonde ni sur les secours de Sa cour divine, ni sur celui d'êtres spirituels divins temporels, et bien moins encore sur l'emploi de cette matière grossière en usage parmi les hommes ; il ne Lui faut que Sa seule pensée et que Sa seule volonté pour que tout agisse selon Son gré. Voilà quelle est l'infinie différence de la force de la loi divine éternelle et immuable à la force de la loi humaine qui passe et s'efface aussi promptement que la forme corporelle de l'homme s'efface de dessus la terre dès que l'esprit mineur se sépare de cette forme.
Mais tu me demanderas sans doute, Israël, que je t'instruise en quoi consiste le changement des lois d'action et d'opération survenu aux habitants de l'immensité par la prévarication des premiers esprits, et survenu à tous les êtres spirituels, soit divins, soit temporels par la prévarication du premier homme ? Je te répondrai que, comme il y a eu deux prévarications, il y a eu également deux changements dans les lois d'action et d'opération des habitants de l'immensité, changement qui consiste en ce que ces êtres, qui n'avaient auparavant que des fonctions purement spirituelles, sont devenus plus ou moins sujets au temporel, ce que je vais te faire concevoir.
Par la prévarication des premiers esprits, le temps et l'univers furent créés ; alors les habitants des différentes classes de l'immensité furent employés à contribuer à l'entretien et à la durée fixe de l'univers. Mais, par la prévarication de l'homme, ces mêmes esprits furent assujettis à contribuer à la réconciliation et à la purification des mineurs, pour laquelle réconciliation ces mineurs actionnent sur l'âme spirituelle des hommes et sur d'autres êtres spirituels que tu connaîtras par la suite. C'est par ces deux sortes d'actions que les esprits divins sont employés en partie en faveur du temporel, quoique cependant ils ne soient point assujettis au temps. Oui, Israël, je te le répète, sans la prévarication de l'homme, les esprits divins n'auraient été assujettis que d'une seule manière au temporel ; mais sans la prévarication, des premiers esprits, ils ne l'auraient pas été du tout. Sans cette première prévarication, aucun changement ne serait survenu à la création spirituelle ; il n'y aurait eu aucune émancipation d'esprits hors de l'immensité ; il n'y aurait eu aucune création de borne divine, soit surcéleste, soit céleste, soit terrestre, ni d'esprits envoyés pour actionner dans les différentes parties de la création. Tu ne peux douter de tout ceci, puisque les esprits mineurs ternaires n'auraient jamais quitté la place qu'ils occupaient dans l'immensité divine, pour opérer la formation d'un univers matériel. Par conséquent, Israël, les mineurs hommes n'auraient jamais été possesseurs de cette place, et n'auraient pas été émanés dans leur première demeure, ou, s'il avait plu au Créateur de les émaner de Son sein, ils n'auraient jamais reçu toutes les actions et les facultés puissantes dont ils ont été revêtus de préférence à tout être spirituel divin émané avant eux.
Pour te convaincre que la faculté et la puissance de l'homme sont telles que je te le dis, souviens-toi, Israël, que le mineur fut nommé par l'Éternel : homme-Dieu et commandeur de tout être spirituel et temporel ; souviens-toi que l'Éternel avait mis sans réserve dans l'homme toute Sa complaisance, toute Son affection, qu'Il l'avait revêtu de toute la puissance spirituelle divine, comme étant l'acte de la quatriple essence de la Divinité. Aussi tu vois par la figure qu'il est mis en aspect du cercle supérieur dénaire au centre duquel correspond la Divinité. C'est ce qui te prouve que la puissance du premier mineur était bien plus considérable que celle des autres mineurs qui habitent dans les différents corps planétaires et dans le corps général terrestre. Observe, en effet, les différents emplacements des corps qui forment la figure universelle, dans laquelle toute la nature spirituelle, majeure, mineure et inférieure opère. Tu vois à la vérité que, dans le monde céleste, de même que dans le monde terrestre, le cercle mineur est en aspect de son supérieur ; mais aucun d'eux n'est immédiatement en aspect du cercle dénaire, du surcéleste ; et ce n'est qu'à l'homme ou au mineur spirituel divin que cette place est donnée par la Divinité. Aussi vois-tu que ce cercle mineur forme l'angle saillant du triangle inférieur surcéleste ; tu vois, en outre, que les deux autres, celui des majeurs 2 et celui des inférieurs 3 ne sont en aspect qu'avec eux-mêmes, pour se communiquer directement les ordres qu'ils reçoivent et qu'ils recevront du Créateur jusqu'à la fin des temps touchant leurs actions spirituelles temporelles. Cela te prouve donc non seulement la supériorité de l'homme sur tous les mineurs habitant le corps terrestre et les corps planétaires, mais encore sur toutes les classes des esprits. Tu concevras surtout quelle est à son égard l'infériorité des esprits majeurs et inférieurs dont je viens te parler, en observant comment s'opère leur puissance d'action.
Ces deux classes d'esprits sont préposées particulièrement à la conservation du temps et à celle de la matière ; c'est ce qui fait qu'ils ne peuvent opérer qu'en latitude universelle. Le mineur, au contraire, n'étant nullement destiné à la conservation, ni à l'entretien de l'univers, commandait même à ces deux sortes d'esprits, et sa puissance s'étendait dans l'immensité de la longitude. C'est pourquoi ces deux cercles majeurs et inférieurs sont extralignés de la perpendiculaire, qui n'appartient qu'au cercle mineur de l'homme-Dieu. Mais pour achever de te convaincre de l'infériorité de ces deux cercles, combien elle est marquée par leurs nombres septénaire et ternaire, ils ne peuvent compléter chacun en particulier le nombre parfait dénaire du Créateur. Il faut pour cela les réunir en cette sorte : 7 + 3 = 10. Le mineur, au contraire, annonce, par son nombre quaternaire, combien sa puissance est inférieure : en effet le mineur, étant émané de la quatriple essence, portait nécessairement le nombre de son émanation qui le distinguait de toutes les émanations spirituelles faites avant lui et le mettait au-dessous de tout être spirituel émané. Il était l'être le plus pur, le plus parfait, sans parler toutefois de l'action de l'Éternel qui est le CHRIST, ni de Son opération qui est l'ESPRIT SAINT ; ils ne sont compris ni l'un ni l'autre dans aucune espèce d'émanation, ni d'émancipation. Leurs actions et leurs opérations ont été et seront toujours purement spirituelles, divines, sans aucun assujettissement au temps ni au temporel.
Le premier mineur portait donc, Israël, le nombre redoutable de son origine, nombre coéternel à la Divinité, et que je représente ici sous une seule figure 4. Cette figure désigne clairement le nombre quaternaire par les trois bases mises en jonction et par le point qui est au centre. Subdivise ce nombre 4 par les nombres qui sont innés en lui, et tu trouveras non seulement le nombre dénaire de la Divinité, mais tu apprendras physiquement que c'est de ce même nombre dénaire que provient tout être spirituel majeur, inférieur et mineur, de même que toute loi d'action, soit spirituelle, soit spiritueuse. L'addition des quatre nombres compris dans le quaternaire donne 10, en cette sorte : 1 + 2 + 3 + 4 = 10, et c'est par les différentes jonctions de ces différents nombres que tu concevras comment toutes choses sont provenues. L'unité est au Créateur, le nombre 2 est donné à la confusion où se trouvent les esprits pervers et les hommes qui se joignent à l'intellect de ces mauvais esprits ; le nombre 3 indique les trois essences spiritueuses qui constituent toutes les formes ; il indique encore, par l'origine de ces mêmes essences l'action directe de ces esprits inférieurs et ternaires, puisqu'ils ont émané d'eux : mercure, soufre et sel pour la structure de l'univers. Le nombre 4 t'indique le mineur, son origine et sa puissance. Additionne le nombre 2 et le nombre 3, tu auras le nombre 5, qui est celui dont se servent les démons pour opérer la contraction contre l'action purement spirituelle divine. Le nombre des esprits démoniaques était, dans leur émanation, un nombre quaternaire comme celui du mineur, savoir : le Père Éternel 1, le Fils 2, le Saint-Esprit 3, et l'émanation provenant de ces trois personnes divines 4. Mais les esprits pervers joignirent, de leur autorité privée et par leur seule volonté, une unité arbitraire au nombre quaternaire de leur origine, ce qui dénatura leur puissance spirituelle et la transforma en une puissance bornée et purement matérielle, sous la conduite d'un chef pris parmi eux. Voilà pourquoi le nombre quaternaire ne leur appartient plus ; et que le nombre quinaire est celui des démons.
Additionne le nombre 2 et le nombre 4, tu auras 6, nombre des pensées divines qui ont fait opérer la facture de la création universelle temporelle. Le nombre 3, joint au 4, te donne le nombre 7, qui constitue la puissance d'action de l'esprit majeur, laquelle est double, c'est-à-dire que, par le nombre 3, elle actionne sur les formes, et, par le nombre 4, sur l'âme du mineur. Additionne l'unité avec le nombre ternaire et joins leur produit au nombre quaternaire, tu auras le nombre 8, nombre de la double puissance spirituelle divine qui avait été confiée au premier mineur, pour qu'il manifestât la gloire et la justice de l'Éternel contre les esprits prévaricateurs. C'est cette puissance divine que tes pères ont connue sous le nom d’Abraham, Isaac et Jacob. Mais Adam, par son crime, ayant perdu cette double puissance, a été réduit à sa puissance simple de mineur ; sa postérité est devenue errante et ténébreuse comme lui ; et l'homme ne peut plus obtenir du Créateur cette double puissance sans des travaux infinis et sans subir la peine du corps, de l'âme et de l'esprit. Ce nombre enfin est celui que le Créateur destinait aux Élus spirituels, qu'il veut favoriser et préposer à la manifestation de Sa gloire.
Joins le nombre quinaire au quaternaire, et tu auras le nombre de la subdivision des essences spiritueuses de la matière et de celle des essences spirituelles divines, et cela par la jonction du nombre quinaire, imparfait et corruptible, avec le nombre quaternaire, parfait et incorruptible. C'est par cette jonction que l'homme dégrade sa puissance spirituelle divine en la rendant spirituelle démoniaque, et c'est par là que le crime d'Adam s'est opéré, crime qui a occasionné une révolution inconcevable parmi tous les êtres spirituels. Juge donc, Israël, par ce que tu viens de voir, combien la puissance du mineur était grande, puisqu'il était possesseur du nombre quaternaire, duquel toutes choses temporelles et toute action spirituelle sont provenues. Tu sais que, dans son état de gloire, ce premier mineur n'avait en lui aucune action ni opération spiritueuses, et encore moins matérielles, mais au contraire toutes sortes d'actions et d'opérations spirituelles de formes glorieuses ; tu sais en outre que ces formes glorieuses n'étaient point sujettes au temps, non plus qu'Adam lui-même, quoique Adam et toutes ses opérations s'employassent en faveur du temporel. N'oublie donc jamais tout ce que je viens de t'apprendre de la grande puissance du premier homme et de son nombre quaternaire. Je vais tracer devant toi les caractères des différentes choses qui proviennent de ce respectable nombre ; tu pourras d'autant mieux y ajouter foi, que c'est à toi-même que ce nombre est donné, et que c'est par là que tu es supérieur aux brutes et à toutes les créatures ; souviens-toi de plus, Israël, que nul être mineur ne peut être savant sans une connaissance parfaite de ce grand nombre dénaire de l'Éternel et de tout son contenu d'émancipation et de création :
1 + 2 + 3
1 + 2 + 3 = 6
1 + 2 + 3 + 4 = 10
Il faut observer, Israël, que l'unité ne se joint au ternaire que pour former avec le quaternaire le nombre de la double puissance.
10 + 2 + 3 + 4 + 5 + 6 = 30
30 + 7 + 8 + 9 + 1 = 55 = 5 + 5 = 10
Tu vois, par l'addition de tous ces nombres particuliers provenus du quaternaire, le nombre 55 qui t'annonce la division du dénaire en deux nombres quinaires et démoniaques. En effet, la prévarication des premiers esprits est d'avoir voulu diviser et subdiviser la quatriple essence divine, et cela par leur propre faculté spirituelle. Ils conçurent, par leur propre volonté, une intention et un acte de pensée contraires aux lois d'action et d'opération qui leur avaient été fixées par le Créateur lors de leur émanation ; mais loin de pouvoir opérer cet acte avec succès, ils furent trompés, et très surpris lorsqu'ils virent avec certitude l'impossibilité qu'il y avait pour eux et pour tout esprit d'enlever à la Divinité la quatriple essence et le fameux dénaire qui étaient innés en elle. Ils ne reconnurent parfaitement cette impossibilité que lorsqu'ils voulurent s'arroger chacun en particulier le produit de la subdivision de ce fameux quaternaire d'émanation et de création spirituelle divine et spirituelle temporelle ; car leur intention était de ne faire de tout ce produit qu'une seule unité quaternaire ou qu'une seule unité dénaire. Loin de cela, ils ne trouvèrent plus ni l'unité quaternaire, ni l'unité dénaire pure et simple, mais seulement deux nombres quinaires au lieu et place du dénaire, divin qu'ils voulaient mettre en leur possession et en leur pouvoir.
C'est par là qu'ils furent convaincus de leur orgueil atroce et insensé et de l'impossibilité pour un être quelconque de subdiviser la quatriple essence divine, non plus que son unité dénaire, ce droit ne pouvant appartenir qu'à l'Éternel, qui est seul et n'aura jamais d'égal ; et c'est pour avoir tenté cette opération opposée aux lois immuables de l'Éternel Créateur, que les démons se trouvent n'avoir d'autre puissance que cette puissance quinaire de confusion, et qu'ils sont précipités dans les abîmes de la privation divine pour une éternité. Frémis de crainte, Israël, au récit de ces horribles opérations ! Tremble de succomber aux mouvements d'un pareil orgueil et d'une pareille ambition. Fuis surtout quiconque voudrait te persuader de t'approprier les différents actes divins par la puissance du nombre quinaire. Si tu succombais jamais à une pareille séduction, ton action spirituelle divine, innée en toi, deviendrait toute matérielle ; ton être mineur deviendrait un intellect du démon, et tous tes pouvoirs seraient anéantis pour ne te laisser jouir que de la puissance quinaire des esprits pervers, Voilà, Israël, comment la puissance quinaire des démons a pris naissance ; tel est le nombre qui les distinguera de tous les êtres spirituels pour l'éternité dans leurs actions et leurs opérations spirituelles temporelles matérielles ; et tel est le nombre par lequel l'être mineur, ainsi que tout être spirituel, apprend à connaître la prévarication des esprits pervers.
Je t'instruirai maintenant, Israël, de l'utilité de l'immensité surcéleste. Le Créateur l'a établie telle qu'elle est pour fixer l'ordre et les lois cérémoniales que les esprits émancipés ont à opérer dans toute l'étendue des trois mondes temporels, en correspondance avec les esprits émanés dans l'immensité divine. Le premier cercle, qui est l'angle saillant du triangle supérieur, marque le chef supérieur surcéleste et l'immensité des esprits supérieurs dénaires. Il ne faut point entendre que les esprits qui habitent dans ce cercle soient les mêmes, ni aucun de ceux qui ont été émanés dans la première place, immédiatement auprès de la Divinité. Non, Israël, les esprits dénaires divins ne sont jamais sortis de la place qu'ils occupent dans l'immensité divine : tout le changement qui leur est arrivé par la prévarication des esprits pervers et par celle du premier mineur, selon que je l'ai déjà dit, est d'avoir été assujettis au temporel, quoiqu'ils ne soient point sujets au temps.
Le Créateur n'a donc émancipé dans le cercle dénaire de cet espace surcéleste que des esprits majeurs qu'il a revêtus d'une puissance dénaire, par laquelle leurs actions et leurs opérations sont distinctes de celles des trois autres classes d'esprits de cette immensité surcéleste. Le second cercle, qui est à droite, marque l'immensité des esprits majeurs septénaires qui, par leurs actions et leurs opérations, sont au-dessous des esprits dénaires. Le troisième cercle, à gauche, marque l'immensité des esprits inférieurs ; par leurs actions et leurs opérations, ils sont au-dessous des esprits dénaires et septénaires ; et c'est pour cette raison qu'ils sont appelés inférieurs. Le cercle qui est à l'angle saillant du triangle inférieur du surcéleste, en ligne directe du cercle dénaire, marque l'immensité des mineurs spirituels divins. Leurs actions et leurs opérations sont supérieures à celles de tous les esprits du surcéleste, par l'entremise duquel s'opère l'union entre l'homme et Dieu, et qui est assujetti à l'un et à l'autre. L'ordre et l'arrangement spirituels divins qui règnent dans l'immensité divine, sont les mêmes que ceux qui règnent dans l'immensité surcéleste. C'est par cette similitude que tu dois juger que cette immensité surcéleste a été émancipée et fondée en force et puissance par le Créateur et non par la volonté pure des esprits. Ce qui peut t'en convaincre, c'est que ce même arrangement se trouve répété, dans le céleste, par les cercles de Saturne, du Soleil, de Mercure et de Mars, par lesquels cercles les quatre horizons célestes sont distinctement marqués. Ce n'est point en vain, Israël, que le Créateur a établi ce même ordre dans ces différentes immensités ; ce n'est pas seulement pour la conservation du temps ni des différents corps permanents de l'univers, ni point encore pour la conservation de l'acte et des agents spirituels temporels, ni enfin pour la grandeur et la gloire de tous les êtres que je viens de nommer ; c'était uniquement pour l'homme que toutes ces choses avaient été ainsi disposées ; et, comme elles devaient servir de bornes aux esprits pervers, elles sont assujetties au mineur pour qu'il puisse exercer sur elles sa puissance et son commandement, selon sa volonté et selon les lois d'ordre.
Vois donc quels étaient les privilèges que Dieu avait accordés à l'homme. Ce sont ces trois mondes, le divin, le surcéleste et le céleste qui te font connaître les trois règnes de la Divinité. C'est le dernier de ces mondes qui devrait être la demeure du premier mineur ; si ce mineur n'avait point prévariqué, il aurait toujours occupé le centre des quatre régions célestes, comme étant l'être le plus puissant ; il aurait actionné et opéré dans ce monde céleste comme pur esprit divin ; tout être spirituel aurait obéi à sa pensée et à sa volonté. Oui, si ce premier mineur n'eût point prévariqué, il ne serait jamais devenu habitant du monde terrestre matériel, il n'aurait point désuni sa puissance divine quaternaire pour la rendre simplement inférieure et ternaire, ainsi que te le prouve le simple triangle sensible où sont attachés trois corps planétaires : la Lune, Vénus et Jupiter. Mais cette prévarication a fait descendre l'homme de cette surface et l'a précipité dans un monde tout opposé à celui pour lequel il avait été émancipé. Tu vois en effet que le monde céleste conserve toujours la forme de son origine et sa similitude avec le surcéleste et le divin ; mais le monde inférieur n'a qu'une forme matérielle différente de celle des trois mondes supérieurs. C'est par la désunion que tu aperçois dans le double triangle de ce monde sensible, que tu peux concevoir la privation du premier mineur et de ceux qui résident dans ce lieu de ténèbres, privation qui assujettit ces mineurs spirituels aux peines du corps et de l'esprit. Ce cercle sensible est aux mineurs, depuis la prévarication de l'homme, ce que l'immensité surcéleste et l'espace universel sont au démon. Tu sais néanmoins que l'avantage des hommes sur les démons est de pouvoir à leur gré et à leur volonté rompre leur borne et actionner comme de purs esprits, quoique sujets au temps.
Telle est l'idée que tu dois concevoir de la puissance actuelle de l'homme. Quant aux esprits du surcéleste, il est à propos que je t'instruise de leur émancipation, de leurs différentes facultés et de leur puissance, afin que tu voies clairement le véritable rapport et la correspondance qu'ils ont, tant avec l'immensité divine qu'avec le monde céleste et avec les mineurs habitant cette sphère terrestre.
Apprends donc, Israël, que l'émancipation de ces esprits fut faite aussitôt que la prévarication des esprits pervers eut été commise. Il n'y eut d'autre intervalle que celui de la pensée du Créateur, par ordre duquel ces esprits sortirent de l'immensité divine et firent exécuter dans l'immensité surcéleste les lois qui leur avaient été données. Ces lois n'étaient autre chose que d'assujettir ces esprits à la correspondance de l'homme avec le Créateur, et de les faire servir de doubles bornes aux créatures qui gouvernent les mondes célestes et matériels, dans lesquels les esprits prévaricateurs sont renfermés. L'espace qui se trouve entre l'extrémité du monde matériel et l'extrémité du monde céleste, forme la longitude des bornes fixées à ces esprits prévaricateurs, et où ils opèrent leurs vertus selon leur volonté. L'étendue de ces mêmes bornes en latitude est toute la surface horizontale du monde matériel, et le monde céleste est l'enveloppe du monde matériel. Tu dois concevoir que la longitude qui va de l'un de ces deux mondes à l'autre, est plus grande et plus considérable que sur la face horizontale du monde matériel, attendu que ce mode de matière n'a que trois horizons remarquables nord, sud et ouest, et que le monde céleste a quatre régions sans horizons. Je dis que le monde céleste n'a pas d'horizon, parce qu'en effet les horizons n'appartiennent qu'au monde matériel, dont les habitants sont sujets à être alimentés et substanciés par les éléments matériels et sont exposés au changement des saisons ; mais les habitants du monde céleste, étant d'une autre nature, ont aussi d'autres facultés que les habitants du monde matériel, et n'en ont point toutes les sujétions : loin d'avoir besoin des éléments matériels, ce sont eux qui contribuent à l'action des éléments ; ils jouissent continuellement de la même température : ils ne reçoivent aucune nourriture des productions et des végétations de la matière, leurs corps n'étant pas formés à se nourrir ainsi.
Les corps de ces habitants du monde forment une sphère qui est entretenue et substanciée directement par le feu des esprits de l'axe d'où ces corps sont émanés. C'est pour cela que leur durée est fixée pour un nombre de temps qui est comme une éternité en comparaison de la durée du corps des habitants du monde matériel. Conçois de plus, Israël, que l'étendue terrestre et l'étendue céleste, où résident les habitants matériels et spirituels, forment ce que tu dois appeler le monde, et non pas que ces habitants dont je t'ai parlé puissent eux-mêmes former le monde. Tu dois savoir que ces habitants matériels ou spirituels ne sont que des êtres particuliers, et que, dans les deux espaces qu'ils occupent, il se trouve encore des êtres spirituels simples qui doivent également remplir leur mission dans l'univers, selon les lois divines qu'ils ont reçues pour accomplir leurs opérations en faveur des habitants spirituels du monde céleste et des habitants matériels du monde terrestre.
Il te faut faire la même différence entre le monde surcéleste et ses habitants. La faculté donnée au monde surcéleste de servir de double borne aux esprits malins, te sera encore plus intelligible, en observant quelles sont les opérations de ce monde surcéleste. Ils actionnent non seulement sur le monde céleste et le monde matériel, ainsi que je te l'ai dit, mais encore sur le cercle de l'axe universel. Tu dois en effet concevoir combien il est nécessaire que tout soit contenu par des esprits supérieurs à ceux qui sont constitués et à ceux qui sont attachés à la conservation et à la durée de la forme universelle, où les esprits pervers sont détenus en privation.
C'est pourquoi tu dois reconnaître dans les esprits surcélestes la faculté d'une double action. Mais ce n'est point seulement par cette double action des esprits surcélestes sur la forme universelle que se prouve en eux la faculté, c'est encore parce que, par leur rang et par leur mission, ils ont l'acte de la double puissance, parce qu'ils sont tous sous la domination et le commandement de l'action directe de l'Éternel, et parce que c'est dans ce monde surcéleste que résident toute action et opération pour ou contre la créature purement spirituelle, celle spirituelle temporelle divine, et celle spirituelle matérielle. Oui, ce sont ces habitants du surcéleste qui servent de double rempart à l'atrocité des opérations démoniaques ; je te le dis en vérité qu'ils ont la faculté de la double puissance parce qu'ils sont sanctifiés. Aussi les démons ne pourront jamais souiller ce monde surcéleste comme ils ont souillé les habitants de l'immensité divine ; et c'est de là qu'il est dit, que les démons ne prévaudront jamais contre la pensée, l'action et l'opération du Créateur. Ce que je te dis ici t'a été véritablement représenté par Abraham, Isaac et Jacob, qui sont des figures temporelles de la pensée, de l'action et de l'opération de la Divinité.
Depuis que ces trois mineurs ont obtenu leur réconciliation et leur sanctification, le démon n'a plus fait aucune impression sur eux, et n'a pu prévaloir contre les actions spirituelles divines qui s'opéraient par ces trois personnes en l'Éternel, depuis qu'elles ont été sanctifiées. Tu vois donc, Israël, que l'action des habitants surcélestes est infiniment plus considérable que celle de tout être spirituel occupé aux actions et aux opérations des deux mondes inférieurs ; tu le vois, dis-je, par les rayons de feu sortant des différentes circonférences qui constituent l'immensité du surcéleste ; et cette supériorité d'action ne doit point l' [sic pour t'] étonner, puisque l'espace de l'immensité surcéleste est plus étendu que l'espace des deux mondes inférieurs qui, quand même ils seraient réunis, n'en approcheraient jamais.
J'ai à t'apprendre, Israël, une vérité dont tu as sous les yeux la certitude et la preuve physiques, c'est que, parmi les habitants des différents mondes, il n'y en a pas deux qui soient parfaitement égaux en facultés et en puissance spirituelles ; ils sont tous différents les uns des autres à cet égard, ce qui t'est enseigné véritablement par la différence qui règne entre toutes les formes corporelles et entre toutes les actions que ces différentes formes opèrent devant toi. Ce n'est point par cette observation matérielle que cette certitude est venue à ma connaissance, mais je la tiens du Créateur même, qui m'a fait voir clairement que cette différence de facultés et de puissance existait pareillement parmi les habitants spirituels de l'immensité divine qui, par le décret divin, avaient des actions et des opérations distinctes et supérieures les uns et les autres. Je te dis de plus que ce décret divin existera éternellement et sans fin, et qu'il s'observera avec une égale précision pendant la durée des temps parmi les esprits émancipés, quoique les vertus et les puissances de ces esprits émancipés ne soient plus les mêmes que celles qu'ils avaient dans l'immensité divine avant la prévarication des esprits pervers, étant forcés, par cette prévarication, de partager entre le temporel et le spirituel leur action qui devait être purement spirituelle, ainsi que tout ce qui s'opère à ta vue doit te le faire concevoir.
Pour te faire mieux comprendre ce que je t'ai dit précédemment du changement survenu dans les vertus et les puissances des esprits émancipés de l'immensité divine, je te dirai que le Créateur émancipe de Son cercle septénaire divin un nombre d'esprits suffisant, qu'Il assujettit à opérer dans le surcéleste des actions spirituelles temporelles. Les lois de puissance relatives à ces opérations furent distribuées en cet ordre aux esprits septénaires émancipés ; une autre partie, la faculté de la puissance septénaire ; une autre enfin, celle de la puissance inférieure ternaire. À ces trois classes d'esprits fut joint le mineur qui, par sa puissance et sa vertu, leur était infiniment supérieur, parce que, comme je te l'ai déjà enseigné, ce mineur était un être pur qu'aucun scandale spirituel n'avait souillé. Aussi était-il le seul de cette immensité qui eût la puissance quaternaire, et son action était très différente de celles des trois autres classes du surcéleste. Le Créateur ne plaça point dans cette immensité surcéleste une classe particulière d'esprits octénaires, ainsi qu'elle était jadis dans l'immensité divine ; cette classe même ne se trouve plus dans l'immensité divine, et cela parce qu'à la suite de la prévarication des premiers esprits, le Créateur, faisant force de loi sur toute sa créature spirituelle, émancipa son action double puissance pour aller opérer sa justice et sa gloire dans les trois différentes immensités sans distinction.
C'est de là qu'il t'est enseigné que l'esprit doublement fort est chez toi lorsque tu le mérites, et qu'il s'éloigne de toi lorsque tu te rends indigne de son action doublement puissante. Tu as vu cette double puissance s'opérer dans l'Égypte en ta faveur et pour ta gloire ; elle a divisé son action en deux parties : l'une pour exterminer tes ennemis, et l'autre pour veiller à ta conservation spirituelle et corporelle. C'était là ce que te figuraient les deux colonnes qui marchaient toujours avec toi et qui te suivaient dans tous tes triomphes. Et voilà par quel moyen cet esprit doublement fort n'est plus à demeure fixe dans l'immensité divine.
Tu n'ignores pas, Israël, que l'immensité surcéleste est la ressemblance de l'immensité divine, et que les mêmes facultés de puissance spirituelle se retrouvent dans l'une et l'autre immensités. Mais il y a cette distinction à faire, que les agents spirituels divins opèrent dans l'immensité infinie du Créateur, au lieu que les agents surcélestes n'opèrent que dans une immensité bornée. Aussi cette immensité surcéleste est passive, parce qu'elle est sujette au temps ; elle ne peut pas plus avoir de bornes que n'en ont la pensée et la puissance du Créateur, et, d'après ce que j'ai dit de cette respectable immensité, tu dois savoir qu'elle ne consiste que dans la multitude des esprits que le Créateur émane de Son sein. C'est par la continuité de cette émanation spirituelle que cette immensité divine est infinie. Chaque esprit, au moment où il émane du Créateur, trouve une place et un espace convenables à son être pour mettre en action et en opération la puissance qu'il a reçue de l'Éternel.
En effet, le Créateur ne peut émaner de son sein un esprit, sans lui créer une puissance ; et cette puissance ne saurait se mettre en action avec distinction, si chaque esprit émané du Créateur n'avait son espace particulier, ce qui te fait sentir que, comme l'émanation, l'immensité divine doit aussi s'accroître continuellement. Si cela n'était pas ainsi, la puissance de tous ces habitants de l'immensité divine opérerait en confusion, ainsi que les habitants du monde matériel opèrent la leur. Ce qui met de la confusion parmi les habitants des mondes matériels, c'est leur espace borné qui n'en peut contenir qu'un nombre fixe ; mais la multitude des habitants de l'immensité divine croît et croîtra sans cesse et à l'infini sans trouver jamais de bornes. Il ne faut point de temps pour l'émanation de ces esprits comme il en a fallu pour celle de la création temporelle, parce que les esprits, recevant avec leur émanation tout ce qui leur convient pour agir selon leurs lois, n'ont aucun besoin d'user de la puissance des esprits inférieurs, comme sont obligés de le faire les mineurs habitant les mondes temporels.
Tu vois donc bien clairement, Israël, que cette immensité divine ne peut en aucune façon se considérer comme finie, et c'est par cette infinité que je te prouve l'éternité du Créateur, de même que l'éternité des esprits se prouve par leur émanation. Je ne comprends toutefois dans l'éternité des esprits, ni l'action, ni la puissance temporelle qui s'opèrent aujourd'hui sous tes yeux. Tout ce qui est sujet au temps ne peut se regarder comme éternel ; mais de même que, par la prévarication des premiers esprits et celle de l'homme, les puissances spirituelles pures sont devenues temporelles, de même, après le jugement dernier, ces puissances cesseront d'agir temporellement, et elles seront remises dans leur première force et leur première vigueur selon toute l'étendue de leurs premières lois.
Cependant, Israël, l'être de la double puissance divine ne sera pas rendu à son premier état de stabilité dans l'immensité divine, comme il était avant la création ; cet être sera éternellement occupé à opérer sa double puissance envers les classes d'esprits qui seront distingués dans toute l'éternité, savoir : les esprits justes, sanctifiés les premiers, et les esprits qui ne seront sanctifiés et réconciliés que les derniers. Cette distinction subsistera perpétuellement lors même que tous les êtres spirituels se seront réconciliés, et la sanctification des premiers sera toujours supérieure à celle des derniers. Les mineurs qui, à la fin des temps, resteront à être réconciliés, seront appelés les derniers par l'Éternel ; et la justice qu'Il exercera contre eux sera infiniment plus forte que celle qu'Il a exercée et qu'Il exercera contre les démons, parce que le mineur avait été comblé par l'Éternel d'une autorité, et d'une puissance supérieures à celles des esprits pervers, et que, plus le mineur a reçu, plus il lui sera demandé. C'est ce qui doit t'apprendre combien le mineur impie doit redouter Sa justice. Conçois donc, Israël, par tout ce que je viens de te dire, que la loi de l'être de double puissance n'est point d'être remis à son premier état fixe d'immutabilité d'action spirituelle divine, puisque cet être aura éternellement à opérer ses facultés puissantes dans les différentes classes où seront placés les premiers et les derniers sanctifiés et réconciliés.
Si tu avais jamais le malheur, Israël, d'être compris au nombre de ceux qui seront les derniers à être réconciliés, tu n'aurais plus le temps de revenir de tes abominations, et il ne serait plus en ton pouvoir de te réclamer au Créateur pour qu'Il abrégeât tes souffrances ; car je te dis en vérité que le Créateur est immuable et qu'Il ne retire jamais ses décrets. C'est pourquoi, autre chose est la faculté du mineur ici-bas, autre chose est sa faculté lorsqu'il est tiré à la justice de l'Éternel. Tu sais sans doute, Israël, qu'il est impossible de cacher à cet être suprême l'emploi qu'ils auront fait de leur liberté pour ou contre les lois divines qu'ils ont eues lors de leur émanation et lors de leur émancipation. C'est sur cette liberté que l'Éternel jugera tous les mineurs, car tout être spirituel a été émané fort et doublement fort. Le Créateur, qui n'est point un être faible, n'a pu émaner de Lui des êtres impurs et susceptibles d'avoir en leur puissance quelque acte de faiblesse. Ce mot faiblesse est celui dont se couvre l'homme impie et méchant, afin de pouvoir se lier, suivant son gré, aux pensées iniques de l'intellect démoniaque ; mais toutes les passions et tous les vices de l'homme n'opèrent en lui que par sa propre liberté, qui est innée en lui-même. La liberté enfante la volonté, et la volonté adopte la pensée bonne ou mauvaise qu'elle a conçue ; et, sitôt qu'elle en a obtenu le fruit, le mineur revient sur lui-même et, méditant sur le produit de son opération, il devient lui-même le juge du bien ou du mal qu'il a commis.
Me diras-tu, pour excuser ta prévarication envers le Créateur, que ta faiblesse en est cause, et que cette faiblesse provient de ta forme corporelle de matière qui tient le mineur en privation de puissance spirituelle ? Je te répondrai que cela est très faux, puisque tous les mineurs qui ont été remis dans leurs premières puissances et vertus spirituelles divines et ont trouvé grâce devant l'Éternel, tels qu'Adam, Abraham, Isaac et Jacob, et plusieurs autres, n'ont plus prévariqué après leur réconciliation, quoique cependant ils fussent toujours dans des formes corporelles. Dès que ces mineurs ont été sanctifiés et réconciliés, ils ont livré leur liberté à la puissance de Celui dont ils l'avaient reçue. Ainsi cette liberté n'a plus enfanté que des volontés pures, et la volonté de ces mineurs réconciliés n'a plus adopté que des pensées toutes spirituelles qui leur ont fait opérer des actes de puissance surprenants et incroyables aux mineurs prévaricateurs.
Ces mineurs ainsi réconciliés n'ont plus été susceptibles de succomber aux embûches du démon, ni d'adopter son intellect d'abomination, et cela parce que ces mineurs lisaient jusque dans la plus profonde pensée des êtres démoniaques, les interrompaient dans toutes leurs entreprises criminelles et les privaient par là de toute la gloire que ces êtres pervers se promettaient en les persécutant. Ne crois donc pas, Israël, que la faiblesse soit donnée directement à l'homme et que ce soit sa forme corporelle de matière qui le fasse succomber à la tentation. Cette forme n'est point chargée de se diriger elle-même ; elle n'est que l'organe du mineur ; elle ne fait qu'opérer les volontés bonnes ou mauvaises que le mineur reçoit du bon ou du mauvais esprit. Aussi, lorsque l'homme succombe, il ne doit point rejeter sa chute sur sa forme corporelle de matière, mais il ne doit l'attribuer qu'à sa seule volonté. Il est bien sûr cependant qu'il existe innée dans le mineur une faculté, un acte que l'on peut traiter de faiblesse ; mais, comme cette faiblesse ne tend qu'au bien, elle ne peut déplaire au Créateur. Elle ne provient que d'une véritable humanité spirituelle qui enseigne à faire le bien pour le mal que les démons font opérer contre nous par nos semblables précipités.
Telle est la faiblesse innée dans le mineur. Cela est si véritable que, s'il m'était permis de t'instruire de toute la charité, et de toutes les faiblesses divines que le Créateur emploie en faveur de sa créature spirituelle, tu frémirais de honte. Mais le temps viendra où tu seras instruit de ce que je ne puis te dire maintenant ; et tu seras toi-même juge des choses que je suis obligé de te dire ; tu connaîtras clairement alors qu'il n'y a point d'autres faiblesses innées chez le mineur que celle dont je viens de te parler, et qui mériterait plutôt le nom de miséricorde. Crains donc, sous peine de mort, de regarder le mineur comme un être faible. S'il était émané tel du sein du Créateur, il était inutile que le Créateur lui donnât la liberté. S'il n'avait pas en lui la force d'en faire usage, non seulement il serait un être impur et contradictoire, mais le Créateur même le serait aussi, en ce qu'il participerait à deux actions opposées l'une à l'autre, tandis qu'il n'y a chez le Créateur qu'une seule action qui se subdivise à l'infini pour le bien et l'avantage de sa créature.
Mais pour te convaincre que ce que l'homme méchant appelle faiblesse innée dans le mineur ne provient pas de sa forme corporelle de matière, je te demanderai si les premiers esprits pervers avaient des formes corporelles de matière lorsqu'ils ont prévariqué. Tu dois savoir que ces esprits n'avaient pas alors de forme, et que cependant ils ont eu la faiblesse de prévariquer. Ce n'est donc point à la forme de ces esprits pervers que tu dois attribuer cette faiblesse dont se couvrent les mineurs corporisés. De plus, cette espèce de faiblesse n'était nullement en leur pouvoir, puisque ces premiers prévaricateurs n'étaient susceptibles d'aucune communication d'intellect bon ou mauvais, n'y en ayant pour lors, et ces premiers esprits lisaient parfaitement dans la pensée du Créateur tant qu'ils demeuraient dans leur état de justice. Ce n'est donc point, je te le répète, de l'influence de la faiblesse corporelle ni d'aucune influence d'intellect bon ou mauvais qu'est provenue la prévarication des premiers esprits ; c'est leur propre liberté et leur seule volonté qui les a portés à concevoir le crime atroce pour lequel ils sont en privation divine spirituelle. Ne me dis point que tu ne peux comprendre comment s'opèrent toutes les choses dont je viens de te parler touchant la liberté et la volonté innées en l'être spirituel, ce serait un langage qui n'appartiendrait qu'aux animaux irraisonnables, et non point à un être qui porte en lui la similitude et la ressemblance des vertus et des pouvoirs de la Divinité. Tu ne peux douter que tu n'aies en toi toutes ces choses, puisque tout ce que tu me vois opérer pour la gloire du Créateur et pour l'avantage de Ses créatures mineures n'est donné par le Créateur qu'aux pouvoirs de ces mêmes mineurs, et non point à ceux de tout être spirituel.
Oui, Israël, le Créateur ressent plus de satisfaction des actions et des opérations bonnes de Son mineur en privation, que de celles des autres êtres spirituels qui sont temporels sans être assujettis au temps. Cette différence vient de ce que les mineurs sont émanés et émancipés pour satisfaire à la justice et à la gloire de l'Éternel, au lieu que les purs esprits n'ont que la faculté de contempler et de rapporter au Créateur tout ce qui s'opère entre le mineur et lui. Aussi les mineurs ont innées en eux des vertus et des puissances supérieures à celles de tous les autres esprits. Le Créateur, me diras-tu, ne pouvait-il pas faire opérer les mêmes choses et donner les mêmes puissances à tout autre esprit de l'immensité divine, soit dénaire, soit septénaire, soit ternaire ? Mais pour que tu ne sois pas surpris de ce que le mineur a eu la préférence, à cet égard, sur toutes les autres classes d'esprits, souviens-toi que, quoique la tache scandaleuse que les esprits purs reçurent de la prévarication des esprits pervers soit lavée, et que les esprits qui avaient été ainsi souillés soient sanctifiés par la bonté infinie et la puissance du Créateur, cela n'a pas mis néanmoins ces esprits à l'abri du temporel, et, puisqu'ils se trouvaient ainsi assujettis, le Créateur donna la préférence à son mineur, comme à un être parfaitement pur et sans tache, son émanation n'ayant été faite qu'après la prévarication des esprits pervers. Ne sois pas étonné si je t'apprends que les habitants du monde divin se ressentent encore de la première prévarication, et s'en ressentiront jusqu'à la fin des temps, où leur action cessera de participer au temporel, qui n'est point leur véritable emploi et pour lequel ils n'ont point été émanés.
Oui, Israël, je te dis en vérité qu'il en est de ce monde divin comme des habitants spirituels du monde général terrestre ; de même que ceux-ci paient tribut à la justice de l'Éternel pour la prévarication du premier mineur commise au centre de l'univers temporel, de même les habitants du monde divin paient tribut à la justice du Créateur pour l'expiation du crime des premiers esprits. Je te dirai la vérité pure touchant les différents tributs que ces deux classes d'êtres spirituels payent et payeront au Créateur jusqu'à la fin des temps. Ce qui te surprendra bien plus, c'est que tous les esprits que le Créateur a émanés dans l'immensité divine depuis cette prévarication sont sujets au même tribut. Pour t'en convaincre, observe l'émancipation du mineur dans ce bas monde : assurément, lorsqu'il y descend, il n'est ni souillé, ni impur ; mais il n'est pas plutôt revêtu d'un corps de matière qu'il devient sujet à la loi du temps. Il y a sans doute une grande différence dans la sujétion où se trouve le mineur et celle où se trouvent les habitants de l'immensité divine ; et le mineur est dans une privation et un pâtiment bien plus considérables, parce que tu n'ignores pas que la prévarication du premier homme est infiniment plus forte que celle des démons. Aussi les mineurs sont-ils bornés au temps, et les esprits divins ne le sont qu'au temporel ; l'homme ne parcourt les différentes immensités qu'en pensée, mais les esprits peuvent parcourir réellement et en nature l'étendue infinie de l'immensité divine. Cependant, malgré cette différence de sujétion où se trouvent ces deux classes d'esprits, la parole de l'homme lui donne la supériorité sur tous les habitants du monde divin ; elle est plus forte et plus puissante que la leur, et l'étendue qu'elle peut avoir surpasse encore celle que parcourent les esprits divins.
Tel est, Israël, l'état actuel des esprits divins et celui des mineurs, et cet état de sujétion où sont réduits les esprits divins et les mineurs n'est rien en comparaison de la privation horrible à laquelle les esprits pervers sont condamnés. Le Créateur a tellement fait force de loi contre eux, qu'ils sont infiniment plus tourmentés et plus molestés que tous les autres esprits. Leur tourment est d'être assujettis à opérer le mal, et d'être condamnés par décret de l'Éternel à vivre pour une éternité temporelle dans leurs iniquités sans pouvoir changer leurs actions mauvaises et contraires à l'action divine. C'est là ce que le Créateur a voulu faire entendre, lorsqu'Il a prononcé par ses députés que les prévaricateurs seraient punis par leurs propres crimes. Le mineur, au contraire, quoique dans la sujétion, a néanmoins la liberté entière d'opérer le bien ou le mal, et de changer le mal en bien. Voilà pourquoi il n'y a aucune comparaison à faire de sa privation avec celle que souffrent les esprits pervers qui n'ont d'autre pouvoir que celui d'opérer le mal."
Après que Moïse eut donné au peuple les grandes instructions que vous venez de voir, il retourna sur la montagne de Sinaï, d'où il rapporta les secondes tables de la loi. Il reçut aussi sur cette montagne l'ordre du Créateur pour la construction d'un tabernacle dans lequel ces nouvelles tables seraient disposées, et, lorsqu'il eut exécuté avec le secours de Bethzaléel tout ce que le Créateur lui avait prescrit à ce sujet, il adressa encore la parole au peuple, et lui donna en ces termes des instructions sur la forme et les proportions du tabernacle :
"Écoute, Israël, ce que j'ai à te dire sur les différentes proportions que j'ai observées dans la construction du tabernacle de puissance spirituelle divine, et sur les différents rapports qu'il a avec tout ce qui existe. Le tabernacle, dans sa perfection, fait quatre sortes d'allusions spirituelles : la 1ère au monde surcéleste, la 2ème au monde céleste, la 3ème au corps de l'homme, et la 4ème au monde ou cercle universel. Tu reconnaîtras la première en observant que l'intérieur est la vraie figure du surcéleste. C'est dans ce saint lieu que je vais opérer une partie de l'action des habitants spirituels du surcéleste sans le mélange d'action avec aucun autre esprit ; aussi, lorsque je dois prendre communication directe de la volonté divine, le Créateur m'a assujetti à entrer en ce saint lieu par la porte d'Orient, et j'y entre toutes les fois que j'ai à demander quelque chose en faveur d'Israël. Mais aussi ma crainte et mon travail sont-ils infiniment plus considérables pour ce genre d'opérations que pour toutes les autres que je pourrais faire pour ou contre l'avantage d'Israël, parce que, dans celle-ci, selon que je viens de le dire, j'ai à prendre communication directe avec l'Éternel et avec les esprits purs du surcéleste.
La seconde allusion, ou celle de la partie céleste, t'est figurée par les quatre portes qui sont attachées au tabernacle, et qui représentent les quatre régions surcélestes. De ces quatre portes, l'une regarde l'orient, l'autre l'occident, l'autre le midi, l'autre l'aquilon ou le nord ; elles sont les véritables figures des quatre puissances spirituelles que le Créateur a données à son mineur, et par lesquelles il peut faire usage de celles des quatre chefs régionnaires, et tout ce qui est à leur dépendance. C'est pour cela que, lorsque je suis dans le tabernacle pour être instruit des choses temporelles spirituelles célestes, je laisse ouverte la porte qui regarde la région céleste du chef auquel j'ai besoin de m'adresser. Telle est, Israël, la différence des demandes et des opérations que je fais dans la partie céleste d'avec celles que j'ai à faire dans la partie surcéleste. Les habitants du surcéleste, opérant et actionnant sur tout ce qui existe spirituellement, ne sont point retenus par les bornes de l'univers et, n'ayant pour eux aucune borne de matière, on ne peut les assujettir ni les assigner dans aucune région élémentaire. C'est ce qui fait qu'en travaillant sur eux, je ne laisse ouverte aucune des portes du tabernacle, parce que ces sortes d'esprits ont en leur pouvoir d'écarter toute espèce de bornes de matière pour venir se communiquer aux mineurs destinés à la manifestation de la gloire et de la justice divines. Mais il n'en est pas de même des habitants spirituels de la partie céleste : comme ils occupent des régions et des formes élémentaires, je suis obligé, lorsque je m'adresse à eux, d'ouvrir la borne où ils sont contenus. Voilà le véritable rapport du tabernacle avec le monde céleste et le monde surcéleste, dont les habitants viennent chacun opérer avec distinction et sans confusion en présence de celui qui a puissance et action sur eux par ordre du Créateur.
Le troisième rapport est celui que le tabernacle a avec le monde particulier, ou le petit monde, qui n'est autre chose que le corps de l'homme. Oui, Israël, ce tabernacle que j'ai fait construire par Bethzaléel en ta présence, et dans lequel j'ai renfermé la loi divine que le Créateur m'a donnée face à face, est le véritable type et la vraie ressemblance du corps de l'homme ou de la forme corporelle de matière apparente, dans laquelle est renfermé le mineur ou l'âme spirituelle divine. De même que les habitants du surcéleste, du céleste et du cercle universel opèrent chacun en leur particulier dans le redoutable tabernacle, de même aussi tous ces différents êtres spirituels travaillent et opèrent dans le corps de l'homme avec le mineur qui y est renfermé.
Quatrièmement, ce tabernacle fait véritablement allusion au cercle universel, en ce que tout être spirituel inférieur, majeur et mineur fait dans ce tabernacle les mêmes actions d'opération que dans l'immensité universelle. Oui, Israël, ce tabernacle, construit sous tes yeux par la faculté de l'homme, te fait voir avec certitude quelles sont la faculté et la puissance des esprits qui coopèrent à l'entretien de l'univers, et de ceux qui ont coopéré à sa formation en disposant la matière première, d'où toutes les formes sont sorties, à retenir l'impulsion que lui ont donnée les esprits inférieurs, d'après les ordres du Créateur. Juges-en toi-même : n'est-il pas vrai que, lorsque je suis descendu de la montagne, je ne portais avec moi aucune matière propre et convenable à la construction de ce redoutable tabernacle dans lequel devaient être renfermées les lois divines que le Créateur a daigné confier à son serviteur Moïse ? Mais je ne fus point moi-même chargé de cette construction. Je n'étais que le député du Créateur pour transmettre à Bethzaléel l'ordre de la Divinité, et en second lieu, la forme apparente qu'il devait donner au tabernacle spirituel. Aussi, tu ne m'as point vu mettre la main à cet édifice, cette faculté étant réservée à Bethzaléel et aux deux autres mineurs ses associés. Tu sais en outre qu'aussitôt que j'eus donné à Bethzaléel l'ordre de la Divinité et le plan du tabernacle spirituel conformément à la volonté et au dessein du Créateur, c'était donc bien te retracer tout ce qui s'est passé lors de la formation de l'univers.
De même que j'ai communiqué à Bethzaléel les ordres du Créateur pour la construction du tabernacle, de même le Créateur communiqua directement aux esprits inférieurs la loi de création des essences spiritueuses ; de même que j'ai donné à Bethzaléel le plan de son ouvrage, de même les esprits supérieurs reçurent, par un député supérieur, l'image de la forme apparente de l'univers ; de même enfin que Bethzaléel, après avoir reçu l'ordre de construire le tabernacle, ainsi que le plan qu'il devait lui donner, trouva sans peine tous les matériaux nécessaires avec lesquels il construisit le tabernacle ; de même aussi les esprits inférieurs, ayant reçu l'ordre du Créateur pour la construction de l'univers, ainsi que l'image de la forme apparente qu'il devait avoir, produisirent d'eux-mêmes les trois essences fondamentales de tous les corps avec lesquels ils formèrent le temps universel. J'ai donc fait dans cette opération le type du Créateur et celui de l'esprit majeur, et Bethzaléel a fait celui de l'esprit inférieur qui a en son pouvoir la construction des formes. C'est pour cela que Bethzaléel est appelé grand ouvrier devant l'Éternel. La matière incorruptible dont ce tabernacle est composé est le vrai type des esprits mineurs qui contribuent à l'entretien et au soutien de l'univers, et ce tabernacle est incorruptible parce qu'il est, ainsi que l'univers, soutenu et entretenu par des êtres purement spirituels. C'est par cela que ces deux temples subsisteront jusqu'à la fin des temps. Tâche, Israël, de rendre également incorruptible ta forme particulière, en la laissant sous la direction et la puissance de ces mêmes êtres spirituels qui la conserveront dans toute la pureté de ses lois pendant la durée du cours qui lui est fixé. Tu conçois sans doute que les trois sujets qui ont travaillé à la construction du tabernacle, savoir : Bethzaléel et ses deux associés, font une allusion véritable au nombre ternaire qui constitue la faculté puissante des esprits inférieurs producteurs des trois essences spiritueuses d'où sont provenues toutes les formes corporelles.
Telles sont, Israël, les figures importantes que tu peux découvrir dans tout ce qui concerne le tabernacle qui a été construit sous tes yeux. Sur toutes choses, n'oublie pas que ce tabernacle est, ainsi que je te l'ai dit, l'image de la forme corporelle du mineur. Vois en effet si le tabernacle du mineur n'a pas eu en lui quatre portes qui sont figurées dans le tabernacle de Bethzaléel, et s'il n'y a pas un rapport parfait entre les unes et les autres ? La porte d'orient du tabernacle de Bethzaléel, par où j'entre pour invoquer les habitants du surcéleste, représente le cœur de l'homme ; c'est par le cœur que le mineur reçoit les plus grandes satisfactions ainsi que les plus grandes faveurs que le Créateur lui envoie directement par les habitants du surcéleste. La porte d'Occident du tabernacle de Bethzaléel se rapporte à la seconde porte du corps du mineur, qui est l'œil. La porte du Midi fait allusion à l'oreille ; mais malgré les rapports qui se trouvent entre les quatre portes de ces deux différents tabernacles, il ne faut pas croire qu'ils soient égaux en vertus et en propriétés. Non, Israël, le tabernacle de Bethzaléel n'est qu'un type de celui du mineur ; et c'est dans le tabernacle du mineur que le Créateur a attaché toute Son affection.
Ainsi il n'est point étonnant qu'il soit supérieur en puissance à celui de Bethzaléel, qui renferme en effet la loi divine que le Créateur a confiée une seconde fois à son serviteur Moïse ; mais cette loi sacrée n'existe-t-elle pas en nature dans le tabernacle du mineur ? Ne crois pas non plus, Israël, que le tabernacle de Bethzaléel fasse aucune allusion au tabernacle d'Adam, notre premier père, lorsqu'il était dans son état de gloire. Tu sais qu'Adam, dans cet état, était un être purement spirituel, et qu'il n'était assujetti à aucune forme de matière, parce qu'aucun esprit pur ne peut être renfermé dans un corps de matière, sinon ceux qui ont prévariqué. Tu sais en outre qu'Adam avait la faculté de construire sa forme corporelle glorieuse, de la dissiper, de la changer à son gré et selon les actions qu'il avait à opérer conformément aux ordres qu'il recevait du Créateur. Ainsi, dès que cette forme existait, elle ne pouvait se considérer comme le tabernacle de la loi divine innée dans le premier mineur ; et c'était ce premier mineur lui-même qui, en tant que pur esprit, était le vrai tabernacle de la loi divine qu'il avait reçue, soit lors de son émanation, soit lors de son émancipation. Vois donc par là, Israël, l'impossibilité qu'il y a qu'un tabernacle de matière grossière, tel que celui de Bethzaléel, fasse allusion au tabernacle spirituel du premier mineur, qui n'est autre chose qu'un pur esprit.
Je vais t'instruire maintenant des propriétés des quatre portes du tabernacle du mineur corporisé, dont je t'ai parlé précédemment et que je t'ai prouvé être supérieures à celles du tabernacle de Bethzaléel. La première de ces portes, ou porte orientale, selon que je te l'ai fait observer, est le cœur du corps de l'homme ; c'est par cette même porte supérieure que l'esprit de vie passive entre dans le tabernacle du mineur pour le disposer à recevoir et à supporter tous les effets de toutes les opérations spirituelles divines qui doivent s'y faire conjointement avec le mineur. C'est par cette même porte que pénètrent dans l'homme les plus sublimes esprits, tant bons que mauvais ; et, lorsqu'ils ont disposé le tabernacle convenablement, selon leurs lois, le mineur se joint à eux pour opérer sa volonté bonne ou mauvaise, conformément à sa liberté. Les esprits susceptibles d'opérations divines avec le mineur sont tous ceux qui habitent depuis le monde surcéleste jusqu'à l'extrémité de tous les mondes temporels. Tu vois, par là, quelle est la multitude infinie de communications spirituelles soit bonnes, soit mauvaises que le mineur peut recevoir par la porte orientale de son tabernacle corporel. Oui, Israël, c'est dans le cœur du mineur que tout s'opère pour ou contre le bien du mineur.
Les trois autres portes du tabernacle de l'homme ne sont pas moins importantes, et sont également supérieures à celles auxquelles elles répondent dans le tabernacle de Bethzaléel. Elles sont les organes des principales fonctions du mineur, savoir : l'œil est l'organe de la conviction ; l'oreille celui de la conception ; et la bouche celui de la parole puissante de l'homme. Ces trois dernières portes, jointes à la première, t'apprennent à distinguer les quatre différentes opérations que le mineur peut effectuer, par sa puissance, sur le monde surcéleste, le monde terrestre et le monde universel. Tu peux concevoir la même chose touchant le tabernacle de Bethzaléel, qui est la vraie figure de ces quatre mondes ; car chacun des mondes étant lui-même un tabernacle particulier, il faut qu'ils aient chacun leurs opérations spirituelles divines particulières ; et c'est ce que te représentent les quatre différentes portes du tabernacle de Bethzaléel. Si tu me demandes quelle est la clef de ces portes, je te répondrai qu'il n'y en a pas d'autre que l'esprit qui veille à chacune d'elles, qu'il est seul à pouvoir ouvrir ou fermer pour ou contre l'avantage du mineur. Mais si le mineur ne peut pas lui-même ouvrir ces portes, il peut les faire ouvrir et fermer quand il lui plait.
Il appartient au mineur de désir spirituel bon d'être véritable propriétaire de cette fameuse clef, et, par là, de devenir dépositaire du bien spirituel et concierge des esprits prévaricateurs contre la Divinité. Tu vois quelle est la supériorité du tabernacle du mineur sur celui que j'ai fait construire en ta présence. Aussi fut-il le premier construit et rien ne peut prévaloir contre lui, si le mineur n'y donne son consentement. Ce tabernacle, enfin, est le type réel du monde, parce qu'il contient dans sa petite étendue tout ce que le grand monde contient dans son espace immense. Le tabernacle du mineur est incomparablement au-dessus des tabernacles particuliers, parce que celui de l'homme renferme quatre choses, et que les autres n'en contiennent que trois. Ces trois choses que contiennent les tabernacles inférieurs particuliers, sont : la loi, cérémonial du culte divin, le précepte et l'opération ; mais outre ces trois choses, le tabernacle du mineur en renferme une quatrième, qui est la puissance spirituelle divine. Voilà quelle est l'allusion du tabernacle de Bethzaléel et celui de l'homme, et pourquoi celui-ci est si supérieur à tous les autres, ce qui sera encore plus amplement expliqué dans son temps, selon la volonté du Créateur.
Israël, je t'ai laissé ignorer le véritable nom de l'ouvrier constructeur de ce redoutable tabernacle, et tu ne l'as connu que sous le nom temporel de Bethzaléel. Ce surnom n'est que conventionnel ; il n'annonce que l'origine reproductive des formes corporelles et n'enseigne point le vrai nom de celui ou de ceux qui les habitent. Il faut donc te dire que le véritable nom spirituel de cet ouvrier est Beth, qui veut dire opérant l'action de la pensée divine, ce qui est indiqué par la seconde lettre de l'alphabet hébreu ; car la première, qui est Aleph, exprime la pensée divine, et la seconde, qui est Beth, exprime son action. Je te répondrai à ce sujet que les surnoms temporels n'ont aucune vertu ni aucune puissance spirituelles, parce qu'ils sont donnés par les hommes et non par le Créateur. Tu n'as même jamais vu produire d'œuvre spirituelle temporelle par le propre et privé nom des corps matériels, ni par aucune des facultés de l'être corporel, et, lorsque les formes opèrent quelques vertus, ce n'est pas par elles-mêmes, mais par la propriété puissance de l'être spirituel qui habite en elles, c'est-à-dire par la faculté attachée à son nom animal spirituel divin, ainsi que je vais te le faire comprendre.
Tu n'ignores pas l'acte cérémoniel de l'alliance que l'Éternel a faite avec l'homme, dieu de la terre, de même que celle faite avec la postérité de ce premier homme, après sa première réconciliation. Cet homme-dieu, dans son état de gloire, avait son nom propre attaché directement à son être spirituel. C'est par la vertu de ce nom qu'il manifeste dans l'univers, selon son désir et à la satisfaction du Créateur, toute opération spirituelle divine temporelle. Mais aussitôt après sa prévarication, il perdit le souvenir de son nom spirituel, et ne fut plus qu'un être matériel temporel et de sujétion spirituelle divine et non démoniaque.
Ce changement de sa forme opéra celui de sa loi, et le changement de sa loi opéra celui de ses opérations quelconques. N'est-ce pas là ce qui te prouve que tous ces changements ont dû nécessairement entraîner celui du nom propre de ce premier homme ? En effet le nom que le Créateur donna à cet homme, après lui avoir accordé sa réconciliation spirituelle temporelle et non spirituelle pure, était à la vérité très-puissant ; mais il était néanmoins inférieur au premier nom de son émanation et de son émancipation pour concevoir.
O peuple chéri de l'esprit, le changement que je t'annonce avait été fait au nom de la première créature humaine. Observe celui qui s'est fait au nom du père temporel des enfants d'Israël. Dans le principe de ces opérations temporelles matérielles, il se nommait Abram, qui signifie homme élevé dans la matière. Le Créateur de ce nom [sic] pour lui substituer celui Abraham qui signifie : père abondant en multitude spirituelle divine. C'est en effet dans la postérité seule de cet homme que la gloire et la justice du Créateur se sont manifestées de préférence à toute autre nation. Mais, Israël, ne t'enorgueillis pas de ces avantages ; car, de même que le Créateur a changé la faculté spirituelle mineure et matérielle d'Abraham en celle spirituelle supérieure, en lui changeant son nom, de même Il peut annuler toutes ses vertus en abandonnant ce même homme, et en le faisant retomber au même degré d'infériorité d'où il l'avait tiré. À ce sujet, il faut que tu saches que tous les esprits mineurs, ou toutes les âmes spirituelles ont véritablement un nom qui les distingue dans leurs puissances et vertus, par rapport à leur œuvre temporelle. Aussi, depuis la première époque de l'homme prévaricateur, et lors de sa réconciliation, le Créateur ayant changé son premier nom ABA en celui de BIAN, surnommé Adam, cet Adam changea aussi le nom de sa postérité troisième en lui donnant le nom de Seth ; et ce nom ne venait point de la simple volonté de la convention du premier homme, mais il lui fut suggéré dans sa pensée par l'esprit, ainsi que tu le concevras par ce qui va suivre.
La circoncision ou l'effusion du sang d'Abraham était un véritable type de la purification de la matière corporelle. Cette effusion de sang servait encore à purifier la vie passive et la disposer à retenir l'impression des différentes opérations spirituelles divines que le Créateur avait enjoint de nouveau à Son Serviteur Abraham afin de le détourner du faux culte qu'il opérait au préjudice de celui de la Divinité. Il n'est pas douteux que, par cette opération toute spirituelle, la vie passive ou l'âme animale ne fut entièrement liée avec la vie impassive ou âme spirituelle active.
Cependant, malgré cette raison, l'âme passive et l'âme impassive avaient toujours chacune leur nombre particulier qui les distinguait parfaitement dans toutes leurs vertus et puissances temporelles ; et ce qui le prouve, c'est la différence de leur nombre. L'âme passive n'est en possession que du nombre imparfait ternaire 3, et l'âme impassive est en possession du nombre quaternaire 4, ce qui suffit pour démontrer leur différence et leur distinction particulières. Ensuite, pour te faire comprendre que ces deux vies, inférieure et mineure, passive et impassive, proviennent du pur esprit et que leur liaison est parfaite et intime, tu n'as qu'à additionner les deux nombres qui les constituent dans leurs facultés spirituelles temporelles. Cette addition donnera le nombre septénaire 7 de l'esprit majeur dont elles émanent.
Quant au changement de nom que je te dis avoir été fait par la seule volonté de l'esprit du Créateur, et non de la volonté de l'homme, tu ne pourras en douter quand tu observeras qu'aucun patriarche n'a porté le nom de son origine matérielle et qu'ils sont tous différents les uns des autres. Il y a dix patriarches, il y a dix noms spirituels qui opèrent le culte de la Divinité par son propre nombre dénaire. Observe encore si, depuis Noé, tu trouves dans les patriarches aucun nom originel matériel, soit dans cette postérité de Noé, soit dans celle d'Ismaël, soit dans celle d'Héber. C'est donc là ce qui te fait voir que le changement du nom spirituel, au lieu et place de celui originel de l'homme, vient de Dieu.
Le nom spirituel donné à l'âme impassive t'annonce et te fait encore entendre la jonction d'un être distinct et spirituel ou d'un esprit particulier septénaire que le Créateur a assujetti à la vertu puissante de l'esprit mineur quaternaire, comme il enseigne qu'il se joignit à son premier homme-Dieu après sa réconciliation. C'est encore par cette jonction que l'Éternel Dieu d'Israël fait concevoir à toute sa créature le précepte qu'il faut aimer son prochain comme soi-même. Cette liaison, cette amitié, cette intelligence ne doit s'entendre que d'esprit à esprit et non de la matière temporelle à l'esprit. Voilà ce véritable prochain que tu dois chérir et aimer comme toi-même.
Je te dis en vérité, Israël, que cette opération d'élection ou de nom spirituel, donné à l'âme ou au mineur, se perpétuera, de par l'Éternel, chez les peuples idolâtres plus en privation de la connaissance du vrai culte de la Divinité, ce qui est clairement manifesté aujourd'hui dans l'Église chrétienne par le sacrement du baptême où le nouveau-né reçoit un nom spirituel tout différent de celui qu'il porte par son origine matérielle temporelle.
Après t'avoir expliqué, Israël, l'origine du nom spirituel que l'Éternel a donné à l'âme, de même que le changement du nom originel en celui spirituel, tu désirerais peut-être que je te donnasse l'explication du nom de Seth. Je te dis en vérité que ce nom signifie : être admis au vrai culte divin ou exécuteur parfait de la manifestation de la gloire et de la justice divines. Ainsi la postérité de Seth fut nommée : enfants de Dieu ; et non pas enfants des hommes. Ce titre d'enfants des hommes fut réservé à la postérité femelle de Caïn, qui fut enfantée par l'opération des démons, parce que son origine corporelle première provient de la seule faculté de l'opération du premier homme, qui fut le sujet de sa prévarication. Si tu désirais encore savoir de moi pourquoi l'homme constructeur du redoutable tabernacle a opéré toutes ses œuvres temporelles sous un nom originel, je te répondrai que le nom originel de Bethzaléel est resté ainsi à cet homme pour faire entendre à toute la postérité d'Adam la liaison intime de l'esprit avec la matière première, sans toutefois admettre de confusion entre l'un et l'autre.
Ceci t'explique la forme corporelle du tabernacle que ce grand ouvrier a construit sur le plan qui en fut formé à son imagination pour être l'habitacle de l'esprit de sanctification, de l'esprit de conciliation, de l'esprit de conservation et de l'esprit tout-puissant, protecteur et défenseur des enfants, d'Israël. Oui, Israël, ce que je te dis touchant les habitants du tabernacle, doit te faire concevoir que l'esprit mineur qui habite dans son tabernacle corporel n'est pas plus confondu dans la matière, que les esprits que je viens de te nommer ne le sont avec la matière du tabernacle spirituel que Bethzaléel a construit pour la plus grande gloire de l'Éternel et pour la satisfaction d'Israël. C'est ce qui te fait voir clairement que le tabernacle de Bethzaléel est un véritable type de celui de l'homme-dieu sur la terre.
Tout ce que je t'ai dit, Israël, de la grande manifestation de la gloire et de la justice que le Créateur a opérée en ta faveur contre tes ennemis et les siens, t'enseigne quelles seraient ta prévarication et ta punition spirituelle animale si, après cet exemple, tu contrevenais à tout ce que je t'ai dit et enseigné de par Lui. Si ton cœur s'endurcissait contre l'Éternel et contre Ses élus, il arriverait que ton dénombrement spirituel serait subdivisé à l'infini et resterait sans aucun point de ralliement : ta mémoire s'obscurcirait, ta vertu et ta puissance se ralentiraient et ta face se dissiperait aussi promptement que la lumière fait disparaître les ténèbres. Je te dis en vérité, Israël, d'un cœur contrit et navré, que je vois avec douleur le temps près d'arriver. Pour lors, les amis chéris de l'Éternel ne vivront plus avec toi, toutes tes exclamations, invocations ou opérations seront vaines et stériles, ce qui t'occasionnera de grands pâtiments. Mais cette peine d'esprit sera bien plus grande encore, lorsque tu verras le culte du Seigneur passer chez les autres nations à ton préjudice et à ta honte. Je te dis en vérité que ce ne sera qu'en vertu de ce même culte que les différentes nations te tiendront en sujétion et soumettront toutes tes œuvres, tes actions et tes opérations à leur volonté, et tu deviendras alors leur sujet et leur tributaire.
Mais quoi qu'il en soit, Israël, ne désespère jamais de la miséricorde de l'Éternel ; souviens-toi toujours que tu fus le théâtre immense de la manifestation première de la gloire et de la justice divines, que c'est chez toi que toute chose spirituelle a pris naissance, et qu'un jour viendra où la postérité d'Abraham, héritière de l'œuvre de l'Éternel, sera remise à son premier état de splendeur, sera réintégrée avec magnificence dans son chef-lieu. Lorsque tu seras dispersé chez toutes les nations, tu te souviendras que cette disgrâce spirituelle est le véritable tableau des événements futurs qui surviendront aux successeurs spirituels temporels qui auront goûté un instant de la douce satisfaction de l'opération de ce même culte, car, s'ils ne sont pas plus exacts que toi, Israël, à conserver très soigneusement ce superbe héritage sans tache ni souillure de leur part, ils seront plus punis et plus à plaindre que toi. Le Créateur les considérera comme des êtres impurs, et leur héritage leur sera enlevé par d'autres nations. Alors ces êtres impurs ne seront traités que comme l'instrument du fléau de la justice qu'elle rejette pour une éternité après s'en être servi. Josué, serviteur du Très-Haut, sera l'héritier du grand culte divin et, en conséquence de l'ordre qui m'a été donné, il doit recevoir par mon organe les vertus et les puissances nécessaires pour opérer la manifestation de la gloire et de la justice divines.
Mais, Israël, cette transition n'est-elle pas un nouvel indice que l'héritage de la terre promise ne sera pas toujours chez toi ? Oui, cet exemple doit t'apprendre pour un temps immémorial que le véritable culte de l'Éternel sera également transmis, à ton préjudice, aux nations étrangères, et pour lors ta mémoire sera si fortement obscurcie que tu ne te souviendras plus ni du nom de l'Éternel, ni de ton propre nom animal spirituel ; ta dispersion sera entière et servira d'exemple à toute la terre ; tu entreras une seconde fois en esclavage et en servitude dans la terre d'Égypte, d'où tu ne sortiras plus qu'à la fin des temps. C'est alors que la manifestation de la gloire et de la justice du Très-Haut s'opérera pour la satisfaction des justes, à la honte des démons criminels et des coupables mineurs non réconciliés. Il faut savoir néanmoins qu'avant ces derniers temps, il y aura grande confusion dans les tribus d'Israël ; la désolation qui sera parmi elles les forcera de se séparer les unes des autres ; le nombre supérieur se retirera très loin du nombre inférieur, qui sera subdivisé encore de son premier héritage, pour être un exemple frappant de la justice que l'Éternel a manifestée contre les enfants d'Israël, et leur terre promise restera inculte et stérile. Tu sais, Israël, que le nombre septénaire est un nombre spirituel temporel, et que le nombre quinaire est un nombre spirituel matériel susceptible de confusion et de malversation spirituelles divines ; c'est donc ce nombre septénaire des tribus qui se détachera du nombre inférieur quinaire et sera relégué dans un lieu de cet univers apparent que les mortels ordinaires ne pourront découvrir. Là, ces peuples justes achèveront de payer le tribut que le crime d'Israël doit encore à la justice divine, et par là ils opéreront la juste réconciliation des enfants d'Israël. L'arche d'alliance d'Israël avec le Seigneur marchera aussi avec ce nombre septénaire conjointement avec toutes les vertus et puissances spirituelles divines dont il est dépositaire. Les autres tribus dégénéreront en êtres de ténèbres.
Je te dis de plus, lorsque tu auras subi les effets de la justice divine et que tu auras perdu tes principaux chefs conducteurs spirituels, tu feras tous tes efforts pour t'en procurer d'autres ; mais tu ne trouveras que des élus ordinaires, qui seront de simples conducteurs temporels et même plus matériels que spirituels. Ils te conduiront dans le sentier ténébreux et horrible dont l'Éternel t'a retiré, et ils te laisseront gémir à l'ombre de ton crime. Considère et tremble, Israël, de tous les malheurs dont je te menace de la part de l'Éternel. Le secours de Moïse et de Josué sera invoqué par toi, mais inutilement ; car plus tu les réclameras, plus tu les éloigneras de toi. C'est en cela que la justice du Créateur sera encore plus grande contre Israël qu'elle ne l'a été, et c'est ainsi que s'accomplira dans tous ses points le décret immuable qu'il a prononcé contre les prévaricateurs de Son culte et leurs complices."
Par tout ce que vous venez de voir sur les actions, réflexions et opérations bonnes et mauvaises d'Israël, de même que sur la régularité des œuvres de ses principaux chefs conducteurs, vous pourrez être convaincus que tout ce qui a été prédit à ce peuple lui est exactement arrivé. Aussi je n'entrerai pas dans le détail des fléaux et de toutes les souffrances que ce peuple a éprouvées, selon que Moïse le lui avait annoncé avant de se séparer de lui. L'histoire sainte et l'histoire profane exposent assez amplement tous ces faits, tels que l'arche perdue, la dispersion des tribus sous Roboam, qui en perdit sept entièrement et laissa tomber cinq autres dans l'esclavage et la servitude des nations étrangères sans espoir de pouvoir les secourir.
Mais cependant cette dispersion des tribus mérite que vous y fassiez de sérieuses réflexions. Sept de ces tribus se sont séparées de Roboam, fils et héritier de Salomon. Jamais le lieu de leur retraite ou la route qu'elles ont prise pour s'y rendre n'a été connue de Roboam lui-même ni des cinq tribus tombées en esclavage, ni enfin d'aucune nation quelconque. Réfléchissez en outre que, sur le dénombrement des douze tribus en deux parties, le nombre majeur et septénaire est retiré dans un lieu de paix et de tranquillité hors de toute correspondance humaine et profane, et le nombre inférieur quinaire est resté errant et vagabondant, couvert de honte et de confusion, en servitude chez toutes les nations où ces tribus malheureuses sont privées de toute action et de toute opération spirituelles divines.
Que peut représenter un pareil événement aux hommes de la terre, sinon la véritable assertion du mal et du bien provenus des deux sortes d'esprits bons ou mauvais ? Voyez si ce que je vous ai dit à ce sujet n'est pas clair, puisque le nombre 2 est celui de la confusion. Voyez aussi dans la séparation des tribus d'Israël en deux parties si le nombre septénaire de ces tribus, que les hommes de la terre ont perdu de vue, n'est pas le véritable type des Élus mineurs que l'Éternel retire d'entre les profanes et les impurs permanents de la terre et met par là à l'abri de toute communication intellectuelle avec les mortels ordinaires. Le Créateur permet de plus que ces mortels ordinaires oublient, par la succession des temps, la mémoire de ces heureux êtres et, qu'ignorant leur demeure fixe et la route qu'ils ont prise pour s'y rendre, ils ignorent aussi leurs œuvres, leurs actions et leurs opérations spirituelles temporelles. Bien plus, ils ignorent eux-mêmes la conduite qu'ils avaient à tenir pour parvenir à cette félicité dont ils ont perdu jusqu'à l'idée et au souvenir.
Voyez encore si cette séparation n'offrirait pas le véritable tableau de la mort naturelle temporelle par la séparation de l'âme d'avec le corps. Les douze tribus, par leur intime liaison, ne formaient qu'un seul corps ; mais lorsque cette unité a été divisée en deux parties distinctes, l'une, étant en privation de l'autre, est tombée dans le néant spirituel et l'ignorance. De même, lorsque l'âme est unie au corps, elle forme temporellement une unité parfaite avec lui ; mais lorsqu'elle se sépare de son corps, elle forme alors deux divisions distinctes, dont l'une, en répétition du nombre majeur septénaire, demeure, si elle est juste, sous la protection divine et sous les ailes de la gloire de l'Éternel, et l'autre, en répétition du nombre quinaire des tribus errantes, reste sur la terre, en privation de toute action spirituelle jusqu'à sa parfaite réintégration.
C'est par cette observation que vous pouvez concevoir l'événement et la révolution qui surviendront à l'univers entier lorsque celui qui le vivifie se séparera de lui. Car, à l'image des corps particuliers, cette matière restera errante et dans l'inaction jusqu'à ce qu'elle soit entièrement dissipée. Telle est la loi qui donnera fin à toutes choses temporelles. Il faut actuellement vous convaincre que la matière première ne fut conçue par l'esprit bon que pour contenir et assujettir l'esprit mauvais dans un état de privation, et que véritablement cette matière première, conçue et enfantée par l'esprit et non pas émanée de lui, n'avait été engendrée que pour être à la seule disposition des démons. Pour cet effet, rappelez-vous l'apparition que le chef des démons fit en présence du Christ, homme-Dieu de la terre. Cet être pervers ne lui serait point apparu sous une forme humaine et ne l'eût point attaqué, si l'homme-Dieu n'eût point été revêtu d'un corps de matière, et s'il se fût servi de la forme glorieuse qui est innée en lui ; car alors la contraction spirituelle démoniaque n'aurait pu avoir lieu, puisque l'esprit pur a le privilège de lier et d'arrêter toute opération des esprits impurs.
Vous me demanderez si le chef des démons, en apparaissant à l'homme divin, avait le projet de séduire et de corrompre simplement son corps de matière ou son esprit ? Je vous répondrai que son objet était de séduire l'une et l'autre. Premièrement il voulait, par son intelligence démoniaque, corrompre la forme corporelle de matière de cet être divin et la rendre par là susceptible de retenir impression de toutes les actions fausses qu'il se proposerait de lui faire communiquer par l'entremise des opérations qu'il avait données à l'esprit attaché à cette forme corporelle. En second lieu, il désirait encore plus ardemment séduire l'être spirituel qui habitait dans ce corps, ne concevant rien de plus glorieux que cette conquête, parce qu'en même temps qu'il s'opposait aux ordres et à la volonté du Créateur, il connaissait que les œuvres et les opérations considérables que l'homme divin aurait faites à la gloire de ce tentateur, aurait entraîné une infinité d'êtres mineurs ou d'âmes sous la puissance de la justice démoniaque.
Mais l'esprit et le corps de cet être régénérateur n'ayant succombé ni l'un ni l'autre aux ruses du démon, mais l'ayant contraint au contraire par toutes ses vertus de rentrer dans son lieu de sujétion et de privation divines, tout dans cet être divin était exempt de souillure et de prévarication, et il força aussitôt le chef des démons de se retirer de sa présence pour aller exécuter les ordres qu'il lui avait donnés. À cette époque honteuse, le démon comprit bien qu'il serait encore plus humilié et soumis à l'homme-Dieu et divin de cet univers, car la fermeté et la pureté de cet être arrêtèrent tout exemple et toute action scandaleuse ; nulle habitude, ni impression diabolique ne prévalurent aux yeux des hommes ordinaires ; et, par là, la paix et le calme restèrent dans l'esprit de cet homme divin. Ceci peut vous faire concevoir que la plus forte partie de l'action, de la conduite et de l'opération des hommes de matière ne provient que des différents exemples et des différentes habitudes qu'ils contractent, et qui deviennent pour eux un second principe de nature, dans le cours de leur vie ordinaire, tant en bien qu'en mal. Les opérations et les habitudes scandaleuses pervertissent l'homme, tandis que les actions bonnes lui procurent d'excellentes habitudes qui produisent un merveilleux effet spirituel, tant en faveur de celui qui les reçoit qu'en faveur de celui qui les donne.
Pour revenir à ce que Moïse prédit à Israël, qu'il ne trouverait plus de chefs spirituels conducteurs aussi parfaits que ceux qu'il avait abandonnés, mais des chefs conducteurs temporels plutôt matériels que spirituels, il n'est pas douteux que ceci lui soit arrivé. En effet, lorsque ce peuple donna sa confiance à un mortel ordinaire comme Saül, qui fut élu par les Hébreux roi des enfants d'Israël, il est certain que cette élection conventionnelle des hommes, n'étant point faite par le Créateur ou par ses députés, était plutôt matérielle que spirituelle, comme le prouve tout ce qui arriva à ce peuple sous la conduite de Saül. Le triste sort que subit Saül lui-même doit achever de faire comprendre la différence qu'il y a entre l'élection divine et celle conventionnelle des hommes : celle-ci est pernicieuse, celle-là invincible et sans péril. Saül avait choisi sa demeure dans la tribu de Benjamin ; il lui avait donné toute sa confiance et lui faisait part de tout ce qu'il opérait en faveur d'Israël. Toutefois la préférence qu'il donnait à cette tribu sur toutes les autres n'aurait pas eu lieu, si son élection était venue du Créateur et non pas des hommes, parce qu'alors il aurait appris de l'esprit même que l'élu chéri du Très-Haut ne donne aucune différence, et considère également tous les justes spirituels, ce qui l'eût empêché de faire une telle distinction de la tribu de Benjamin d'avec toutes les autres, la regardant comme son seul appui et comme son guide.
De plus, si cette élection, comme je l'ai déjà dit, avait été faite par l'Éternel, Saül aurait compris l'interprétation spirituelle du nom de Benjamin qui veut dire fils ou enfant de ma douleur. Il aurait vu que cette tribu était souillée depuis bien des temps par un orgueil et une avidité criminels, ce qui eût fait qu'au lieu de se lier intimement avec elle, il aurait rejeté les conseils impies qu'elle lui donnait et qui lui ont été si funestes qu'ils lui ont occasionné le sort malheureux qui l'a rendu, lui et sa postérité, un exemple horrible et immémorial aux yeux des mortels.
Vous désirez peut-être savoir quel est le genre de prévarication de Saül, premier roi temporel d'Israël. Je vais vous l'expliquer aussi clairement que la vérité de la sagesse me l'a dicté. La prévarication du roi consiste à avoir fait périr misérablement un grand nombre de Gabaonites et à avoir porté toute sa force et toute sa haine contre les êtres infortunés de ce peuple réconcilié avec l'Éternel et absous par Josué, après leur serment de fidélité au culte de la Divinité. La cupidité de la tribu de Benjamin l'engagea à presser Saül de livrer la guerre à ces malheureux Gabaonites, dans la vue de profiter de leurs dépouilles, après que l'armée d'Israël les aurait défaits. Aussi cette tribu, quoique la dernière par son rang, marchait à la tête de toutes les autres. Le roi l'avait ainsi ordonné, parce qu'il regardait cette tribu comme le principal fondement de sa puissance, et se reposait autant sur sa force que sur ses conseils.
Cependant comme il n'est pas douteux que l'homme, dans ses plus grands égarements, a néanmoins, par temps, quelque insinuation de pensées bonnes qui lui sont suggérées par l'esprit bon pour le tirer de l'erreur, il survint à Saül un instant de doute sur la bonté et la validité de sa tribu chérie, ce qu'Israël comprit par la conduite que tint le roi ; car, après quelques réflexions, il voulut éclaircir ce doute et, pour cet effet, il conçut le dessein de consulter Pythonisse, homme de l'Éternel, quoique femme, et lui envoya ordre de se rendre chez lui pour l'instruire du succès de tous les projets qu'il avait formés contre les Gabaonites et savoir d'elle s'il remporterait cette victoire sur ce peuple. Pythonisse, qui était un type du bien spirituel, refusa de se rendre chez le roi, parce qu'elle savait qu'elle n'y serait pas en sûreté et que le roi voulait la faire mourir à l'instigation de la tribu de Benjamin qui, ayant juré mal à propos la perte des Gabaonites, craignit que cette Pythonisse ne découvrît sa noirceur, et n'attirât sur cette même tribu les fléaux de la justice. Les députés de Saül lui ayant rapporté la réponse de Pythonisse, il envoya ordre de la saisir et de la lui amener de force ; mais, comme elle était instruite des mauvaises intentions du roi et de la tribu de Benjamin, elle en prévint l'effet en se retirant dans une maison éloignée d'une lieue de la cité de Galboé.
Les députés ne la trouvant point, furent rendre compte de son évasion à Saül, qui en fut vivement affligé. Mais après quelque réflexion, il la fit chercher avec toute vigilance par d'autres personnes que les premières, en lui faisant promettre, foi de roi, qu'il ne lui ferait aucun tort ni dans sa personne, ni dans ses biens. L'un de ces derniers députés, étant doué de la sagesse divine, fut bientôt instruit de la nouvelle demeure de Pythonisse, à qui il fit part de ce que Saül avait fait d'avantageux à son égard. Pythonisse répondit au député : "Que la volonté du Seigneur-roi, ton maître, soit faite selon celle de l'Éternel. Dis à ton roi de se rendre dans mon nouvel asile. Là, je satisferai à ses désirs." Le député rendit compte au roi de cette réponse en présence des principaux chefs de la tribu de Benjamin. Ils conçurent par là que les pièges qu'ils avaient tendus contre l'excellente vertu de Pythonisse allaient être sans succès, et qu'au contraire ils allaient devenir eux-mêmes victimes de leurs calomnies et de leur fourberie. C'est ce qui arriva effectivement, le mal n'ayant jamais qu'un temps de mauvais succès, et la calomnie tournant à la honte du calomniateur, d'où la vérité se montre plus forte et plus inébranlable.
Saül s'étant transporté chez Pythonisse, elle lui dit : "Seigneur, que désires-tu apprendre de l'Éternel, et que veux-tu que je t'enseigne ?" Le roi lui répondit : "On m'assure que tu es devineresse ; dis-moi donc si je dois gagner la bataille que je dois livrer aux Philistins et aux Gabaonites qui se sont alliés ensemble contre Israël. Dis-moi si ces deux nations seront livrées à ma justice." - "Seigneur, dit la Pythonisse, permets à ta servante de te parler un moment avant de répondre à ta demande ; je dis en vérité que c'est par le peuple que tu es élu roi d'Israël et non par le Dieu vivant. Alors, il n'est pas étonnant que tu sois sans cesse dans le doute et dans la crainte du succès que doivent avoir tes actions et tes opérations temporelles. Les anciens conducteurs d'Israël n'avaient point de pareils doutes ni de pareilles incertitudes, ils n'employaient point le secours des hommes ordinaires de la terre ni leurs conseils, parce qu'étant élus par le Dieu vivant et protecteur d'Israël, ils n'avaient d'autre conseil que celui de l'Éternel, et par ce moyen ils étaient sûrs du succès que devaient avoir toutes leurs actions et opérations temporelles, tant en leur faveur qu'en celle d'Israël. Je te dis de plus, Seigneur-roi, que ton conseil est faux et purement matériel, parce qu'il part des hommes méchants et impurs ; ils t'ont séduit en t'engageant à agir contre le bien spirituel des justes d'Israël et des autres nations. Pythonisse qui te parle a su toutes les embûches démoniaques qui ont été tendues contre elle par les principaux chefs de la tribu de Benjamin, devenus depuis ton règne les intellects du démon.
Ils t'avaient persuadé de me faire mourir, tu as même prononcé mon arrêt de mort ; mais apprends, Seigneur-roi, que le Dieu d'Abraham protège les justes devant lui et précipite ignominieusement dans les profonds abîmes les impies et les persécuteurs des justes. Conçois les paroles que je te dis d'après l'esprit qui me vivifie et de par celui qui l'anime. Les chefs de la tribu de Benjamin seront honteusement renversés ; cette tribu sera subdivisée ; elle restera errante, vagabonde et confondue parmi celles d'Israël pour un temps immémorial. Cet événement lui arrivera après ton règne ; ses étendards, ses signes de couleurs et toutes les autres marques qui la distinguent des autres tribus d'Israël lui seront enlevés ; elles seront souillées par le peuple égyptien qui fuit Israël depuis la funeste époque survenue à Pharaon et à toute son armée. Car, Seigneur-roi, les événements survenus autrefois à ce peuple étranger et à ses rois n'étaient que le type fidèle de celui qui doit survenir au premier roi temporel d'Israël. La destruction ignominieuse de Pharaon et de la plus grande partie de son peuple, de même que la servitude et la dispersion du petit nombre qui en reste, t'annonce le sort qui te menace, Seigneur-roi, ta postérité et ta tribu chérie, si tu ne fais pas la paix avec le Dieu d'Israël. Cette tribu chérie de Benjamin sera sacrifiée en partie ; ses restes infortunés seront errants et confondus parmi les enfants d'Israël sans avoir ni conducteur, ni chef particulier, comme le sont les restes des Égyptiens nouvellement convertis au Dieu vivant d'Abraham, par la loi d'Israël.
Ton crime, Seigneur-roi, est encore plus grand devant Dieu et devant les hommes, parce que tu as fait mourir injustement des Gabaonites qui étaient réconciliés avec le Seigneur Dieu d'Israël et bénis par Josué au nom de l'Éternel sous leur serment. Partie de ce peuple était disposée par les sages d'Israël à se tenir impression de ce culte divin et devait l'enseigner et le faire pratiquer par la nation, de façon que, par ta conduite envers ce peuple, tu as contrevenu aux décrets de l'Éternel qui ne peut laisser aucun crime impuni. Apprends donc de celui qui te parle par ma bouche que, si tu n'implores pas la miséricorde de l'Éternel, et si tu persévères à vouloir achever de détruire le reste des malheureux Gabaonites liés avec les Philistins, ton supplice frappera les yeux de toutes les nations de notre région. Tous les enfants d'Israël gémiront sur ton sort et leur douleur sera incroyable, parce qu'ils auront servi d'instrument au fléau injuste dont tu auras accablé les nouveaux convertis. Je dois t'enseigner encore que, dans le monde entier, il n'y a ni devin ni devineresse ; personne ne peut lire dans le passé que par le présent, et, ainsi, ayant une connaissance parfaite de l'un et de l'autre, il n'est pas difficile à l'homme-Dieu de lire plus ou moins dans l'avenir.
Sache de plus, Seigneur-roi, que lorsqu'il faut un travail quelconque pour parvenir à lire dans toutes les opérations, actions, contractions, végétations, révolutions et autres choses temporelles spirituelles qui s'exécutent dans cet univers par l'esprit ou par l'homme, celui qui peut parvenir à cela ne peut pour cela s'appeler devin ou devineresse, puisqu'il ne peut obtenir ces connaissances qu'après de pénibles efforts spirituels et corporels qui font sentir à celui qui travaille sur les merveilles du moteur de l'univers, la peine de l'âme, du corps et de l'esprit. Ne crois donc plus à ces prétendus devins, devineresses, magiciens, magiciennes, sorciers ou sorcières, sur l'existence desquels le peuple grossier t'a trompé. Reconnais que tout être de cette espèce ne peut mériter de confiance, puisque l'homme ne peut être instruit dans aucune connaissance des opérations de l'univers qu'en subissant de pénibles et formidables travaux. À ce sujet, considère les travaux de Moïse et ceux des sept sages d'Israël ; réfléchis sur les fruits prodigieux qu'ils ont retirés de leurs opérations en faveur d'Israël : ils ont combattu, vaincu et exterminé les ennemis du vrai culte divin. Voilà, Seigneur-roi, quelles sont les vertus puissantes, spirituelles et temporelles, qui se manifestent dans les élus du Créateur, ce qui n'arrive pas dans les élus des hommes. Quant à ce que tu désires savoir de moi, dispose-toi à m'écouter, m'entendre et me concevoir. (Ces trois choses allégoriques aux trois paroles : cherche, frappe, demande.) Point de respect humain, point de faiblesse matérielle, car ton âme sera forte, si elle n'est point encore soumise à l'esprit de contraction divine, et elle jouira du fruit des opérations et des travaux que je vais entreprendre à ta sollicitation."
Saül, frappé de tout ce que Pythonisse lui avait dit, lui demanda un moment de réflexion, et sortit ainsi que Pythonisse du lieu destiné à son travail. Le temps qu'il avait demandé pour délai s'étant écoulé, il revint dans le même lieu où Pythonisse le rejoignit selon qu'ils en étaient convenus ensemble, et, comme il persistait toujours dans son premier dessein matériel, il lui dit : "Toutes mes réflexions sont faites, je te dis de deviner si je dois livrer bataille à nos ennemis et s'ils succomberont sous ma justice ? Évoque pour cet effet l'esprit du prophète Samuel, et fais que je sache par lui ce que je te demande." Pythonisse, outrée de l'orgueil et de la persévérance du roi à faire le mal, lui dit d'un ton franc : "Saül, roi injuste d'Israël, tu tentes l'Éternel Dieu en voulant réduire son faible serviteur. Oui, Seigneur, je suis le serviteur du Dieu vivant d'Israël, qui ai connu ta pensée horrible contre la créature supérieure, majeure, inférieure et mineure. Oui, je vais satisfaire ta passion désordonnée en invoquant l'esprit du sage prophète Samuel de paix et de conciliation ; mais redoute son avènement." Après ces paroles, Pythonisse se réclame à l'Éternel et ensuite porte ses pas vers l'opération ; mais au moment où elle commençait son travail, le roi lui dit : "Pythonisse, arrête. Je sens naître dans mon âme un trouble qui l'agite ; je ne sais d'où me vient le feu qui m'environne et la crainte qui me saisit. Devine-moi toutes ces choses avant celles que je t'ai demandées les premières." "Tout cela ne vient, dit Pythonisse, que de l'insulte que tu fais en ce moment au Créateur ainsi qu'à son serviteur.
Je t'ai bien dit que la science spirituelle de l'Éternel n'était point l'art d'un devin, comme tu crois. Par conséquent ce prétendu art ne peut se trouver dans aucune de ses créatures. S'il était au pouvoir du Dieu d'Israël d'être devin, il serait le moteur du bien et du mal ; il serait pour lors un cruel tyran de permettre et de laisser faire le mal par sa créature, pour la punir ensuite de ce qu'il aurait pu empêcher lui-même. Non, Seigneur, le Dieu d'Israël n'est point tel. J'ose devant toi, devant toute sa cour spirituelle divine et devant toute sa cour temporelle, défier ce Dieu tout-puissant de pénétrer et de concevoir l'action et l'opération de même que tout événement quelconque qui doivent survenir à un être spirituel mineur, si cet être ne l'a premièrement conçu lui-même dans sa pensée.
Je veux te dire que le Créateur lit ouvertement dans la plus profonde pensée de sa créature ; mais oui, Seigneur-roi, je te le répète, je défie ce Dieu tout-puissant de lire dans aucune pensée qui n'aura pas été conçue. Si cette chose était en Son pouvoir, Il serait véritablement injuste de ne pas arrêter les funestes événements qu'Il saurait pour lors devoir survenir à la créature. Et alors ce serait Lui seul qui serait coupable. Mais comme Il a établi sur des lois immuables tout ce qui subsiste dans l'univers, et qu'Il a laissé une pleine liberté à Sa créature, Il n'a pas eu Lui-même Sa prescience et Il ne prend aucune part aux causes secondes dans cet univers. Quiconque donne le nom de devin au Créateur ou à Sa créature, insulte l'un et l'autre, pêche contre l'esprit et sera horriblement puni.
Conçois, Seigneur-roi, que, puisqu'il a fallu une opération et un travail puissants pour que l'Éternel manifestât tout ce qui est en Son pouvoir et inné en Lui, par la même raison, il faut que l'esprit temporel ait formé une pensée quelconque pour que l'action bonne ou mauvaise provenant de cette pensée soit connue de l'Éternel ; si elle est bonne, Il la reçoit ; si elle est mauvaise, Il la rejette ; mais Il ne s'oppose point à la volonté de Sa créature."
Saül, encore plus pénétré que la première fois des paroles de Pythonisse, et voyant que la fermeté de cette femme était inébranlable, lui dit d'un ton soumis, mais prophétique : "Femme du Seigneur, le roi d'Israël réclame son Dieu et le tien avec l'esprit de Samuel, pour qu'il m'enseigne ce que j'ai grand besoin de savoir sur la bataille que j'ai dessein de livrer à nos ennemis."
Pythonisse agit selon les volontés de Saül, mais sitôt qu'il la vit dans l'acte de son travail, il se mit à frémir et à trembler comme une feuille d'arbre. Pythonisse, le voyant combattu par la force de l'opération, lui dit : "Saül, roi d'Israël, tu es en crainte devant l'esprit du Seigneur ; tes crimes te font frémir à l'approche de la justice divine !" Saül était si troublé qu'il ne comprit point la parole de Pythonisse, et qu'il la pria de la lui répéter. Pythonisse lui dit en lui montrant l'esprit de Samuel, revêtu d'un corps de gloire apparent : "Seigneur-roi, voilà celui qui sait plus que moi, qui t'interprétera ce que je t'ai dit, et ce que tu n'as pas compris." Saül se prosterna, pénétré de douleur, devant Samuel, parce que l'esprit de ce prophète éloignait l'esprit démoniaque qui possédait le roi. Dans cette attitude, il lui demanda s'il pouvait aujourd'hui livrer bataille à ses ennemis. Sur quoi Samuel lui répondit : "Je te dis que toi et les tiens serez autour de moi ce soir, que tu succomberas, que plusieurs périront misérablement et que la tribu de Benjamin servira d'exemple mémorable aux enfants d'Israël."
Saül, après que le prophète lui eut parlé, se releva de terre, s'inclina devant Pythonisse comme pour la remercier, et se rendit à son armée pour la faire marcher contre ses ennemis. Il éprouva ainsi que les siens le triste sort qui lui avait été prédit par Pythonisse et par l'esprit de Samuel.
Considérez la conduite de Saül, celle de la tribu de Benjamin et celle de Pythonisse, et reconnaissez que tous ces événements sont le type de la contraction mauvaise de l'action bonne, et de la prévarication de l'homme, de son supplice et de sa réconciliation, ainsi que celui de la prédiction de tous les événements passés, présents et à venir qui surviennent et surviendront dans l'univers entier.

Légende du tableau universel
A – Immensité divine, Unité absolue.
B – Universalité créée.
C – Cercle dénaire ou des Esprits divins du Supérieur.
D – Les trois Cieux Surcélestes ou cercles spirituels divins contenant les trois Cercles, Septénaire et quaternaire.
E – Cercle Septénaire ou des Esprits majeurs contenant la Loi divine.
F – Cercle ternaire ou des Esprits inférieurs contenant le Précepte divin.
G – Cercle quaternaire ou des Esprits mineurs, contenant le Commencement Divin en aspect du Cercle dénaire. Les quatre premiers Cercles forment la quadruple Essence divine ou la Cour spirituelle divine.
H – Cercle Saturnaire ou Supérieur Planétaire, autrement premier ciel.
I – Cercle Dénaire Solaire ou second cercle, il actionne, réactionne et vivifie la végétation qui provient de tous les corps particuliers et du général terrestre.
L – Cercle planétaire de Mercure ou troisième Ciel.
M – Cercle planétaire de Mars ou quatrième ciel. Ces quatre Cercles sont appelés Majeurs ou Célestes.
N – Cercle de Jupiter ou Cinquième ciel. Ce cercle préside à la putréfaction et en contient le principe.
O – Cercle de Vénus ou Sixième ciel. Ce cercle préside à la conception et contient le Séminal ou principe reproductif.
P – Cercle Lunaire ou septième Ciel. La Lune modifie par son fluide l'action de la réaction du feu Central et Solaire.
Q – L'axe donne le principe de vie à tout corps terrestre, les actionne et réactionne.
R – Forme terrestre, dont le Centre a été habité par Noé.
S – Âme terrestre.
T – Ouest-mercure, partie habitée par Adam et par Sem.
V – Midi ou Sud, Soufre, partie habitée par Caïn et par Cham.
X – Nord Septentrion ou Aquilon. Sol habité par Seth et par Japheth.
Трактат о реинтеграции существ и их первоначальных качествах и силах, духовных и божественных
Сотворение Богом первоначальных существ. Их отпадение от Бога
В начале времен Бог сотворил духовные существа для Своей вящей славы и в Своей божественной беспредельности. Эти существа должны были отправлять культ, который Божество им установило посредством вечных законов, предначертаний и повелений. Существа являлись свободными и отделенными от Создателя, и Ему нельзя было отказывать им в свободе выбора, с коей они появились на свет, иначе это разрушило бы в них духовные и личные особенности, богатства и добродетели, данные для того, чтобы с точностью действовать в границах, соответствующих их силам и возможностям. Ведь именно в этих границах первые духовные существа должны были установить культ, ради которого они и произошли от Создателя. Эти первые существа не могли ни отрицать, ни отвергать установления, данные им Творцом через законы, предначертания и повеления, ибо только на вышеназванных установлениях и было основано их действенное существование.
Возникает вопрос: кем были эти первые существа перед их божественным сотворением, существовали они до той поры или нет? Они существовали в лоне Божества, но без каких-либо признаков действия, мысли и частного рассудка. Они не могли ни действовать, ни чувствовать самостоятельно, без проявления единой воли высшего существа, которое их в себе заключало. Конечно, здесь не приходится говорить о существовании в нашем смысле слова. Тем не менее это существование в Боге идет от абсолютной необходимости, что образует беспредельность божественного могущества. Господь не являлся бы отцом и господином всех вещей, если бы не породил в себе неиссякаемый источник существ, которых он создал своей чистой волей. Источник, проявившийся в бесконечном множестве духовных существ, исшедших от лика Господня, несущих имя Создателя и являясь произведением Его божественного творения, духовного и душевного, духовного во времени.
Первые духи, исшедшие от лона Божества, разделялись между собой по добродетелям, силам и именам. Они занимали огромное божественное пространство, вульгарно названное Господством, которому соответствует десятеричное число согласно следующей фигуре (знак). Отсюда выходит, что высший дух обозначается цифрой 10, великий — цифрой 8, а низший, или меньший — цифрой 4, и все они должны были служить во славу Творца. Данная совокупность чисел указывает на то, что в основе эманации и духов заложен принцип четверичности божественной сущности. Имена четырех духовных иерархий являлись более мощными, нежели те, которых мы относим к Херувимам, Серафимам, Архангелам и Ангелам, обретшим самостоятельность позднее. Более того, четыре первоначальных принципа духовных существ заключались в них самих, являясь, как мы бы выразились, частью божественного господства, в котором присутствуют силы высшие, великие, низшие и меньшие. Благодаря этим силам духи имели знание обо всем, что могло существовать, в том числе и о сущностях, еще не исшедших от лона Божества.
Каким образом, спрашивается, могли они иметь знание о вещах, не существовавших еще самостоятельно и вне лона Создателя? Дело в том, что эти первоначальные духовные иерархические владыки, исшедшие в первый круг, названный десятиричным кругом, верно и ясно читали, как творящееся в Божестве и все содержащееся в нем самом. И не должно здесь подвергать сомнению сказанное мной, ибо только духу принадлежит способность читать, видеть и воспринимать дух. Кроме того, эти первоначальные иерархические владыки имели совершенное знание всего божественного действа, поскольку, исшедшее от лона Создателя, они оставались вблизи от всех божественных трудов, свидетельствующих о его славе.
Возникает вопрос: сохранили ли эти духовные иерархические владыки свое первоначальное состояние добродетели и божественной силы после изменения способа их существования, то есть сделавшись падшими? Да, они сохранили его благодаря решениям Предвечного, ибо если бы Творец вновь отозвал все свои добродетели и силы, распространенные на первоначальных духовных существ, то не имелось бы более примеров дел добрых или злых, а также и проявления божественной славы, правосудия и мощи над духами, изменившими свое состояние. Мне скажут о том, что Создатель должен был ясно предвидеть, что эти первоначальные духи способны противопоставить себя божественным законам, предписаниям и повелениям, а значит, надо было их удерживать в рамках высшего правосудия. Я на это отвечу, что Создатель предвидел губительную гордыню этих духов и не мог никоим образом удержать и остановить их преступные мысли, а также их частные деяния, ибо, по замыслу Творца, они должны были действовать согласно со своей волей. Таким образом, план в отношении этих духов Творцом был изначально предначертан. К тому же Творец не принимает никакого участия во вторичных духовных причинах- добрых ли, злых ли, утверждая и образуя всякое духовное существо на неизменных законах. Согласно этим законам, всякое духовное существо обязано исполнять свое частное предназначение, данное творцом, и действовать в соответствии со своей волей.
Если спросят, каков род падения первоначальных духов и для чего Творец использовал силу божественного закона против них, то отвечу, что эти духи изначально были предназначены для того, чтобы существовать в качестве вторичных причин. Следовательно, они не могут оказывать никакого воздействия своей силой на первичные причины, или творчество самого Божества, поскольку являются второстепенными духовными агентами. Силы, добродетели и деяния их вторичны, поэтому им и не дано предварить мысли Творца во всех его творческих и божественных делах в прошлом, настоящем и будущем. Их главная вина и преступление, во-первых, заключались в том, что они возжелали осудить божественную вечность в делах творения; во-вторых, хотели ограничить божественное Всемогущество в этих делах; в-третьих, вознеслись в своих мыслях до желания стать творцами причин третьего и четвертого порядков, хотя, будучи рожденными во всемогуществе Творца, знали о том, что мы называем четверичностью божественной сущности.
Но каким способом они могли осудить божественную вечность?
Они возжелали придать Предвечному эманацию, тождественную своей, и воспринимали Творца в качестве существа, подобного себе самим. Следовательно, они должны были от себя самих произвести духовные творения, которые бы зависели непосредственно от них, так же как они зависели от Создателя. Здесь заключено именно то, что мы называем принципом духовного зла: всякая злая воля, воспринятая духом, всегда преступна пред Творцом, даже если дух не воплотит ее в эффективное действие. В наказание за простую преступную волю духи были низвергнуты мощью Творца в проклятые места грязного ужаса, противоположного их духовному существу, которое было чистым и простым в период их божественного исхождения, о чем мы и расскажем.
Сотворение Богом Адама и пребывание первого человека в состоянии славы
После того как первоначальные духи проявили свой преступный замысел, Творец возымел силу закона, основанную на божественном постоянстве, создав физическое мироздание в виде материальной формы, и положив начало месту, где бы эти падшие духи действовали, испытывая там все обретенное ими зло. Не стоит подразумевать в данном материальном творении человека или его меньших собратьев, которые сегодня находятся в центре земной вселенной, ибо человек не должен был принимать никакой внешней материальной формы, не будучи еще исшедшим от Творца и отделенным, дабы править над всеми исшедшими и отделенными до него существами. Человек исшел только тогда, когда вселенная образовалась божественным Всемогуществом, чтобы служить прибежищем падшим духам и границей их злых деяний, которые не могли взять верх над законами божественного порядка, данными Творцом своему вселенскому творению. Человек имел те же добродетели и силы, что и первоначальные духи и, несмотря на то, что исшел после них, он стал их повелителем и главой над ними, — благодаря своему состоянию славы и силы повеления, принятому им от Творца. Человек совершенно осознавал необходимость вселенского творения. Более того, он осознавал пользу и святость своего собственного духовного исхождения равным образом, как и славную форму, в которую он был облечен, чтобы воздействовать силами своей воли на телесные формы — активные и пассивные. В ту пору человек находился в состоянии, в котором должен был проявлять свое могущество к вящей славе Творца на виду у вселенского творения, общего и частного.
Мы разделяем здесь вселенную на три области, дабы она стала понятнее нашим ученикам во всех свойствах духовных действий: первая вселенная — вместилище, где содержится общее и частное; вторая — земля, или часть общего, откуда проистекают все необходимые питательные вещества для осуществления частного; третья — частное, состоящее из всех обитателей тел, небесных и земных. [Вот как мы разделим вселенское творение, чтобы наши последователи могли познать каждую из этих трёх частей и действовать в них с разборчивостью и осознанностью.]
Адам в своем изначальном состоянии славы был истинным учеником Творца. Будучи чистым в духе, он раскрывал и читал божественные мысли и действия. Творец позволил ему воспринять три принципа, на которых строилось мироздание, после чего сказал: «Повелевай всеми животными активными и пассивными, и они будут тебя слушаться». Адам выполнял все то, что ему говорил Творец, и видел, сколь огромной была его сила. Он изучил, познав с достоверностью, одну из частей всего, что составляло вселенную. Эту часть мы называем частным. Она складывалась из всех активных и пассивных существ от поверхности земли и ее центра вплоть до небесного центра, таинственно называемого небом Сатурна.
После этого Творец сказал своему творению: «Повелевай всем общим на земле, и оно тебя будет слушаться». Адам возымел это, увидев, сколь велика его сила, и познал в истине вторую составную мироздания. После этих двух действий Творец сказал своему творению: «Повелевай всем, что суть в сотворенной вселенной, и все ее обитатели тебя будут слушаться». Адам исполнил еще один приказ Предвечного, и это было третье действие, которое он предпринял, изучая вселенское творение.
Адам, утверждая свою волю в воле Творца, принял от него имя Человека-Бога универсальной земли, ибо должен был приобрести на ней божественную будущность, а не телесную. Необходимо отметить, что по завершении первого действия Адам воспринял закон, второго — установление, а третьего — повеление. В трех видах действий мы должны ясно видеть не столь границы, положенные могуществу, добродетели и силе, которыми Творец наделил свое творение, сколь то, что предначертано было первоначальным падшим духам.
Адам оказывается под влиянием демонического духа и, заразившись гордыней творения духовных существ, совершает грехопадение
ИТАК, Господь, увидев свое творение, наделенное добродетелью, силой и могуществом и благодаря этому способное действовать по своей воле, предоставил его себе самому, чтобы посредством свободы его творение могло пользоваться общим и частным, настоящим и будущим для развивающейся вечности.
Адам, будучи предоставленным самому себе, размышлял о великом могуществе, проявленном в результате трех первых действий. Он наблюдал свою работу, почти столь же великую, сколь и дела Создателя, однако не имел возможности в совершенстве углубиться своим разумом ни в эти три действия, ни в деяния Творца. И постепенно им начал овладевать трепет от мыслей о божественном всемогуществе, которое он не мог читать, кроме как с согласия Творца. Именно в соответствии с этим согласием Адаму было позволено самому испытывать свои силы и проявлять свое могущество в пределах дарованной ему власти. Размышления же Адама о неподвластном ему божественном могуществе не замедлили тут же стать известными первым падшим духам, которых мы называем злыми демонами, ибо с той поры, как Адам воспринял эту идею, один из главных падших духов явился пред ним в виде светящегося тела в славе и сказал: «Хочешь ли ты обладать всемогуществом Творца? Не равен ли ты с ним благодаря добродетели и всемогуществу, которыми он наделил тебя? Действуй же согласно воле, вложенной в тебя, и поступай в качестве свободного существа по отношению к Божеству и всему вселенскому творению, которое послушно твоему повелению. Ты убедишься, что твое всемогущество не отличается ничем от всемогущества Творца. Ты получишь знание о том, что ты не только являешься творцом частного могущества, но еще и творцом вселенской силы, ибо тебе было сказано, что должно родиться от тебя потомство Бога. Я, благодаря Создателю, ведаю о всех вещах и говорю тебе это во имя его».
После монолога демонического духа Адам остался недвижимым и почувствовал, как зарождается в нем страшная тревога, — от нее он впал в экстатическое состояние, навязанное ему демонической силой. Очнувшись от своего духовного животного экстаза, Адам, удерживая в сознании ужасное впечатление от демона, тем не менее пришел к выводу, что демоническое знание предпочтительнее, нежели знание божественное, которым Творец его наделил, подчинив ему все низшие существа. Он тут же отбросил свою собственную духовную божественную мысль, дабы предаться нашептывающему ему злому духу.
Адам предпринял согласно с демонической идеей четвертое действие, в котором он использовал все могущественные слова, переданные ему Творцом для трех первых действий. В результате он ниспроверг весь церемониал самих действий. Он предпочел использовать церемониал, воспринятый от демона, и в соответствии с демоническим планом вознамерился поколебать неизменность Творца.
Адам повторил действия первоначальных падших духов, которые тоже стремились сделаться творцами, презрев законы, предначертанные им Предвечным в качестве границ для их духовных божественных деяний. Эти первоначальные духи не должны были ни воспринимать, ни ощущать в материи творения, оставаясь лишь творениями могущества. Адам теперь возымел желание стремиться к ним, заразившись гордыней творения духовных существ, о коей ему нашептал демон.
Мы видели, как по вине демонов, или падших духов, была вызвана к действию их воля эманации, подобная той, что действовала в Творце, а сами они по воле неизменного Творца были низвергнуты в места тьмы и в огромную продолжительность времен. Это падение и последовавшее за ним наказание свидетельствуют о том, что Творец не пренебрегает мыслями и волеизъявлениями своих тварей. Мысли и волеизъявления, добрые или злые, будут точно услышаны Творцом, и он их примет или отвергнет. Ошибается тот, кто говорит, что зло исходит от Творца по той причине, что от него исходит вообще все. От Создателя произошло всякое духовное существо, доброе, святое и совершенное, и никакого зла не могло произойти от него. Но, спрашивается, откуда же явилось зло? Я скажу, что зло порождено нетварным духом, ведь все творение принадлежит Создателю, но не его твари. Мысли же злые порождены злым духом так же, как добрые мысли порождены добрым духом. Человек сам вправе отвергать одни и принимать другие, поскольку обладает свободной волей, которая позволяет ему совершать добрые дела, но которая может также привести его к утрате духовного права на бесконечно долгое время.
Я буду говорить более подробно об этом сверхъестественном несчастье в другом месте. Теперь же вернусь вновь к порождению случайного зла посредством злой воли духа, где скажу, что злое порождение духа является на самом деле злой мыслью, называемой злым интеллектом, а порождение доброй мысли является добрым интеллектом. Благодаря этим интеллектам злые и добрые духи, соединяясь в человеке, удерживают в нем то или иное впечатление, а он пользуется правом своей свободной воли, чтобы отвергнуть либо принять злое ли, доброе ли по своей воле.
Происхождение зла посредством внушения
ИНТЕЛЛЕКТ добрых или злых духов проявляется посредством внушения, поскольку они воздействуют на духовные существа. Падшие духи подчинены низшим существам, утратившим свое могущество в результате падения. Добрые духи равным образом подчинены человеку в четверичном могуществе, которое он воспринял, будучи исшедшим от лика Творца. Это универсальное могущество человека было объявлено словом Творца, который ему сказал: «Я все создал для тебя; ты должен повелевать, чтобы быть послушным». Здесь не делается никакого различия между сущностью, подчиненной добрым духам, и сущностью, управляемой злыми духами. Если бы человек находился в своем состоянии славы, то он смог бы служить добрым и истинным интеллектом даже злым духам, которые обрели злой интеллект в первом падении и пытаются распространить его среди нас. Посредством силы повеления человек мог бы еще более скрутить злых духов в их пристанище, отказавшись с ними общаться. О могуществе человека мы можем судить хотя бы по его ладони. Разные пальцы нашей руки обозначают следующее: средний палец символизирует душу, большой — добрый дух, указательный — добрый интеллект. Что касается двух других пальцев, то они символизируют демонические дух и интеллект. Человеческая ладонь дает нам наглядное представление о том, что человек исшел, дабы всегда быть на виду у злого демона и, удерживая его от злых деяний, бороться с ним. Могущество человека гораздо выше, нежели могущество демона, поскольку он может противопоставить три добрые духовные силы двум слабым демоническим силам.
Из всего вышесказанного видно, что порождение зла не имеет другой причины, кроме как злой мысли, происходящей от злой воли духа, воспротивившегося божественным законам. Вот почему всякий дух, исшедший от Творца, не мог изначально быть злым, поскольку вероятность зла никогда не существовала в Творце. Эта вероятность возникла от одного противостояния и в соответствии с волей творений. Те, кто говорят иное, не знают причин вещей, свойственных и несвойственных Божеству. Когда Творец наказывает свое творение, он воздает ему во имя правосудия. Творец не есть отец, бросающий свое творение, дабы оно избежало наказания.
Искажение образа первоначального человека
Я НАЧИНАЮ теперь рассказывать об искажении образа первоначального человека. Это искажение явилось следствием влияния злых духов. Если же говорить о собственной воле Адама, го она уже не зависела непосредственно от его мысли, поскольку мысль была извращенной первичными, падшими духами. Но искажение образа первоначального человека стало более значимым событием, нежели искажение первичных духов еще и потому, что Адам не только воспринял советы демонов, заключив тем самым союз со злой волей, но и положил начало использованию своих божественных добродетели и силы против Творца, совершая акт творения своей собственной волей и по желанию демонов. Сами падшие духи не имели возможности этим заниматься: их злые мысли и волеизъявления были уничтожены Творцом, который остановил и предварил действие этой воли. Спрашивается, почему Творец не действовал против злой воли и лицемерной работы первоначального человека так же, как он поступил против падших духов? Я на это отвечу, что человек, будучи средством, воздвигнутым Создателем для наказания древних духов, воспринимал законы божественного порядка последовательно. Творец попустил нарушение законов, данных им человеку, равным образом, как и позволил злому духу негативно влиять на человека, дабы эти два существа действовали согласно со своей мыслью и частной волей. Творец, будучи непреклонным в своем решении и своих духовных дарованиях, в том, что он обещает и в чем отказывает, в грехах и награждениях по заслугам, которые он отводит своему творению, не мог, не изменив своей непреклонности, остановить силу и действие законов миропорядка, распространявшихся на злой дух, низший дух и человека. Он, не беспокоя свое собственное существование и божественное могущество, попустил действовать свободно двум исшедшим существам, не имея намерения вдаваться во вторичные временные причины происходящего и мешать их действию.
Если бы Творец принял некоторое участие в этих вторичных причинах, то ему самому было бы необходимо связаться не только с мыслью, но еще и с волей, доброй или злой, в своем творении, либо связаться с ними через своих духовных агентов, которые исходят непосредственно от него и возвращаются к нему.
Если бы Творец так поступил, го появились бы основания говорить, что и добро и зло идут от Бога равным образом, как чистое и нечистое. Мы не могли бы больше считаться свободными существами и субъектами в божественном культе нашей собственной воли. Предоставим же все правосудие Творцу, оставаясь уверенными в гом, что в нем никогда не существовало и не может существовать и малейшего зла. Только но воле нашего духа может появиться зло, ведь дух облечен полной свободой.
Если бы была возможность у Творца остановить действие вторичных временных причин, то он бы не позволил, чтобы его создание, исшедшее в качестве частного средства проявления его славы против падших духов, впало в демоническое обольщение. Я позволю себе маленькое сравнение на эту тему для подтверждения своей правоты, задав вопрос: если бы вы послали кого-то другого воевать с вашими врагами и в вашей власти было сделать его победителем, то смогли бы вы оставить его поверженным, не повергнув самого себя? Если ваш сторонник идет на бой, соблюдая в точности все законы, которые вы ему установили, и если он вернется с триумфом, то вы его наградите вашими богатствами как друга, верного вашим законам. Но если он, предав ваши законы и команды, будет разбит, то вы накажете его. Итак, ваш сторонник разбит, значит, и вы вместе с ним? Ничего подобного. Ваш сторонник преступил ваши законы, и на него, конечно, должно пасть все ваше негодование. Также в отношении него вы должны провести дознание. Если же ваш сторонник, приняв все ваши приказы, идет на войну с вашими врагами и, вместо того чтобы атаковать их и уничтожить, соединяется с ними, и вместе они идут сражаться против вас и ищут повода взять вас в плен, — кем, в таком случае, следует считать вашего сторонника? Вы его объявите предателем и обратитесь всей мощью своей силы против него. А ведь именно в этом на самом деле заключалась измена первого человека по отношению к Творцу. Вот почему ангел Господень сказал именно то, что доносят нам Писания: «Изгоним отсюда человека, возымевшего знание добра и зла, ибо тем он смог растревожить нас во всех наших духовных заботах, и поставим охрану, чтобы он не коснулся древа жизни и чтобы он не жил благодаря ему впредь». Древо жизни есть не что иное, как дух Творца, который был атакован неверным человеком и демонами, его сторонниками. «Чтобы он не жил впредь» означает: чтобы он не жил вечно, подобно первоначальным демоническим духам в их проклятых добродетели и могуществе.
Без наказания первоначальный человек не имел бы возможности искупить свою вину и не достиг бы более примирения, без наказания он был бы лишен своей будущности и оставался бы низшим из низших демонов, чьим субъектом он стал. Но посредством духовного примирения Творец вновь возвел его в те же добродетели и могущества, которые он имел прежде, когда противостоял неверным духам. Благодаря примирению достиг он второй раз могущества над всяким сотворенным существом. Хотя на сей раз был предупрежден, что должен использовать свои силы с мудростью и умеренностью, не употребляя свободную волю по желанию врагов Творца, а если нарушит эти наставления, то будет однажды превращен в древо жизни зла.
Состояние Адама до грехопадения. Гора Мория. Изменение славной формы человека в материальную пассивную форму. Первая адамическая молитва. Первоначальный чисто духовный культ и культ падшего Адама, состоящий из двух частей — временной и духовной
ВЕРНЕМСЯ теперь к искажению первоначального образа Адама. Не зная смысла грехопадения Адама и плода, произведенного в нем, вы не нашли бы в самом деянии ничего, кроме досадной вины, распространенной на нас Творцом в час нашего рождения и нависшего над нашим потомством до конца столетий. От лика Творца Адам исшел последним из всей твари. Он был помещен в центр вселенского творения, общего и частного, и облечен высшим могуществом по сравнению со всеми другими существами, исшедшими до него, в соответствии с предназначением, которым Господь его наделил, — сами ангелы в их великой добродетели и великой силе были подчинены Адаму. Итак, Адам находился в сердце своей первоначальной колыбели, которую называют вульгарно земным раем, а на самом деле это земля, возвышенная над всяким смыслом. Он пребывал там в состоянии славы — пока злая воля не настигла его и не стала действовать в нем. Это место, находившееся в Меу (Мё), известно друзьям мудрости под именем Мория, где Соломон затем воздвиг свой Храм. Строительство Храма Соломонова реально символизировало эманацию первого человека. Чтобы убедиться в этом, достаточно отметить, что Храм Соломонов был сооружен без помощи средств, составленных из металлов, дабы все люди видели, что Творец создал первого человека без помощи какого-либо физического и материального содействия.
Эта духовная колыбель, в которой Творец поместил человека, обозначалась цифрой 6 и отождествлялась с пространством. В шести кругах Творец представил первому человеку шесть беспредельных мыслей, которые исполнил для создания своего вселенского и частного храма. Седьмой круг, соединенный с шестью другими, объявлял человеку о покорности, которую дух Творца дал человеку, чтобы быть его силой и его опорой. Но несмотря на грозные уведомления, посланные Творцом, чтобы предупредить человека о происках врагов и поддержать его, человек не стал действовать в соответствии с волей Творца и начал исполнять свою грязную работу.
В этой грязной работе Адам произвел акт творения будущей духовной формы, как говорится, формы в славе — подобно той, которую он имел перед своим грехопадением. Адам имел волю первого человека, сравнимую с волей Творца. Духовная божественная мысль действовала в человеке, и плод его работы был достоин существа столь же совершенного, как и Творец. Бог и человек совершили только одно действие из двух, и в этой великой работе Адаму предстояло великое возрождение, ибо он должен был стать Творцом потомства Бога. Но, находясь далеко от воплощения замыслов Творца, человек сделался прельщенным обещаниями своих врагов и планом ложных действий, начертанным падшими духами. Эти демонические духи сказали Адаму: «Адам, в тебя вложен глагол творения во всех проявлениях; ты — владелец всех ценностей, весов, чисел и мер. Почему не пользуешься гы могуществом божественного творения, вложенного в тебя? Мы знаем, что всякая тварная сущность тебе не была подчинена. Значит, создавай свои творения, ибо ты — творец. Делай на виду у тех, которые находятся за твоими пределами, а они всем своим правосудием подтвердят ту славу, которая тебе принадлежит».
Адам, возгоревшись гордыней, пересек шесть вышеназванных пространств, подобных пространствам Творца. Иными словами, он произвел шесть мысленных действий, что были в его силе, чтобы поддержать свою волю творения. Он выполнил физически в присутствии духа-обольстителя свое преступное действие. Он ожидал от этого славы, равной славе Творца, но был внезапно схвачен как демон, ибо вместо формы в славе он произвел своим действием темную форму, противоположную своей. Он создал на самом деле материальную форму — вместо того чтобы ее сотворить чистой и в славе, то есть таковой, которая бы явилась его могуществом. Адам размышлял над этим ущербным плодом, ставшим результатом его деятельности, и видел, что он создал свою собственную темницу, которая изощренно затворила его вместе с его потомством в темных границах и в духовном божественном наказании до конца времен. Наказанием было превращение славной формы в форму материальную и пассивную. Телесная форма, которую создал Адам, не являлась реально его формой, но походила на ту, какую он должен был принять после грехопадения. Меня спрашивают: «Быть может, славная телесная форма, в которую Адама поместил Творец, была подобна той, что мы имеем в настоящее время?» Я отвечу, что внешне она нс отличалась от той, которую имеют люди сегодня. Однако: первая форма была чистой и нетленной, а та, которую мы имеем в настоящем, является пассивной и склонной к разрушению. Да и понятно, ведь она была отягощена столь нечестивым творением, что Творец вознегодовал на человека.
Но в каком же качестве послужила Адаму эта материальная форма, созданная им? Оказывается, посредством нее стало возможным рождаться от Адама будущим людям, поскольку он, впав в грех и сотворив пассивную материальную форму, утратил свою движимую славную форму, из которой должны были исходить такие же славные формы, дабы служить вместилищами другим духовным людям, посланным через Адама Творцом. Это потомство Бога должно было стать безграничным и бесконечным. Духовное действие первого человека подобало духовному действию Творца, хотя эти две воли творения являлись одной в двух субстанциях. Но почему Творец оставил существовать плод, произошедший от греха Адама, и почему он его не уничтожил в то время, когда проклял первого человека и всю землю? Творец оставил существовать нечистое создание человека, чтобы напоминать человечеству из поколения в поколение до времен незапамятных об ужасе греха Адама. Творец не позволил, чтобы грех первого человека стерся у основания небес и будущие наследники не смогли бы воспользоваться причиной неведения греха. Дабы они осознавали в том грехи и наказания, которые над ними будут тяготеть до конца времен, идущие не от Творца, но от их первого отца, творца нечистой и пассивной материи (я использую здесь слово нечистая материя, поскольку Адам создал ее форму против воли Творца).
Если спросят еще, каким образом произошло изменение славной формы Адама в материальную форму и почему Творец придал Адаму материальную форму сразу после греха, я отвечу, что, когда переполнилась чаша преступной воли Адама, Творец всем своим могуществом превратил славную форму первого человека в материальную пассивную форму, схожую с произведенной Адамом в ходе своего преступного деяния. Творец превратил его славную форму, низвергнув человека в бездну земли, откуда и вышел плод его греха. Человек стал пребывать на земле, как и весь животный род вместо того, чтобы управлять этой землей в качестве Человека-Бога, не будучи смешанным ни с ней самой, ни с ее обитателями.
После ужасных событий, когда Адам еще более осознал величину своего преступления, он стал трепетать от совершенного проступка и просить прощения молитвой, взывая к Творцу. Он удалился в свое изгнание, и там в трепете и слезах молил божественного Творца:
«Отче любви и милосердия. Отче жизни вечной. Бог-Отец богов, небес и земли. Отче сильный и всесильный. Отче правосудия, покаяния и прощения. Предвечный и Всемогущий. Боже отмщения, и избавления. Боже мира и снисхождения, доброго сочувствия. Боже духов добрых и злых. Сильный Боже субботы. Боже примирения всех тварных существ. Боже вечный и всемогущий областей небесных и земных. Боже непобедимый, сущий от начала и бесконечно. Боже мира и благоденствия. Боже всех господств и могуществ, всякого сотворенного существа. Боже, наказывающий и прощающий, когда ему угодно. Боже четырежды сильнейший бурь, воинств небесных и земных этой вселенной. Боже велича-ший всего созерцания, тварных существ и безутешных прощений. Боже и Отче безграничного милосердия к слабой твари, прости того, кто трепещет пред тобой из боли своего преступления, являющейся иным итогом моего грехопадения. Примири твоего человека с собой и укрепи его навеки. Благослови также дело рук первого человека, дабы больше он не низвергся, подобно мне, под торжественные возгласы тех, которые являются причиной моего справедливого наказания, вызванного действием моей собственной воли. Аминь!»
Я поясню сущность этой молитвы, которой Адам воззвал к Творцу, чтобы получить от него примирение. Именно Адаму посредством различных добродетелей, сил и качеств, тождественных божественным, было дано первое точное знание о своем потомстве, и это потомство было создано для борьбы во имя великой славы Творца и именно оно ему стало воздавать культом, для которого и продолжилось в творении. Этот культ, необходимый Творцу и по сей день от его тварных созданий, не тождественен тому культу, какой установил бы Творец для своего первого человека, если бы тот оставался в прежнем состоянии славы. Культ, который человек должен был исполнять в своем состоянии славы, являлся бы чисто духовным, будучи установленным только с духовной стороны. Нынешний же культ, воздаваемый Творцу его временным творением, состоит из двух частей — временной и духовной. Вот то, что явилось итогом грехопадения нашего первого отца.
После всего сказанного о смысле грехопадения Адама надо отметить, что реальность, в которой стал пребывать Адам после грехопадения, не могла не отразиться сразу же на его физическом, душевном, духовном, пассивном и вечном обликах, не изменила порядок его сильных чувств, а также всех великих и бесконечных добродетелей, изначально присущих Адаму и вложенных в него. Было видно, что грехопадение обрело свой итог в торжестве падших духов по отношению к первому человеку, исшедшему от Бога, называемому Адамом, или первым временным отцом, или человеком румяным или розоватым, что означает Человек-Бог, могучий в мудрости, добродетели и силе, а это — три святые вещи, вложенные с доверием в человека, и они суть в нем мысль, образ и подобие Творца. Было видно, что преступная мысль не исходила более от Адама, но только от его правящей воли, определяющей качество свободной личности. В действительности, как я уже об этом говорил в ином месте, мысль передается человеку различными существами, имеющими власть над ним. Если мысль святая, то она от божественного духа, если же она злая, то, значит, от злого демона. Итак, все волеизъявления человека воплощаются в действии согласно с концепцией его мысли.
Это не ограничивается одним нашим миром и человечеством в полном составе, а включает в себя все другие миры и все духовные существа, даже те, которых Предвечный обязал служить посредниками в общении с младшими существами и действовать, свидетельствуя славой, во всех творениях вселенной, вплоть до существ нам неведомых. Ведь сами демоны, несмотря на проклятие, которое они восприняли от Творца с момента их падения, никоим образом не могли изменить ранее установленных законов. Они полностью и всецело выполняют свое назначение согласно с их собственной мыслящей волей, но не могут распознать ни одной божественной мысли, даже той, которую бы они приняли в качестве мысли, изменяющей их злую волю. Итак, не вдаваясь в сравнения, отметим, что в демоническом царстве действует законы и чины, по своему порядку практически соответствующие иерархиям, установленным в божественном духовном царстве. Главный предводитель демонов, давший клятву без страха и упрека бороться с законом Творца, является древом жизни зла в вечности, он связан своей злой мыслью с подчиненными ему ангелами и те согласно с его злой волей воплощают эту мысль на деле для преследования младших существ. Задача этого князя низвержения заключается в том, чтобы подчинить его злой воле другие младшие духовные существа и заставить их действовать по ее темным законам так же точно и ясно, как Творец велел своему творению действовать по своим законам.
Не стоит забывать о том, что всякая божественная мысль, нисходящая к нам благодаря незримой связи с добрым духом или Добрым интеллектом, не должна обозначаться в качестве действующей божественной воли. Мы должны ее воспринимать только как мысль или мысленную связь, называемую нами интеллектом, в соответствии с которой человек направляет свою волю. С другой стороны, сама суть злой мысли, мысленной связи или злого интеллекта находится в руках у падших духов.
Продолжение размышления об искажении славного образа Адама. Человек думающий и мыслящий. Соединение злого интеллекта с мыслящим существом, как результат грехопадения
ИМЕННО в момент грехопадения, когда человек деградировал в своих качествах мыслящего существа, у него появилась возможность подпадать под влияние духов как добрых, так и злых. Пока Адам пребывал в своем первоначальном состоянии славы, он не нуждался в связи ни с добрыми, ни со злыми интеллектами, дабы узнать мысль Творца или князя демонов. Он читал равно одну и другую мысли, будучи всеобъемлюще мыслящим. Однако с гой поры, как Адам был оставлен наедине со своими добродетелями, силой и свободной волей, он сделался восприимчивым через свою гордыню к доброй или злой связи, став таким образом просто мыслящим. Нетвердость человеческого существа в этом отношении нам доказал сам Христос, когда Его искушал воочию князь тьмы во внешней человеческой форме и действовал против Него на горе Фавор своей демонической волей. Это говорит о том, что по причине внушения злого интеллекта человек воспринимает его злую волю, из-за которой, безусловно, и произошло искажение образа первоначального человека.
Я вам поведал смысл этого искажения с достоверностью, что была мне преподана одним из верных друзей, возлюбленным Истины, над кем покровительствует Мудрость. Вы видели, как первый человек, бог всей земли, сотворил ужасное действие, создав материальную форму своему образу наподобие телесной формы в славе. Разумеется, форма, созданная Адамом, не была более формой в славе, — она могла быть лишь внешней материальной и очень несовершенной формой, поскольку являлась плодом действия злой воли. Этот проступок, конечно, не мог остаться безнаказанным со стороны Творца, ибо Адам незаконно отяготил себя своей силой. Тем не менее Предвечный, пообещав клятвой Адаму, что он пребудет с ним во всех его действиях, которые тот будет осуществлять во имя его, не мог помешать исполнению неизменного обетования. Благодаря этому обетованию Адам и стал свидетельствовать своей силой, вложенной в него, перед всяким духовным существом. Адам воззвал к Творцу сим неизменным обетованием, каковым поручено было ему венчать свои вещи. Господь твердо заверил Адама своей божественной неизменностью, что он все-таки исполнит устное слово, данное ему собственной и чистой волей Творца во славу творения материальной формы. Господь силой своей клятвы и своей неизменности соединил, согласно этому обетованию, свое духовное действие с временным действием Адама, несмотря на то, что оно было противно его воле. Творец, как того и желал, действовал вместе с Адамом, согласившись сделать его венцом своих трудов и заключив в материальную форму, сотворенную Адамом, его существо, обретенное в ужасном узилище тьмы. Именно так Творец сделал Адама одновременно существом мыслящим и думающим, разрушив его проклятие, будь оно вечным или ограниченным во времени.
Слово думающий обозначает соединение в тварном существе злого интеллекта с существом мыслящим всецело, духовным и божественным, исшедшим в беспредельности Творца. Это интеллектуальное соединение привело к выпадению человека из его первоначального состояния и превращению в существо, думающее посредством интеллектуального познания, принятого им со стороны злого духа. Однако это оставляло надежду, что человек может со временем сделаться мыслящим посредством полного соединения с добрым духом. Адам сделался существом думающим и мыслящим в результате своего грехопадения. Этот факт, поистине, был многократно подтвержден различными способами мыслить, действовать и творить, которые мы наблюдаем среди потомства нашего первого бренного отца. Мы видим среди его потомства разные нации, разные языки, разные божественные или материальные культы, бесконечное количество революций, как в общем, так и в частном. Более того, во все времена мы видим в его потомстве людей, испытывающих духовную жажду и тайное влечение к божественному истоку, равным образом как и тех, кто обучается друг у друга мысли, воспринимаемой ими в зависимости от их духовного или материального устремления.
Все сказанное лишний раз подтверждает, сколь мало потомство Адамово придает значение тому, на каком — добром или злом — внушении оно созидается, внушении, пришедшем от доброго духа или от злого, обитателя царства тьмы. Мы называем потомство Адама одновременно думающим и мыслящим именно по причине его пребывания в противоречивом состоянии, когда человеческое интеллектуальное существо связано с добрым и злым, иными словами, с тем, что человек воспринимает из окружающего бытия.
Однако стоит отметить, что среди сотворенных существ были и те, которые приняли рождение и временную жизнь только по божественной воле и действию. Эти сотворенные существа были предназначены для свидетельства славы Предвечного, и, несмотря на то, что их формы произошли от потомства Адама, сотворенные существа, обитавшие в этих формах, являлись поистине существами мыслящими, не будучи никогда думающими. Так почему же? Да потому, что Предвечный в них свидетельствовал о своей воле, объявляя ее в видении одному из них, не прибегая ни к какой мистике. А это необходимо, чтобы действовать точно по божественной воле. Интеллектуальное внушение и акт визуального действия духа — совершенно разные вещи, — все это я буду разъяснять по ходу своего рассказа о существах, исшедших до Адама с помощью одной воли Творца, дабы свидетельствовать о славе Всевышнего.
Эли-Христос примиряет Адама с Творцом. Символизм числа 8. Примиренное и непримиренное адамическое потомство. Бог-Сын, являющийся главным вершителем воли Творца. Действия Бога-Сына
В ДРЕВНИЕ времена Эли, как мы называем Христа и которого мы узнаем достоверно в качестве мыслящей сущности, примирил Адама с творением. Енох примирил первое потомство Адама в потомстве Сифа. Ной примирил второе потомство Адама, примирив свое потомство с Творцом и тем самым примирив землю с Богом. Мельхиседек подтвердил три первые примирения, благословив труды Авраама и его трехсот слуг. Это благословение — повторение того, что Господь дал трем сыновьям Ноя, а именно: Симу, Хаму и Иафету. Авраам и его триста слуг образуют совершенное число четыре и напоминают само четверичное число, которое составляли Ной и его сыновья.
В числе восемь, образуемом в результате сложения двух четверок, мы познаем, что все вышеназванные примирения и утверждения воистину завершены Христом. Ибо, несмотря на то, что они окончательно были произведены совместно с исшедшими творениями, эти творения оставались лишь внешними фигурами, служившими Христу для свидетельства славы и милосердия Творца на благо примиренных. Мы знаем с достоверностью, что число восемь слагается из двух сил, данных Творцом Христу. И это он, будучи Мессией, действовал во славу бренного человека из первого и второго потомства Адама. Мы видим, что потомство Сифа являлось вторым потомством Адама, поскольку восприняло примирение, и не включаем в него потомство Каина, которое до сих пор еще не находится в состоянии примирения и платит по счетам правосудию Творца. Мы должны четко распознавать подобное проклятие в Хаме, принявшем его от своего отца Ноя уже после того, как ковчег коснулся твердой земли. Хаму предназначено изгнание в жаркие страны, — это незапамятное указание людям из поколения в поколение на то, что потомство Хамово (а через него и Каиново) еще не реинтегрировано духовно во все личностные силы и добродетели, хотя каиниты и исчезли уже с лица земли.
Однако мы не можем не знать следующего: все то, что произошло с Каином (а затем и Хамом) было предсказано чудесным образом сыновьям Ноя, которые, увы, так ничего и не поняли в символе удаления ворона, самовольно вылетевшего из ковчега в тот момент, когда земля еще скрывалась под водой. Ворон улетел к югу и никогда уже не вернулся на свое место в ковчеге. Все же другие звери и птицы, остававшиеся в ковчеге, покинули его лишь после того, как были оттуда выпущены. Исчезновение ворона лишний раз указывает на то, что никакое горестное или счастливое событие не происходит с человеком, не будучи заранее предвиденным, а затем и объявленным ему определенным образом. Какое из начал (злое ли, доброе ли) охотнее отразится в его мысли, таковыми, соответственно, будут и последствия, ведь добрый интеллект никогда не хочет зримо воздействовать на творение, которому он помогает, и без него вмешиваться в то, что должно с ним произойти хорошего или плохого.
Вы могли бы меня спросить, почему первое потомство Адама в Каине не является еще примиренным с Творцом? Христос, — скажете вы, — не явился ли для того, чтобы примирить и живых и мертвых с Творцом? Бог-Сын посредством своих страстей и пролитием своей честной крови не открыл ли врата Царства Небесного всем тем, которые были мертвы по божественному проклятию? Значит, и наследие Адама в Каине должно стать примиренным. Я отвечу на это, что Христос примирил с Богом-Отцом только тех, кого духовное действо истинных отметило печатью. Печать сия воочию и без всякой тайны привела истинных к исполнению того, что они должны сделать во славу тех, которые ее примут, все более и более укрепляясь в вере, в милосердии Творца и поддерживая с непобедимой твердостью могущественное свидетельство божественного правосудия, духовно вершащегося пред ними во Христе и справедливого для всех обитателей земли, живущих в божественном проклятии. То, что я сказал здесь, воистину направляется Христом, только я более понятно разъяснил его суть.
Мы не можем никак усомниться в добродетели и всемогуществе Бога-Сына, который воистину является главным вершителем воли Творца, Отца всех вещей. Мы можем еще меньше сомневаться в том, что всякое творение было создано Господом в присутствии своего Божественного Сына, говорившего на каждое воплощение божественной мысли: и это хорошо. Ведь чтобы говорить о подобных вещах, нужно познать глубину принципа творящей мысли Создателя. Он знал на самом деле всю благодать и ценность святых творящих мыслей, коими Творец действовал пред ним, и он восхвалял его самого радостью и чудесами, творимыми им, говоря: Я в тебе и в твоих делах, Творец Всемогущий, как ты во мне и в моих делах. Я соединил в них грани всех вещей, которые ты создал по велению твоей воли. Тот, который идет за, тобой, оправдает и утвердит все дела твои и мои, и он будет изучать во всех божественных духовных сущностях твою волю, покоящуюся на незыблемых законах, ибо на них все основано и создано. Именно по причине самих законов всякое исшедшее существо живет своей добродетелью и силой, доброй или злой, и всякое духовное деяние совершается, как и его произведение, в честь или бесчестье труженика, действующего во славу или против величия Творца и его творения. Поэтому вы должны убедиться, что именно Христос руководит действиями истинных, о которых я говорил, во славу творений, ставших рабами демонов, и во славу гех, кто еще испытывает в настоящее время преследования со стороны демонических духов. Мы это наблюдаем довольно подробно в трех днях, во время которых Христос оставался неведомым земле и ее обитателям. В первый день он спустился в место наибольшего божественного проклятия, в обиходе называемого адом, чтобы вызволить из ужасного рабства людей, отмеченных печатью примирения. Это поистине первое действие, ибо оно произошло в целях восстановления действия божественного правосудия в природе против врагов Творца.
Второе действие совершилось во славу истинных, называемых (Святыми Патриархами, которые платят еще долг правосудию Творца не потому, что жили преступной жизнью, духовно следуя злу, но потому, что им необходимо очистить грязь, наслоившуюся из-за их пребывания в материальной форме, данной в результате грехопадения Адама, хотя они должны были обитать в нерушимом славном теле, показанном нам Христом во время Воскресения в славе. Мессия, обозначающий божественного духовного воссоздателя, был явлен посредством собственного духовного и дважды могущественного действа, идущего непосредственно от его владыки. Патриархи должны были запечатлеть в течение их телесной жизни истинный образ пришествия Мессии и его всемогущества во имя свидетельства божественного правосудия, что неминуемо исполнится им в отношении всех исшедших существ. Для этого патриархи получили от Христа дар двойной силы своего действия, благодаря которому они предшествовали всему тому, что Христос сотворил и должен сотворить в будущем в их славу и во славу людей, будучи своим божественным явлением более значимым, нежели они. Христос-Примиритель передал этот дар людям, пред которыми он явился, чтобы служить орудием свидетельства божественной славы. Он дал им великую силу распространять этот сокрушительный дар на проклятых людей и духов, соединив его с духовным воздействием патриархов на окружающих во имя вящей славы Творца и вящего страха демонов. Именно поэтому Мессия и воссоздатель посетил как наиболее угнетенных существ, имевших наибольшую нужду в его сочувствии, так и тех, которые имели уже Христову отметину, обозначавшую работу во имя вящей славы Творца.
Вы, безусловно, хотите знать, каков был дар, распространенный Мессией и воссоздателем на святых патриархов. Он заключался в великой духовной сущности, превосходившей все славные творения, способные проявляться только посредством отдельных духовных действий. Эта великая духовная сущность вершила благо сама по себе в центре примиренных и еще не возрожденных творений. Воздействие Христа на тварных патриархов произвело в них удивительное изменение, — они еще более стали убеждены в том, что в течение всей преходящей своей жизни не постигли безупречной невинной любви, что Творец, не будучи сотворенным, питал и будет питать сочувствие к своему творению, не утратившему по добродетели могучего характера, данного этим истинным людям.
Христос (имя сие означает восприявшего божественное действие) оказывал влияние на существа действием, противоположным тому, что они имели в прошлом, предначертав примиренному творению работу, отличающуюся от той, которую оно совершало в течение своей бренной жизни. Это можно понять, даже не сравнивая различные способы поведения, практикующиеся среди обитателей земной поверхности. Подобный дар Христос распространил и на рабов демонов. Дар, происходящий от святого действия славных патриархов, действовавших по воле Христа едино с духовной великой сущностью, дважды могущественной. Только благодаря этому средству рабы демонов приняли печать божественного примирения, но печать, поистине, более сильную, нежели та, которая была дана патриархам, ведь мера воздействия на рабов демонов должна быть более мощная и значимая. А посему изменение, произошедшее с патриархами, несмотря на его величие, было бесконечно меньше, чем изменение, распространившееся на рабов демонов: ведь дух, сошедший в их среду обитания, явился дважды могущественным в действии и заключал в себе примирение людей и наказание старших падших духов. Вот таковы на самом деле были первое и второе свершения Христа в течение двух первых из трех дней, которые он оставался неведомым людям, дабы воплотить в себе образ погребения духовного примирения, а затем и воскресения на глазах у всего творения.
Третье действие Христа напоминало третий день его пребывания в гробу, и оно было совершено над двумя видами демонов, находившихся более или менее скованными в божественном проклятии. Кроме того, это третье действие было разделено на две субстанции, одна из которых является видимой обычным смертным, а другая не видима им, ибо, умерев, любая материя воспринимает лишь дух, разъединяю1ций и уничтожающий всякую материальную форму.
Невидимая субстанция третьего действия Христа сразу же сократила количество трудов и скорбных деяний, совершаемых творениями, удовлетворявшими полноту времен, в соответствии с повелением Творца и на протяжении всего вселенского периода, общего и частного.
Этот вселенский период, коему подчинен человек, стал известным благодаря заботливому изучению, предпринятому людьми разных веков. По настоящее столетие вселенский период складывается из трех главных сферических кругов. Люди недостаточно знают об этих сферических кругах и используют их в основном только для удовлетворения своих грешных материальных страстей посредством порочного мотива своих исследований. Я убежден, что эти три круга, названные чувственным кругом, зримым кругом и рассудочным кругом, заключают в себе возможность наставлять человека в знаниях пространства и границ вселенского творения, общего и частного. Однако люди, погрязшие в духовной тьме, определяют данные три круга не иначе, как материально.
Мы духовно относим малый круг к чувственному, средний — к визуальному и большой круг — к рациональному, или рассудочному. Все вместе они составляют единое целое и отличаются друг от друга лишь протяженностью во времени. В этих трех кругах равные меньшие духовные существа вершат свое временное действие, невидимое телесному человеку. Данное действие начинается в чувственном круге. Меньшие духовные твари выходят отсюда в зримый (визуальный) круг, где наполняются силой вследствие духовной операции, называемой нами реакцией действия. Протяженность второго круга есть бесконечно более значимая, нежели первого, поскольку на этом этапе меньшие твари завершают период естественного пребывания в своей сущности. Затем из второго круга они перейдут в третий круг, называемый рациональным, или рассудочным, где будут находиться под сенью примирения.
Все разнообразные планетарные и элементарные тела пребывают между тремя главными кругами, различаемыми нами при помощи трех главных божественных могуществ, действующих в них, как мне представляется, упорядоченно, посредством трех чисел, а именно: число четыре, данное меньшему тварному существу, число семь, данное духу, и число восемь, соответствующее двойному духу, который и есть Христос. Христос председательствует в духе, дух председательствует в младшей твари и младшая духовная тварь председательствует над земной формой. Это и означает, как мы уже сказали выше, сокращение периода действия младших тварных существ в трех кругах, составившее первую субстанцию третьего действия Христа, дабы эти младшие существа смогли бы наконец отдохнуть под сенью своего примирения.
Вторая видимая субстанция в телесных людях содержит план, предначертанный Христом и завещанный его верным избранникам посредством воскресения и духовного божественного слова. Именно отсюда я в точности знаю о примирении, совершенном Христом, примирении, уготованном всякому, благодаря истинным Христовым избранникам, воспринявшим сей первый пример.
Продолжение рассказа о примирении Адама с Творцом. Изменение ритуалов литургии, вызванное человеческим грехопадением. Божественный Глагол и шесть мыслей творения в Предвечном
ЭЛИ (ИЛИЯ), вознесши на небо свой дух, соединенный с первоначальным эманированным человеческим существом, примирил первого человека с Творцом. Енох своей истиной служил во славу потомства детей Сифа более живых, нежели мертвых, которым он передал дар или подлинную печать своего действия. Именно этой печатью были отмечены все, явившиеся достойными следовать Христу, державшему ответ пред Отцом за работу, претворенную им во имя вящей славы Создателя, дабы трепе тали не други божии. Ной повторил подобный образ примирителя, равно как и Мельхиседек, и Илия, и Зоровавель, и Христос. Вот те из младших духовных существ, запечатленных отметиной и предуготовленных Отцовым законом сопровождать триумф свидетельства божественной истины, действующей силой Человека-Бога и проявляющей свою божественность благодаря непосредственной связи с Творцом.
Я не буду вдаваться в подробности разнообразных дел, воплощенных праведниками, отмеченными печатью избранных. Они образуют круг Христа, явленный в духе лицом к лицу пред Творцом, отцом всей божественной власти и непоколебимого могущества. Но вы меня можете спросить, как стало возможным прими рение младшего духовного существа благодаря праведникам, о которых я говорил? Любое событие, скажете вы, временное или духовное, не было ли предварено неизменными законами, данными Творцом вселенскому творению? Я вам отвечу: Бог не может предварить что-либо, не прочитав мысли, возникшей в его творении, но это означало бы, что он должен разрушить свободу воли своих духовных существ. А это противоречит его же собственному закону. Разумеется, без свободы воли Адам не совершил бы грехо падения, и искажение его образа не стало бы таким разительным, ведь Творец всегда в силах изменить действие творения общего и частного. При помощи первого творения он способен чувствовать землю и при помощи второго — всех живых тварей, населяющих как землю, так и небесные области. Итак, изучая род, который Творец обязался сделать силой божественного закона в своем творении, мы никак не можем пройти мимо искажения первоначального образа Адама.
Вы знаете, что от Творца исшел Адам, истинный Человек-Бог земли, который был помещен в нерушимое тело, пребывавшее в славе. Вы знаете, что в тот момент, когда он совершил грехопа дение, он был сам проклят вместе со своим нечестивым трудом, и была проклята одновременно вся земля. Вы знаете также, что по причине грехопадения славная форма Адама подверглась деградации и превратилась в земную материальную форму. И тем не менее все эти вещи не смогли бы развиваться далее в природе общей и частной, если бы Творец не вернул вновь Адаму через некоторое время силы, которые он дал ему в его первоначальном образе человека, пребывавшего в истинном состоянии. Кроме того, трагическое изменение, произошедшее с телом Адама, явило новые законы, данные ему Творцом для примирения. Конечно, в примирении, которым Творец благословил Адама во второй раз, простив тем самым его ошибку, он одарил Адама низшей силой в сравнении с той, коей владел Адам перед искажением своего образа. Грехопадение и прощение Адама можно уподобить дарованию Закона народу Израилеву, когда прегрешения избранного племени вынудили Моисея повергнуть Скрижали Завета, данные от Господа первоначально, и проклясть народ. Больше первоначальных Скрижалей Завета Израиль не обрел.
Однако Моисей после этого события примирился со своим народом, пообещав ему второй закон, который и был дан от Предвечного, благодаря молитвенным усилиям Моисея, обращенным к Нему, во славу примирения Господа со своим избранным народом. Безусловно, примирение Господа с Израилем не могло стать плодом только воли и способностей Моисея, — оно явилось от могущества Творца. В реальности все усилия одного человека не способны подчинить даже двадцати человек своей собственной воле. Несомненно, если бы Моисей действовал только по своему разумению и без помощи высшего существа в нем, то все его слова и все его усилия стали бы тщетными, как и усилия обыкновенного человека, задумавшего подчинить двадцать человек своей воле. Свои суждения мы поверяем в отношении людей нашего века, отличающихся от грубых людей тех первых веков. Какой идеей можно убедить и примирить людей нынешнего века, которые никогда не видели никакого физического, духовного или божественного доказательства, совершившегося перед ними, кроме доказательств, проявляющихся в нерушимых законах, поддерживающих вселенское творение на протяжении всей его жизни, установленной Творцом? Быть может, вы желаете знать какова продолжительность жизни вселенского творения, но здесь не место об этом говорить. Я лишь буду исследовать род искажения первоначального образа Адама, ибо от него исходят все эпохи, все образы и все разновидности событий, дошедших до нас от начала мира, которые завершатся концом времен.
Сущность греха Адама, сделавшегося одновременно думающим и мыслящим, явилась свидетельством первой из скорбных эпох, постигших Адамово потомство, и произвела все плоды грехопадения, воспринятые Адамом в тревоге и волнении, а также в разнообразных борениях, одолевавших его, уже заключенного во вторичное тело земной материи. Итак, Адам взмолился прошениями к Творцу, — он взывал к снисхождению Бога Живого, который и есть Христос, и Бога Животворящего. Дух тогда показывал Адаму в терзаниях плод его грехопадения, увенчанный низвержением первого человека. Адам понял все, о чем Творец его спрашивал. Этот несчастный человек чувствовал, что ему необходимо искренне исповедаться в своей ошибке и представить ее таковой, каковой она была им сотворена. Адам удовлетворил божественную волю, признав с великой искренностью, что совершил преступление, направляемый своей проклятой мыслью и своей собственной волей. Он подтвердил это признание, дав плоду своего падения имя Хува, или Человечица, означавшее: тело от моего тела, кость от моих костей и труд моего действия, воплощенный и исполненный работой моих грязных рук. Вот то, что нам необходимо знать о грехопадении Адама.
Все вышесказанное доказывает, сколь извращена наши телесная и духовная природа потомков Адама, ибо душа сделалась уловленной сетями проклятия, и форма человеческого тела оказалась пассивной, хотя могла оставаться непассивной, если бы Адам соединил свою волю с волей Творца. Именно отсюда вы можете со всей очевидностью признать факт существования того, что мы называем духовно решением, провозглашенным Предвечным против потомства Адама до конца времен и что называют вульгарно первородным грехом.

Каббалистический геральдический знак Ордена рыцарей-масонов избранных коэнов Вселенной.
Вместе с тем сейчас для вас необходимо, чтобы я разъяснил изменение церемониалов литургии общего и частного творения, случившееся по причине грехопадения первого человека. Я вам рассказал, каковыми были сила, добродетель, повеление и власть первоначального человеческого творения, отделившегося от своего славного тела. Я вам рассказал, как человеческое тело в связи с преступлением обратилось из славной формы в форму материальную и земную. Но это второе, материальное и земное, тело имело внешнее очертание, подобное прежнему славному телу, в котором Адам исшел от Творца. С Адамом бы не произошло никаких изменений, включая законы, по которым он направлялся, если бы он оставался в первоначальном лоне истины.
В миг, когда тварное существо изменяет природу действия, оно изменяет неизбежно и закон данного действия. Поистине, когда Творец проклял и примирил вселенское творение общее и частное, возникло изменение и в законах, управляющих творением. Первый человек изменил свое славное состояние, и стало абсолютно необходимым, дабы Творец изменил первоначальные законы действий, данные человеку. Эти законы уже явно не соответствовали действию человека по управлению его телесной формой, возымевшей малую протяженность, несвойственную прежней форме, которой Адам был наделен божественной властью.
Вы должны почувствовать, что законы, управляющие пассивными телесными материальными формами, распространяются и на всякий твариый дух, владеющий и руководящий славной телесной формой, не ведущей свое происхождение от физически уплотненной материи. Славная телесная форма не содержит никакого тварного духа или духа, проклятого Богом, ведь она, подобно тварному существу и всякому иному духу, послана Предвечным людям и всему, что обращено к Творцу, во свидетельство славы Его божественного существа. Скажу более, — Адам и его потомство, деградировав в своей форме до формы земной материи, должен был воздавать Творцу только культ, для этого он и исшел от лика Творца. Поскольку первое творение изменило свою форму, постольку оно изменило и свое действие. Это новое действие стало бесконечно ограниченным, связанное силой законов, установленных Творцом против Адама и распространенных на все его потомство до конца времен.
Данное ограниченное действие не должно более вас смущать, когда вы видите то превратное воплощение, какое Адам сотворил из своего первого Глагола, вложенного в пего Предвечным, дабы он произвел потомство Богу. Этот Глагол, о котором вы, быть может, и не знаете или считаете его непостижимой вещью, есть не что иное, как намерение и воля, действовавшие в могущественном слове изначального человека. Но чтобы познать совершеннее Глагол потомства Божия, воспринятый Адамом, необходимо постичь разнообразные Глаголы, какие Творец всякой формы и всякого духовного сотворенного существа в соответствии со своим намерением, волей и словом использовал для воплощения вселенского творения, заключившего в себе общее и частное.
Итак, соединив намерение, волю и слово стремя вещами, предшествовавшими им, я воспроизведу три главных Слова Творения, служивших Предвечному в деле создания всех вещей. Намерение соединяется с творением вселенной, обозначенной большим кругом, внутри которого действуют и движутся общее и частное. Воля соединяется с творением общего, или земли, обозначенной треугольником, ибо образ, возникший в мыслящем представлении Творца, должен быть воплощенным. Слово соединяется с отдельной эманацией сотворенных духов, обитающих в частной телесной земной форме, форме, подобной земле и произведенной в соответствии с образом божественной мысли.
Так мы изучаем Слово Творения, которым мог пользоваться Адам. Если бы Творец не имел намерения, то не имел бы и воли, и слов действия. Поэтому младшее духовное тварное существо есть итог взаимодействия трех вышеперечисленных божественных принципов (намерения, воли и действия). И безусловно первый человек нес отметины данных трех принципов, вложенных в него и пожалованных ему Предвечным от своего божественного могущества, чтобы быть Адаму Человеком-Богом на земле.
Ранее мы отметили, что Бог не мог быть автором зла. Адам исшел от лика Творца в добре и истине, имея в себе могущественное Слово и родившись от слова повеления Творца из форм славных и импассивных, подобных тем, которые являлись в воображении Творца, согласно с его добрым намерением, доброй духовной и божественной волей. Эти формы в славе не могли нести в себе природу материальных земных форм, предназначенных по воле Творца служить темницей падшим духам. Итак, форма, в которую Адама поместил Творец, являлась чисто духовной и славной, а потому господствовала над всем творением и над всеми существами, применяя к ним свою силу и повеление, данные Адаму Творцом.
Эта славная форма была формой внешнего образа, воспринятого духом и взращенного в своей необходимости согласно повелениям, полученным от Творца. Данная форма являлась также реинтегрированной, ибо она была взращена духом. Мы ее называем импассивной, потому что она не подчинялась никакому влиянию, кроме влияния чистого и духовного. Она не требовала никакого питания, кроме питания, которым дух ей покровительствовал. Ни одна из частей центрального огня не воздействовала на нее. Наконец эта славная форма была бы продолжена Адамом через воспроизводство его духовного потомства без всякого принципа материального действия. Именно такую форму мы могли бы узреть воочию в Пришествии и Воскресении Христа, а также Сошествии Божественного Духа в Храме Соломоновом.
Следовательно, мы не можем впредь сомневаться в значительных изменениях законов человеческой жизнедеятельности, произошедших из-за грехопадения Адама как на общем, так и на частном уровне или в младших духовных творениях и их делах, творимых по сей день и противоположных тому, для чего они изошли от лика Творца. Более того, мы видели замечательную славу троичного числа сотворения всякой формы в соединении намерения, воли и слова, откуда произрастает божественное действие, являющееся поистине Глаголом. Но чем были бы намерение без воли, воля без слова и слово без осуществления или действия? Намерение, воля и слово необходимы для осуществления каждой из трех частей творения, хотя именно слово определяет действие намерения и божественной воли. Именно так воплотился Глагол, и само троичное число творения всеобщего и частного заключалось в нем, и ныне существует только в нем. Намерение, воля и слово воспроизводят духовное действие, а Глагол творения не воспроизводит самое себя, ибо он исшел от намерения, воли и слова Творца.
Таким образом, первое троичное число любого творения составляют: намерение — 1, воля — 2 и слово — 3, из коих происходит акция, или Глагол. К сему добавим, что в данных трех числах вы найдете еще и число 6, ибо 1+2 получается 3, и 3 + 3 = 6. Отсюда и образуются в Предвечном шесть мыслей творения, общего и частного. Именно это число положено в основание вселенского творения, общего и частного.
Из всего вышеизложенного вы должны понять, откуда появилось всякое тварное существо, ставшее в своей сути более духовным, нежели материальным, и познать то могущество, коим некогда обладал первый человек, а также могущество, которым может обладать по сей день его потомство. Это могущество не будет иметь никакого значения, если человек не станет действовать во благо своего примирения с Творцом. Осмелюсь даже сказать, что оно бесполезно, поскольку дикарь в данном случае имеет больше добродетели в своем слепом пассивном инстинкте в отличие от младшего духовного творения, вырождающегося и уничтожающегося в своем духовном и божественном бездействии до тех пор, пока не окажется в смертельной могиле. Охотно скажу об определении «смертельной могилы». Я его здесь употребляю, указывая, что несчастные непримеренные творения станут добычей падших духов, которые, соединившись с ними, сотворят из них юдоль испытаний на бесконечные времена.
Вот такая судьба ожидает людей, не последовавших истине Творца. Поэтому мы должны постоянно бдить, пытаясь уподобиться Адаму, исповедавшему свое преступление с искренностью, покаявшемуся горькими слезами и умолившему Творца о своем примирении. В награду за искреннее покаяние Адаму была пожалована часть первоначальных добродетелей и могуществ, возвышающих его над тремя видами временных творений, при условии, однако, что его намерение и воля будут и впредь соответствовать законам примирения. В этом примирении мы также увидим троичное число, а именно: Адама, Христа и Творца. Здесь вонлощена тройственная и божественная сущность, ясно образующая три принципа творения, среди которых: намерение Отца — 1, воля Христа — 2 и слово духовного человека — 3, исходящее от энергии и воли двух первых (1+2 = 3). Я поместил человека в число первых трех божественных сущностей, поскольку он сам есть произведение намерения Отца, воли Сына-Воссоздателя и действия божественного Духа. Впрочем, сие я разъясню более конкретно, когда буду рассказывать о четверичной божественной сущности.
Адам и Ева. Порождение Каина и двух его сестер
ТЕПЕРЬ ЖЕ продолжу повествование о примирении первого человека. Когда Творец благословил Адама и его нечистую работу, он сказал ему: «Адам, обними свое творение для того, чтобы вы произвели вместе потомство в частной форме, и в подобной материальной форме будет содержаться универсальный общий образ, равно как он содержится в форме, которую ты будешь носить все время, установленное мной». А вот слова, которые доносит нам Писание: «Плодитесь и размножайтесь». Когда Адам и Ева были выведены из их первоначального местопребывания, Господь им приказал воспроизводить формы, подобные себе. И Адам с Евой выполнили сей наказ с такой ужасающей плотской страстью чувств, что первый человек отдалил тем самым свое полное примирение. Однако они зачали телесную форму первого сына, названного Каином, что означало: сын моей печали. Этим именем его нарек сам Адам, ибо первый человек прекрасно чувствовал, что произвел своего сына действием, движимым беспорядочной страстью, противоположной умеренности, которой обязан был пользоваться (отметим следующее: повеление, данное Творцом напрямую Адаму для продолжения человеческого рода, нам подтверждает, что Творец сделал Адама хранителем репродуктивного семени).
Безусловно, Адам имел основание назвать своего первого сына «сын моей печали», поскольку из-за его зачатия примирение было отсрочено. Кроме того, в имени своего первородного сына Адам прозрел великую печаль, какую он ощутил впоследствии по причине грехопадения своего потомства в лице Каина, противопоставившего себя божественным законам, установлениям и повелениям. Вот почему Адам стал первым признанным пророком в своем потомстве.
Вместе с тем его первый сын, зачатый страстью, противоречащей наказам Творца, должен был платить дань за примирение изначального отца живыми скорбями, поскольку, как чувствовал Адам, Каин еще более отяготил первородный грех, являясь мистическим символом грехопадения в глазах Адама. Это был самый страшный удар, от которого родились в сердце Адама наигорчайшие страдания. Нам не постигнуть, сколь велики были скорби и уничижение Адама, когда он увидел своего первого сына, ставшего добычей демонических сил. Нам трудно судить о том, что испытал его первый сын, ведь Адам не располагал более временем отвести чистым снисхождением Творца путы самих демонов, пришедших соблазнить его первородного и затем низвергнуть на вечные времена в божественное проклятие.
После двойного прегрешения Адам укрепился в божественном законе и доверии к Творцу. Он принес добровольно свою собственную клятву воле Творца, обещая впредь никогда не отступать от законов, установлений и повелений, начертанных Творцом. Но смирение нашего первоначального отца оказалось внешним, и он, не воспользовавшись предписанной осторожностью, повторил, к несчастью, недавнее прегрешение, зачав со своей человеческой подругой ребенка женского иола, названного ими Каинан. Данное имя означает: дитя смятения, ибо зачатие совершилось по тем же законам, что и зачатие Каина.
Пять лет спустя связь, произведшая на свет обоих детей, а также их единые по смыслу имена, внушили Адаму уверенность в том, что настало время, когда все его страстные утехи с Ху вой будут заведомо прощены. Адам ослепил себя вновь страстью и зачал с Хувой, или Евой, третьего ребенка женского пола, названного, однако, Авой Первой, имя которой означает: материальный ребенок, или ребенок божественного проклятия. Адам жил потом еще шесть лет, не производя никакого потомства, ибо во время рождения третьего ребенка сильный удар охватил его существо, и он не знал, что делать дальше. Адам низвергся бездыханным, не ощущая ни добра, ни зла, не воспринимая как божественного и духовного, так и демонического. Им владела лишь мысль о количестве его преступлений, совершенных против Творца. Добрый дух внушал это Адаму, давая ясно понять, что земля, засеваемая им до настоящего времени противно установлениям Творца, не произведет ничего, кроме скорби и горечи, и явится ядом беспорядка всему Адамову потомству.
В этом и состоит смысл угроз, посылаемых Творцом Адаму, когда последний был изгнан из Земного Рая, о чем нам повествует Писание: «Посеешь землю, и она не произведет тебе ничего, кроме колючек». Я спрошу: а есть ли колючки острее тех, которые колют сердце доброго отца из-за его преступного потомства? Именно здесь кроется корень зла, к которому приговорил Творец первого человека за произвольные дела земной материи. Но, наказывая первого человека, Творец тем не менее обещал простить все его слабости, обязав Адама и Еву сотворить зачатие чистое, простое и без соучастия в нем плотского чувства в экстатической материальной форме. Итак, Адам не ограничился более своим потомством, состоящим из трех вышеупомянутых детей, и произвел на свет еще четырех — двух мальчиков и двух девочек, из которых старшему сыну было суждено осуществить примирение Адама с Творцом.
Рождение Авеля или существа, возвышенного над всяким духовным чувством. Божественный культ. Разделение первоначального человечества на две равные части
АДАМ сотворил со своей подругой действие, приятное Творцу, и Ева зачала от семени, распространенного Адамом в ее чреслах и, счастливо сохранив его, забеременела. Нет ничего удивительного в том, что Ева имела особую заботу о своем новом плоде, ибо она чувствовала рождение в нем самого корня спасения. Проследуем далее за потомством Адама.
Адам и Ева особо опекали своего четвертого ребенка. Они не теряли никогда его из вида, несмотря на то, что достаточно не познали еще существ, которых рождали последовательно один за другим. При этом они восхищались всем своим потомством вместе с Каином и его сестрами, и последние платили родителям тем же. Четвертый же ребенок с малых лет стремился заслужить родительскую дружбу, постоянно совершенствуясь в своей доброте, мудрости, добродетели и добром примере. Он возрастал в этих свойствах на протяжении всей жизни и закономерно стал среди людей истинным Человеком-Богом земли. Сей счастливый ребенок, нареченный Авелем, постоянно обращался к Творцу при помощи духовных культов, восхищавших все его семейство, исполнение которых достигало умиротворения божественного правосудия по отношению к первому младшему духовному творению и его потомству. Однако Авель предупреждал в своих культовых служениях, что Адамово потомство за грехи может быть справедливо наказано божественным правосудием. Но самое главное — Авель своей миссией совершил то, что Адаму необходимо было претворить по отношению к Предвечному в своем первоначальном состоянии славы, а именно: Авель воздал Творцу культом, подобным тому, какой Господь ожидал от своего первого человека.
Авель явился еще поразительным примером свидетельства божественной славы, действующей и сегодня через истинного Адама, или Христа, для совершения примирения в Господе Адамова потомства в прошлом, настоящем и будущем — с надеждой на то, что потомство первого человека будет использовать в истине дар действий, начертанных ему божественным милосердием. Ведь именно это показал Авель на своем примере, обращенном к Адаму и его трем первым детям.
Однако трое старших детей являлись ярчайшими противоположностями Авелю, что и чувствовали Адам с Евой. Радость и невыразимое удовлетворение охватило Еву, когда она стала вынашивать Авеля, хотя ощущала постоянные и ужасные скорби во все время вынашивания трех первых детей. Это было оттого, что милость Предвечного вложила особые дары в душу четвертого ребенка. Душа Авеля соединила в себе невинность, искренность и чистоту. Адам сделался удовлетворенным и радостным, ибо его возвышало счастье, которое испытывала Ева. Он отметил праздником тот день, когда родился Авель. Произошло это спустя семь лет после того, как Адам произвел на свет своего третьего ребенка. Адам не переставая восхвалял Господа по поводу рождения Авеля: «Предвечный Творец небес и земли и своего слуги Адама, или розоватого, некогда благословил все то, что создал. И именно благодаря Ему я ныне имею своего четвертого наследника, который будет составлять мою радость в прошлом и будущем».
Он нарек четвертого ребенка Ава 4, захотев сим выразить следующее: ребенок мира, или Авель 10, или существо, возвышенное над всяким духовным чувством.
Все вышеизложенное мной повторилось уже во времена Марии и Елисаветы. Обе обрадовали своих земных отцов. Елисавета с блаженным содроганием чувствовала своей душой рождение будущего ребенка в миг, когда приветствовала ее Мария, двоюродная сестра Елисаветы, приехавшая ее навестить. Хотя Елисавета и ощущала это благодаря собственному физиологическому зачатию, а Мария — благодаря уникальности духовного действия, запечатленного Предвечным в ее славу.
По исполнении собственного духовного предназначения Авель, следуя повелениям свыше, удалился от места, где приносил поклонение, дав отцу пример того, что Адам должен был изучить у Творца во славу своего божественного происхождения. Адам тогда поставил Авеля на свое собственное семеричное место, и его объяла дрожь от совершения поклонения, подобного поклонению Авеля. Когда Адам завершил обряд, то призвал двух своих сыновей, поставив Авеля справа от себя, а Каина слева, и поведал им часть того, что познал от Творца: «Я вам говорю от Предвечного Творца, что достиг милости пред Ним. Его правосудие перестало быть карающим благодаря появлению и вмешательству моего сына Авеля, которого Творец исполнил святостью в мою же славу. Идите, мои сыновья, и я разделю мою радость с вами, оставляя вам чувства, которые испытал во зле и добре. Но именно добрые чувства венчают мое окончательное примирение с Творцом». Затем, обратившись к Каину, он сказал: «Мой первородный сын, пусть твои дела в грядущем станут такими же, как и у твоего младшего брата. Познай от меня, что Творец возьмет его веру, будь она земная или духовная, и согласует всю высшую силу с ней, дабы воистину ее почтить. Пусть и твоя воля, Каин, сделается затем такой же, как у твоего брата Авеля. Моя же воля отныне будет нерушимо пребывать в воле Творца».
Духовный церемониал начался в полдень солнечного дня и продолжался около часа. Потом даны были знаки Авелю, и трое старших детей Адама стали врагами своего младшего брата.
Адам и Ева видели в Авеле духовного божественного толкователя, а посему соблюдали с точностью все, что он им говорил в радости и святости. Трое же старших детей Адама и Евы, наоборот, противились всему, творимому Авелем во имя своей славы и славы отца и матери. Они всячески стремились отвергнуть, стереть на физическом уровне все, что должны были узнать от своего брата.
Адам обратился к Творцу, дабы воздать Ему вместе со своими двумя сыновьями культ божественного духовного действа. Но его женское потомство не могло участвовать в этом духовном действе по причине недостат ка добродетелей и божественных сил, свойственных женщинам, а также недостатка силы и крепости, необходимых для того, чтобы поддерживать подобные действа. Адам удалил свое женское потомство на расстояние сорока пяти локтей от места, выбранного им для совершения культа. Установив все надлежащим образом, Адам своим повелением посвятил младшего сына Авеля в первого исполнителя духовных предназначений действа, которое вознамерился отслужить. Авель тут же принялся их исполнять, поставив собственноручно алтарь или подобающие ему окружности, в центре которых он воскурил первые благовония. Эти благовония явились прообразом его собственной телесной формы, принесенной в жертву Творцу. Одновременно он подчинил свое тварное духовное Существо Предвечному, сделавшись восприимчивым к божественному правосудию, коим Предвечный свидетельствовал о величайшей славе милосердия к Адаму, как своему первому тварному созданию. Адам завершил действо, и его участники удалились каждый в свою обыденную сторону: Каин к своим двум сестрам, Авель — к отцу и матери.
Это разделение на три личности по одну сторону и три личности по другую образует перед нами весьма удивительную фигуру. Мы ее не можем не видеть, поскольку она — истинный образ размежевания добра со злом. Каждая пара из трех личностей представляет еще три духовные сущности, составляющие различные телесные формы внешней материи, а также существа рационального и иррационального порядков. Сложив два троичных числа, вы получите в итоге шестеричное число божественного творения, или шесть мыслей Творца, обращенных к вселенскому творению, общему и частному. Внимательнее присмотритесь (возможно, вы и не найдете этого в Писании), и вы увидите, что одна троичная пара находится наверху, а другая противостоит ей снизу. Отметьте, в какой из пар троичных чисел господствует зло. Наконец поразмыслите над данным изображением и попытайтесь исправить самих себя, чтобы добиться благотворных последствий.
Обида Каина. Убийство Каином Авеля. Число смятения
КАИН, удалившись со своими сестрами в место, определенное Адамом, в горделивом развращении стал плести с ними заговор против брата-подростка Авеля из-за того, что его, первородного, Адам сделал подчиненным воле младшего брата. Обе сестры подстрекали Каина использовать все силы против младшего брата и отца, а значит, против самого Творца, позволившего торжествовать брату-подростку, восхитившему доброй верой Адама и разрушившему его идею об установлении церемониала фальшивого, ложного культа. Затем Каин начал служить культ лжебогам и князю демонов, дабы последний наделил его высшей силой, подобной той, что Творец даровал его брату Авелю. И все это для отмщения своей мнимой обиды, якобы нанесенной ему отцом, благословившим дела младшего брата. В злостном заговоре Каину помогали его сестры, равно как и Авель помогал праведным действиям своего отца. И Каин посвятил своих младших сестер в дела, подобные тем, что исполнял Авель при Адаме. Итак, Каин перенял в точности первый культовый церемониал, увиденный им. Он также совершил поклонение, положив свою вторую сестру на место, обозначенное им в качестве алтаря, или двух кругов, и, склонившись, принес в жертву форму и жизнь Авеля (форма — тело и вместилище души) князю демонов.
После вышеописанной церемонии Каин пришел к Авелю, поведав ему о своей надменной и злостной обиде. Авель воспринял сказанное с большой скорбью и смирением, ответив брату: «Все это не против меня или нашего земного отца, которого вы должны почитать. Увы, все это против вас самих и против того, который направляет вас, когда вы должны воистину бороться, ибо я вам говорю, что вы идете исполнять фальшивый и нечестивый культ пред ликом Предвечного. Сила вашего преступления превосходит силу преступления Адама, — вы принесли вашему темному богу жертву, которой не существует ни в вашем мире, ни в его, ведь вы, заблуждаясь, ищете, как пролить кровь праведного во оправдание виновных».
Авель, найдя Адама, рассказал ему о произошедшем. Это отяготило несчастного отца, повергнув его в неистовое стенание. Авель попытался утешить Адама, спросив его о причине печали и удрученности, но Адам ничего не ответил младшему сыну. Казалось, он предвидел все, что должно было произойти с его возлюбленным Авелем, и не осмеливался ему о том говорить. Авель вновь вдохнул уверенность в отца, сказав твердым голосом: «Отец мой! То, что решено Творцом в вашу славу и славу вашего потомства, должно возыметь свое доброе или злое действо, ибо общее творение, предстающее пред вами, есть не что иное, как связь, сохраненная Творцом для свидетельства о своем всемогуществе и для своей вящей славы. А посему, отец мой, из вашего телесного потомства Творец будет отбирать покорные существа, являющиеся истинными сосудами для служения его триумфу и правосудию. Они будут наградой добрым и наказанием — злым. Бесполезно человеку идти против того, что попущено Творцом на пользу или на испытание духовного творения». Адам, ощутив спокойствие, обратился к Творцу, сказав: «О ты Предвечный! Все заключенное в твоей мысли и воле будет исполнено твоим верным рабом, отцом множества наций, кои будут жить и действовать в твоем вселенском круге: Аминь!»
Наконец Адам и Авель посетили Каина, пребывавшего со своими двумя сестрами. В миг, когда они встретились, дочери обняли своего отца, а Каин обнял брата Авеля и в объятии нанес Авелю три удара деревянным предметом, сделанным в форме палицы. Первый удар пронзил Авелю горло, второй ему пронзил сердце, и последний ему пронзил чресла. Хотя убийство и совершилось в присутствии Адама, но он его не заметил. По окончании же злодеяния Адама охватило ужасное чувство, — две сестры Каина и Авеля испытали нечто подобное, и все трое, сраженные этим чувством, упали ниц, крича: «Наш примиритель, Господин, мы были ослеплены рукой нечестия! Мы взываем о правосудии, и мы отмстим за тебя нашей местью».
Обратите внимание, сколь искусно действуют демонические субъекты, проявляясь пред лицом творения в словах внешне духовных и хвалебных. Несмотря на всю свою естественность, реакция трех вышеназванных лиц была основана не только на симпатии их материальных чувств, но и происходила от другой причины, подобно злодеянию, заставшему их врасплох: они увидели первое убийство младшего по плоти, но духовно старшего брата Авеля и то, что стало с его телом. Этого они не могли выдержать, не впав в смятение. Адам очнулся первым и возратился к Еве, неся своего сына Авеля. Ей он поведал о предрешенном, — всем том, что Творец хотел востребовать от него для полного примирения, и о злодеянии существ, проклятых жертвой Авеля.
Можете представить, каковым было горе несчастного отца и горе всех их. Не здесь ли кроются знаменитые колючки, пронзившие сердце Авеля? Не отсюда ли появилась погребальная колючка, произведенная землей из-за грехопадения Адама? Следовательно, Ева, принесшая в Каине горестный плод несчастному Адаму, зачала этого первого сына с Адамом, руководимая смятением, о чем нам свидетельствует число два и что я буду рассматривать здесь с полной откровенностью.
Число смятения управляет, как мы называем, действием простым и частным, становящимся единой и чистой волей младшего творения, а также старшего духовного демонического. Эти два субъекта соединяются в интимной связи их помыслов, намерений и акций. Тем не менее данные два субъекта всегда отличны друг от друга, ибо постоянно восприимчивы к разделению, особенно когда посредник более сильный вторгается между ними, подавляя действием, противоположным первому, благодаря чему осуществляется значительное изменение во славу младшего духовного творения и сдерживается акция старшего демонического. Таким образом, данное соединение с демоническим существом мы называем действием смятения и обозначаем числом два.
Вы можете меня спросить: а не возникает ли число смятения, или двойка, во время соединения младшего духовного творения со старшим духовным добрым (ангельским)? Я отвечу, что нет, ибо добрый дух, соединяющийся с младшим духовным творением, не может соединиться с этим младшим, предварительно не передав ему, младшему, свой интеллектуальный дух, который мы называем младшей духовной силой, приготовляющей и раскрывающей частную младшую душу к восприятию впечатления от старшего доброго духа, согласно воле и желанию этого самого старшего духа и младшего духовного творения, в частности. Душа в таком соединении обретает двойственное число, которое, сливаясь с духом, образует троичное число, а именно: врожденная сила младшего первого, или душа — 1, младшая сила интеллекта — 2, правящая сила старшего духа — 3. Вот каким образом младшая душа творит троичное число в своем первичном состоянии духовного соединения. Конечно, мы не имеем здесь в виду соединение, производимое душой с демоническим интеллектом и затем со злым духом, ведь в данном соединении душа лишается полностью духовной доброй силы, дабы стать интеллектом демона, вместо того чтобы, слившись с добрым духом, сохранять и укреплять достойную се божественную духовность, а значит, соответствовать числам, приведенным нами чуть выше.
Старший добрый дух удерживает свое действие непосредственно от Божества, и посему душа имеет постоянную связь с четырьмя божественными силами, что мы называем четверичной сущностью, из коей происходят: младшая душа — 1, состоящая в духовной связи с интеллектом — 2, пребывающая в связи с духом — 3, а тот, соотве т ствен но, в связи с Божеством — 4. Здесь нами показана прямая связь всего духовного существа с Предвечным Творцом.
Связь человеческого сердца с духовными существами. Мистическое значение первоначальных десяти чисел
ТЕПЕРЬ я хочу рассказать о связи сердца человека со всяким духовным существом. Тело человека есть сосуд души. Именно благодаря разнообразным движениям и действиям, претворяющимся в теле, человек способен воспринимать извне акции, подобные его намерению и духовной воле. Душа человека есть сосуд интеллекта, интеллект есть сосуд старшего духа, а старший дух есть сосуд божественного Творца. Такова высшая органическая гармония главных духовных и божественных существ, слагающихся как из частной человеческой формы, так и формы общей, универсальной. Все это с достоверностью свидетельствует об эманации творения от первоначального необходимого существа ко всякому другому существу, будь оно духовное или земное материальное.
В действительности вы должны посредством обозначенных мной чисел познать как троичную, так и четверичную божественную сущность. Эти числа Предвечный определил себе для создания вселенского творения, общего и частного, и для исхождсния духов разного порядка, — одних, ставших злыми, других, сохранивших чистоту своей духовной божественной природы. Троичное число учит познанию троичного единства духовных сущностей, служивших Творцу для создания различных материальных внешних форм, а четверичное учит познанию духовного божественного числа, служившего Творцу в деле духовной эманации всех духовных существ нашей жизни, являющихся как старшими живыми духами, предоставленными Христу, так и проклятыми сущностями, что суть демоны, а также люди, подпавшие под влияние демонов.
Добродетель чисел говорит мудрецам всех времен и народов о том, что никакой человек не может являться ученым в области духовного и божественного, а также небесного и земного частного, если не имеет познаний этих чисел. Совсем иное дело — знание законов духовной природы, а также законов порядка и согласия земных материальных людей. Но человеческие законы сменяются как тени, и только законы духовной природы неизменны, поскольку вложены в саму природу в миг изначальной ее эманации.
По ходу моего трактата вы еще глубже убедитесь в этих истинах. Итак, проследуем далее в истории примирения Адама и Евы, остановившись на ее числовом выражении:
1 — единица (единство) — первоначальный принцип всякого существа, как духовного, так и земного материального, принадлежащий божественному Творцу.
2 — число смятения, принадлежащее женщине.
3 — число, принадлежащее земле и человеку.
4 — число, означающее четверичную божественную сущность.
5 — число, означающее демонический дух.
6 — число, обозначающее обычные действия.
7 — число Святого Духа, принадлежащее семеричным духам.
8 — число духа дважды могущественного и принадлежащее Христу.
9 — демоническое число, принадлежащее материи.
10 — Божественное число, или декада.
Каин, как пример грехопадения первоначальных падших духов. Удаление Каина на южную сторону земли в место, символизирующее связь человека с демонами. Каиническое число 9, производящее число 27. Гибель Каина от рук своего сына Бооза. Пристанище Бооза в пустыне Иераниас
АДАМ и ЕВА, испытав страшное горе, о котором мы сказали, и не осознав ничего положи тельного в нем ни для себя, ни для своего первого потомства, а значит, и потомства будущего, простерлись ниц в ужасном вопле и великой вере пред Господом, дабы испросить у него милости и милосердия для Каина, совершившего злодеяние по отношению к их сыну Авелю. Они не имели ни силы, ни крепости отмстить своей собственной властью за кровь праведника через пролитие крови грешника, прекрасно осознавая, что отмщение принадлежит только Творцу.
Предвечный выслушал молитвы и стенания Адама и Евы о смерти их сына Авеля и направил к ним духовного толкователя, который, появившись пред Адамом и Евой, разъяснил им род преступления, совершенного Каином, сказав: «Вы в здравом разуме наблюдали убийство Авеля и ощутили его как потерю великую и как отметину гнева Божия, коий должен быть излит на ваших потомков до конца столетий. Вы должны его еще обозначить в качестве остатка горечи божественного правосудия во имя искупления вашего первоначального преступления и вашего совершенного примирения.
Творец, познавший Ваши совершенные раскаяние и смирение, направил меня к вам, чтобы утешить ваши печали и слезы о постигшем вас горе, которое вы воспринимаете как непредсказуемое. Творец вам сказал моим словом, что вы, произведя на свет Авеля, послужите истинным примером тому, который придет, когда исполнится время, чтобы явиться праведным и единственным примирителем всего вашего потомства. Знайте еще, что Каин, которого вы правильно считаете злодеем, в своем преступлении не тот же, каким Адам был пред Богом.
Каин поразил только материю, а Адам взял трон Бога силой, — более ли он преступен, чем вы? Ваш сын Каин есть пример грехопадения первоначальных падших духов, соблазнивших Адама и реально обрекших его на духовную смерть, превративших Адамово тварное существо, сделавшееся тленным, в сосуд пассивной материи. Так Адамово тварное существо стало подверженным божественному проклятию. Это привело к изменению славной формы первого человека и обращению ее в форму материальную, подчиненную и неспособную обрести свою первоначальную внешнюю природу после реинтеграции в первичном принципе внешних форм.
Словно основа мироздания (центральная ось) рассыпалась столь же стремительно, как и образовала славную адамическую форму. Будьте сильными и терпеливыми в вашей вере в Предвечного, и решение о вашем примирении исполнится. Адам ответил: «И воля моего Творца будет моей!»
Перейду теперь к подробностям сообщенных мной событий. Итак, Адам благодаря своему земному потомству уподобился образу Творца, а Адамово потомство стало образом духов, исшедших от Творца для его вящей славы и служения Ему духовным культом. Вы видели, что эти духи старшие по отношению к Адаму, ибо их исход был прежде исхода адамова. Кроме того, вы знаете, что данные духи стали падшими, и Предвечный их удалил от своего присутствия.
Но дабы их удерживать в проклятии, Он эманиро-вал, освободив от своего божественного могущества младшее духовное существо, названное Адамом, или румяным, являвшееся второрожденным вслед за первоначальными духами и исшедшим, как и они, от божественного Отца всех вещей.
Отмечу, что Каин, старший сын Адама, стал для нас типичным примером первоначальных духов, исшедших от Творца, и его преступление есть образ преступления, совершенного первоначальными духами против Предвечного. Авель, второрожденный сын Адама, наоборот, благодаря своей невинности и святости является образом Адама, исшедшего в своем первоначальном состоянии истины и божественной славы.
И разрушение тела Авеля, произведенное старшим братом Каином, есть образ искушения Адама, когда первоначальные духи ополчились, чтобы разрушить славную форму первого человека, в которой он обладал, и ввести его тем самым в божественное проклятие. Таково очевидное толкование первоначальной истории, а также роли Адама, Каина и Авеля в череде печальных событий, постигших их.
Другой наглядный пример трех младших существ не менее значителен в отношении как общем земном, так и небесном, ибо вышеназванные события должны были передаться потомству первого человека.
Дабы убедиться в том, нужно отметить, что Адам благодаря трем духовным принципам, составляющим форму его внешней материи, и пропорциям, управляющим ею, есть точный образ общего земного храма, знакомого нам по начертанию равностороннего треугольника, что в физическом отношении будет видно впоследствии. Адам мог своей силой производить телесную растительность, подобно тому, как земная природа несет в себе возможность произрастания. Адам имел возможность взращивать только два вида растительности, — мужскую и женскую.
Земная природа также может производить только два этих рода растительности, будь то у пассивных животных или растений. Вообще воспроизводить себе подобных, как это делает человеческое тело, могут и пассивные животные. Способность данного воспроизводства присуща человеческим и животным материальным формам.
В миг, когда существо духовного агента покидает телесную форму, тело становится тленным. Но после того как тление завершается, из телесной формы выходят телесные существа, называемые рептилиями и существующие до той поры, пока три духовных принципа, содействовавшие телесной форме человека, не будут реинтегрированы. Не нужно думать, что тление приходит само по себе или из телесной формы. Здесь необходимо знать, что семена всех подчиненных вещей вложены в растительность земного или водного покрова. Так же и в частном человеческом теле, произошедшем из общей земли и рожденном в материальной форме от трех принципов, содействовавших ему и формировавших его земной и водный состав, существуют семена животных, способных к произрастанию. Именно эти семена тления приходят в тело после того, когда с ним случается то, что в обиходе называют смертью.
Три принципа мы зовем Серой, Солью и Ртутью. Взаимодействуя друг с другом, они взрывают в своей реакции семенные вместилища, находящиеся на поверхности тела. Данные вместилища получают из реакции новое элементарное тепло, разворачивающее животный род рептилий от своей поверхности, и эта поверхность, уже весьма расстроенная, внутренне соединяется с тяжелой влагой трупа.
После соединения рептилий с тяжелой влагой трупа происходит общее разрушение тела человека, уничтожающее наконец его внешнюю форму. Этот итог достигается посредством реакции трех действующих принципов, производящих разложение, и разложение покровительствует размножению животных рептилий, чье семя разбросано в общем теле человека. Нужно, чтобы эта последняя операция, называемая скорбной работой тела, была произведена ими. Еще отмечу, что животные рептилии, появляющиеся в теле, могут действовать только в радикальной влаге и субстанции, содержащейся в трупе.
Жизнедеятельность, обретаемая рептилиями в радикальной влаге, происходит от работы позвоночника или центрального огня, который разворачивает в своем окончательном действии все нечистоты, окружающие три духовных сущности и содержащиеся в форме трупа. Их элементарный огонь, соединившись с центральным огнем, смешивается с внешней формой животных рептилий благодаря действию рефракции лучей их духовного огня, который постепенно свертывается над ними самими в тот момент, когда они уже не находят более флюидов для действия, ибо все уже подчинено им. Наблюдая форму трупа, можно удостовериться в истине действия, вызывающего разложение.
Итак, объяснив, каким образом эти живые рептилии получают жизнь, отметим, что есть общая закономерность в существовании телесной формы всех видов неразумных (иррациональных) животных, появляющихся лишь от двух вышеназванных огней. Но довольно о разложении, перейдем к рассмотрению образов детей Адама.
Итак, кроме того, что Каин последовал примеру грехопадения первых духов, а также их победоносной борьбе против Адама, он произвел еще в себе образ нечестивого и смертельного соблазна, который злые духи будут использовать по отношению к будущему потомству Адама, просто Каин пришел воплотить его в первом поколении детей Адама. Каин является еще и автором первого на земле преступления, совершенного по отношению к своему брату Авелю. Им он в обмане прельстил своих сестер, втянув их в совместный план убийства и пригласив стать свидетелями своего преступления. По совершении злодеяния Каин удалился со своими двумя сестрами в южную сторону земли, где повелением Творца и властью Адама ему было установлено место пребывания. Именно это место символизирует связь человека с демонами, которые здесь наиболее злокозненны в своих действиях и намерениях против Творца и тварей обоего пола, а человек способен удерживать впечатление демонического интеллекта.
Это южное место является еще и образом части земли, где Творец будет свидетельствовать своим правосудием и своей славой до конца времен, — в нем праведные будут свидетельствовать о своих добродетелях и силах на горе падшим духам и людям, воспринявшим пагубное влияние этих духов. Эта проклятая Творцом часть земли отмечена в Писании в качестве прибежища старших и младших, которых постигнет грехопадение. Скажу более: Каин и его две сестры троичным числом возвещают грехопадение телесной земной формы человека, соблазненного демоническим интеллектом через соединение последнего с тремя духовными принципами, составляющими всякую телесную форму. Именно от этих трех субъектов мы получаем девятеричное число падшей материи, символизирующее демонов с восприявшими их тварными существами.
Вы знаете, что троичное число дано земле или общей форме, а также телам ее обитателей и формам небожителей. Это троичное число происходит от трех духовных сущностей, которые мы называем духовными принципами (началами), составляющими всякие формы, а именно: Серы, Соли и Ртути, как исходящих от представления и энергии Творца. Три принципа, произведенные в нейтральном состоянии, были выдвинуты центральной осью (позвоночником) и использованы ею для создания формы более консолидированной (плотной). Благодаря действию центральной оси происходят все телесные формы, в том числе и те, в которых скрываются падшие духи для их великой погибели. Из тех же самых субстанций были созданы телесные формы Каина и его двух сестер, чьи образы мы здесь толкуем.
О смысле девятеричного числа можно сказать, что старшие падшие духи и их агенты охотно отдают предпочтение телесной форме человека и всего другого, поскольку данная форма была первоначально предназначена для них. Кстати, мы видим доказательство интимной связи злобных духов с человеческим телом в словах, которые Христос адресует апостолам в конце своего последнего действа в Саду Олив. Когда он вернулся к ним, то застал их спящими и, обратившись к ним, сказал: «Бодрствуйте, ибо тело слабо и дух послушен». Именно благодаря легкости, с какой злой дух передается телесной форме человека, три принципа, о которых мы говорим, начинают разрушаться в своих духовных основах, присущих их формам.
Демонический интеллект внедряется и соединяется полностью с формами трех младших детей Адама (Каина и его сестер), таким образом происходит соблазн духовного агента, который вложен в них и обязан управлять данной формой по воле Творца. Этот соблазн произвел такую революцию в Каине и его сестрах, что уже было невозможно им отречься от интимной связи, правившей меж ними, — посредством абсолютной симпатии, при помощи которой эти трое заключили союз с демоническим интеллектом, они получили единое намерение, единую мысль и единое действие. Во всей истории мы не видим подобного единения между людьми всех времен и народов, ведь невероятно, чтобы три разные свободные личности действовали так цельно и едино, если бы они не стали ведомыми добрыми или злыми духами.
Итак, от Каина и его сестер, которыми овладел князь демонов, мы выводим, как я уже сказал, девятеричное число материи методом сложения трех духовных принципов (первичных сущностей), трех добродетелей и трех демонических сил, из чего следует:
1. Три принципа у Каина, три у старшей сестры и три у младшей сестры — 9.
2. Три добродетели у Каина, три у старшей сестры и три у младшей сестры = 9.
3. Три силы у Каина, три у старшей сестры и три у младшей сестры = 9.
Но чтобы вам убедиться, что девятиричное число материи происходит именно от сих младших тварей, необходимо увидеть только первое демоническое действие. Сколь ни были убеждены в своих преступных деяниях Каин с сестрами, а Творец обратил на все их потомство наказание, о котором нам повествует Писание, говоря, что Предвечный поразил всю землю и ее обитателей потоком вод в наказание виновного потомства этих трех младших тварей и людей, соблазненных ими. Именно в ту эпоху девятиричное число благодаря таинственному сложению стало означать:
3 3 3 | 3 3 3 | 3 3 3 | 27
В числе 27, полученном при сложении всех вышеприведенных чисел, вы найдете 2 и 7, что при сложении также производят девятку. Разделите 27 на 3, и вы всегда получите 9. Даже если вы будете до бесконечности делить данное произведенное число, то оно всегда будет возвращаться к 9.
Вот то, что я вам хотел рассказать о девятеричном числе. Необходимо также рассказать о смыслах других деяний Каина, совершенных им на древней земле. Каин являл собой образ пророческого избрания, которым Творец наделял с течением времени Адамово потомство.
Ибо после того, как Каин, уничтожил тело брата Авеля и вернулся в свое обыденное жилище, размышляя о содеянном преступлении, его окликнул духовный божественный голос, спросивший о произошедшем с братом Авелем. Каин неожиданно ответил: «А что ты сделал для его защиты?» Услышав ответ, дух отразился столь значительно и на телесной форме Каина, и на тварном существе его, что Каин, перепугавшись, обратился к Творцу, говоря: «Господи! Те, кто меня встретят, убьют меня». Предвечный, милосердный отец, видя унижение Каина и желая предохранить его от близкого возмездия, которое могло обрушить на Каина его же потомство, отметил старшего сына Адама охранительной печатью, и дух, отметивший его, сказал: «По воле Предвечного тот, кто поразит Каина, смертью, будет поражен смертью семь раз». Каин имел потомство, состоящее из десяти мальчиков и одиннадцати девочек. Он построил в месте изгнания город, названный Енох. Содействуя воплощению своего замысла, Каин принялся углубля гься в недра земли и, изымая оттуда руду, стал придавать ей формы, обрабатывая различными способами. Так осваивал он это ремесло со своим первородным сыном, звавшимся Енохом. Секреты же открытия рудных месторождений и возведения шахт он оставил своему другому сыну Тубалкаину. Вот почему дошло до нас, что Тубалкаин первым открыл металлический рудник.
Каин был великим охотником и всех своих сыновей он обучил охоте. В особенности же десятого сына, которого он любил больше всего. Он не передал этому сыну ничего, кроме страсти к охоте. Другие его дети были более способны к мыслительным делам и рукоделию.
Каин дал своему десятому сыну имя Бооз, означавшее: сын смущения. Именно этот последний сын принес смерть своему отцу Каину, и мы поговорим о том, как это произошло. Каин пошел поохотиться на диких зверей в обществе своих двух внуков, детей Еноха, и не предупредил о том своего сына Бооза, которому он предложил совместную охоту на другой день. Бооз, со своей стороны, предложил своим двум племянникам, детям Тубалкаина, идти на охоту в этот же день, не предвидя участия в охоте отца. Бооз не имел детей, а потому питал особую привязанность к своим двум племянникам. Они выступили на охоту вместе, но Бооз, не ведая, взял то же направление, что и его отец Каин. Оба ехали на колесницах, предназначенных к бою, и Бооз заметил тень фигуры на пути своей колесницы, называемой Онам, что означает горе, и пустил тогда стрелу, пробившую сердце его отца, который уже боролся с диким зверем. Сами судите о том, какое ошеломление испытал Бооз в тот момент, когда он приблизился к месту, где он увидел своего отца, убитого стрелой, выпущенной им, Боозом. Горе Бооза было столь великим еще и потому, что он знал об угрозе божественного наказания тому, кто поразил бы Каина: ему предназначалось быть пораженным семь раз смертельными горестями или быть наказанным семь раз смертью (я объясню в другом месте, что значит быть наказанным семь раз смертью).
Бооз позвал к себе своих племянников и поставил их перед трупом. Тотчас они узнали в нем Каина и, ужаснувшись, предались большому скорбному воплю, что еще больше расстроило несчастного Бооза. Поведав племянникам причину сокрушения телесной формы Каина, он сказал: «Мои друзья, вы — свидетели моего преступления, произошедшего невольно. Теперь я всецело завишу от повелений и защиты Творца, ибо я виновен перед Предвечным и людьми. Я самый юный из сыновей Каина, последний из его потомства и наиболее виновный и преступный. Отмстите на мне, последнем сыне своего отца, позор, который я вам принес».
Демонический интеллект, знающий слабость людей в подобных ситуациях, возбудил преступную страсть к отмщению за смерть Каина у двух племянников Бооза. Вооружившись луками, они вознамерились пронзить Бооза. Но в тот момент, когда племянники уже были готовы выстрелить в него, они услышали голос, сказавший: «Всякий, кто убьет смертью, которой был убит Каин, будет наказан семьдесят семь раз смертью» (это я поясню далее). Услышав ужасающую духовную и божественную угрозу, два племянника Бооза пали ниц, и затем, будучи в состоянии потрясения, они отнесли свое оружие Боозу и сказали: «Творец тебе оказал милость, Бооз, смертью, которую ты дал твоему отцу Каину. В действительности мы являемся наиболее виновными перед Предвечным, ибо возжелали добровольно исполнить над тобой нашу мстительную мысль». Бооз ответил своим племянникам: «Пусть воля Творца исполнится!»
После сего Боозова смирения племянники удалились в город Енох. Скорбь и сокрушение, с которыми они предстали в городе, повергли потомство Каина к отданию последнего поклонения покойному. Горе удвоилось еще потому, что потомство осознало: разрушение телесной формы их отца Каина совершил собственноручно его последний сын.
Несчастный Бооз, объявившись в городе, впал в общую немилость всего первого потомства Каина и был вынужден удалиться от племени, которым овладел демонический интеллект. Бооз нашел свое пристанище в пустыне Иераниаз, что означает: слушайте Творца. Именно в этом месте Бооз окончил свои дни в смирении и покаянии.
Вот каким образом Каин являл собой истинный пророческий образ, ибо после преступления, совершенного им над братом Авелем, он сказал: «Те, которые встретят меня, Господи, убьют меня». Не имелась ли здесь в виду будущая встреча его со своим сыном, мчавшимся на колеснице? Не был ли он убит поистине человеком, как он об этом сказал? Все это реально представляет образ пророчества, хотя встреча двух лиц — Каина и Бооза и не являлась предопределенной, — один и другой находились в неведении о ней даже на месте, где Каин принял смертельный удар.
Я хочу отметить, сколь смешно и абсурдно рассуждают люди нашего времени над умерщвлением Каина его же сыном Боозом. Они отрицают истинный смысл произошедшего, и это заставляет их с убеждением верить в то, что Адам не являлся первым человеком, ибо, по их мнению, во время убийства своего брата Авеля Каин сказал Творцу: «Господи, кем я стану? Те, которые меня встретят, меня убьют». Если бы люди были достаточно просвещены смыслом этих слов, обращенных к Творцу, то они бы ясно узрели, что Каин стал пророком по отношению к себе самому, хотя подобное и встречается реально среди людей. Но, спросите меня вы, как Творец мог уже после указывать на пророков среди людей, которые бы помогали людским действиям находиться в рамках законов, данных Творцом, поскольку сказано, что Господь не принимает никакого участия во вторичных причинах, творимых в человечестве? Я отвечу, что Творец не может игнорировать существо, мыслящее демонически, продолжительно испытующее над духовной младшей тварью соблазнительные и грешные деяния, ибо это существо уже привело в искушение Адама и его потомство. Творец, следовательно, судил необходимым для блага человека избирать духовные младшие существа и их наделять духом пророческим не только для того, чтобы удерживать человека в законах, установлениях и повелениях, данных им, но еще и для большего унижения злых духов и проявления великой божественной славы. Мысль духовного существа, добрая или злая, а также действие, доброе или злое, пред Творцом, — вот как Предвечный узнает о вторичных причинах.
Теперь посмотрим, каков смысл удаления Бооза в пустыню Иезаниас (Иераниаз). Бооз, являясь последним, десятым сыном Каина и тем самым запечатлевшим собой десятеричное число, несомненно, был наделен определенными духовными божественными дарами, чтобы стать образом и реальным примером великого милосердия, совершенного Творцом в заранее предвиденных событиях во благо младшего духовного существа и старшего падшего, — в подобные мгновения духи обращаются искренне к Нему. Это вы должны увидеть в милости, оказанной Творцом Боозу, дважды преступному пред Ним. Во-первых, Бооз предпочитал участие в демоническом культе, нежели в культе Творца, имея совершенное знание об обоих церемониалах, и оставался увлеченным ложным примером и обычаями, соблюдаемыми потомством Каина. Исполнял он демонический церемониал как из-за страха перед земным наказанием, коему подвергся бы от потомства Каина, так и по причине того, что сам культ его лично удовлетворял.
Во-вторых, Бооз стал преступным, предав смерти своего отца Каина, посягнув на защиту, данную Творцом изначально потомству Каина после Каинова преступления и убиения Авеля.
Взяв каинитов под защиту, Творец дал почувствовать князю демонов, что знал обо всех кознях демонов. Он также хотел предупредить людей от ужасов, в которые силы тьмы могли вовлечь их, как это произошло в случае грехопадения Адама и его первого потомства.
О божественном покровительстве и проклятии, а также влиянии демонических духов на человека
ЛЮДИ могут и должны сами находить будущее в прошлых примерах. Но они верят в ложные предсказания, и в итоге человек не может поведать ни о себе самом, ни о своем бытии в будущем. Впрочем, не знаем ли мы о том, что Творец сильнее и могущественнее демонов, а потому и их бесноватое возбуждение доставляет им только новые проклятия, когда они восстают против Творца или праведного младшего творения, чье возвышение неколебимо, даже если оно возросло в духовной и божественной славе позже, нежели сами демоны? Не знаем ли мы, наконец, что существо, охраняемое Господом, всегда прекрасно защищено благодаря незримой силе и неизменной истине Творца, на коих основаны как покровительство, так и все проклятия, передавшиеся потомству Каина?
Я хочу вам представить небольшое рассуждение о вышесказанном, дабы вы могли лучше узнать об ужасных последствиях козней демонических духов против самого младшего тварного существа и его телесной формы. Демонические духи привязываются к телесной форме младшего тварного существа, и прежде всего к оскверненной форме, ибо форма человека есть образ Творца и главный итог великого действа Божества. Человек несет своей телесной формой реальный образ внешней формы, появившейся в представлении Творца и сотворенной с помощью духовных божественных посредников; формы, обращенной затем во внешнюю, плотную и пассивную материальную субстанцию для созидания вселенского храма, общего и частного. Посему падшие духи наиболее охотно прилепляются к телесной форме человека, ведь она заключает в себе младшее тварное духовное существо, более сильное, нежели они сами в постоянной попытке соблазнить и отвратить человека от Творца. Итак, князь демонов с помощью интеллектуальных духов подвергает напасти телесную форму человека в большей мере, чем подобные же формы грязных тварей. Последние не являют собой никакого образа великого деяния Творца и не содержат в себе малейшего духовного божественного существа, на восприятие которого демонические духи могли бы оказывать свое влияние.
Надо знать, что демонический дух, ищущий всегда средства к преследованию меньших тварных духовных существ, нападает на их формы своим злым интеллектом, делающим жизнь пассивного человека восприимчивой к сущности духовной демонической жизни, после чего происходит полное соединение его с человеческой формой. Злой дух-интеллект атакует младшее духовное божественное существо, способное воспринять волю демонического князя как приказ, дав клятву бороться против всякого вида духовных действий, обращенных во славу Творца. Так творится великая духовная битва, а из нее последующая, добрая или злая, реинтеграция телесной формы младшего тварного существа. Все зависит от стойкости младшего тварного существа, — в его силах отвергнуть чуждую себе и своей форме сущность или, поддавшись собственной слабости, сочувствовать внушениям злых духов. Нам легко убедиться, что данные битвы вершатся за обладание телесной формой человека, а не формами скверных существ. Посмотрим же на дела, движения и действия скверных существ. Есть ли разные способы и рефлексии для разрушения их телесной формы? Имеют ли они культ? Имеются ли у них законы, дабы поддерживать в своей среде добрую или злую восприимчивость? Не видим ли мы, в противном случае, что у скверных существ все вершится благодаря их чистой природе, поддерживающей их в течение всей временной жизни? Но дела младшего тварного существа, его движения и действия противоположны по отношению к делам, движениям и действиям скверных существ. Различие, существующее между ними, настолько значимое, что невозможно его отрицать. Поистине, место разумного животного всегда выше, нежели неразумного, а посему телесная форма человека способна носить в себе три вида разнообразных жизней, о чем я расскажу ниже.
Первая жизнь есть жизнь материи. Ее мы называем инстинктом или пассивной жизнью, вложенной в телесную форму разумного (рационального) животного так же, как и в форму неразумного (иррационального). Вторая жизнь называется жизнью духовной и демонической, которая может воплощаться в пассивную жизнь. Третья жизнь есть жизнь духовная божественная, превосходящая обе первые. У диких существ имеется лишь сущность пассивной жизни, происходящей от духовного божественного действа в основании центрального огня (оси), постоянно направляющего свое влияние на различные телесные формы внешней материи, уплотняемой таким образом, чтобы все формы внешней материи поддерживались в течение своей временной жизнедеятельности, установленной волей Творца.
Таково различие между существами разумными (рациональными) и существами неразумными (иррациональными), и вот почему демонические действия направлены более на телесную форму человека, нежели на подобную форму дикого существа. Не будем более размышлять о диких существах и сожалеть о том, что присущая им чистая и простая страсть отдаляет их от духовных законов посредством инстинктов. Они не имеют нужды ни в каком мыслителе, поскольку их беспорядок идет не от чуждого совета, а от диктуемого природой.
Вот то небольшое рассуждение, на которое я хотел отвлечься. ОСВЕЩАЯ образ изгнания Бооза в пустыню Иеза-ниас (Иераниаз), я рассказал вам о вещах наиболее существенных и имеющих большое значение для человека.
Именно на примере Бооза мы должны уразуметь, что нашему младшему тварному духовному и божественному существу вполне по силам оставить демоническое исповедание и связь с князем демонов через демонический интеллект. Продолжая свое повествование, я не буду здесь вдаваться в подробности того, чем является потомство Каина. Впрочем, я обязан вам еще объяснить и появление на свет Авеля, равно как и рассказать о других образах, когда случай тому представится.
Енох — седьмой из потомства Сифова, заместившего на земле убиенного Авеля. Созданный Енохом прообраз Храма
Скажу, что Адам и Ева зачали форму своего сына Авеля в очень успешном материальном действии, исключившем эксцесс их материальных чувств. Они всецело покорились Творцу в духовном и совершенном смирении. Творец не мог оставаться безучастным к их действию, зачавшему тело младшего существа, наделенного всяческой добродетелью и мудростью духовной и божественной. Являясь главным оправданием Адама и Евы, это духовное существо должно было стать примером свидетельства божественного правосудия во славу младших тварных существ и на горе демонам. Урок, преподанный Авелем во славу всего ада-мического потомства до конца времен, не только претворился в духовный образ его существа, но и послужил еще примером на общее и частное благо любого духовного существа. Более того, сам по себе Авель явился истинным образом младших тварных существ, рожденных в человечестве и наделенных Творцом божественной милостью, которые станут духовными сосудами свидетельства правосудия Всевышнего.
Среди вышеупомянутых младших тварных существ мы отмечаем, во-первых, Еноха, седьмого из потомства Сифа, или заместившего на земле убиенного Авеля. Имя Енох означает: посвященный, или преданный Творцу. В самом своем рождении он стал истинным образом божественого духа, служащего опорой, путем и защитой младших тварных существ от демонических преследований. Своей жизнью, миссией, трудом и проповедованием культа Енох запечатлел истину великого духовного дела дважды могущественного Творца, предначертавшего людям того времени путь, которого они обязаны были держаться во избежание демонический преследований. Сей путь вел людей в естественных, земных и духовных действиях и служил им главной основой продолжения культовых церемониалов божественной связи.
Посмотрим теперь, каковым являлся сам культ, проповедован-ный Енохом среди потомков Сифа. Енох впервые воздвиг алтарь из белого великолепного камня, называемого нами мрамором. Посередине этого алтаря Енох преображался в плод своего культа, принося самого себя в жертву. Именно Енох впервые стал учить младших тварных существ возводить божественные сооружения в основании всего. Он пророчествовал о правосудии Творца, которое должно обрушиться на всю землю в наказание преступлений потомства Каина и остатка Сифова потомства, соединившегося с проклятыми каинитами. Именно Енох заключал браки лишь в потомстве Сифовом и отвергал браки между детьми божественного Творца и каинитами. Именно Енох, проповедуя, предвещал об истинных избранниках Творца, которые родятся от Предвечного. Енох избрал в потомстве Сифовом десять человек для служения в нем божественного культа. Енох — великий образ церемониала истинного богослужения не только среди людей прошлого, но и будущего, ибо все можно объяснить его духовными и божественными действиями.
Енох, являющийся в духе святым, но обладающий телесной формой внешней материи, в северной земле держал духовное божественное собрание, повинуясь добродетели великого желания и благой воле своих учеников, избранных в потомстве Сифа и Еноса. Он дал этому потомству имя детей Творца. Он предпринял с большим успехом реформирование бытия младших тварных существ, признавших в нем могущественного человека, стоящего над всякой тварной вещью. Он задавал им вопросы о различных действиях и ежедневных заклинаниях, совершаемых ими против воли Творца, откуда и бралось зло по отношению к детям Бога Живого. Картины, которые Енох живописал перед ними, рассказывая о суровой каре, которая должна была постигнуть их через некоторое время, заставили младших тварных существ всецело подчиниться пути, дисциплине и наставлениям святого человека Еноха, укрепившего их в истинной вере. На первом собрании, устроенном в день Субботы, Енох избрал десять человек, установив им церемониал и жизненное правило, дабы они могли вызывать Предвечного в святости. Он поведал десятерым избранным о своих трудах, или Католических Листках (придет время, и мы дадим точное толкование данного названия из двух слов, принадлежащих к духовным божественным наукам). Енох, наконец, воздвиг строение, имевшее лишь одну комнату в ограждении, где размещались десять существ, избранных им для участия в божественных действах. Он дал каждому по букве-инициалу святых имен Бога, и они все вместе составляли десять букв. Для постоянного и точного совершения служб, угодных Творцу и необходимых младшим твар-ным и примиренным существам, Енох каждому избранному обозначил место в своем шатре, подобно тому, как в лагере израильтян Моисей расположил Левитов вокруг Ковчега.
Божественные действа Еноха. Его вознесение на небо. Енох, как предшественник Христа. Божественное духовное потомство, избранное Господом. Десятиричное число
ЕНОХ служил божественные действа со своими десятью избранными в течение десяти недель, передавая им на каждом собрании новую букву-инициал святого имени Бога. Уже после семи собраний каждый из них имел в своем распоряжении но два могущественных слова, при помощи которых повелевал всякой тварной вещью от земной поверхности и до небес. Два слова, состоявшие из семи букв, — четыре из них образовывали ужасающее, могущественное и невидимое имя Предвечного, покорявшего любое тварное существо на небесном теле и правившее им; и три другие буквы образовывали святое имя, правившее всяким тварным существом на земле. Десять вождей, наделенных Енохом первоначальными добродетелями, а также силами духовными и божественными, достигали в своих святых действах столь великих чудес, что привлекали к себе многих своих родственников и посвящали младших тварных существ, указанных святым духом, в науки, которыми они овладели под руководством Еноха, служившего ради примирения человеческого рода с Богом.
Число прозелитов стало со временем стремительно расти. Хотя вновь пришедшие не соблюдали в точности принципы добродетели и силы, переданные им Енохом. Многих совратило неправедное учение одного из десяти вождей, избранных Енохом для божественного примирения, возбудившего распрю между учениками и распространившего ненависть на Еноховы установления. Бунтарский дух широко распространился в среде прозелитов, всецело предавшихся отступлению от Творца и использовавших материю в соответствии с учением вождя-развратителя. Истинных оставалось на земле лишь девять человек. Они, положившись на могущество и знания, воспринятые от святого человека Еноха, молили его собраться еще раз вместе и заменить брата-растлителя, соблазненного демоном.
Енох, сочувствовавший их мольбам, провел с праведниками собрание, на котором поведал полностью свою тайну: вновь избранный им десятый ученик для замены развратителя войдет в добродетель и божественную силу лишь после того, как все они покаются в своих грехах, совершенных в течение их земной жизни — с тем, чтобы божественное правосудие могло обрушиться на преступников. Сердца девяти праведников были столь ошеломлены, что они оставались в состоянии уничижения и сокрушенности, продолжавшегося около часа. В течение этого времени Енох молился Творцу во благо своих девяти учеников, и они лицезрели все потоки, какие Творец намеревался послать для наказания земли и остатка ее обитателей.
Ужас, воспринятый девятью праведниками, поверг их в сокрушенность, и они, обратив взор на Еноха, испустили великий вопль, спросив его: «Неужели, учитель, все, что нам довелось увидеть, обратится на землю? Нельзя ли успокоить твоими молитвами гнев того, который направил тебя к нам, и усмирить потоки, которые Он намеревается наслать на землю и ее обитателей? Наше видение есть истина: “Творец справедлив, и ты — святой, сильный и невидимый”».
Енох отвечал: «Неужели я сам по себе вас просветил о предстоящем? Будьте все одним человеком, и вы будете равно святыми. Будьте все самим законом, и вы будете всегда могущественными. Будьте все подвластны одному правилу жизни, что я вам предначертал, и вы будете вечно младшими невидимыми существами. Такова воля Отца и его Святого Духа по отношению к сыну. Будьте все сыновьями Всесильного здесь, на земле, и вы узнаете, что тог, которого вы именовали Енохом, есть дух Отца, пребывающего в вышине».
С грустью Енох закончил свою речь, благословив девятерых учеников, и вдруг одно огненное облако спустилось с небес и его восхитило, чтобы он мог нести дальше этот святой дух согласно своему предназначению. Еноховы ученики, потерявшие его из виду, расстроились и стали роптать: «Кем мы станем, о Предвечный, без помощи нашего учителя Еноха! Почему его восхитил ты из среды братьев и учеников? Если земля виновна, то за что мы, плотские люди, должны отвечать, ибо все — от земной материальной крови. Но мы же, однако, остаемся в твоем святом правосудии? Услышь, Господь, наши молитвы и возьми веру твоих сыновей и рабов».
В протяженности времен Енох стал новым образом воли Творца, и видно, что он имел многих своих последователей с того времени и до наших дней. Главный принцип духовной божественной религии, установленной Енохом в потомстве Сифа, был сохранен и передан в крепости благодаря силе Ноя, явившегося также примером духовного избранничества для примирения общего и частного. Это мы ясно осознаем, когда будем рассматривать вхождение в ковчег Ноя с разными видами животных и пребывание там в тишине и спокойствии во все время потопа. Изучим мы и духовные наставления, данные Ноем своим законным сыновьям, обозрев весь путь, которым Ной шел во спасение порученных ему от ужасной кары, низвергнутой Богом для уничтожения земли и всех ее обитателей.
Не вдаваясь в подробности жизненного пути и учения Еноха, обращенного от его таинственного избрания к ученикам, достаточно по существу отметить и ясно осознать, что истинный Мессия находился всегда с детьми Бога, хотя был иногда и неизвестен им. В данном толковании хотелось напомнить о пророке Данииле, мыслившем символически в своем пророческом видении о пленении Израиля в течение семьдесяти недель, превратившихся в семьдесят лет рабства у Навуходоносора. Видении, свершившемся в пленении израильтян, из которого они освободились благодаря героическим усилиям Зоровавеля, но лишь по истечении семидесяти лет неволи, предначертанных Творцом Израилю за грехи, совершенные против Него и против их братьев.
В пришествии Еноха я стал объяснять образ, в котором мы черпаем доказательства присутствия Христа между детьми Бога. Хотя и Авель, запечатлевший собой образ младшего тварного существа во свидетельство божественного правосудия, равно являл собой истинный образ Мессии. О том мы знаем по действиям всех избранных младших тварных существ, как исполнявших свои могущества и духовные добродетели среди людей прошлого, так и исполняющих их в мире по сей день. Среди них, кроме уже выше-обозначенных Авеля и Еноха, суть: Ной, Мельхиседек, Иосиф, Моисей, Давид, Соломон, Зоровавель и Мессия. Все они предназначены для свидетельства божественной славы, а посему составляют полное десятеричное божественное число, откуда всякая вещь, духовная и материальная, произошла, чему я дам объяснение, когда буду говорить об образах и эпохах, отразившихся на теле общем и частном, а вместе с ним и на младших тварных существах. Последнее сможет вас убедить в обретенной мной истине, что все их действия подобны и соответствуют действиям Авеля. Следовательно, Авель представлял собой истинный прообраз Христовых деяний, а Каин символизировал зло демонического князя.
Каин, убивший своего брата Авеля, являет собой пример беснования демонов, вознамерившихся расчленить и разрушить всякий род творения и таким образом обратить в рабство людей, у которых они развязали множество материальных страстей. Бесы играют на слабости чувств материальной и духовной природы и посредством внушения творят с младшими тварными существами дела, взаимонаправленные по своему действию, и тем самым вводят людей в смятение.
Замечаем мы и то, что материальные люди не имеют двух мыслей, двух действий, которые могли бы согласовываться между собой. Бешенство демонов выражается в сеянии неудовольствия среди людей, что ведет к возникновению безмерно горделивых и притязательных мыслей, ибо люди живут продолжительно в духовной нестроенности и не знают мотивов и причин своих тревог и печалей, к коим становятся приговоренными, когда утрачивают полностью идею культа для воздаяния Творцу.
Вот ужасы, осуществившиеся в преступлении Каина. Авель являлся его истинным земным братом, поскольку оба они произошли от самого первого человека, хотя действия, положенные в основание одного и второго были противоположны по сути. Форма Каина зачиналась в эксцессе сладострастия материальных чувств, и мы описали ощутимо искажение первого человека. Авель же, наоборот, был зачат без эксцесса материальных чувств во всей чистоте законов природы. Также и форма Авеля стала более духовной, нежели материальной, благодаря духовному зачатию его тела, уподобившемуся истинному образу тела Христа, происходящему духовно из обычной формы, но без помощи физических воздействий и участия материальных чувств.
С другой стороны, телесное воплощение Христа нам отражает материальное сотворение первого человека, низвергнувшегося в недра земли после искажения своего славного телесного образа и облеченного грубой материей. Ибо перед тем, как этот божественный дух, дважды величайший и превосходный над всяким исшедшим существом, пришел исполнять божественное правосудие к людям, он пребывал в чистом и славном круге божественного величия. Но в тот момент, когда Творец направил его к людям, он оставил свое духовное жилище, дабы идти и заключиться во чрево Пречистой Девы. Таким образом, отсутствие Христа в обители Творца не напоминает ли нам изгнание первого человека из своего славного тела? А вхождение великой духовной сущности, или Слова Творца, в тело Пречистой Девы, не напоминает ли нам вхождение первого тварного существа в бездны земли, дабы облечься в материальное тело? Различные печали и треволнения, испытываемые телом Пречистой Девы в родах, являются символом борений и духовных демонических страданий, одолевающих общее земное тело после грехопадения Адама.
Именно тогда за преследование разными народами тела Пречистой и ее Плода Бог проклял землю, заселив ее терниями и колючками, и попустил наличие демонической власти в разных странах, в частности, позволив демонам господствовать над младшими существами, населяющими эти страны.
Раны Христова тела, содеянные человеческой рукой, нам доказывают вполне наглядно, что демоны имеют силу над телесными материальными внешними формами, но нужно знать и другое, — сами демоны не в силах помешать реинтеграции духовных субстанций, составляющих формы, ибо субстанции не имеют к ним никакого отношения. Демоны способны разрушить частную форму, но им невозможно это сделать с общей земной формой, которая должна исчезнуть лишь во время, предписанное Творцом.
Разрушение телесной индивидуальности Христа, совершенное людьми в присутствии двух женщин, Марии Заведдевой и Марии Магдалины, было отображено в убийстве Каином своего брата Авеля в присутствии двух их сестер. Две женщины, названные мной, пережили на земле Христа во всех его божественных и духовных деяниях, а две сестры Каина последовали за своим братом во всех демонических действиях.
Здесь не только тождественность деяний Христа и первых тварных существ. Мы не можем также отрицать того, что кровь, истекшая из тела праведника Авеля, была прообразом Христовой жертвы, поистине им распространенной. Кровь Авеля, пролившаяся на землю, есть образ и воплощение дела божественного милосердия, объявившего о мире и милосердии земле и ее обитателям. Это же и стало прообразом Завета, который Творец должен был совершить со своим творением после примирения с ним, и мы видели первого человека, обретшего милость у Творца сразу после жертвы Авеля. Не повторилось ли все сие и в призвании Авраама, когда прежде патриарх, отец множеств, пролив свою кровь, достиг полного примирения у Творца и познал союз, заключенный между ним и Предвечным. Не ощущаем ли мы здесь, что пролитие крови Христа есть подтверждение всех предшествующих образов, ибо оно заставило трепетать землю, напомнив всей природе о примирении и Завете, заключенном Творцом с ней и ее обитателями?
Я начал вам говорить о событиях, сопутствовавших деяниям Христа, сообщая о колебаниях земли, случившихся во время Христовой жертвы, но вы могли бы спросить меня о солнечном затмении, произошедшем тогда же. Я вам скажу: затмение, покрывшее небесный свод, — реальный образ потока, обрушившегося на демонические духи, сделавшиеся ослабленными и униженными благодаря действу Христову, — в это время они не могли пользоваться силой своего проклятия против творения общего и частного. Затмение символизировало собой и тьму неведения, в которую погрузились евреи, когда ослепла их память и стерлись в ней святые божественные имена, прежде сопровождавшие все их дела земные, духовные, а равно и божественные. Затмение символизировало также ослепление легковерных, остающихся до конца столетий в лишении божественного света.
Затмение отразило, наконец, истинный смысл общей материи: она будет затмеваться до конца времен и стираться от присутствия человека подобно тому, как чистое полотно стирается в представлении художника. Такое сравнение вам укажет, что принцип материи общего тела для Творца есть не что иное, как духовное полотно, появившееся в его представлении. На этом духовном полотне возникла всякая телесная тварь без материальной субстанции, содержавшая изначально младшее тварное существо, которое должно было быть одарено телесной оболочкой.
Объяснив смысл затмения, произошедшего во время крестной смерти Христа, я должен лучше растолковать и значение разрыва храмовой завесы, случившегося тогда же. Разрыв храмовой завесы есть образ блага для младшего духовного тварного существа, которое обретет истинное счастье и попадет в разряд награжденных Творцом великой духовной божественной славой. Эта разорванная завеса — настоящий образ освобождения младшего тварного существа, некогда лишенного божественного присутствия. Кроме того, разорванная завеса объясняет нам реинтеграцию внешней материи, покрывающей и отделяющей всякое младшее тварное существо от совершенного знания всех великих деяний, совершаемых Творцом каждое мгновение для своей вящей славы. Разорванная завеса — также разрыв и схождение семи планетарных небес, закрывавших своими материальными телами от младшего тварного духовного существа великий божественный свет, царствующий в небесном круге. Она же — разрыв с тем, который прятал и таил от большей части младших тварных существ знание о Господних свершениях во имя величайшего правосудия и во славу всего творения.
Моисей нам ясно передал смысл этого образа, уча евреев знанию о божественном законе, который он им возвестил лицом, закрытым красной завесой. Эта красная завеса, прятавшая от народа лицо Моисея и Скрижали Завета, на которых были написаны энергия и воля Творца, в точности символизировала собой падших духов, служащих проклятой завесой для всех меньших тварных существ, подчиненных им. Красный цвет этой завесы представляет собой навязывание демонического интеллекта принципиальным чувствам, заключенным в форму меньшего тварного существа, которое лишено всякой связи с чувствами духовными божественными, и поэтому оно не может удержать никакого духовного впечатления ни через образ, ни через тайну, ни посредством чистой и простой духовной природы. Покрытое завесой лицо Моисея объявляло о состоянии забвения божественных знаний, которых Израиль был частично лишен из-за смешанных браков с хананеями. Ведь Моисей видел, что тем самым народ шел на сотрудничество с князем демонов и впадал в неведение духовного образа, творимого Моисеем перед ним.
Именно по причине этих преступных браков евреи стали называться с тех пор детьми тьмы и детьми материальной крови, и они были заменены теми, которые называются детьми божественной милости. Но эти новые дети должны быть подальше от желания почить на лаврах в милости, которой они владеют по отвержении еврейского народа, — новое испытание этого народа является поразительным примером реальности событий, которые свершатся однажды на лице вселенной, и о чем я скажу, объясняя последние потрясения, какие постигнут творение к концу его временной протяженности.
Я достаточно коснулся истинной природы Каина и Авеля и теперь вам расскажу о следующем потомстве Адама. Я показал, каким образом Адам был совершенно примирен Авелем. Вы хорошо уразумели, что без этого примирения вселенская природа, общая и частная, не существовала бы посредством способа, благодаря которому она существует сегодня, хотя ее временная протяженность была той же самой. Но поскольку воплощенные дары Творца призваны действовать во всей временной протяженности — как свидетельства божественной славы во благо творения и во зло демонов, ~ то явилось необходимым, чтобы после смерти Авеля эти дары отразились на другом меньшем тварном существе. Решения Господа творятся и будут твориться с неумолимой неизменностью. Итак, Адам по воле Творца зачал своего третьего сына, названного Сифом, что означает: принятый в потомство Бога. Это было меньшее тварное духовное существо, унаследовавшее все могущественные дары, которыми владел Авель. При этом Авель был лишь простым образом духовного примирения, а Сиф должен был воплотить в себе не только этот образ, но еще и образ стабильности законов природы, управляющих течением различных эволюций и революций, которых уже не будет в тот момент, когда природа сотрется из глаз давшего ей родиться такой, какой она явилась в божественном представлении.
Для этого Творец поведал через своего духовного посланника Эли счастливому человеку Сифу тайны духовных божественных даров, составляющих основу мироздания и управляющих всей природой, как материальной, так и духовной. Сиф воспринял непосредственно от Творца знание неизменных законов Предвечного, усвоив также и то, что любой закон временного творения и любое божественное действие зижделись в основе своей на различных числах. Он изучил от Эли, что благодаря различным числам Творец создал всякую фигуру, всякий образ своего творения.
Дабы вы не сомневались в этой истине, я вам дам знание о числах, которые были рождены в Творце. Несомненно, вы знаете, что все мудрецы прошлого и настоящего всегда рассматривали десятеричное число в качестве превосходного во всех отношениях. Мудрецы столь почитают десятеричное число потому, что в результате своих духовных божественных операций они постигли средство, благодаря которому получили дары, данные некогда Снфу. Эти мудрецы, однако, приобрели дары не для своего телесного потомства (большая часть из них и вовсе не имела его, хотя они и были соединены с тварными меньшими существами женского рода согласно воле Творца). Мудрецы использовали эти дары только во время воспитания и просвещения своих духовных детей, указанных Творцом, чтобы вознести их до уровня сосудов, посредством которых осуществляется свидетельство божественной славы.
В духовном потомстве и продолжилось знание о знаменитом десятеричном числе, содержащем всякий род чисел творения, и духовные ученики могли привлекать все земные (меньшие, большие и высшие) числа, вложенные в десятеричное. Подобным же образом десятеричное число было познано счастливым человеком Сифом, и он мне указал на изучение этого числа в человеке желания. Я вам поведаю благодаря тем, которые обязаны были мне показать, что десятеричное число свидетельствует о наполнении четырех чисел божественным могуществом. Я помещаю перед вами десятеричное число в виде четырех фигур арифметического характера: 1, 2, 3, 4. Сложите эти четыре числа следующим образом: 1 и 2 равно 3; 3 и 3 будет 6; 6 и 4 равно 10, и вы найдете ваше десятеричное число, являющееся великим и первым божественным могуществом, в котором три другие числа содержатся, и это можно увидеть в результате следующего сложения: 3 и 4 производят 7, что составляет второе могущество Творца; 1 и 2 в сумме дают 3; 3 и 3 равно шести — вот третье могущество Творца; наконец, сложите 1 и 3, и вы будете иметь 4; а это четверичное число определяет и заключает в себе четыре божественных могущества, содержащихся в десятеричном числе.
Сущность числа 10 и числа 7. Геометрическая фигура треугольника
Я ВАМ преподал для более полного познания применение этих четырех чисел, благодаря чему вы смогли понять, каким образом каждое из них использовалось Творцом для вселенского творения, общего и частного. Я вам скажу еще, что десятеричное число есть неделимое число, или то, которое не может подвергаться никакому разделению. Вот почему это славное число должно было всегда рассматриваться мудрецами в качестве единого числа, представляющего четверичность божественной сущности и, следовательно, в качестве высшего по отношению к любому духовному существу, происходящему от него. Вот почему десятеричное число может быть произведено только Творцом, а не иным духовным существом — дважды могучим, простым и меньшим, и никакой мудрец не может пользоваться этим числом, он лишь чтит его в божестве.
Вот суть десятеричного числа, или первого божественного могущества, символом которого является число 10. Именно благодаря этому числу мыслящая божественная имагинация зачала духовное божественное временное творение. Перейдем теперь к семеричному числу.
Семеричное число, появившееся из десятеричного абсолютного числа, есть число наиболее совершенное. Его Творец использовал, освобождая всякий дух и выводя его за пределы своего божественного пространства. Класс семеричных духов должен был служить первичным агентом и достоверной первопричиной всякого рода движения и действия в сотворенных формах вселенского круга. Различные качества и свойства форм мы не смогли бы ощущать, если бы эти формы не имели в себе существа врожденного, называемого частицей нетварного эксцентрального огня, который их делает индивидуальными во всех акциях, что мы наблюдаем в них.
Однако все акции и движения материальных форм не могут происходить от одного врожденного принципа, и этот принцип, или частица нетварного огня, не произвел бы никогда ничего в телесных формах, если бы он не проистекал из первой, высшей причины, приведшей его в движение для поддержки самих форм. Эта высшая причина, как мы ее разумеем, и заключена в божественных семеричных агентах, которые главенствуют в различных акциях и различных движениях всех тел, проявляясь в мыслях и воле согласно тому, как они были восприняты телами. Здесь мы видим реально, что человеческая телесная форма была органом души меньшего тварного существа. Поэтому свойства и силу семеричных агентов, воздействующих на телесные существа, можно понять, наблюдая разнообразные операции, которые меньшие тварные существа производят в своих действиях над своими собственными формами и на глазах им подобных. Вот каковы суть, добродетель и могущественное свойство семеричного числа, проистекающего от десятеричного числа и предназначенного Творцом для освобождения духов, сформированных в его подобии. Это число и есть второе могущество Божества.
Третье божественное могущество, или шестеричное число, равным образом произошло от знаменитого десятеричного числа. Это шестеричное число в отличие от семеричного не столь совершенно и могущественно в духовной добродетели, поскольку шестеричное число может делиться на две равные части или два раза по три, что нельзя сделать с семеричным числом, не разрушив его и не исказив его природы. Благодаря шестеричному числу Творец вывел из своей мысли все виды рисунков внешних телесных форм, существующих во вселенском круге. Но ведь Бытие говорит нам о том, что Бог все сотворил в течение шести дней. Мы это помним, однако не нужно думать, что Бытие хотело ограничить могущество Божества, определив ему время, — пусть шесть дней, пусть даже шесть лет. Творец — чистый высший дух во времени и в последовательной протяженности, и он может иметь в действии шесть божественных мыслей для вселенского творения, откуда число шесть отражает творение всякой формы внешней материи. Таковы добродетель шестеричного числа и его предназначение, данное Творцом. Согласуясь с шестеричным числом, мудрецы обретали знание принципа форм и границ, положенных Творцом в протяженности творений. Именно отсюда мы понимаем, что всякое телесное существо будет реинтегрировано в своем первичном принципе эманации через само число, его произведшее. Перейдем теперь к четверичному числу, или к четвертому могуществу Творца.
Четверичное число, образующее четверичный принцип божественной сущности, есть бесконечно более совершенное и более значимое, нежели шестеричное число, ибо оно символизирует собой то, что восполняет, совершенствуя, формы, взятые из безразличной (индифферентной) материи и сообщает движение и действие телесной форме, а также главенствует во всяком тварном существе как одно из принципиальных, основополагающих чисел, откуда все произошло. Также мы его называем числом, обретшим могущество Творца, ведь в нем содержится всякий род числа божественного творения, духовного и земного. Я вам объяснил это на примерах различных арифметических сложений четырех характеров, образующих само четверичное число, и на примере последовательного полного сложения меньших характеров, откуда возникает десятеричное число.
Благодаря различным арифметическим сложениям мы обрисовали разнообразные свойства и могущества, принятые человеком от Творца. Но именно в четверичном числе человек должен познать все числа духовных могуществ, вложенных в него, ибо оно имело несчастье стать частью этих знаний. Четверичное число, наконец, Творец использовал для эманации и освобождения человека, или младшего духовного тварного существа. Вместе с тем оно образует то, что душа называет вечной, или неподвижной жизнью, но об этом я вам еще расскажу.
Вы должны знать, что геометрическая фигура треугольника всегда считалась очень важной мудрыми мужами разных народов. Адам, Енох, Ной, Моисей, Соломон, Христос уделяли большое внимание треугольнику, применяя его в своей практике. Мы сегодня с интересом рассматриваем треугольник, красующийся на вершинах и фронтонах зданий. Я спрошу: а может ли статься, чтобы эта фигура являлась плодом воображения архитектора? И отвечу: это невозможно, поскольку она существовала задолго до сотворения человека в его нынешней форме и естественно отразилась на нашем собственном теле. Конечно, этот треугольник не являлся начертанием Троицы, даже несмотря на то, что его трем углам дают имена Отца, Сына и Святого Духа, ибо Троица не может быть обозначена никакой ощутимой формой в материальном мире. Значит, треугольник представляет собой три духовные сущности, содействовавшие образованию общей земной формы, фигуральное выражение которой таково: нижний угол символизирует Ртуть, южный угол — Серу, и северный угол — Соль. Здесь видно соединение духовного принципа, или четверичного числа, с тремя сущностями, внутренне связавшимися так, что в результате получилась одна фигура и одна форма, поистине представляющая общее земное тело, разделенное на три части — Восток, Север и Юг.
Таким образом, в соединении числа 1 с числом 3 мы видим великое могущество четверичного числа, совершенно составляющего четверичную божественную сущность. Именно от центра этого треугольника исходят три угловые точки. Этот центр составлен из четырех букв, и мы ясно видим, что всякое существо творения происходит от четверичной божественной сущности и подчинено ей. И дух младшего тварного существа в своей четверичной эманации по-настоящему несет имя этой четверичной сущности.
Таковы высшие духовные сведения, воспринятые Сифом от посланца Творца Эли, благодаря которому праотец обрел все могущество, сделавшись исполненным знания божественных деяний. Не от своего отца Адама он был просвещен во всех науках духовных и естественных, ибо Адам из-за своего грехопадения лишился всякого духовного могущества и достиг после искажения своего образа только простого меньшего могущества, которое мог передать лишь посредством высшей власти Божества. Адам мог передать Сифу только печальный церемониал, познанный им в работе тела (физическом труде), души и духа, но даже не духовные плоды этих земных и духовных усилий.
Недостаток у человека четверичной силы. Божественный наследник Сиф
КАК я чувствую, Адам в своем первоначальном состоянии праведности поистине воспринял от божественного духа все науки и все духовные знания, а значит, верный ход и точный план всех духовных божественных деяний, для коих он и исшел. Однако в результате преступного применения этих сил Творец их изъял у Адама. Даже после примирения с ним оставил несчастного пребывать человеком заблуждения во всех его человеческих делах, духовных и материальных, и дав ему возможность действовать в добродетели только троичных сил, коими являются силы воздушная, земная и текучая (водная). Мы знаем, как опасно пользоваться человеку желания этими тремя силами в любом его деле, если он предварительно не заручился от Творца четверичной силой, которой мы лишены из-за грехопадения Адама. Именно вышеназванный недостаток четверичной силы нас заставляет чувствовать, что человек от грехопадения Адама есть человек заблуждения. Данный же недостаток нас заставляет ощущать, что человек находится в поистине духовном божественном наказании. Правда, он может выйти иной раз из состояния наказания в течение продолжительности своей земной жизни, что не влияет на длительность самого времени. Неизменный Творец сказал твердо своему примиренному человеку, что любое знание божественных наук будет ему дано лишь после того, как он его заработает собственными трудами, предписанными после грехопадения. А с момента этой эпохи человек находится в состоянии неведения и ограниченности, которые никогда не настигли бы его в том случае, если бы он использовал свою четверичную силу в соответствии с наказами Творца.
Кроме поразительных свидетельств, сотворенных Сифом для духовного примирения и стабильности законов природы, он явил собой еще и пример божественного милосердия, ибо заменил Авеля и молил о милости для своего брата Каина, которую тот должен был получить либо через наказание в виде смерти, сразившей его и ниспосланной за преступление, либо через покаяние Бооза, допустившего невольное насилие, совершенное над телом самого Каина. Вы не должны сомневаться в том, что эти двое меньших тварных существ достигли милосердия Творца благодаря добродетели и святости счастливого человека Сифа. Если вы меня спросите, каково физическое доказательство утверждения, что заставит вас поверить в эту истину, я вам отвечу: в момент, когда вам посчастливится узнать смысл трудов Сифа и его праведных последователей, а также практику Моисея и Христа, то вы мне не будете задавать более подобных вопросов. Если бы вы общались с этими удивительными праведниками, вы бы опасались говорить о смысле. Вы бы радовались от восхищения их деяниями, не ища возможности услышать того, что они говорили, ибо довольно трудно уразуметь их вопросы и их споры — в отличие от их деяний, творившихся в реальности перед теми, кто присутствовал.
Благородный Сиф являлся наследником Бога благодаря своему рождению и был обязан просвещать своих наследников в знании божественного культа. Он преподал своему сыну Еносу (имя означает: слабый, мертвый) всю церемонию божественного действа, духовного, земного, небесного, водного и текучего. При этом он, грозя ужасными наказаниями, воспретил сыну отягощать заблуждением науки и плоды духовных трудов, доверенные ему Предвечным. Кроме того, Сиф запретил Еносу в числе других вещей и всякую связь (здесь подразумевается связь телесная и духовная) с профанами, или человеческими детьми, а точнее, с дочерьми-сожительницами из потомства Каина, несмотря на то, что они были некогда едины с детьми Бога, являвшимися потомством Сифа. Именно в потомстве Сифа Творец должен был сотворить младших существ во свидетельство своей славы (я уже подчеркнул это, сказав об избрании Еноха, и постараюсь сделать более понятным, дав перечень всех избранных меньших тварных существ). К сожалению, вы увидите, что потомство Сифа и его сына Еноса поспешило разрушиться посредством своих браков с потомством Каина и пало, будучи лишенным всех духовных божественных знаний, переданных Сифом. Это потомство Еноса жило в греховных ужасах до седьмого колена, в котором явился на свет вышеназванный патриарх Енох. Его духовный подвиг я в дальнейшем очерчу более полно.
Вот, пожалуй, все, что я вам должен был сказать о Сифе, не вдаваясь в подробности различных событий, постигших его потомство, событий, не имеющих отношения к данной теме.
Рождение Еноха. Появление звезды, знаменовавшей его рождение. О планетарных влияниях на людей. Образ Ноя. Уловки демонических существ, подчинивших почти всех обитателей земли
ЕНОХ появился на свет в потомстве Сифа и имел отцом Иаредъ., или Ареда (имя означает: человек, просвещенный Богом). Иаред дал своему сыну имя Делиацим, что значит: воскресение Господа в потомстве Сифа, и еще его наименовал Енох с Е, но без Н. Имя Еноха означает: посвящение. Все имена, а также пример, сотворенный Иаредом в потомстве Сифа, или Еноса, стали истинными символами прошлого, настоящего и будущего. Иаред был человеком праведным пред Творцом, будучи наиболее могучим в божественной добродетели, нежели другие патриархи, благодаря силе божественного культа, исполнявшегося им для искупления преступлений потомства Еноса. Потоки света, ежедневно воспринимаемые Еносом в божественном духе, предуготовили его к явлению праведного существа: он узнал об удивительном примере, который преподаст его сын Енох в божественном духе и самом действе Божества для защиты младших духовных существ от происков их врагов. Впрочем, мы на это уже указали, говоря об избранничестве Еноха.
Иаред осознал в мысли великих духовных трудов, что его сын Енох должен сделать и что он затем реально совершил в потомстве Каина и Сифа, во всем роде Адама. Нельзя не отметить для вас, что эти трое стали прообразами трех наций, обитающих на земной поверхности, подобно тому, как и ныне сообщества людей пребывают в разделенном состоянии: Исмаил, Израиль, Христиане, а также идолопоклонники, или неверные, которые под предлогом почитания и возвышения Божества не знают иного Бога, кроме материи. Последнее, четвертое сообщество, образованное, конечно же, без божественного участия, является фальшивым, ошибочным и опасным, в особенности для умов, принадлежащих к нему.
Адам, когда еще не был освобожден от божественого круга, позволявшего ему быть властелином земли и иметь потомство Бога, не мог по собственной воле и по прихоти своей первоначальной духовной природы участвовать в каком-либо разделении земли. Но из-за грехопадения став материальным человеком, он получил от Творца право на разделение земли. Адам имел в своем телесном потомстве трех детей мужского пола — Каина, Авеля и Сифа. Авель, прийдя по повелению Творца для простого духовного божественного свидетельства, не должен был наследовать никакой материальной доли и участвовать в разделении земли, которая тогда уже была отдана потомству людей, произошедших от материальных чувств. Вот почему это праведное младшее тварное существо было выделено из числа материального потомства после завершения своей миссии по воле Творца. На земле же остались трое из мужчин: Адам, Каин, Сиф. Адам по повелению, полученному от Предвечного, обязан был сам разделить землю на три части (стороны света), но не на четыре. А иначе и быть не могло, скажете вы, ведь в ту пору было только трое мужчин. Но я вам скажу, что, если бы Адам имел сто детей, он все равно не мог бы разделить землю более чем на три части (стороны света), ибо ее форма являлась треугольной. Итак, Адам разделил ее территорию, как и следовало: Восток — Адаму, Юг — Каину, Север — Сифу. Само собой разумеется, что тогда имелось лишь три сферических круга, — чувственный, видимый и разумный. Кроме того, имелось три земных угла, поскольку вселенское творение было разделено на три части.
Последнее нам доказывает, что вселенское творение может быть разделено только на три части. Именно поэтому в нем невозможно до сих пор вычислить так называемую квадратуру круга, или деление круга на четыре части, предполагающее наличие мнимой четвертой части в делении земли. Также невозможно на этой самой земле иметь иную нацию, кроме трех главных наций, изначально образовавших все народы и исповедания во имя того, от которого они произошли. Три нации были представлены и тремя сыновьями Ноя, когда земля еще делилась на три равные части, а именно: Хам — на Юге, Сим — на Востоке и Иафет — на Севере, о чем я еще буду говорить в другом месте. Добавлю лишь, что повеление, данное Адаму Творцом совершить такое разделение земли, было очень горестным для первого человека, ибо указывало на яркое отличие его состояния испытания от прежнего состояния славы. Скажу вам более: разделение земли объявляло раскол, который существует с тех пор и будет существовать до конца времен между людьми, а также состояние войны и бессмысленности, которыми Адам наделил все свое потомство. Но вернемся к Еноху.
Рождение Еноха принесло великое духовное удовлетворение потомству Сифа. Необычайная миссия этого человека и его явление в мир были отмечены на небесах планетарным символом, много удивившим потомство Сифа и еще больше — потомство Каина. Данный символ, знакомый всякому творению, особенно был виден на юге, где обитало потомство Каина, основательно встревожившееся от появления небесного знака. Впрочем, и потомство Сифа встревожилось: ведь символ стал предвестником потопа, который Творец впоследствии низверг на человечество и всех иных обитателей земного южного региона. Символ представлял собой звезду, опустившуюся весьма низко над землей и имевшую в своем проявлении разнообразное свечение, источаемое по ходу ее пути. Звезда виделась во всем противоположной и совершенно отличной от других звезд, равных ей по природе. Как ее разнообразное свечение, так и сама она получили наименование Аафан (Lathan), означающее: символ смятения и земного страха, что вульгарно зовут у нас кометой. Вот каково на самом деле изображение этого звездного символа:


Но чтобы вы совершенно осознали вышеназванную звезду в качестве планетарного символа, необходимо понять, что всякое небесное тело, образованное из материи, будь оно большое, высшее или низшее, изначально доступно для постижения телесной формой. Это постижение предполагает шесть уровней восприятия. Планетарный круг образован из шести главных звезд, равных по величию, добродетели и могуществу, принимающих порядок акции, движения и действия от высшей звезды, расположенной в центре планетарного круга, образованного шестью звездами. В интервалах между этими звездами существует бесконечность других тел, которые мы именуем обычными планетарными символами, прозванными вульгарно малыми звездами. Данные символы, упорядочиваясь, следуют самому главному закону, управляющему звездами планетарного круга. Иными словами, они объединены так же, как семь в семи. Каждый из символов имеет семь добродетелей, присущих главным звездам планетарного круга, и, помимо этого, каждый символ имеет в себе еще семь других добродетелей, что позволяет ему быть воспринятым многими благодаря его собственному числу фигур и добродетелей, которые суть семижды семь, или 49 = 13 = 4. Именно посредством этого числа вы постигнете, что небесные тела, высшие, большие и низшие, подобно вообще всем постоянным телам во вселенском круге, реально вовлечены как в жизнь духовную божественную, так и в жизнь телесную пассивную. Иррациональные (неразумные) тела имеют жизнь и пассивный инстинкт, а кроме того — духовную им-пассивную жизнь.
Вы знаете, что всякое существо телесной формы имеет, родившись, три духовных сущности: ртуть, серу и соль. Также позвоночные духи имеют активность, необходимую для образования всяких тел, но они не могли бы участвовать в данном образовании, если бы не были заключены в различные сущности, которые словно на весах уравновешивают их огни и активизируют их для поддержания и равновесия всех форм. Вот то, что мы называем пассивной жизнью, коей подчинено всякое существо небесной и земной формы.
Мы разделили планетарные тела на высшие, большие и низшие, чтобы нам было легче извлечь знание об их добродетелях и могуществах. Центральная звезда есть высшее планетарное существо, именно она управляет планетарными телами большими и низшими. Она называется высшей, поскольку солнечное влияние распространяется на нее непосредственно. Высшая звезда передает принятое большим планетарным звездам, которые группируются вокруг ее орбиты. Большие, сообщаясь, передают принятое в бесконечность малых звезд, называемых символами, или низшими планетарными телами. Последние (символы) после получения значительного заряда (акции) от высших и больших распространяют его с соразмерной точностью на грубые земные тела.
Вот небольшой рисунок композиции планетарной орбиты вместе с ее обитателями. Последних можно выразить только бесконечным числом, из коего видно, сколь много разных душевных существ и духовных младших тварей, а также чистых простых божественных духов населяют планетарные орбиты, где именно мы и обнаруживаем жизнь духовную импассивную. Было бы плохо человеку и всем формам, общим и частным, если бы планетарные орбиты оказались заселенными не вышеназванными мной существами, а лишь духовными злыми существами, что сопротивляются силам добра и борются со свойствами влияния добрых акций. Тем не менее, планетарные духовные добрые существа обязаны распространяться повсеместно в мире согласно законам вложенного в них порядка для поддержания и сохранения вселенной.
Вот так и пошло среди людей поверие, что бывают планетарные влияния злые и очень добрые, о чем я расскажу, когда коснусь подробно принципов различных тел, небесных и земных, излагая вам сведения обо всех добродетелях и силах планетарных орбит Сатурна, Солнца и иных небесных тел. Быть может, вы усомнитесь, когда речь пойдет о соединениях, образующихся в результате взаимодействия злых духов с добрыми планетарными духами. Но эти сомнения обычно проистекают от недостатка знания о духах добрых и их акциях. Вот и вы не допускаете вероятности, чтобы добрые духи были побеждены в их естественных функциях духами злыми.
[Вам не безызвестно рождение Адама в славной форме; не безызвестно вам и его преступление, и то, как он лишился всякой духовной силы. Вы должны быть достаточно наставлены на сей счёт, но вам неведомо, пребывал ли демон в телесной форме, когда искушал первого человека. Поскольку вы этого не знаете, скажу вам: демон был тогда в теле славы, или в славной форме. И это потому, что между духом и духом в чистом и простом виде невозможны были бы ни искушения, ни козни, ни соблазны, если бы эти духи были облечены телесной формой.]
С чистым и простым духом дело обстоит иначе, чем с телесным человеком. Всякий человек волен передавать свои мысли себе подобным или прятать их от людей, но между духами чистыми и простыми духовное существо не может воспринимать мысль без того, чтобы другие духи не восприняли эту передачу. В мире духов все открыто и все доступно существам, избавившимися от материи. Привилегия духа чистого и простого как раз и заключается в способности открыто читать в другом духе посредством естественной духовной связи. Вот почему ничего не может ускользнуть от знания духа, и, наоборот, все может таиться младшим тварным телесным существом, одетым в форму внешней материи.
Отсюда вам должно стать понятным, что всякий планетарный дух, высший, большой и низший, заключенный в форму, дабы в ней действовать в соответствии со своим законом в течение предначертанной ему временной протяженности, есть субъект, как и человеческий вид в своих ежедневных действиях. Но разница между духами с человеком следующая: духи не одолеваемы демоническими битвами и это естественно, ведь они не восприимчивы более к разрушению и соблазну. Формы, в которых они обитают, более не восприимчивы к тлению. Духи в точности следуют по законам своей природы в разнообразных формах. Их реинтеграция духовная и телесная будет весьма успешной. Человек же, наоборот, удаляется с каждым днем от духовных законов, данных ему. Можно надеяться на его примирение лишь после долгой и печальной работы, а реинтеграция его телесной формы будет совершена только посредством непостижимого тления умерших. Именно это тление, разлагающее и стирающее полностью телесный образ человека, производит уничтожение его несчастного тела, подобно солнцу, что уносит день с земной поверхности в тот момент, когда ее оставляет его свет.
Тления в духовном и телесном смысле не узнали только Христос, Авель, Илия и Енох. О последнем скажу более — его пришествие в мир предсказало будущее Рождество самого Вселенского Примирителя, ведь символ, явившийся перед рождением Еноха, затем появился в Рождество Христово. Пример Еноха также заключался в трех различных деяниях, которые Христос должен был сотворить среди людей во свидетельство божественной славы, во спасение людей и посрамление демонов. Эти три деяния суть: первое, творившееся для примирения Адама; второе для примирения человеческого рода в год мира 4000; третье, которое должно появиться в конце времен и которое повторит первое примирение Адама, примиряя все потомство с Творцом для великого умерщвления и унижения князя демонов и его сторонников.
Сие произойдет тогда, когда падшие духи познают свой страх и свою мерзость, пребывая с незапамятных времен в тени смерти, божественном проклятии и ужасных муках. Сие будет, когда они совершат труды наиболее печальные и наиболее значительные, какие еще не делали на протяжении вековечных времен.
Я не буду здесь вдаваться как в смысл трудов, что исполнят падшие духи, так и в разъяснение числа 49, оставив эти две вещи для другого места. Равным образом в другом месте я расскажу о примере Еноха, начав повествовать о будущей эпохе. Тогда я уже не коснусь того, о чем говорил до сих пор. Теперь же перейду к разъяснению образа Ноя.
Во вселенском и земном творении, общем и частном, состоящем из всех внешних телесных форм, Ной — пример удивительный и поразительный. Будучи рожденным десятым в числе патриархов и явишись последним главным отцом колен Адамова потомства перед Всемирным Потопом, он своим десятеричным числом представляет образ самого Творца, ибо именно Ной своим потомством затем продолжил и потомство Адама, когда Всемирный Потоп стер все с лица земли.
Перед тем как продолжить свое повествование, я должен остановиться на особенностях причин, вызвавших Потоп, хотя притязательные знатоки, не ведающие о вероятности Потопа и отрицающие причины, из-за которых Творец излил это бедствие на землю, не колеблясь отвергают сам факт данного события. Более того, они смеются над теми, кто верит в Потоп, и рассматривают в качестве вымышленных персонажей тех, кого Творец заблаговременно отметил, сделав участниками проявления своего величия. Но мы не станем обращать внимания на их беспомощные доводы. Я вам скажу, что решение Творца было осуществлено лишь во свидетельство божественного правосудия, направленного против демонических владык, до предела возмутивших Творца своими бесконечными преследованиями младших тварных существ. Господство, которое демоны получили над несчастными твар-ными существами, так усилило их гордыню, что они стали казаться себе непобедимыми и даже более мощными, нежели Творец.
Вы должны осознавать, сколь легкомысленной была демоническая гордыня. Господство демонов доказывало на самом деле скорее их слабость, нежели их силу, что я вам разъясню. В ту пору земля не являлась столь заселенной. Люди жили тогда на поверхности земли в довольно малом количестве. Сосчитав их, можно было их уподобить горсти обитателей. Однако для покорения этого малого количества младших тварных существ демонические владыки попытались привлечь не только собственные силы, но еще и силы своих несметных легионов. Хотя если бы младшие существа во имя добра использовали свою свободу, то все воздействия демонов оказались бы бессильны. Все победы демонов ограничиваются только закабалением слабого потомства Каина и части потомства Сифа. Вероятно, это приобретенное господство не смогло свидетельствовать демону о его абсолютной власти над всякими младшими тварными существами, обладающими свободой собственной воли, коей призваны побеждать. Он одержал победу над человеком, но господство над младшей тварью по-прежнему оставалось не в его власти, и, следовательно, он не мог до конца удостовериться в полном обладании человеком и играть им столько, сколько бы этого хотел. В итоге пресловутое господство отсутствовало. Он развязал великие битвы и потратил много трудов и хлопот. Однако ничего у него не выходило, не оставалось в его власти. Вот таковыми стали победы князя демонов над меньшими тварными существами первых времен. Того же самого господства, достигнутого им в прошлом, он может достичь и в будущем.
Чем более демонические владыки используют свои силы против Творца, тем более они унижены и наказаны. Чем более они одерживают свои победы над младшими тварными существами, тем безнадежнее они низвержены, ибо Творец превратил их добычу в их великий позор, ведя к божественному правосудию закабаленных ими младших тварных существ и не придавая никакого значения тому, что падшие духи желают добиться полной победы. Он наделил этих падших духов неизменными законами, всяким деянием, движением и сильной властью, дабы они действовали, согласуясь со своей волей как против любого духовного эманиро-ванного существа, так и против любого существа телесной формы. Но, несмотря на всю изощренность демонов, ни одна из их потуг не достигнет желаемой цели.
Вы меня, возможно, спросите об этой цели, и я отвечу, что цель у демонов одна: перейти предписанные им свыше границы, соблазнив беспрепятственно не только обитателей земли, но еще и разного рода небесные тела. Они полагают, что в этом случае им откроются более могущественные возможности для напастей, нежели те, которые присущи их обычной силе. Тогда они смогут очаровывать рассудок младших тварных существ, представившись в глазах последних единственными истинными богами земли и небес, пообещав покровительствовать младшим тварным существам своими силами и свойствами, отличными от сил и свойств, находящихся в распоряжении Божества. Если же младшие твар-ные существа захотят признать их за своих владык, то демоны возымеют свободное воздействие над всяким существом. Более того, падшие духи постараются убедить младших тварных существ в том, что вселенское Творение было неверно отнесено к Божеству, да и сам Бог, о котором они некогда слышали, был всего лишь одним из них, управлявших всем творением. Человек же появился на земле, когда последовала эманация младших тварных существ, исшедших от великого князя юга, первоначального главы всякого материального и надматериального существа (что значит: весы основного (костного) центрального огня, заключенного в форме). Младшие тварные существа должны были его признать, слепо принимая все, чем он вдохновлял бы их через своих низших сотрудников. Тогда демоны взглянули бы с удовлетворением на свидетельство их успешной силы, как и их глава, великий князь юга, который бы действовал все дни пред ними.
Региональный правитель восточной части, или великий князь земных демонов, сказал своим младшим тварным существам: «Наблюдайте за оком великого вселенского князя, в нем видя солнце. Это дом того, кто управляет всей протяженностью, что ваш взгляд и ваше воображение могут уловить и понять». Земной князь северного региона сказал со своей стороны: «Я вас научу, мои возлюбленные, от всевышнего и всемогущего князя, который жил и будет жить вечно с вами и нами. Вы должны знать, на что мой и ваш учитель укажет вам моим словом. Поверните же лица к главному дому, наблюдая в нем лунный корпус. Это дом, где обитают все великие духи, подобные мне, а также низшие и младшие. Именно от него исходит слава нашего великого князя, коей вы должны всячески содействовать, дабы достигнуть великого князя всеми своими силами и устремлениями, уподобив ваше могущество нашему».
Падшие демонические главы, не удержавшись, открыли соблазненным ими бедным младшим тварным существам способ, позволивший последним действовать сообща с обитателями двух демонических домов, отмеченных демонами в качестве наиболее великих и значительных. Один из них — луна, величайший дом чувственного, или земного, круга; другой — солнце, величайший дом небес. Также демоны посоветовали младшим тварным существам исполнять духовные действа в отношении вышеназванных домов, когда они образуют между собой совершенное соединение и противостояние, а именно, во время солнечных и лунных затмений. Тогда младшие тварные существа могут достигнуть вышестоящих владык-обитателей двух домов — любого из них, в ком будут иметь нужду. Возможно также, что младшим тварным существам окажет свое покровительство и всемогущий демонический принц.
Два других региональных демонических правителя повторили все это почти слово в слово, и племя несчастных младших тварных существ, соблазненное данными посулами, исполняло с усердием и точностью действа и могущества, полученные у демонических глав. Эти люди достигли многого в молниеносном искажении и разрушении всего потомства Каина и большей части Сифова потомства.
Я рассказал здесь об уловках, с помощью которых демонические владыки соблазнили и подчинили себе в малый срок почти всех обитателей земли. Значит, мы обязаны бдеть и крепко держать свой щит, ведь эти надшие духи спят и видят, как бы уничтожить младшее тварное существо, смешав его с собой. В их существовании мы наблюдаем то, что вульгарно называем действием и противодействием, иными словами, акцию и реакцию, производящиеся ежедневно во вселенной. Дабы понять изощренность демонических попыток, нужно знать, что они беспрепятственно занимаются разложением тел (форм) и разрушением духовных существ, надеясь достичь поставленной перед собой цели то одним способом, то другим. Они преследуют младших тварных существ с появления последних в нашем низменном мире и до той поры, пока демоны уже не смогут пользоваться телесными чувствами человека. Именно этим можно объяснить плач и крики новорожденных. Мы видим, как все эти вещи подтверждаются в Рождестве Христовом, в Пришествии Спасителя в телесной форме, в Его страданиях, в кознях Его гонителей, ужесточавшихся по мере Его земной жизни. Посему мы не можем сомневаться, что демоны находились вокруг телесной формы с того самого мига, как в нее было воплощено младшее тварное существо. Оттуда происходит и способ, с помощью которого патриархи, испрашивая благословения, изгоняли бесов от своего потомства и удаляли падших духов, окружавших телесную форму. Оттуда произошло таинство, или обряд крещения крови, в котором был установлен Завет с Авраамом. Оттуда, наконец, идет и крещение благодати, дарованное новообращенным во Христе.
Дальнейшее размышление о человеческом грехопадении. Милосердие Господне
ВЫ можете меня спросить о том, во что превратился бы наш мир, если бы Адам не достиг своего примирения? Я не отвечу на этот вопрос, хотя скажу, что решение Творца наказать и унизить демонов явилось неизменным. Предвечный провидел и другое: стремление ужасных духов полностью завершить смешение младшего тварного существа с собой, дабы оно уже не могло противостоять им и их сторонникам в божественном правосудии.
В ту пору Творец взял младшее тварное существо под свою защиту, благодаря чему все попытки демонов против неизменных законов становились бессильными. Так демоны содержались в великом проклятии, а Творец им оставил только простую духовную силу, которой Бог не мог их лишить для поверхностных действий во вселенной. Разумеется, демоны не могут совершить тотального разрушения того, что Творцом освобождено, и они не могут остановить протяженность жизни, определенную Творцом каждой вещи. Поэтому демоны и не смогли помешать становлению нынешнего мира после искажения славной формы человека и обретения им материальной формы.
Скажу здесь, что впредь необходимо рассматривать человеческую форму только в качестве реального тела существующей материи, хотя оно и происходит от первоначальных духовных и предопределенных сущностей, удерживавших благодаря первому Слову творения различные образы, согласуемые с формами, какие должны были претвориться во вселенском творении. Невозможно рассматривать нынешние телесные формы в качестве реальных, если воспринимаешь материю, замышленную Божественным Творцом, как противоречащую своей духовности. Он именуется Творцом, ибо из ничего Он все, и всякое Его творение происходит из Его воображения, иными словами, творение появляется от Его мыслящего божественного воображения, что называется образом.
Главная божественная сила, все произведшая, вновь взыщет к своему истоку всякий род формы, дабы форма воссоединилась со своим началом, а затем рассеялась и вновь реинтегрировалась в месте первой своей эманации — вот о чем более подробно будет вестись речь дальше.
Вы видели лицемерные попытки демонов отвратить младших тварных существ от культа истинного Божества, обратив их ко князю юга, единому божественному предводителю. Необходимо знать: падшие духи всегда появлялись пред людьми в духовном одеянии, обещая и доказывая, что люди будут вечными, как и они. И как только люди совлекут с себя телесную форму, они уже не будут существовать ограниченный срок. Именно так соблазняли младших тварных существ падшие духи, приняв внешне красивые обличья, и тем самым готовили людям чудовищные страдания.
Но спрошу вас: несмотря на демонические преследования первоначального народа, или потомства Каина и Сифа, не находились ли люди, защищавшиеся от козней ужасного интеллекта и полностью избавившие себя от мучений, обрушившихся на других младших тварных существ? Вы не можете отрицать, что были лишь девять патриархов, которым наследовал Ной. В последнем исполнилось десятеричное число. Но если я вам задам тот же вопрос о современных людях и если я вас попрошу найти хотя бы одного такого в нашем столетии, то вы будете весьма затруднены в своем ответе. Вы не найдете никого, ибо люди, появившиеся на свет в наши последние века от Рождества Христова, не имели перед своими глазами божественных свидетельств, творившихся в первые века христианства, и потеряли из вида знание великого божественного культа, подобно тому, как они не видят продолжения чудес правосудия Творца, свершавшегося ежедневно у первых народов.
Люди нашего времени с легкостью предаются сомнению и еще более питают пристрастие к своему неведению. Сегодня, похоже, успех демонических интеллектов в деле закабаления младших тварных существ намного значительнее, нежели в минувшем. Люди нашего века удалились от всего божественного знания под предлогом того, что последнее является претенциозной слепой верой. Ими утрачена идея истинной веры. Говорят, вера без дел не бывает истинной верой. Значит, можно прекрасно творить дела веры, не имея самой веры. Я выражусь совсем по-иному: дела, которые человек может совершить слабой верой, имеющейся у всех людей, поистине не могут быть принадлежащими к вере. Вера человека не является живой и совершенной, если она не вдохновлена высшим посредником (агентом). Именно так человек творит дела, уже не принадлежащие ему и свидетельствующие обо всей силе веры, действующей в нем. Люди же нашего века забросили духов ные науки, дабы предаться греховности материи в своих пред при ятиях. Это наложило вуаль столь плотную на их глаза, что они оказались почти целиком в том же ослеплении, какое некогда пос тигло все потомство Каина и большую часть потомства Сифова.
Мы знаем, что ослепление первых поколений, а равно и падение Израиля, явилось поразительным повторением проклятия. наложенного на Адама во все время, когда Творец свершал над ним свое правосудие. Духовное бездействие есть наказание всякого духа, удалившегося от Творца, ибо никакое духовное существо, находящееся в божественном проклятии, не может пользоваться божественным культом, поскольку оно не получило от Предвечного примирения, о котором нам свидетельствуют посредством прообразов и символов Адам и многие другие потомки первого человека. Хотя прообраз, говорят, заключает в себе более, нежели символ, ведь прообраз — истинная картина состоявшегося события или события, которое должно произойти спустя малое количество времени. Символ дает лишь объяснения прообразу события в его развитии. Прообраз, наконец, есть наивысшая категория в пророчествах, поскольку в них пророки прорицают угрозы в будущем, если человек и народ, к которому он принадлежит, удалятся от милосердия Творца. И тогда на этот народ падет пророчество, прообраз которого объявляет его неизбежным событием, принадлежащим неизменному решению Творца. Итак, мы не можем вновь отрицать того, что первоначальное потомство Адама должно было быть пораженным и ужасно наказанным, а равным образом и народ Израилев за забвение Творца и культа, для которого и Адамово потомство, и Израиль были созданы.
Я вас спрошу теперь: в каком состоянии пребывал мир в момент пришествия Христа к людям? Каков был культ, людьми воздаваемый Творцу? Разве не велась публичная торговля в Храме Творца, и не оказывалось там признание другим богам, в том числе и материи? Откуда пошла эта торговля? И сами материальные дела разве не погрузили израильтян в идолопоклонство? Все вышеперечисленное с поразительной точностью повторяется в людях нашего времени, ибо и они забыли о Творце в целях своего тленного обогащения. Все эти люди представляют собой две канувшие в прошлое эпохи: эпоху Адамова потомства и эпоху потомства Израиля. Мы воочию наблюдаем тот же путь, тот же образ, те же привычки в людях нашего столетия. Империя демонов одерживает триумф, играя на предрассудках слабых младших тварных существ. Эти младшие духовные существа столь удалились от божественного культа, сделавшись грязными и нечистыми благодаря союзу, заключаемому ими ежедневно с падшими духами, что их должна постигнуть кара бесконечно более ужасная, нежели наказания, некогда упавшие на первоначальные поколения, ибо нынешнее потомство видело и слышало поистине голос Того, кто творил всяческое духовное примирение, и Того, через которого Творец на глазах творения свидетельствовал своими делами.
Разве не существовал сам Возродивший? Разве не вещал Он, дабы развеять демоническое искушение, коим младшие тварные существа были осквернены? Разве не страдал Он, дабы сломить напасти, причиняемые демонами младшим духовным существам? Разве не показал Он младшим духовным существам, что они действовали не от самих себя, дав им познать того, который заставлял их творить против божественной воли. Разве не дал Он младшим тварным существам познать способы, применяемые демонами, чтобы заставить людей отказаться от самих себя и своей души? Если же часть младших духовных существ последовала советам демонов, а другая их отвергла, то данная разница мысли и воли в самих людях свидетельствует только о том, что в них заключено свободное духовное и божественное существо. В противном случае демоны не преследовали бы так сильно людей.
Именно из-за забвения всех этих вещей младшие духовные существа, появившиеся на свет в христианскую эпоху, повторили мерзости первоначальных поколений. Они отвергли свою душу, ибо невозможно принять Творца, не приняв чистых духовных творений. Потомство Каина распространило заблуждение и на наши дни, не принимая ни Бога, ни души. Большая часть потомства Сифова приняла душу, но другого творца, впустив в себя демонический дух и признав вечную вселенную, чего потомство Каина не признало, поскольку их первый отец обучил каинитов принципу всех тварных вещей, дав знание металлического источника и форм, которые они ему сами передавали. Отсюда каиниты заключили, что вселенная и все, что она содержит, обретая форму, возвращается к своему первоначальному принципу безразличия.
Если мы говорим об Израиле, то разие не видим в нем тех же самых заблуждений и преступлений, свершившихся в первоначальных человеческих поколениях? Однако именно этот народ стал свидетелем проявления всего правосудия и всего божественного могущества. Именно для него Творец раскрыл все свои чудеса, и все равно Израиль пал под натиском демонов, развеяв свою отвагу, предпочтя фальшивых богов и опечалив вечного Творца. Несчастный остаток этого народа являет собой весь путь грехопадения, постигший его отцов. Ведь культ, который отправляют нынешние евреи, заставляет осознавать, что они ведомы только ложными принципами и самим князем тьмы. Они — рабы образа и церемониала закона, они не принадлежат более к истине, душе и законам Творца. Они подчинены греховности материальных благ.
Несмотря на ложный путь, коим устремлялись люди из потомства Каина, Сифа и Израиля, а также люди христианского времени, мы видели всегда свидетельства милосердия Творца. Хотя творение и живет под тяжестью правосудия Творца, однако Он не лишает его своих благодеяний, покровительствуя человеку вопреки тем средствам, которые кажутся младшему тварному существу необходимыми для удовлетворения своих потребностей, будь они материальными или духовными.
О столь поразительных доказательствах этого божественного милосердия нам свидетельствует Измаил. Как и первоначальное потомство Авраама по крови, он являлся символом избрания Израиля, его уход из дома отца своего представляет нам Израиль, стыдливо вышедший из Храма в божественном проклятии. Побег же Измаила в чужие страны из земли отца своего представляет изгнание Израиля от присутствия Творца и рассеяние Израиля по всем странам земли. Агаръ, мать Измаила, не принесла в пищу себе и своему сыну ничего, кроме хлеба и ковша воды, следуя свидетельству Писания, и, будучи удрученной, исполнилась безнадежности видеть сына Измаила, умиравшего от голода и жажды. Но в этой скорби она не забыла Творца, и Он ее не оставил, ибо ангел Господень явился пред ней и сказал: «Жена! Просьбы, обращенные тобой к Предвечному во искупление твоих грехов, были услышаны. Поднимись же, возьми своего сына и следуй за мной». После того как ангел утолил голод и жажду Измаила и его матери, благословив обоих во имя Предвечного, он указал им дорогу, коей они должны были проследовать, дабы остановиться в земле, какую Творец им определил, говоря Агари: «Предвечный будет заботиться о твоем сыне, который расцветет на земле в твоем присутствии, и от него родятся двенадцать князей земли, двенадцать глав колен».
Сей пример нам указывает, что мы должны во всем довериться Предвечному, ибо даже если Он чего-то лишает, то взамен обязательно одаривает совершенным счастьем.
Но оставим Измаила и поспешим изучить великий образ Ноя, о коем я вам уже объявил.
Всемирный потоп и патриарх Ной. О католических телах
ПОТОМСТВО Каина и Сифа, погрязнув в своих мерзостях и отказавшись от Творца и его культа, предались совершению отвратительнейших и вопиющих кощунств, о коих невозможно говорить без содрогания. Творец поднялся против этих развратников и демонов, их обольщавших. Он поручил Ною, своему верному избраннику, взяться за сооружение ковчега из кедрового древа, ибо в ковчеге будет заключаться свидетельство божественного правосудия, которое исполнится на горе земле и ее обитателям. Судно называлось Ковчегом, поскольку имело в своем основании форму, подобную надводной части утки, плывущей по воде. На судне не было ни мачт, ни парусов, ни весел, да они и не нужны были ни Ною, ни его сыновьям, ведь ковчег управлялся водной стихией по воле Творца. Когда настало время свидетельства божественного правосудия над всей землей, Творец послал к своему избраннику Ною ангела, сказавшего определенным способом, что Ной должен войти в ковчег со своей женой, своими сыновьями и женами сыновей. У Ноя имелись равные меры продовольствия для животных разумных и неразумных, заключенных вместе с ним в ковчеге, хотя продовольствие сие и не было пищей нежной и чересчур желанной, коими являются наиболее чистое тесто и утонченные продукты, способные обольстить вкус. Продовольствие Ноева ковчега составляли простые и самые обычные земные плоды, остававшиеся еще на две трети в ковчеге после того, как из него уже все вышли. Ной и его семейство мало думали о своей телесной жизни, ибо стали живыми свидетелями ужасающего наказания.
Ной лицезрел истинное свидетельство божественного правосудия, совершаемого над общим и частным телами. Тела сии постоянны во вселенском круге и все время присутствовали, будучи в духовном и божественном проклятии. Ной был так поражен событием Потопа, что стал все более и более предаваться изучению духовной жизни разумных животных и телесной жизни неразумных животных. Вот почему у него оставалось много провизии в ковчеге уже после Потопа.
Во время Потопа Ной уподобился истинному образу Творца, плывя по водам, как Творец пред усмирением хаоса, согласно слову Бытия. Тяжелое водное покрывало, скрывшее под собой всю землю и спрятавшее ее, удалив от лика Творца, напоминает свехнебесное пространство, которое большей частью философов зовется кристаллическим небом, отделяющим Творца от божественного круга и своего временного вселенского творения.
Потопное затмение, отразившее светящиеся тела, напоминает нам изъятие духовного света из собранных (католических) тел, не воспринявших еще законы порядка, согласно которым они могли бы действовать по решению Творца, служа украшениями и посредниками во вселенском круге творения. Лишение божественной ясности католических тел повторяется каждый раз в зачатии человеческой формы в теле женщины. Мы разделим скелет человеческого тела на три части, а именно: голова — 1, туловище — 2, и кости — 3. Мы не можем не согласиться с тем, что эти три части, столь отличные друг от друга и разные по своим очертаниям и пропорциям, можно прекрасно распознать, не прибегая ни к какому сечению и разрыву хрящевых жил, соединяющих все три части воедино посредством одной интимной связи. Однако каждая из частей имеет различные достоинства и свойства, что совершенно напоминает нам три известных царства природы: животное, растительное и минеральное.
Эти три царства содержатся в земной форме, равно как и три части человеческого тела, о которых я сказал, заключены в оболочку, свойственную всякой форме. Я не веду здесь речь о четырех членах человеческого тела: двух руках и двух ногах, ибо все это примыкает к позвоночнику. В другом месте я расскажу об их частных особенностях. Три части человеческого тела объясняют своим существованием три первоначальных действа, взорвавших все католические тела. Первое действо — схождение младшего общего существа в телесную общую земную форму, второе — соединение старшего божественного с младшим существом в единой душе, третье — установление границы протяженности, коей старший дух по воле Творца закрепил себя самого в общем теле и телах частных, небесных и земных, а также отметил различные свойства и особенности, данные всем телам.
Он наделил поровну добродетелью и силой всех старших, низших и младших духовных существ, которые должны действовать как в формах общих и частных, так и вне всяких форм. Он также наделил этими свойствами обитателей центральной оси, чтобы все сущее было согласовано с божественной волей. Благодаря данным трем действам вселенское творение восприняло законы, установления и повеления, но в первый момент это сопровождалось взрывом хаоса. В ту пору любая телесная форма, содержавшаяся в хаосе, обрела свое действие в соответствии с порядком, принятым ей. Не нужно думать, что взрыв хаоса получился от нисхождения младшего духа или соединения старшего духа с ним. Хотя на самом деле это стало возможным благодаря отступлению старшего, или дважды могущественного, духа из хаотической оболочки для воссоединения в своем отце. Это случилось в миг, когда всякая вещь мыслилась своей активной и пассивной природой в воображении Творца.
Таким образом, вы должны правильно понять смысл слов Писания: «свет во тьме светит, и тьма его не объяла». Ведь любая телесная материальная форма всегда остается хаосом для духовной божественной души и не может воспринять связь духовного божественного интеллекта, поскольку она — существо внешнее. Младшее же духовное существо, являясь вечным существом, напротив, благодаря своей эманации способно в любой момент обрести данную связь.
Мы ясно ощущаем, что материальное тело стало хаосом души младшего тварного существа и теперь в таком состоянии человек живет, будучи наказанным за преступление своего прародителя. Быть может, половина этой жизни проходит в слабом свете, являющимся отражением божественного духовного света, а другая половина — во тьме ужасной. Именно это мы зовем светом и элементарной тьмой, иными словами, днем и ночью. Однако в миг, когда младшее тварное существо выходит из хаотической формы, временная элементарная тьма для него исчезает, ибо оно уже полностью использует импассивный духовный и неиссякаемый свет, вложенный некогда в него. Вот и Творец нас учит, что Дух читает, видит и знает все своей собственной проницательностью, то есть своим собственным светом.
Но почему, спросите вы, в Писании говорится, что грешники будут наказаны жизнью во тьме и будут лишены всякого света? Я отвечу, что тьма, коей Писание угрожает грешникам, не означает лишения ясности и света. Это только отъятие у грешников духовно божественного действия в огромном небесном пространстве, где праведные примиренные духи будут завершать свою счастливую реинтеграцию. Писание здесь не может говорить о другом, ибо всякий дух, будь он добрый или злой, несет в себе свой собственный свет. Если бы вы усомнились, что взрыв хаоса произошел именно так, как я вам о нем рассказывал, то не нужно было бы обращать внимание на ангела, отворившего дверь ковчега и выпустившего все живое для размещения на палубе, дабы все живое стало свидетелем проявления божественного правосудия, а равно и узрело истинную картину исхождения великого духа вселенской оболочки, воссоздающего пред Творцом всякое существо временного творения.
Символическое значение Ноева ковчега
ТЕПЕРЬ я вам расскажу о символическом значении таинственного Ноева ковчега, в котором содержались различные животные существа. На самом деле ковчег олицетворяет собой реально хаотическую оболочку, в коей заключены все принципы творения телесных форм. Те сорок дней, когда упомянутые животные были лишены элементарного света, олицетворяют собой физическую операцию по зачатию и вынашиванию человека, через которую должны пройти все люди в своем телесном воспроизводстве. Человеческий плод может обрести жизнь пассивную, активную и духовную только по завершении этих сорока символических дней. По этому поводу я больше вам ничего не буду говорить, — природные действия смогут полностью просветить вас и сверх того. Нисхождение и смешение просветленных вод с мутными вам напомнит о нисхождении первоначального младшего тварного существа в свое материальное земное тело, а сорок дней, в течение которых просветленные воды нисходят, представят вам сорок лет печалей и горестей, постигших душу и дух Адама после его грехопадения.
Невозможно даже вообразить, каковы были печали, охватившие Адама в тот момент, когда после грехопадения он сделался, с одной стороны, полностью свободным благодаря природе своего естества чистого, духовного и мыслящего, а с другой — стал подверженным времени. В течение сорока лет Адам, содрогаясь, скорбел о своем преступлении и размышлял о том, кем бы он сделался в своей первооснове, не совершив преступления, кем он стал в действительности и кем будет в грядущем. Посредством своей скорби первый человек пытался достичь милосердия Творца и достиг его на самом деле по завершении сорока лет необходимых печалей и горестей, дабы исполнить свое искупление. Адам мог достичь своего примирения лишь по окончании сорокалетнего срока, ибо именно в это время должна была появиться на свет от него и Евы духовная жертва, которая стерла бы стыд его преступления, наказав мерзость демонов'обольстителей. Горести Адама, усиливавшиеся в течение сорока лет, символически обозначены горестью животных, находившихся в Ноевом ковчеге во власти божественного правосудия в течение сорока дней. По исполнении срока Ной пришел со своими животными на гору Арарат, называемую горой Армении, и воздал Творцу милость за то, что Он соблаговолил его сохранить вместе с остатком животных от Потопа, павшего на землю и ее обитателей.
Вы могли бы меня спросить: а что общего у неразумных животных с грехопадением человека, и почему животные несут наказание вместе с человеком за его преступление? Я вам отвечу, что люди того времени столь отвергли Творца, поддавшись всецело воле демонов, и распространили свою мерзость до того, что стали использовать диких животных в качестве женщин и сеять среди них противоестественные пороки. Города Содом и Гоморра как раз и стали известными вследствие этих смертных грехов. Ныне же не стоит удивляться, почему Творец исполнил свое правосудие над разумными и неразумными животными. Творец наказал два вышеназванных города так, как прежде он поразил землю Потопом, и огонь, обрушенный Предвечным на эти города, проявил волю того, кто должен положить конец временной протяженности, в которой пребывает вселенское творение, о чем я расскажу в ином месте.
Чтобы вы еще больше убедились в том, что примирение Адама произошло только по истечении сорока лет, скажу о бесплодности земли, длившейся сорок лет после пребывания вод на ее поверхности и превратившей ее в мертвое тело, лишенное сколь-нибудь заметной и существенной растительности. Земля обрела свое первоначальное могущество и способность к воспроизводству после того, как ее вновь благословил Творец, а это произошло по завершении сорока лет земных страданий и печалей, когда Адам и Ева были вновь наделены духовной божественной силой, хотя и временной. Всемирный Потоп ощущался столь долго на земле, став незапамятным примером остатку смертных того времени и всему их потомству, дабы из поколения в поколение люди передавали знание о преступлении первого человека, его первого потомства, идущего от Каина, и второго потомства, произошедшего от Сифа. Что же касается Ноя, то его потомство явилось третьим, в котором счастливый Ной утвердился и предстал пред Творцом.
Так божественное наказание прокатилось по всей земле, охватив собой все вселенское творение, начиная от духовного божественного круга. Оно вновь повторило хаос, в коем содержались три основные сущности всех тел, служившие сотворению нашей вселенной. Эти сущности находились в безразличном состоянии, делавшем их восприимчивыми к впечатлениям от внешних агентов, а значит, и действиям в соответствии с энергией Творца. Грозное событие отметило две наиважнейшие вещи. С одной стороны, общее наказание всего телесного творения и творения всякого духовного младшего существа; с другой — то, что всякое творение происходило непосредственно от Предвечного, и невозможно было какому-нибудь иному существу сотворить подобную вселенную со всеми чудесами, заключенными в ней.
Отступление Всемирного потопа. Обращение Ноя к земле и людям
В ТОТ момент, когда Ной вышел из ковчега, он сказал остатку творения, находившемуся рядом с ним: «Слушай, земля, и вы, человеки, слушайте меня и понимайте не рассудком вашей материальной сущности, а разумением вашего духовного существа. Я говорю вам: Творец есть Величайший Владыка всего сущего во вселенском круге. Все произошло от Него и подвластно Его правосудию. Его милосердие нас сделало свидетелями Его непобедимой славы, исполненной на горе всей земли и всего остатка ее обитателей. Восхваляйте в глубине вашей души Возвышенного Отца, милосердного к своему творению, которое верует в Него. Став уцелевшими осколками печального Потопа, пронесшегося перед вашими глазами, умейте впредь не грешить против Духа Творца всех вещей и не отвергать, подобно вашим предшественникам, Его Вечного Всемогущества. Ваши предшественники рассматривали общее земное тело в качестве вечного, не имевшего начала и конца. Они его осознавали в качестве единого принципа всякой вещи, будучи убежденными, что любое их существо от него произошло, и не признавали тем самым в себе самих ничего высшего в телесной форме. Они не думали о духовных божественных существах.
И это навлекло на них Всемирный Потоп. Творец попустил, чтобы их трупы оставались плотными и пребывали смешанными с трупами диких животных, в чем выразилось возмущение Творца против них, и был дан урок на память о божественном правосудии с давних времен как всему последующему человеческому потомству из поколения в поколение, так и животным неразумным. Дабы память эта никогда не стерлась от начала земли. Знай, земля, знайте, люди, о грозном наказании, от которого трепетали небожители, дрожите от страха ужасной казни, и особенно от того, что Творец в своем наказании не сделал никакого различия между людьми и дикими животными. Творец был прав, дав ощутить людям всю бесконечность своей силы, ибо они его отвергли как Отца. Творец был прав, смешав их с хищными зверьми, ибо не признавали они иного рождения, кроме своего звероподобного рождения. Сколь духовно невежественно желание возводить происхождение чисто духовного существа, основанного на духовных принципах, к диким животным, которые могут воспроизвести лишь материальные формы, что и впредь останутся в ничтожестве, если божественное духовное существо ими не воспользуется! Какое унизительное падение! Сам демон не внушал на земле подобного и не вовлекал ее обитателей в такое невежество! Блюдите себя, имея пред очами примеры, внушающие отвращение вашему младшему духовному существу. Опасайтесь неверного пути, на который вас будут направлять вам подобные под предлогом укрепления вашей богобоязненности. Они вас низведут на общую тропу материи, и это навлечет на вас и ваше потомство проклятие Предвечного. Тогда в грядущем вы и ваши потомки будете рассеяны среди народов, населяющих три земных стороны.
Так, земля и люди, Творец говорит вам моими устами. Мое слово простое и чистое. Истина, безыскусно и искренне прозвучавшая в моем слове без прикрас, станет понятной тем, которые по своей доброй вере желают ее познать. Она сама собой обращается к человеку желания, ибо у этой истины нет ничего от материального начала. Она единственная, безграничная, неизменная и всецело духовная, потому что низошла прямо от Творца. Она не может передаваться неразумным животным. Эта истина доступна только младшим духовным тварным существам, произошедшим, как и она, от вечного принципа. В своем удалении дикое животное останется всегда безнаказанным, ведь оно не приемлет награды. Великий Потоп — первое свидетельство, которое должно стать с незапамятных времен известным всем обитателям небес и земли. Вот сказанное мной вам от Предвечного. Но в свой час придет более великий, нежели я. Придет Величайший. Он родится в вашем потомстве и просветит его подробнее о правосудии, об искуплении, сохраняемых для творения до конца времен, и воздаст каждому по вере в Творца».
Совершение Ноем божественного культа. Символизм ворона и голубя. Хам, как наследник проклятия Каина. Размеры Ноева ковчега
ПОСЛЕ увещания Ной разделил землю между тремя сыновьями, о чем я скажу, продолжая объяснять образ Ноя, его ковчега и Всемирного Потопа.
Младшие разумные существа, заключенные в ковчег на то время, когда они были лишены элементарного света, символизируют собой уединение младших тварных существ под сенью великого света, где они будут находиться в ожидании, отдыхая от временного пространства и не имея возможности осуществлять никакого земного действия. Хотя эти праведные существа и утешились в своей реинтеграции, они испытывают некоторые значимые мучения от того, что в совершенстве не могут лицезреть лик духа утешителя, говорящего им. Однако они пребывают в истине, открывшейся им и свидетельствующей о том, что первый человек или иной из его потомства будут реинтегрированы в божественный круг только после великой битвы небес и земли, совершенной истинным Адамом, или Розоватым, во славу и великую пользу младших тварных существ. Место, где в ожидании отдыхают праведные, называется философски разумным (рациональным) кругом, или сатурническим кругом. Именно он служит ступенью в наднебесные круги и именно о нем говорится в Писании как месте отдохновения Святых Отцов, примиренных с Творцом. Именно здесь осознается недостаток времени, который необходим примиренным существам для их реинтеграции в круге чувственном, земном. Поэтому им необходимо действовать духовно во всех пространствах вселенского круга, дабы завершить путь, предначертанный Творцом младшим тварным существам, исшедшим от Него и освобожденным от Его божественной безмерности.
Вот второй пример, преподанный разумными существами, заключенными в ковчег и спасенными от Потопа божественным правосудием в награду за их добрые духовные дела, совершенные на земле.
Ной, имя которого означает отдохновение, или облегчение, выйдя из ковчега, совершил божественный культ от десяти к десяти дням, насчитывающий на самом деле сорок дней. Все это время Ной оставался на горе Арарат. Божественный культ являлся истинным прообразом культа, совершенного затем божественным человеком для примирения первого младшего тварного существа, дабы вселенское творение не изменяло впредь формы, подобно Адаму, изменившему свое тело. Именно в культе божественного человека, или Христа, Творец благословил вселенское творение, благословив и Адама, некогда им проклятого как божественного человека земли и родоначальника всякого тварного существа. Ной повторил истину, прибегнув посредством своей молитвы к милосердию Творца, чтобы Творец примирил землю с остатком обитателей, нашедших милость пред Ним.
Ной обрел милость, о которой вопрошал, и земля по завершении сорока лет была примирена с людьми в своем главном принципе растительной жизни. «Воистину, Предвечный», — сказал Ной Творцу, — несчастные люди, доверившие себя твоему покровительству, в моих скитаниях уразумели, что ты мгновенно можешь изменить, если захочешь, лицо вселенского творения, подобно тому, как ты уже изменил земное творение, ослабив его до ничтожества. Воистину, Творец Всемогущий, правосудие свершено и прославлено во всякой духовной твари, небесной и земной. Если дух великий в праведности пред тобой не может вынести твоего света, не содрогнувшись, то как слабые смертные обитатели нашей юдоли слез могут стать достойными своей божественной реинтеграции, если ты не окажешь им милостивой помощи? О, Творец Живоносный! Оживи общее земное тело, ибо на нем твоя тварь должна исполнять божественный культ. Землю мы будем считать великим жертвенником, или алтарем, на котором должна приноситься жертва примирения».
Ворон вылетел из ковчега в ту пору, когда земля еще была скрыта водами, дабы напомнить нам о грехопадении Каина и воочию пророчествовать о грехопадении Хама. Ворон направил свой полет к югу, указав место, где обрел укрытие Каин и где скроется Хам со всем своим потомством. Ворон не вернулся более в ковчег, что нам свидетельствует о свершенном Творцом отделении потомства Каина от потомства Сифа. И это же предсказывает мерзость запустения, в которую люди ввергнут божественный культ, предавшись исключительно материальным страстям.
Голубь, вылетевший затем из ковчега, покружил первый раз над ковчегом и вернулся обратно. Голубь — истинный символ ангельского духа, управлявшего ковчегом и хранившего его со всем содержимым, а также передавшего Ною волю Творца во свидетельство божественного правосудия. Этот голубь также является символом духа, сопутствующего младшим тварным существам; он является символом ангелов-хранителей, покровительствующих людям из своего духовного круга с целью защитить их от демонической козни, коей падшие духи каждое мгновение действуют против человека. Размеры и пропорции ковчега дают в итоге сложения число, указывающее на то, что данное сооружение, как видим, являлось домом смятения:
Ковчег имел:
Длину 300 локтей
Ширину 50 локтей
Высоту 30 локтей
380 = 11
Число одиннадцать противостоит всякому роду сложной телесной формы, любому аналогу земного тела и всему, что происходит от него.
Радуга, как образ духовного примирения, обетованного Ною. Разделение земли между сыновьями Ноевыми. Хам уходит на юг, где обитал Каин
ВСЕЛЕНСКОЕ примирение было обетовано Ною, когда над землей образовался духовный знак, в обиходе называемый радугой. На самом деле семь главных вселенских духов явились Ною в великом разноцветном символе огня, образовав полукружье, верхняя часть которого шла от вершины горы Арарат, а нижняя часть касалась ковчега. Ной внимательно созерцал радугу, осознавая, что может проникнуться волей Творца и постичь суть божественных намерений, лишь разгадав смысл, заключенный в данном пророческом символе. Именно тогда голубь взлетел с ковчега, устремившись к горе Арарат. Прилетев оттуда, он принес оливковую ветвь, ставшую увядать на глазах у Ноя, и Ной понял, что их освобождение уже близко. Оливковая ветвь, предпочтенная голубем пред ветвями иных деревьев, указывает людям плод, используемый для обозначения сил, данных Творцом во свидетельство своего культа, исполнявшегося в Израиле и среди иных мудрецов. Разделение же земли, осуществленное Ноем, напоминает нам разделение земли во времена Адама между его потомством. Ной разделил землю между тремя своими сыновьями: Хаму отдал южную часть, место, где Каин уже жил до того; Симу — восточную часть, данную некогда Авелю; а Иафету — северную часть, которая издавна принадлежала Сифу. Ну, а сам Ной вместе с женой остались жительствовать в центре земли. Разделение земли на три части, или стороны, предпринятое повторно, нам еще раз говорит о том, что форма земли является треугольной. Но я буду подробно говорить об этом, когда начну разъяснять принципы внешней материи.
Перед тем как обитатели ковчега покинули судно, дабы занять на Земле место, предопределенное каждому из них, Ной сказал: «Он вспомнил о тебе, Земля, и о вас, разумные и неразумные животные, когда ужасный Потоп, свидетелями которого вы были, явился наказанием для преступников пред Творцом. Тогда Он вспомнил о вас в своем божественном милосердии и доброте, охранивших вас от ужасных мучений. Воды, поднявшиеся до врат тверди небесной и смывшие всю природу на ваших глазах, вам показали, коим ничтожеством была вселенская природа до того, как Творец ее представил в своем воображении, а затем создал творение, духовное и материальное. Вы видели ясно, что всякое плотское земное существо произошло непосредственно из порядка Его мысли и воли, а всякое духовное божественное существо родилось прямо в Его вечной эманации. Творение принадлежит только внешней материи, которая не появилась бы из ничего, если бы не существовало божественного воображения, что должно вновь вернуться в ничто. Однако эманация принадлежит духовным существам, реальным и нетленным. Все духи, старшие и младшие, будут существовать вечно, особо различаясь в божественном круге. Предвечный называем Творцом не только потому, что создал все, но и потому, что не будет никогда прекращать творить добродетели и наделять духовными силами избранных, исшедших от Него. Духовные существа поистине заложены в Божестве подобно тому, как семенники воспроизводства форм суть в общем и частном теле вселенной.
Вы не можете отказать Божеству в данном преимуществе духовного исхождения, ибо вы своими глазами видите физическое доказательство того, что сей закон существует в воспроизводстве форм. Итак, не забывайте никогда о том, что Он сделал для вас. Вы — истинные свидетельства проявления Его славы и правосудия. Не воспринимайте никогда Творца лишь в качестве двигателя всего явившегося вашему взору, телесному и духовному. Помните: ничего не существует, не существовало и не будет существовать без Его воли. Не забывайте, что все произошло от Него, а не от проклятых духов-искусителей, низвергших вам подобных посредством демонических внушений в ужасные бездны материи. Пребывайте в мире и под покровительством Творца в уделе земном, определенном каждому из вас в долю. Будьте стражами этого наследства, ими же должно сделаться и ваше потомство из поколения в поколение до конца времен. Горе тому из вас, кто сотрет из своей памяти установления, законы и повеления, данные Творцом вторично вселенскому творению и всем, имеющим в себе духовное существо его исхождения. В мире духовных существ старшие те, кому Предвечный поручил просвещение людей в Его воле. Такие существа пребывают близ трона Божественного Господства. Низшие существа действуют во всей протяженности вселенского творения, оказывая влияние на земные тела — водные, горячие, центральной оси и минеральные. Помните, что Творец, возрождая землю, возродил и вас равным образом. Он повторил пред вами образ вселенского творения, дабы вы затем просветили потомство, поведав ему о том, что все обитатели земли были смешаны в безднах их бога материи с остатком животных. Хвалите Творца Всемогущего, чтобы вы и ваше потомство никогда не обрели такой участи! Ибо не будет более смысла в сохранении младших тварных существ в новом возрождении земли и ее обитателей — все будет обращено в ничтожество, и младшие тварные духовные существа низвергнутся навечно в божественном проклятии. Идите и пользуйтесь в мирской юдоли благословениями, данными мной вам силой Предвечного и во славу Его Имени».
После такой внушительной речи Ной освободил весь народ от своей духовной опеки, чтобы каждый из них стал поступать свободно в земном уделе, исходя из собственных добродетелей, свойств и могуществ. Ной остался со своей женой в центре земли, о чем я уже говорил. Там он имел многочисленное потомство. Далее объясню вам суть пребывания Ноя в центре земли. Я достаточно вам поведал о том, что Ной воплотил в себе образ Творца и его правосудия благодаря сооружению ковчега и возрождению в силе своей молитвы, примирившей всю землю с Творцом. Кроме того, Ной уберег младших тварных существ от вселенского наказания. Теперь перейдем к потомству, которое Ной произвел в месте своего пребывания. Оно состояло из десяти детей — семи мальчиков и трех девочек. Именно в этом потомстве был возрожден культ Творца и принесены чистые жертвы Предвечному с тем, чтобы он своей славой освятил младших тварных существ. Каждого из семи сыновей Ноя Творец наделил особым даром. Так, один воспринял дар поступать духовно и по воле Творца во благо просвещения своих братьев, другой — дар пророчества, третий — дар толкования и так далее. Писание говорит весьма подробно о разнообразных дарах, обретенных людьми, исшедшими от Творца для свидетельства его славы. Благодаря своим дарам и во исполнение своего предназначения, духовного и временного, дети Ноя возродили разнообразные культы. Второе потомство Ноя учредило многие церемониалы, молитвы и песнопения, необходимые культу. Оно же установило время и времена: часы, дни, недели, месяцы, годы в соответствии с их первоначальным течением. Хотя сегодня данные величины вычисляются по-иному, нежели в те давние века.
Второе Ноево потомство. Духовные дары этого потомства
НЕТ ничего удивительного в том, что Ной именовал свое второе потомство не иначе, как люди-боги земли, ибо сам носил в себе образ Творца. Посему неудивительно, что это потомство действовало только чисто духовными трудами, а не материально-временными. Оно не имело для себя никакой части в земном уделе. Я знаю, что Писание не говорит ни слова о втором потомстве Ноя. Однако мы не можем отрицать тот факт, что Ной вновь начертал собой образ Адама как в грехопадении первого человека, так и в грехах его первого и второго потомств (Каин и Сиф). К тому же мы не вправе сомневаться, что Ной повторил собой образ самого Адама в его примирении и произведении духовного потомства, о чем я уже упоминал. Адам, став нечистым пред Творцом, благодаря обретенной материальной телесности мог иметь лишь материальное потомство, осужденное из поколения в поколение, отправлявшее смешанный духовно-материальный культ. Ной повторил то же самое в своем первом потомстве, состоявшем из трех сыновей, которых он имел до своего избрания во свидетельство божественного правосудия. Несмотря на то, что его дети не совершали мерзостей среди падшего рода человеческого, они тем не менее были запятнаны преступлениями, творившимися в их присутствии. Они очищались постом и молитвой, скорбя в своих душах и телах при виде вселенского наказания, поразившего землю. Сие покаяние означает, что всякий праведный, представая младшим тварным существом пред Творцом, должен всегда быть очищенным в горниле духовного огня от мерзости, обусловленной пребыванием в телесной форме, и ему самому необходимо было одолевать все напасти, несомые злыми интеллектами. К подробностям этого мы еще вернемся во время разговора о материи и телесных формах.
В миг, когда Адам достиг своего примирения, он возымел духовное потомство, названное потомством Бога. Равным образом и Ной после своего избрания имел второе потомство, предопределенное ему, дабы вместе с ним вершить чисто духовные дела.
Семеро сыновей из второго потомства Ноя хорошо осознавали, что культ, который они будут воплощать на земле, являлся тем же культом, какой Творец ожидал увидеть от своего первого человека. Тогда они стали трудиться, а их дары, воспринятые от семи духовных божественных столпов, должны были поддержать вселенную и уберечь ее от новых потопов. Преломляя в праведности трудов божественное милосердие, они должны были направлять его и на развратителей будущих веков. Но эти мудрецы не исполняли долго свою миссию. Люди, просвещенные ими, поддались разным страстям и преступным греховностям вопреки правилам и примерам, явленным пред их глазами. Последнее вынудило мудрецов оставить людей, ставших добычей демона, и те были обречены на смерть в потоке божественного правосудия, которое осуществлялось не только над развратителями, но также над их городами и домами, сносимыми потоками, наведенными божественными ангелами-мстителями. Подобная участь постигла город Эноху, построенный Каином, а также Содом и Гоморру, Иерихон, Иерусалим и многие другие. Разрушение этих монументов еще раз доказывало, что людские творения были лишь материальными трудами, воплощенными в соответствии с мыслью и демоническим интеллектом. И все вышеназванные города обрушились потому, что слово праведных не было в них услышанным и не смогло служить всей своей духовной мощью во благо их жителей. Сие не должно вас нисколько удивлять. Ни один праведный человек не появился на свет в этих городах. Напротив, их обитатели всегда усердствовали в полном изгнании людей, проповедовавших им духовные ценности — им, погрязшим в материальном иге. То же самое, увы, творится и в нынешнем столетии. Достаточно посмотреть на современные города и их обитателей в повседневных трудах, внутренних и внешних, чтобы легко уразуметь, что правит во вселенной сама греховность, властвовавшая в ней и в первые столетия.
Не нужно думать, что те же самые потоки, истребившие древние города, не падут сегодня и на наши города, ведь построены они рукой человека и не уступают по преступлениям городам древности. Разумеется, это во власти Творца — наделять новыми дарами своих верных младших тварных существ. В его же власти — подвергнуть суровой каре развратителей, наслав на них доселе неведомые потоки. Посему невозможно сомневаться в божественном правосудии. Нужно отметить, что древние города были поражены совершенным семеричным числом праведных людей, не существовавших уже на земле, ведь Творец большую их часть забрал к себе. Господь предоставил людям того времени разделить участь их рода. Но затем потоки наказаний слились в один Потоп, упавший на потомство Каина и большинство из потомства Сифа, ибо не нашлось более праведных в потомстве Сифа, кроме счастливого человека Ноя и его детей.
Мы видели, что каждый из детей второго Ноева потомства получил для себя особый духовный божественный дар, используемый в соответствии с наставлениями Творца. Мы видели также, что эти дети учредили различные интервалы времени для исполнения разнообразных культов. Но для деления сего духовного вре мени на часы, дни, недели, месяцы и годы они применяли правила счисления порядковых чисел, подобно тому, как следовали этим же правилам их старшие земные братья для своих смешанных действий, материальных и духовных. Вы должны понять, что не могло и быть иначе. Не правда ли, что для обычного возделывания земли необходимо использовать временные промежутки в чередовании дней, недель, лунных месяцев, и каждому из циклов соответствует свой вид сельскохозяйственного труда? Не правда ли и то, что, если земледелец отказался признавать эти вещи, значит, он засеял поле напрасно, ибо не извлечет из своих трудов ничего, кроме урожая, весьма скудного в сравнении с тем, который мог бы получить, соблюдая в точности все необходимые прави ла закона, идущего от самого Творца, предписавшего человеку во время его осуждения возделывать землю? Вот отчего земля пред нами наиболее послушная и исполнительная. Тогда почему же вы не желаете рассматривать и духовный культ, подчиненный закону и точному церемониалу во времени и по временам года?
Безусловно, божественный культ по своей природе весьма отличен от земледельческого культа, и нет ничего удивительного в том, что дети из второго Ноева потомства регламентировали все вещи по отношению к духовному культу иным образом, некогда использовавшимся их предшественниками, отправлявшими, как я сказал, смешанный культ, духовный и материальный. Сие не доказывает ли нам, что второе Ноево потомство явилось более просвещенным, нежели первое? Ведь человек, желающий реализовать сразу два своих таланта, не может исполнить ни один из них в совершенстве. Но тот из людей, который имеет лишь один талант и воплощает его с точностью, уверенно может постичь совершенное искусство, оставив позади вышеназванного. Вот почему дети из второго Ноева потомства превзошли в духовном культе своих старших братьев, опередив их в данной науке. Не нужно удивляться и тому, что эти люди-боги учредили обрядовость, а также церемониал, необходимый для отправления культа. Не смертному современному человеку судить о том способе, которым они это творили, ибо он не может в точности все знать о предназначении духовного Ноева потомства, и если даже он достигнет совершенного знания божественного культа, то должен остерегаться судить о нем.
Второе потомство Ноя, о котором мы говорим, воплотило собой великий образ семи главных и высших божественных духов, и своими великими добродетелями, силой и мудростью сотворило также истинный образ семи основных духовных старших существ, действующих во имя сохранения и поддержки нашей вселенной. Выдающиеся сущности из второго Ноева потомства были предназначены Творцом только для духовных свершений, и потому неудивительно, что путь их во всех духовных деяниях явился тайной для земных смертных людей, занимавшихся только земледельческим культом. Эти мудрецы, исполняя свое духовное предназначение и находясь состоянии божественного правосудия, не могли, в отличие от обычных смертных, быть ограниченными временем земной тьмы, называемой ночью, которая не возникла бы никогда, если бы наш первоначальный отец не впал в грех. Если бы Адам имел только одно потомство, посвященное Богу, ставшее энергией Творца, го все деяния его потомства творились бы независимо от тьмы элементарной природы. Однако грехопадение Адама позволило родиться от него материальному потомству и людям тьмы.
Но второе потомство Ноя было истинным потомством Бога, ибо было зачато без страсти материальных чувств. Несмотря на то, что эти существа из второго Ноева потомства воплотились в телесную форму, они пользовались добродетелями и могуществами, которые некогда принадлежали Адаму в его состоянии славы. Эти люди были увлечены лишь божественными деяниями, восходящими к вящей славе Творца. И Господь начертал срок, в который им отпущено было творить духовные труды в согласии с его волей. Дети из второго Ноева потомства восприняли также все законы неизменного порядка, наблюдаемого ими в течение их разнообразных дел и в соответствии с частным даром каждого из них, на чем я еще остановлюсь.
Сын-первенец из второго Ноева потомства славился между своими братьями в духовном толковании — он принял от Творца талант истолковывать дары, проявлявшиеся в их деяниях. Кроме того, он первым стал творить силой и добродетелью, полученными от Творца. Он расставался со своим отцом Ноем только тогда, когда Предвечный его призывал по завершении времени, отпущенного на воплощение его духовных божественных и временных трудов.
Согласно порядку, воспринятому им свыше, сын-первенец, ставший первым мудрецом, установил и отрезок времени, необходимый для совершения духовного деяния. Он установил этот отрезок времени протяженностью в четверть обычного дня (шесть часов), чем мы до сих пор и пользуемся. Такой порядок он установил, будучи существом мыслящим, не запятнанным тьмой, и дал, таким образом, своим братьям и их будущим ученикам точное правило интервалов для исполнения различных вещей божественного культа. Второй сын из сего Ноева потомства начал свое духовное действо лишь после того, как первый завершил свое. Но действо второго сына было подобно действу первого, хотя исполнялось оно иными энергиями, иными словами, поскольку его дар был отличен от дара старшего брата. Дар же второго сына явился даром пророчества во свидетельство божественного правосудия. Именно второй сын, воплощая свой дар, установил середину времени, соединив с первым интервалом подобный же интервал из шести часов, в продолжение которого длилось его действо. Знайте, что третий сын — третий мудрец из второго Ноева потомства — был наделен даром вселенской астрономии, общей и частной, а четвертый воспринял дар знания Слова могущественного, используемого Творцом для создания любого временного творения. Он же, четвертый сын, творил еще и во славу человеческих тел, во имя их сохранения в течение всей жизнедеятельности. От него и произошло искусство мгновенного исцеления больных, на котором я остановлюсь подробнее, когда стану говорить о разнообразных событиях, постигших телесные формы.
Надо знать, что один интервал может установить продолжительное и постоянное время лишь тогда, когда начало второго интервала обозначит собой определенную протяженность, и два интервала соединятся, являясь половиной времени суток, образовавшихся из четырех интервалов. Своим существованием сутки обязаны четырем сыновьям из второго Ноева потомства, установившим четыре отрезка времени, ибо каждый из сыновей исполнял свое духовное действо продолжительностью в шесть часов. Двое первых, исполнявших свои действа, образуют одну половину проходящего времени суток, и двое других — вторую. Действа одних принадлежали дню, действа других — ночи, что и образовало сутки, то есть истинное и ограниченное время, даруемое Творцом своему вселенскому творению. Несмотря на то, что четверо первых мудрецов установили время своих духовных трудов, а также сутки, состоящие из двадцати четырех часов дня и ночи, нельзя думать, как я уже говорил, что эти сыновья из второго потомства Ноя были подвластны времени, а их дух являлся ограниченным вышеупомянутыми интервалами.
Дух нельзя ограничить временем. Ибо от отрезков времени, установленных мудрецами для своих духовных действ, не может зависеть природа их мыслящего существа, а проходящий день не является границей, пресекающей деятельность их духа, — он лишь отсчитывает бытие духа в телесной форме. Напротив, установление мудрецами из второго Ноева потомства духовных интервалов означало, что сам дух определил эти проходящие отрезки времени. Народы, среди которых распространяли знание мудрецы из второго Ноева потомства, не осознали различия между духовной и обычной сменой времени, ощущаемой ежедневно в соответствии с тварной природой. Это ввергло данные народы в грубые заблуждения во временном счислении, позволив им установить один из духовных интервалов для одного из обыкновенных и известных нам дней.
Прежде чем передать подробности вышеупомянутого заблуждения, я вам должен поведать о разнообразных дарах, коими были наделены трое других сыновей из второго Ноева потомства. Один из них, пятый, воспринял дар возделывания земли и культивирования растений. Другой имел филологический талант, обладая знаниями иероглифических письмен — духовных небесных и земных, божественных высших, старших, низших и младших. Он также постиг в совершенстве все иероглифические характеры любого духовного демонического существа. Последний из братьев, седьмой, обрел дар строительства духовных зданий во славу культа Творца. Подобным же даром были наделены Адам, Сиф, Енох и Ной, возводившие алтари Господу.
Моисей тоже обладал подобным даром и нрименял его, возводя таинственный ковчег, алтарь и дарохранительницу. Различные породы минералов, дерев и всех иных материалов были обработаны в итоге духовного действа Моисея и Бетцалееля. Моисей начертал план создания, а Бетцалеель его воплотил. Трое последних мудрецов из второго Ноева потомства шли в своих духовных трудах по тому же пути, что и четверо первых, хотя все дары сыновей из второго Ноева потомства отличались друг от друга, равно как их энергии и слова. Четверо первых, установивших день из четырех отрезков времени для своих действ, не просили более жен, посвятив себя всецело культу Творца. Они на себя приняли образ свидетелей славы и правосудия Творца. Они символизировали собой также праведников прошлого и будущего, подобных Еноху, Мельхисседеку, Илии и Христу.
Имя всемогущего существа. Иудаический и еврейский языки. Израиль и Израилиты. Продолжение рассказа о втором Ноевом потомстве
РАНЕЕ мы видели, что Ной был освобожден от забот о Симе, Хаме и Иафете, своих трех сыновьях из первого потомства, которые принялись возделывать землю каждый в своем земном уделе, ранее определенном, дабы предохранить себя и свои семейства от нужд в настоящем и будущем. Посему они довольно продолжительное время не размышляли над духовными наставлениями, данными Ноем, и не прибегали к делению отрезков времени на часы, дни, недели, месяцы, годы. В итоге весь их божественный культ ограничивался знанием, что существует сверх всякой тварной вещи: есть некое всемогущее существо, которое они называли Абавин 8. На ноахитском языке это означает: Дух дважды могущественный, которым Творец сотворил всякую вещь. Именно этот Дух мы философски определяем как божественную акцию Творца. Вышеуказанным словом, будь оно ноахитское или китайское, некогда пользовались иудеи. Евреи знали и знают это слово по сей день, поскольку в их среде всегда существовала и поныне существует определенная группа, владеющая знанием самого первоначального языка. Адам и его потомство также произносили это слово, ибо говорили на протоиудаическом языке, языке, сохраняемом духовным божественным племенем для своего младшего творения.
Нужно отличать слова иудей и иудаический язык от слов еврей и еврейский (гебраический) язык. Слово иудей означает: праведный (прославленный), а иудаический язык означает: язык святости божественного Духа, направлявшего труды этих праведных людей. Слово еврей означает: потомство мудрого человека, которого Писание называет Евером, а еврейский (гебраический) язык означает: язык потомства Евера. Однако еврейский язык сильно отличается от языка иудаического, ибо не осталось в потомстве Евера ни одного из истинных людей, или иудеев. Хотя потомство Евера и верит в то, что обладает иудаическим языком, некогда им утраченным.
Иудаический язык очень простой. В нем отсутствует пунктуация, появившаяся в еврейском языке. Истинные иудеи знают, что алфавит иудаического языка дан самими небесами, а не мудрствованием человеческим. Они находят все особенности этого языка отраженными в строе звездного неба, откуда иудаический язык и произошел. Евреи используют письмена, подобные иудейским. Но различные нововведения — пунктуация, акценты и значки, добавляемые к этим письменам, делают их произносимыми по-иному и отличными от того, чем они являются по своей истинной и простой природной сути. Я использую здесь слово Израилит, несмотря на то, что имя Израиля не было еще известно во времена, о которых я говорю. Израиль означает: сильный против Бога, а Израили-ты — означают: сильные в Боге. Вот почему я даю это имя мудрецам-Ноахитам из второго Ноева потомства. Теперь понятно, что слово еврей означает: смятение. Подобным же образом и слово Израиль, данное этому народу по повелению Творца, означает: сильный против Предвечного. Нет ничего в мире более приятного для Творца и могущественного, чем молитва и мольба иудеев, обращенная к Всевышнему, и нет ничего более безразличного и жестокого, чем сердце еврея. Сие не должно вас удивлять, ибо этот народ не владеет теперь божественными законами. Он радуется лишь церемониалу закона, лицемерно им возвеличенному. Но последуем вновь рассказу о Ноевом потомстве.
Ной провел первое послепотопное столетие со своим вторым потомством, просвещая его в течение 130 лет уроками, жизненными и духовными. Он воспитал в законе Творца семи детей мужского пола и обрел четверых своих первородных, истинно мыслящих в едином Божестве. Эти четверо мудрецов посвятили себя только божественному культу и не принимали никакого участия в земном культе. Трем последним сыновьям предназначалось в их трудах совершение двух культов — временного земного и простого духовного. Ибо они не принимали участия в действе великого божественного культа, сохраняемого их четырьмя старшими братьями, первый из которых олицетворял собой образ великих священников и великих жертвенников будущего. Именно он стал первым из людей того времени, кто напомнил о первой жертве Адама, состоявшей в том, что Каин поразил своего брата Авеля. Первородный из второго Ноева потомства явился и первым духовным толкователем, а также главой всякого рода божественных действ, ибо он первым положил руку на жертвенник в знак жертвоприношения Творцу. Он же призвал своим голосом нисхождение духа во имя приятия жертвы покаяния и примирения. Он находился один на жертвенном алтаре, а его три брага находились справа от алтаря, также будучи главными участниками в великом действе божественного культа, повторенного затем Моисеем и участвовавшими в богослужении Аароном, Уром и Бетсалеелем. Аарон исполнил то же самое, призвав своих детей споспешествовать ему в этом действе. Подобный же порядок службы был унаследован Храмом Соломоновым и Церковью Христовой. По сей день мы его наблюдаем в жертве, приносимой рукой на алтарь очищения, энергией и словом священнослужителя, которому помогают первый, второй и третий диаконы. Поистине вы должны понять, что вся суть этих вещей пришла к нам последовательно от тех времен, и ритуалы духовных божественных действ возникают не в воображении людей, а даны от вечного Творца.
Нужно вам теперь сообщить, каковы же были обязанности трех младших сыновей из второго Ноева потомства, данные от отца. Так, три младших сына из второго Ноева потомства получили наказ путешествовать по трем частям Земли, разделенной на Восток, Юг и Север — земли, заселенной в течение 141 года первым потомством Ноя, а именно: Симом, Хамом и Иафетом. Для этой миссии им были даны необходимые наставления, и они укрепились в воле Творца благодаря своим духовным и божественным действам. Они устремились в путь со своими тремя сестрами, которых взяли в жены и с которыми произвели потомство. Они не имели нужды нести с собой никакой провизии, ибо находили на земле все для своих телесных потребностей и пропитания.
Старший из трех последних сыновей второго Ноева потомства удалился со своей женой и своим потомством жить на Юг, второй ушел с женой и потомством на Восток, а третий — на Север, или в Аквилон, как передает первоначальный язык. Каждый из них устремился в противоположные стороны Света с целью продолжить у своих братьев и в их потомстве церемониал божественного культа, дабы народы, произошедшие от Ноя, не утратили в полной мере образ культа, коим они обязаны были воздавать Творцу за бесконечное милосердие и благодать, даруемые Предвечным. Они творили великие духовные чудеса среди народов. Однако народы не имели заботы покоряться духовным и божественным наставлениям, советам и урокам, которые проповедовали, каждый в своей стороне Света, три младших сына из второго Ноева потомства в соответствии с миссией, возложенной на них. Но для того, чтобы эти народы распахнули перед ними сердце, нужно было сначала проповедовать им учение чисто временное и земное, а уже потом перейти с ними от временного земного культа к культу духовному. Именно это младшие сыновья из второго Ноева потомства и сделали успешно, о чем я вам расскажу далее.
Эти первоначальные народы не имели никакого временного счисления. Они не различали ни часов, ни дней, ни месяцев, ни лет, ни времен года. И если бы они не признавали верховного существа в себе, о котором я говорил выше, то жили бы подобно диким животным. Все их временное и духовное знание сводилось к способности отличать элементарный свет от тьмы, называемой нами ночью. Они понимали, что тьма им говорила об отдыхе, а день служил для свершения дел земных и обычного труда.
Три мудрых человека, пришедшие просветить эти народы, принялись у них устанавливать меры времени, взяв за основу духовное деление, которое определили их четыре старших брата для четырех главных действ великого божественного культа. Иными словами, они установили те же правила, что изучили в доме отца. Данный закон был необходимым для установления божественного культа в народах, произошедших от первого Ноева потомства. Наконец три духовных учителя стали привлекать к божественному культу и некоторых представителей тех стран, в которых они проповедывали, давая этим людям разумение о том, что темная ночь появилась лишь для отдохновения человеческого тела, она не была изначально сотворена для младшего божественного духовного существа, ведь была надежда, что это существо будет оставаться бездейственным по отношению к своей духовной природе. Разумеется, Творец не мог эманировать от себя всех младших тварных существ и им подобных для уничтожения их телесных форм: пассивным и внешним существам предназначено было оставаться смешанными в божественном представлении, которое создало их таковыми, какими они и являлись.
Счисление суток и установление духовных дней в соответствии с литургической практикой
МУДРЕЦЫ показали своим ученикам разнообразные инструменты, предложив им взяться за созидание духовного культа. Также мудрецы объяснили суть медитаций, молитв и церемониалов, необходимых для подготовки к различным действам, которые должны были исполнить ученики, и избрали среди них четырех существ, наиболее способных, просвещенных и имевших великое желание продвинуться в совершенном знании божественных наук, преподанных им.
Так, трое мудрецов, или духовных наставников, поместили каждого из четырех существ в таинственный круг своих действ и держали их там в течение определенного отрезка времени, необходимого для безошибочного воплощения духовного труда, указанного им. Первый ученик был помещен в таинственный круг лицом к восходящему солнцу и оставался в нем в течение шести часов нашего обычного дня. Затем второй занял место первого и пребывал в кругу это же время. Третий и четвертый ученики повторили то же самое, что и первые двое. Таким образом, действа учеников начались на восходе солнца и закончились на следующий день в восходящем солнце. Итак, от действа первого ученика начинается и временное счисление детей Ноя, называвшихся Ноехит, или Китайцы, ведь китайская, или японская, нация произошла прямо от Сима, Хама и Иафета, первого Ноева потомства, жившего по трем краям китайской страны, откуда вышли все народы земли. Трое же вышеназванных мудрецов (из семи Ноевых сыновей) со своими тремя женами продолжили второе потомство Ноя. Однако, как я уже сказал, Писание ничего не говорит о втором Ноевом потомстве. Хотя молчание Писания на сей счет не должно нас удивлять, поскольку за его строчками еще таятся многие сюжеты, весьма интересные для человека желания. Вероятно, в этом за-ключей и некий истинный смысл. Возможно также, что переводчики не увидели в тексте некоторых подробностей, необходимых для просвещения человека, который не способен удовлетворить свое любопытство. Но об этом, как и об именах сыновей из второго Ноева потомства, я стану говорить далее.
Действа, исполненные четырьмя вышеуказанными учениками трех мудрецов, стали основой дневного отсчета, согласуясь с духовно таинственными и земными сутками. Каждое из действ совершалось в шестичасовой промежуток, поистине образовывая день по отношению к духовному и божественному культу, преподанному мудрецами во имя вящей славы Господа.
Первоначальные народы, как было видно, не знали о днях духовного труда, подчиненных мудрецом силой своего действа, и отсчитывали только дни материального труда. Четыре интервала духовных действ установили полноценное духовное и славное время для учеников, представлявших эти народы. Подобным же образом четыре действа первых учеников разделили обычный и нам известный день на четыре равных части. И мы можем разделить на четыре части по шесть часов наши человеческие сутки, составив посредством этого, как и мудрецы, четыре дня из одного нашего обычного дня. Китайцы ввели в свой дневной временной отсчет также духовный отсчет действ божественного культа, который люди должны были исполнять впоследствии, сообразуясь с таинственным обрядом, показанным мудрецами каждому народу. Однако сами мудрецы посредством их духовных действ установили еще и деление времени, которое бы служило для определения лет.
Мы знаем, что временная продолжительность церемониала молитвы и божественного культа соблюдалась Авраамом, Измаилом, Исааком и Яковом в их потомстве, поистине израилитском. Впрочем, не наблюдаем ли мы этого и теперь в четырех интервалах богослужения, используемых в наших церквах? Именно отсюда становится понятным, что своим происхождением церемониалы различных культов, и поныне исполняющихся на земле, обязаны четырем старшим братьям из второго Ноева потомства, воспринявших сам культ от Творца и передавших его потомству Сима, Хама и Иафета.
Последующая деятельность Мудрецов-Ноахитов
ПОСЛЕ того, как я вас просветил о мерах времени и установлении духовных дней, которым ноахиты, или китайцы, следовали и которые вошли в историю их цивилизации в качестве проходящих и обыкновенных дней вселенской природы, я вам расскажу об установлении у них месяцев. О неделях говорить не стану, поскольку они не были установлены посредством духовного отсчета, преподанного китайцам. Кроме уже упомянутых учеников, трое мудрецов имели еще каждый по семь учеников, что было необходимо для точности, силы и крепости исполнения всего, что требовалось в соответствии с различными духовными действами божественного культа. Они установили семеричное число не только потому, что сами входили во второе Ноево потомство, состоявшее из семи братьев, но еще и потому, что Предвечный творил шестью божественными мыслями во имя вселенского творения, а в седьмой день он одарил творение семью духовными дарами, сделав семь главных духов присущими всякому творению. Это было необходимо для поддержания его во всех делах, ограниченных во времени и обусловленных семеричной протяженностью, которую Предвечный определил для своего творения.
Семь первых мудрецов из второго Ноева потомства — пример для тех, кто намерен и достоин следовать их путем, сообщая людям учение о семи главных духах, которых Творец сделал присущими всей своей вселенной во имя просвещения низшей и младшей твари, во имя воспитания в ней духовного разумения и совершенного знания божественных трудов. Писание нам говорит о семи духах, как и о семи ангелах, семи архангелах, семи серафимах, семи херувимах, семи духовных обителях, семи тронах, семи господствах, семи силах, семи судьях Израилевых, семи первоначальных основах, на которые опирались Моисей, Аарон и четверо сыновей Аарона и Бетсалееля. Из Писания мы узнаем о семидесяти летах пленения Израиля, о семи неделях Даниила, семи днях обыкновенной недели, семи дарах, данных Христом своим ученикам, ставших семью отцами-основателями Христианской Церкви и исполнивших семь духовных чинов среди своих учеников, а также о цепи из семи рук, что была положена в храме Соломона и доныне представлена в церкви Святого Петра в Риме. Семеричное число философски означает семь тысяч лет в преходящем и продолжающемся. Но там, где Писание говорит о том, что в седьмой день Бог освятил свою собственную работу, благословив вселенское творение, нужно понимать это благословение как соединение с семью главными божественными духами, данными Творцом всякой твари, заключающейся или содержащейся во всем вселенском творении. Соединение семи главных духов нам указано во влиянии семи планет и их воздействии на температуру вселенной и поддержку ее жизнедеятельности. Наконец вселенная, являясь образованной в полном совершенстве благодаря семеричному числу, будет равным образом реинтегрирована посредством этого же самого числа в представлении того, кто ее создал.
Теперь изучим способ, с помощью которого мудрецы-Ноахи-ты определяли временную протяженность месяца, взявшись обучать каждый по семь учеников. Мудрецы предначертали каждому из них по четыре последовательных духовных божественных действа, в сумме длившихся на протяжении суток. Божественный культ исходил от центра покоя семи младших существ, истинных и духовных Израилитов. Каждый из их вышеупомянутых учеников имел шесть обычных преходящих и полных дней телесного поста (покоя), дабы уразуметь, что божественный культ не был менее строг, менее утомителен и более приятен, нежели земной культ.
Семь учеников каждого из мудрецов трудились, слушаясь повелений их духовных наставников, и, исчисляя свои действа, получили число в 28 интервалов, открыв таким образом, что Луна воздействовала на землю именно посредством данного числа. Равенство, обнаруженное ими между числом лунных операций и числом их деяний, они преобразовали в 28 духовных дней духовного месяца, введенного в историю их цивилизации в качестве обыкновенного преходящего месяца. Затем китайцы из своих четырех месяцев получили один месяц, которым мы пользуемся до сих пор в нашем годовом цикле.
Мудрецы-Ноахиты, серьезно размышляя над различным воздействием, оказываемым луной на землю и на них, нашли совершенное соотношение его со своими духовными трудами. И взяли число, равное 28 лунным воздействиям, или 28 обычным лунным дням, для установления своих духовных лет, введя их в историю своей цивилизации, подобно тому, как они уже поступили с месяцами. Так, Ноахиты, или китайцы, включили в свой годовой отсчет тринадцать лет, соответствующих одному нашему году, и следовали данному счислению, установив его со времени своих четырех первоначальных духовных действ.
Я не скрою от вас, что лунный отсчет (календарь) — это первый отсчет, данный человеку Творцом, а отсчет солнечный был усвоен только христианами. Именно благодаря вышеназванным мудрецам лунное счисление стало известно людям, открыв им высшие знания вселенской природы и ее революций. Не останавливаясь на отдельных особенностях китайского временного отсчета, скажу, что земному и смертному человеку желания необходимо быть просвещенным в четырех разнообразных способах счисления дней, когда луна воздействует на всякую элементарную вселенную в момент своего обновления, а также посредством первой полной четверти и последней четверти. Но это я объясню в том месте, где буду вести речь о движении различных планетарных тел.
Теперь же расскажу вам о способе, при помощи которого китайцы установили свое вторичное счисление времени. Многочисленные наследники первых сыновей Ноя и трех духовных учителей из второго Ноева потомства также получили возможность для духовного обучения: их просветителями стали плотские дети трех вышеназванных учителей, по одному из каждой ветви, воспринявшие божественный чин, переданный их земными временными и духовными отцами. Трое сыновей трех учителей, познавшие от своих отцов всю духовную божественную науку о различных культах, к коим они были предопределены в духе истины, благословившись и утвердившись в своем назначении, усердно приступили к воспитанию учеников, вверенных их заботам, дабы преподать им добродетели и силы, дарованные Предвечным, и произвести среди них духовное избрание. И каждый из трех учителей, следуя опыту их предшественников, избрал среди своих учеников семь существ наиболее усердных и просвещенных для участия в действах божественного культа.
После духовного избрания учителя постановили, между прочим, изменить время своих действ. Теперь они приступали к духовным трудам только один раз в неделю, увеличив свои годы и вместо семи дней учредив семь недель, в течение которых каждый из избранных учеников занимался духовным трудом единожды. Так они ввели это счисление в свою временную историю и следовали ему в течение столетия, что составляло половину нашего обыкновенного времени. Затем это счисление перешло к другим последователям и духовным учителям, которых, как и предыдущих, воздвиг Бог. Однако потомство все более и более умножалось в трех сторонах земли. И тогда три новых владыки были вынуждены совершить духовное избрание более многочисленное, нежели их предшественники. Каждый из них взял по двадцати одному избранному существу, и число избранников достигло шестидесяти трех. Но семь первых избранников у каждого учителя были навек посвящены только великому божественному культу, а четырнадцати другим отводилась миссия духовного просвещения народа.
Эти последние изменили время своих действ, установив в нем отрезок протяженностью в две недели, благодаря чему у их народов совершались только два действа в лунный месяц. Действа проводились в начале и в конце фаз возрастания луны, иными словами, в новолуние и незадолго до полнолуния. И поскольку каждый из главных исполнителей совершал действо лишь один раз, то общее время их семи действ составляло немногим менее трех месяцев от нашего обыкновенного календарного счисления, что явилось новой мерой для установления духовного года, которого они, как нам известно, придерживались еще в течение полутораста лет. Заменявший первого из трех последователей, которому принадлежала восточная сторона и который готовился уйти на покой, был обязан исполнять великий культ лишь один раз в четыре времени года, а именно, в весеннее равноденствие каждого года, и все остальное время занимался просвещением. Но второй из последователей, живший в южной стороне, как и его преемники, не хотел никоим образом менять счисление и твердо стоял на своем, убедив Хамово племя, просвещенное им, никогда не нарушать установленный высший порядок определения дней, месяцев и лет. Он угрожал хамитам проклятием Творца в том случае, если бы они последовали примеру двух других народов, а именно народам Сима и Иафета. Но несмотря на это, каждый из трех вышеперечисленных народов следовал согласованно своему последнему духовному счислению. Так, Хам определил четыре времени года для четырех лет, Иафет взял за основу промежуток от весеннего равноденствия текущего года до равноденствия в марте месяце следующего года, Сим следовал обоим равноденствиям в отрезке двух лет. Данные три народа также ввели свои счисления в историю цивилизации, слепо в них веруя даже после того, как Нимрод исказил их в Вавилоне. Тогда они оказались в состоянии позорно лишенных божественного культа и рассеянных среди всех народов, о чем я скажу позднее. Однако именно от этих народов произошли в мире знания астрономии и планетарного воздействия на творение общее и частное.
Теперь вы знаете о временных отрезках, из которых Ноахиты сотворили свои дни, месяцы и годы, и вам должно быть понятным, почему некоторые из наших современников считают их древнее Адама на 15 или 20 тысяч лет, а все человечество — аж на 25 000 лет. Нас не должно удивлять и то, что народы не воспринимают Потоп в качестве Всемирного, поскольку никогда его не видели. Три человека, давшие жизнь трем потомствам и образовавшие три народа, являлись единственными среди этих народов свидетелями Потопа. Они не могли и помыслить о Потопе без содрогания. Они желали любыми возможными средствами стереть это событие из памяти и никогда не рассказывали своему потомству о тех страшных событиях, какие им воочию довелось лицезреть, дабы это не ужаснуло их отпрысков и не указало бы им на подробности зла, прежде сотворенного беззаконниками на земле.
Такое поведение трех прародителей было крайне неверным, ибо отец их Ной советовал им просветить потомство во свидетельство божественного правосудия. Сами прародители клятвенно обещали, что будут с точностью исполнять наказы, воспринятые от их отца Ноя и чрез повеление Творца. Однако слабость трех братьев-прародителей перешла к их потомкам Ноахитам, или китайцам, живущим в ужасном страхе перед омерзительными существами и воздающим суеверный культ животным в надежде отвратить от себя зло, которое, как они думают, могут им причинить данные страшилища, почитаемые китайцами за богов или демонов. Это невозможно отрицать, однако не буду более вдаваться в подробности смятения, перешедшего от прародителей к их потомкам, подробности, не имеющие ничего общего с чудесными вещами духовной божественной природы и природы тварной вселенской, о коих я хочу вам поведать.
Христова Молитва Господня и меры времени. Четыре великих годовых праздника Христианской церкви
ПОРАЗМЫШЛЯЙТЕ хорошенько над описанными мной различными мерами временной продолжительности для действ божественного культа, установленного у трех первоначальных племен. Но давайте также подумаем, не истинно ли то, что мудрецы Египта трудились более совершенно и превзошли в астрономии и иных науках китайцев? Божественный культ, исполняемый Адамом, являлся ли более возвышенным, нежели культы египетских мудрецов? Не превзошел ли Моисей в своих действах Авраама и мудрецов Египта, а культ, совершавшийся в Соломоновом Храме, не возвышеннее ли всех предшествующих? И не исполнял ли Христос культ бесконечно более величественный, чем все другие, отмеченных мной? Поистине Христов культ нам доказывает, что все предыдущие культы являлись лишь его прообразами. Здесь я не буду впредь останавливаться на разных подробностях, о коих вы узнали предостаточно, дабы убедиться, что церемониал и согласованное время действа божественного культа были сначала определены и установлены между людей, а все вещи, не происходящие от людских согласований, стали передаваться божественным духом. Учреждая свой духовный божественный распорядок, Христос дал своим ученикам молитву и ежедневное обращение к Господу в каждые шесть часов, составляющие обычные сутки из 24 часов.
Его ученики, созидающие христианскую Церковь, до сих пор творят свою молитву, обращаясь к Господу четыре раза в сутки и выполняя первоначальный духовный распорядок божественного культа, некогда установленный у первых народов-Ноахи-тов благодаря мудрым детям Ноя.
С другой стороны, Христос установил своим ученикам срок, на протяжении которого они исполняли четыре великих божественных культа. Христианская Церковь верно передает данное установление в четырех великих годовых праздниках: два из них должны совпадать с обоими годовыми солнцестояниями, а два других — с двумя годовыми равноденствиями. Именно в этом заключается второй распорядок духовного божественного культа, учрежденный у первоначальных наций, о коих мы довольно продолжительно говорили.
Образ Авраама. Агарь и Измаил
ТЕПЕРЬ я поведу речь об образе, воплощенном для нашей вселенной в Аврааме. Вы знаете, что имя его Аврам, претворилось в Авраам. Первое имя означает: отец телесный земной, возвышенный над всеми обычными отцами плотских земных по-томств. Среди человеческих смертных отцов никогда не было отца более возвышенного в своих кровных потомках, нежели Аврам. Поэтому Писание поначалу называет его Аврамом, отцом возвышенным, а не Авраамом, отцом возвышенным в многочисленном Божественном потомстве, которое должен был произвести Адам в его состоянии славы, но по причине своего грехопадения сделался лишь отцом возвышенным своих земных плотских потомков. Вследствие заблуждения Адама это качество унаследовал и Авраам, оказавшийся затем в числе Божественного потомства. Поистине, Творец, общаясь с Авраамом, даровал ему избрание общее и частное: первое — чтобы в нем засвидетельствовать свое правосудие, и второе — дабы в нем засвидетельствовать свою славу.
Писание содержит в себе еще один смысл имени Авраам: возвышенный отец во множестве смятения. Эти три различные объяснения его имени касаются трех первых наследников Авраама, а именно — Измаила, Исаака и Якова. В Измаиле, которого я вам представил ранее в качестве примера божественного милосердия, воплощен еще и образ физического действия Адама для воспроизведения своего телесного потомства, действия, повторенного Авраамом в соитии со своей сожительницей. Итак, их сын Измаил, произошедший в результате греховности плотских (материальных) чувств, был исключен из отцовского дома, поскольку его зачали в обоюдном сладострастии и без участия божественной воли.
Хлеб и вода, которые Авраам дал Измаилу и его матери Агари, прежде чем они ушли туда, где их род должен был продолжиться, предстают перед нами в качестве последней духовной и временной пищи, принятой ими от своего патриарха. Этот пример повторяет образ Каина, принявшего последнюю духовную пищу в гот момент, когда он вознамерился совершить убийство своего брата Авеля.
Агарь же повторила образ сестры Каина. Она умоляла Творца, находясь в скорби и поверженности, подобно Каину и сестре его после чудовищного преступления, когда убийство их брата Авеля сделалось известным и когда оба удалились, будучи лишенными всякого знания, а также пищи духовной и божественной.
Ангел, явившийся Агари и Измаилу, утоливший их голод и жажду, указавший место, где Предвечный положил им жительствовать, нам напоминает милость Предвечного по отношению к Каину и его сестре, своим ангелом обозначившим отметину на лбу преступника непобедимой печатью Божества, что возвещало о снисхождении милосердия Творца к ним, дабы они воспользовались еще раз духовной божественной пищей, которой были лишены из-за своего преступления. Местом пребывания Агари и Измаила стало то же самое место, где некогда были утверждены Каин со своей сестрой.
Вполне очевидно, что Авраам и Измаил суть образы Адама и Каина в их материальных действиях. Авраам был вознесен в плотском потомстве своего сына Измаила. Адам — так же, о чем мы часто говорили прежде. Авраам посредством своего сына Измаила сделался отцом двенадцати племен, о которых ангел объявил Агари. Ранее произошло и двенадцать племен от Адама, если учесть его трех сыновей и восьмерых Патриархов — от Сифа до Ноя. Двенадцать Измаиловых племен стали прообразом появления двенадцати колен Израиля и двенадцати апостолов Христа, хотя измаильтяне существуют сами по себе и не имеют ничего общего с Израилем, ибо Измаил, их отец, повторяет образ грехопадения и примирения, а значит, и самого Каина.
Эти самые племена измаильтян некогда находились под божественным покровительством, ибо они соблюдали культ, начертанный Творцом через своего ангела. Но впоследствии, вступив в союз с потомством Хамовым и Ханаановым, они предали забвению Творца и, совершив грехопадение, сделались подобными потомству Еноха, которое объединилось с потомством Каина, исключенным Творцом из общества детей Бога.
Обратим внимание на эту событийную цепь и поймем, что все эпохи и прежние избрания вновь повторяются среди людей и будут повторяться до конца времен. В ходе моего трактата это станет еще более ясно, когда я покажу, что в конце все снова придет к началу. Но перейдем ко второму потомству Авраама.
Частичное примирение Авраама с Творцом и рождение Исаака. Жертвоприношение Авраамово. Его смысл
АВРААМ после того, как частично примирился с Творцом, имел благодаря божественному могуществу сына от своей жены Сары, хотя она и находилась в возрасте, когда уже не могла зачать. Этот ребенок, зачатый без страсти материальных чувств и названный Исааком, в совершенстве повторяет появление на свет второго потомства Адама в лице Авеля. Исаак в точности следовал духовным божественным указаниям о различных культах, данных ему Авраамом, что вновь повторяет образ Авеля, воспитанного под духовным руководством Адама.
Исаак достиг возраста тридцати лет и, будучи совершенно просвещенным в духовных божественных науках, засвидетельствовал своему отцу желание отслужить с ним великий божественный культ во славу Творца. Повинуясь внутреннему указанию, полученному от духовного божественного интеллекта, Исаак обратился к отцу, сказав, что необходимо определить время, когда бы Авраам при помощи всех божественных наук, известных ему, принес жертву Предвечному. На это Авраам ответил: «Что хочешь сделать, мой сын, по своему желанию, и какую жертву ты предлагаешь принести Творцу, служа людям земли в их искупление, дабы они обрели милость, вновь получив свои первоначальные добродетели, и служили достойно божественный культ, для которого и были созданы?»
Авраам, сочувствуя желанию своего сына Исаака, пошел с ним по направлению к восходящему солнцу, поднимаясь на гору Мория, делящуюся на две части. Первая зовется мор, что означает разрушение телесных внешних форм, а вторая называется ия и значит видение Творца. Поодаль от горы они оставили двух своих слуг, символизирующих удаление и оставление двух народов — народа Измаилова и народа Израиля, впоследствии исказивших божественный культ и навлекших на себя духовное божественное проклятие, предвиденное Авраамом уже тогда. Авраам и Исаак отдали осла слугам, дабы показать нам неведение, в котором окажутся эти два народа, а свет из-за их заблуждений перейдет в средоточие тьмы и языческих племен. Именно это нам действенно засвидетельствовал Христос, когда вошел в Иерусалим, сидя на осле.
Достигнув вершины горы, Авраам и Исаак приготовили все необходимое для жертвоприношения. Тогда Авраам воззвал к Творцу, чтобы умолить его стать присутствующим божественной природой в приносимой жертве. Авраам откровепно и с полным смирением приносил в жертву Господу самое дорогое — своего сына, истинного Исаака, от кого затем произойдет божественное потомство, а в нем будет утверждено божественное духовное избрание. После мольбы Авраам бросил взгляд на своего сына Исаака, уже осознавшего, что именно его щедро избрал отец для жертвоприношения, и смиренно принявшего удобное положение, дабы быть пораженным. Авраам взял нож и уже был готов нанести удар, как Дух Господень, поистине присутствовавший в жертвоприношении и читавший чистоту помыслов обоих, столь сильно увлек Авраама, что сокрушил его и не позволил завершить жертвоприношение. Этот самый Дух затем с ним говорил, сказав, что Творец был удовлетворен добрым намерением Авраама и намерением его сына, воздавших Предвечному доброе свидетельство своего служения.
Авраам отвел своего сына от костра и сказал ему: «Запомни, мое дорогое дитя, что самая большая жертва, которую можно принести Творцу — это слово и намерение. Предвечный знает в совершенстве добрый и злой пути, а также действия младшего тварного духовного существа. Добрая мысль младшего духовного тварного существа познает славу Предвечного, а мысль злая обратит Его правосудие на нечестивых». Исаак повернулся тогда к отцу и ответил: «Господь убедился в твоем твердом решении, а также в решении твоего сына, и ты поднялся на более высокую ступень Его славы, будучи избранным отцом, возвышенным над всяким чувством материального бытия. Восславим Господа за то, что Он оказал милость отцу множеств земли и за то, что Он услышал также его потомство». Затем они увидели агнца, выходившего из куста, и принесли его в жертву во исполнение своего действа. Все произошло тогда, когда оба обрели совершенное знание воли Творца о разнообразных культах, общих и частных, которые они и их потомки должны были исполнить на земле. Что же касается разных животных, то им суждено было служить жертвой в действах божественного культа. Отсюда очевидно — истинный культ Творца всегда существовал между людей.
Хотя жертвоприношение Авраама повторяло образ жертвоприношения Авеля, тем не менее значительная разница между двумя жертвоприношениями заключается в том, что Авель был поражен воистину для исполнения полного примирения его отца Адама с Господом, а Исаак был поражен лишь мысленно и в намерении отца своего Авраама. Этой мысли и намерения Аврааму хватило для того, чтобы он совершенно примирился с Творцом. И вы не должны этому удивляться, ибо само преступление Адама, в отличие от земных грехов Авраама, во много раз горше и, следовательно, оно требовало искупления более весомого.
Мне необходимо вам разъяснить образ горы, где пребывали Авраам и Исаак; образ древа, которым они пользовались в своем духовном жертвоприношении; а также образ, воплощенный Авраамом, уводящим своего сына от костра. Гора есть символ духовного пристанища, куда младшие тварные существа, умершие в этом низком мире, придут, повинуясь решению Творца и испытуемые им, исполнить остаток своих обычных духовных действий. Гору в обиходе называют чистилищем. Она представляет собой еще и чувственный круг (о нем я уже говорил), символом преодоления которого стали Авраам со своим сыном, поднимавшиеся на вершину горы, возвышенную над материальными чувствами. Древо, на котором возлежал Исаак, приготовленный к закланию, знакомит нас с породой дерева, которая будет использоваться впредь для жертвоприношения, дабы придать нужное благовоние действам различных культов. Я назову их: 1 — культ искупления, 2 — культ частной и общей милости, 3 — культ против демонов, 4 — культ грехопадения и сохранения, 5 — культ против войны, 6 — культ для противостояния врагам божественного закона, 7 — культ для нисхождения божественного духа, 8 — культ веры и крепости в духовной и божественной добродетели, 9 — культ для установления божественного духа примирителя в себе, 10 — годовой культ, или посвящение всех действий Творцу. Все эти культы были включены в два культа, исполняемые Моисеем и Соломоном в Храме, где употреблялись различные деревья и благовония, посвященные жертвоприношениям. Время для исполнения этих культов являлось в каждом новолунии. С тех пор и поныне благовония используются в храмах во время богослужения.
Авраам, увлекший своего сына от костра, представляет собой дух, посылаемый Творцом к младшим тварным существам в то время, когда они платят дань божественному правосудию различными путями своей деятельности в трех кругах, которые я уже определил, дав им имена чувственного, видимого и рационального. В этих кругах изменение духовного действия младших тварных существ символизирует изменение, произошедшее в телесной природе личности Исаака по отношению к пассивной животной жертве. Последняя является лишь тенью и символом жертвы, приносимой с той поры действенной (человеческой) природой и сравнимой с искренней готовностью Авраама принести в жертву Господу своего сына Исаака. Вот объяснение первого образа, который представляют собой Авраам и Исаак в бренном мире.
Второй образ есть образ божественного союза с людьми. Когда Авраам ушел из отцовского дома, где творился демонический культ, он воплотил в себе образ примирения Адама посредством милости, принятой от Творца. Творец просветил Авраама своей волей, духовно обратив его и дав ему совершенное знание божественного закона, подобно тому, как он просветил первого человека. Авраам, отвергнув бытие в демонической власти, свидетельствовал Творцу радость своего божественного примирения, и в качестве знака своей веры и стойкости в этом примирении он просил Творца сотворить Завет с ним. Тогда ему было сказано божественным духом: «Авраам! Обрежь свою плоть, и кровь, распространившаяся по земле пред Господом, станет доказательством истинного Завета, какой заключает с гобой Творец». Это именно то, что называется попросту: крещение кровью.
Завет Творца с Авраамом означает союз, который Творец всегда предлагал своему младшему творению, если это творение того желало и если оно того достойно. Обрезание соблюдалось в потомстве Авраамовом и самим Христом, являющимся Богочеловеком и Божественным человеком, и благодаря его обрезанию мы удостоверились, что он страдал в едином Завете Творца с Адамом, Ноем, Авраамом и всем творением. Так второй образ Авраама нам доказывает милость, искренность и милосердие Творца по отношению к своему творению.
Исаак, как вы поняли, заключил в себе и образ Христа, ведь Авраам в награду за свою великую веру был наделен Творцом всеми могущественными добродетелями, коими обладал Адам в своем состоянии славы, Адам, именовавшийся в духе совершенным человеком-богом земли, ибо он появился на свет в истинном потомстве Господа, хоть и в телесной земной внешней форме. Авраам также стал образом Творца. И, следовательно, нареченный Исааком, родился от него истинным чистым и святым. Имя Исаак означает веселие. Авраам хотел принести в жертву своего собственного сына, и этот сын, как мы уже отметили, являлся достойным прообразом того, кого Творец послал на землю для совершения истинного жертвоприношения. Вот второй образ, который явили Авраам и Исаак нашему миру.
Потомство Исаака — Исав и Яков
ПЕРЕЙДЕМ теперь к потомству Исаака. Вы знаете, что он имел двух сыновей-близнецов, одного из которых звали Яковом, а другого Исавом. В отличие от Исава Яков был зачат первым. Этим двум братьям, произошедшим от столь праведного отца, предназначалось претворить в жизнь славный пример просвещения всех людей земли. Я не вдаюсь в подробности узурпации, совершенной Яковом по отношению к своему брату Исаву, на что намекает Писание, давая Якову имя притеснителя. Скажу лишь, что это роднит его с людьми нашего века, которые ищут только того, чтобы отовсюду вытеснить, выжить один другого. Вы уже знаете, что Авраам заключил в себе образ божественного отца, а Исаак — образ сына Божества. Что же касается двух сыновей Исаака, то они осуществили собой образ первой и второй духовной эманации, совершенной Творцом, в том числе эманации духов, падших впоследствии. Яков, несмотря на то, что являлся второрожденным, был зачат Исааком первым. Вторая эманация, совершенная после грехопадения первоначальных духов, есть исхожде-ние младшего духовного тварного существа, названного Румяным, Розовым, или Адамом. Исав же, хотя и родился первым, был тем не менее вторым сыном, зачатым Исааком. Первоначальных духов, взбунтовавшихся против Творца, духовно заменило младшее твар-ное существо, или человек, ставшее благодаря этому старше их. Яков, как вы ясно уразумели, будучи зачатым ранее, заключил в себе образ падших духов, а Исав, второзачатый, сделался образом младшего тварного существа.
Но истинное грехопадение Якова состояло в намерении овладеть доброй верой своего отца, воспользовавшись всеми ее силами, а равно духовными и временными средствами, дабы, читая мысль своего брата Исава, противостоять доброму действию этой прекрасной мысли и, подменив ее с целью повсеместного ослабления, подчинить все потомство Исава, низвергнув его в божественное наказание. Впрочем, в Якове мы замечаем двойное грехопадение демонов: грехопадение против Творца и грехопадение против творения и его потомства. Но совершил ли Яков на самом деле сначала грехопадение против своего отца, а затем — против своего младшего брата Исава, подобно тому, как демон восстал против своего божественного духовного отца и его младшего тварного существа? Не ведут ли себя столь же лицемерно люди — как по отношению к Творцу, так и по отношению к своим братьям? Хотя вас не должно удивлять, что Яков вел себя именно так с Исавом. Ведь Исав предпочел культ земной культу Творца, целиком предавшись охоте и убиению диких животных, вместо того чтобы сражаться в бигве с демоническим интеллектом, овладевшим его братом Яковом. Исав оставил божественный духовный культ, озаботившись чисто материальным, что навлекло на него наказания по заслугам и лишило всего духовного наследства. Вернувшись из своего изгнания, Исав понял благодаря божественному милосердию, сколь велики его грехи, и видя себя лишенным духовного наследия, божественного и временного, он впал в глубокое уныние. Он раскаивался, но не мог помешать узурпации, совершенной его братом Яковом. Исав ощутил всю горечь бытия на своем существе, пришедшем первым в мир, но ставшем последним по отношению к духовным благам. Здесь заключен реальный символ того, что станет затем с Израилем, который, являясь духовно старшим в мире и первородным наследником божественного закона, будет заменен теми, кто должен идти за ним. Так исполняются слова Писания, говорящие нам о том, что первые будут последними.
Исав, бесполезно излив свои жалобы отцу и видя, что они не могут его тронуть, спросил растерянно: «Вы не сохранили никакого благословения для меня?» Испрашивая благословения, Исав надеялся получить от своего отца определенную силу или определенный духовный дар, поскольку был не в состоянии исполнить божественный культ во славу Творца. Это нам позволяет увидеть, что Бог дает своим избранным без всякого временного ограничения знание духовных даров во благо земных людей, равно как и повелевает своим избранным передавать их дары и духовные добродетели лишь тем, которые достойны подобного наследства. Исав, уразумев, что не может ничего обрести в духе своего отца, сказал Исааку следующее: «Поскольку у тебя нет никакого духовного дара, которым бы ты мог воздать в мое благо, я тебя умоляю по меньшей мере благословить меня такого, каков я есть, во имя Предвечного». Исаак ответил: «Я избрал твоего брата господином людей этой земли, я подчинил всех его братьев его господству, я его утвердил во власти действ духовных и временных, а также действ божественных духовных. Не остается у меня более ничего для тебя». Исав распростерся в ужасном крике. Он изливал потоки слез и смеялся, горько трепеща. Он не ответил более ничего своему отцу, которого он видел уже над земным бытием, ибо Творец призывал Исаака от этой жизни к другой.
Но Исаак, тронутый печальной судьбой своего сына, привлек его к себе и изрек: «Исав, слушай внимательно то, что я тебе должен сказать. Дары, о которых что ты меня просишь, из-за твоего падения лежат в земной грязи». Затем он его благословил, говоря: «Благословение, что я даю тебе, идет от Предвечного, подобно росе, распространяющейся над растениями сверху для их пропитания». После этого Исав удалился вполне удовлетворенным своим отцом.
Вот то, что я вам должен был сказать о типе, образе Исава. Теперь скажу, что поведение его отца не представляет собой истинного образа неизменности Творца, вершащего свое правосудие по отношению к виновным, как в нынешнем времени, так и в столетиях минувших. В равной мере и милосердие, оказанное Исааком под конец жизни своему сыну Исаву, совершенно не тождественно милосердию божественного отца по отношению к своему творению в тот момент, когда оно особо нуждается в его прибежище. Божественное милосердие свидетельствует о том, что нам предстоит еще великое примирение в грядущем. Но об этом я скажу по ходу моего трактата.
Образ Якова. Призывание Яковом Имени Господня. Бог Авраама, Исаака и Якова
А СЕЙЧАС необходимо объяснить вам образ Якова, имевшего многочисленное и процветающее в бренных вещах потомство, вдохновленное отцом на стяжание благ земных, ради которых они забыли всякий божественный культ, остававшийся запечатленным лишь малой черточкой в памяти Якова и памяти его потомства. Якова убедил демонический дух в том, что все блага земли произошли от великого князя демонов, и, следовательно, за культ, воздаваемый ему, Яков и его потомство будут щедро вознаграждены. Поскольку Яков был очень жаден до материальных благ, то он воспринял с легкостью это демоническое внушение.
Он предал забвению свое божественное духовное рождение, отверг свое первоначальное исхождение и самого Творца. Пребывая во власти демонического духа, Яков всецело погрузился в материальные демонические науки и, быстро изучив оные, постоянно в них практиковался. Затем он решил идти в страну Харана и ночью, преодолев путь на вершину горы Морин, или Маханаим, (это слово означает: два лагеря — лагерь демонов и лагерь Творца), изготовился здесь мысленно действовать, противопоставив себя Творцу. Сие произошло около шести часов вечера, когда на закате солнца Яков воззвал к Господу. И Господь явился пред ним Ангелом в человеческом облачении. Вы знаете, что телесный человек не может перенести вид чистого духа, не погибнув и не будучи в своем теле поверженным наземь. Встреча с этим духом поразила Якова, запечатлевшись в его телесной, душевной и духовной сущности.
Тогда Яков исповедовался Господу, отрекшись во имя доброй веры от всего, что было им воспринято от демонических сил. Ангел говорил с ним, напомнив о его ужасном поведении по отношению к Творцу, отцу, брату, собственному потомству и к себе самому. Яков, ошеломленный и взволнованный, услышав о неминуемой жуткой расплате, обещанной Ангелом, устремился на него и боролся с небожителем целую ночь до зари. Но в тот момент, когда борьба завершилась, Ангел спросил у Якова его имя. Яков ему ответил. Ангел спросил Якова еще раз, и тот ему вновь ответил, что зовется Яковом. После чего Ангел, восприняв его имя, сказал: «Яков — повстанец против Творца, отвергший дух Господень». Изрекши сие, дух так сильно увлек самого Якова, что испепелил ему бедро, а затем сказал: «Ты называешься Яковом. В будущем ты назовешься Израилем, или сильным против духа Творца». И он покинул Якова. Тот оставался в замешательстве, отмеченный духом, которого он отверг.
Эта отметина Якова и его потомства с незапамятных времен — доказательство падения Израиля. Именно с тех пор было запрещено Предвечным, как в святилище Моисея, так и в храме Соломона, принимать в божественный культ всякого, отмеченного буквой В от рождения. Несоблюдение этого закона, утвержденного Христом, каралось наиболее суровыми наказаниями. Посему все те, которые сегодня исполняют или готовятся исполнять действо божественного культа в своем божественном духовном храме, соблюдают данный запрет наиболее верно и с превеликой точностью.
Яков проникся скорбью, духовно напомнившей ему весь позор его жизни. Яков даже вспомнил, как в тот момент, когда он замыслил узурпировать права своего брата Исава, он поцеловал своего отца Исаака, дабы успешнее овладеть его доброй верой. Наконец он вновь обозрел все свои прегрешения против Творца и законов природы. Что повергло его так безжалостно, что он уже и не думал найти милость пред Творцом, дабы быть принятым в число смертных, участвующих в божественном милосердии. В особенности Якова вывели из себя слова Ангела, а также неожиданный итог его демонического действа. Но несмотря на свое крайнее уныние Яков возымел истинное желание положиться на милость Творца, не прекращая просить у Господа совершенного примирения. Истинное видение, образовавшееся пред ним в человеческом облике, заверило Якова, что его мольбы и обеты услышаны. Явившийся пред ним был самим духом того, кто отметил стопу его правой ноги. Он объяснил Якову, как заслужить у Творца желаемое милосердие. И вот дух, воистину благословив его, стал повелевать, благодаря чему Яков был введен в божественное духовное могущество, дабы, восприняв различные божественные культы на вершине той самой горы Мория, где он находился ранее, исполнять их в течение сорока лет.
По своему обыкновению поднявшись на вершину горы к шести часам и приготовившись к действу, он молился с шести часов до полуночи. Он находился в мольбе с целью предотвратить осуждение, которым Господь ему угрожал своим Ангелом. Мольбы и желания его были услышаны, и тогда явились ему четыре ангела, дабы просветить его в том, что он обязан еще сделать для достижения своего полного примирения, которого он затем воистину и достиг, о чем будет сказано. В восьмой день по завершении последнего действа Яков собрался вновь в путь на вершину горы и, придя туда на исходе девятого дня, когда солнце садилось, приготовился, как водится, исполнить свое последнее примирение. В полночь девятого дня Яков получил подтверждение свершившегося с ним примирения, но плод его действа оказался столь сильным, что Яков не мог более держаться на ногах. Посему он лег на левый бок и, опустив свою голову на обыкновенный камень, увидел в этом положении итог своего духовного и божественного труда. Семь духов поднимались и опускались над ним. В их числе он узнал и ранившего его, угрозы которого когда-то ужаснули Якова. Он узнал также четырех ангелов, пришедших указать ему, что осталось исполнить, дабы полностью обрести милость пред Творцом. Он видел еще славу Господню в том месте, откуда появлялись ангелы и куда затем устремлялись обратно. Тогда Яков убедился в своем божественном примирении. И сказал Яков: «Именно здесь место совершенного видения, где я узрел Предвечного лицом к лицу. Здесь находится центр вселенной и земли, которая пред ликом Творца. Поистине здесь я обозначу место дома, что будет возведен, посвященный Творцу». Установленное место, где впоследствии на горе Мория Соломоном и Хирамом (Chiram или Hyram), царем Тира, будет построен Храм Господень, Яков отметил тремя камнями, положенными в форме треугольника.
Место, отмеченное Яковом тремя камнями, символизировало телесную форму земли. Сам Яков оставался в центре треугольника, обозначив этим, что Творец поместил человека-Бога в центре вселенной для повеления и управления всеми исшедшими и сотворенными существами. Кроме того, Яков осознал, что именно здесь находилось истинное место, где Творец впервые воочию засвидетельствовал пред младшим тварным существом свою божественную славу, передав ее человеку, дабы тот следовал истине. Вот почему дух вдохновил Якова обозначить это место, где должен быть возведен Храм, нареченный духовным Храмом Божества и являющийся символом юдоли, откуда некогда произошло славное тело Адама. В этом духовном Храме воистину было средоточие божественного духа, облаком нисходившего в его помещение. Яков, убедившись в своем примирении с Господом, в дальнейшем полностью подчинил себя действу божественного культа, установив время, в которое он и его потомки служили культ. В любой обычный день он исполнял по четыре божественных действа через четыре интервала по шесть часов. Затем он исполнял в течение шести последовательных дней действо божественного бдения, что составляет во всех десяти действах семь дней времени. В совокупности эти действа составляли десятеричное число, посвященное Божеству, и семеричное число, посвященное духу. В четырех первых действах Яков только исповедовался Творцу, призывая его невыразимым именем, после чего говорил: «Приди, Бог Авраама!» Засим он призывал Творца вторым невыразимым именем, говоря: «Приди, Бог Исаака!» Наконец, призывая Господа третьим невыразимым именем, Яков восклицал: «Приди, Бог Якова! Который есть и Бог Авраама и Исаака, который творит божественно в нас троих, как и мы творим все трое в нем в нашем единстве духовной божественной силы». В этой молитве Яков посредством множества духовных сил, данных ему, воистину познавал Авраама как образ самого Творца. Он познавал Исаака как образ Божественного Сына или божественного действа в великом потомстве, происходящем от Господа, в котором свершалось избрание и свидетельство божественной славы. И в себе самом Яков, наблюдая раскрытие божественной славы, узнавал истинный образ Духа благодаря великим чудесам, совершенным Творцом во имя его.
Здесь заключен еще и образ милосердия, которое Творец до конца времен намерен распространять на свое творение, и Яков проясняет это в завершающем действе, взывая к Творцу, дабы он снизошел к его развращенному потомству, как некогда и к Якову, освободив потомство от рабства демонов. Что Святой Дух и сделал потом по слову Моисея. Именно из Яковлевого призывания мы познаем, что Бог являлся в трех лицах и творил тремя отличными друг от друга действами на благо трех младших вышеназванных тварных существ, в соответствии с образами, которые они должны были воплотить во вселенной. Эти три лица заключены в Боге только в качестве божественных действ (акций), и воспринимать их нужно как Божество, которое есть неделимо и целиком невыразимо под разными видами личностных проявлений. Если бы возможно было выделить в Творце разные личности, то нужно было тогда согласиться, что вместо трех составляющих божественной сущности, уже знакомой вам, имеются также: божественный дух — 10, старший дух — 7, низший дух и младший дух — 4. Именно здесь мы понимаем невозможность того, чтобы Творец стал разделенным на три личностные природы. Те же, кто хочет разделить Творца в его сущности, пытаются по меньшей мере делить содержание его собственного безмерного величия.
Для того, чтобы понять характер образов, воплощенных Авраамом, Исааком и Яковом, необходимо отметить, что все трое стали по отношению к Творцу истинными символами Адама, Авеля и Сифа. Трое первых, как и трое других, видели славу Творца. Ной, Сим и Иафет удостоились того же. Что же касается Исава, оставшегося без отцовского наследства, то он символизировал собой образ Каина у Адама, равно как и образ Хама у Ноя и воплощал свой собственный образ у Авраама, Исаака и Якова. Авраам, Исаак и Яков явились образами божественного действа (акции), совершенного Божественным Духом среди младших тварных существ не только минувшего и настоящего, но еще и будущего. Адам и Ной со своими потомками заключали в себе все те же образы. Христос, Моисей, Илия их подтвердили в чуде на горе Фавор, где они вместе лицезрели Славу Творца. Поцелуй Исаака Яковом, задумавшим устранить от отцова наследства своего брата, высветил грядущее предательство Богочеловека со стороны одного из его братьев и учеников, называемого Иудой Искариотом. Один был изменником в материальном смысле, другой стал им в духовном смысле. Остерегайтесь греховности материи, ибо она вас может увлечь повторить лицемерный образ. Вот, пожалуй, все, что я намеревался вам рассказать наиболее яркого о личностях Авраама, Исаака и Якова, не вдаваясь в подробности пройденного ими земного пути, о котором Писание повествует достаточно красноречиво.
Образ Моисея во вселенной. Египет — земля божественного проклятия. Воспитание Моисея египетской принцессой
РАССКАЖУ теперь о великих образах, воплощенных Моисеем во вселенной. В характере Моисея вы увидите аналогию со всеми образами прошлого, а также двойной образ Творца и образ всех духов, используемых Творцом для свидетельства своего правосудия. Вы изучите образ Моисея, если даже сомневаетесь в истинности духовных дел, творившихся от начала мира и долженствующих твориться до конца времен, в том числе и тех, что творились от падения первоначальных духов до грехопадения первого тварного младшего существа. Вы рассудите, говорю ли я истину или использую уловки иносказаний и софизмы с целью разоблачить добрую веру человека желания. Скажу, что последнее мне не по силам и к тому же не в моем вкусе. С раннего детства я стыдился лжи и гордыни, — я от них отрекся, чтобы проповедовать только истину духовных божественных вещей и вещей духовных временных. Посему вы не должны думать, что я говорю с вами на языке заблуждения.
Начну рассказ с толкования слова Египет, где, как вы знаете, Моисей появился на свет. Данное слово означает: место божественного наказания, или земля проклятия. Именно в Египте были повергнуты враги божественной воли и их сторонники. Народы, населявшие эту страну и обрабатывавшие по собственной воле землю, представляют первоначальных падших духов, которые действуют только в соответствии со своей волей, не сообразуясь с волей Творца. Первоначальные духи были удалены в страну юга и в ту ее часть, где расположен Египет. Потомство Авраама, Исаака и Якова, став падшим, отдалось во власть обитателей Египта и там пребывало в течение 430 лет, что поистине символизирует младших тварных духовных существ, отягощенных демоническим игом. Перейдем же к Моисею.
Тупз, как Писание называет Амрама, из колена Левиина, и Маха, его жена, которую Писание называет Иокабед, также из дома Левиина, явились избранными, несмотря на их пребывание в Египте, дабы от них произошло потомство Бога, которое возродит Адамово потомство. Тупз означает груз божественной милости и несет в себе шестеричное число. Маха означает божественное духовное плодородие и несет в себе четверичное число. Детей они родили уже в весьма преклонном возрасте. Старшая девочка Мериан родилась, когда отец достиг возраста 66 лет, что несет в себе число 3. Имя Мериан означает девственную землю. Дочь Тупза была научена духовным божественным наукам и пожертвовала своей девственностью для совершения истинного культа, предназначенного ее полу. Затем в возрасте 79 лет Тупз получил от Бога сына Аарона, что несет в себе число 7, и Моисея в возрасте 82 лет — сына, что несет в себе число 10. Маха родила Мериан в 48 лет — 3, Аарона в 61 год — 7, и Моисея в 64 года — 10. Тунз и Маха умерли незадолго до исхода Моисея и израильтян из земли Египта, но я не берусь в точности установить дату их смерти, к тому же она абсолютно не имеет никакого отношения к фактам, о которых я вам далее расскажу. Моисей появился на свет в 14 день луны Нисана, или Марта. Его положили в своеобразную колыбель, или ковчег, и в нем он плыл определенное время по волнам Нила, — слово Нил значит принцип духовных временных действий и акций. Пришествие Моисея в землю Египта, где всякие народы жили в смятении и во тьме, представляло собой пришествие божественного Духа в Хаос, когда Дух прообразовал все вещи, содержавшиеся в Хаосе, установив там соответствующие законы.
Дух нам сказал, что тьма не объемлет божественного света, посему и хаос Египта, и тьма его обитателей не могли объять более Моисея, родившегося и пришедшего в их среду. Народы Египта не имели никакого разумения истинного культа. Все их действия и заботы сводились лишь к потаканию греховным плотским чувствам, или животному инстинкту, вложенному во всякое пассивное существо. Как бы то ни было, благодаря природному инстинкту, имеющемуся у всякой телесной формы, животные разумные были подчинены тем же законам, что и животные неразумные. Однако сами люди, привязанные к бренной жизни, ясно доказывают, сколь тяжко наказание для них, особенно если они от него скрывались. Когда определенное природное воздействие заставляет их тела сократить свои потребности, это разрушает в них законы порядка, посему они кричат, как оглашенные, они охвачены ужасом и, вследствие своего невежества вновь предаются страстям и животному инстинкту. Сие состояние не могут преодолеть те, которые не прибегают более к помощи первого духовного божественного принципа, являющегося лекарем, исцеляющим отболи, ужаса и разрушения. Я стану говорить о том более подробно, когда примусь описывать различные события, произошедшие у народа Израиля.
Моисей, плывущий по водам, поистине символизировал собой образ духа Творца, парившего над жизненным потоком для усмирения хаоса. Вы знаете, что не имеется иной вещи, кроме законов порядка и законов действий, данных всем вещам, содержавшимся в хаотической массе. Я вам покажу, что сам Моисей лишь повторил собой духовные образы, некогда исполненные патриархом Ноем, свидетелем божественного правосудия и славы вселенского Творца. Они оба плыли по водам. Ной примирил остаток смертных с Творцом. Моисей же примирил потомство Авраама, Исаака и Якова с Божеством. Ной возрождает божественный культ в потомстве Якова. Сорок лет Ной скитается с людьми, примиренными им с Творцом. Моисей ведет по пустыне еврейский народ в течение того же самого времени. Ной приносит жертву Творцу в действии милости, Моисей вместе с примиренным народом так же творит жертвоприношение. Я не стану более подробно рассказывать об образах, воплощенных Моисеем в соответствии с образами Ноя, а также иных патриархов прошлого и будущего. Я буду рад уже тому, что убедил вас всерьез поразмыслить над величием образа Моисея. Но вы должны понять, что этот Избранный представляет своими деяниями тройственную божественную сущность во вселенском творении, общем и частном, что видно из следующего: 1) рождение Моисея представляет действо самого Творца; 2) примирение, совершенное Моисеем содержит в себе действие Богочеловека, или сына Творца; 3) хождение народа, доверившегося попечению Моисея, отражает божественный Дух, который сопровождает всякое низшее существо и управляет в нем временным и духовным.
Писание нам повествует о том, как дочь царя Египта спасла младенца Моисея от вод Нила и тайно его обучила, спрятав от преследований Фараона и его придворных, решивших уничтожить всех детей мужского пола из еврейского народа. Египетская принцесса очень подружилась с обладающим большой красотой младенцем Моисеем. Ее потрясло и чрезвычайно рассудительное поведение маленького Моисея, не характерное для столь юного возраста и обещавшее претвориться в знания и остроту ума, которые Моисей проявлял уже с двухлетнего возраста. Приемной матерью ребенка стала кормилица, выбранная самой принцессой. Очень заботясь о Моисее и лично проверяя исполнение всех распоряжений в отношении него, египетская принцесса требовала, чтобы кормилица ей ежедневно приносила младенца. Именно это указало на будущий союз идолопоклонников с божественными законами: после низвержения Фараона и краха его армии остаток египтян соединится в законе Моисея.
Кормилица добросовестно исполняла все распоряжения, и ребенок возрастал все более и более, входя в свою красу. В один из дней принцесса была так восхищена им, что взяла Моисея на руки и решила, осмелев, представить его своему отцу Фараону, для чего прошла в зал аудиенций, в котором имелось много столов. На одном из этих столов находился большой поднос, где возлежали корона и скипетр царя. Среди драгоценных камней, украшавших корону Фараона, был и карбункул, светившийся поразительным огнем. Принцесса, зная, что драгоценности делают с обыкновенными людьми, поднесла к столу маленького Моисея, дабы узреть, какое впечатление произведут на него эти украшения. При виде блеска, исходящего от драгоценностей, юный Моисей сильно закричал, принявшись забавляться ими, как поступила бы и большая часть детей его возраста. Принцесса удовлетворила свое любопытство до конца, потакая желанию ребенка наиграться драгоценностями. Затем она, проверив помещение (вдруг что-то не усмотрела!) и, не заметив никого, наклонила Моисея над короной и скипетром. Ребенок схватил их с жадностью, но был не в силах их поднять. Тогда принцесса ему помогла, надев корону на голову. Но в этот момент маленький Моисей уронил скипетр на ноги принцессы и захотел неожиданно снять корону с головы. Корона упала на стол, после чего ребенок наступил на нее ногой. Все время, пока принцесса забавлялась с юным Моисеем, за ними наблюдал из потаенного места духовник Фараона. Затем духовник донес Фараону о произошедшем, указав на то, что царь должен предать смерти Моисея на основании ранее объявленного розыска, предпринятого против всех новорожденных Израиля. Принцесса же, положив на место скипетр и корону, взяла Моисея на руки и пошла в покои своего отца с тем, чтобы показать ему ребенка.
Однако Фараон, уже узнавший от духовника обо всем, встретил холодно и даже с отвращением свою дочь. Тогда провинившаяся принцесса просила царя о частной аудиенции, чтобы узнать непосредственно от него причину столь резкого охлаждения по отношению к ней. Царь удовлетворил ее просьбу и, оказавшись наедине с дочерью, не дал ей ничего сказать, а тотчас же приказал предать смерти Моисея. Принцесса, захваченная врасплох, попыталась узнать причину столь грозного решения отца, уверяя, что никогда этот ребенок не будет опасен царю. В слезах она упрашивала Фараона, представив в ином свете то, что донес ему духовник. Принцесса говорила, что ребенок действительно взял скипетр и корону царя, однако он не имел никакого дурного намерения, и если он их уронил, то это не стоит толковать как неверность, ненависть и угрозу. Но поскольку арест Моисея был уже объявлен, то принцессе ничего не оставалось, кроме как, испросив снисхождения у царя, задержать исполнение приговора, прежде испытав ребенка огнем. Царь согласился, и тогда принцесса принесла вместе с кормилицей Моисея, ставшего великим укротителем огня.
Взяв мальчика, принцесса, как и в первый раз, поставила его на стол со скипетром и короной. Увидев возгоревшееся пламя, юный Моисей бросил скипетр и корону и, ухватив правой рукой тлевший уголек, поднес его ко рту, где тот и угас, обжегши Моисею кончик языка. После этого испытания принцесса, которую Творец восстановил в качестве временной покровительницы Моисея, обвинила в дерзком доносе духовника, сказав царю: «Пусть донос духовника против ребенка и был правдой, а Моисей действовал достойно, побуждаемый Богом израильтян, которых ты держишь у себя в плену, и вдохновение свое Моисей еще проявит однажды. Ныне же ты видишь: Моисей не обратил никакого внимания на твои скипетр и корону, он предпочел им огонь, невзирая на зло, которое огонь мог ему причинить и причинил на самом деле. Ты видишь, наконец, каково коварство духовника, желавшего тебя обольстить, чтобы ты совершил зло, убив ребенка. В твоей силе и справедливой власти покарать этого человека».
Тут же царь изгнал своего духовника за пределы египетской земли, послав его сеять заблуждение среди других народностей. Принцесса обрела царскую милость и распорядилась всячески заботиться о Моисее. От испытания огнем Моисей стал заикаться, откуда произошло потом обрезание губ. Я не намерен здесь вдаваться в подробности событий, о которых рассказал. Вам достаточно поразмыслить обо всех несчастьях, свалившихся на Фараона и его народ в то время. Внимательно читайте Писание, и вы ясно увидите во всех этих деяниях прообраз пришествия Христа в наш мир. Вы поймете, что принцесса символизировала собой прообраз матери Христа, или ту прекрасную деву, которая говорит: «Я темная, я прекрасная». Что же касается капеллана, то мы, подобно маленькому Моисею, находившемуся под защитой Бога Евреев, не ошибемся, сказав, что этот человек принадлежал к числу нечестивых магов Египта. Он проповедовал дьявольскую науку, указавшую ему божественный дух, обитавший в Моисее и египетской принцессе. Здесь виден поразительный пример противодействия демонического интеллекта божественному духовному интеллекту.
Бегство Моисея из Египта в пустыню Мадиан и пребывание там
ПОТЕРЯВ в возрасте семи лет свою заступницу египетскую принцессу, Моисей жил до двадцати лет, находясь под покровительством царя, воспитываемый своими отцом и матерью вместе со старшим братом Аароном. Я не стану вам более растолковывать имя Моисея, ибо достаточно того, чему учит Писание на сей счет, — это имя ему дала дочь Фараона, когда спасла младенца от вод. Моисей, имея царское покровительство, жил в полной свободе со своими братьями евреями среди народа Египта. Однажды, пребывая в отдаленной области Египта, он увидел, как египтянин унижал еврея и уже изготовился убить несчастного. Моисей, находившийся на шесть ступеней выше и имевший силу, соответствовавшую его высокому росту, кинулся на египтянина, убив того одним ударом. После чего Моисей был вынужден бежать за пределы Египта. Сам побег не составил никакого духовного образа, но убийство египтянина проявило силу и могущество, данную Творцом Моисею во имя освобождения его народа. Сим Моисей свидетельствовал об освобождении Израиля и унижении египтян. Вот, пожалуй, все наиболее интересное о рождении и первом периоде жизни Моисея. Здесь вы можете отметить, что первые действия Моисея полностью тождественны действиям всех предшествующих избранных.
По завершении сорока лет, когда Моисей пребывал вне пределов Египта, постоянно находясь под покровительством Творца, он принес в жертву Творцу свое тело и свою душу для освобождения евреев. Он молил Творца, дабы узнать от Него, что жертва, совершенная им, стала приятной Творцу. Всевышний послал ангела, поведавшего Моисею о высоком предназначении, которое он заслужил смирением, твердостью и любовью к своим братьям. Ангел сказал Моисею: «Веди свой караван в глубину пустыни Майиан, где Творец тебе откроет свою волю». Моисей совершил второе действо между пустыней Мадиан и горой Хорив, принеся вторично свое тело и свою душу в жертву Творцу. Обраща ясь к Творцу, он сказал: «О, Предвечный! Творец всех могуществ! Прими жертву, которую я обращаю во всей святости и чистоте божественного могущества, данного Тобой в благоволении ко мне и милосердии во имя Твоей вящей славы! Я всецело покоряюсь Твоему бесконечному величию! Утверди же меня в Твоей воле, прими жертву, приносимую моей душой, моим сердцем и моим телом и всем тем, что мне временно и духовно принадлежит. Прими мое жертвоприношение во искупление греха отца людей, отца всякого потомства. Ибо все исходит от Тебя и к Тебе же все возвратится».
Моисей, на сей раз принеся себя самого в жертву тройственно (душой, сердцем и телом, — этого он не делал, когда впервые приносил жертву), почувствовал, что его действо стало приятно Творцу. Он принес в жертву, во-первых, свою душу, ибо ничего более совершенного, чем дух младшего тварного существа, не может быть принесено в жертву Творцу, ведь дух человеческий имеет в себе подобие божественного духа. Во-вторых, Моисей принес в жертву свое сердце, или духовную силу, принимаемую душой в момент ее исхождения от Творца. Эта сила символизируется четырьмя характерами, присущими человеческому сердцу. Анатомы знают о них, но не в силах их растолковать и объяснить. Об этих характерах я поведу речь, когда буду рассматривать материю. Наконец, Моисей принес в жертву свое тело, дабы отразить три духовные сущности, из которых происходят все формы, содержащиеся во вселенной. После второго действа божественный дух окликнул Моисея по имени, коим его нарекла дочь Фараона, что утвердило Моисея, удостоверив добродетель, данную ему от Творца. В ней Моисей имел преимущество пред своими братьям. Дух же просветил Моисея, вступившего в сияние божественного огня, окружавшего гору Хорив, названную таинственно пылающим кустарником. Тогда Моисей, стряхнув с себя все металлы и всю нечистую материю, простерся во всю длину тела, олицетворяя тем самым отдых от побежденной материи в присутствии Духа Творца, а также естественный отдых, необходимый всем телам после их временных действий. Это положение также символизирует необходимую реинтеграцию всех частных телесных форм в общей форме, а равно и отделение души от тела (подвешенное состояние души), когда она созерцает дух, ибо материальное тело не может участвовать в том, что происходит между младшим тварным существом и божественным духом. Сие нам подтверждают своими экстатическими состояниями божественного созерцания мудрецы и великие избранники Творца, а также сам Христос показывает ясно.
Посему вам не будет сложно уразуметь отделение от тела в тот момент, когда душа находится в созерцании. Представьте спящего человека. Нельзя ли в этом случае удалить человека из тела, уничтожив самое тело, и каким образом без тела заснувший человек смог бы себя защитить? Не скажут ли, что сие произошло оттого, что этот человек спал с закрытыми глазами, хотя есть много людей, спящих с открытыми глазами, которым данная привычка не прибавляет уверенности. Исключительно из-за того, что душа утрачивает способность духовной взаимосвязи с телесными функциями формы, телесный агент прекращает сопровождать тело, и умерший не может уже ничего ему сообщить, а душа не может соединиться с его телом. Сам субъект приходит в созерцание, лишь став достаточно сильным и способным восхитить душу, — тело обретает род бездействия и разум не получает никакого доходчивого впечатления, когда душа всецело устремляется к объекту своего духовного созерцания. Не нужно думать посему, что душа была полностью отделена от тела. Она отделилась от него только в своем духовном действии, но не по своей природе. Действительно, мы имеем доказательства телесной бесчувственности души, погруженной в созерцание во время казней, вершившихся как над Телом Иисуса Христа, так и телами множества христианских мучеников. Христово Тело не страдало никакой скорбью от причиненных ему мучений, хоть оно и выражало тогда определенные движения, вопреки законам естества отягощавшие его, но являвшиеся продолжением врожденного действия проводника (телесного агента). Преданные по примеру Христа ужасным мучениям пользовались самой милостью, заключенной во славе Творца и в соответствующей Христовой миссии. Христос находился в созерцании Духа Отца, а счастливые смертные, уподобившиеся ему, созерцали Дух Сына Божия. Вот то, что мы понимаем под отделением (подвешенным состоянием) души, а также ее исключением, или неведением, когда тело не чувствует творящегося вокруг него. Но возвратимся к Моисею.
Получение Моисеем от Господа четырех могуществ, возвращение в Египет и подготовка к исходу евреев из этой страны
БУДУЧИ простершимся, Моисей воспринял от Творца четыре божественных могущества, необходимых для борьбы с четырьмя демоническими областями, владыки которых проявили в земле Египта все свое зло против Израиля. В мудром посланнике Моисее Творец должен был свидетельствовать свою славу и свое правосудие. Впоследствии Творец наделил Моисея силами Адама в его первоначальном состоянии славы. Отсюда нам очевидно: всякий человек желания может, совершенствуясь, получить от Творца данное четверичное могущество, несмотря на то, что он одет в материальную оболочку. Если Моисей и обладал определенным сопротивлением воле Творца, это происходило не из-за его непослушания и упрямости, — просто чувствовал себя порой неспособным исполнить миссию, порученную Творцом, и делал ошибки в произношении слов по причине прежнего испытания, которому Моисея подвергла в детстве его покровительница египетская принцесса. Эта боязнь и неуверенность Моисея в собственных силах доказывают, что мы не можем нести в себе совершенный закон, если он нам не дан сверху. Посему Творец указал Моисею, что он должен брать с собой брата Аарона для толкования слов, а также Ура в помощь исполнения духовных действ. Имя Аарон означает: человек, возросший в божественной милости, или божественный пророк, а имя Ура — огонь Господа, или дух Божества. Моисей сказал тогда: «Да исполнится воля Господня в соответствии с тем, что Он указал во имя освобождения своего народа и унижения египтян!»
Моисей вернулся затем в землю Египта со своими двумя спутниками и, представ пред Фараоном, повелел ему именем Предвечного даровать свободу евреям. Фараон отказался. Моисей повторил повеление еще дважды, но и после третьего раза получил тот же ответ.
Видя фараоново упрямство, Моисей удалился в глубь Египта, дабы здесь испытать все могущество, которым его облек Творец. Он поразил Египет и его обитателей семью язвами, принесшими тягость опустошения этой стране теней. Об этом, можно не сомневаться, Писание в точности повествует. Затем Моисей разослал главное уведомление детям Израиля, дабы они были наготове в полночный час с 14 на 15 число месяца Нисана, или Марта. Тогда евреи будут освобождены от рабства и пойдут дорогой к земле, которую Творец обетовал их отцам. Народ исполнил данные наказы, а Моисей изготовился в сей же час сотворить великое действо, для чего взял белого годовалого ягненка, не клейменого ни снаружи, ни изнутри. Ягненок, являясь символом жертвы, которую должны затем принести во спасение всего человеческого рода, олицетворял собой также чистоту тел и душ детей Израиля. Кровь ягненка, заколотого Аароном и ставшего жертвой искупления, взял Моисей, обозначив ею четыре угла вместилища, где будет твориться его великое действо поражения четырех областей Египта. Затем Моисей приказал всем детям Израилевым принести в жертву по такому же ягненку: главы семейств должны заколоть этого ягненка, отметив его кровью четыре угла (в форме вместилища, обозначенного Моисеем) на дверях своих домов. Это был знак Завета Творца с Израилем и полного исключения из него египтян.
Эта отметина содержала в себе двойной смысл: во-первых, животная кровь, взятая в качестве символа могущества, представляла душу израильтян в духе; во-вторых, сама кровь становилась сосудом и вместилищем, где их душа пребывала не во множестве частных форм, а в единой общности. Отметина также символизировала собой четыре небесных области, откуда явился Моисей в четырех божественных могуществах и с четырьмя изгоняющими ангелами, которые унизят египтян и будут стоять на страже народа Израиля во время его исхода из Египта. Итак, Моисей приказал всем израильтянам зарезать по выбранному ягненку, сняв с него шкуру. Затем они должны были его запечь и съесть все с головы до половины туши, а остаток предать огню. В приготовлении и съедении ягненка Моисей усматривал символ очищения телесной формы израильтян и соединения ее с духовным божественным интеллектом. А в сожжении того, что останется от ягненка, он хотел показать израильтянам символ реинтеграции духовных сущностей в центральной оси, откуда они произошли. Ибо все, что элементарный огонь, объяв, обращает в пепел, сможет поглотить и центральная ось, распылив полностью реинтегрирующееся в ней — без остатка всякой живой внешности и субстанции, принадлежащей существу, в котором обитает дух. Кроме того, Моисей приказал, дабы семейства израильтян, не имеющие ягнят, соединились бы с семействами, обладающими оными. Тем союзом он предрек, что остаток египетских идолопоклонников в будущем обретет божественный закон. Это в точности и исполнилось.
Состязание с мудрецами и магами Египта. Исход Израиля из Египта
ЧТОБЫ подробнее просветить вас в сути всех событий, предшествовавших освобождению еврейского народа из рабства, расскажу о духовных действах, с помощью которых Моисей противоборствовал делам магов Египта и мудрецов Измаила, водившихся среди египтян. Эти маги и мудрецы проповедовали в Египте из поколения в поколение божественное знание, но Моисей, разоблачая их, сказал следующее: «Говорю вам, маги Египта и мудрецы Измаила. Я есмь здесь от Предвечного, чтобы противостоять своим могуществом вашей силе во славу моего Бога (ибо от Него все зависит) и для освобождения Его избранного народа. Зачем идете вы против воли Творца, ожесточая душу фараона и убеждая его отклонить прошение, о котором я просил во благо Израиля?» Мудрецы и маги ответили: «Если Бог, которому ты служишь, столь могуществен, как ты о нем говоришь, то почему он сам не делает то по своей собственной воле, а прибегает к помощи существа, подобного тебе? Значит, твой Бог не был никогда таким, каким ты его представляешь, и твоя сила есть не что иное, как обман».
Моисей, сильно задетый нанесенным оскорблением, бросил на землю свой жезл, или таинственный посох, который он держал в правой руке, и жезл тут же превратился в змею. Один из мудрецов кинул и свой жезл, похожий на жезл Моисея, и он тоже превратился в змею. Две змеи находились на виду у одного и другого в течение всего времени, пока Моисей объяснял магам Египта смысл данного превращения: «Маги Египта и вы, мудрецы Измаила. Я знаю могущество и дела, что произойдут из превращения, служащего мне. А мое могущество принадлежит могуществу Бога Живого Израиля. Змеи, ползущие по земле, толкуют о сокрушении и поражении горделивой силы демонов и людей, которых демоны сделали подобными себе. Змея, явившаяся из моего жезла и стремящаяся уничтожить змею, произошедшую от твоего жезла, тебе предрекает, что человек не будет ползать бесконечно по земле, но однажды он будет облечен в свое первоначальное могущество и тогда пойдет до конца против тех, которые сделали его падшим. Скажу тебе более: превращение в форму гадов, произведенное двумя жезлами, есть истинное толкование перерождения славных форм высших демонических духов и младших тварных духовных существ в форму грубой земной материи, держащей их в наказании. Господь», — прибавил Моисей, обращаясь к Творцу, — «восстань и иди предо мной, дабы Твоя слава была засвидетельствована пред Твоим сильным Избранным!»
Помолившись, Моисей взял за хвост змею, находившуюся на его стороне, и, удерживая ее рукой, вложил змею в свой посох. Египетский маг проделал то же самое со своей змеей. Моисей ему сказал затем: «Эти змеи, которых ты увидел исчезнувшими и обретшими свою первоначальную форму жезла, тебе позволят уразуметь, что всякие виды форм, действующих в нашей вселенной, существуют в природе не сами по себе, а лишь благодаря существу, оживляющему их. В противном случае, все то, что появится, будет быстро развеяно, подобно двум змеям, ползавшим здесь перед твоим взором. Пойми более. Исчезновение двух змей тебе ясно предрекает разрушение земли, где ты живешь, и уничтожение ее населения. Бойся находиться среди тех, на которых Предвечный должен излить свое правосудие». Маг поклонился Моисею, не опасаясь более за свои действия пред ним, и удалился к фараону, — последнему он ничего не сказал о знамениях, полученных от Моисея.
Здесь не нужно вдаваться в подробности всех частных действий Моисея, предпринятых им для освобождения своих братьев, — Писание о том рассказывает весьма красноречиво. Я же не должен вас оставлять в неведении относительно того, что представляют собой вышеназванные четыре мудреца Измаила и три мага Египта. Четыре мудреца нам показывают, что истинный культ Творца (а также его церемониал), всегда сохранялся среди людей земли и будет на земле сохранен до конца столетий. Но лицемерная слабость людей часто заставляет их отворачиваться от божественных знаний, чтобы предаться материальным наукам, которые нам олицетворяют три мага Египта. Эти маги исполняли только демонические действа, живя в полной свободе на лоне материи. Они оказались в числе несчастных, низвергшихся в божественном правосудии, излитом Предвечным на Египет.
Трое египетских магов постоянно боролись с духовной силой Моисея, не прекращая противопоставлять себя его духовным трудам вплоть до девятого действа Моисея, исполненного им во славу Творца. Хотя их магические операции не могли уязвить Моисея и поколебать его великую веру в Творца, тем не менее он взмолился, плача и говоря: «О, Предвечный, Бог Израиля! Разве я провинился в предназначении, возложенным Тобой на меня? Почему, Господи, моему появлению ничего не предшествовало, ведь я оставался один, покорный Твоим повелениям в земле Египта? Пожалей Твоего раба, ибо действует он без Твоей помощи». После молитвы Моисей почувствовал в своей душе возрожденную и еще более живую веру. Это случилось во второй день, когда должны были завершиться все его божественные действа. Он вызвал к фараону четырех мудрецов и трех магов, дабы они все стали свидетелями десятого, и последнего, действа. Затем Моисей сказал всем собравшимся: «Бог Израиля есть Бог, все слышащий и все видящий. Он видел мудрецов Измаила, Он слышал трех лицемерных магов Египта, и один из этих троих послужит примером всем другим». Моисей приступил к действу вместе с Аароном и Уром, и один из трех магов, наиболее смелый и наиболее дерзкий, вклинился в их круг. Тут же Моисей, упершись в грудь мага двумя пальцами правой руки, вытолкнул его из круга.
Удаляясь, маг не прятал глаз пред Моисеем, чтобы лучше расслышать и понять слова Моисея, творившего молитву: «Творец основал всякую силу в своем рабе Моисее. Он платит долг своему рабу за его великую веру. Почему Бог, удостоверивший этого мага, не отплатит равной данью за усердие своего раба? Почему оставляет мага быть незапамятным примером божественного правосудия пред лицом Израиля и всего Египта?» Тотчас в конце этих слов тело мага подверглось изменению, поразившему всех присутствовавших. Это было последнее духовное божественное действо в земле Египта. Из всего сказанного следует, что силы демонов никогда не превзойдут мощи божественного Духа. Вы видите, что во вселенной все вершится посредством действия и противодействия, без которых не существовало бы ни движения, ни жизни, а без жизни не было бы телесных форм. Само собой разумеется, без демонической реакции (противодействия) не стало бы духовной жизни вне божественного пространства.
Фараон, устрашенный потоками, которые Моисей навлек на Египет, смягчил участь детей Израиля, отдав их под главенство Моисея и разрешив им идти и принести жертву своему Богу. Он им позволил позаимствовать у египтян золотые и серебряные вазы, разнообразную утварь из драгоценных металлов и все необходимые благовония для действ, относящихся к великому культу, исполняемому Моисеем среди своего народа. Фараон сразу же повелел, чтобы они шли и принесли жертвы. Однако в течение долгого времени евреи не возвращались, и он приказал их настигнуть, но не для того, чтобы препроводить их в первоначальное рабство, а чтобы забрать у них все богатства, унесенные от египтян.
Многие, не ведающие о духовных примерах, творящихся во вселенной, называли детей Израиля вероломными ворами из-за позаимствованного ими богатства. Но на каком основании эти непросвещенные люди могли так судить? Знали ли они, что эти богатства были поначалу заимствованы египтянами у израильтян? Знали ли они, что с египтянами произошло то же, что некогда те совершили по отношению к израильтянам? Знали ли они, наконец, творилось ли сие по произволу народа Израиля или же народ воплощал своими духовными действами повеление пришедшего освободить его от рабства? Дабы убедить вас в невежестве сих горделивых знатоков, скажу, что все богатства египтян являлись не чем иным, как их материальными идолами. Захват богатств египтян, произведенный десницей Израиля, стал истинным наказанием египтян во исполнение божественного правосудия; наказанием, лишившим их наиболее драгоценных предметов идолопоклонства. Именно в этом и предстает перед нами неизбежный конец всех тех, кто всецело предается материи. Князь этой материи благоволит порой к своим прозелитам, намереваясь удалить их в мыслях и делах от единого божественного духовного начала. Однако в момент, когда он полностью отяготил их всевозрастающим стремлением удовлетворять материальные потребности, они попадают прямо в расставленную западню, низвергаясь в бездну.
Нельзя сказать, чтобы Израиль обогатился от захваченного у египтян имущества, общая сумма которого составляла приблизительно миллион наших нынешних монет. Но достаточно ли этого для обеспечения примерно ста двенадцати тысяч человек в течение сорока лет скитаний по пустыне и ведения больших войн, которые намеревались начать израильтяне?
Тем не менее мы видим, что Израиль жил подобно небожителям, находясь в пустыне, и войны, которые он вел против врагов Бога, являлись духовными войнами, творившимися не из-за денег, ибо израильтяне не использовали между собой для удовлетворения своих жизненных нужд золотых и серебряных монет, или монет, изготовленных из иного металла. Более того, в пустыне и при водворении в Землю Обетованную они не знали ни торговли, ни коммерции, связанной в том числе и с материальными ценностями, захваченными в Египте. Здесь мы видим несправедливость тех, которые осмеливаются подозревать праведность Израиля, объявляя его вором. Подобные обвинения продиктованы лишь неведением и гордыней, но поскольку эти свойства в человеке достаточно живучи, то и подобные доводы могут с легкостью обольстить и внешне убедить разных людей. Слабые люди, пребывающие в обольщении, не хотят напрягать свой разум и, наслушавшись ложных обвинений, становятся первенствующими в осуждении древнего народа Израиля.
Но чтобы оправдать полностью Моисея и его народ от постыдных подозрений, достаточно вам знать, как вся египетская добыча израильтян была использована. Итак, все эти вазы, золото и серебряная утварь были использованы Израилем для украшения Храма, или Ковчега Завета, установленного Моисеем во славу Творца и для служения в нем различных божественных культов. Продолжим рассказ.
Моисей, зная, что его народу предстоит большой поход во избежание преследований фараона, приказал израильтянам запастись в нужном количестве хлебом без дрожжей для пропитания вплоть до исхода из пустыни и вторжения в Ханаан. Уже после выступления в поход Моисей объяснил израильтянам значение столь удивившего их бездрожжевого хлеба: «Знай, Израиль, что хлеб без закваски, едомый тобой с ягненком восемь последних дней, когда ты еще оставался в земле Египта, дарует тебе духовную жизнь — пропитание, которое дает тебе Творец на все время, пока ты будешь воевать в Ханаане. Этот хлеб являет тебе также примирение с Творцом и освобождение от рабства, что выражается в измененной пище, ибо египтянам ты оставил профан ическую еду, которую Творец должен изгнать». Израиль понял все сказанное Моисеем позже, перейдя Красное море, когда увидел, что Манна Небесная начала падать сверху ему на голову. Но обо всем по порядку.
Преследование израильтян, предпринятое фараоном и его войском, символизирует собой коварство и уловки, используемые демоническим духом для внушения своего омерзительного интеллекта и разрушения человеческой силы. Здесь видна та же западня, которую демоны некогда соорудили израильтянам, чтобы те подчинились Египту. Но порой и Божественный Дух, будучи покровителем и заступником людей, прибегает к подобным средствам, дабы унизить демонический дух. Именно так Божественный Дух служил Израилю, сокрушая Египет.
Огненный Столп, защищавший израильтян. Переход евреев через Красное море и гибель фараонова воинства
ИЗРАИЛЬ стал образом божественного духовного интеллекта, и походы, в которых он находился до и после преодоления Красного моря, являлись духовным оружием, используемым Духом Творца для полного наказания своих врагов и во имя освобождения своего избранного народа. Божественное покровительство было явно засвидетельствовано Израилю в пустыне Фиахизоф между Магдалой и Красным морем. Первое имя означает возрождение действия, второе — вид омерзения и Красное море — бездну горечи.
Моисей, находясь в пустыне со всем народом Израиля, увидел предводителя египетского войска, шедшего против них. В последний раз он помолился, всецело предав Израиль покровительству Творца, хотя и не верил в достаточность имевшихся у его народа сил для преодоления несчастий и потерь. Молитва Моисея была услышана, — народ Израилев, охваченный трепетом и ужасом при виде своих приближающихся врагов, исполнился тогда полным доверием к Творцу и его рабу Моисею. Веру скрепил Огненный Столп, отделивший войско Израиля от египетского войска, — неприятели не могли видеть один другого, несмотря на то, что их лагери размещались в той же пустыне по соседству. Увидев Столп, народ Израиля воскликнул: «Жив Бог детей Израиля, спасший нас от неистовства наших врагов». Израиль оставался еще несколько дней в пустыне под защитой Огненного Столпа, но когда ему настало время перейти Красное море, Творец приподнял столп, дабы Израиль смог своими глазами узреть свидетельство божественного правосудия, изливавшегося на его врагов. При виде египетского войска Израиль, пораженный невероятным страхом, опять ослаб. А затем вновь, уверившись и укрепившись в своей вере, предался воле Творца и воле Моисея.
Моисей отделил всех, годных к войне. В другую сторону он поставил женщин, детей и стариков, дав им возможность первыми совершить переход Красного моря. Этот переход он сам и возглавил, а его брат Аарон возглавил избранных, предназначенных к войне. Ура Моисей поставил в центр боевого порядка, Иошуа — сзади. В таком положении Моисей начал отступление на виду у египетского войска, дабы оно, увлекшись, стало преследовать израильтян и дошло до места, предопределенного Творцом для наказания фараона и его народа. В ночь с 14 на 15 Нисана, или Марта, Моисей прибыл со всей своей армией на берег Красного моря. Затем он, как полагалось, встал на берегу моря во главе тех, которые должны были идти первыми, а это — женщины, дети и старики. После Моисей протянул свою руку над водами, погрузив в них свой жезл. Тут же воды расступились в обе стороны от него, оставив свободный проход израильтянам. Огненный Столп пошел впереди народа по пути, начертанному Моисеем. Столп обычно двигался пред лицом Моисея и его народа, служа светильником израильтянам и погружая их врагов в величайшую тьму. Дойдя со своим подразделением до середины Красного моря, Моисей подождал другие колонны израильтян. Соединившись с ними, он продолжил поход, направив детей Израиля на противоположную сторону моря, с которой открывалась дорога к стране, из которой они некогда были выведены.
Фараон, заметив, что израильтяне ушли в сторону Красного моря, ускорил марш своего войска, дабы их настигнуть. В темноте потеряв израильтян из виду, фараон приказал своим воинам зажечь факелы для поиска и преследования неприятеля. Замысел этот вышел не благом, а горем для египтян, ибо армия фараона, устремившись за врагом по следам его ног, не обратила внимания, что оставила берег моря и пошла по морю, воды которого перед ней расступились. Египтяне проделали предназначенный им путь, не обнаружив никакой для себя опасности в столь темной ночи. И когда фараон со своей армией достиг середины моря, откуда израильтяне уже ушли, воды вновь собрались на прежнее место, поглотив всех египтян. Середина моря являлась местом, обозначенным Моисеем для полного уничтожения врагов силами изгоняющих духов. Израильтяне в то время уже находились в лагере на другой стороне моря. Дав им отдохнуть около двух часов, Моисей разбудил израильтян, чтобы они помолились о бесконечном милосердии Творца, испытанным ими на себе. Моисей просил Творца о милости и, когда моление его завершилось, на рассвете дня начала появляться луна. В то время впервые они увидели падающую манну с небес. Моисей разъяснил израильтянам, что Творец, пославший манну, подтвердил тем самым их примирение и свою милость к ним.
Однако он предупредил, что каждый может взять лишь одну порцию манны для дневного пропитания, поскольку нельзя хранить эту манну до следующего завтрака. В том случае, если они ослушаются, то манна исчезнет и будет навсегда утрачена ими. Кроме того он сказал, что все лишние порции, взятые сверх нормы, будут вычтены из общего количества манны, ибо никто не мог взять более своей порции, не ввергнув в неповиновение и грех не только себя самих, но еще и своих братьев. Ведь несмотря на то, что наказание неминуемо постигнет виноватых, другие тоже будут поражены проказой, оставаясь в посте и покаянии семь дней. Он установил, что в течение дней покаяния порция манны будет взыскана теми из их братьев этого же колена, которые лишились своего из-за жадности виновных. Колено должно узнать, что в его рядах находятся падшие, наказанные Предвечным в соответствии с их преступлением. Вот первые указания, данные Израилю после его перехода через Красное море, указания, просвещающие в том, что забота о благе нашего существа, временного и духовного, всецело находится во власти Творца, а не во власти нашей демонической промышленности.
После первых указаний Моисей запретил израильтянам умываться в водах Красного моря и использовать их, ибо они осквернились кровью мерзости и в их бездну низверглось навечно лицемерие Египта и его обитателей. Затем он промолвил своему народу: «Израиль, го, что скажу я тебе о проявлении славы божественного правосудия, непосильно для твоей мысли. Но память о славе Творца никогда не сотрется из твоей памяти от поколения к поколению до конца столетий, дабы потоки, обрушенные Творцом во свидетельство своего правосудия, являлись всегда сущими в памяти обитателей небес и земли. Оберни глаза свои, Израиль, ибо уже день тебе светит на берегу моря, которое ты перешел, не замочив и ноги, и познай чудо, совершенное Творцом для твоего освобождения и примирения». Израиль посмотрел на морскую гладь, покрытую трупами египетского войска, среди которых было и тело фараона. Израиль пал ниц к ногам Моисея, взмолившись: «Моисей, Бог наших отцов, избравший тебя быть поддержкой для детей Израиля, тебя услышит вовеки. Мы тебе кланяемся во имя Господа, переправившего нас сюда. Ему мы принесем в жертву наши души и милосердное доброе действо во имя сохранения нас от ужасных потоков Его правосудия».
Трупы египтян плавали весь день 15-й луны Нисана. Часть из них была отнесена в сторону египетского берега, другая — по-прежнему наблюдалась с берега, где разбил свой стан Израиль. Всплывавшие трупы еще неоднократно маячили то здесь, то там — останки несчастных египтян свидетельствовали о славе Творца и правосудия, пролитого над Египтом во благо Израиля. Тело фараона последним было погребено в водах, оно держалось на морской глади еще целый день после того, как другие трупы исчезли.
Установление Моисеем божественного культа у израильтян
МОИСЕИ же начал устанавливать божественный культ у израильтян. Он вновь ввел четыре дневные службы, или четыре молитвы, от шести часов утра одного дня до шести часов утра другого дня, учредив четыре годовых действа. Последнее из действ являлось великим служением Моисея, возносившего молитвы к Творцу о милости добродетелей в делах годовых и ежедневных. Моисей возродил разнообразные культы, исполняемые в течение сорока девяти дней, и в пятидесятый день он объяснил израильтянам чудеса, сопутствовавшие их освобождению: «Поистине, говорю тебе, Израиль, о том, что Творец сделал силой закона в духовном примирении. Силе Он противопоставил силу, которую ты ощутил в моих действиях против мудрецов Измаила и магов Египта. Сие совершено было как для частного удовлетворения, так и во славу Творца и свидетельство Его правосудия. Это Высшее Существо — твой Творец, твой Освободитель, твой Указующий и твой Защитник. Ты зришь образ Творца в своем рабе Моисее, видевшем в лицо славу Предвечного и вошедшем в эту славу в духе для принятия повелений Великого Божества о твоем освобождении. Ты видишь образ своего Освободителя в Аароне, представляющем действо Творца. Ты видишь образ своего Указующего в Уре и видишь образ своего Защитника в Иошуа. Все четыре существа, помогавших твоему вызволению, составляют но одному из образов четверичной божественной сущности, исполненной Творцом в твоем примирении. Слушай же теперь то, что я скажу о событиях, произошедших на благо тебе в земле Египта. Эти события есть прообраз трех великих добродетелей и сил, которыми Творец должен свидетельствовать во исполнение своего закона, во славу детей Израиля и для уничтожения всех его врагов.
Первая сила стала известной с самого младенчества твоего раба Моисея, — он плыл по водам, лишенный телесных чувств и сопровождаемый одним Творцом. Так плыл и Божественный Дух пред тем, как Он отделил свет от тьмы, и каждая вселенская вещь заняла место, предназначенное ей по закону. Так плыл и Ной с остатком примиренного народа. То был Ной, избранный Творцом в свидетели проявления божественного правосудия и для возрождения божественного культа на земле. Подобным же образом был избран Моисей в напоминание о том, что Господь есть один Живой Творец, верховенствующий во вселенной. Но когда младенец Моисей плыл по водам, ты был еще далеко от своего духовного избрания и не ведал о примере, который поручил ему осуществить Творец на благо тебе.
Вторая добродетель проявилась в моих действиях против четырех мудрецов Измаила и трех магов Египта. Четыре мудреца боролись с моей силой, производя вещи, подобные тем, какие я производил в моих первых четырех действиях. И я смог узнать дух, владевший ими, лишь после того, как предался воле Творца. Это доказывает, что невозможно человеку самому по себе проникнуть в разнообразные деяния Божества. Ужасное изменение, произошедшее с телесной формой первого мага фараона, наводит на мысль об изменении духовной силы, которое испытают младшие тварные существа в трех кругах, — чувственном, видимом (визуальном) и разумном (рациональном), где они будут пребывать одно время, два времени и половину времени. Первое время в чувственном круге наиболее характерно для земной материи, два времени в видимом круге сродни разреженной материи, а половина времени в разумном круге близко к сверхнебесному. Вот достоверно то, о чем тебе говорит изменение, постигшее первого мага.
Первая часть израильтян, перешедших Красное море, предсказывает исход людей с трех сторон земли во время, когда Творец освободит их от тьмы, в которой они обитают. Это свершится в явлении Мессии. Три различных категории людей, составивших первую часть израильтян, обозначают три угла земли, а именно: старики — восточный угол, женщины — южный угол, и дети — северный угол. Здесь для тебя отражена истинная форма земли, как Адам ее представлял, начав делить ее и поместив Каина в южный угол. Сифу, самому младшему из детей, Адам отдал северный угол, оставаясь сам в восточном углу, где находился и Авель. Остатки израильтян, призванных к войне, шедшие следом за первой частью и равно освещенные светом столпа, сразу исчезнувшего после того, как все войско Израиля преодолело море, символизируют собой избрание в столпе, созданном Творцом из старших духов для указания пути и защиты во все время, пока ты будешь вести духовную брань с врагами. Эти избранные суть тени и орудия старших духов, которых Творец соединил в Израиле. Береги же с честью избрание, оказанное Творцом тебе, и соблюдай с точностью все установления, если желаешь быть оправданным пред Ним.
Третья добродетель явилась на различных путях, которыми я водил тебя по пустыням земли Египта, и в разнообразных духовных божественных действах, совершенных мной по четырем сторонам этой земли для полного разделения ее с существом жизни, — согласно повелению, воспринятому мной, дабы оставалась египетская земля вечно в противоречии с обычными законами, данными общему земному телу. Из-за действия, противоположного своей истинной природе, земля Египта не может больше иметь ничего, кроме нечистой растительности, мало способной накормить даже животных гадов, для которых она превратится в притон. Наказание постигло Египет в твоем присутствии, дабы ты уразумел, что трижды Египет становился преступным пред Творцом по причине своих мерзостей, творимых людьми на земле Египта и навлеклекших на нее и всех ее жителей потоки божественного правосудия. Последний поток, предсказанный в сборе тобой египетской утвари, золотой и серебряной, для предотвращения использования ее в культе ложного божества, обрушился на войско Египта. Развратный народ не понял тогда образ вышеуказанного сбора утвари. Наоборот, он предполагал даже, ослепленный, что его сосуды могут служить Богу Израиля. Хотя само божественное правосудие его избавило от всего этого временного добра, которое он не должен впредь никак использовать, ибо суждено ему быть рассеянным среди народов и постыдно уничтоженным по решению Предвечного. Да, Израиль, скажу тебе, что, отделив существо жизни от преступной земли, я умертвил ее и отдал полностью во власть демонов. Теперь она не содержит в себе самой ничего, кроме множества демонических интеллектов.
Этот пример должен тебя научить не заблуждаться о временных благах, которые Предвечный даст тебе в земле, обетованной твоим отцам и заключенной в твои руки. Не заблуждайся и о духовной власти, дарованной тебе Творцом, и помни ужасающие наказания, обрушившиеся на Адама и его потомство из-за искажения власти, коей была облечена Адамова душа. Не забывай никогда все произошедшее на твоих глазах в земле Египта, ибо оно есть точное повторение потоков, низвергнутых Творцом на землю во искупление преступления первого человека и во искупление его потомков.
Однако поток, обрушившийся на землю за преступление Адама, был не тем же, что поток, низвергнутый на Ноево потомство, ибо преступление Адама не являлось тождественным преступлению его наследников. Адам возвысился в своей гордыни до желания быть творцом. Он сам соединил божественную силу с силой князя демонов, превратившись в потерянное творение. За сим он лишился своего состояния славы, подвергшись божественному правосудию и став предметом непостоянства мимолетных событий, а равно и субъектом планетарных тел, некогда низших по отношению к нему. Он жил вместе со всем своим потомством в божественном наказании, пребывая в материальном круге. Вот каково наказание Адама. Его же потомство падает все ниже и растрачивает остатки своей силы, соединяясь с демонами, чтобы иметь полную свободу в мире материальных страстей. Оно абсолютно предает забвению божественные законы, воспринятые им для существования в божественном примирении, совершенном с их отцами. Нынешнее потомство Адама — это воплощенное оскорбление Божества, а потому оно заслужило наказания наиболее ужасающего. Оно неизбежно будет поражено страшными и постыдными потоками, а затем поглощено водами и смешано без различия с остатком животных. Земля сделалась мерзостным вместилищем трупов всех младших тварных существ этого потомства, лицемерного и падшего. Ты не можешь сомневаться во всех этих событиях, ведь знание о них пришло к тебе вместе с отцовскими установлениями, в которых присутствует Творец. И ты воочию видел, как были наказаны за свои преступления египтяне.
Фараон, являясь последователем первоверховного князя демонов, ожесточил сердце своего народа против Израиля. Он противопоставил себя всему тому, что божественный посланец желал сотворить во благо своих избранных, а значит, вооружись против Израиля, он вооружился против самого Господа. Он усилил чудовищное безверие и все материальные пороки, в коих египтяне пребывали долгое время и наконец отреклись от всей божественной силы, восстав напрямую против Духа Бога Живого. Но этот преступный народ был поглощен водами Красного моря, и трупы в нем плавали, став незабываемым примером ужаса, посланным в назидание небесам, земле и Израилю. Так был наказан народ, восставший против Духа Творца. Вот я сказал тебе, Израиль, о трех видах преступления, совершенного земными людьми против Творца, и о различных деяниях правосудия, осуществленных Богом Израиля по отношению к виновным, для того чтобы память об этом не стерлась никогда у любого твоего потомка и передавалась а из поколения в поколение. Содрогайся от назидательной силы сих примеров и бойся сделаться четвертым примером смертельного свидетельства божественного правосудия, ибо поток, брошенный божественным правосудием на тебя, будет безграничным и безмерным. Ты будешь мгновенно лишен божественного закона, доверенного тебе Творцом, подобно тому, как египтяне лишились своих материальных благ.
Закон, установленный Творцом у тебя в предпочтение всем остальным народам, есть ясное доказательство доверия Творца к Израилю. Но если Израиль себя забудет пред Творцом, Творцом, давшим и установившим ему Закон тихо, без шума и рокота, без помощи временных войн, ведущихся людьми, то не будет тогда битв, где сила идет против силы, а только станет действовать правосудие против несправедливости. И надет Израиль в замешательстве, если его память затемнится и он не будет хранить ничего из принадлежащего божественному культу. Имя Господа у него будет отъято и перейдет к чужестранцам. Среди чуждых народов Израиль будет рассеян, живя у них в рабстве и пребывая в божественном проклятии до конца столетий. И будет Израиль оскорбляем людьми во всей вселенной. Вот, Израиль, что я должен был тебе передать от Предвечного».
Восхождение Моисея на гору Синай. Получение первых Скрижалей Завета. Нечестие Израиля и совершение над ним божественного правосудия
ТАКИЕ дела Господь творил во вселенной через своих посредников Моисея, Аарона, Ура и Иошуа во свидетельство славы и правосудия. Таким же образом он будет действовать всегда в вознаграждение или для наказания своего духовного творения, высшего, среднего, низшего и младшего. Я не стану более останавливаться на различных частных событиях, произошедших у израильтян со времени их Исхода из Египта. Писание достаточно полно повествует о многих походах и лагерной жизни израильтян. Перейду к тому, что совершилось на Горе Синай, имя которой означает: высота и восхождение божественной славы. Моисей отдает свои обыденные и духовные распоряжения брату Аарону, — его попечению в свое отсутствие он доверил всех детей Израиля, пообещавших слепо следовать всем указаниям Аарона. Итак, Моисей, учредив порядок в лагере, стал в сопровождении Иошуа подниматься на гору Синай. Когда они достигли середины горы, то оба узрели славу Господа, открывшуюся пред ними. Тогда Моисей сказал Иошуа: «Оставайся здесь, ибо Творец меня зовет к Себе». Мгновенно облако опустилось с небес до половины горы, отделив Моисея от Иошуа, который увидел его лишь сорок дней спустя, когда Моисей, спускаясь с вершины, нес в руках две Скрижали с письменами, высеченными самим Творцом в Духе Всесвятейшем. Вместе с Иошуа Моисей устремился под гору, к лагерю израильтян. Иошуа шел с правой стороны от Моисея, помогая нести Скрижали Завета. Но они не прошли еще и трети пути от того места, где Иошуа пребывал в одиночестве, как услышали великий крик, раздававшийся в лагере израильтян. И тут прозвучал голос, обращенный к Моисею: «Иди и смотри». Зри свой народ, желающий Меня лишиться. Это — твой народ, но не Мой». Моисей и Иошуа ускорили шаг и, встав оба у ворот лагеря, располагавшегося у подножия горы, увидели детей Израиля, танцующих вместе с Аароном вокруг золотого тельца.
Моисей был столь поражен, что, разбив Скрижали Завета, принесенные им с горы Синай, обратился к Аарону: «Почему», — вымолвил он, — «народ этот танцевал пред ложным богом и отчего ты его не сдержал в духовных границах, предписанных мною? Ведь я доверил народ твоему попечению! Как ты сам мог впасть в бездну материи, из которой произошел этот фальшивый бог? Ты бросил народ в ту же мерзость, что уничтожила египтян». Аарон ответил: «Я боялся, Господи. Я был в ужасе от бешенства детей Израиля. В твое отсутствие они подняли камень на меня, и я был вынужден подчиниться их желаниям, дабы предохранить их от гораздо больших несчастий». Моисей, еще более опечаленный ответом брата Аарона, сказал ему: «Иди прямо сейчас в лагерь Израиля с запада, и там ты увидишь истинное наказание израильтян, уготованное Творцом за их преступление». Моисей наконец совершил свое действо, взмолившись Творцу и прося его сотворить духовное избрание числа отмстителей за скорби, причиненные Предвечному. Господь повелел ему призвать пятнадцать человек из колена Левиина, разделить их на три отряда по пять человек и сказать им затем: «Те, кто любят Творца, пусть возьмут в руку плоский нож, висящий на их левом бедре». Моисей благословил отряды, а потом приказал избранным: «Первый отряд, где Симеон и Леви, пойдет от востока к западу, второй — от востока к югу и третий — от востока к аквилону (северу). Три отряда пройдут так трижды, пересекая лагерь Израиля. Они предадут смерти всех тех, кого встретят на своем пути, невзирая на возраст и пол. После они вернутся ко мне в сопровождении Аарона». Распоряжение Моисея было исполнено и множество израильтян вместе с новообращенными в Закон Моисеев были уничтожены, благодаря чему стан израильтян очистился от скверны, а пролитие крови виновных снискало милость к израильтянам у Предвечного.
Вам легко понять, какое отношение имели вышеизложенные события к событиям, произошедшим от Адама до Ноя, от Ноя до Авраама, от Авраама до Исхода детей Израиля из земли Египта, от Исхода до Христа, а также к событиям, имевшим место во время Пришествия Христа и которые будут продолжаться до конца столетий. Моисей собрал детей Израиля, которые остались в живых после божественного правосудия, совершенного пятнадцатью избранными из колена Левиина, и перед тем как вновь подняться на гору для обретения новых Скрижалей Завета, он дал народу наставления обо всем том, что ему надлежит делать.
Наставления, данные Моисеем народу Израилеву перед получением вторых Скрижалей Завета. Разъяснение Моисеем синайских таинств
«СЛУШАЙ, Израиль! Я всегда учил тебя в бесконечном милосердии, с коим Творец относился к тебе и к твоим отцам, которые были праведными пред Ним. Господь оказал то же милосердие своему рабу Моисею, дав ему возможность сопричислиться к чину Отцов Израиля. Да, я есть временный отец духовных детей Израиля, но не отец детей плотских и материальных. Благодаря силе моих действ ты стал свидетелем проявления славы и божественного правосудия во благо тебе. Ты ясно видел проявление могущества и воли Творца во всем, что я для тебя творил. Значит, ты видел во мне подобие мысли Предвечного, ибо я ее читал в Его Славе и видел ее лицом к лицу. Духовная гора, на которую я восходил, показала тебе расстояние, имеющееся между Сущим Творцом и общим земным творением. На вершине горы суть четыре непостижимых для обычных смертных круга, отделяющие божественную духовную обитель от вселенского творения. Эта гора — истинное отражение всей вселенной. Она делится на семь частей, известных под именами семи вселенских небесных сводов, и четыре круга, о которых я сказал. Они называются сверхнебесными, ибо определяют действо семи главных посредников вселенского творения и управляют им. Именно в сверхнебесной области действуют божественные мысль и воля, именно оттуда происходят порядок, добродетель и сила действия всех духов, обитающих во вселенной. Семь небес принимают из сверхнебесной сферы все свои добродетели и все свои могущества, передавая затем их общему земному телу. Таков порядок, правящий этими тремя мирами.
Когда я поднялся на духовную божественную гору, я оставил Иошуа позади себя на довольно существенном расстоянии, ибо он не мог еще идти со мной к лику Творца. Облако, скрывшее меня и разделившее с Иошуа и тобой, Израиль, — это есть то же облако, что укрыло тебя от египтян в пустыне Фиахизот. Знай, что это облако являлось тенью Духа Творца, поэтому оно и удержало демоническое египетское войско с его царем-фараоном и внесло смятение в их телесные и духовные чувства. Тогда египтяне действовали бесполезно в полной сумятице, ибо пребывали в плотной темноте, окутавшей их. Несмотря на то, что это облако тебе казалось осязаемым, оно не являлось подобием материальных и элементарных облаков, подчиненных тем законам, которые управляют обычным движением природы. Материальные облака складываются из смешения грубого и тонкого, происходящего от общего земного тела. Они образуются во взаимодействии посредников различных планетарных тел, среди которых солнечные агенты главные, поскольку оказывают влияние непосредственно на сами облака. Разновидности агентов, обладая сильным притяжением, поднимают на существенную высоту своих кругов грубую и субтильную влагу, и, когда все компоненты уже соединены, глаза материального человека видят непроницаемое тело, или облако, заслоняющее от человеческого взгляда все, что происходит вверху, и даже скрывающее от него большую часть солнечного света.
Польза облаков во вселенной заключается в том, что они преобразовывают и сдерживают силу планетарного влияния, и последнее таким образом, передается более благотворно как общему земному телу, так и всем его обитателям. Никакое тело не может существовать без равновесия центрального огня, ибо всякое действие любого тела является производной этого равновесия. Именно по причине равновесия облачных тел, мощно воспроизводящих акцию и реакцию вплоть до совершенного разделения частиц, облако, образуясь, может лучше распространиться по всей протяженности круга, очерченного на земле. Так, Израиль, образуются облака, из которых исходит манна или проливается дождь на общее земное тело. Но э го вовсе не относится к тому облаку, которое укрыло тебя от глаз твоих врагов. Сие замечательное облако, служившее тебе пристанищем в пустыне Египта, явилось телом, внешне созданным действом бесконечного множества чистых и простых духов, ставших оболочкой Божественного Духа, выведенного Предвечным Творцом из десятеричного круга. Божественный Дух шел пред Израилем в огненном столпе. И облачный столп был его продолжением, он шел тем же путем в соответствии с законами порядка, акции, реакции и притяжения, которыми Божественный Дух воздействовал на все духи по воле Творца во благо Израиля и в осуждение демонов. Облако, образовавшись в силе духов и без всякого материального участия, стало истинным телом славы. Посредники центральной оси не могли оказывать влияния на духовное облако так же, как они воздействуют на грубые материальные облака. Но, несмотря на то, что оболочка его славного тела являлась более непроницаемой для телесных глаз обыкновенных людей, нежели оболочки элементарных облаков, духовное облако, в отличие от своих природных аналогов, не мешало Израилю пользоваться солнечным светом. Ибо все время, пока Творец свидетельствовал свое правосудие против Египта, Израиль не был лишен обыкновенного света. Египтяне, напротив, погрузились в сплошную тьму, низвергшую их в бездны Красного моря на вечные времена.
То же самое славное тело облака, увлекшее меня за собой от Иошуа и Израиля, когда я восходил на вершину духовной горы Синай. Я простерся посредине горы, и тогда моя душа вышла из моего тела, став поистине мыслящим существом. В таком состоянии мое духовное существо приняло распоряжения, данные ему Творцом лицом к лицу. Скажу тебе, Израиль, что посредством вершины духовной горы ты должен чувствовать образ разумного (рационального) круга, наиболее возвышенного по отношению ко всем небесным кругам. Разумный круг зовется кругом Сатурна, или 1-м Сатурническим. Он — высший планетарный круг, отделяющий все иные планетарные небесные круги от четырех сверхнебесных кругов. Расстояние от вершины горы, где я находился, до места, где пребывал Иошуа, представляет собой планетарный солярный (солнечный круг), называемый 2-м видимым (визуальным) кругом, а все другие планетарные низшие круги включены в пространство 3-го чувственного круга. Они суть круги Меркурия, Марса, Юпитера, Венеры и Луны. Итак, вот порядок планетарных кругов: 1-й сатурнический, 2-й солнечный, 3-й Меркурия, 4-й Марса, 5-й Юпитера, 6-й Венеры и 7-й лунный. Величайшая духовная гора тебе показывает расстояние от божественной духовной обители до небесной части и от обители небесной до части земной. Ты видишь, что можно разделить эту гору двояко, — во-первых, на три части и, во-вторых, на семь иных частей. Первое деление заключает в себе деление на три различных круга, где младшие духи исполняют свои духовные чистые и простые действия в соответствии с неизменным порядком, воспринятым от Творца, на пути следования в примирении и реинтеграции к сверхнебесной сфере. Видел ли ты, что я отметил тебе твое жилище и положил границы твоему лагерю? Земной материальный круг, в котором ты живешь, есть истинный образ чувственного круга, где всякое младшее тварное существо платит долг правосудию Предвечного. Итак, отличие мест, занимаемых мной и Иошуа на горе, тебе ясно указывает на разнородные воздействия, коим подвержены младшие тварные существа во время их пребывания в трех кругах, — чувственном, видимом (визуальном) и разумном (рациональном).
Я сказал тебе, что тело, в котором ты заключен, являет собой образ чувственного круга, поскольку на самом деле оно к нему непосредственно относится. Чувственный круг переходит в видимый (визуальный) круг, а видимый круг — в разумный (рациональный), последний же — в сверхнебесную сферу. Здесь можно воздать хвалу универсальности знаменитого четверичного числа, господствующего над всем и управляющего всеми вещами. Другое деление горы на семь частей есть деление на семь планетарных кругов, содержащих в себе семь основных агентов вселенской природы. Скажу тебе еще, что, соединив троичное деление с делением семеричным, ты найдешь десятеричное число Творца, от которого всякая вещь сотворена. Кроме того, ты узнаешь, что духовная гора, символизирующая собой десятеричное число, или замысел, занимает середину главного вместилища, а посему земля имеет треугольную форму. Эта гора должна быть на земле тем, чем является центр треугольника, или точка пересечения линий, направленных внутрь от вершин углов. Ты знаешь, что духовная гора опирается на общее земное тело. А потому не кажется ли тебе, что земля заключает в себе самой живое существо, исшедшее от Творца и подобное любому из младших тварных существ, пребывающих во внешней форме? Подтвердить вышесказанное мной тебе может постоянство и бесконечный порядок всего действующего на лице общего земного тела.
Добродетели и силы Предвечного на духовной горе, о которой я тебе сказал, вершатся и будут вершиться до конца столетий, распространяясь, в общем и частном, на все земное тело, наполняя собой три ее стороны и формы всех земных обитателей. Здесь общее следует относить к неразумным животным, а частное — лишь к творениям, одушевленным духовным божественным существом, небесным и наднебесным.
После высших материй, о коих я тебе поведал (они должны быть понятны всякому духовному младшему существу), расскажу о неизменных законах, правящих вселенной. Нет существа, сотворенного и исшедшего (эманированного), которое могло бы существовать без своей акции во вселенском круге и было бы неподвластно вышеназванным законам.
О сущности божественных и демонических законов
ЧТОБЫ ты лучше уразумел, приведу пример, спросив: когда ты находился в Египте, тобой управлял какой-нибудь закон, и если управлял, то был ли это закон Божественного Духа или же только закон животных, коим ты следовал? Знаю, что ты не можешь четко ответить на мой вопрос, ибо не ведаешь состояния, в котором находился, пребывая в этой мерзостной стране. Итак, узнай от меня, что ты был вовлечен в демонический круг и обретался там вместе с князем демонов и его приспешниками. Значит, ты не жил в соответствии со своей собственной волей. Ты не имел более в себе жизни и своего частного деяния. Ты не мог следовать божественным законам, поскольку предал их забвению, а сам низвергся в бездны Египта. Ты не подчинялся даже весьма чистым и простым законам животного мира, хотя всегда дикие животные жили, пользуясь полной свободой и всеми задатками своего инстинкта. Они не могли и никогда не смогут отвергнуть неизменные законы природы, законы, которым подвластны. Ты был, разумеется, тогда ниже самих животных, но ты тем не менее имел законы. Однако законы, правившие тобой, являлись материальными и всецело демоническими. Они были прямо противопоставлены божественным духовным законам, данным младшему тварному существу, а значит, противопоставлены природным и человеческим законам. Это были проклятые законы, губительные для тех, кто руководствуется ими. Ты можешь судить сам об опасности сих мерзких законов, поскольку видел воочию, что Творец свершил против их проповедников и приспешников. Я не стану ничего говорить о том, чего ты не видел своими собственными глазами. Но узнай от меня, что князья демонов — носители и вершители этих мерзостных законов — сами подчинены неизменному закону Творца, по которому все произошло от Него.
Без данного божественного закона они бы не существовали, а без самого принципа духовного существа они не имели бы ни мысли, ни воли, ни действия, ибо они не могут отстраниться от вечного закона их исхождения, а посему не могут поистине избежать правосудия, вытекающего из этого закона. Именно божественному правосудию ты подвергся, находясь в рабстве в Египте. Но милосердие Творца вернуло тебя к твоему изначальному принципу, к утру твоей славы, вновь даровав верховный божественный закон, который ты некогда отверг. Ты видел все, что делал я для того, чтобы Творец восстановил тебя в прежних правах. Ты знаешь, Израиль, что послан я от Предвечного во свидетельство Его славы и правосудия. И ты можешь зрить во мне образ воли Творца. Пребывая на горе вместе с Иошуа, который будет наследовать мне по повелению, данному Предвечным, я тебе раскрыл образ великого божественного духа, дабы ты понял, что всякое младшее существо предстанет затем пред Творцом своим частным духом. Я взял Иошуа с собой, чтобы показать тебе, как великий дух, отпущенный Творцом из духовного божественного круга, становится опорой, проводником, советником и товарищем младшего тварно-го существа, исшедшего и нисшедшего от величия Творца и воплощенного в круге элементарной материи. И Иошуа, нисходивший вместе со мной с горы, запечатлел собой образ младшего духовного тварного существа, освобожденного Предвечным для действия в земном круге в соответствии с дарованной ему свободной волей.
Но самое поразительное, сотворенное в твою славу божественным милосердием, это — посланные тебе Скрижали Завета, принесенные мной с духовной горы. Скрижали с запечатленным на них Законом являются символом человеческого тела, на коем отображены черты Закона Творца. Дух Предвечного сам начертал письмена Закона на скрижалях, доставленных мной. Младшее духовное существо отражает в сердце своей телесной формы черты могущественного Закона, воспринятого от Творца со времени своей божественной эманации. Но несмотря на все благо, какое ты мог извлечь из законов, запечатленных на священных скрижалях, твое падение вынудило меня разбить скрижали у тебя на глазах. От них не осталось для тебя и следа, как не останется следа от вселенского творения, когда оно будет реинтегрировано в своем принципе исхождения.
О Израиль! Будет ли твоя душа всегда черствой по отношению к Творцу? Будет ли ожесточаться она всякий раз после добродетелей, оказанных ей Творцом? В скорби исходишь ты из рабства демонов и пытаешься вновь возродиться в их законе. Ты ищешь возможность сотворить себе бога, который тебя поведет и будет управлять тобой произвольно по твоему капризу. Для этого ты прибегаешь к нечистой материи, проклятой Предвечным! Гы славил Творца лишь потому, чтобы Он действовал на благо твоих лицемерных злодейств, ты искушал Аарона, на коего было возложено твое духовное попечительство. Весь Израиль поднял камень против Аарона, угрожая ему смертью, если он не поклонится железной печи, установленной тобой в мерзостном деянии. Но каков успех, на который ты так надеялся, и чего ты достиг на самом деле? Ты предпочел произвести в печи форму, подобную человеческому телу, и затем сделать ее богом! Не знал ты, что всякая телесная форма может рождаться на свет и существовать только благодаря законам воспроизводства, которые Предвечный даровал природе? Именно это ты познал в неожиданном плоде своего грехопадения. Ты захотел узреть рождение формы по образу Творца, видя ее в своем подобии. Твоя гордыня была посрамлена, когда ты вылепил форму бездушного животного без всякого действенного существа.
Вот, Израиль, что в реальности ты можешь всегда ждать от демонического интеллекта и князя демонов. Однако именно с ними ты стремишься всецело соединиться, дабы жить вечно под их мерзостными законами, противостоящими законам Творца и божественного духовного человечества. Эта телесная форма тельца, ставшая итогом твоего действа, тебя научает, каким будет животное, принесенное тобой в жертву Предвечному во искупление твоего греха, ибо он весьма тяжек пред Творцом. Необходимо, чтобы кровь этого животного была распространена над Израилем и потом по всей земле. Чтобы Израиль смыл ею свое пятно и чтобы земля была очищена от грязи, сотворенной Израилем на ней.
Силы и свойства демонического князя, а также злые и добрые духи
ТЕПЕРЬ мне нужно наставить тебя относительно свойств и силы великого князя демонов, у которого ты пребывал в рабстве в Египте. Влияние демонического владыки низвело тебя в великое наказание, когда утратил невозможность воспринимать божественный интеллект. Однако остается мыслящая способность и воля, сообщающаяся с мыслью, которую в тебе формирует его общий демонический интеллект. Через повелевающее слово (его нужно рассматривать и как действие) он навязывает свой ужасный дух духам-приспешникам, передающим его затем младшим твар-ным существам, коих князь демонов постоянно держит в поле зрения, чтобы соблазнить и подчинить своим законам.
Злые духи-приспешники, являясь низшими, имеют ту же способность, что и князь демонов, поскольку они, являясь его подобием, есть существа мыслящие и свободные от всякой материальной формы. Следовательно, они имеют свой частный интеллект, исходящий непосредственно от них самих, а общий злой интеллект проистекает от великого князя демонов, их владыки. Итак, ты видишь, что злой дух располагает в своем могуществе двумя силами — его собственной силой, а также силой низших духов-приспешников. Кроме того ты видишь, что демонический князь обладает злым общим духовным интеллектом. Духи-приспешники также показывают свой злой частный интеллект. Знай, Израиль, что твой частный инстинкт, окружающий всякое телесное твар-ное существо и всякую младшую тварь, освобожденную от круга Божества, искушают, атакуют и склоняют к борьбе демонические существа и осаждают своим падшим чувством. О том гы можешь судить по последнему событию, постигшему тебя. Более того, независимо от сетей, расставленных для младших тварных существ, последние не являются аскетами, всецело защищенными от искушений, которыми постоянно пытается соблазнить великий господин всякого демонического круга. Вот почему без постоянной духовной работы, без постоянного внимания к божественному интеллекту ты не можешь долго противостоять бесконечным опасностям, окружающим тебя.
Каждый из старших добрых духов имеет мысль и волю, образующие добрый духовный интеллект. Старшие добрые духи способны передавать свой интеллект духовным добрым иерархиям, а те уже передают интеллект младшим тварным существам. Но поскольку божественные старшие духи имеют совершенное сообщение с высшими духами, а те, соответственно, с Божеством, то нельзя сравнивать действие старших добрых духов с действием князя демонов, ограниченного в силах. Для того чтобы показать соотношения, установленные между всякими духовными добрыми существами, вернусь к четырем наднебесным кругам, о которых я уже говорил. Четыре круга, также называемые духовными божественными кругами, не содержат ничего, кроме духовных существ, лишенных материального тела. Эти духи не все десятеричные, но каждое духовное существо, обитающее в данных кругах, восприняло во время своего освобождения частные божественные законы, которые оно должно вершить своей силой. Но каждое существо, обитающее в одном из данных кругов, не действует акциями и силами, которые имеются у существ иных кругов.
Запомни, Израиль, символ, представляемый мной тебе: в нем гы познаешь вещи, составляющие круг Божества, и ясно узришь, как проявляется четверичная сущность Творца не только во всех существах духовных, исшедших от него, но также и во всяком вселенском творении. Этот символ позволит тебе понять, что Предвечный создал все и от Него исходят в каждое мгновение всякие вещи — благодаря установленным и неизменным правилам, являющимся весами, числами и мерами. Эти три вещи означают закон, установление и повеление, данные божественным духовным существам. Они также означают способность и силу, положенные Творцом своему младшему существу со времени его освобождения, дабы оно действовало в соответствии со своими мыслью, намерением и словом в четырех небесных областях и трех земных. Все будет здесь познаваться в этом самом символе, и ты убедишься, что являлся доныне темным существом, которому Творец возжелал передать духовный свет, уже полностью утраченный тобой. Ты убедишься, что твое исхождение, а равно и твое могущество, суть бесконечно более значимые, нежели исхождение и могущество всех духовных существ, исшедших пред тобой. Уразумей же, Израиль, этот рисунок, это универсальное начертание, смысл которого я буду тебе объяснять.
Божественный круг и круги духовных существ
Я БУДУ мало говорить о том месте, куда, кроме самого Бога, не могут проникнуть даже существа наиболее духовные и совершенные. Первая часть данного изображения состоит из четырех кругов (см. рис. на с. 252). Первый круг, несущий в себе десятеричное число (10) — это духовный божественный круг. Центр этого круга есть образ, или символ, Божества, от которого происходят все эманации и всякое творение. Ты видишь выходящей из центра форму треугольника, имеющую два круга, помещенных в его низших оконечностях. Далее, за пределами десятеричного круга, ты видишь четвертый круг, а из его центра выходит такая же треугольная форма. Четыре круга есть истинный символ четверичной божественной сущности. Так, первый круг своим десятеричным числом представляет абсолютное единство Божества. Именно от сего единства появилась всякая мысль духовного исхождения и творения духовной временной силы, а равно и действенный принцип всякой формы внешнего материального тела. Второй круг, несущий в себе число 7, есть круг старших духов. Он — первая духовная эманация, освобожденная Творцом из круга Божества. Наконец, четвертый круг, несущий в себе число 4 и находящийся под сенью десятеричного числа, является кругом младших духов. В нем содержится третья освобождающая воля из круга Божества. Его духи играют роль вместилищ для духовного божественного повеления.
Они имеют превосходство над всяким духовным существом, освобожденным Творцом в небесной бесконечности. Несложно, Израиль, уразуметь, что сила сего младшего духа наивысшая по отношению к силе всех исшедших прежде него духов, в том числе и тех, что действуют в сверхнебесном пространстве, а также в пространстве вселенского творения. Ты можешь воочию убедиться, что из центра четверичного круга, или младшего круга, исходит треугольник. В нем две стороны завершаются в оконечностях основания первого треугольника. Ты видишь, что в оконечностях данного основания помещены два круга: круг старших духов 7 и круг низших духов 3. И это с очевидной ясностью подтверждает, что сила повелительного слова, данного младшему духу, главенствует над обитателями двух вышеуказанных кругов. Впрочем, ты видишь также подчинение двух кругов духовному младшему существу во внутреннем соединении, которое образует основание данного треугольника с основанием высшего треугольника. Это соединение свидетельствует о том, что духовные существа прочно связаны с Творцом, поскольку от Него все они произошли.
Конечно, уровень силы младшего существа тебя не удивит, если ты поразмыслишь, какому духу она была дана Творцом. Два круга, над которыми властвует младший дух, стали оскверненными грехопадением старших духов, изгнанных из своего круга и увлекших с собой большое количество духов двух кругов, старших (7) и низших (6). Их изгнали из духовной обители, чтобы наказать за преступления, которые они пытались там совершить, соблазнив своим порочным замыслом большую часть обитателей двух кругов, сломленных волей главных демонических духов. Но распад не передался младшему четверичному кругу. Вот почему Творец наделил его младшее существо абсолютной силой над двумя другими кругами. Творец создал младшее существо во свидетельство божественной славы и правосудия против падших духов. Хотя Творец и не обрадовался сему предпочтению, поскольку в младшем тварном существе не было силы, данной первым падшим духам.
А первое младшее существо, как известно, оказалось бесконечно более виновным, нежели демоны. Творец остановил действие мысли демонов. Однако Он не остановил первого младшего существа, в его лицемерном действии, продиктованном злой мыслью демонов. Так это существо стало преступным пред Творцом. Именно потому младшие существа стали субъектами, подчиненными силе и повелению себе подобных младших духовных существ. Но этого не случилось бы с первым младшим существом и его потомством, если бы они не допустили той лицемерной мысли, противной воле Творца. Да, Израиль, именно чистая воля тебе говорит, что в соответствии с первоначальным принципом младшего существа по отношению ко всякому духовному существу, обитающему в сверхнебесной сфере и во вселенной, твоя сила взошла в наивысшую область славы Творца. Твое место было под покровом Божества, и оно обозначено младшим кругом, находящимся под сенью десятеричного, или божественного, круга. Посему неудивительно, что младший круг обрел столь возвышенную силу. Ведь он не являлся оскверненным и стал таковым только из-за грехопадения первого человека. Познай же от меня, что место сие существует и будет существовать во всяком потомстве вечно. Оно было осквернено грехопадением Адама, но его очистил Творец. Это подтверждает тебе история грехопадения первого человека.
Да, именно в этом святом месте должна произойти реинтеграция младшего Адамова потомства. Именно здесь юдоль, где обитало младшее духовное существо до грехопадения первого человека для всей протяженности времен. Вы видите контуры этого младшего круга, образующего четверичную божественную сущность, без которой младшее тварное существо не имело бы никакого совершенного знания о Божестве. Исхождения из этого круга не случилось бы без грехопадения демонов, а без него не было бы и материального временного творения, земного и небесного. Не было бы также и сверхнебесного пространства — ведь всякое действие духовной эманации вершится в божественном пространстве, равно как и всякое сотворение могущества духов, исходящих из этого пространства.
Помни, как произошло грехопадение злых духов, размышляй над творением и своим исхождением, и тебе станет понятной необходимость существования всякой тварной вещи и всякой исшедшей и освобожденной вещи. Ты увидишь, что всем вещам повелел Творец быть и действовать во внутреннем сообщении. Это тебе показывает прямая линия, идущая из центра десятеричного круга, точно от сверхнебесной сферы, и достигающая общего земного тела и центра оси — центрального огня, поддерживающего в равновесии всякие формы, общие и частные, без чего никакое существо не может иметь жизнь и движение. Этот огонь ограничивает пространство вселенной, путь движения и действия всякого существа, заключенного во вселенском творении.
Но необходимо еще сказать о том, что все существующее в этом бренном мире происходит от четверичной божественной силы. Обрати внимание на сообщение и внутреннюю связь, имеющиеся у сатурнического круга с кругами Солнца, Меркурия и Марса, и посмотри, как они все вместе повторяют истинный образ сверхнебесной сферы. Кроме того, данные четыре круга, называемые старшими небесными кругами, благодаря непосредственной близости четырех старших планет к сверхнебесной сфере гораздо более сильны в своих акциях и реакциях, нежели три планетарных круга, расположенных снизу от них. Посему неудивительно, что они влияют своей мощной добродетелью на три низшие планеты, расположенные в углах последнего небесного треугольника, и управляют ими. Посредством трех низших планет, в обиходе называемых Юпитером, Венерой и Луной, общее земное тело существует, регулируя характерный для него растительный покров, действуя по своей природе и поддерживая себя в собственных согласованных движениях и акциях. Юпитер, являясь владыкой двух низших планет, участвует в процессе распада, ибо очевидно, что нет никакого воспроизводства без тления. Венера помогает в зачатии, ибо без зачатия репродуктивное семя всякого телесного существа живет без действия. И Луна, будучи чувственным кругом, или влажным покрывалом, источает свои флюиды, видоизменяя и приспосабливая оживления всего телесного акцию и реакцию двух главных начал, коими являются центральная ось и солнечное тело. Именно эти начала, сочетаясь в своей связи и внутреннем сообщении, являются главными вдохновителями жизнедеятельности всех тел, украшающих нашу вселенную.
Основное из двух вышеназванных начал есть ось, нетварный огонь которой дает жизнь и движение всякому телесному виду, а солнце — второе начало, воздействующее на произрастание всех частных гел и общего земного тела, взаимодействующее с ними и оживляющее их. Солнце обозначается во вселенной как высшая звезда, верховная по отношению ко всем звездам, ибо оно — звезда, наиболее соответствующая существу нетварного огня и нетварной оси. Именно отсюда можно сказать, что Творец вложил в Солнце особую миссию. Сие не должно удивлять, ведь Солнце — звезда, расположенная на линии, простирающейся от божественного, или десятеричного, круга до наинизшей планеты, называемой Луной, как ты можешь заметить. Но что же ниже духовных кругов сверхнебесной сферы? Что находится внизу сатурнического круга? Как обрести число шесть в порядке, исходящем от сверхнебесной сферы? Если ты будешь считать посредством лунного круга, то не найдешь ли, что Солнце несет в себе число шесть? Именно здесь и присутствует шестеричный порядок, поскольку Солнце составляет полноту шести мыслей, использованных Предвечным для вселенского творения. Ты уже знаешь, что Творец закончил все свои дела в течение шести дней, а днем седьмым было отмечено совершенство всякого творения. Подобно же и Солнце вызывает к произрастанию флору, происходящую от земного круга. Соединяясь же с шестью другими планетарными кругами, Солнце должно пребывать в седьмой акции — образе и символе, которыми Творец пользовался во исполнение всех временных вещей.
О шести днях творения и шестиричном числе. Числовое устройство мироздания
Я ИМЕНУЮ днями шесть действий творения, но это определение творения не может принадлежать Предвечному, который сущий и бесконечный. Он — без времени, без границ и без протяженности, однако эти шесть дней определяют продолжительность и границы жизнедеятельности материи. Иными словами, материя будет существовать шесть тысяч лет во всем своем совершенстве, а с наступлением седьмого тысячелетия она низвергнется в ужасное разложение, в котором будет пребывать до своего полного распада. Посему пойми в сказанном мной, что семеричное число, дающее совершенство всякому тварному существу, впоследствии явится и числом, разрушающим и уничтожающим все вещи. Подобно тому, как семеричное число действовало в начале, творя сущностным все ныне существующее в материальной вселенной, а в конце времен оно будет уже служить для низвержения своего труда. Запомни, что шесть тысяч лет продолжительности жизни вселенского творения весьма коротки для тебя и еще более коротки для Предвечного, ибо пред Ним тысяча лет — как один день. Но повторяю, что нельзя рассматривать этот день в качестве определенного времени или одного из преходящих дней, которым Творец неподвластен. Всякий из дней или всякая тысяча лет творения могут обозначаться лишь длительностью действия одной из шести божественных мыслей. В час, когда действо или дело каждой из мыслей будет исполнено, Творец вновь увлечет ее к себе с такой же умелостью и легкостью, с какой Он произвел оную для творения и собственного труда. Так все будет существовать последовательно, от ступени к ступени, в божественном порядке, планомерно приближаясь к своему концу и возвращаясь к своему первоначальному принципу.
Я тебе уже дал увидеть, что Солнце несет в себе шестеричное число, приняв его от божественного круга. Произведя обратный отсчет — от земного круга до Меркурия, ты будешь иметь равным образом число шесть. Сложи эти два числа, и ты получишь число 12, благодаря которому ты поймешь, почему наше время делится на интервалы дней, недель, месяцев, лет, а также времен года, являвшихся всегда такими же, как мы их видим, поскольку именно так Адам и его потомки установили время и времена года для исполнения божественного культа. Число же двенадцать тебе дает 3, что содержит в себе принцип всякой телесной жизни, и это показывает последний треугольник фигуры, опирающийся на ось центрального огня.
Солнце в истинном разумении — это еще и главный посредник вселенной, служащей для совершенства всей растительности. Именно благодаря ему мы собираем плоды нашей земли, используя Солнце в качестве отражения оси центрального огня. Солнце поддерживает начала пассивной жизни всех частных сферических тел, низших по отношению к нему. Кроме того, благодаря его мощному воздействию мы различаем наиболее удаленные тела небосвода. Без Солнца все лишится элементарного света. Дабы тебя убедить в том, что данная ось существует на самом деле наряду с осью центрального огня, знай, что именно главный посредник нашей вселенной вместе с Сатурном и осью центрального огня управляет путями всех звезд в их совокупности. Именно при посредстве данных трех агентов-посредников действуют законы продолжительности вселенского творения, установленные Творцом. Теперь гы видишь, что вышеописанная гармония вполне соотносится с нашей, ведь эти сущности имеют сообщение с Божеством. Почему же ты не желаешь, дабы и наша духовная душа стала восприимчивой к связи с Творцом? Все существа обладают различными свойствами и жизненными силами, отличающими их друг от друга. Они восприняли разный закон своей деятельности в соответствии с различными задачами, определенными им Творцом.
Но всякое начало жизни телесной и духовной и всего того, что может существовать, происходит только от Творца. Ось центрального огня есть ось, которая может сделать более ощутимой эту истину. Центральная ось является главным, частным и общим и, следовательно, универсальным агентом. Она относится к кругам сверхнебесным и играет роль органа низших духов, обитающих в ней и действующих по принципу внешней телесной материи. И твое тело заключает в себе равновесие того самого огня нетварной оси, являющейся началом материальной жизни. Значит, оно должно иметь то же самое органическое свойство, подобное свойству центральной оси, от коей произошла пассивная жизнь. К тому же твое тело становится необходимым органом твоей духовной души. Как центральная ось есть сосуд низших духов, обитающих в ней, так и твоя душа — сосуд старшего духа, а старший дух — сосуд Божества. Ты найдешь в себе повторение этого четверичного числа, сообщающегося с Творцом. Значит, ты имеешь то же самое свойство и обладаешь тем же, чем обладает и центральная вселенская ось. Оба вы несете в себе два четверичных числа. Для оси это выглядит так: 1 — центральная ось, 2 — сосуд низших духов, 3 — сосуд старших духов, 4 — старшие духи-сосуды Божества. То же самое Израиль и у тебя: твое тело — 1, сосуд твоей души — 2, твоя душа как сосуд старшего духа — 3 и старший дух-сосуд Божества — 4. Сложи эти числа (1; 2; 3; 4), и ты ясно увидишь, что все произошло и все существует благодаря знаменитому божественному числу, являющемуся десятеричным.
Я уже тебе говорил, что, мысленно прочертив линию от круга земного до божественного круга, ты найдешь число 12, заключающее в себе принцип разделения времени, и число 3, символизирующее собой принцип всякой телесной формы. Если ты умножишь число 3 на число 4, о котором я тебе рассказывал и которое в точности соответствует земным, небесным и сверхнебесным мирам, ты будешь иметь то же самое производное от него число 12. Кроме того, число 3 подтверждает, что телесная форма всех существ, обитающих в данных трех мирах, происходит от трех начал: серы, соли и ртути, о коих я тебя уже рассказывал. В самом деле, никакое существо не может облечься в субстанцию внешней формы, если оно не составлено из этих трех компонентов. Ты можешь удивиться тому, что я тебе говорил о телесной форме обитателей сверхнебесной сферы. Однако ты должен знать, что у всякого освобожденного существа, дабы оно временно вершило волю Творца, образуется телесный покров, необходимый для защиты всякого временного духовного действия. Без такого покрова нельзя ничего предпринять по отношению к другим временным существам, не истребив их, ибо чистый дух обладает врожденной способностью растворять все, что к нему приближается.
Это славное телесное покрытие, в которое облачаются духовные обитатели сверхнебесного и земных пространств, есть не что иное, как порождение их собственного огня. Духовные существа обретают здесь то же самое, что и духи центральной оси, способные силой своего огня творить исхождение трех основных сущностей собственного тела, или славной формы. Действия одних и других в данном случае абсолютно тождественны. Тем не менее есть и большие различия в акциях трех видов духов. Например, духи оси имеют в себе лишь одно действие, с помощью которого они могут производить только один вид формы, что соответствует непосредственному действу высшего существа, управляющего ими и использующего их по своей воле и согласно с волей Творца. Хотя существа духовные, обитающие в трех мирах и имеющие возможности производить действия более значимые и длительные, способны каждое мгновение производить новые формы, бесконечно варьируя их по необходимости и согласно с выполняемой задачей. Воистину, эти духовные существа не могут действовать наподобие духов оси, не получив повеления Творца, но когда они его получили, то имеют в себе самих все, что нужно для исполнения возложенной на них миссии. Ну а духи оси суть простые субъекты, и в своих действиях они всегда ведомые, ибо не имеют разума.
Именно здесь нужно отметить, что телесные сущности и формы духовных существ, обитающих в трех мирах, суть более чистые и утонченные, нежели сущности, происходящие от духов оси. Ты мог бы меня спросить еще: такие же самые духовные сущности не обитают ли в божественном пространстве, где пребывает бесконечность духов? Я тебе отвечу, что четыре иерархии духов высших, старших, низших и младших земных, обитающих в божественном пространстве, должны там управлять лишь духовными божественными акциями и делами, не смешивая их с любым материальным действием. Вот почему одухотворенное существо не могло никогда, и не будет никогда пребывать в божественном месте, где находится обитель чистых духов и производится всякая божественная эманация.
О духовных иерархиях
ИЗ ЧЕТЫРЕХ иерархий чистых духов только высшие и старшие духи не имеют в себе никакого закона производства одухотворенных сущностей. Также действие этих существ, названных высшими и старшими, чистыми и божественными, бесконечно более значимо, нежели действие двух других разрядов, о чем говорит их наименование. Духи двух последних разрядов, наоборот, обладают законом воспроизводства одухотворенных временных сущностей, но они имеют право его применять лишь в момент своего освобождения для образования временного мира, который должен служить унижению падших духов. Об этом я расскажу после того, как поведаю о законах и силах, данных Творцом различным духам, освобожденным от его пространства. Ты знаешь, что первая высшая иерархия духов несет в себе десятеричное число. Вторая старшая — семеричное. Третья низшая иерархия отмечена троичным числом. Четвертая, или младшая, иерархия запечатлела в себе четверичное число. Четыре иерархии тебе показывают — четверка принадлежит непосредственно Творцу, все исшедшие и освобожденные существа вместе с их законами и мо-гуществами происходят от того же самого четверичного числа, или от четверичной сущности Божества, содержащей все. Если ты сложишь четверичное число с числом 12, произведенным от 3, ты получишь число 16. Ну а если сложишь число 4 с числом 3, то будет 7 — духовное производное, доказывающее тебе, что все существует и может существовать лишь благодаря духу, а значит и твоя эманация есть не что иное, как духовное явление.
Ты видел, что духи, пребывающие в божественном пространстве, обладают действиями и силами чисто духовными, а иначе и невозможно, ведь всякий дух, являющийся и действующий пред ликом Творца, не может быть временным субъектом. Духи же, являющиеся и действующие в сверхнебесном, небесном и земном пространствах, должны исполнять временное свидетельство правосудия во славу Творца. Они имеют временные духовные могущества и действия, ограниченные из-за их временной зависимости. Когда время будет исполнено, эти духи будут воссоединены в своем первоначальном принципе чисто духовных и божественных действ, подобно духам, обитающим ныне в божественном пространстве.
Не надо думать, что место, которое временные духи занимали в божественном пространстве до установления времен, осталось пустующим после того, как они были освобождены для исполнения своих временных духовных действий. Нет пустующего места у Творца и в Его пространстве, поскольку Его пространство не имеет границ, и все духи в нем легко находят свое место. И пространство это простирается по мере того, как духи эманируют-ся от лика Творца. Сие означает, что невозможно размышлять о пустоте в божественном пространстве, которое увеличивается и будет увеличиваться благодаря бесконечному исхождению, которое Творец совершает и будет совершать постоянно. Более того, не нужно думать, что духи, исходящие бесконечно от лика Творца, размещаются беспорядочно и смешанно, подобно людской толпе или стаду животных, действующих по воле своего каприза. Божественные существа принимают во время исхождения законы и силы, соответствующие их способностям к божественным духовным действиям; они последовательно занимают свои места в разнообразных духовных порядках, где каждый из них в отдельности исполняет свою задачу. Однако все то, что составляет знаменитое божественное пространство, непостижимо не только для смертных, но и для всякого исшедшего духа. Это знание не принадлежит никому, кроме Творца.
Стоит отметить, Израиль, что среди духовных порядков, основанных прежде времени в божественном пространстве, младший троичный порядок не являлся порядком младшего духовного божественного четверичного существа, или человека. Ты должен знать, что младшего духовного существа в ту пору еще не было, а порядок исхождения младшего духовного существа начался лишь тогда, когда восстали и пали, исказившись, духи. Дабы тебе познать это духовное исхождение, а равно и влияние, оказанное преступлением демонов на действия обитателей пространства, скажу поистине, согласуясь с Предвечным, что посрамленные падшие духи были изгнаны от присутствия Творца, а духи низшие и младшие троичные восприняли силу действия Его закона воспроизводства одухотворенных сущностей для сдерживания падших духов в темных границах божественного проклятия. Приняв эту силу, троичные духи стали тут же освобожденными, — их действие, бывшее чистым духовным и божественным, сразу же приобрело те качества, какие прежде имел исказившийся дух, и они сделались духовными временными существами, долженствующими исполнять различные законы, предписанные им волей Творца. Именно тогда младшие духовные четверичные существа изошли от Лика Божества, заняв в божественном пространстве место, от которого были освобождены младшие троичные духи для своего временного действия.
Продолжение наставления Моисея о духовных существах
ТЕБЕ нужно знать, Израиль, о том, сколь сильными были изменения, вызванные падением искаженных духов. Тогда Творец применил силу закона не только против самих падших, но и произвел соответствующие действия в различных духовных порядках божественного пространства. Но поскольку это падение произошло еще до сотворения младших тварных существ, то последние не могли воспринять никакой мерзости общения с падшими, а значит, никакие изменения не коснулись иерархии младших, ибо они являлись вместилищем великой силы Божества. Да, Израиль, поразительная четверичная сила была им доверена, и не могло быть по-другому, ведь эти младшие тварные существа, исшедшие чистыми и беспорочными духами от лона правосудия и самой святости во свидетельство славы и могущества Творца, не знали никакого зла ни прямо, ни косвенно. По праведности их Творец и наделил эти существа силами, соответствующими чистоте их духовной природы и замыслу, коим Он их отметил, эманируя от Своего лика. Вот откуда происходит величие силы и добродетели младшего тварного существа, вот почему законы его деятельности не подверглись смятению посредством изменения, произведенного падением исказившихся духов в других порядках божественного пространства.
Эта сила человека была столь значительной, что, несмотря на его последующее грехопадение, он до сих пор является высшим существом по отношению ко всем иным исшедшим и освобожденным духовным сущностям. Вышеприведенный символ позволяет нам понять, что никакое духовное существо не было хранимо столь ревностно, как дух младшего тварного существа, сообщавшийся прямо и непосредственно с Творцом. Смотри на перпендикулярную линию, соединяющую центр первого сверхнебесного круга с центром общего земного тела, представленного треугольной фигурой (см. рис. на с. 252). Именно этот перпендикуляр показывает верховенство младшего тварного существа над всеми существами. Творец желал сохранить могущественную власть младшего тварного существа, несмотря на его грехопадение. И сила закона, использованная Творцом по отношению к человеку, отличалась от силы закона, примененной к первоначальным падшим духам, которых Он приговорил своим решением и которые обречены действовать в божественном проклятии только на протяжении преходящих времен, не сообщаясь никак с Творцом и его премудростью. А младшее тварное существо не утратило духовной связи с Творцом, оно сохранило свойство первоначальной силы, принятой от своего исхождения во вселенском теле. Но Творец, будучи не вправе оставлять человека безнаказанным за грехопадение, поистине изменил законы духовных дел и действий, которые младшие тварные существа должны были сотворить в этой вселенной. И таким образом Творец применил силу закона против Своего младшего тварного существа.
Если ты меня спросишь, а каково же изменение законов дел и действий младшего тварного существа, я тебе отвечу, что младшее тварное существо в момент своего грехопадения стало подчиненным времени. Иными словами, оно действует в качестве существа чисто временного — вместо того, чтобы находиться в своем первоначальном состоянии, являясь человеком-Богом земли и всего творения и не будучи погруженным в печаль времен. С момента грехопадения от человека, скованного печалью времен, произошли только телесные материальные формы и субъекты, а если бы он пребывал в своем прежнем состоянии славы, то мог бы производить только духовные телесные формы, в которых обитало бы Слово. Таково изменение, постигшее законы деятельности первого младшего тварного существа, пребывавшего в состоянии славы, в котором оно могло использовать чисто духовные сущности для воспроизводства их славных форм. Но после грехопадения младшее тварное существо, приговоренное производить себе подобных материально, способно использовать лишь одухотворенные материальные сущности для своего воспроизводства. Я сказал уже, что Адам носил в себе всемогущее Слово творения славной духовной формы. И ты можешь легко в том убедиться, поразмыслив, ибо сегодня для воспроизводства материальной формы необходимо наличие в тебе Слова, творящего, исходящего и освобождающего вне тебя одухотворенные сущности по закону духовной временной природы. Ведь для претворения своего материального подобия ты не прибегаешь к содействию иных принципов одухотворенных сущностей, за исключением тех, что вложены в тебя. Если же ты хочешь взять за основу принципы, противоположные твоим субстанции, духовной деятельности и духовному действию, то воспроизводства не получится. Даже если некая сущность и явится на свет, то она останется без участия божественного действа, будучи низведенной в разряд диких животных. Она будет рассматриваться в качестве сущности из ряда вон выходящей, и к ней будут питать отвращение все обитатели временной природы.
Каббалистическое толкование Моисея действий добрых и злых духовных существ
УВЫ, Израиль, ты носишь в себе Слово материального воспроизводства, ибо твой отец, изначально имевший Слово духовного и славного воспроизводства, утратил его после грехопадения. Это ужасное изменение, которым Творец наказал Адама, явилось меньшей скорбью, по сравнению с той, которой Он мог бы подвергнуть Свое младшее тварное существо, впавшее в грех. Преступление младшего тварного существа было столь ужасным, что мерзость сего лицемерного поступка отразилась на всей божественной обители. Падение первоначальных духов уже осквернило божественную обитель, о чем я говорил ранее. Следовательно, осквернение коснулось и всех духовных существ, пребывавших в разных порядках этой обители, — оно изменило их законы деятельности и действия. Но грехопадение человека явилось бесконечно более великим, нежели падение демонов, и сами духи, обитавшие вне божественного пространства, ощутили тогда искушение еще большее, чем в первый раз, и этот проклятый проступок человека произвел новое изменение в их законах деятельности и действия. Иными словами, в результате грехопадения Адама Творец осуществил силу закона и над духовными существами вне Своего пространства, хотя их законы деятельности и действия на тот момент и так уже не были теми же, каковыми они являлись до грехопадения первых духов и во время исхождения первого человека. Смотри же, сколь чудовищными были последствия грехопадения Адама.
Не стремись никогда, Израиль, сравнивать силу закона, которую люди используют между собой, с силой закона, какую Предвечный применил против Своего духовного временного творения, ибо сила закона, установленная среди людей, по сути материальна и основана на человеческом соглашении (само же соглашение не может быть заключено без согласия и участия определенного числа людей, намерения коих тождественны намерению временного руководителя, законодателя и правителя народа). Сила временного закона способна действовать лишь благодаря усилиям большого количества людей, а сила божественного закона нуждается только в воле Творца, дабы стать претворенной в жизнь. Творец, подвергая любое существо божественному наказанию, не опирается ни на содействие Своего Божественного Царства, ни на кого-либо из духовных божественных временных существ и уж тем более — на грубую материю, что в ходу у людей. Творцу достаточно лишь одной Его мысли и одной Его воли для совершения Своего волеизъявления. Вот какова бесконечная разница между силой вечного божественного неизменного закона и силой человеческого закона, преходящего и стирающегося столь же легко, сколь быстро разрушается человеческая телесная форма, когда от нее отделяется младший дух и ее предают земле.
Но ты, несомненно, попросишь меня, Израиль, чтобы я рассказал тебе, в чем заключается изменение законов деятельности и действия, постигшее обитателей пространства в результате грехопадения первых духов, а также постигшее всех духовных существ, божественных и временных, по причине грехопадения человека. Я тебе отвечу, что, поскольку имеются два грехопадения, равным образом имеют место и два изменения в законе деятельности и действия обитателей пространства. Изменения же состоят в том, что эти существа уже не обладают определенным количеством чисто духовных функций, сделавшись в той или иной степени субъектами времени. Это я тебе и объясню.
Время и вселенная появились вследствие грехопадения первоначальных духов, и после этого обитатели различных порядков пространства были обязаны поддерживать установленную протяженность вселенной. Но после грехопадения человека эти самые духи помогали примирению и очищению младших тварных существ, ибо примирение это воздействует на духовную душу людей и иных духовных существ, о которых ты узнаешь затем. Именно в данных двух видах деятельности во благо временного пространства принимают участие божественные духи, хотя сами полностью и не подчинены времени. Да, Израиль, я тебе повторю, что без грехопадения человека божественные духи были бы подчинены времени лишь отчасти, а без грехопадения первых духов они не были бы вовлечены в него и вовсе. Без первого грехопадения не произошло бы никакого изменения в духовном творении, не случилось бы освобождения духов от пространства, не имелось бы никакого ограниченного божественного творения, сверхнебесного, небесного и земного, не было бы духов, посланных для содействия в различные стороны творения. Младшие троичные духи, посланные Творцом для образования материальной вселенной, тем не менее не были исключены из божественного пространства. Но после грехопадения Адама младшие существа, или люди, навсегда лишились своего первоначального места пребывания и утратили могущественные свойства, дававшие им преимущество перед любым божественным духовным существом, произошедшим до них.
Я уже говорил тебе, Израиль, каковы были свойства и сила человека до его грехопадения. Первое младшее существо Предвечный назвал человеком-Богом и повелителем всякого духовного и временного существа. Припомни, Израиль, что Предвечный безмерно воплотил в человеке всю Свою красоту, все Свое чувство. Он даровал ему все духовные божественные могущества, свойственные четверичной сущности Божества, что символически отражено в круге, расположенном под высшим десятеричным кругом, центром которого является Божество (см. рис. на с. 252). Это тебе подтверждает, что могущество первого младшего духовного существа было превосходящим над силами других младших существ, обитающих в различных планетарных телах, а также и в теле общем земном. Обрати внимание на разнообразные положения тел, образующих универсальную фигуру, в которой действует вся духовная природа, старшая, младшая и низшая. Заметь, поистине, что в мире небесном, как и мире земном, низший круг находится под высшим, но ни один из них непосредственно не расположен под сенью десятеричного сверхнебесного круга, кроме младшего духовного божественного, или человеческого, круга, ибо человеку определено это место Божеством. Обрати внимание, что этот человеческий круг образует выступающий угол низшего сверхнебесного треугольника. Здесь ты заметишь следующее: два других круга, старший — 2 и низший — 3, сообщаются один с другим только в целях точной передачи повелений, какие они получают и будут получать до конца столетий от Творца в соответствии с их духовным временным предназначением. Таким образом, сие тебе доказывает не только верховенство человека над всеми младшими существами, обитающими на земной поверхности и в планетарных телах, но еще и над всякими порядками духовных существ, в том числе и над старшими духами.
Эти две иерархии духов нужны, в частности, для сохранения времени и материи, посему они могут действовать лишь во вселенской широте. Младшее тварное существо, напротив, не было никоим образом предназначено для сохранения и поддержки вселенной, тем не менее, оно повелевало данными двумя видами духов, и его сила распространялась в пространстве долготы. Вот почему эти два круга, старший и низший, располагаются с двух сторон от перпендикуляра, принадлежащего младшему кругу чело-века-Бога. Но дабы окончательно убедить тебя в подчиненности сих двух кругов, обратимся к числам семеричному и тройственному, коими они отмечены, хотя каждый из них в отдельности не может составить совершенное десятеричное число Творца, для чего нужно их сложить: 7 + 3 = 10. Младшее тварное существо говорит своим четверичным числом, что сила его низшая. Но, исшедшее от четверичной сущности, оно несло в себе четверичное число своей эманации, которая отделила его от всех совершенных до него духовных исхождений и поставила его во главе всякого исшедшего духовного существа. Младшее тварное существо стало существом наиболее чистым и совершенным, за исключением акции Предвечного, являющейся Христом, и Его деяния, являющегося Святым Духом, ибо последние не относятся ни к одному из видов исхождения и освобождения. Их дела и действия были и будут всегда чисто духовными и божественными, а значит, не подчиненными времени и временному.
Таким образом, Израиль, первоначальное младшее тварное существо несло в себе чудесное число своего божественного происхождения, и я показал тебе, что это число 4. Данное число разделяется на числа, вложенные в него. Здесь ты найдешь не только десятеричное число Божества, но и увидишь, что именно самого десятеричного числа появляется всякое духовное старшее существо, низшее и младшее, а равно и всякий закон деяния, как духовного, так и одухотворенного. Сложение четырех первых чисел в итоге дает цифру 10: 1 + 2 + 3 + 4 = 10. В сем удивительном сложении различных чисел ты поймешь, откуда произошли все вещи. Единство есть в Творце, число 2 дано в смятении, в котором находятся падшие духи и люди, соединяющиеся с интеллектом злых духов. Число 3 указывает на три одухотворенные сущности, образовавшие все формы. Оно указывает также на рождение самих сущностей и прямое действие духов — низших и троичных, от которых произошли ртуть, сера и соль для строительства вселенной. Число 4 тебе указывает на младшее тварное существо, его происхождение и силу. Сложи числа 2 и 3, и ты будешь иметь число 5, коему служат демоны для противодействия духовному и божественному. Сначала число демонических духов в их исхож-дении было четверичным, подобно числу младшего тварного существа, а именно: Предвечный Отец — 1, Сын — 2, Святой Дух — 3 и эманация, происходящая от трех божественных личностей, — 4. Но падшие духи, объединившись в единой проклятой воле и власти против присущего им четверичного числа, извратили свою духовную силу, превратив ее в ограниченную и чисто материальную силу. Вот почему четверичное число не принадлежит им более, а пятеричное число и есть число демонов.
Сложи числа 2 и 4 и ты получишь 6 — число божественных мыслей, благодаря которым творилось все вселенское и временное. При сложении 3 с числом 4 ты получаешь число 7, образующее силу деятельности старшего духа, являющегося двойным, ибо посредством 3 он воздействует на форму, а посредством 4 — на душу младшего тварного существа. Сложи единицу с троичным числом и соедини их производное с четверичным, и ты получишь 8 — число двойной духовной божественной силы, доверенной первоначальному младшему тварному существу во свидетельство славы и правосудия Предвечного против падших духов. Именно сию божественную силу познали твои отцы, имена коих Авраам, Исаак и Яков. Адам же в своем преступлении потерял эту двойную силу, ослабев до простой силы младшего тварного существа, которую унаследовало и его потомство. И поныне человек не может удостоиться этой двойной силы, не предпринимая бесконечных усилий и не подвергая себя аскезе тела, души и духа. Данное число Творец определил для духовных Избранных, которых Он хочет прославить и возвести во свидетельство Своего могущества.
Сложи пятеричное число с четверичным, и ты получишь число деления сущностей на одухотворенных материальных и духовных божественных посредством соединения пятеричного числа, символизирующего собой несовершенство и развращенность, с четверичным числом, указывающим на совершенство и безгрешность. Сумма этих чисел означает, что человек вырождается в своей духовной и божественной силе, преобразуя ее в духовную демоническую силу. Посему из-за грехопадения, совершенного Адамом, учинилось непостижимое смятение в мире духовных существ. Сам посуди, Израиль: ты видел, какой великой была сила младшего тварного существа, ибо оно являлось господином четверичного числа, от коего произошли все временные вещи и всякий духовный труд. Знай же, что в своем состоянии славы первоначальное тварное существо не имело в себе никаких одухотворенных акций, и тем паче материальных. Напротив, оно обладало всеми видами духовных акций и деяний славных форм. Знай же, что сии славные формы не были никогда подчинены времени, как не был подчинен ему и сам Адам, хотя все его деяния творились во благо временного. Никогда не забывай, что все то, чему я тебя обучил, идет от великой силы первоначального человека и его четверичного числа. Я начертаю пред тобой различные свойства вещей, происходящих от этого благородного числа. Ты же сможешь уверовать, что именно в тебе самом заключено данное число, благодаря которому ты возвышен над дикарями и всеми иными тварями. Но помни, Израиль, что никакое младшее существо не может считаться просвещенным без совершенного знания великолепного десятеричного числа Предвечного и всего содержащегося в нем от творения и освобождения:
1 + 2 = 3
1 + 2 + 3 = 6
1 + 2 + 3 + 4 = 10
Нужно отметить, Израиль, что единица слагается с тройкой только для последующего суммирования с четверичным числом и образования двойной силы.
10 + 2 + 3 + 4 + 5 + 6 = 30
30 + 7 + 8 + 9 + 1 = 55 = 5 + 5 = 10
В итоге сложения всех частных чисел, происходящих от четверичного, ты видишь число 55, которое тебе являет деление десятеричного числа на два пятеричных демонических числа. Так первоначальные духи в своем грехопадении намеревались поделить на части четверичную божественную сущность посредством их собственного духовного свойства. Они возымели намерение и мысленный акт, противоречащие законам, установленным для них Творцом во время их исхождения. Но, понадеявшись успешно этим воспользоваться, они ошиблись и весьма удивились, когда ясно увидели невозможность для себя и всякого иного духа вознестись в своей четверичной сущности к Божеству и достичь тем самым знаменитой божественной десятерицы. Они окончательно уразумели данную невозможность, когда возжелали повлиять в отдельности на каждое производное знаменитого четверичного исхождения, как духовного божественного, так и временного творения: в их намерение входило создать из всего новое производное посредством одной четверичной или десятеричной единицы, однако они не нашли ни четверичной, ни десятеричной единицы и получили вместо желаемого десятеричного божественного числа, с коим мечтали слиться своей силой, два пятеричных числа.
Их гордыня была посрамлена, и они убедились в невозможности для любого существа разделить четверичную божественную сущность, а равно и десятеричную, которая целостна, неделима и которой нет равных. Попытка демонического действия, противного неизменным законам Предвечного Творца, привела к тому, что демоны, будучи низвергнутыми навечно в бездны божественного проклятия, стали обладать лишь пятеричной силой смятения. Трепещи и страшись, о Израиль, слушая повествование о сих ужасных деяниях! Содрогаясь подобной гордыни и честолюбия. Избегай самого помысла достичь божественных дел при помощи силы пятеричного числа. Если ты подвергнешь себя такому соблазну, то присущее тебе духовное божественное действо станет материальным, твое младшее существо станет демоническим интеллектом, все силы твои будут сломлены, и ты сможешь пользоваться лишь пятеричной силой падших духов. Вот так, Израиль, появилась пятеричная демоническая сила, ставшая числом, которое будет навечно отделять демонов от всяких духовных существ в их временных материальных делах и духовных деяниях. Таково есть число, посредством которого младшее существо, а равно и всякое духовное существо, постигает науку о грехопадении падших духов.
О мирах божественном, сверхнебесном и небесном
ПОВЕДАЮ теперь тебе, Израиль, о сути и назначении сверхнебесного пространства. Творец установил его таковым, каково оно есть, для скрепления порядка и церемониальных законов, которые должны нести освобожденные духи на всей протяженности трех временных миров в сообщении с духами, исшедшими в божественном пространстве. Первый круг, являющийся выступающим углом высшего треугольника, обозначает высшего главу сверхнебесного пространства и пространства высших десятеричных духов. Не нужно думать, что духи, обитающие в данном круге, были из числа первоначально исшедших в этом же месте, непосредственно возле Божества. Нет, Израиль, десятеричные божественные духи не произошли в месте, занимаемом ныне ими в божественном пространстве, они были освобождены Творцом по причине преступления падших духов и грехопадения первого тварного существа.
Творец освободил в десятеричном круге сверхнебесного пространства только старших духов, облеченных им десятеричной силой, благодаря которой их дела и действия отличаются от дел и действий других духовных иерархий того же сверхнебесного пространства. Второй круг, расположенный правее, обозначает пространство старших семеричных духов, чьи дела и действия в иерархическом плане уступают десятеричным духам. Третий круг, расположенный левее, обозначает пространство низших духов, которые уступают в своих делах и действиях духам десятеричным и семеричным, посему они и названы низшими. Круг, находящийся в выступающем углу низшего треугольника сверхнебесной сферы, обозначает пространство младших божественных духовных существ. Их дела и действия являются более существенными по отношению к делам и действиям всех духов сверхнебесной сферы — благодаря сообщению с десятеричным кругом, что обусловлено единством человека с Богом. Духовные божественные порядок и иерархия, правящие в божественном пространстве, суть те же самые, которые существуют и в сверхнебесном пространстве. Из сего подобия ты должен уразуметь, что сверхнебесное пространство было освобождено и основано могуществом и силой Творца, а не по чистой воле духов. В том тебя может убедить следующее: подобный порядок повторяется в небесном пространстве в кругах Сатурна, Солнца, Меркурия и Марса — кругах, обозначающих по-разному четыре небесных горизонта. Недаром, Израиль, Творец установил тот же самый порядок в разнообразных пространствах. Это необходимо для сохранения времени и различных постоянных тел вселенной, а также духовного временного действа с его посредниками. Это необходимо и для человека, ибо ему явлены всякие вещи, которые должны служить границей падшим духам. И вещи эти подчинены младшему тварному существу во исполнение над ними человеческого могущества в соответствии с законами порядка.
Вот таковы были преимущества, коими Бог наделил человека. Они суть три мира — божественный, сверхнебесный и небесный, что дают тебе возможность познать три царства Божия. Последний из этих миров должен был стать обителью первого твар-ного младшего существа. Если бы младшее тварное существо не впало в грех, оно всегда оставалось бы в центре четырех небесных областей и, будучи существом наиболее могущественным, творило и действовало бы в этом небесном мире в качестве чистого божественного духа, и всякое существо подчинялось бы его мысли и воле. Бесспорно, если бы первое младшее тварное существо не впало в грех, то оно не стало бы никогда обитателем земного материального мира, оно бы не разъяло свое божественное четверичное могущество, дабы примитивно обратить его в низшее и троичное, на что тебе указывает обыкновенный чувственный треугольник, который образуют три планетарных тела: Лунд, Венера и Юпитер. Но грехопадение низвергло человека в дольний мир, полностью противоположный миру, во имя которого он получил свободу. На самом деле ты видишь, что небесный мир всегда сохраняет в себе образ своего рождения и подобия со сверхнебесным и божественным, чего низший мир не имеет, обладая лишь материальной формой, отличной от форм трех высших миров. Именно в треугольнике чувственного мира ты можешь узреть суть наказания первого тварного существа и его потомков, что живут в этом темном месте. Суть этого наказания заключается в подчинении младших тварных духовных существ печалям тела и духа. Данный чувственный мир присутствует в младших тварных существах со времени грехопадения человека и означает их возможную подверженность демонической власти. Однако ты знаешь: преимущество людей над демонами заключается в желании разрушить демонический рубеж и действовать в качестве чистых духов, даже вопреки тому, что люди — субъекты времени.
Таков смысл, который ты должен познать в нынешней силе человека. Что же касается духов свернебесного пространства и их освобождения, то они благодаря своим различным свойствам и силам имеют постоянную связь и сообщение с божественным пространством, а так же с миром небесным и младшими обитателями небесной сферы.
Так знай, Израиль, что освобождение сих духов свершилось сразу же, как произошло падение восставших духов. Свершилось по мысли Творца, давшей порядок, с коим эти духи вышли из божественного пространства для исполнения в сверхнебесном пространстве законов, полученных ими. Духи подчинились единой цели сообщения человека с Творцом, став стражами двойных границ для творений, управляющих небесными и материальными мирами, в которых заключены падшие духи. Пространство, находящееся между краем материального и небесного миров, образует протяженность установленных границ для падших духов, где они могут применять свои добродетели по собственной воле. Широта отмеченного пространства — горизонтальная поверхность материального мира, покрывалом коего является небесный мир. Ты должен понять, что вертикальная протяженность, идущая от одного из миров к другому, наиболее великая и значительная, нежели горизонтальная широта материального мира, ибо материя обладает лишь тремя видимыми горизонтами, — север, юг и восток, а небесный мир имеет четыре пространства без горизонтов. Я говорю, что небесный мир не имеет горизонта, поскольку на самом деле горизонты принадлежат материальному миру, обитатели которого — субъекты своего питания, ибо не могут обойтись без земных элементов бытия. Они подвержены изменениям, называемым временами года. Обитатели небесного мира, в отличие от обитателей материального мира, имеют иную природу, а следовательно, им присущи и иные свойства. Они не подчинены материальному миру, и потому не нуждаются в вещественных элементах и не воспринимают никакой материальной пищи, животной и растительной — ведь их тела не предназначены для питания.
Об обитателях этих миров
ОБИТАТЕЛИ небесного мира образуют сферу, поддерживаемую и осуществляемую прямо в огне духов оси, откуда их тела и появились. Установленная для них продолжительность жизнедеятельности столь велика, что представляет собой вечность в сравнении с продолжительностью жизни обитателей материального мира. Пойми же, Израиль: земная и небесная протяженности с материальными и духовными обитателями образуют то, что ты должен называть миром, но сами по себе вышеназванные обитатели не могут формировать мир. Ты должен знать, что данные материальные и духовные обитатели — это лишь частные существа, а в двух пространствах, где они пребывают, имеются еще и простые духовные существа, исполняющие свою задачу во вселенной в соответствии с божественными законами, данными им для деятельности во благо духовных обитателей небесного, а также земного материального миров.
Теперь нужно рассказать тебе о разнообразии мира сверхнебесного и его обитателей. Свойства, данные миру сверхнебесному, дабы служить двойной границей злым духам, станут более понятными, если рассмотреть деятельность сверхнебесного мира, которая влияет не только на небесный и материальный миры, о чем я тебе уже говорил, но еще и на круг вселенской оси. Ты должен уразуметь, что всему необходима поддержка высших духов, созданных в том числе для сохранения и поддержания протяженности вселенской формы, где заключены и отбывают наказание падшие духи.
Вот почему ты обязан различать в сверхнебесных духах свойство двойного действия. Оказывая воздействие на вселенскую форму, они обладают актом двойной силы, поскольку их деятельность осуществляется под непосредственным руководством повелевающей деятельности Предвечного. Скажу поистине: сии обитатели сверхнебесной сферы служат двойной защитой против неистовства демонических притязаний и являются освященными, а посему и владеют свойством двойной силы. Демоны никогда не смогут осквернить сверхнебесный мир, подобно тому, как они осквернили обитателей божественного пространства. Здесь им никогда не одолеть мысли, дела и действа Творца, которым воистину следовали Авраам, Исаак и Яков.
С момента, когда эти три тварных младших существа достигли своего примирения, демон уже не мог оказать никакого влияния на них и преодолеть духовные божественные действия, творившиеся тремя патриархами, приявшими освящение в Предвечном. Знай же, Израиль, что деятельность сверхнебесных обитателей бесконечно более значима, нежели деятельность всякого духовного существа, занятого в делах и действиях двух низших миров. Это ты видишь в лучах огня, выходящих из различных пространств, образующих пространство сверхнебесного. Верховенство деятельности сверх небесного пространства не должно тебя удивлять, поскольку сверхнебесное пространство по своей величине и протяженности многократно превосходит пространства двух низших миров.
Поистине, Израиль, скажу тебе о том, что среди обитателей разных миров нет и двух, которые являлись бы совершенно тождественными по свойствам и духовной силе. Они различаются между собой, подобно тому, как различаются все телесные формы и сами по себе, и по действиям, производимым ими пред тобой. Сие проистекает не столь от материального зрения, сколь от истины, вселившейся в мое сознание и данной самим Творцом, который сделал для меня очевидным, что вышеназванная разница свойств и сил существовала также и среди духовных обитателей божественного пространства, обладавших по божественному решению отличными друг от друга делами и действиями. Скажу тебе более: это божественное решение будет вечно существовать и соблюдаться освобожденными духами с неизменной точностью во всей временной протяженности даже вопреки тому, что нынешние добродетели и силы освобожденных духов не являются равными добродетелям и силам, коими они владели, пребывая в божественном пространстве до восстания падших духов. Из-за демонического восстания и низвержения эти духи были вынуждены преобразовать свое чисто духовное действие, разделив его на временное и духовное. Именно так (в духе и времени) ты должен воспринимать все творящееся пред тобой.
Чтобы ты мог лучше понять изменение, запечатленное в добродетелях и силах духов, освобожденных от божественного пространства, скажу, что Творец освободил из Своего семеричного божественного круга достаточное число духов, коим Он повелел творить в сверхнебесной сфере духовные временные дела. Законы могущества в отношении данных действий упорядоченно распространились на семеричных освобожденных духов, соединившись с их свойствами семеричной силы и низшей троичной силы. В этих трех иерархиях духов и было создано младшее тварное существо в силе и добродетели некогда бесконечно возвышенной, ибо, как я тебе уже поведал, младшее тварное существо являлось чистым существом, не оскверненным никакой духовной ересью. Оно одно обитало в пространстве, обладая четверичной силой, и действо его очень отличалось от действ трех других порядков сверхнебесной сферы. Творец не определил сверхнебесному пространству отдельную иерархию восьмеричных духов, несмотря на то, что она тогда находилась в божественном пространстве. Но во время падения первоначальных духов Творец, использовав силу закона над всяким своим творением, освободил их действом двойной силы для осуществления славного правосудия во всех трех различных пространствах.
Именно поэтому ты чувствуешь, что обладаешь дважды крепким духом, когда бываешь достойным его, но дух сей удаляется от тебя в миг, когда ты становишься недостойным своего действа двойной силы. Ты лицезрел двойную силу в Египте, действовавшую тебе во славу и во благо. Данная сила разделила свое действо на две части: одна осуществлялась для изгнания твоих врагов, а другая охраняла твое духовное и телесное состояние. Вот что на самом деле означали два столпа, шедшие с тобой и свидетельствовавшие о твоих победах, и вот почему дважды крепкий дух не находится более в обители, установленной в божественном пространстве.
Не отрицай, Израиль, что сверхнебесное пространство есть подобие пространства божественного, а сами свойства духовной силы находятся в обоих пространствах. Хотя между ними и существует определенное различие, ведь духовные посредники претворяют в бесконечном пространстве Творца то, что сверхнебесные агенты производят лишь в ограниченном пространстве. Кроме того, сверхнебесное пространство пассивно, поскольку подчинено времени, которое имеет возможность длиться лишь в соответствии с мыслью и могуществом Творца. Исходя из того, что я тебе сказал об этом благородном пространстве, ты должен знать: оно образовано множеством духов, исходящих от лика Творца. Именно благодаря протяженности духовной эманации сие божественное пространство бесконечно. Каждый дух, исходя от Творца, находит, согласно своей сущности, место в пространстве, дабы воплотить в действии силу, взятую от Предвечного.
Творец не может эманировать от Своего лика дух, не создав одновременно силы, которая соответствует каждому действию в отдельности. И поскольку всякий дух, исшедший от Творца, обретает свое частное пространство, то с каждой эманацией божественное пространство должно постоянно возрастать. Если бы не было так, то сила всех обитателей божественного пространства действовала бы в смешении, подобно тому, как это происходит в материальном мире, имеющем постоянное, строго ограниченное пространство. Число обитателей божественного пространства все увеличивается, и будет впредь возрастать бесконечно, не ведая никогда границ. И не нужно времени для исхождения этих духов — в отличие от эманации временного творения, ибо духи воспринимают в своей эманации все, что им необходимо для действия. Они не имеют никакой необходимости использовать силу низших духов, к которой вынуждены прибегать младшие тварные существа, обитающие во временных мирах.
Ты видишь ясно, Израиль, что божественное пространство не может заключать в себе никакого ограниченного образа, и именно бесконечность сего пространства служит доказательством вечности Творца, подобно тому, как вечность духов является следствием их божественного исхождения. Однако я не могу постичь в вечности духов ни действа, ни временной силы, что творятся сегодня перед твоими глазами, ибо всякий, являющийся субъектом времени, не может считаться вечным. Ведь из-за падения первых духов и грехопадения человека духовные чистые силы сделались временными и будут таковыми вплоть до Судного Дня, когда Творец возвратит им прежние могущество и крепость.
Впрочем, Израиль, сущность двойной божественной силы не обретет своего первоначального состояния покоя в божественном пространстве, как это было перед сотворением всего. Она будет вечно занятой в производстве двойной силы, обращенной в вечности к разнообразным иерархиям духов, среди которых — духи праведные, духи освященные и первенствующие, а также духи, коим не суждено стать освященными и примиренными. Данное различие будет существовать постоянно, и даже тогда, когда сами духовные существа примирятся. Но освящение первых будет всегда выше, нежели освящение последних. Младшие тварные существа останутся до конца времен в состоянии примирения. Их вызовет Предвечный в последнюю очередь, и правосудие, обращенное к ним, будет бесконечно более суровым, чем правосудие, вершащееся по отношению к демонам, ведь младшее тварное существо в отличие от падших духов было наделено высшими властью и силой. И младшее тварное существо обладало бы еще большим могуществом, если бы о том попросило. Посему осознай, сколь младшее тварное существо должно страшиться Его правосудия. И еще уразумей, Израиль, что сущность двойной силы не есть более сущность, данная в своем первоначальном состоянии, установленном неизменностью божественного духовного действа, ибо этой сущности необходимо воспроизводить свои могущественные свойства в различных иерархиях, где разместятся первые и последние освященные и примиренные.
Если бы ты имел несчастие, Израиль, быть включенным в число тех, что будут последними в состоянии примирения, ты не имел бы времени восстать от своих мерзостей, и не потребовалась бы тебе сила для обращения к Творцу, дабы Он сократил твои страдания. Я говорю тебе поистине, что Творец неизменен и Он никогда не отзовет своих решений. Ты знаешь, несомненно, Израиль, что невозможно упрятаться от исполнения сего высшего бытия, не лишившись свободы и не поступив против божественных законов, данных во время исхождения и освобождения. Предвечный, основываясь именно на свободе, будет судить всех младших тварных существ, ибо всякое духовное существо произошло от Него сильным и дважды могущественным. Творец же не слабое существо, а потому Он не мог произвести от себя существ нечистых и имеющих разные изъяны в своих силах. Слово слабость есть слово, за которым укрывается бессовестный и злой человек, дабы совокупляться по своему желанию с лицемерными мыслями демонического интеллекта. Все страсти и пороки человека производятся только его собственной свободой, вложенной в него самого. Свобода порождает волю, а воля обретает мысль добрую или злую, воспринятую ею. За мыслью следует действие, и младшее тварное существо, размышляя над итогом своей деятельности, само становится судьей над собой, судьей совершенного им добра или зла.
Но ты можешь сказать в оправдание твоего падения пред Творцом, что слабость происходит от твоей телесной материальной формы, делающей младшее тварное существо лишенным духовной силы. А я отвечу тебе, что это совсем неверно, поскольку все младшие тварные существа, устоявшие в своих первоначальных духовных божественных силах и добродетелях, снискали милость пред Предвечным. Среди них — Адам, Авраам, Исаак и Яков, а равно и многие другие, удержавшиеся в своем примирении, несмотря на то, что постоянно находились в телесных формах. С того момента, когда эти тварные младшие существа стали освященными и примиренными, они обратили свою свободу к силе Того, которого приняли. Их свобода порождала лишь чистую волю, и воля этих примиренных тварных младших существ воспринималась лишь в духовной мысли, позволившей им производить удивительные дела и невероятные деяния по отношению к младшим падшим существам.
Примиренные младшие тварные существа не могли впредь попасть в демонический костер или воспринять мерзостный демонический интеллект потому, что они читали наиболее каверзные, опасные мысли демонических существ, и, пресекая все их преступные намерения, не позволяли падшим существам совершать их разрушительные действия. Итак, не верь, Израиль, что слабость была дана изначально человеку, являясь его телесной материальной формой, отягощенной способностью к искушению. Хотя материальная форма не может управлять собой, являясь лишь сосудом младшего тварного существа, она, однако, повинуется исключительно волеизъявлению сего существа, воспринятому им от доброго или злого духа. В тот миг, когда человек искушаем, он не должен сваливать свое падение на свою телесную материальную форму, которую необходимо отождествить только с собственной волей. Верно и то, что существует врожденное в младшем тварном существе свойство (акт), которое может унизить его слабостью, но поскольку эта слабость стремится к добру, то она не может расстроить Творца. Истинное духовное человечество на практике изучает добро, а также зло, которое демоны творят против нас.
Размышление Моисея о младшем тварном существе и предпочтении, оказанном ему Творцом
ТАКОВА врожденная слабость в младшем тварном существе. Это столь же истинно, что если бы мне дозволено было тебе рассказать о всей любви Творца и всех божественных слабостях, что Он попустил во благо своего духовного творения, то ты бы трепетал от стыда. Но придет время, и тебя научат тому, что я не могу тебе здесь описать. Ты станешь сам судить о вещах, которые я обязан был тебе открыть, и тогда ты узнаешь, что нет иных врожденных слабостей у младшего тварного существа, кроме вышеуказанной мной слабости, достойной носить имя милосердия. Посему бойся под страхом смерти рассматривать младшее тварное существо в качестве слабого существа. Если бы оно таковым произошло от лика Творца, то являлось бы бесполезным для свободы, данной ему Творцом. Если бы оно не имело в себе силы пользоваться этим, то было бы не только существом нечистым и противоречивым, но и заключало бы в себе самом два противоположных друг другу действия, в то время как Творец произвел лишь одно действие во имя добра и блага своего творения.
Но дабы убедить тебя, что именно злой человек считает слабость врожденной в младшем тварном существе и обусловленной наличием его телесной материальной формы, я спрошу тебя: а разве первые падшие духи обладали телесными материальными формами в момент своего восстания? Ты ведь должен знать, что они, и не имея такой формы, тем не менее проявили слабость впасть в грех. Посему тебе не нужно приписывать слабость ни форме падших духов, ни форме, в которую облечены младшие телесные тварные существа. Более того, род слабости первых падших духов не был силой, поскольку они еще не воспринимали никакого влияния со стороны доброго или злого интеллекта и не нуждались в том. Первоначально духи совершенно читали мысль Творца, ибо пребывали в своем состоянии правосудия. Тут я тебе повторю, что не было никакого влияния телесной слабости, не было воздействия доброго или злого интеллекта, а случилось грехопадение первых духов из-за их собственной свободы. По их собственной воле произошло ужасное преступление, и они оказались в божественном духовном проклятии. Не говори впредь, что ты не можешь понять, откуда берутся все эти вещи, — о них я тебе повествовал, указывая на присущие духовному существу свободу и волю. В противном случае ты будешь говорить на языке, принадлежащем неразумным животным, а не существу, несущему в себе подобие, а также отражение добродетелей и сил Божества. Можешь не сомневаться, что ты не обладал бы этими дарами, если бы все то, что ты видишь, творилось бы не силами самих младших тварных существ, исполняющих волю Творца, а осуществлялось бы какой-то отвлеченной духовной силой.
Да, Израиль, Творец гораздо более доволен добрыми делами и действиями Своего младшего тварного существа, несущего наказание, нежели делами и действиями иных духовных временных существ, чье бытие подчинено времени. Отличие между ними состоит в том, что младшие тварные существа были созданы и освобождены во имя удовлетворения правосудия и славы Предвечного, а чистые духи призваны лишь наблюдать за тем, что творится у младшего тварного существа, являясь посредниками между ним и Творцом. Равно младшие тварные существа в отличие от всех духов обладают присущими лишь им добродетелями и высшими силами. Творец, скажешь ты мне, разве не мог предоставить вершить те же самые вещи и могущества всякому духу божественного пространства, в том числе духам десятеричным, семеричным или троичным! Но почему тебя не удивляет то, что младшее тварное существо имеет преимущество в этом смысле над всеми разнообразными иерархиями духов? Вспомни, что после восстания падших духов чистые духи тоже оказались частично запятнанными, но были очищены, а осквернившиеся освя-тились бесконечным добром и могуществом Творца. Сие, однако, не принесло им временного прибежища, и, поскольку они находились в подчиненном состоянии, Творец отдал предпочтение своему младшему тварному существу, как существу совершенно чистому и незапятнанному. Его исхождение имело место уже после падения первоначальных исказившихся духов. Не удивляйся, если скажу тебе, что обитатели божественного мира ощущают до сих пор последствия первого падения духов и будут его ощущать до конца времен, когда их действо прекратится во временном вместилище, не являющемся их истинным призванием.
Нынешнее состояние божественных духов и младших тварных существ
ДА, Израиль, воистину говорю тебе, что в том божественном мире такой же порядок, как и среди духовных обитателей общего земного мира. Здесь платят долг правосудию Предвечного за грехопадение первого младшего тварного существа, совершенного в центре временной вселенной, а обитатели божественного мира платят долг правосудию Творца во искупление преступления первоначальных духов. Я тебе говорю чистую правду относительно различных долгов, что платят и будут платить эти два класса духовных существ Творцу до конца времен. Хотя удивит тебя, вероятно, следующее: все духи, исшедшие от Творца в божественном пространстве с момента падения первых духов, являются субъектами этого долга. Чтобы в этом убедиться, нужно обратить внимание на освобождение младшего тварного существа в сем дольнем мире. Ведь когда первый человек спустился сюда, он не был ни оскверненным, пи нечистым, ибо не был облеченным в материальное тело, ставшее субъектом закона времени. Несомненно, есть великая разница в подчиненности младшего тварного существа и подчиненности обитателей божественного пространства. Младшее тварное существо до сих пор пребывает в наказании, и его скорбь весьма значительна: ведь ты же не отрицаешь, что грехопадение первого человека бесконечно более велико, нежели грехопадение демонов. Поэтому младшие тварные существа более ограничены во времени, чем божественные духи. Человек может лишь мысленно парить в различных пространствах, а духи могут реально пересекать протяженность природы и бесконечность божественного пространства. Тем не менее, не взирая на данное различие в подчиненностях, в которых пребывают два вышеуказанных разряда духов, слово человека дает ему превосходство над всеми обитетелями божественного мира. Слово крепче и могущественнее любой протяженности, какую ему посильно преодолеть, в том числе и протяженности, преодолеваемой божественными духами.
Таково, Израиль, нынешнее состояние божественных духов и младших тварных существ, и это состояние подчиненности, ослабившее божественных духов и младших тварных существ, есть ничто в сравнении с ужасным наказанием, к которому приговорены падшие духи. Творец должен был применить к ним силу закона, дабы они сделались бесконечно более поверженными и униженными, нежели все остальные духи. Ужас их положения заключен в том, что они подчинены совершению зла и осуждены решением Предвечного творить во временной вечности свои лицимерия, не имея возможности изменить свои злые дела, противостоящие божественному действу. На их примере Творец свидетельствовал, объявив через своих посланцев, что развратники будут наказаны их же собственными грехами. Младшее тварное существо, несмотря на свою подчиненность, наоборот, обладало полной свободой вершить добро или зло, претворяя зло в добро. Вот почему нельзя сравнивать наказание младшего тварного существа с проклятием, от которого страдают падшие духи, имеющие силу лишь делать зло».
Моисей получает вторые Скрижали Завета. Бетцалеель сооружает дарохранительницу, прообраз Соломонова Храма, которая напоминает о четырех разрядах духовных существ
ПОСЛЕ сего, как вы поняли, Моисей дал народу великие наставления и вернулся на гору Синай, откуда принес вторые Скрижали Завета. Он принял также на горе повеление Творца соорудить дарохранительницу, в которой должны будут храниться новые скрижали. После того как он исполнил при помощи Бетца-лееля все, что ему предписал Творец, он вновь обратился к народу, дав наставления о форме и пропорциях дарохранительницы:
«Слушай, Израиль, то, что я обязан сообщить тебе о пропорциях, существующих в конструкции дарохранительницы, которые я наблюдал в божественной духовной силе, а также о различных соотношениях ее со всем сущим. Дарохранительница в своем совершенстве символизирует четыре разряда духовных напоминаний (аллюзий): 1-й разряд говорит о мире сверхнебесном, 2-й — о мире небесном, 3-й — о человеческом теле и 4-й- о мире вселенского круга. Ты познаешь первый внутренний круг, ибо он есть истинный образ сверхнебесного. Именно в сем святом месте я произведу частично действие духовных обитателей сверхнебесного, не смешивая действо ни с каким другим духом, поскольку мне необходимо получить сообщение непосредственно от божественной воли. Творец мне повелел войти в это святое место через восточные врата, и я в них вхожу всякий раз, когда должен испросить определенную вещь во благо Израиля. Мои страх и усилия неимоверно велики в этом служении, в отличие от всего иного, что я мог бы сделать во славу или в посрамление Израиля, ибо в таких действах я прямо сообщаюсь с Предвечным и чистыми духами сверхнебесного круга. Второе напоминание — напоминание о небесной части — присутствует в четырех вратах, приставленных к дарохранительнице и символизирующих четыре области сверхнебесного.
Из четырех врат одно представляет восток, другое — запад, третье — юг и четвертое — аквилон, или север. Врата — истинные образы четырех духовных сил, данных Творцом своему младшему тварному существу. Через врата младшее тварное существо может обращаться к образам четырех иерархических владык и ко всему тому, что от них зависит. Именно в тот момент, когда я нахожусь в дарохранительнице, дабы стать просвещенным в вещах временных и духовных небесных, я оставляю отверстыми врата, указывающие на ту небесную область иерархического владыки, к коему я имею нужду обратиться. Таково, Израиль, отличие в молениях и делах, совершаемых мной в небесной части, от всего того, что я должен сотворить в сверхнебесной части. Обитатели сверхнебесного пространства, сущие и действующие над всем живущим духовно, не ограничены пространством вселенной. Впрочем, для них нет и никаких материальных границ. Вот почему, взаимодействуя с ними, я не оставляю отверстым ни одно из врат дарохранительницы, ведь вышеназванные виды духов могут преодолевать всякую материальную границу для общения с младшими тварными существами, призванными действовать во свидетельство божественных славы и правосудия. Сие не относится к духовным обитателям небесной части, ведь они занимают определенные области, имея при том элементарные формы. Посему, обращась к ним, я обязан открыть границу с областью, в которой они заключены. Вот истинное соотношение дарохранительницы со сверхнебесным пространством, обитатели коего действуют, не смешивась, каждый по отдельности, в присутствии владыки, имеющего над ними власть и силу в соответствии с повелением Творца.
Третье напоминание говорит нам о соотношении, какое дарохранительница имеет с частичным, или маленьким, миром, называемым человеческим телом. Итак, Израиль, дарохранительница, создаваемая мной и Бетцалеелем на твоих глазах, заключит в себе божественный закон, данный мне Творцом, а также истинный образ, истинное отображение человеческого тела и телесной формы внешней материи, облекающей младшее тварное существо, или духовную божественную душу. Как обитатели сверхнебесного, небесного и вселенского кругов существуют каждый в отдельности в непостижимой дарохранительнице, так и всякие разнообразные духовные существа творят и действуют в человеческом теле, заключающем в себе младшее существо.
Четвертое напоминание дарохранительницы говорит нам о вселенском круге, ведь всякое духовное существо, низшее, старшее и младшее производит в дарохранительнице те же действа и дела, что и во вселенском пространстве. Да, Израиль, дарохранительница, создаваемая на твоих глазах силой человека, позволит тебе наблюдать с достоверностью духовные свойства и силы, содействовавшие в ее построении, использовавшие первичную материю, от коей произошли все формы, а также удержавшие импульс, поданный ей низшими духами по повелению Творца. Суди о том сам: не истинно ли, что, спустившись с горы, я не принес с собой никакой материальной вещи, соответствующей конструкции непостижимой дарохранительницы, в которой должны храниться божественные законы, доверенные Творцом своему рабу Моисею? Но я не сам изобрел это сооружение. Я являлся лишь посланником Творца для передачи Бетцалеелю повеления Божества и описания внешней формы, которую он должен был претворить в духовной дарохранительнице. Кроме того, ты вообще не видел, чтобы я приложил руку к данному строению. Сия задача предназначалась Бетцалеелю и двум другим младшим твар-ным существам, его товарищам. Ты знаешь также, что я передал Бетцалеелю план дарохранительницы, составленный по воле и замыслу Творца, дабы ты мог яснее представить все произошедшее от сотворения вселенной. Задание, переданное мной Бетцалеелю по повелению Творца и во имя сооружения дарохранительницы, служит напоминанием о том, как Творец сообщил непосредственно низшим духам закон творения одухотворенных сущностей.
А вручение мной Бетцалеелю плана построения дарохранительницы сравнимо с тем, как высшие духи приняли от высшего посланника образ внешней формы вселенной. Бетцалеель, восприняв вместе с замыслом повеление по созданию дарохранительницы, обрел без недостатка все материалы, необходимые для ее сооружения. Так и низшие духи, восприняв повеления Творца по созданию вселенной, а равно и образ внешней формы, который она должна была иметь, произвели из себя самих три основные сущности всяких тел, образовав вместе с ними вселенское время. Итак, сим действием я составляю образ Творца и образ старшего духа, а Бетцалеель — образ низшего духа, возымевшего силу к построению форм. Вот почему Бетцалеель назван великим тружеником пред Творцом. Нерушимое вещество, из коего сооружена дарохранительница, является истинным образом младших духов, которые будут поддерживать вселенную. Дарохранительница нерушима, ибо она, как и вселенная, держится и поддерживается чисто духовными существами. Посему данные два храма будут существовать до конца времен. Соблюдай и ты, Израиль, в нерушимости свою частную форму под покровительством сил тех самых духовных существ, что будут ее сохранять во всей чистоте своих законов в течение длительного срока, установленного ей Творцом. Прими без сомнения, что три человека, трудившиеся над сооружением дарохранительницы, а именно — Бетцалеель и двое его товарищей являются напоминанием о троичном числе и заключенном в нем могущественном свойстве низших духов, произведших три одухотворенные сущности, которые, в свою очередь, дали жизнь всем телесным формам.
Таковы, Израиль, главные образы, открывающиеся пред тобой в дарохранительнице, сооруженной на твоих же глазах. Памятуй о том и не забывай, что дарохранительница является и образом телесной формы младшего тварного существа. Но что же представляют собой четверо врат дарохранительницы младшего тварного существа, сделанные Бетцалеелем, и каково соотношение между ними? Врата Востока дарохранительницы Бетцалееля, через которые я вхожу для вопрошания обитателей сверх небесного, представляют собой сердце человека, ибо своим сердцем младшее тварное существо получает великие радости, а равно и великие блага, посылаемые человеку Творцом через обитателей сверхнебесного. Западные врата дарохранительницы Бетцалееля соотносятся с другим органом тела младшего тварного существа, а именно с глазом. Южные врата напоминают нам о человеческом ухе. Хотя не нужно думать, что соотношения между четырьмя вратами дарохранительницы и органами человеческого тела тождественны по добродетелям и свойствам. Увы, Израиль, дарохранительница Бетцалееля — это лишь символ дарохранительницы младшего тварного существа, которому Творец даровал всю Свою пламенную привязанность.
Бетцалеель воплотил на практике божественный закон, доверенный Творцом вторично своему рабу Моисею. Но существует ли сей священный закон в природе человеческого тела или дарохранительнице младшего тварного существа? Не думай, Израиль, что дарохранительница Бетцалееля напоминает дарохранительницу Адама, нашего первоотца, во время его состояния славы. Ты знаешь, что Адам в славном состоянии являлся существом чисто духовным и не был подчинен никакой материальной форме, ибо никакие чистые духи, в том числе и падшие, не могут быть заключены в материальные тела. Кроме того, ты знаешь, что Адам имел силу творить свою телесную форму в славе, рассеивать и изменять ее по своей воле и в соответствии с делами, которые он должен был предпринять по повелениям, полученным от Творца. Со времени своего существования эта адамическая форма могла обозначаться лишь в качестве дарохранительницы божественного закона, вложенного в первое младшее тварное существо. Последнее же, будучи само чистым духом, стало вместилищем истинной дарохранительницы божественного закона, принятого в миг своего исхождения и освобождения. Вот почему, Израиль, невозможно отразить в дарохранительнице Бетцалееля, сделанной из грубой материи, духовной дарохранительницы первого младшего тварного существа, являвшегося чистым духом.
Теперь расскажу тебе об особенностях четырех врат дарохранительницы младшего тварного существа, принявшего телесную форму. Первые из врат, восточные, согласно с увиденным мной суть сердце человеческого тела. Именно через них в дарохранительницу младшего тварного существа входит дух пассивной жизни, принимая участие в духовных божественных действах и обретая их поддержку. А духовные божественные действа должны соединиться с младшим тварным существом посредством духа пассивной жизни. Через эти врата в человека проникают наиболее возвышенные духи, как добрые, так и злые. По закону во время общего взаимодействия духов с дарохранительницей младшее тварное существо сливается с ними для обретения своей воли, доброй или злой, соответствующей его свободе. Духи же населяют пространства от мира сверхнебесного до края всех временных миров, и это говорит о том, какое бесконечно великое множество духовных сообщений — как добрых, так и злых — может получать младшее тварное существо от восточных врат своей телесной дарохранительницы. Да, Израиль, именно в сердце младшего тварного существа творится благо или зло самого младшего тварного существа.
Трое других врат дарохранительницы человека не менее важны, а по сути, равным образом величественны. Их назначение го же, что и в дарохранительнице Бетцалееля. Они — органы основных жизненных функций младшего тварного существа, среди коих глаз есть орудие убеждения, ухо — понимания, и уста — могущественного человеческого слова. Трое последних врат, соединенные с первыми, тебя научают различать четыре отдельных действия, что воплощаются младшим тварным существом в своей власти над мирами сверхнебесным, земным и вселенским. Ты можешь увидеть то же самое и в дарохранительнице Бетцалееля, являющейся истинным символом четырех миров. Каждый из этих миров, будучи частной дарохранительницей, должен иметь свои частные духовные божественные действия, на что тебе и указывают врата дарохранительницы Бетцалееля. Если ты меня спросишь о ключе к этим вратам, то я отвечу тебе, что ее гь лишь дух, охраняющий каждые из врат, и только он в силах их отворить и затворить во благо или в наказание младшего тварного существа. Если само младшее тварное существо не в состоянии открыть эти врата, то дух может сделать их отверстыми или затворенными, когда захочет.
Но младшее тварное существо благодаря своей доброй духовной воле имеет возможность стать истинным владельцем знаменитого ключа и вместилищем духовного добра, а также светочем падшим духам, восставшим против Божества. Ты видишь, как велико преимущество дарохранительницы младшего тварного существа над сооруженной мной в твоем присутствии. Ведь дарохранительница младшего тварного существа была сотворена первой, а посему ничего нельзя предпринять против нее, если младшее тварное существо не даст на то своего согласия. Она, наконец, есть реальный образ мира, ибо содержит в собственных ограниченных размерах все, что великий мир заключает в своем пространстве. Дарохранительница младшего тварного существа несравненно выше частных дарохранительниц, поскольку содержит четыре вещи, а частные дарохранительницы содержат только три. Три вещи, имеющися в низших частных дарохранительницах, суть - закон, церемониал божественного культа, предписание и действие. Кроме трех уже отмеченных вещей, дарохранительница младшего тварного существа заключает в себе четвертую, называемую божественной духовной силой. Таков смысл дарохранительницы Бетцалееля и дарохранительницы человека.
Израиль, я тебя оставил в неведении относительно истинного имени труженика-строителя сей удивительной дарохранительницы, и ты его знал лишь под временным именем Бетцалеель. Хотя любое временное имя не является истинным именем того или другого существа, живущего в телесной форме. Итак, необходимо поведать тебе об истинном духовном имени этого труженика, которое есть Бет. Оно означает посредством второй буквы гебраического алфавита воплощающий действо божественной мысли, ибо первая буква Алеф выражает божественную мысль, а вторая — Бет выражает ее деяние. В этом смысле я тебе скажу, что обыкновенные фамилии не имеют никакой добродетели и никакой духовной силы, поскольку они даны человеку не от Творца. Ты сам никогда не видел, чтобы духовные дела творились во времени благодаря лишь собственному частному имени материальных тел или разним свойствам телесного существа. Но когда формы творят добродетели, сие исходит не от них самих, а от могущественного свойства духовного существа, обитающего в них, иными словами — от свойства, присущего его душевному духовному божественному имени, о чем я тебе и рассказал.
Не отрицай же церемониального действа Завета, заключенного Предвечным с человеком, богом земли, осознавая, что оно — действо союза, сосворенное с потомством первого человека после первого примирения. Этот человек-бог в своем состоянии славы имел собственное имя, непосредственно присущее его духовному существу. Именно в добродетели человеческого имени, проявляемом во вселенной в соответствии с его желанием и волей Творца, вершилось всякое духовное божественное временное действие. Однако сразу же после грехопадения человек потерял память о своем изначальном имени, слав лишь материальным временным существом.
Вследствие изменения формы произошло изменение закона, которое повлекло за собой изменение его разнообразных действий. Не значит ли это, что все изменения должны были привести к изменению собственного имени первого человека? Действительно, имя, данное Творцом человеку после дарования ему примирения, являлось временным духовным, а не чисто духовным. Хоть новое имя и стало поистине могущественным, оно, однако, было уже менее совершенным в сравнении с первоначальным именем исхождения и освобождения человека.
О народ Израиля, изменение, о котором я тебе рассказал, было сделано во имя первого человеческого творения. Чти же того, кто действует под именем временного отца детей Израилевых. В начале своей временной материальной деятельности он звался Аврамом, что означает: человек, возвышенный в материи. Творец заменил ему имя, сделав Авраамом, или отцом, оставившим духовное божественное множество. И в самом деле, в потомстве одного этого человека слава и правосудие Творца проявлялись намного больше, нежели среди всякого иного народа. Но, Израиль, не возгордись сим благом, ибо сам Творец преобразил духовное младшее существо Авраама, обратив его материальное свойство в духовное возвышенное свойство и дав ему новое имя. Творец, однако, может лишить человека всех этих добродетелей, если сам человек сделает шаг назад к той ступени низости, откуда он был изъят. Посему тебе необходимо знать: все младшие духи, или все духовные души, имеют истинное имя, которое их отличает друг от друга по силам и добродетелям, проявляемым посредством их временного труда. В начальную эпоху падшего человека и во время примирения последнего Творец изменил его первозданное имя АБА (4), дав ему новое имя БИАН (6), или Адам. Адам же изменил имя своего третьего сына, нарекши его Сифом, — это изменение произошло не от простой согласованной воли первого человека, но исказилось в мысли через дух, и ты уразумеешь сие в последующем.
Обрезание, или пролитие крови Авраамовой, явилось истинным образом очищения телесной материи. Пролитие крови содействовало еще и очищению пассивной жизни, помогая ей сохранять влияния различных духовных божественных действ, вложенных Творцом в Своего раба Авраама, дабы отвратить Израиль от ложного культа, тлевшего в его предрассудках. Посредством данного духовного действия пассивная жизнь, или животная душа, несомненно, повсеместно сообщалась с им пассивной жизнью, или духовной активной душой.
Тем не менее, несмотря на все вышеуказанное, душа пассивная и душа импассивная всегда имели свои частные числа, указывающие на различие их добродетелей и временных сил. Пассивная душа соответствует несовершенному троичному числу 3, а импассивная — четверичному числу 4, что является доказательством их частного отличия друг от друга. Но дабы тебе понять, что данные две жизни, низшая и младшая, пассивная и импассивная, происходят от чистого духа и связаны между собой совершенной внутренней связью, ты должен сложить два числа, образующие эти жизни в духовных и временных свойствах. Сложение даст число 7 старшего духа, от которого они и происходят.
Что же касается изменения имени, сотворенного волей духа Господня, а не волей человека, го тебе следует знать, что всякий патриарх имел духовное имя, а не имя своего материального рождения. Суть десять патриархов, суть и десять духовных имен, действующих в культе Божества посредством своего собственного десяте ричного числа. Посмотри, и с самого Ноя ты не найдешь у патриархов ни одного имени их материального рождения — как в потомстве Измаила, так и потомстве Евера. И это означает, что перемена имени человека по рождению на духовное имя идет от Бога.
Духовное имя, коим нарекается имнассивная дута, свидетельствует о претворении отдельного духовного существа в существо частное семеричное, которое Творец подчинил могущественной добродетели младшего четверичного духа, осуществившего свое слияние с первым человеко-Богом после его примирения. Именно благодаря данному слиянию всякое творение стало восприимчивым к заповеди Предвечного Бога Израиля о том, что нужно любить своего ближнего, как самого себя. Но связь, дружба и взаимопонимание должны осуществляться духовно, передаваясь от духа к духу, а не от временной материи к духу. Именно этим истинным ближним ты обязан дорожить, любя его как самого себя.
Воистину говорю тебе, Израиль, что действо избрания и дарования духовного имени, коим нарекается душа, или младшее тварное существо, Предвечный продолжит среди языческих народов, приобщая их к истине Божественного культа. Это достоверно проявилось ныне в Церкви Христовой в таинстве крещения, когда новорожденный берет духовное имя, отличное от имени, данного ему в момент материального временного рождения.
Пророчество Моисея об Израиле
ПОСЛЕ рассказа тебе, Израиль, о происхождении духовного имени, даваемого Предвечным душе, и об изменении собственного имени на имя духовное, ты, вероятно, пожелаешь, чтобы я разъяснил тебе и значение имени Сифа. Воистину говорю тебе: имя сие означает существо, принятое в истинный божественный культ, а также совершенный исполнитель и свидетель божественных славы и правосудия. Кроме того, потомство Сифа было наречено детьми Бога, но не детьми людей, а название человеческих детей сохранило за собой потомство Каина, порожденное вследствие демонических операций, ибо изначальное телесное появление каинитов оказалось возможным благодаря одному действенному свойству первого человека, из-за которого он и стал субъектом грехопадения. Ты наверняка еще хочешь узнать у меня, почему созидатель удивительной дарохранительницы трудился, не покладая рук под собственным именем Бетцалееля. И я отвечу, что это имя было оставлено ему как напоминание всякому Адамову потомству о внутренней связи духа с первоначальной материей, однако без смешения одного с другим.
Ведь телесная форма дарохранительницы была создана великим тружеником для вещественной обители освященного духа, духа примирения, духа сохранения и духа всесильного, покровителя и защитника детей Израиля. Да, Израиль, го, что я говорю об обитателях дарохранительницы, должно тебя заставить понять следующее: младший дух, живущий в твоей телесной дарохранительнице, не более погружен в материю, нежели вышеназванные духи, которых нет в веществе духовной дарохранительницы, построенной Бетцалеелем во имя вящей славы Предвечного и удовлетворения Израиля. А это подвигает нас к осознанию, что дарохранительница есть истинный образ дарохранительницы че-ловека-бога на земле.
Я рассказал тебе, Израиль, о великом проявлении славы и правосудия, которые Творец вершил во благо тебе и против своих и твоих врагов. И, если после такого свидетельства ты противопоставишь себя всему тому, о чем я тебе сказал, — тебя неотвратимо настигнет суровое наказание. Если твое сердце ожесточится против Предвечного и Его избранных, то твоя духовная численность будет дробиться до бесконечности и не сможет возыметь никакой точки опоры для объединения. Твоя память затемнится, а добродетель и сила удалятся от тебя, и твое лицо рассеется столь же стремительно, как от света исчезают тени. Говорю тебе это, Израиль, воистину искренним и рыдающим сердцем, ибо вижу со скорбью время, которое некогда наступит. Тогда возлюбленные чада Предвечного не будут уже жить вместе с тобой, а все взывания, моления и действия окажутся тщетными и бесплодными, и ты пребудешь в великих горестях. Но твой духовный изъян увеличится еще более в то время, когда ты увидишь, что культ Господа перешел к другим нациям из-за твоего предрассудка и позора. Говорю тебе поистине, что сие случится во благо самого культа, и разные народы будут тебя держать в униженном состоянии, подчинив своей воле все твои действия, свершения и дела. Ты же станешь их рабом и данником.
Но несмотря ни на что, Израиль, не оставляй никогда надежды на милосердие Предвечного. Помни всегда, что в твоей среде творилось проявление первой божественной славы и божественного правосудия, и в ней же зародились все духовные вещи. Помни, что придет день, и потомство Авраама, Наследника дел Предвечного, будет возвращено в первоначальное блистательное состояние и с величием будет реинтегрировано в своем заветном месте. Даже будучи рассеянным среди всех народов, ты помни, что духовное отвержение есть истинное исполнение грядущих событий, которые настигнут духовных временных наследников, вкусивших сладкого довольства обладания культом. Ведь если они не соблюдают его и не хранят более точно и тщательно, нежели ты, Израиль, то будут наказаны гораздо строже, чем ты. На сих нечистых существ обратятся орудия потока правосудия. Иошуа, раб Всевышнего, станет наследником великого божественного культа, а с ним и порядка, данного мной, который необходимо принять в моих добродетелях и силах, служащих проявлению божественной славы и правосудия.
Но не указывает ли передача истинного культа на то, Израиль, что наследие земли обетованной не будет вечно даровано тебе? Это предостережение должно тебя научить, что истинный культ Предвечного будет из-за твоих предрассудков передаваться иноплеменным народам, когда твоя память будет сильно затемнена и ты не вспомнишь уже ни имени Предвечного, ни своего собственного имени душевного и духовного. Твое рассеяние исполнится и станет служить примером всей земле. Ты вновь окажешься в рабстве и унижении в земле Египта, откуда выйдешь только в конце времен. Тогда свершится свидетельство славы и правосудия Всевышнего во удовлетворение праведных и посрамление преступных демонов и младших тварных существ, виновных и непримиренных. Однако нужно знать, что перед последними временами произойдет великое смятение в коленах Израиля, и опустошение, постигшее их, принудит все колена разделиться на высшие и низшие. Эти низшие колена будут лишены своего первого наследия, дабы служить поразительным примером правосудия Предвечного, проявленного по отношению к детям Израиля. Земля обетованная останется невозделанной и бесплодной. Ты знаешь, Израиль, что семеричное число, которым будут отмечены высшие колена Израиля, есть духовное временное число, а число пятеричное — им будут отмечены низшие колена — есть духовное материальное число, воспринятое в замешательстве и низвержении первых духовных божественных ангелов. Поэтому высшие колена, отделившись от низших, удалятся во внешнее место вселенной, которое будет недоступно обыкновенным смертным. Там праведные народы заплатят дань божественному правосудию за преступление Израиля и тем самым совершат примирение детей Израиля. Ковчег Завета Израиля с Господом примет в себя это семеричное число колен вместе со всеми добродетелями и духовными божественными силами. Другие колена будут продолжать вырождаться в темные существа.
Скажу более: в час, когда тебя застигнут действия божественного правосудия и ты утратишь своих главных духовных вождей, обвиняя неистово в том других, а не себя, тогда ты призовешь своих обыкновенных избранников, являющихся лишь простыми временными поводырями, которые более материальны, нежели духовны. Они тебя поведут темной и ужасной дорогой, от коей тебя избавил Предвечный, и заставят тебя трепетать во тьме твоего преступления. Уразумей в трепете, Израиль, все, что я тебе говорю. Ты будешь молить о помощи Моисея и Иошуа, но она окажется бесплодной, ибо ты все сильнее и сильнее будешь противостоять им, удаляясь от них. И доселе невиданное правосудие Творца обрушится на Израиль, на извращенцев божественного культа и их клевретов».
Рассеяние колен Израилевых
ВСЕ дела, мысли и деяния Израиля, добрые или злые, равно как и постоянство трудов главных его владык и вождей, убеждают вас в том, что все предсказанное о сем народе сбылось. Я не буду вдаваться в подробности горестей и страданий, испытанных израильским народом в соответствии с пророчеством, объявленным Моисеем пред тем, как он покинул свой народ. Священная, а с ней и светская (нрофаническая) история рассказывают весьма точно о таких событиях, как утеря Ковчега Завета, рассеяние колен Израилевых при Ровоаме, когда исчезло полностью семь колен народа, а пять остались погибать в рабстве и низости иноплеменных наций без всякой надежды на какую-либо помощь.
Тем не менее рассеяние будет дано Израилю для того, чтобы, находясь в нем, он сделал серьезные выводы. Семь колен Израилевых отделились от Ровоама, сына и наследника Соломона. Место их изгнания, а также дорога, по которой они удалились, не были известны пи самому Ровоаму, пи пяти коленам, впавшим в рабство, ни любому другому народу. Поразмыслите о разделившейся численности двенадцати колен. Их большее семеричное число удалилось в убежище мира и спокойствия, оставаясь недоступным для всякого человеческого и профанического общения, а число меныпее пятеричное осталось блуждающим и скитающимся, покрытым позором и смятением, в рабстве у всех народов, в котором несчастные колена лишены всякой деятельности и всякого духовного божественного содействия.
Разве можно представить людям земли драму колен Израилевых иначе, как выбор между добром и злом, выбор, зависящий от подчинения духам добрым или злым? Посмотрите, это же очевидно, поскольку разность семеричного и пятеричного чисел составляет число 2, то есть число смешения. И разве семеричное число колен, оставшееся после разделения Израиля на две части и ставшее недоступным для людского взора, не есть истинный образ младших Избранных, сокрытых Предвечным от разумения профанов и вездесущих земных нечестивцев; Избранных, сохраненных от всякого интеллектуального сообщения с обычными смертными? Более того, Творец соизволил, чтобы обычные смертные с течением времен утратили память о сих счастливых существах. Не ведая об определенном для них месте убежища и дороге, по которой удалились эти семь колен, простые смертные не знают ничего и об их трудах, делах и духовных временных действиях. Правда, простые смертные ничего не знают и о своей собственной дороге, по которой они ступают, устремляясь к счастью, стертому в памяти и разумении.
Разделение колен Израилевых также несет в себе истинный образ естественной временной смерти, или высвобождения души из тела. Двенадцать колен своей сокровенной связью образовывали только одно тело. Однако в миг, когда единство разъялось на две различные части, то одна часть, лишенная другой, впала в духовное ничтожество и неведение. Аналогично и душа, соединенная с телом, временно образует совершенное единство с ним, но когда она выходит из тела, то получаются две различные части, из которых одна, уподобляясь старшему семеричному числу, живет, если оно праведно, под божественным покровительством в покрове славы Предвечного. Другая часть, уподобляясь пятеричному числу скитающихся колен, остается на земле, лишенная всякой духовной деятельности вплоть до полной реинтеграции.
Таким же способом вы можете осмыслить драму и потрясение, которые постигнут вселенную в тот момент, когда все, что ее оживляет, оставит ее. Ибо в облике частных тел материя будет оста вагься блуждающей и бездейственной до тех пор, пока не будет полностью рассеяна. Таков закон, который положит конец всем временным вещам. Ныне же вам надлежит усвоить, что первоначальная материя не была создана добрым духом, а возникла в состоянии наказания. Поистине, первоначальная материя явилась создаинием и порожденпием духа, не будучи эманированной от него. Посему она должна была оказаться в распоряжении демонов. В связи с этим вспомните появление главы демонов пред Христом, Богочеловеком земли. Данное падшее существо не явилось бы пред ним в человеческом виде и не искушало бы его, не будь сам Богочеловек облечен в материальное тело. В том случае, если бы Богочеловек использовал присущую ему славную форму, то духовное демоническое искушение не имело бы места, ибо чистый дух обладает преимуществом останавливать и рассеивать всякую деятельность нечестивых духов.
Вы меня спросите: а глава демонов, явившись пред Богочеловеком, намеревался разрушить только его материальное тело или вместе с ним и его дух? Отвечу, что цель главы демонов состояла в искушении того и другого. Во-первых, он хотел при помощи своего демонического ума разрушить материальную телесную форму божественного существа, сделав ее восприимчивой к удержанию впечатлений от всех мерзких деяний. Во-вторых, он еще более страстно желал искусить духовное существо, обитавшее в теле, понимая, что это будет самое славное его завоевание. Противодействуя повелениям и воле Творца, он осознавал, что труды и большие дела, совершаемые божественным человеком во славу своего искусителя, увлекут бесконечное множество младших тварных существ уповать на силу демонического суда.
Но дух и тело существа-возродителя и в скорбном месте бо-гооставленности не поддались лукавству демона, противопоставив им все свои добродетели. Все в этом божественном существе было невосприимчиво к мерзости грехопадения, что вынудило главу демонов удалиться долой с глаз его, дабы исполнять повеления, данные им. В столь позорную минуту демон отлично осознал, что будет еще более унижен и покорен божественному Богочеловеку вселенной, крепость и чистота которого будет неизменно препятствовать всяким коварным деяниям и диаволи-ческим обычаям. Мир и спокойствие пребывали в духе сего божественного человека. И вам необходимо понять, что наиболее яркие особенности дел, поведенческих проявлений и действий материальных людей исходят только от различных примеров и обычаев, воспринятых ими, что становится для материальных людей, как добрых, так и злых, их второй натурой на протяжении всей жизни. Коварные дела и привычки извращают людей, а добрые дела великолепно отражаются на тех, во благо кого они обращены, и на тех, от кого исходят.
Избрание Саула в цари Израиля, как исполнение пророчества Моисея. Прорицания, данные Саулу Пифией, о судьбе царя и судьбе всего Вениаминова колена
Но вернемся к пророчеству Моисея. Он предсказал, что не станет у Израиля впредь духовных вождей столь же совершенных, сколь совершенными являлись оставленные Моисеем преемники, и временные вожди Израилевы будут более привязаны к материальным благам, нежели духовным. Нет никакого сомнения, что все это исполнилось. И произошло это, когда народ доверился обыкновенному смертному Саулу, избранному евреями на царство над детьми Израилевыми, но избрание сие не было сотворено Творцом или его посланниками, а согласовывалось между людьми, и, следовательно, получилось по преимуществу материальным, нежели духовным. Доказательством тому служит все произошедшее с народом во время правления Саула. Печальный исход, постигший самого Саула, свидетельствует о разнице между божественным избранием и согласованным человеческим избранием. С одной стороны, мы видим избрание непобедимое и без изъяна, а с другой — шаткое и ненадежное. Саул выбрал для своего пребывания Вениаминово колено, облечив его своим доверием и даровав ему часть всего, что делал во благо Израиля. Однако предпочтение, оказанное вениаминитянам, и пренебрежение ко всем другим коленам Израилевым не имело бы места, если бы избрание самого Саула шло ог Творца, а не от людей. Ибо тогда бы сам Саул познал в духе, что возлюбленный избранник Всевышнего не делает никакой разницы между коленами, а равно чтит всех духовных праведников. Это помешало бы Саулу возвысить Вениаминово колено над всеми остальными и считать его единственной своей поддержкой и опорой.
Более того, если бы Саулово избрание, как я говорил, было совершено Предвечным, то Саул понял бы толкование духовного имени Вениамин, означающего сына или дитя моей скорой. Саул бы узрел, что вепиаминитяне долгое время являлись оскверненными гордыней и преступной жадностью. Истинный же избранник Израилев должен был не объединяться с коленом Вениаминовым, а, наоборот, отбросить нечестивые советы вениаминитян, оказавшиеся гибельными для Саула и предрешившие печальный исход его и его потомков, исход, ставший для смертных ужасным примером на все времена.
Быть может, вы желаете знать, какой главный грех низвел Саула, первого временного царя Израиля. Расскажу вам об этом столь же ясно, сколь и об и истине, открытой мне премудростью. Главное грехопадение царя состоит в совершенном им чудовищном уничтожении огромного числа гаваонитян. Он обратил всю свою силу и ненависть против несчастных существ, примиренных с Предвечным и пощаженных Иошуа уже после того, как они принесли клятвы верности культу Божества. Виновность колена Вениаминова заставила Саула идти войной на несчастных гаваонитян с целью их ограбления, после чего гаваонитяне были уничтожены армией Израиля. Кроме того, Вениаминово колено, являясь последним в иерархии колен, шло тем не менее во главе всех остальных, поскольку Саул рассматривал их в качестве главной опоры своего могущества и расчитывал на их силы и советы.
Однако несомненно и то, что человека во время его наиболее великих заблуждений посещают и некоторые добрые мысли, пытающиеся ослабить эти заблуждения и увести от ошибки. Так, однажды пришлось и Саулу усомниться в своем возлюбленном колене, в пользе и ценности его для народа. И, дабы развеять или подтвердить свое сомнение относительно вениаминитян, Саул решил встретиться с Пифией, человеком Предвечного. Через доверенных лиц он передал Пифии, что желает встретиться с ней и услышать от нее, известной прорицательницы, насколько успешной будет затеваемая им война против гаваонитов. Но Пифия отказалась встретиться с царем, поскольку у нее не было уверенности в том, что Саул не предаст ее на мучения колену Вениаминову, уже постановившему уничтожить гаваонитян и опасавшемуся Пифии, которая могла раскрыть черный замысел вениаминитян и навлечь на все колено потоки правосудия. Посланцы Саула донесли ответ Пифии. Тогда он приказал ее схватить и доставить к нему силой. Однако Пифия знала о злых намерениях царя и колена Вениаминова, а посему заблаговременно убралась в удаленное жилище в окрестности города Гальбое.
Царские посланцы ее не нашли, о чем сообщили Саулу, который очень расстроился из-за этого. Затем, поразмыслив, он принялся осторожно искать ее посредством иных лиц, которые должны были заверить Пифию словом царя, что он не сделает ей никакого вреда. Ни ей самой, ни ее делу. Один из последних царских посланцев, исполнившись божественной мудрости, нашел новое местопребывание Пифии и поведал ей о том, что Саул делал доброго, по его мнению. Пифия ответила посланцу: «Дабы воля Царя, твоего повелителя, была претворена в согласии с волей Предвечного, я отвечу на все его вопросы здесь, в моем новом убежище». Посланец передал Саулу ответ Пифии в присутствии главных вождей колена Вениаминова, и тот уразумел, что сети коварства, раскинутые против чудесной добродетели Пифии, не возымеют успеха, а люди, расставившие их, станут сами жертвами своей лжи и гордыни. Это и произошло в действительности, ибо зло имеет успех лишь в течение ограниченного времени успеха, а ложь в конце концов обращается в позор лжеца, на фоне которого истина смотрится еще ярче и убедительнее.
Саул пришел к Пифии, и она сказала ему: «Господин, что желаешь ты узнать от Предвечного и чему хочешь научиться?» Царь ответил: «Докажи мне, что ты прорицательница, и поведай о том, выиграю ли я войну с филистимлянами и гаваонитами, ныне объединившимися против Израиля. И скажи мне, будут ли эти два народа преданы моему правосудию». «Господин», — ответила Пифия, — «позволь твоей рабе указать на одну существенную особенность, перед тем как дать ответ на твой вопрос. Воистину говорю, что именно благодаря вениаминитянам тебя избрали царем Израиля, и не был ты поставлен им от Бога Живого. Посему нет ничего удивительного в том, что ты находишься постоянно в сомнении, неверия в успех, который должны принести твои дела и временные действия. Древние вожди Израиля не имели никогда подобного сомнения и неверия в собственные силы. Они никогда не использовали помощь обычных земных людей и не прислушивались к их советам, ибо, будучи избранниками Бога Живого и Покровителя Израиля, они имели возможность получать советы от Предвечного. Поэтому они были всегда уверены в грядущем успехе своих дел и временных действий, в их благе и благе Израиля. Скажу более, Господин Царь: тебе был дан совет ложный и чисто материальный, поскольку исходил он от злых и нечестивых людей. Они тебя соблазнили, увлекши вершить злые дела против духовного блага праведных Израиля и иных народов. Пифия, говорящая с тобой, узнала о демонических сетях, расставленных для ее поимки главными вождями колена Вениаминова. Со времени твоего восшествия на престол они стали носителями демонического интеллекта, и поэтому убедили тебя предать меня смерти.
И ты объявил о моем аресте и смертной казни. Но знай, Господин Царь, что Бог Авраама покровительствует праведным пред Ним, позорно низвергая в глубокие бездны их гонителей и всех нечестивцев. Восприми слова, открываемые тебе в духе, оживляющем меня: главы колена Вениаминова будут позорно низринуты, само колено будет разделено и станет кочующим, скитающимся и растворенным в коленах Израилевых на долгие грядущие времена. Сие свершится после того, как ты сам окажешься лишенным своей нынешней власти. Знамена, цветные хоругви и другие отличия вениаминитян, ныне возвышающие их над всеми прочими коленами Израиля, будут отняты у них и осквернены народом египетским, некогда потерпевшим от Израиля страшное поражение, в котором погиб фараон и все его войско. Ибо, Господин Царь, события, ранее постигшие этот иноплеменный народ и его царей, явились истинным прообразом того, что постигнет первого временного царя Израиля. Позорное уничтожение фараона и большей части его народа, рабство и рассеяние оставшейся малой части народа — вот итог, который неизбежно постигнет и тебя, Господин Царь, а также твое потомство и твое возлюбленное колено, если ты не сотворишь мир с Богом Израиля. Возлюбленное колено Вениаминово частично будет принесено в жертву, его несчастные остатки будут скитаться, не находя приюта между детей Израиля. У них не будет ни своего вождя, ни отдельного руководителя — так же, как у остатков египтян, обращенных, благодаря Закону Израиля, к Богу Живому Авраама.
Твое преступление, Господин Царь, еще более ужасающее пред Богом и пред людьми, потому что ты предал смерти гаваонитян, примиренных с Господом Богом Израиля и получивших благословение Иошуа, принявшего их клятву во имя Предвечного. Одну из частей этого народа, приверженную представлениям о божественном культе, даже отмечали израильские мудрецы, которые должны были изучить данный культ и затем практиковать его под твоим руководством среди гаваонитян. Ты же пошел против решений Предвечного, а Он не может оставить ни одного преступления без наказания. Итак, узнай от Него, то что молвит Он моими устами: если ты не исполнишь милосердия Предвечного и ожесточишься в желании завершить уничтожение остатка несчастных гаваонитян, объединившихся с филистимлянами, наказание твое ужаснет все народы нашего края. Все дети Израиля вострепещут тогда, и скорбь их будет неимоверной, ибо они стали орудием неправедного гнева, тяжесть коего ты обрушил на новообращенных. Кроме того, должна тебе поведать, что во всем мире нет ни прорицателей, ни прорицательниц. Все могут зреть прошлое лишь посредством настоящего, а посему, зная в совершенстве одно и другое, трудно ли Богочеловеку взглянуть в будущее?
Пойми же, Господин Царь, что человек, который в состоянии узнать обо всех действиях, делах, противоречиях, явлениях, смутах и иных духовных временных вещах, в духе творящихся во вселенной посредством людей, не может называться прорицателем или прорицательницей. Ибо достигает он этих сведений только благодаря тягостным духовным и телесным усилиям, мучениям души и духа. Только так он может узреть и почувствовать движущие силы и чудеса вселенной. Не думай более о предрассудках прорицателей, прорицательниц, магов, чаровниц, колдунов или колдуний, в существовании которых тебя убеждал грубый народ. Узнай же, что всякое существо подобного рода не может заслуживать никакого доверия, ведь человек способен проникнуть в науку вселенского действа, только встав на путь изнурительного и великого труда. Изучай же труды Моисея и семи мудрецов Израиля, размышляя над чудными дарами, которыми были увенчаны их действия во благо Израиля, — они сражались, побеждали и изгоняли врагов истинного божественного культа. Вот, Господин Царь, каковы могущественные духовные и временные добродетели, проявляющиеся в избранниках Творца и недоступные людским избранникам. Ты хотел узнать от меня истину, так приготовься слушать, услышать и понять (три аллегорические категории, соответствующие трем словам: ищу, поражаюсь, спрашиваю). Отринь человеческий почет, отринь материальную слабость, и тогда твоя душа будет сильной. Если она еще не покорилась духу божественного противодействия, то воспользуется плодом действий и трудов, которые я предприму в твое торжество».
Саул, пораженный всем тем, что сказала ему Пифия, испопро-сил у нее некоторое время на раздумия. Он вышел вместе с Пифией из места, где она предавалась своим трудам. Время, испрошенное им, пролетело, и он вернулся в назначенное место для встречи с Пифией, хотя по-прежнему упрямился в своем первоначальном материальном замысле. Он сказал Пифии: «Все мои размышления завершились. Тебя же я про1иу предугадать, каков будет исход битвы против наших врагов и испытают ли они тяжесть моего правосудия? Для сего испроси дух пророка Самуила и сделай так, дабы от него я узнал все, о чем тебя спрашиваю». Пифия, оскорбленная гордыней, жестокосердием царя, а также его упорством в претворении зла, ответила ему спокойным голосом: «Саул, Царь неправедный Израиля, ты испытываешь Предвечного Бога, возжелав ослабить его слабую рабыню. Да, Господин, я рабыня Бога Живого Израиля, который ведал об ужасном замысле против творения высшего, старшего, низшего и младшего. Итак, я удовлетворю твою безумную страсть, вызвав дух мудрого пророка мира и примирения Самуила, но страшись его появления». Промолвив это, Пифия, обратилась к Предвечному, после чего приготовилась к действию. Но в миг, когда она приступила к своему труду, царь сказал ей: «Пифия, остановись. Чувствую, что рождается в моей душе тревога. Я не знаю, откуда взялся огонь, окружающий меня, и страх, охватывающий меня. Избавь меня от всего этого ради вещей, о которых я тебя просил сначала». «Сие происходит», — ответила Пифия, — «из-за возмущения, вызванного тем, что ты обращался к Творцу, как к своему слуге.
Я тебе уже довольно сказала о том, что духовное знание Предвечного не являлось никогда предметом искусства колдуна, как ты о том думаешь. Следовательно, данным притязательным искусством не может обладать ни одна тварь. Если бы власть Бога Израиля была сродни существу ведуна, то, будучи двигателем добра и зла, она явилась бы тогда ужасным тираном, позволяющим причинять зло своей твари, дабы наказать ее. Нет, господин, Бог Израиля не таков. Осмеливаюсь говорить пред тобой, пред всем духовным божественным судом и пред всем его временным судом: Господь Всемогущий ни при чем, ибо всякое событие, происходящее с духовным младшим существом, происходит зачастую благодаря тому, что данное существо допустило его в своей мысли.
Хочу тебе сказать, что Творец открыто читает наиболее сокровенные мысли своей твари. Но повторю, Господин Царь, что Бог Всемогущий не может прочесть мысли, еще не возникшей у его творения. Если бы это было в Его власти, то Он стал бы поис-тинне неправедным, не остановив печальные события, о которых Он заранее знал, и которые должны были произойти у его твари. В таком случае лишь Он один будет виновным. Но поскольку Он установил неизменные законы над всем тем, что существует во вселенной, постольку Он даровал полную свободу Своей твари. Эти законы предполагают Его присутствия и участия в событиях, происходящих во вселенной по воле самой твари. Если кто-то переносит имя ведуна на Творца или Его творение, то тем самым оскорбляет Его и созданное Им, грешит против духа и значит, будет ужасно наказан.
Пойми же, Господин-царь: необходимы неустанные груды и действия для того, чтобы Предвечный проявил все, что в Его власти. Но сначала требуется, дабы временный дух сформировал какую-нибудь мысль, и тогда добрые или злые стремления, исходящие от мысли, станут известны Предвечному. Он отринет мысль, но не будет противодействовать воле Своей твари».
Саул, на сей раз еще более потрясенный словами Пифии, увидел, что ее мужество невозможно пошатнуть, а потому сказал Пифии голосом покорным и просительным: «Женщина Господа, царь Израиля обращает своего Бога и тебя к духу Самуила, ибо он знает меня. Мне очень нужно узнать о битве, в которой я намереваюсь повергнуть всех моих врагов».
Пифия сделала все в соответствии с волеизъявлением Саула. Но, увидев ее в духовном труде, Саул принялся трепетать, подобно листку дерева от ветра. Пифия, узрев его сраженным силой своего действия, сказала: «Саул, царь Израиля, ты в страхе пред Духом Господа. Твои преступления тебя заставляют трепетать из-за приближения божественного правосудия!» Саул был так смятен, что не понял более слов Пифии, а посему молил ее повторить их. Пифия ответила, показав ему дух Самуила, облеченный в славное внешнее тело: «Господин-Царь, вот тот, который знает более, нежели я. Он тебе растолкует все сказанное мной, что ты не уразумел». Саул простерся ниц пред Самуилом, исполненный скорби, ибо дух этого пророка удалил демонический дух, владевший царем. В таком состоянии Саул вопросил пророка о том, можно ли начать битву с врагами, на что Самуил ему ответил: «Говорю тебе, что ты и твое окружение будете вокруг меня в тот вечер, когда ты их повергнешь и многих уничтожишь безрассудно. Колено же Вениаминово будет служить скорбным примером для детей Израиля».
После сих слов пророка Саул поднялся с земли, склонился пред Пифией в знак благодарности и затем удалился к войску, чтобы выступить в поход на своих врагов, чем и засвидетельствовал собственный печальный исход, предсказанный Пифией и духом Самуила.
Познайте путь Саула, путь колена Вениаминова и путь Пифии, и вы поймете, что все эти события — образ злого противодействия доброму делу, противодействия, идущего от грехопадения человека, его наказания и примирения, а вместе с тем и образ предсказания всех событий прошлых, настоящих и будущих, которые постигают и еще постигнут нашу вселенную.

Строение Вселенского Древа
А Божественная безмерность, абсолютное Единство.
В Сотворенная универсальность.
С Десятеричный круг, или божественные духи Всевышнего.
D Три сверхнебесных неба, или духовные божественные круги, содержащие три круга, семеричность и четверичность.
E Семеричный круг, или старшие духи, содержащие Закон Божий.
F Троичный круг, или нижестоящие духи, содержащие божественное предписание.
G Четверичный круг, или младшие духи, содержащие Божественное Начало под сенью десятеричного круга. Четыре первоначальных круга образуют четверичность божественной сущности или духовное божественное окружение.
Н Сатурнальный, или высший планетарный, круг, по-иному — первое небо.
I Десятеричный солярный, или второй, круг. Он действует и воздействует на произрастание, вызывая его к жизни во всех частных телах и общем земном теле.
L Планетарный круг Меркурия, или третье небо.
М Планетарный круг Марса, или четвертое небо. Эти четыре круга называются старшими или небесными.
N Круг Юпитера, или пятое небо. Этот круг главный для тления, и в том состоит его принцип.
О Круг Венеры, или шестое небо. Этот круг главный в зачатии, в чем содержится семенной, или репродуктивный, принцип.
Р Лунный круг, или седьмое небо. Луна преобразует своим флюидом акцию воздействия центрального солярного огня.
Q Ось дает принцип жизни всем земным телам, действует и воздействует на них.
R Земное тело, в центре которого жил Ной.
S Душа мира (земная душа).
Т Восток-ртуть, страна, заселенная Адамом и Симом.
V Полдень, или юг, сера, страна, заселенная Каином и Хамом.
X Септенгриональный север, или Аквилон (соль). Земля, заселенная Сифом и Иафетом.